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Carnet de voyage

Vénézuéla : un paradis tropical ?

Difficile en quelques lignes de relater ce superbe voyage de trois semaines, dans un pays grand comme deux fois et demie la France. Mon choix va donc aller aux populations indiennes : peuples vivant essentiellement du fleuve et de la forêt, témoins authentiques d’un monde encore préservé… pour combien de temps ?

Ce qui caractérise ces populations, c’est avant tout leur mode de vie en profonde relation avec l’EAU. Nous allons entrer sur le territoire des Indiens Piaroas, Panarés, Pémons et Waraos.

Venezuela1Nous quittons les villes, oublions les Andes, les Llanos et leurs multiples oiseaux et… c’est à bord d’une pirogue que nous remontons un rio pendant plusieurs heures pour arriver à notre premier campement chez une famille piaroa. Le lieu est paisible ; les enfants nous observent avec tout notre attirail et le lendemain matin, en visitant la maison nous les retrouverons installés devant… la télé ! évolution technologique oblige.

Un peu de forêt brûlée et c’est un champ de manioc qui voit le jour. Ananas et bananiers poussent à l’état sauvage sans oublier une superbe fleur qui répond au joli nom de « lèvres d’indienne »

C’est notre première sortie nocturne en pirogue mais les animaux seront-ils au rendez-vous ? ... encore faut-il savoir les trouver !
Comme la nuit tout est tranquille, les animaux s’approchent de la rivière pour boire. Les caïmans sortent de leurs cachettes et il est plus facile de voir leurs yeux briller à la lueur de la lampe frontale.
Jonathan, notre guide accompagnateur, recherchera avec énergie et connaîtra un franc succès après avoir attrapé un anaconda et de nombreux caïmans ! Mieux vaut être amie avec ces bêbêtes-là alors je me hasarde à caresser la peau de ces reptiles…

En plein air, sous un toit de palmes, je m’endors dans un hamac recouvert d’une moustiquaire : un silence « touffu » quelques chants de cigales et une humidité permanente me rappellent la proximité de la forêt.

Mais ce ne sera véritablement que lors d’une petite randonnée, que je mesurerai ô combien cette forêt amazonienne est omniprésente car nous pénétrons dans un milieu beaucoup plus hostile. D’abord d’affreux moustiques répondant au nom de « pourri pourri » et ignorant totalement nos bombes anti-moustiques prennent un malin plaisir à décorer toute partie du corps non protégée ! Ensuite l’humidité ambiante (95%) nous accompagnera tout au long de la balade et enfin la dernière montée par une chaleur orageuse et sans aucune ombre découragera une bonne partie du groupe… ceux qui préfèrent rechercher les belles fougères, les lianes, la fleur qui permettra à une femme enceinte de savoir si elle attend un garçon ou une fille et surtout l’animal devant qui je ne fais pas la fière, je veux dire la tarentule ! charmante bestiole aux poils urticants et qui peut vous cracher une poudre blanchâtre en visant … les yeux ! La forêt est difficile à décrire tant les végétaux s’enchevêtrent. Multiples orchidées accrochées aux troncs d’arbres géants qui eux, peuvent atteindre 50 m de hauteur.

Le soir, le chaman prépare le YOPO sorte de poudre à priser qui, insufflée, produira en plus d’une extrême fatigue, quelques hallucinations virtuelles parmi certains membres de notre groupe : l’un se voit transformé en singe et l’autre en perroquet… Qui dit mieux ?
En réalité, cette cérémonie a lieu lors des fêtes ou pour demander une guérison. Le chant du chaman éloignant les mauvais esprits, j’ai parfaitement dormi dans mon hamac… une fois n’est pas coutume !



Par la route nous rejoignons un village panaré et, à notre arrivée, femmes et jeunes filles disparaissent comme une envolée de moineaux … pour mieux se cacher. A la nuit tombée, elles réapparaîtront devant la maison. Plutôt fermées au premier abord, elles retrouveront rapidement le sourire. Etonnantes ces attitudes car nous ne sommes pas les premiers étrangers à venir dans ce village.

A l’école, le lendemain matin, l’accueil par le maître est chaleureux. C’est le gouvernement de Hugo Chavez qui a développé l’enseignement pour les enfants indiens prenant en charge :
- le salaire et la formation du maître (issu de cette communauté indienne)
- le local et le mobilier
- l’uniforme
- les fournitures scolaires individuelles
Venezuela2L’enseignement se fait dans les deux langues : panaréen et espagnol.

Nous reprenons la route et notre minibus s’arrête… devant quatre grosses tortues suspendues à côté d’un régime de bananes. Il s’agit de tortues charbonnières qui ont été capturées pour être vendues puis mangées lors de la semaine sainte. Les vénézuéliens en raffolent et les considèrent comme du poisson. Ce n’est pas vraiment de notre goût et nous nous cotisons pour acheter ces malheureuses bêtes que nous relâcherons beaucoup plus loin.

