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Carnet de route au Pérou


Jumin haut plateau péruvien

Cela fait bientôt un an que Célia et Simon ont entamé leur traversée à pied de l'ancien et vaste Empire inca "Tahuantinsuyu".
Ils nous invitent sur le Qhapaq Ñan qui longe le lac Chinchaycocha.

Juillet 2012, il fait - 15 °C. Notre tente est givrée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, mais nous venons de vivre l'un des plus beaux bivouacs de notre traversée à pied du Pérou.

Spectacle magique

Nous nous trouvons sur une rive du lac Junín — Chinchaycocha en quechua — et la brume envahit les lieux.
Lorsqu'elle se dissipe, elle laisse filtrer les rayons du soleil qui viennent réchauffer les nombreux flamants roses, dépliant leurs ailes, à la recherche d'un peu de chaleur. C'est un spectacle magique qui s'opère sur les eaux.
Frigorifiés, nous sommes invités par l'éleveur d'alpagas du coin à boire un café dans sa maison en adobe. Près du poêle alimenté au crottin, nos mains reprennent vie...
Perché à 4 100 mètres d'altitude, le lac Junín, deuxième plus important du Pérou, abrite de nombreuses populations d'oiseaux essentiellement marins tels le Bueyera Bleu, leYanavico ou le Zambullidor Blanquillo qui lui ont valu d'être classé en 1974 réserve nationale.

Avec ses 530 kilomètres carrés de superficie (équivalent au lac Léman en France), il ne représente pourtant que la partie Sud de l'immense plateau de Junín, situé au coeur du pays.

Une pollution minière dangereuse pour l'environnement et la santé

Pour atteindre les rives du lac, nous sommes entrés par le nord du plateau à travers de grandes étendues herbeuses. Dans cette pampa découpée en centaines de parcelles, seuls des lamas et des alpagas pâturent en toute quiétude. Pendant deux jours, nous enjambons barbelés après barbelés pour la traverser, à distance des routes et des zones minières. Malgré cet écart, la mine de Pacoyan, tellement imposante, reste ancrée dans le paysage.

Montagne découpée en pyramide à étages, elle pourrait facilement être confondue avec un temple monumental pré-inca. À l'inverse, la mine à ciel ouvert de la ville de Cerro de Pasco, qui fut un temps l'une des plus importantes mines d'argent du pays, est un trou béant au pied des maisons, obligeant la population à déplacer leurs habitations toujours plus loin. Néfastes pour la santé des habitants, en raison de la pollution qu'elles engendrent, ces mines attirent pourtant toujours plus de Péruviens, à la recherche d'un emploi et de nouveaux villages en parpaing voient le jour.

D'autres sont abandonnés et reconstruits au plus près des routes et des mines comme celui de Cochamarca, vivant mais sans âme.
Le vieux village désuet, lui, mais plein de charme, avec ses maisons en adobe, abrite une des plus belles églises coloniales bordant le lac Junín. Au XVIIe siècle, ces églises furent implantées par les conquistadors pour affirmer leur présence le long de l'ancien chemin royal inca, le Qhapaq Ñan.

Un plateau à part, un climat rude

Réchauffés, nous quittons la bergerie rustique, entourés d'une centaine d'alpagas, de lamas et de brebis.
Un agneau est mort durant cette nuit glaciale.
Le climat froid et humide rend la vie encore plus difficile dans ces pampas isolées...

Non loin de là, dans le brouillard, nous découvrons le vaste site de Pumpu. Ces ruines, constituées d'une large esplanade, avec un Ushnu, cernée par une centaine de bâtisses, étaient un centre administratif et cérémonial très important à l'époque inca. Implanté sur le Qhapaq Ñan, ce centre a connu une période glorieuse, mais il ne reste aujourd'hui que des tas de pierres laissés à l'abandon, comme tant d'autres au Pérou. Notre route se poursuit sur le Qhapaq Ñan, le long du lac. Parfois, celui-ci se retrouve immergé sous les eaux, laissant apparaître par transparence un magnifique chemin bordé de pierres.

