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Carnets de route

Tahuantinsuyu, Sur la route des Incas

Partir à deux, à la découverte des Andes d'hier et d'aujourd'hui, à travers l'Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et l'Argentine.
Avec, pour balisage, les sites incas, pré-incas et les merveilles naturelles.

Bolivie Dubuis1La marche est un état d'esprit qui permet de vivre pleinement les événements du quotidien en gardant le temps pour soi. L'envie de réaliser un magnifique voyage à pied afin de nous faire plaisir en découvrant un autre monde que celui que nous connaissons, nous titillait depuis longtemps. En mai 2012, nous nous sommes lancés à pied à travers l'ancien et vaste Empire inca "Tahuantinsuyu". Un itinéraire de dix mois, long de 5 000 kilomètres qui s'étend des vallées peuplées et verdoyantes aux hauts plateaux désertiques et arides, jusqu'aux sommets des Andes, à 6 000 mètres d'altitude.

Sorti de notre imaginaire rêveur, cet itinéraire à travers le grand Empire inca est un mélange de sentiers mythiques, culturels, panoramiques, de sentiers perdus et parfois de routes... En Équateur, nous avons suivi la majestueuse "Allée des Volcans" au pied du Cotopaxi, de l'Antisana et du Chimborazo. Au Pérou, nous sommes partis sur les traces du Qhapaq Ñan, l'ancien chemin royal qui menait à Cusco.
De là, la Bolivie nous attendait.

Sur l'Altiplano bolivien. Du pied du volcan de Sajama, point culminant du pays à 6 542 mètres, l'Altiplano bolivien, a été une partie de notre traversée de l'Empire inca.
Ces quarante jours de marche ont été les plus éprouvants, avec 950 kilomètres de régions désertiques à une altitude moyenne de 4 000 mètres. Nous avons laissé derrière nous les vallées profondes et les hauts cols pour trouver d'immenses étendues plates où nous avons marché sur des kilomètres de lignes droites, sans un virage à l'horizon. Malgré ces longueurs interminables, nous avons traversé des paysages diversifiés qui ont égayé nos journées.

Des panoramas surréalistes. Nous avons serpenté entre salars, volcans, pampas, déserts de sable, villages à demi-abandonnés avec, parfois, le sentiment d'arriver au bout du monde.

Le village de Macaya et sa lagune au pied d'une cordillère reste, pour nous, l'ultime rempart de ce pays haut perché. À maintes reprises, nous avons été emerveillés par des panoramas surréalistes. Le salar de Coipasa, inondé à notre passage, que nous avons dû franchir les pieds dans l'eau, reflétait l'horizon comme un miroir. La magie a, de nouveau, opéré au volcan Thunupa, aux couleurs ocre, verte, rouge, noire qui resplendissaient de toutes parts. Depuis son sommet se dressait, face à nous, un blanc infini, le grand salar d'Uyuni.

La région du Sud Lipez a été une porte d'entrée vers un "autre monde" par ses couleurs et son ambiance. Des pistes sableuses nous ont accompagnés d'un lieu à un autre vers ce monde aux teintes inimaginables avec les lagunes Colorada, Verde...
Les volcans Ollagüe, Amarillo... Et les déserts qui sont venus enrichir cet univers irréel. Notre traversée de l'Altiplano s'est achevée, le souffle court, à 5 916 mètres d'altitude au sommet de Licancabur, récompensant nos efforts fournis ces quarante jours.

Malgré les obstacles imparables rencontrés dans ces immenses étendues vides, le vent violent, les fortes variations de températures, le manque d'eau, le relief accidenté... ce que nous gardons en mémoire c'est un éclatement de couleurs et un panorama unique, dont nous avons eu le temps de nous imprégner. Avec une bonne préparation, il est possible de "Partir Autrement" à la découverte des régions les plus isolées.
Bolivie Dubuis
Apprendre à partager. Si le fait d'être ensemble en permanence n'est pas toujours évident, il permet cependant le rapprochement. Dans les zones désertiques comme la Bolivie, ces contrastes s'accentuent. Le manque d'ouverture sur le monde, dans ces contrées lointaines, nous donne la sensation d'enfermement sur nous-mêmes. Perdus au milieu de ces grands espaces, il n'est pas aisé de satisfaire son besoin d'isolement personnel.

Si cette aventure s'est choisie et se vit à deux, elle contient une part d'individualisme où chacun perçoit à sa manière le moment présent, que nous sommes amenés à partager.

Pour Célia, la traversée de l'Altiplano était, entre autres, une revanche sur une longue maladie. Pour Simon, il s'agissait d'un itinéraire "royal" convoité depuis de nombreuses années. Dans ce contexte, où la limite physique est souvent atteinte, la fatigue morale peut survenir sans raison apparente. Dans le quotidien de la marche, nous avons appris à partager. Être à deux donne la force de pouvoir s'appuyer sur son compagnon. Savoir montrer ses moments de faiblesse, c'est accepter l'entraide. Être à deux, c'est aussi partager des moments inoubliables, des découvertes, des fous rires, des émerveillements et des moments de complicité...

La marche nous a apporté des moments de plénitude, nous a permis de nous évader et de laisser place à la réflexion. Associé au nomadisme, ce mouvement répétitif et perpétuel nous a projetés vers l'inconnu. Le plus important pour nous est d'avoir ce sentiment de liberté totale qui nous a transportés tel un condor volant au-dessus des Andes.

Texte et photos : Célia Dandonneau et Simon Dubuis (75)



Cordillère des Andes Enfer et paradis

Bolivie, pays de dualité. À Potosi se côtoient mineurs, précarité, culture quechua et couleur. À Uyuni, le salar majestueux, son immensité et les lagunas époustouflantes sont contrebalancées par la pollution et la véritable dépendance à l'économie apportée par les touristes.

Montagne désertique balayée par la force du vent, le Cerro Rico s'élève vers le ciel. Ce mont aux teintes orangées est comme un protecteur pour l'une des plus hautes villes du monde, Potosi (4 070 m). En quechua, langue indienne toujours pratiquée, Potosi signifie "tonnerre".

Dans la petite ville à l'architecture coloniale, le tonnerre ne vient pas du ciel mais de la terre.

La Pachamama, déesse de la terre, a caché ses trésors dans le Cerro Rico. Depuis des centaines d'années les hommes se relaient comme des fourmis pour extraire les richesses du sous-sol. Les sombres tunnels sont le royaume d'El Tio, un diable vénéré par les mineurs. Seuls les hommes ont le droit de descendre dans les profondeurs de la terre.
El Tio est l'amant de la Pachamama, et la déesse jalouse les femmes qui s'approchent de son amant.
Dans un recoin des boyaux qui descendent dans la montagne, une statue de terre d'El Tio.
Les mineurs viennent demander la protection du diable. Ils offrent au dieu de l'enfer des feuilles de coca, des cigarettes et de l'alcool à 96 degrés. Ils offrent aussi de l'alcool à la Pachamama avant de consommer eux-mêmes ce qui les aidera à tenir pendant parfois 24 heures de travail d'affilée.
La ville de Potosi rayonne à la lumière du jour. Ses maisons de couleurs et ses innombrables églises tranchent avec la vie de la mine.
Les hommes sont à la mine ce que les femmes sont au marché. Sur le sol ou au milieu des étals, elles vendent ce qu'elles ont.
Des hauts plateaux et des montagnes qui entourent Potosi, on se laisse vite tenter par les merveilles promises. Dans le bus qui mène à Uyuni, le clair de lune ne laisse apparaître que les silhouettes diffuses de la montagne. Rêve éveillé, des courbes délicates forment un paysage onirique.

