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Myanmar les royaumes disparus.

Voyage dans un pays sous surveillance. Quand la richesse des temples bouddhistes et des stupas côtoie la misère.

Notre voyage au Myanmar nous a conduits à nous interroger sur le plan politique et éthique. Nous avons tenté de placer notre visite sous un angle responsable. Selon nous, la question n’est pas de savoir si on doit venir ou non au Myanmar, il s’agit plutôt de se demander comment on doit appréhender le tourisme dans ce pays que la dictature régit impunément depuis plus de cinquante ans.

Myanmar3Abandonnée par l’Occident et sous le joug d’une Chine qui considère le Myanmar comme un moyen d’écouler ses surplus de productions indésirables, la nation birmane est en voie de paupérisation flagrante.

Comparé à ses dynamiques voisins, le Myanmar affiche un décrochement sur tous les plans. Le peuple asservi depuis si longtemps n’en finit plus de souffrir. Paradoxalement, la douceur de la population est inversement proportionnelle aux agressions subies.

Sur la route menant de Kalaw à Inle, nous comptons pas moins de quatre garnisons sur une cinquantaine de kilomètres. Les militaires restent néanmoins discrets au quotidien, ils préfèrent infiltrer les populations civiles et religieuses. Le pouvoir central a bien compris l’utilité d’entretenir coûte que coûte le bouddhisme introduit au Xe siècle. L’opium du peuple fait son affaire et la fatalité demeure un gage de stabilité dans son entreprise. Ainsi, à coup de millions de dollars, les militaires et leurs familles dirigent-ils le pays en embellissant les stupas et en recouvrant les bouddhas de feuilles d’or. D’une certaine façon, ils sont parvenus à endormir une population majoritairement bouddhiste. Toutefois, jusqu’à quand ce trafic d’indulgences fonctionnera-t-il ?

La jeunesse représente un espoir. Bien que continuellement bercée de mièvreries télévisuelles et musicales parfaitement orchestrées par le pouvoir en place, la jeunesse demeure un espoir. Les moeurs changent et les moyens de communication progressent. Quoi qu’il advienne, les jeunes sont de plus en plus séduits par le souffle des idées venues de l’extérieur et, bien que strictement sous contrôle depuis 2001, Internet est plus accessible au Myanmar qu’en Chine.

Myanmar2Si Rangoun cache difficilement sa pauvreté, Mandalay ne dissimule pas sa misère. La nuit, la ville vit dans une pénombre où un million d’habitants s’entassent dans une grande précarité. Quel aurait été le destin de cette cité si les Britanniques n’avaient pas détruit son joyau, le palais royal, pour déloger des Japonais reclus dans son enceinte durant la Seconde Guerre mondiale ? De nos jours, il s’agit d’une ville construite en damier n’offrant qu’un intérêt mineur. Nous prenons le temps de découvrir, à bicyclette, la belle perspective des douves du palais et le magnifique monastère Shew Nam Daw, fait d’or et de teck.

Le lendemain est consacré à la découverte de lieux emblématiques des environs de Mandalay. Pour cela, nous recourons au service de Toke Paw, facilement repérable par son petit véhicule Mazda jaune d’or stationné sur la 25e rue entre le cybercafé Netcom et la Royal Guesthouse. Dynamique, il connaît parfaitement la région.

Une spiritualité palpable. Très tôt, vers 3 h 45 du matin, les grilles de la pagode Maha Muni s’ouvrent et déjà beaucoup de pèlerins se présentent pour assister à la toilette du Bouddha. Durant quarante-cinq minutes, le visage d’or est rincé, lavé puis éventé. La spiritualité de cette cérémonie est palpable. Plus tard, à Amarapura, le spectacle est grandiose. Dès l’aube, les reflets roses et chatoyants sur le lac Taungthaman soulignent le déplacement de quelques barques avec pour toile de fond les silhouettes blanches et massives des stupas voisins au loin dans la brume. Nous traversons le vieux pont de teck U Bein au pas du soleil levant. En contrebas, des pêcheurs glissent doucement sur des eaux tranquilles, seul le doux bruit du craquement des planches sous le roulis des vélos nous ramène à la réalité. Dans la matinée, nous rejoignons le monastère Maha Gandayon afin d’assister au défilé dominical des mille moines et novices. Le moment est néanmoins gâché par l’attitude irrespectueuse de quelques touristes confondant cérémonie et spectacle. Nous nous perdons alors dans les ruines du royaume d’Inwa avant de rejoindre en fin d’après-midi les collines escarpées de Sagaing de l’autre côté du fleuve Irrawaddy pour embrasser toute la région de Mandalay au coucher du soleil.

Dans une autre dimension. Si Inwa fut une étape importante dans l’histoire des royaumes birmans, ses monuments ont toutefois quasiment disparu. À l’opposé, situé à une centaine de kilomètres plus au sud, malgré le fort tremblement de terre de 1975, le site de Bagan demeure bien plus présent. Grâce à une aide précieuse de préservation octroyée par l’Unesco, cette cité moyenâgeuse élevée entre le Xe et le XIIe siècle constitue un ravissement pour les yeux. À l’époque, plus de quarante mille édifices coexistaient. Aujourd’hui, il n’en reste que deux mille répertoriés. Outre l’architecture et l’homogénéité des lieux qu’il offre en répétition de gu (temples) et de zedi (stupas), le site tout entier apaise et nous transporte dans une autre dimension. Il va sans dire que Bagan se déguste à coups de pédales pouvant parfois être très ensablées.

Nous quittons le Myanmar avec l’envie d’y revenir afin de découvrir des contrées plus reculées encore.

Texte, photos et illustrations

Hervé Dohen et Hervé Martin (61)

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