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Russie (11)

Sur les traces des loups de Russie

Loup1En Russie, le loup est encore chassé. Rencontre avec les passionnés qui dédient leur vie à la protection et à la connaissance de cet animal mythique dans l'immense blancheur de ces grands espaces .

Taïga. Un mot qui évoque l'immensité, la vie sauvage, la liberté. Des bouleaux à perte de vue, des pins aux troncs rougeâtres, des fougères timides et des grandes berces qui surgissent à travers la neige.

Il n'y rien, il n'y a personne. Il y a juste le souffle du vent et les flocons qui tombent encore en cette journée de mars. Je marche dans la neige, raquettes aux pieds, GPS et carte en main. Je suis leurs traces.

"Into the wild". J'entends juste le craquement des branches, quelques oiseaux noirs. J'aperçois un barrage de castors, une tourbière effacée sous le blanc et les empreintes très profondes et impressionnantes des élans qui sont passés par là avant moi. Je traverse un
village abandonné, aux fenêtres encore si joliment décorées de dentelles boisées.
Un crâne de boeuf trône sur un vieux tronc d'arbre à côté d'une barrière délabrée.
Des lapins détalent. Plus loin, des traces de martres et de chevreuils. Des traces de sang dans la neige. C'est juste un renard qui a fini sa proie.

Leurs empreintes, loin de tout ce que le monde a d'artificiel.

Je marche, seule dans l'immensité, sous le poids de la beauté généreuse de cette contrée dépeuplée. J'ai traversé une prairie vallonnée à la sortie du village, avant d'entrer dans la forêt. Les branches plient sous le poids de la neige. Des lichens forment quelques taches colorées. Là, ce sont de gros champignons qui épousent les troncs. Le calme est absolu. La solitude est belle et on ne se sent pas seul, mais ravi d'être loin de tout ce que le monde a d'artificiel. Enfin, je les aperçois, je les découvre dans la blancheur. Leurs empreintes. Loup2Celles des loups. Celles d'un animal mythique qui parcourt les grands espaces en toute liberté. Ou presque.
En Russie, le grand prédateur est encore chassé et ceux qui ont sa peau reçoivent des primes de l'État. C'est pour cela que certains passionnés dédient leur vie à la connaissance de cette espèce et à sa protection.
Attirée par les grands espaces et en particulier par la Russie, je suis ainsi partie à la fin de l'hiver dans un petit village situé à 400 kilomètres au nord-ouest de Moscou, en tant qu'écovolontaire.

Tout était encore blanc, mais les tempé-ratures ondulaient autour de zéro degré, accueillantes après des matins à moins trentehuit degrés. Voilà un petit coin de paradis quelque part sur la terre. Pas de soleil brûlant, pas de plages de sable fin sous les cocotiers, mais un endroit secret, loin de tout, où l'on entend juste chanter le vent et la belle langue russe. Ce n'est pas au fin fond de la Sibérie mais dans la Russie européenne.

Chisty Les, la forêt propre.

Loup3Je suis partie de Moscou, n'ayant pas résisté à l'envie de m'arrêter quelques jours dans la grande cité russe pour admirer notamment sa célèbre place qui n'est d'ailleurs pas rouge mais belle, les deux adjectifs étaient similaires à une époque. Sans manteau de fourrure mais vêtue d'une chaude polaire et d'une veste de montagne, j'ai arpenté la place pour admirer sa fameuse cathédrale
Basile-le-Bienheureux avec ses formes de pâtisserie géante ou de palais de princesse.

Mais cela m'a suffi. Je n'étais pas là pour parcourir le béton mais les chemins sauvages. Un train de nuit en direction du nord, sur l'axe Moscou-Riga puis un taxi sur une route chaotique m'a permis d'arriver à Bubonitsy, petit village situé près de la Central Forest Biosphere Nature Reserve, dans la région de Tver, entre campagne et forêt russe. C'est ici qu'a été créée la station biologique de Chisty
Les ou "forêt propre". C'est aussi le royaume des ours. Mais, à cette époque, ils dormaient tranquillement.

Une mission scientifique...