Le niveau du lac a la réputation de grignoter les terres environnantes au fil du temps ; ainsi, le village de San Pedro a dû être déplacé à un kilomètre des berges. Au bout du lac, dans un dernier morceau de pampa, se dresse un mémorial. Ici s'est jouée la bataille, conduite par Simon Bolivar, qui marqua définitivement l'indépendance du Pérou vis-à-vis de la couronne d'Espagne en 1924.

Junín, un plateau à part dans les Andes péruviennes, boudé par le tourisme, reste un endroit contrasté et unique. Un lieu haut en couleurs : vert par sa pampa, bleu par ses eaux, rose par ses flamants, ocre par sa mine... Et si l'hiver nous a glacé les os, l'accueil de ses habitants nous a réchauffés.

Texte et photos: Celia Dandonneau et Simon Dubuis (75)
http://www.inca.dubuis.net




Yanqué, village authentique (Pérou)

yanque1La vallée de Colca est connue pour sa faune majestueuse, et ses grands espaces.

Cette vallée abrite aussi des villages authentiques, qui trouvent leur âme dans leur origine

Dans la vallée de Colca, au Pérou, il est des canyons au bord desquels on peut se laisser bercer par le tournoiement des condors, remontant des profondeurs à l’aide des courants d’air chaud. Leur ballet s’opère lentement, jusqu’à ce que l’objectif les perde dans l’immensité du ciel.

Mais les grands moments d’émotion se vivent déjà dans la traversée de l’altiplano…

Lorsque vous quittez Aréquipa, les volcans Mismi, Chachani et Pichupichu n’en finissent pas de vous accompagner. À près de 6 000 mètres d’altitude, leurs sommets semblent proches tout au long de votre route.



Vous avez envie de vous arrêter—bien trop souvent pour le chauffeur — mais la nature est si grandiose et la faune si majestueuse ! Les vigognes et les oies sauvages semblent arrêter le temps, la photographie veut immortaliser l’image mais le meilleur reste à l’intérieur de soi.

Lorsqu’on redescend dans la vallée profonde, après avoir franchi le col à 4 900 mètres d’où vous pouvez apercevoir la source de l’Amazone, le deuxième village s’appelle Yanqué. C’est de ce village-là que je vais vous parler… Un village authentique avec ses paysans aux allures légères, balayant la campagne avec leurs compagnons de labeur, les lamas, les alpagas, les ânes. Des enfants joufflus et gracieux grandissent dans de modestes demeures d’où s’échappent de merveilleuses odeurs d’eucalyptus.

Du toit de la crèche flotte le drapeau français ! Deux jeunes architectes, pour finaliser leurs études, sont venus réaliser un projet humanitaire. Je les ai rencontrés un soir dans la calera à l’extrémité du village… Nous nous baignions avec mes fils dans les eaux thermales, à la tombée de la nuit, quand nous avons eu la surprise d’entendre parler français.

Les bébés de Yanké ne partent plus dans les champs avec leurs parents, ils s’épanouissent comme devraient pouvoir le faire tous les petits enfants du monde, dans un espace adapté.

yanque3Yuyo Yuyo. De ce village où l’on parle quechua, je vous conseille de partir à laconquista de Yuyo Yuyo. Il est le village inca d’origine, celui où vivait la population avant l’arrivée des conquistadors… Il se mérite, il faut grimper pour y trouver l’âme de ce peuple !

Vous vous laisserez alors bercer par le cheminement de l’eau qui continue d’alimenter les canaux d’irrigation et si la saison s’y prête, vous admirerez les fleurs de cactus qui occupent le sol. Vous contournerez les champs de quinoa, de maïs et de pommes de terre sous une brise légère, accompagnés par le vacarme des colibris. C’est un lieu qui se mérite, hors du temps. Nous sommes à 3 600 mètres d’altitude.

