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Le coin des bourlingueurs (106)

Le coin des bourlingueurs, ce sont des nouvelles d'ABémistes partis aux quatres coins du monde. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres à adhabm@free.fr !

mercredi, 04 octobre 2017 10:56

Un voyage hivernal au cœur de l’Extrême orient russe.

Sportif et aventurier Normand (Cherbourgeois résidant au Havre), je prépare actuellement un projet d’expédition dans l’Extrême Orient russe qui débutera fin décembre 2017 : la descente hivernale inédite du fleuve Amour pris par les glaces en Fatbike et pulka. Le projet se veut à la fois un défi sportif engagé, mais aussi une aventure humaine à la découverte d’une région du globe peu connue.

30 jours durant, bravant l’hiver sibérien, je vais tenter de rejoindre l’embouchure de l’Amour en utilisant comme seule route le lit glacé du fleuve, un parcours de 1 200 kilomètres encore jamais réalisé.  Outre l’aspect sportif de cette expédition, les objectifs sont les suivants :

  • < Réaliser une descente inédite du fleuve Amour pendant l’hiver sans moyen motorisé ;
  • < Explorer une région méconnue de la planète, aller à la rencontre des populations locales ;
  • < Créer des moments de partage et d’échange avec les jeunes et moins jeunes autour des thèmes comme la richesse et à la variété géographique et culturelle de notre planète, les enjeux environnementaux, notre manière de voyager et de vivre ;
  • < Faire émerger les valeurs d’audace, de persévérance et d’adaptation dans vie de tous les jours.

D’ores et déjà, des rendez-vous sont pris avec des établissements scolaires du Havre (Lycée Francois 1er, Ecole primaire Saint Léon,…).

https://www.facebook.com/amurxp/

http://www.amurxp.strikingly.com
vendredi, 18 août 2017 08:46

Hiroshima mon amour

Les mots font contraste et claquent, transgressifs,  ils fascinent bien avant d'avoir vu le film. Le film de Resnais, une histoire d'amour fulgurante et impossible bien sûr. Les amants qui se cherchent et se déchirent dans une ville en noir plus que blanc. L'incompréhension et la dérive sur un fond de souvenirs de leur guerre et d'humiliation. Film témoin de nos années soixante, c'est aussi Hiroshima !

 Plus facile de commencer par ce film que par la visite même d'Hiroshima, le dôme restant, le point d'impact, les statues mémorielles... le musée du la Paix, vaste bâtiment de style soviétique forcément austère. 

Même en marchant vite à travers les salles du musée, on n'échappe pas à la vidéo avant et après, à l'onde de choc, aux photos des jours suivants, à la comptabilité de l'arsenal nucléaire depuis 45 jusqu'à nos jours.

Pour moi c'était une évidence de venir ici,  à Hiroshima, l'autre option aurait pu être d'aller visiter la région de Fukushima. 

Témoin ou pédago je ne sais pas, il me faut prendre encore plus conscience, voir de mes yeux, y être, et parler de ce crime de guerre et de tous les autres crimes de guerre. Et c'était la commémoration il y a quelques jours à peine, le 6 août.
 
C'est l'occasion de relire un peu les historiens : le rôle de l'avancée des troupes soviétiques dans la capitulation du Japon en août 45 , la mortalité au moins aussi importante d'autres bombardements aériens et aussi, plus pervers mais bien réels, l'intérêt américain aussi bien que japonais de " valoriser " le rôle de la bombe, pour les uns affirmer leur suprématie, pour les autres éviter d'être accusé d'avoir envoyer le pays à la catastrophe. Cet article est très bien : Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler Ward Hayes Wilson, traduit par Antoine Bourguilleau— 07.06.2013 

 À la sortie du musée on est forcément un peu sonné, j'étais surpris de ne pas trouver de livre de signature ou de pétition par internet, peut être je l'ai loupé .

 À part la bombe, Hiroshima est une grosse ville de 350 000 habitants avec son lot de rues droites et de buildings disparates, ses longues rues marchandes couvertes avec pas mal de resto et son palais du 15 eme siècle refait à l'identique, magnifique.