On se réveille à Uyuni dans la réalité à l'état brut.

Un champ de sacs plastiques de plusieurs kilomètres cerne la ville. Une cité aux avenues de poussière, animée par la venue de nombreux touristes prêts à découvrir le salar d'Uyuni. Les petites agences de tourisme proposent le rêve à portée de main, photo à l'appui. Entre les merveilles promises à quelques kilomètres de là et la vie des gens d'ici, il y a le grand écart. Uyuni tente de survivre tout en répondant à la demande des touristes. Jamais, je n'ai vu une ville de Bolivie avec autant de pizzerias ni de files d'attente composées uniquement d'étrangers. J'embarque comme tout le monde dans un 4x4 avec quatre autres touristes. Nous partons en sens contraire des autres groupes, direction le Sud et la frontière du Chili, avant de terminer au Nord dans le grand salar d'Uyuni. La route s'étire dans des paysages presque désertiques. Seules de petites herbes pour nourrir les lamas, et le quinoa pour sustenter les hommes, arrivent à pousser. Soumise aux températures extrêmes et aux vents, c'est un miracle de voir de la végétation à une telle altitude.

Bolivie1Le sud-est bolivien regorge de beaucoup de petits miracles, telle la lagune Colorée, rouge et blanche, oasis improbable au coeur d'un monde qui ne l'est pas moins.
La profusion de flamants roses est d'autant plus étrange. Sur les terres inhospitalières de la cordillère des Andes, la vie donne une leçon et abonde là où tout semblerait impossible.
À l'aube du second jour, on se demande si la magie sera encore là aujourd'hui. L'odeur repoussante du soufre envahit l'espace. Dans une épaisse fumée grise, des geysers. Brûlant et imprévisible, l'enfer a trouvé le chemin pour venir sur terre. Mais là encore, on est irrésistiblement attiré. Le sol s'est paré des couleurs les plus improbables. Délicat mélange, d'une peinture surréaliste. Encore plus au sud, la lagune Verte, au pied du volcan Licancabur, à la frontière du Chili. Cette fois-ci, c'est une aquarelle que la Pachamama a peinte. Un subtil camaïeu de vert rehaussé par les couleurs vives des flamants roses. Pas le temps de rester en admiration, le vent nous fouette et le chauffeur nous presse. Direction le nord.
Des foisonnantes lagunes, nous passons au désert de sable et de pierre. Des rochers sculptés par l'érosion qui ont inspiré les tableaux de Dali. Il suffit d'escalader ces petits blocs de roche pour s'imaginer être les rois du monde.

Les rois que nous sommes paradent avec leur 4x4 tout confort dans les petits villages.

Nous passons là où les habitants n'ont même pas les moyens de se payer des vacances. Subvenir à ses besoins quotidiens est déjà difficile. Le tourisme est une manne financière pour la région mais tous n'en profitent pas et les villages pauvres voient défiler les richesses de pays lointains. Se mettent-ils à rêver ou voient-ils l'injustice de leur situation?
À l'aube du troisième jour de visite, le lac de sel nous apparaît enfin dans la lumière chaude du soleil levant. Une caravane de 4x4 défile dans l'immensité du désert d'Uyuni. Le ciel a fait la paix avec la terre. Ils se sont unis. La frontière de l'horizon a disparu, laissant place à l'infini. Imaginer qu'ici il y avait un immense lac. Imaginer qu'ici il y avait de la vie. Aussi sublime que terrible, le temps et la nature ont fait leur oeuvre.

Au milieu du salar, dans l'immaculée blancheur et sous un soleil torride, on réfléchit à sa place dans le monde. J'observe mes compagnons de voyage faire des photos humoristiques où ils baignent dans un verre de bière alors que, dans le village voisin, des petits enfants travaillent à 10 ans à peine. Nous n'avons pas le temps de nous demander ce qu'on pourrait apporter aux villageois. La caravane touristique ne s'arrête que pour montrer les merveilles du pays. Dans le Sud-Lipez, l'enfer et le paradis sont si proches qu'on ne peut les distinguer. Les splendides paysages nous feraient presque oublier que tout n'est pas rose dans le pays des flamants.

Texte et photos Sabrina Budon
http://cendrillons.over-blog.com/





Découvrir les Andes

Josefina, Alfonso, Juan et Roberto vivent au Pérou ou en Bolivie, à la ville, à la campagne ou dans la montagne. Qu'ils soient paysan, tisserand, muletier, écolier ou employé, Delphine et Samuel les ont croisés au détour de leur voyage.

Portrait de ces "gueules du coin".

Pérou Josefina

AndesjosephinaJosefina a 80 printemps, et vit à Chinchero, un petit village près de Cuzco.
Elle est campesina (paysanne) et habite avec trois de ses enfants. Les deux autres sont partis vivre à Lima. En ce moment, c'est l'époque des semis de patates à Chinchero.
Mais comme les cultures ne lui suffisent pas pour joindre les deux bouts, Josefina se rend plusieurs fois par semaine à Cuzco en bus, pour vendre ses tissages. Elle récolte la laine de ses moutons, la teint avec des colorants naturels fixés à l'eau bouillante, puis file la laine ainsi colorée. Le rouge est par exemple obtenu à partir d'une cochenille parasitant les cactus. L'insecte est écrasé et son sang colore les fils de laine. La couleur verte est obtenue à partir du mélange de deux plantes sauvages. Le bleu provient de la mullaca, une herbacée des hauts plateaux. Les racines de ratanhia confèrent aux tissus leur couleur marron.
Les graines de molle, un arbre péruvien, teintent la laine ou le coton en jaune. C'est la maman de Josefina qui lui a appris l'alchimie des couleurs, la complexité du tissage et les différents motifs. Mais comme Josefina ne sait ni lire, ni écrire, elle ne se souvient pas de tous les patrons ornant les précieux tissages. Certains modèles sont perdus à jamais, et elle le regrette.
Pour tisser une seule ceinture, la mamacita travaille neuf longues heures par jour, pendant deux journées consécutives. Elle s'assoit par terre, cale les fils assemblés avec son pied et tisse des ceintures colorées représentant des symboles de la cosmovision andine : condor, puma, canard... Puis elle déambule de place en place, toute la journée, pour proposer ses tissages chamarrés, qu'elle vend 35 soles (une dizaine d'euros), avant de reprendre le bus le soir pour Chinchero, exténuée par sa longue journée de marche.