J'y ai rencontré Laetitia Becker, une jeune Alsacienne qui étudie le comportement des loups et travaille sur une méthode de réhabilitation de l'espèce.
Comme moi, elle est venue ici quelques années plus tôt pour réaliser un séjour de volontariat puis un stage. Mais elle est restée ! Et on peut aisément la comprendre... Elle est tombée amoureuse de ce pays si envoûtant, des loups bien sûr, de la liberté et des quelques habitants du village, peu nombreux mais si attachants !

Dans un village de sept habitants, la vie courante de la jeune femme signifie aussi aller chercher l'eau à la rivière puisqu'il n'y a pas l'eau courante, casser la glace en hiver ou faire son bois. Et le week-end, sachant qu'il n'y avait pas de baignoire dans son isba, c'est le sauna. Le vrai sauna russe !

Laetitia a récemment soutenu sa thèse à l'Université de Strasbourg sur les méthodes de réintroduction du loup gris : élevage, habitats, suivis des populations, régimes alimentaires.

Des résultats concluants. Et si le loup gris n'est pas encore une espèce proche de l'extinction, d'autres espèces pourraient bénéficier de ce travail, car la méthode de réhabilitation du loup étudiée par Laetitia pourrait être applicable à d'autres canidés.
La jeune femme récupère des louveteaux au zoo de Saint-Pétersbourg. Parfois, des chasseurs lui apportent aussi des petits orphelins.
Les animaux sont placés en semi-liberté dans un enclos. Avec son complice, le biologiste russe Vladimir Bologov, à l'enthousiasme communicatif, Laetitia observe. Les animaux restent en enclos le temps d'être aptes à se débrouiller seuls puis sont relâchés. L'achat de colliers émetteurs a permis de suivre les traces des animaux avec plus d'efficacité que les suivis d'empreintes. Un travail passionnant.

... mais aussi pédagogique pour faire évoluer les mentalités.

Les relations avec l'homme n'ont jamais été faciles. En Russie, le loup est considéré comme nuisible et sa tête est mise à prix à 1 500 roubles, soit environ 40 euros. Pas mal pour un chasseur. Alors Laetitia et Vladimir ont instauré le dialogue avec les populations locales. Des méthodes pour faire fuir le loup des troupeaux ont été testées avec succès, telle l'introduction d'un facteur étranger qui fera peur au prédateur (un ballon ou une odeur étrangère comme celles des petits sapins parfumés dans les voitures !).

Et le travail des volontaires ?

Il varie en fonction des saisons. Mais il consiste surtout à réaliser des observations, à recueillir des données sur le loup. Ainsi, j'empruntais chaque jour le même chemin, seule dans la neige, pour observer et relever les traces des animaux dans la nature. Je pouvais relever les hurlements des loups, analyser les enregistrements vidéo, rénover les enclos, apporter la nourriture aux animaux.

Mais il ne faut pas songer être aussi "proche" des loups que peut l'être parfois Laetitia, car les loups doivent avoir le moins de contacts possibles avec l'homme pour ne pas s'habituer à ce dernier. Dans tous les cas, l'expérience est enrichissante et formatrice. Et reconnaître une empreinte de loup n'est pas si évident au premier coup d'oeil, alors même que des chiens ou des lynx peuvent aussi passer par là.
Aujourd'hui, les biologistes ont quitté la station de Chisty Les pour un nouveau projet, plus au nord, au plus profond de la Russie, en Carélie. Une autre aventure. Un autre combat pour la préservation du loup. Un nouvel espace encore plus sauvage, dans lequel les volontaires amateurs pourront à leur tour s'impliquer pour aider les deux passionnés. C'est vrai, la joie est peut-être là-bas, dans le froid des grands espaces de Russie.

Texte et photos Katia Astafieff (54)
Illustrations Antoine Rouxel


Loup6 En savoir plus 
Afin de faire rêver les enfants, futurs voyageurs, et leur transmettre le goût de ce pays, j'ai publié un ouvrage jeunesse intitulé "Avec les loups, une jeune Française parmi les loups de Russie".
C'est ainsi l'occasion de mieux faire connaître le travail passionnant de la jeune biologiste, en présentant surtout le quotidien de cette aventurière moderne.
Aux Éditions Jérôme Do. Bentzinger. http://katia-astafieff.fr/


→ Si vous souhaitez vous rendre au pays des loups et soutenir Laetitia, rendez-vous sur son site internet http://lupuslaetus.org/





La perle du Baïkal


Sur le lac Baïkal, au cœur d’un monde d’immensité, de démesure et de quiètude, le retour au sens des réalités et à l’humilité sur l’île d’Olkhon, grâce aux initiatives économiques et écologiques de Natacha et Nikita.