 Demain on va juste en face sur l'île de Miyajima, l'île sanctuaire avec son énorme torii orange les pieds dans la mer, celui qu'on voit sur les affiches des agences de voyages.

< François Brun (75)
vendredi, 14 juillet 2017 09:13

Maroc la magie d’Essaouira

Après trois heures de route depuis Marrakech, les murailles à créneaux de la cité portuaire d’Essaouira se dressent devant nous. À l’intérieur des murs fortifiés le charme de la médina opère. Ruelles
étroites, murs blancs aux huisseries bleues, entrées de portes ouvragées...
C’est là qu’il faut venir flâner, sentir les montagnes d’épices et herbes médicinales, boire un thé à la menthe, marchander un objet en bois de thuya et observer le mouvement des habitants de la ville.
De l’autre côté des remparts, le port dégage une impression de calme et de sérénité. Tout au long de la journée, chacun vaque à ses occupations.
Les barques bleues posées au garde à vous dansent sans relâche sur l’eau. Et c’est à l’heure où les chalutiers rentrent accompagnés d’une nuée d’oiseaux marins qu’une effervescence palpable s’empare des quais : sardines, soles, espadons.. le poisson est débarqué, exhibé, et rapidement d’âpres marchandages commencent.
En fin de journée, nous nous blottissons aux pieds des remparts à l’abri du vent pour profiter de la masse sombre des îles Purpuraires qui font face à l’étincelante Mogador. Lorsque les vagues lèvent des gerbes d’écume sur les rochers déchiquetés et que l’océan est frappé par les éclairs de feu du couchant, l’instant devient magique.

< Claudette Thomas (07)
mercredi, 25 janvier 2017 10:04

Ils sont demain !

12/01/2017 – 28/06/2017

Pérou-Colombie-Bolivie-Argentine-Chili

Ils Sont Demain.

Mais qui sont-ils ? Nous parlons là des millions d’enfants qui forment la jeunesse d’aujourd’hui et qui créent le Monde de demain, aux quatre coins de la planète.

Conscients du non-respect des droits de l’enfant dans de nombreuses zones du monde et de la nécessité de communiquer sur les initiatives positives mises en place, nous décidons de passer à l’action !

C’est ainsi que Simon, caméraman professionnel, et moi-même, voyageuse multirécidiviste et engagée pour la solidarité internationale, avons pris la route de l’Amérique du sud pour 6 mois. Nous partons à la rencontre d’une dizaine d’associations qui mettent en place des actions alternatives pour l’amélioration des conditions de vie des enfants sud-américains. Nous leur proposons la réalisation bénévole de vidéos de communication pour faire connaitre leurs actions. Direction Pérou, Colombie, Bolivie, Argentine et Chili pour proposer nos compétences professionnelles au service de l’action solidaire mais aussi pour réaliser nos rêves de voyage au long cours, au rythme de la vie locale de chaque pays et de ses habitants.

< Johanne (25)

Association Ils Sont Demain.
Pour nous suivre :
http://www.ilssontdemain.fr

Page facebook : Ils Sont Demain
Nous écrire : contact@ilssontdemain.fr
vendredi, 20 janvier 2017 12:42

The Moving Cycle Adventure

Le projet “The Moving Cycle Adventure” est une tournée mondiale à vélo dans le but d’apporter la danse aux gens partout dans le monde. 

  Mon objectif est de parcourir le monde à vélo en collaboration avec une organisation non gouvernementale (ONG), «The Red Pencil», et de partager mon expérience professionnelle de danseur avec différentes personnes en marquant des arrêts aux endroits désignés par cette ONG, écoles, villages, en passant du temps avec les habitants et en dansant pour les communautés locales avec cette possibilité supplémentaire de proposer des ateliers de danse. 

  « The Red Pencil » est une ONG offrant de l'Art-thérapie aux personnes, en particulier aux enfants qui ont eu à faire face à des « circonstances de vie écrasantes ». L'Organisation croit que, grâce à des processus créatifs et artistiques, ces personnes peuvent reprendre le contrôle d'une « situation incontrôlable » dans leur vie. 

En vélo autour du monde, je veux partager les connaissances étendues que j’ai acquises en tant que danseur professionnel avec d’autres personnes. 