Pérou Alfonso, l'arriero

AndesAlfonsoAlfonso, 60 ans, est arriero (muletier) depuis 35 ans. Il est né et vit toujours à Cashapampa, un pueblito quechua situé dans la Cordillère Blanche à 2 900 m d'altitude. Dans sa vie quotidienne, Alfonso parle le quechua. Il communique avec les gringos (étrangers) en espagnol. Fils de paysan, il cultive également la terre en dehors de son travail d'arriero : maïs, patate, kiwicha (céréale). Il a 5 burros (ânes) dont Francisco, 15 ans, qui nous a accompagnés sur un trek de 4 jours. Alfonso vit aujourd'hui seul, sa femme est partie avec un autre homme. Il a 5 enfants. Le plus jeune a 20 ans. Deux de ses filles sont restées vivre à Cashapampa. Ses autres enfants sont venus grossir les chiffres de l'exode rural pour Lima. Être arriero, c'est dur. Cela signifie partir plusieurs jours dans la montagne alors qu'il n'est pas équipé pour le froid. Il marche avec des sandales, dort dans une tente avec une simple couverture, est tributaire de ce que les gringos veulent bien lui donner à manger. Quand le trek est terminé, les touristes lui reprennent la tente pour la rendre à l'agence de location, alors qu'il a encore un long chemin à faire avec son âne pour rentrer chez lui. Il dort alors dans des grottes ou profite de la pleine lune pour effectuer les 14 heures de marche qui le séparent de son village. Alfonso envisage de travailler au moins jusqu'à 70 ans.
Il n'aura pas de retraite car il est à son compte (au Pérou, la retraite est réservée aux fonctionnaires). Il aimerait arrêter son difficile métier pour être cuisinier accompagnant les groupes de touristes.
Ainsi, il n'aurait plus besoin de ramener son âne à pied pendant de longues heures une fois le trek terminé. Alfonso "vit" la Cordillère Blanche. Il connaît tous ses sommets, tous ses dangers. Il sait le froid. Il sait la pluie et le brouillard. Ses pas ont foulé pendant 35 ans chaque brin d'herbe, chaque caillou. Il connaît chaque glacier. Il les voit fondre, et ne sait pas pourquoi.

Bolivie Roberto Chino, le muletier

AndesRobertoRoberto a 39 ans et vit dans le hameau aymara de Rakatiya, isolé à 3 900 mètres d'altitude dans la Cordillère royale. L'électricité est arrivée depuis peu à Rakatiya. Il faut dire que le village le plus proche est à trois heures de marche. Comme ses parents, Roberto parle la langue vernaculaire aymara au quotidien. Comme ses parents, Roberto est campesino. Il cultive la pomme de terre, seul légume pouvant pousser à de telles altitudes. Il élève aussi un petit troupeau de moutons. Pour assurer l'éducation de ses quatre enfants, il vend un peu de sa récolte et quelques-unes de ses bêtes à Sorata,
1 500 mètres plus bas, dans la vallée. Mais les temps sont durs, le prix de la pomme de terre a chuté dramatiquement et un mouton se vend aujourd'hui à peine cinquante bolivianos (5 €).
Alors, pour améliorer le quotidien, Roberto est aussi muletier et porteur. Il accompagne les touristes en haute montagne. Mais un pantalon en tergal élimé, un pull col roulé kaki datant de son service militaire et un fin blazer synthétique ne suffisent pas pour supporter les nuits glaciales à 5 000 mètres d'altitude. Alors, il a froid. Il dit qu'il est habitué. Comme il est habitué à porter un sac à dos mille fois raccommodé qui ne ferme plus et dont les sangles usées jusqu'à la corde menacent de se rompre.
Roberto est frêle et de petite taille, mais il porte dans son regard toute la détermination et la résistance des peuples de la montagne devant lutter quotidiennement pour leur subsistance.
Ses yeux expriment également tant de douceur, de bienveillance et d'humilité... Roberto touche. Roberto émeut. On voudrait tout lui donner. Dans la culture aymara, "l'Ajayu" représente l'âme, l'esprit d'une personne, sa force vitale. Roberto a une belle âme. Un "Ajayu" lumineux, coloré, essentiel. Tisse

Bolivie Max Villegas Sanchez

AndesmaxMax est employé de la Confiteria Eli's, un salon de thé situé à La Paz, ouvert en 1942 par Harry, un Juif new-yorkais. Ce petit monsieur digne et discret a eu une vie pour le moins atypique : à l'âge de cinq ans Max assiste à l'assassinat de ses parents.
Propriétaires terriens, ces derniers avaient sous leurs ordres 3 000 campesinos qui se sont soulevés lors de la révolution agraire de 1952. Max se cacha dans le trou d'un arbre et put ainsi échapper à une mort certaine. Orphelin, il devint enfant de la rue à La Paz. Harry, le patron du salon de thé, le prit sous son aile et Max commença à travailler pour ce dernier à l'âge de 8 ans. À 14 ans, Max fit une rencontre déterminante qui modifia, selon ses mots, le cours de son existence. Un jeune homme argentin de 28 ans, prénommé Omar, avait pris ses habitudes dans le salon de thé où travaillait Max, et ils sympathisèrent. Omar logea Max dans sa chambre pendant une année. Il le couvait comme un petit frère.
Ses jours de repos, Max se promenait avec Omar et mangeait des glaces. Ce dernier transmit à Max l'amour des livres. Il lui répétait souvent la nécessité d'être cultivé : - "Max, il faut que tu te cultives, la base fondamentale de l'être humain, c'est l'éducation." Il lui apprit l'autodiscipline, la fermeté dans ses décisions et la solidarité envers les nécessiteux. Omar raconta un jour à Max qu'il avait abandonné la carrière d'ingénieur pour des études de médecine, car il sentait le besoin intime d'aider les gens qui étaient le plus dans le besoin. Il était profondément humaniste, détestait l'injustice et trouvait les inégalités sociales insupportables. Durant la période où ils vécurent ensemble, Omar était très discret concernant ses activités.
Mais il était quasiment toujours là le soir pour venir chercher Max après son travail. Un jour,
Omar, qui appelait Max "mon compagnon d'âme", se sépara de ce dernier : - "Je m'en vais, je ne sais pas si nous nous reverrons, au mieux, c'est la dernière fois que nous sommes ensemble." Max ne comprit pas ces dernières paroles... Celui qui se faisait appeler Omar n'était autre que Ernesto "Che" Guevarra. Max a aujourd'hui 62 ans. Quand on lui pose des questions sur son passé, il sort avec fierté un article d'un journal récent parlant de sa rencontre avec son illustre compagnon de chambrée, et il va se recoiffer dans les toilettes du salon de thé avant de poser pour la photo.u

Bolivie Juan, le petit berger

AndesJuanJuan a 10 ans et vit dans une ferme isolée dans le massif du Condoriri au coeur de la Cordillère royale.
Une petite chaumière au mur de pierres grossières, à 4 500 mètres d'altitude, au milieu de la pampa.
La semaine, Juan va à l'école au village le plus proche situé à une heure de route !
Le week-end, le petit homme se transforme en berger et surveille le troupeau d'alpagas familial. Une vingtaine de bêtes, c'est du travail, car les pâtures ne sont pas grillagées et l'alpaga est coquin...
Heureusement, ses deux chiens le secondent bien dans son travail.
Pendant ce temps, son père surveille un peu plus haut dans la montagne un troupeau de moutons, et sa maman s'occupe de la maisonnée
Le plus difficile, c'est de surveiller le troupeau à la saison des pluies, du mois de novembre au mois de mars.
Il faut alors rester toute la journée sous une pluie battante !