Je voudrais vous parler aussi de cette religieuse venue des États-Unis, la madre, qui travaille depuis cinquante ans au Pérou et trente ans au presbytère du village. Chaque matin elle prépare la soupe pour les démunis dans de gros chaudrons que l’on peut apercevoir depuis la grille. Si vous passez par là, ne l’oubliez pas, elle vous montrera son cahier où sont répertoriés les nécessiteux et vous fera visiter l’église qui renferme de véritables trésors.

Coporaque. Après avoir traversé la Plaza de armas, de l’autre côté du pont vous pourrez atteindre un coquet village… Coporaque. Vous cheminerez alors le long de la rivière jusqu’à la rencontre d’un site étonnant : “le colisée”. Les habitants sont particulièrement fiers de ce lieu où leurs ancêtres pratiquaient des rituels.

Arrivés sur la place principale de Coporaque, un petit restaurant si modeste et si généreux à la fois vous attend. La propriétaire sait à quel point la bibliothèque de l’école de sa fille est importante. Au nom de la culture, elle déploie beaucoup d’énergie pour se procurer des livres.

yanque2Je ne terminerai pas mon récit sans vous parler d’Apollinaire. C’est le gardien de la mine de

Madrigal, un monsieur si gracieux par son sourire, son allure, sa présence.

Une vie de dur labeur se lit sur sa peau…

Vous le croiserez peut-être dans vos balades à pied, à vélo, à cheval.

Le Paso péruvien s’adapte particulièrement bien au terrain, avec lui vous vous sentirez libre et confiant.

J’entends encore mon guide sur les chemins pentus… “no te preocupas, el caballo sabe*”.

*
“Ne t’en fais pas, le cheval connaît le chemin”

Texte et photos Annick Martin


Pratique


Pour éviter le mal d’altitude dans ces hautes montagnes, il est recommandé de boire régulièrement des infusions de feuilles de coca les premiers jours

_L’auberge Tradicion Colca, située à Yanque et tenue par un Français, est le parfait point de départ pour les randonnées et balades à cheval (de Paso) dans la vallée et le canyon de Colca www.tradicioncolca.com et www.lacaballeriza.org

_N’oubliez pas votre maillot de bain pour profiter des nombreux bains thermaux et oasis




Nous avons traversé le Pérou en moins d'un mois.


Perouameri2À contrario des deux pays précédents (Colombie et Équateur) nous ne garderons pas de souvenirs impérissables de ce pays sauf bien entendu, de ses paysages et des sites archéologiques splendides qui le jalonnent.


En quittant l'équateur, (passage de frontière simple et rapide) nous avions froid, c'est pourquoi nous avions décidé de rejoindre la côte pacifique et ses grands déserts.


Malheureusement, cette côte, pourtant magnifique, est jonchée d'ordures et jalonnée de « batteries de pollos » (poulets), autant vous dire que nous avons évité d'en mangés !


La visite des villes coloniales comme Trujillo, Cuzco et des sites archéologiques : Tucumé, Chan-Chan, Nasca, Machu-Picchu, etc, nous réconcilient avec le pays.


La population Péruvienne est moins ouverte, moins chaleureuse que celles des deux pays précédents. Dommage, ce n'est pas faute d'essayer mais ici les gens sont moins ouverts, moins disponibles à la rencontre fraternelle, comme nous la recherchons : souvent pris pour des gringos aux poches résolument pleines de dollars...


Seules quelques rencontres de péruviens et notamment d'un commandant de police (qui a dit qu'elle était corrompue !) qui nous a pris sous son aile protectrice et notre « kodiak » également. Il a dépêché un de ses agents pour nous faire visiter la ville et faire nos courses car la ville est « muy peligroso » alors nous prenons le temps de converser et d'en savoir plus sur le pays en pleines élections présidentielles : un choix entre peste et choléra (entre la fille de l'ancien président et un natif du pays.


Voici quelques unes des merveilles que nous avons pu admirer :


PerouAmer11ère de nos visites archéologiques : Tucumé, ancienne citée érigée 700 ans ap. J-C, toute en adobe. Puis Chan-Chan, construite entre 850 et 1470 après Jésus-Christ, fut une capitale impériale jusqu'à ce que Chimor soit conquise par l'Empire Inca au XVe siècle.