< L’idée :

L'idée de combiner ma passion pour la danse ainsi que mon intérêt pour le vélo en un seul projet m’est venue après avoir voyagé en Inde pour danser avec «ŻfinMalta», en 2015. 

J'ai été témoin direct des différences extrêmes entre les classes sociales. J'ai réalisé qu’en tant que danseur professionnel, nous dansons principalement pour des personnes qui ont les moyens d’aller au théâtre. C’est alors que j'ai ressenti ce besoin de sensibiliser des gens qui n'auraient peut-être jamais eu l'occasion de découvrir cette merveilleuse forme d'expression. 

Je souhaite partager mon art à travers des ateliers de danse / mouvement thérapeutique et des solos performances avec des groupes minoritaires, des gens marginalisés par le système social et ceux qui font face aux défis de la pauvreté. 

Après des années de formation et de performance avec le Ballet Junior de Genève ainsi qu’avec 'ŻfinMalta', je ressens maintenant le désir de passer à un projet qui m’est plus personnel. 

Une autre de mes motivations, importante à mes yeux, est que vivant dans un monde de haute technologie, utiliser le vélo me permettra d’être en accord avec quatre de mes priorités : 

- Etre écologique.
- Etre économique.
- Me reconnecteravecl'Humainetlanature.
- Motiver et inspirer les gens.Ainsi mon aventure en solitaire servira d’exemple, que tous rêves et objectifs sont réalisables. 

Pour mon voyage, je voudrais également prendre du recul avec toutes formes confort moderne (hôtels, théâtres, etc.) et m'immerger pleinement dans une expérience de danse brute à partager avec diverses communautés.

< L'impact :

Je pense que la danse est une forme d'art très libératrice qui peut aider à créer des liens puissants entre les personnes. À travers l'utilisation du mouvement il est possible d’effectuer un changement positif sur les sentiments, les fonctions physiques et comportementales. 

Pour ma part, la danse m'a aidé sur la confiance en moi-même ainsi que pour exprimer ce que je ressentais sans l’usage de la parole. Elle est libératrice et le temps est illimité. Si la danse a un impact sur mon propre bien-être, alors elle peut en avoir un sur celui de l’Autre. 

Ce projet va certainement me permettre de grandir en tant qu'artiste tant il saura me faire partager mes connaissances et mes expériences, mais aussi, potentiellement, en acquérir à travers le monde. 

Donner et partager a toujours été fortement gratifiant.

En faisant le tour du monde à vélo, je veux inspirer les gens et les encourager par un simple engagement humanitaire. 

Puisque 'The Moving Cycle Adventure' consiste à traverser notre planète, cela me permettra de découvrir de nouvelles possibilités internationales pour de nouvelles collaborations, voire même d'étendre le projet à l'avenir.

Car, bien qu'il s'agisse d'une action de grande envergure, elle ne saurait toucher toutes les communautés. J'espère donc que ce ne sera là qu’un début, un quelque chose de plus élaboré se devant d’être prolongé, et, potentiellement, susceptible de permettre une rencontre avec d'autres communautés qui aimeraient faire partie de ce voyage. 

J'espère toucher des personnes qui, chez elles, pourraient peut-être contribuer ou vouloir partager une expérience similaire. 

Suivre ce projet.
vendredi, 02 décembre 2016 10:59

Les Aventures de Fred Wheelchair

Je m’appelle Fred, j’ai vécu au Havre pendant plus de 30 ans. J’étais doué en sport ou pour faire des bêtises qui inquiètent mes parents. La vie et ses surprises m’ont rattrapé un jour de janvier 1991. Je suis à un mois de mes dix-huit ans.

Depuis je suis tétraplégique de niveau C5-C6. Je ne peux me lever ou me coucher seul et j’ai besoin d’une aide extérieur pour voyager (souvent avec des amis mais aussi avec des inconnues).
C’est l’apprentissage du handicap… !

Désormais je fais partie du « monde du handicap ». Mon premier fauteuil roulant sera rouge comme Ferrari... (je n’avais pas le choix)! Bien conscient que ce sera pour la vie, deux choix s’offre à moi : Je rumine et m’injecte des mauvaises ondes ou je me rebelle et prouve qu’on peut réaliser ses rêves malgré tout ?