Texte et photos Samuel Roche et Delphine Zamaine 



De Llica au lac Titicaca

Raoul_14Le départ de Llica était plein d´interrogations car je n´avais aucune idée de la manière de rejoindre le Salar de Coipasa et Colchane, la frontière chilienne. Il existe bien un itinéraire par l´est du Salar de Coipasa qui circule sur le net, mais il y est fait mention de grande portion ensablée où il faut pousser. Et j´ai horreur de cela. J´ai donc décidé de tenter ma chance par le coté ouest. A la sortie de Llica déjà, la piste multipliait les embranchements. Si je n´avais pas tout à fait compris vers où rouler, j´avais en tous cas compris quel chemin ne pas prendre : je ne devais pas longer la montagne trop longtemps.

La route était fort vallonnée et malheureusement pour moi, bien sableuse. J´ai donc fait comme tout le monde, j´ai poussé! J´arrêtais les rares véhicules passant par là pour me faire confirmer le chemin. J´ai fini par comprendre que je devais rouler vers Hizo, en passant par Challacollo. Et là, on m´a indiqué un village intermédiaire, Santa Victoria. Tous ces villages comptent une dizaine de maisons et sont en général déserts. Il faut crier dans la rue, pour espérer trouver une personne! Sur la route, un chauffeur de pick up m´a dit de tourner à droite à la prochaine intersection. Mais sur ces pistes, il y a des intersections tout le temps et je borne donc à suivre la piste principale, celle qui porte le plus de marque de passage. Le chauffeur m´a alors proposé de m´embarquer avec le vélo jusqu´à ladite intersection, ce que j´ai refusé. Il m´a alors gentiment dit qu´il y irait en voiture et m´y attendrait. Ce qu´il a fait ! Une heure plus tard, je le trouvais au volant de sa voiture, au milieu d´un croisement, sortant le bras pour me montrer vers où rouler.

Je suis donc bien arrivé dans le village de Hizo. J´y ai planté ma tente vite avant la nuit, devant l´école, pour me protéger du vent. Dans l´école, il n´y avait que la maîtresse et ses deux enfants. Et dans le village, une dizaine de personnes. J´ai découvert le plaisir de puiser l´eau dans un puits pour me faire cuire les pâtes. L´eau était trouble, mais une dame m´a dit qu´il n´y avait rien de mieux ici...

Raoul12De Hizo, il était simple de rejoindre le salar de Coipasa, mais la piste était difficile, entre sable et tôle ondulée. En se rapprochant du salar, le sel rendait la piste plus dure et plus lisse. Si le salar d´Uyuni est sec, celui de Coipasa est plus humide, surtout sur les bords. J´ai suivi des traces jusqu´à arriver à une exploitation de sel. Des habitants d´un village voisins extrayaient des plaques de sel avec des pics et des pelles. Puis, une femme réduisait ces plaques en grains, à l´aide d´une pioche. Travail très difficile car le blanc du salar réverbère la lumière et la chaleur. Les travailleurs ne pouvaient pas se découvrir pour avoir moins chaud, ils auraient brûlés. C´est donc emmitouflés des pieds à la tête qu´ils effectuaient leur labeur. Entre quatre et six jours pour arracher au salar assez de sel pour remplir un camion. Et par camion, une centaine de dollars de paie, pour six personnes. Le sel sert à la voirie, pour les rues d´Oruro.


En suivant mon instinct et ma boussole, je suis sorti du salar et j´ai rejoint le village de Colchane. J´espérais y trouver de la nourriture mais rien...L´hôtel de ce village faisait aussi bureau de change, et épicerie, mais on y trouvait que des petits gâteaux. Le lendemain matin, il n´y avait pas moyen d´acheter du pain dans ce village ! J´ai récupéré celui de la veille et de l´avant veille... Un peu maigre pour tenir les trois jours suivants ! J´ai quitté Colchane plein d´en train, filant vers les parcs naturels de Vicuna et de Lauca. Je savais que des beaux paysages m´attendaient, t je n´ai pas été déçu. Ca a monté durant un jour et demi, longeant des ruisseaux et des zones humides avec d´étranges oiseaux. J´ai atteint un col à plus de 4700 mètres, après un bivouac au pied de montagnes splendides. De nombreuses vigognes, cousines du lama en plus élégantes, couraient dans cet espace immense.


Raoul_14Je suis arrivé au Salar Surire en milieu de journée. Un petit salar entouré de volcans et peuplé de flamands roses, de vigognes et de vizcucha. Ce dernier est une sorte de lièvre à longue queue qui pourrait aussi faire penser à un petit kangourou. Le refuge où je comptais passer la nuit étant fermé, je me suis installé devant pour faire un festin en attendant les gardes. J´emporte toujours une boîte de bon foie gras lors de mes voyages. Je le réserve pour les moments exceptionnels. Et là, face à ces paysages exceptionnellement beaux, et après des efforts pas négligeables, c´était le moment idéal pour le savourer. J´ai fait griller le pain rassis sur mon réchaud et j´ai déguster mes cent gramme de foie gras ! Une vizcucha peu timide a d´ailleurs tenté de prendre sa part !


Le lendemain, j´ai suivi les conseils des gardes et ai chargé mon vélo dans un camion pour une cinquantaine de kilomètres. Depuis deux jours, je n´avais vu que trois voitures mais là il y avait un problème : une grosse entreprise exploite une partie du salar pour en extraire du sel de Bohr. Et on est loin des gens avec pelles et pioches du côté bolivien ! Ici, chaque matin, plus de cent camions roulent à toute allure sur la piste pour rejoindre l´usine de traitement. Des gros camions roulant vite sur une mauvaise piste, ca ne me disait vraiment rien, tant à cause de la poussière que du risque de passer sous leurs roues. J´ai donc fait le planton à l´entrée de la mine et après une heure, on a accepté de charger mon vélo dans un pick-up en panne, lui même chargé sur un camion.

A la descente de ce camion, un nouveau col à 4700 mètres m´attendait. Puis une descente vers la frontière où j´ai eu la joie intense de retrouver le bitume. On entre en Bolivie par une longue ligne droite forte pentue. J´y ai atteint 83 km/h ! A cette vitesse, je pensais arriver au village de Sajama très rapidement... Mais il fallait quitter la route principale pour onze kilomètres de piste. J´ai mis deux heures pour en venir à bout. Heureusement, je poussais au pied du volcan Sajama, il y a pire comme environnement. A l´hôtel, j´ai rencontré cinq alpinistes alsaciens qui m´ont conseillé de faire un "petit" sommet du côté de La Paz...