Deux sites dévastés par la tempête« El Niño ».


Nous avons clôturer ses sites par la visite du magnifique musée retraçant la vie et l'empire du Seigneur de Sipan, avec ses collections d'or, de masques, de céramiques, etc.


Nous avons quitté la côte pour rejoindre la Cordillère Blanca à plus de 4000 m.

A notre arrivée à Huaraz, il y avait une fête d'un Saint local ; nous avons assisté à de belles danses avec costumes brodés toutes en couleurs.


Nous avons fait la connaissance d'Annabelle et Nicolas, un jeune couple français en voyage depuis une petite année ainsi qu'un jeune couple de belges. Nous avons partagé un bon repas en leurs compagnies. Ça fait du bien de parler français et de manger des frites !


Après une montée de 4 heures dans un canyon aux parois de plus de 1000 m nous avons découverts un lagon aux eaux bleu-vert-émeraude que nous avons longé au cours d'une randonnée de 2H30 puis, nous avons passé notre 1ère nuit à 4200 m. le mal d'altitude s'est ressenti, nous n'avons dormi que deux heures...le lendemain sera fatal pour un de nos pneus déchiré sur l'arrête d'une pierre ! Mais le souvenir reste intact...


Les lignes de Nazca : Ces géoglyphes sont le fait de la civilisation Nazca, une culture pré-incaïque du Sud du Pérou qui se développa entre 300 av. J.-C. Et 800.

Nous ne les avons pas survolé en avion, le prix et le vent nous en dissuadaient, d'une part, et un mirador suffisait à voir quelques figures, d'autre part.


Puis nous avons rejoint la capitale Lima, avec ses quartiers pauvres en périphérie contrastant franchement avec ceux du quartier français.

Nous avions fait la connaissance de Chiara, d'Éric et de leurs deux enfants à Tucumé. Ils nous avaient invité gentiment à les retrouver dans leur grande maison. Nous avons passé 3 jours très sympas en leurs compagnies. Au menu : grandes discussions, soirée d'anniversaire, brunch et retour au monde civilisé ! Ça fait quand même du bien...une bonne douche !


Ensuite direction la vallée sacrée et le Machu-Pichu : merveille des merveilles à la hauteur de sa renommée. Nous avons été très émus de voir enfin de nos propres yeux ce qui faisait que ce site était magique ; à bon entendeur...grâce à un groupe de jeunes retraités français nous avons pu faire la visite guidée de 3 heures gratuitement, c'était très sympa de leur part, nous les en remercions encore.

Nous quittons le pays par le lac Titicaca, le plus grand lac d'Amérique du Sud de long en long, il possède aussi le record d'être le plus haut lac navigable du monde. C'est une magnifique étendue d'eau douce à plus de 3800 m d'altitude, il y fait très froid et venté.

Perouameri3

Au moment où nous avons quitté la ville de Puno nous avons essuyé des lancés de pierres dans le cadre du mouvement de grève instauré par les natifs à l’encontre des entreprises minières souhaitant développer leurs activités ; les mineurs sont vraiment mal payés... (mouvement qui malheureusement intervient souvent dans cette région...).


De plus, des centaines de policiers armés jusqu'au dents bordaient la route, des hôtels détruits par des lancers de pierres et des chicanes de pierres jonchaient le sol sur près de 100 kms, la sortie du pays fut difficile et le même sentiment qui nous envahissait à son entrée s'est confirmé à la sortie.


Heureusement, le passage des 2 frontières (1H au total) s'est très bien passé. Les douaniers nous ont même demandé comment c'était passée le voyage !

 

 

les 3 amis-ricains

Valérie, François et Julian



En route vers les îles du  lac Titicaca (Pérou)


Le Lac Titicaca

Après avoir passé une nuit à l'hôtel Cricarlet de Puno, nous nous sommes rendus à l'embarcadère pour rejoindre Olga, notre guide, et naviguer sur le lac .
Titicaca2On peut signaler que le petit port de Puno est le point de départ le plus pratique pour visiter les îles disséminées sur cette immense mer intérieure, perchée à presque 4000 m d'altitude.