Le lendemain, nous survolons la chute la plus haute du monde (979m) ainsi que les fameux « tepuys » étranges montagnes tubulaires façonnées par l’érosion. Nous atterrissons dans le parc national de Canaïma, domaine des indiens pémons qui, aujourd’hui, vivent surtout du tourisme. Le terme pémon signifie en fait « être humain » Attention ! demander à un indien s’il est un pémon revient à lui demander s’il est un être humain… de quoi le vexer !

A l’origine, ce sont des hommes de la savane, des agriculteurs qui pratiquent la culture sur brûlis dont les conséquences écologiques risquent d’être graves. Ils ont bénéficié des programmes du gouvernement et vivent dans des maisons moins traditionnelles certainement plus confortables avec, au centre du village : écoles, crêche et église.

Notre dernière halte nous conduit chez les Waraos, où nous vivrons au rythme du fleuve Orenoque et de son delta (25 000 km² et plus de 300 canaux formant un véritable labyrinthe fluvial). Toute la vie humaine se déroule le long de ses rives et l’unique moyen de transport est la pirogue. Nous laissons aux singes, reptiles et oiseaux de toutes sortes l’immense forêt.
Les Waraos (littéralement « peuples des pirogues » une des ethnies les plus anciennes du Delta) seraient environ 24 000. De passage, nous n’aurons guère le temps d’approfondir leur mode de pensée : une délicate harmonie entre l’homme, la nature et les êtres surnaturels qui régirait le monde. Peuple de pêcheurs et de chasseurs, ils vivent sur les rives inondées quotidiennement par le flux des marées dans des maisons construites sur pilotis à environ deux mètres du sol. Pas de murs seulement un toit couvert de palmes et un sol constitué de troncs posés les uns à côté des autres. Excepté une cuvette en plastique, quelques vêtements et des hamacs, les waraos ne possèdent rien. Ici, pas de superflu !

Dans ce petit coin perdu, la nuit est loin d’être silencieuse mais bruit d’une multitude de rumeurs indéfinies : outre le murmure de la rivière, la forêt qui nous entoure nous imprègne de mille chants et d’odeurs, de multiples sons… à croire que les animaux ne dorment jamais !

Vers 4h du matin, un hurlement d’abord sourd puis de plus en plus fort et rauque se fait entendre, bientôt repris en écho… ce sont des singes hurleurs !!! alors, au petit matin, nous voilà partis en pirogue à la recherche de ces primates qui, comme par hasard, seront muets et bien cachés dans les feuillages !!!

Nos regards se porteront sur un superbe plumage noir sur le corps, blanc dans le cou et avec ce bec orange et noir si caractéristique…
vous l’avez reconnu, c’est le toucan !




Venezuela3Il n’est pas de Warao sans sa pirogue en bois construite à partir d’un tronc unique creusé et incendié à l’intérieur afin de l’ouvrir et d’en étirer les côtés. Avec sa pagaie en bois, le warao fait glisser silencieusement sa pirogue. Derrière un premier front de palétuviers mi-arbres, mi-roseaux, une rangée de palmiers ondule et craque au gré des brises.

Au delà, c’est l’univers du flasque, du visqueux et de l’évanescent, c’est la mangrove. Equipés de bottes, nous pénétrons à nouveau dans cette jungle luxuriante avec Julian, notre guide warao, pour apprendre à reconnaître et utiliser certaines plantes … des fois qu’abandonnés, on en aurait besoin pour survivre ! Surtout pas de panique si nos bottes s’enfoncent dans ces terres regorgeant d’eau et de végétaux en putréfaction … et bonjour les odeurs nauséabondes !!! Au passage, ne jamais prendre appui sur une branche, certaines sont couvertes d’épines qui enfoncées dans la peau, se casseront, avec infection garantie… . C’est ça l’hospitalité tropicale!

En quelques coups de machette très précis Julian arrache l’écorce d’un palmier MORICHE, véritable arbre de vie pour les waraos : du cœur on extrait la farine pour faire le pain, les troncs servent à l’armature des cases, les feuilles sont tissées en hamacs ou en toits. Julian recueille très délicatement de gros vers blancs (larves pondues par des scarabées) incrustés dans le bois et que j’avale tout vivants… que des protéines dit-on, mais sans aucun goût! Une vraie gourmandise de luxe pour les waraos. Je laisserai à d’autres le plaisir de déguster des termites toutes crues. En revanche, s’en frotter le corps est le seul anti-moustiques vraiment efficace ! Quelques mètres plus loin, Julian abat un jeune palmier et l’éventre pour en extraire le cœur. Je me régale. Rien à voir avec ce que l’on nous vend en France !

Le séjour touche à sa fin. Nous repartons avec les images de ces milliers d’espèces végétales et animales. Nous n’oublierons pas toutes ces rencontres et comprenons mieux l’importance de la forêt tropicale, les difficultés auxquelles sont confrontés les Indiens pour garder intacte leur authenticité, préserver leur mode de vie, leurs coutumes et leurs croyances.

Harmonie, émotion, mystère : trois mots qui pour moi, caractérisent ce voyage.

Jacqueline Bizet, mars 2010
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