Raoul11Le lendemain, j´ai eu la chance d´arriver jour de marché à Curahuara. Il n´a lieu que tous les quinze jours. Beaucoup de stands de nourriture, des vêtements, et beaucoup de bière... J´ai ensuite continué à rouler jusque Patacamaya, dans de vraies montagnes russes. J´ai finalement plongé dans un profond canyon, où les lamas gambadaient le long de la rivière. Si la circulation était limitée jusque Patacamaya, à partir de là, sur deux voies, il y avait une file presque ininterrompue de voitures, bus, minibus et camions. Tous roulant le plus vite possible et ne craignant pas de se dépasser au risque de se retrouver à trois en parallèle. Les paysages étant monotones et moi même étant quelque peu malade, j´ai fait les cent kilomètres en bus jusque La Paz.

La Paz se trouve dans une cuvette. Depuis El Alto, une grande banlieue sur les hauteurs, on découvre la ville construite sur les flancs de cette cuvette. Les rues y sont assez étroites et très pentues. Les véhicule y crachent une fumée noire en montant, et sont au point mort en descente ! Ville peu aérée, sans verdure et sans arbres. Et il y a ici des germes qui traînent ! Dans mon hôtel, la moitié des clients semblaient avoir des troubles intestinaux.

Après quelques jours pour me vaincre moi même ces microbes, le moment était venu d´atteindre le but de la première partie de mon voyage. Cette "route vers le nord" depuis San Juan se termine au lac Titicaca. J´ai pris un taxi pour rejoindre El Alto puis j´ai rouler vingt kilomètres dans une circulation très gênante. Manque de chance pour moi, c´était le jour de l´amitié et tous les enfants de la Paz faisaient des excursions en bus vers le lac... Mais après quelques heures à respirer la fumée noire des bus et à faire de grands signes pour qu´ils ne me serrent pas trop, la circulation s´est faite plus rare et j´ai aperçu au loin le bleu du lac. Ce n´est que le lendemain que j´ai atteint Copacabana, dans une certaine euphorie. D´une part car cela était mon objectif depuis deux moi, mais aussi car les paysages étaient beaux, très différents de ceux que j´ai traversé jusque là. Beaucoup d´eau, je me suis cru en bord de mer, dans un paysage méditerranéen.

Pour fêter cette arrivée, j´ai acheté de la farine, des œufs et du lait, et je me suis fait une vingtaine de petites crêpes sur le balcon de ma chambre d´hôtel. Ce fut délicieux, digne de ce grand jour ! Le lendemain, j´ai pris un bateau pour rejoindre l´île du soleil, que j´ai traversé à pieds. Voilà, c´était là le point le plus au nord de mon voyage. J´ai revu en marchant toutes les belles montagnes traversées depuis début août, toutes les rencontres, dans les écoles et sur le bord des routes. Il était temps de retourner à La Paz pour un dernier petit plaisir avant de prendre le bus vers le sud...


Raoul Jehl
http://notesvagabondes.free.fr/


 



Au-dessus du salar d’Uyuni

L’ascension du volcan Tunupa : une excursion hors des sentiers battus sur le salar d’Uyuni et un effort physique réel récompensé par le panorama.

 

Nous voici face à des momies

 

Boliviegourgeot2Lors de notre excursion dans le Sud- Lipez, nous avions foulé le salar d’Uyuni, mais sous un ciel blanc-gris.

Nous avons souhaité y retourner sous un ciel bleu et en profiter pour gravir le volcan Tunupa qui domine la vaste étendue de sel blanc. Nous qui avions réalisé le tour de quatre jours à partir de Tupiza, en partie parce qu’il n’y a pas beaucoup de tour-opérateurs et que le choix est vite réalisé, nous voilà à courir une bonne dizaine d’agences à Uyuni. Le tour classique passe par l’hôtel de sel, la ville des travailleurs du salar ainsi que l’île du Poisson, sites qu’il ne nous intéressait pas de revoir, alors que ce que nous souhaitons est un peu spécifique : fouler le salar et faire du trekking sur le volcan Tunupa.

 

Départ 9 h... en théorie. Le chauffeur n’arrive qu’à 9 h 15 et passe faire les courses au marché pour le repas du midi. 9 h 30, nous voilà enfin partis... pour nous rendre chez lui : il doit chercher ustensiles de cuisine et couverts. Vu le temps à patienter dans la voiture, la vaisselle ne devait certainement pas avoir été faite ! Les trois-quarts d’heure de retard sont vite oubliés dès que le 4x4 arrive sur le salar. Un premier arrêt nous permet de réaliser des photos humoristiques. Car c’est bien l’une des attractions touristiques, au-delà de l’aspect géologique. Les touristes rivalisent d’imagination pour obtenir des photos dignes des trucages de “Chérie, j’ai rétréci les gosses”.

Le fond blanc dévoilé par la surface du salar ainsi que le fond bleu du ciel permettent des jeux de changement d’échelle. Nous partons ensuite en direction du volcan Tunupa. Tel un marin qui semble apercevoir une île à l’horizon, nous distinguons le volcan qui grossit à mesure qu’on l’accoste. Il semble si proche, pourtant nous roulons encore et encore, et il reste toujours aussi lointain. Une heure et demie de traversée du salar nous sont nécessaires pour atteindre la base du volcan.

 

 

Rencontre hors du commun.

 

BolivieGourgot1Nous arrivons enfin au pied de ce géant qui sort comme un pic entouré de l’immensité blanche. Nous traversons un petit village du nom de Coquesa, puis empruntons un chemin après avoir payé le droit d’entrée à un jeune garçon qui nous prête une clef en échange. Celle-ci nous permet d’entrer dans une petite grotte où nous pouvons découvrir des momies. On nous avait dit que ces dernières étaient visibles. Nous nous imaginions quelques os laissés dans un coin, histoire d’attirer les touristes. 

 

Il n’en est rien, la grotte renferme sept momies relativement bien conservées. Nous avions déjà eu l’occasion d’en voir une, celle d’une enfant, exposée au Musée de Haute Montagne de Salta, conservée dans une enceinte à -20 °C et que nous n’étions pas autorisés à photographier. Nous voici face à des momies que nous pourrions presque toucher : certaines sont plus jeunes que nos filles, figées dans leur position d’origine. Offrandes aux dieux… Il nous faut expliquer aux enfants pourquoi ces humains ont souhaité mourir pour discuter avec les dieux.

 

Panorama extraordinaire. Souffle coupé.

 

Boliviegourgeot3Après cette rencontre, nous déjeunons un peu plus haut sur le volcan : notre chauffeur jouera le rôle de cuisinière pour nous concocter un bon petit plat chaud. Puis nous entreprenons l’ascension du volcan Tunupa, non pour nous mener à son sommet (5 435 mètres), mais pour en atteindre le mirador situé à 4 700 mètres.

 

Cette balade en altitude est très fatigante en raison du manque d’oxygène. Chaque pas demande un effort assez important. Notre fille Alix étant un peu malade, je la porte sur les épaules presque tout le long du chemin. Du mirador, nous sommes encore loin du sommet, mais cela suffira pour aujourd’hui.

 

La vue est magnifique sur l’étendue blanche. Cela me rappelle les panoramas que l’on peut voir en montagne lorsque l’on s’élève audessus de la mer nuageuse qui recouvre les vallées. Quelques îles émergent de la surface du salar. Celle que nous avions visitée, l’île du Poisson (isla del Pescado) paraît bien petite comparée à celles situées à l’ouest. Puis c’est le retour, la descente. Quelle simplicité d’avancer en lançant naturellement le pied en avant et en se laissant recevoir sur le sol.