Il est huit heures et à une quinzaine, dont beaucoup de français, nous embarquons sur le bateau qui dessert de nombreuses îles. Nous quittons le port en longeant les collines grises où verdissent de temps en temps les terrasses cultivées.Puis, ce sont les marais qui apparaissent et le bateau se faufile à travers les roseaux et les joncs : il se dirige vers les îles d'Uros, véritables îles flottantes, quiconstituent la principale attraction touristique du lac : c'est en référence au peuple qui y vivait jusqu'à la moitié du XX ème siècle que le nom a été donné.
Avec la douce teinte jaune orangée de la matinée, c'est un "délice" photographique qui surgit à chaque détour de cette étendue maritime en voyant ces îles qui "flottent" à la surface de l'eau.

Nous nous approchons de ces îles, dans un paysage insolite cerné par les montagnes. Quel panorama splendide se déroule devant nous, au fur et à mesure qu'on voit ces communautés indiennes vivant sur cette épaisse couche compacte de roseaux flottants nous saluer de la main, au passage du bateau ! Vraiment, c'est une impression étrange de longer la rive en remarquant comment sont façonnées toutes ces huttes !


Les Uros

La petite tribu Uros entama son existence flottante inhabituelle pour se protéger contre les agressions incas.Le bateau va accoster et allons Perou-Urosrejoindre l'une des îles artificielles, objet de notre visite guidée: nous entourons le guide qui nous explique l'assise sur laquelle a été bâtie l'île : la "totora", nom du roseau occupe une place importante dans la vie de ce peuple : non seulement, il permet de protéger les îles contre les vagues, mais aussi il sert à fabriquer les maisonnettes, les meubles et les barques: en voyant toutes ces embarcations faites de roseaux enchevêtrés accoster, c'est vraiment l'admiration qui ne peut que s'emparer de nous.

Des poteaux en bois d'eucalyptus sont plantés dans le fond du lac et des cordages relient l'ensemble afin d'éviter que l'île ne soit chassée par le vent et se mette à dériver. C'est un travail inlassable et régulier qui attend le peuple qui vit sur ces îles: chaque semaine, une nouvelle couche de roseaux est ajoutée pour remplacer celle qui a coulé, et tous les dix ans, il faut déménager et construire une autre île.
On a pu se rendre compte de l'épaisseur de la "totora" évaluée à 3 mètres, avec une base immergée formée de racines enchevêtrées. Nous avons pu apprendre que les habitants consomment la partie blanche comestible de l'extrémité des roseaux. Après avoir, à l'aide d'une corde, évalué la profondeur de l'eau au centre de l'île qui avoisine les quinze mètres, nous avons été invités à admirer l'artisanat proposé par les femmes à la vente : grâce au tourisme, les Uros jouissent d'un relatif confort, car les maisons actuelles sont pourvues d'électricité fournie par panneaux solaires installés par l'ancien président Alberto Fujimori, très apprécié dans la région.

Les habitants tentent coûte que coûte de maintenir leurs traditions, malgré une commercialisation un peu forcée ; cependant, le détour permet de contempler des tapis remarquables aux coloris verts et rouges du plus bel effet, des articles en roseaux confectionnés avec goût.
Les huttes en roseaux sont disposées autour d'une place centrale coincée sur une petite superficie très fréquentée où on se sent presque obligé d'acheter des souvenirs, seul gagne-pain de ces habitants. Ce sont les femmes qui sont là à accueillir les visiteurs, car les hommes sont occupés soit à pêcher, soit à travailler à Puno comme employés, chauffeurs de taxis, comme beaucoup de péruviens, ou pilotes de bateaux. Le mode de vie des habitants en place constitue un intérêt indéniable, même si les derniers Uros authentiques ont été remplacés par les Indiens Aymaras qui se sont établis sur les îles, comprenant l'intérêt pécuniaire qu'ils pouvaient en tirer, en se faisant passer pour des descendants d'Uros.