Russie2Le Baïkal joue à cache-cache avec nous. De la vitre du marchroutki, nous l’apercevons par bribes entre mélèzes, bouleaux et montagnes. Soudain, en haut d’une côte, le panorama se dégage et s’étire, et le paysage n’est alors plus que bleu profond. Sous le ciel limpide, en deçà d’une limite que notre oeil a du mal à dessiner, la mer de Sibérie.

Avec ses 636 km de long et 48 km de large, ses 31 500 km2 de surface, c’est aussi le lac le plus profond au monde avec un record de 1 680 m, et ses 21 400 km3 d’eau douce représentent 20 % du volume mondial d’eau douce de surface.

Le Baïkal à lui tout seul adoucit le rude climat de la Sibérie : un été à 13 °C contre 19 °C à l’intérieur des terres, l’hiver à -15 °C contre -26 °C… C’est le Galápagos de la Sibérie, avec des centaines d’espèces végétales et animales endémiques.

La Sibérie. Terre immense, partant au-delà de l’Oural jusqu’aux crabes géants du Kamtchatka et au détroit de Béring. Terre de chimères, de fantasmes, de légendes, de chamanisme, mais aussi de folie.
Terre des exils, forcés puis volontaires, des conquêtes de l’Eldorado soviétique ou des projets scientifiques mégalomanes prévoyant d’inverser le cours des fleuves pour arroser l’Asie centrale et de se servir de la chaleur des volcans pour dégeler la terre.
Çà et là, sur la steppe glaciale, les “petits peuples” de la Russie respectent morses et baleines avant que l’école et la vodka ne leur fassent perdre leurs repères.




Pour retrouver de l’humilité, il faut s’approcher des rives du lac Baïkal et pour se reposer du long voyage qui vous a conduit ici, prendre le ferry jusqu’à l’île d’Olkhon.
russie3Quelques mois plus tard, le trajet de l’île au continent se fera par voiture, sur l’épaisse couche de glace (de 50 à 70 cm) qui ne fondra qu’aux mois de mai-juin. L’eau est là, tout autour de nous, comme nous le rappellent les goélands.
Le terrain est accidenté, la piste cahote à travers des collines incultivables, jaunes de leurs herbes sèches, et à l’intérieur des terres, nous voyons de grandes forêts de mélèzes. Loin du tumulte de la ville et des polémiques des tabloïds, il y a le village de Khoujir, sur la rive ouest d’Olkhon. En se promenant sur l’île, on remarque les zalaa noués autour de quelques sapins et accrochés sur des rochers. Quelques pierres peintes et des gros troncs de bois fichés dans le sol tout autant décorés.

La région est riche d’énergies chamaniques, des ponts entre les mondes ordinaire et extraordinaire ont été érigés.

Mais le commun des hommes n’en est pas là. Au cours des promenades, on marche avec tristesse sur un sol souillé de bouteilles de verre et de plastique abandonnées près d’anciens feux de camps. Sur l’île, il n’y a aucune association de sensibilisation à l’environnement et on ne sait qui de l’administration ou du parc naturel fait le moins pour le ramassage et la gestion des déchets. Face à l’immobilisme ambiant,

Natacha et Nikita Bencharov ont décidé de mener combat. Sur l’île, tout le monde les connaît. Tous savent que Natacha et Nikita s’impliquent activement dans la vie du village.

 Suivant un ami, Nikita fut le premier des deux à arriver sur l’île il y a vingt ans et à ne plus vouloir en partir. Cinq ans plus tard,

Natacha quitta à son tour Moscou et rejoignit son mari. Dans la cour de leur maison, ils ont fait construire quelques izba pour les voyageurs de passage, un espace récréatif pour les gamins, une librairie et une salle de jeux.