 

Aucun rapport avec la montée, forçant pour basculer le poids du corps de la jambe arrière vers la jambe avant, avec pour seule récompense d’avoir gravi 50 centimètres d’altitude supplémentaire. Nous aurons mis deux heures à monter, la descente se fera en 45 minutes, sans réel effort. C’est la fin d’une journée mémorable au milieu d’un des paysages les plus étonnants au monde.

 

Texte et photos Perrine et Cyril Gourgeotu position







La Bolivie, un vrai contraste.

Nous attendent des routes plus que défoncées, raréfaction de l'aire, mal des montagnes, pauvreté mais ou les paysages sont à la hauteur des Andes et de l'Altiplano et sa population plus nonchalante.


Bolivie3americainsNous commençons notre périple par la petite ville de Copacabana sur les bords du Titicaca : petit « pueblo », charmant, quoiqu'un peu trop touristique avec beaucoup de « gringos ».

Nous prenons le temps de 3 jours pour nous reposer et visiter le musée du Poncho.


Sur l'Isla des Sol (ile du soleil) nous rencontrerons deux jeunes charmantes cyclotouristes belges en voyage pour 8 mois en Amérique centrale et sud en vélo. Avec notre camper on a l'air de petits joueurs ! Une jolie ile aux airs de Corse avec de belles danses typiques sur fond bleu azur et soleil brillant.


Nous faisons alors la connaissance d'Idilio, portugais dans l'âme et dans le cœur, avec qui nous traverserons un petit détroit sur le lac Titicaca en sirotant un vrai café italiano-costa ricain !

Des moments simples de découverte de franches amitiés.


Nous quittons Copacabana pour la Paz, la capitale située à une altitude de 3 660 m, la plus haute du monde ! Nous y resterons trois jours, c'est une ville tentaculaire... entourée de montagne qui culminent à plus de 6000 m...


Nous retrouvons et embarquons nos deux belges 5 jours à bord du Kodiak pour la visite de Ururo, Potosi, Sucre et Uyuni.

Ururo, ville minière et Potosi, ville aux belles églises coloniales avec un magnifique musée de la monnaie mais très polluée et peuplée. Les filles en profiteront pour visiter une mine, d'après leurs dires c'était très intéressant.


Sucré : très belle ville coloniale aux mille éclats de blancs. Nous recommandons pour les futurs voyageurs le restaurant de l'Alliance Française, un petit coin de France que nous avons apprécié pour sa cuisine, ça fait du bien de manger un peu comme chez nous !


Ici nous avons fait la connaissance de Kim Lucine, Triple champion de France de patinage artistique novice (2003 à 2005), champion de France junior en 2007, il obtient son meilleur résultat aux championnats de France élites lors de l'édition 2007 à Orléans. Un garçon charmant et sans prétention. Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kim_Lucine#Carri.C3.A8re_pour_la_France

les paysages de Bolivie sont magnifiquement beaux mais les routes sont chaotiques et longues.


Nous arrivons enfin à Uyuni pour le clou du spectacle. Nous quittons les filles qui souhaitent faire le salar et le sud Lipez à vélo... Quel courage !


Quant à nous nous décidons de rejoindre Tupiza pour faire le même tour mais à l'envers car moins de touristes.

La route qui y même traverse des canyons, des rivières... nous assistons à nos plus beaux couchers et levers de soleil sur la cordillère, nous bivouaquons en pleine nature entre 3000 et 4000 m d'altitude, il fait froid mais nous sommes récompensés par cette nature généreuse. Moments de pures bonheurs et de contemplations.


Nous arrivons enfin à Tupiza après deux jours et demi, quand les 4X4 mettent 6 heures...

Bolivie3ame1Nous choisissons un tour de 4 jours en jeep en compagnie d'un couple d'australiens Katrina et Giles, du guide Ruben et Jaibe notre cuisinière.


Nous traversons de magnifiques petits villages, gorges, canyons, rivières à gué, et ses lagunes aux couleurs blanche, rouge, céleste, jaune à plus de 5000 m, et oui plus haut que le Mont-Blanc ! C'était d'une beauté incomparable.


Ici la vie est dure et les gens sont pauvres (selon nos standards européens, mais ils ne se plaignent jamais), les maisons ne sont pas chauffées. Nous dormons sous des toits en taule et des murs en adobe et sur des lits de même nature recouverts de peaux de lamas et de 3 couvertures. Nous avons très froids mais nos rêves sont comblés par les paysages que nous voyons le jour...

heureusement, notre guide Ruben, un conducteur hors pair assure notre sécurité et Jaibe nous mitonne chaque repas de bons petits plats qui nous réchauffent !


C'était époustouflant, nous nous sommes lever tôt pour voir le soleil nous réchauffer de ses premiers rayons, c'est indescriptible, il faut le voir pour le croire...les 1ers pas sur le salar se font sur l'eau avec pour fond d'écran le ciel d'un bleu intense, le soleil brillant et les montagnes se reflètant dans un pur silence, nous étions seuls au monde, quelle sensation d'immensité et de plénitude!

nous avons fait une série de photos sympathiques avec la perspective.

Il y avait le blanc du sel, le ciel bleu et nous : c'était magique, à vous d'en juger...!

Une pure merveille, certainement un des plus beaux souvenirs de notre périple...

nous laissons nos deux compagnons de route à Uyuni et nous rentrons avec Ruben et Jaibe à Tupiza en 4X4, la route est longue; nous arrivons à 23 H et retrouvons notre « kodiak » que les propriétaires de l'agence avaient gentiment gardé dans leur garage. Nos souvenirs nous bercent dans cette nuit glaciale...


Le lendemain Ruben et Jaibe, (hors agence et de leurs propres volontés) nous font visiter les alentours de Tupiza, ville située dans une vallée parsemée de canyons, entourée d’énormes rochers colorés. Ça fait un peu ambiance far West avec les rivières asséchées et les cactus ! Il ne manque plus que John Wayne ! D’ailleurs, c’est non loin d’ici (à San Vicente) que se cachèrent, refirent parler d’eux et moururent les bandits Butch Cassidy et le Sundance Kid !


Nous garderons de nos amis boliviens un grand souvenir.

Nous quittons la Bolivie, le froid nous glace, pour rejoindre l'immensité argentine !

Probablement le dernier pays à visiter de notre périple...


Les 3 amis-ricains

Valérie, François et Julian






Voyage en août-septembre 2009.
Région du Sud Lipez


1€ = 10Bs


Bolivie-Sud_Lipez_flamantsLa Bolivie recèle de coins et de paysages différents, tels que le lac Titicaca, l’Amazonie au nord du pays, ou l’Altiplano.

Mais que serait un voyage en Bolivie sans la découverte de son salar (la plus grande étendue de sel au monde) et de la région du Lipez au sud du pays?

Cette région peut se découvrir à pieds avec l’ascension de plusieurs volcans culminants parfois à plus de 6000m, à vélo (on en a croisé plusieurs), mais la façon la plus courante reste une excursion de quelques jours en 4×4, avec guide/chauffeur et souvent cuisinier/nière. C’est l’option que nous avons choisi.

