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vendredi, 18 août 2017 08:46

Hiroshima mon amour

Les mots font contraste et claquent, transgressifs,  ils fascinent bien avant d'avoir vu le film. Le film de Resnais, une histoire d'amour fulgurante et impossible bien sûr. Les amants qui se cherchent et se déchirent dans une ville en noir plus que blanc. L'incompréhension et la dérive sur un fond de souvenirs de leur guerre et d'humiliation. Film témoin de nos années soixante, c'est aussi Hiroshima !

 Plus facile de commencer par ce film que par la visite même d'Hiroshima, le dôme restant, le point d'impact, les statues mémorielles... le musée du la Paix, vaste bâtiment de style soviétique forcément austère. 

Même en marchant vite à travers les salles du musée, on n'échappe pas à la vidéo avant et après, à l'onde de choc, aux photos des jours suivants, à la comptabilité de l'arsenal nucléaire depuis 45 jusqu'à nos jours.

Pour moi c'était une évidence de venir ici,  à Hiroshima, l'autre option aurait pu être d'aller visiter la région de Fukushima. 

Témoin ou pédago je ne sais pas, il me faut prendre encore plus conscience, voir de mes yeux, y être, et parler de ce crime de guerre et de tous les autres crimes de guerre. Et c'était la commémoration il y a quelques jours à peine, le 6 août.
 
C'est l'occasion de relire un peu les historiens : le rôle de l'avancée des troupes soviétiques dans la capitulation du Japon en août 45 , la mortalité au moins aussi importante d'autres bombardements aériens et aussi, plus pervers mais bien réels, l'intérêt américain aussi bien que japonais de " valoriser " le rôle de la bombe, pour les uns affirmer leur suprématie, pour les autres éviter d'être accusé d'avoir envoyer le pays à la catastrophe. Cet article est très bien : Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler Ward Hayes Wilson, traduit par Antoine Bourguilleau— 07.06.2013 

 À la sortie du musée on est forcément un peu sonné, j'étais surpris de ne pas trouver de livre de signature ou de pétition par internet, peut être je l'ai loupé .

 À part la bombe, Hiroshima est une grosse ville de 350 000 habitants avec son lot de rues droites et de buildings disparates, ses longues rues marchandes couvertes avec pas mal de resto et son palais du 15 eme siècle refait à l'identique, magnifique.

 Demain on va juste en face sur l'île de Miyajima, l'île sanctuaire avec son énorme torii orange les pieds dans la mer, celui qu'on voit sur les affiches des agences de voyages.

< François Brun (75)
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