Pour rejoindre l'île voisine, moyennant paiement, certains touristes montent sur des embarcations plus élaborées à deux étages d'ou on peut admirer le panorama en scrutant plus aisément l'horizon.
Nous quittons ensuite les îles Uros pour rejoindre au bout de trois heures l'île d'Almantani, étape privilégiée pour passer la nuit sur le lac Titicaca.
Dès l'arrivée sur l'ile, il faut grimper avant d'atteindre la maison de la tante d'Olga qui nous accueille à bras ouverts sur le seuil de sa maison. Il est déjà presque 13 h et il est temps de manger, car nous avons faim : la tante va se mettre à préparer de la truite saumonée achetée par Olga au port de Puno, juste avant l'embarquement , accompagnée de quinoa, graine "sacrée" des Incas, utilisée depuis très longtemps chez les Précolombiens.

C'est dans la cuisine, autour d'un feu, que nous nous attablons. Quelle chaleur humaine se dégage de cette pièce, au confort rudimentaire! Le fils de la famille, âge de sept ans, un peu timoré au départ, va gagner notre confiance quand je vais commencer à converser avec lui en espagnol : nous montrons quelques photos de notre petit-fils, du même âge que lui et là, alors, il vient sur les genoux de ma femme et montre toute son affection.

Titicaca3Le père n'est pas là: il est parti depuis longtemps sur un chantier à Cuzco et ne revient pas souvent, à cause du prix et des difficultés de transport, dans ce pays où les distances semblent une "éternité.
Nous regagnons notre chambre où on accède par un escalier en bois : quelle clarté, avec les deux fenêtres de chaque côté de la pièce et quel splendide panorama sur le lac immense qui se dévoile dans toute son étendue ! Nous sommes récompensés de cette montée assez pénible par cette vue magnifique où on peut admirer les cultures en terrasses qui s'échelonnent avant de sembler plonger dans l'eau.

Avec les patios décorés de plantes grimpantes et les petits bancs de pierre, l'itinéraire est charmant. Nous bénéficions d'une heure de repos avant d'entreprendre la montée jusqu'au sommet de la colline qui domine le lac : nous retrouvons d'autres membres de notre groupe qui se retrouvent dans des familles, mais dépendantes pour leurs revenus de la bonne volonté des agences.

Nous nous dirigeons vers les curiosités de l'île que sont les deux temples de Pacha Tata (dieu du ciel) et Pacha Mama (déesse de la terre) : à la bifurcation, nous préférons emprunter le chemin qui mène à la déesse de la terre : quelle agréable balade, en fin de journée, où nous pouvons profiter de la beauté du site et du calme avant d'apercevoir le soleil se coucher derrière la colline ! Nous pensions pouvoir profiter d'un admirable coucher de soleil, mais à cette époque de l'année, en décembre, les nuages ont tendance à obscurcir le ciel.
Cependant, la teinte rosée du soleil laissait entrevoir une de ces lueurs étranges qu'on n'est pas prêt d'oublier. Après avoir pris quelques clichés au pied, éclairés par la teinte orangée du soleil, nous avons quitté les lieux, en ayant soin d'utiliser notre lampe frontale afin de ne pas trébucher sur les obstacles. Après une demi-heure de trajet dans la pénombre, nous avons regagné notre domicile, avons pris le repas dans la cuisine éclairée depuis un mois à l'électricité d'origine solaire et avons regagné nos appartements à l'étage. On a pris soin de nous avertir qu'un "pot" de chambre était à notre disposition, vu qu'il fallait descendre pour aller aux toilettes situées dans le fond du jardin. Nous revenions un demi-siècle en arrière en nous souvenant des conditions d'hygiène précaire qui prévalaient autrefois.