  • 3 points de départ sont possibles:

- Uyuni: c’est le plus courant. L’excursion classique dure généralement 3 jours/2 nuits. Tout plein d’agences proposent ce tour, pour moins de 1000Bs/pers. Les 4×4 sont souvent de 6 personnes.
On commence par le Salar et on finit par les lagunes. Retour direct à Uyuni, ou transfert possible vers le Chili (à négocier avant le départ)

- Tupiza: en remontant vers Uyuni. Le tour dure 4 jours (une journée supplémentaire dans le sud Lipez) et on fait les excursions à l’envers par rapport aux agences d’Uyuni: paysages du Sud Lipez, lagunes, puis salar le dernier jour.
Beaucoup moins classique (pour le moment), moins de touristes. Il y a de plus en plus d’agence s’installant à Tupiza, la plus grande étant incontestablement “Tupiza Tour”, mais je recommanderai “el Grano de Oro”. Un jour de plus donc plus cher, environ 1250Bs/personne sur une base de 4 personnes (moins cher sur une base de 5 personnes).

- San Pedro de Atacama au Chili: en remontant vers Uyuni. Je ne connais pas les prix mais il y a pas mal d’agences à San Pedro.
Bolivie-_Laguna_VerdePar contre les agences sous-traitent généralement avec les agences boliviennes. On vous emmène à la frontière, puis des 4×4 boliviens viennent prendre le relais.

Concernant le nombre de personnes, moins on est de personne dans le 4×4, plus c’est cher. On part généralement à partir de 4 personnes (sinon c’est considéré comme un tour privé), possibilité d’être 5 ou 6 (voir 7 dans certaines agences depuis Uyuni).
Personnellement nous avons opté pour être 4 car on y gagne grandement en confort, et je vous promets que pour 3 ou 4 jours, c’est important !

  • Les prestations :

Une fois le tour payé, il n’y aura pratiquement plus rien à payer !

Généralement est inclus:

- tous les repas, eau comprise
- l’hébergement basique
- les entrées dans les parcs nationaux

Les seuls trucs à rajouter sont les toilettes payants à certains endroits (sinon les toilettes, c’est partout autour du 4×4 quand on s’arrête!), une éventuelle visite au site “Galaxia” à 10Bs (1€), la douche chaude à 5Bs dans le seul hébergement possédant une douche, les éventuelles autres excursions…

  • Notre recommandation : personnellement nous recommandons le tour depuis Tupiza. Forcément, c’est de là que nous l’avons fait ! Nous n’avons pas rencontré de monde l’ayant fait depuis San Pedro mais depuis Uyuni et en partageant nos infos voilà ce que nous en retenons:

- partir de Tupiza permet d’avoir un jour de plus dans cette magnifique région. Une journée à parcourir le Sud Lipez, à la rencontre des lamas, vigognes, lagunes et volcans.

Bolivie-_Map_uyuni- nous avons très souvent été seuls aux endroits où nous nous sommes arrêtés. Surtout que nous ne suivions aucun autre 4×4.

- nous avons croisé une queue-leu-leu de voitures devant d’Uyuni et s’arrêtant toutes en mêmes temps.

- nous avons fait les bains d’eau chaude à 11h du matin, et c’est déjà plus facile de se mettre en maillot de bains qu’à 7h ou à 8h, quand on le fait avec les agences d’Uyuni.

- coup de pas de bol je pense: nous avons croisé des gens ayant fait la laguna verde à 8h le matin, elle était toute noire (souvent le cas quand il n’y a pas un souffle de vent). Nous l’avons fait la veille à midi, c’était magique. Je ne sais pas s’il  y a une question d’horaire ou non…

- En partant de Tupiza, on termine par le salar et on y fait le lever de soleil le dernier jour. Génial !


Fleurine Pelissier

http://www.fleuf.fr




Au petit matin, la pirogue de la communauté de San Miguel del Bala nous attend sur les rives du Béni. Le fleuve s'enfonce dans la forêt en serpentant entre les montagnes. Nous somme partis pour cinquantes minutes de naviguation tranquille pour gagner le village.

La communauté de San Miguel del Bala est composée de personnes du peuple Tacana qui vivent dans la jungle depuis toujours. Leur histoire a traversé les siècles et ils ont notamment commercé avec les Incas.

La communauté est située près du Parc Madidi. Avant la création du parc, le village vivait du bois et de la chasse dans cette zone. A la suite de la création du parc, la communauté ne pouvait plus exercer ces activités légalement. Le parc a donc initialement posé un problème important à la survie du village.

Parallèlement, le tourisme à Rurrenabaque se développe depuis les années 90. Quelques personnes du village vivent de cette activité en tant que guide. Certains tours emmènent les touristes découvrir le village sans que cela profite aux habitants.
Plusieurs histoires se racontent sur le lancement du projet d'écotourisme. Il se dit qu'une personne du Danemark qui venait régulièrement faire du tourisme dans la région suggéra l'idée à la communauté.

En tous les cas, les cinquantes familles de la communauté (environ deux cents personnes) se lancèrent dans l'aventure en 2003. La construction des installations dura trois ans. Le travail fut difficile et la rentabilité de ce travail n'étant pas assurée, vingt familles abandonnèrent le projet.

La communauté reçoit l'aide financière de plusieurs organisations importantes : ONU, USA, Danemark. En échange, ils doivent prouver qu'il n'utilisent que des matériaux locaux pour la construction.

San Miguel reçoit ses premiers touristes en 2006. La communauté qui s'attendaient à un afflux massif de touristes est un peu décontenancée de compter environ quarante visiteurs sur cette première année ! Mais la communauté reste soudée autour de son projet et le nombre de touriste ne cesse de croitre (environ quatre cents visiteurs en 2009).

Boliviemaitre2Le projet d'écotourisme est maintenant un exemple reconnu par les acteurs du tourisme de la région. Il permet de participer à la sauvegarde de la faune et de la flore du parc Madidi mais également de conserver la cohésion de la communauté et sa culture. Le projet est géré de façon autonome par la  communauté qui utilise l'intégralité des bénéfices pour l'éducation de ses jeunes.
Nous découvrons notre écolodge au milieu de la jungle. Les installations sont récentes et bien entretenues.

Les habitations sont construites avec du bois local et s'intègrent très bien dans l'environnement. Après un moment de repos, nous partons pour le village situé à 20 minutes à pied de la communauté. En chemin, notre guide (né dans la communauté) nous fait découvrir des plantes médicinales et d'étranges fruits. Il nous présente sa maison typique, son jardin exotique... et son cochon.

Nous suçons le fruit du cacao avant de croquer dans un bloc de chocolat du village, issu de ce même fruit. Nous continuons notre visite par la découverte de l'école et des 60 enfants qui en profitent. Cette école s'est développée grâce à cette initiative touristique. Les enfants peuvent maintenant y apprendre le language Tacana qui était en voie de disparition. Nous allons ensuite manier une lourde presse en bois qui permet d'extraire un merveilleux jus de canne à sucre.

