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jeudi, 09 septembre 2010 11:34

Soirée littérature de voyage

C’est le 30 août que la  rentrée  « littérature de voyage à la Case » s’est effectuée, nous permettant ainsi de prolonger les vacances, dans un été finissant ... 
 
soiree_litteraireC’est tout d’abord sur les canaux du Nord que Robert Louis Stevenson nous a entraînés avec En canoë sur les rivières du Nord, Éditions Actes Sud, collection "Babel". Ce récit, assez méconnu, d’un voyage sur l’eau entre Anvers et Compiègne, oscille entre hédonisme champêtre et regard détaché sur les lieux traversés et les gens rencontrés.
 
Nous sommes ensuite partis pour l’Australie où Bill Bryson dans Nos voisins du dessous : chroniques australiennes, Petite Bibliothèque Payot, nous raconte de sa plume humoristique tout ce que ses multiples voyages lui ont permis d’apprendre sur ce pays. La dimension documentaire (il y a même les références en bas de page) et presque « guide de voyage » est toujours présente, et en plus, c’est extrêmement drôle ...

Les passionnés d’Australie pourront compléter leur lecture avec Bruce Chatwin : le Chant des pistes, Livre de Poche et David Fauquemberg : Nullarbor, Editions Etonnants Voyageurs.
Bill Bryson a aussi écrit sur les Etats-Unis : Motel Blues et American Rigolos, avec le même style d’écriture, toujours chez Payot.  
 
William Sutcliffe casse le mythe de l’Inde avec Vacances Indiennes, Editions Denoël & D’ailleurs. Le titre anglais (Are You Experienced ?) traduit mieux le regard très ironique que porte l’auteur sur son voyage dans un âshram, bien décidé à suivre une copine qu’il souhaite conquérir... Ce récit se veut une critique des voyages à visée spirituelle ; l’auteur n’épargne rien : ni le gourou, ni la copine, ni ...lui-même. Il quitte l’âshram, un autre voyage commence, bien plus intéressant celui-là, avec son lot de rencontres.
Sur le même thème, Fou d’Inde, Petite Bibliothèque Payot, de Régis Airault, a été évoqué: est-ce l’Inde qui rend fou ou bien est-ce plutôt des fous qui vont en Inde ?
Une discussion s’est alors engagée sur ce pays : pourquoi un tel enthousiasme ? Pourquoi cette destination ne laisse-t-elle pas indifférent ?
 
Amin Maalouf, Origines, Grasset, nous a entraînés à Cuba où l’auteur enquête sur une partie de sa famille qui a émigré là-bas. On ne visite pas réellement le pays à travers ce livre, il s’agit plutôt d’un voyage dans le temps ; ainsi que la beauté d’une écriture, toute en sensibilité.
 
Raymond Depardon, Errances, Points : ce célèbre photographe a pour mission de faire un reportage sur l’errance. Oui, mais c’est quoi l’errance ? Ben, voilà ... Raymond Depardon, à travers une série de photos et un texte, nous livre ses réflexions sur ce que son voyage lui a inspiré, autant au niveau professionnel qu’au niveau personnel. Le thème de la distance revient de façon récurrente : distance par rapport à l’objet photographié, bien-sûr, mais aussi distance par rapport à soi-même ...
 
Enfin, Laurent Maréchaux, Les sept peurs, Le Dilettante, ou : la vie est un voyage très mouvementé... Laurent Maréchaux a eu, jusqu’à présent, sept vies, toutes aussi étonnantes les unes que les autres : toréador, taliban en Afghanistan, marin sur un voilier au large du Cap-Horn, braqueur de banques. Oui mais voilà ... C’est un trouillard ... Il raconte ...
 
Une réflexion s’est alors établie sur une question qui suscite bien des débats : qu’est-ce que la littérature de voyage ?

Nos participants ont répondu :

-le voyage, c’est comme la vie, il doit être appréhendé dans sa globalité, comme une aspiration à la liberté (c’est dans ce cadre-là que le livre de Maréchaux s’inscrit par exemple).
 
-savoir ce qu’est la littérature de voyage n’est pas le vrai problème. La question, c’est « qu’est-ce que le voyage ? ». Le voyage, c’est sortir de soi, se confronter au monde, s’enrichir, voyager dans le temps ... Dans ce cas, peut-on voyager de façon « immobile » ? Et pourquoi pas ? Pour citer un autre des travaux de Raymond Depardon : « Ailleurs commence ici »...

-la poésie permet-elle de voyager ? Peut-on voyager dans et par les mots ?

-le terme « littérature de voyage » est-il réducteur et dégradant, ou bien contient-il une idée noble que suppose toute « littérature » ? Justement, le festival « Etonnants Voyageurs » n’a-t-il pas créé l’expression « littérature monde » ? Et la littérature étrangère dans tout cela ?
 
Pour approfondir le thème, un site a été conseillé : www.ecrivains-voyageurs.net , ainsi que l’association « La Route Bleue », crées par Lionel Bedin, dont un des ouvrages (Un livre dans le sac à dos) a été évoqué dans la rubrique « Ecrits et chuchotements » –voir revue n°133, p. 53.
 
Bref, beaucoup de questions pour lesquelles nous n’avons pas de réponse ... Et vous, quel est votre avis ?
 
Le courrier :

Laurent SENECHAL, accompagnateur en Montagne passionné : parce que j'aime bien vous parler de mes voyages, mais SURTOUT parce que ce qui en fait la richesse: C'EST LES AUTRES, leurs rencontres ; je vous invite ici à découvrir dans la bibliothèque de mon site, les récits d'autre voyageurs qui partagent cette même passion.Bonnes lectures, bon voyages, Laurent www.loloautourdumonde.fr
 
Alain : je suis en train de dévorer un gros (2000 pages) livre qui s'intitule:
Le livre de l'hospitalité. Accueil de l'étranger dans l'histoire et les cultures. Ouvrage sous la direction d'Alain Montandon. Aux éditions Bayard.
Ce livre explique que l'hospitalité est un devoir aussi bien pour l'accueillant que pour l'accueilli. Ainsi la personne accueillie a aussi des devoirs, comme celui, dans beaucoup de civilisations, de ne pas rester plus de 3 jours. Ou pourquoi, l'hospitalité est contraire à la culture chinoise. Que parfois, le rite d'hospitalité nécessite d'abord de refuser l'invitation, pour mieux ensuite l'accepter. Il permet aussi de s'interroger sur notre propre hospitalité, que ce soit par l'intermédiaire de nos structures d'accueil, ou chez nous.

Prochain Rv , le lundi 22 novembre à la case à 19h30.
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