Aujourd’hui, pendant la saison estivale, plus de 200 personnes par jour passent par leur homestead, et 30 employés la font tourner. Ils ont fait savoir aux épiceries, restaurants, bars, auberges et particuliers de toute l’île qu’ils rachètent les bouteilles de verre pour les revendre ensuite — au même prix — au camion qui passe deux ou trois fois par an pour les amener à l’usine de recyclage d’Irkoutsk.

russie4Le village voit aussi régulièrement ses enfants dans les rues armés de gants et de sacs plastiques en train de ramasser les déchets abandonnés là par les plus grands. Afin de rendre la tache plus ludique et pour éviter de lasser les minots de cette activité redondante, Natacha transforme la collecte en chasse au trésor.

Il faut savoir qu’aujourd’hui le village n’est équipé d’aucune poubelle. Mais les choses vont changer. Infatigable et ingénieuse,

Natacha écrit à l’entreprise Heineken pour qu’elle finance l’installation de poubelles à Khoujir. Encore une petite victoire, lors de notre séjour, l’entreprise a accepté la proposition.

Natacha et Nikita nous ont charmés. Par leur gentillesse, l’attention qu’ils nous ont accordée et leurs choix de vie. Ils ne se sont pas tournés aveuglément vers le tourisme, mais intègrent leur homestead à la vie de la communauté de Khoujir. Les enfants du village ont un lieu qui leur appartient. Les activités proposées, non seulement les sensibilisent — pour aujourd’hui et pour demain — sur le fragile environnement dont ils sont les gardiens, mais aussi les ouvrent sur le monde.

Texte et photos Amandine Boucard et William Berbon (24)




Le Lac Baïkal et l’île d’Olkhon constituèrent l’étape sibérienne de notre voyage en Transmongolien puis en Transsibérien, de Pékin à Moscou.

D’Irkoutsk, nous avions emprunté un bus jusqu’au port balkaïen nommé “poétiquement” MRS, d’où un petit ferry conduit à l’île d’Olkhon. Cette île sibérienne est toute en longueur, la rive nord est la seule (faiblement) habitée, la rive sud étant constituée de falaises et de forêts. Nous restâmes quatre jours sur l’île, c’est bien un minimum. Un bus en mauvais état nous amena à Khoujir, le seul gros bourg d’une île dépourvue de routes asphaltées mais équipée de l’électricité…depuis quelques années seulement.

Nous avons séjourné dans le Nikita’s homestead. Les chalets sont charmants et confortables et le restaurant très bon. En ville, quelques magasins d’alimentation côtoient des yourtes vendant des souvenirs.

Depuis peu, un distributeur de billets est présent et il y a aussi un accès à Internet.

Le lendemain de notre arrivée, un 4x4 “soviétique” nous conduisit au Cap Khoboi, le “Finistère” de l’île. Le panorama est exceptionnel, de colossales falaises multicolores se jetant dans la “mer”, presque à pic. Il est possible de faire le trajet à pied, à condition de camper en route.

Partout, des “totems” chamaniques entourés de morceaux de tissus multicolores et des dizaines de monnaies “à souhaits” jonchant le sol.

Le troisième jour, nous partions randonner le long de la côte, vers l’ouest, avec une carte de l’île comme seule indication.

Après avoir franchi nombre de collines dénudées, suivis par une petite chienne très gentille qui faisait la chasse aux nombreuses sauterelles (nous l’avons surnommée Khoujir), nous arrivâmes à destination, Elgaj. C’est un lac dominé par une éminence rocheuse sur laquelle, d’après la carte, se situent trois sites historiques indéterminés.

Sauf que ce lac est une lagune ! Il nous fallut donc traverser un étroit chenal, au milieu d’une eau fraîche atteignant 1 m 20 de profondeur. Les sites historiques sont en fait des cairns mesurant un à deux mètres et dominant le lac Baïkal.

En conclusion, notre impression d’Olkhon est celle d’une île envoûtante à la nature intacte et impressionnante.

Il y a dix ans, les touristes devaient être rares et seulement russes. Aujourd’hui, le tourisme est en plein essor, pour le meilleur (revenus pour les habitants) comme pour le pire (certains laissent leurs déchets partout).

 

Laurence Texier et Benoît Saulnier (92)

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