L'après midi, nous avons le choix entre les activités suivantes: aller nager près d'une cascade, apprendre les techniques de chasse ancestrales ou une marche dans un canyon voisin. Nous choisissons les deux premières activités. Enfin, nous passons une très bonne nuit dans notre bungalow au milieu de la jungle.

Boliviemaitre3Le lendemain, nous partons en pirogue pour le parc Madidi avec pour objectif de débusquer le maximum d'animaux. Nous croisons en chemin alligators, capibaras (cousin du rat... en 10 fois plus gros) et une multitude d'oiseaux dont perroquets et toucans. Nous atteignons notre deuxième camp, un peu plus rustique mais tout aussi agréable puis nous dégustons un délicieux repas local. Les papillons volent autour de nous et nous pouvons apprécier la grâce du fameux morpho.

L'après midi, à la suite d'une longue marche en forêt, nous découvrons plusieurs espèces de singe et quantité d'insectes. Le guide nous présente le bâton du diable : un arbre creux qui vit en symbiose avec une colonie de fourmie. Nous voyons également un arbre qui semble saigner quand on l'entaille. Cette sève appelée sang de taureau peut servir de mercurochrome.
Le soir nous faisons une marche nocture pendant laquelle nous nous aperçevons que le mignon petit étang à proximité du camp est rempli d'alligators.

Bolivie_Maitre0Nous nous levons, le troisième et dernier jour, de bon matin, pour aller écouter les bruits de la jungle qui se réveille. Nous marchons longuement en silence. Lorsque, soudain, nous entendons un lointain sifflement : un tapir...
Notre guide commence alors à imiter le tapir afin que celui ci se rapporche de nous. Cette technique semble fonctionner, les sifflements sont plus fréquents et de plus en plus proches. Nous avançons à pas de loup. La bête de près de deux cent kilos doit être toute proche car nous entendons la forêt qui craquent sous ses pas. Nous n'arrivons malheureusement pas à distinguer le tapir qui sent notre présence (oups cela fait deux jours que nous n'avons pas pris notre douche) et s'enfuit. Au retour de notre marche, nous sculptons des petites noix de coco que nous avons ramassées dans la forêt pour en faire des bagues. 
L'après midi, nous retournons en pirogue à Rurre.

PS: pour les gourmands, tous les repas mitonnés avec des ingrédients locaux sont excellents, surtout les petits déjeuners.

Attention aux piqures de moustiques, de fourmis, d'araignées, de scorpions ou aux tiques ! Les dangers sont nombreux dans la jungle mais on se sent en sécurité avec le guide qui est très prévenant.




Fiche pratique (août 2010)


Ambiance

Nous notons deux différences importantes avec le Pérou concernant la relation aux voyageurs :
nous n'avons pas vu l'ombre d'un rabatteur de tout notre voyage en Bolivie !
nous n'avons quasiment pas eu à négocier les prix.
Globalement il nous a semblé plus facile et plus agréable de voyager en Bolivie. Un petit bémol cependant : une certaine lenteur de la population locale peut aggacer. Attention à l'attente au restaurant par exemple...

Itinéraire

La Paz est au centre d'une foule d'activités (death road, tiwanaku, trekkings, Huayna Picchu...) et la ville est intéressante. Vous pouvez prévoir d'y rester un bon moment en fonction de vos envies. Les activités dont vous pouvez vous passer en ville : la vallée de la lune et le catch à El Alto. Ne manquez pas de profiter des bons restaurants de la ville.

Si vous voyagez également au Pérou, Copacabana est un bon endroit pour se détendre. Vous pouvez en profiter pour visiter la isla del sol si vous êtes en manque de "paysages marins" (pas indispensable à notre avis).

Ne surtout pas manquer Rurrenabaque et ses 2 activités phares : excursions en pampa et en jungle. Nous vous recommandons de commencer par 2 ou 3 jours de pampa puis d'enchainer par 3 jours de jungle.

Nous avons trouvé que les activités autour de Sucre et Cochabamba ne sont pas formidables et sont chères. Nous vous conseillons quand même de découvrir Sucre pour la ville elle-même.

Malheureusement nous n'avons pas pu faire le salar pour cause de bloqueos mais il est clair que cela doit être prévu dans tout itinéraire en Bolivie (sauf pour les frileux et pour ceux qui sont malades en altitude).

Compagnies de bus

Nous avons emprunté plusieurs compagnies de bus. Sans hésiter la seule compagnie qui vaille vraiment le coup est Bolivar. Il s'agit de la plus confortable et ils proposent des prix bas grâce à leur fréquentation importante. Bon à savoir : vous obtiendrez des rabais importants sur les tickets pris à la dernière minute (moins de 10 minutes avant le départ) dans les terminaux terrestres.

Compagnies d'avion

Plusieurs compagnies : Aerosur (recommandé par les locaux), Boa (très bien selon nous), Amazonas (LA compagnie pour aller à Rurre / rembourse les vols annulés) et Tam (peu cher mais ne rembourse pas les vols annulés). 

Bonnes adresses :

La Paz :
- Hostal Sagarnaga : 120 bolivianos pour une double avec sdb privée avec petit déjeuner correct. Attention au grand patron qui est très drôle mais qui propose ses chambres à 160 bolivianos. Si vous voulez profiter du WIFI, ne dépassez pas le premier étage. L'hôtel est idéalement placé.
- Thaï Palace : situé dans la très fréquentée rue Linarès, ce restaurant propose une cuisine délicieuse. Il y a peu de monde pourtant dans cet établissement – sans doute parce qu'il se trouve au premier étage d'un hôtel accessible en passant sous un porche.
- Wagamama : très bon japonais.
- et-n-ic : Excellent endroit pour vendre et acheter des guides de voyage. Ils ont une collection impressionnante de Lonely planet plus ou moins récents.
- si vous avez une subite envie d'Incka cola, vous êtes partis pour de longues recherches. Nous ne sommes pas au Pérou ! Un indice : cherchez une cevicheria près du marché couvert !

Cochabamba :
- Hostal Florida : hôtel charmant / propriétaire super sympa toujours prêt à donner conseil.

Copacabana :
attention aux arrivées le we sans réservation d'hôtel. Vous aurez sûrement du mal à trouver une chambre car, en plus des touristes, les locaux réservent leurs hôtels.

Sucre : ne pas manquer la dégustation d'un jus de fruit au Mirador (belle vue sur la ville).

Rurre :
- hostal Curichal : le seul hôtel calme de la ville dans un cadre agréable. Le propriétaire est également super sympa. 
- Pour choisir son agence pour la pampa / jungle, le mieux est de faire le tour des agences entre 15h30 et 17h (l'heure des retours) et de prendre la température des voyageurs. Attention aux agences qui font dans le "sensationnel" au détriment du respect des animaux.

On a aimé :                                    On n'a pas aimé :
1- Rurrenabaque (Jungle / pampa)     1- Les bloqueos
2- Copacabana                                2- Le prix des activités touristiques (Sucre/Cochabamba)
3- Multiples facettes de La Paz         3- Coca quinua
4- Sucre
5- Death road

Thomas Maître (août 2010) 





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