Mais là, la réalité rattrapait la fiction, car l'absence d'eau empêchait d'utiliser les robinets; il fallait que les femmes fassent la corvée d'eau pour pouvoir se laver et nettoyer les légumes. Nous avons vécu ainsi une journée mémorable, parmi cette famille qui n'a montré aucun signe de découragement, face aux difficultés de la vie quotidienne.

Après un sommeil réparateur, nous nous sommes levés assez tôt, mais nous nous sommes aperçus qu'un espèce de "crachin «breton s'abattait sur l’île. Le fils de la maison n'a pas tardé à se réveiller et s'est amusé avec le parapluie qu'on lui a prêté: il semblait fort intéressé.




Dès huit heures, il fallait qu'on parte pour rejoindre l'embarcadère, et c'est sous une pluie battante qu'on a pris congé de la famille qui nous avait hébergés; on a laissé à la femme une cape achetée en France, car on se doutait qu'on aurait trouvé un vêtement de pluie dans la ville voisine. Nous montons dans le bateau : c'est alors que la brume recouvre l'étendue d'eau et que la tempête se lève; après avoir quitté le port d'Almantani, nous nous trouvons au large et nous n'en menons pas "large" en voyant le bateau devoir affronter une eau si tumultueuse. Il faut compter deux heures avant d'atteindre l'île de Taquilé, l'île des tisserands ; nous sommes soulagés quand nous apercevons la terre ferme à l'horizon.
Titicaca1La tempête commence à s'apaiser quand on commence à longer le gros monticule rocheux qui constitue l'île de Taquilé. Nous débarquons et passons devant une pancarte qui nous souhaite la "bienvenue" : on se déplace en suivant des sentiers de pierre jalonnés de petites marches, bordés par des murets. C'est parfois fatigant, car ça monte, çà descend et l'altitude est là : 4000 m. Sur les terrasses étagées, retenues par des murets de pierres rouges, on cultive des pommes de terre, des haricots, du maïs.

Dans les champs en pente, des troupeaux de moutons broutent, gardés par de petits enfants qui font office de bergers. Les femmes partent à la corvée d'eau, la cruche attachée dans le dos.
Nous poursuivons notre chemin qui aboutit à la place du village : femmes et hommes sont là à nous accueillir pour vendre des produits de leur artisanat ; il est facile de se rendre à la coopérative, véritable boutique, qui permet de répartir équitablement les richesses ; aussi, est-il impossible dans ce lieu de marchander; les prix sont fixes et là, on peut acheter des bonnets, des gilets, des chemises brodées, des étoffes de laine et d'alpaga et des couvertures tissées à la main aux couleurs chatoyantes rouges et bleues principalement.

Les couleurs et les motifs des vêtements révèlent le statut social de celui qui les porte.
Des détails significatifs sont exhibés au passage des villageois : un homme marié portera un bonnet de laine avec des pompons rouges, tandis qu'un célibataire se reconnaîtra à ses pompons blancs.La population de Taquilé entend bien contrôler le développement touristique, en s'opposant à l'installation d'un hôtel sur l'île.

Après avoir effectué quelques emplettes, nous continuons notre chemin, nous nous arrêtons pour nous restaurer d'un repas de poissons et nous rejoignons l'embarcadère située en contrebas ; nous franchissons une porte et de là, la vue qui se dégage sur le lac et les bateaux accostés est magnifique.
Il est temps de partir : le tempête s'est apaisée pendant notre trajet sur l'ile ; il faut rejoindre Puno et au bout de trois heures, la côte se profile à l'horizon et nous débarquons, heureux du périple qui nous a comblés et qui nous a permis de côtoyer la vie traditionnelle souvent ingrate vécue par les insulaires.

A voir cette "extraordinaire" mer intérieure aux eaux d'un bleu intense, bordée de cultures en terrasses, on comprend la fascination qu'elle exerce depuis toujours sur ses habitants.
Un véritable enchantement que de naviguer sur ce lac ! C'est en s'immergeant dans le quotidien de la communauté des îles qu'on peut ressentir au mieux la dureté de la vie de ces insulaires et être touché par l'accueil qui nous est réservé.

Alain HERVE (2011)
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