Je n’ai jamais rêvé de changer de vie. Les personnes valides qui ne connaissent pas ma vie ne comprennent peut-être pas que l’on puisse être heureux en fauteuil roulant. Je comprends ce raisonnement mais je serai tenté de leur dire que dans la vie quel que soit notre situation « il faut aller chercher le bonheur ». Tout se passe dans la tête. Quand on est bien dans sa tête le reste suit…

Aujourd’hui je fais rêver mes amis avec mes escapades de voyages. On me dit même que j’ai de la chance... 

Assis sur mon fauteuil roulant, j'aime faire crisser mes pneus sur le sol américain!

Je voyage très souvent en échangeant mon appartement avec des locaux. C'est ainsi que je vis mes rêves de rencontres et de découvertes...

Je trace mes itinéraires en fonction de ma passion pour le sport et la nature. L'objectif de ces récits de voyages est de démontrer qu'une vie en fauteuil peut être riche en dynamisme, bonne humeur et anecdotes.

Ma devise : "Avant de penser à faire ce que tu ne peux pas faire, fais déjà ce qui est possible...!"     

Voir mon site .                                              
jeudi, 03 novembre 2016 15:25

L’île de Mogador à Essaouira à la nage

GB1898Le samedi 22 octobre 2016 au matin, je marche avec mes accompagnateurs à travers les dunes de sable sur la plage d’Essaouira en suivant un dromadaire qui tracte ... notre bateau .
A l’horizon, les îles, magnifiquement éclairées par le soleil qui se lève, protègent la baie contre les rouleaux de l’Atlantique. Lorsque nous arrivons au bord de l’eau qui commence à se retirer sous les effets de la marée, nous mettons immédiatement à flot l’embarcation.

C’est avec un vent force 3 à 4 et des vagues de bord de presque 2 mètres que j’embarque sur le bateau moteur qui va me conduire 2km plus loin jusqu’à une petite plage située au sud de l’île, au pied de l’ancienne prison. Cette baie d’Essaouira est mondialement connue des véliplanchistes et des surfeurs car ici la force et la régularité des vents en font un « spot » de rêve. A l’approche de l’île, nous sommes secoués par les vagues provenant de l’Atlantique et les courants inverses causés par les effets de la marée. Le bateau ne peut s’approcher et c’est à la nage que je rejoins le lieu de départ de ce qui doit être ma 21ème évasion à la nage d’une ancienne île-prison jusqu’au continent.

Lorsque je pose le pied sur le sable, je suis accueilli par des centaines de goélands qui tournent autour de moi. Tout comme le vent et les vagues, les cris des goélands font partie de l’atmosphère de l’île. Comme elle est interdite au public, ma présence les intrigues et ils me le font savoir par leur cri strident. Je marche sur le sable où, à demi enfoui, se trouve un canon du temps de la fortification de l’île. Je m’assied à ses côtés en attendant le moment du départ qui devrait être donné par le bateau accompagnateur.

Malheureusement l’embarcation a noyé son moteur à cause des fortes vagues et ne peut plus assurer ma sécurité. Les goélands, de leur côté, se sont habitués à ma présence et quelques-uns s’approchent de moi par curiosité. L’attente commence à se faire longue et je profite de l’occasion pour contempler les différentes ruines. C’est un moment privilégié, car les visites sont interdites sauf dérogation à caractère scientifique. J’admire ce cadre magnifique. Evasion, détente, culture, bien-être… Je réalise à quel point mes aventures aquatiques peuvent me faire découvrir des sites extraordinaires.

Soudain, les goélands se remettent à voler et crier dans le ciel, des embarcations arrivent aux abords de l’île pour m’accompagner et me font signe de me mettre à l’eau. Je jette un dernier regard vers l’île et sa prison et rentre progressivement dans l’eau. Je plonge dans cet océan Atlantique à 17°C qui me secoue dans tous les sens. Je suis emporté par les courants et repoussé par les vagues, un peu comme dans une « lessiveuse ». Je m’éloigne du bord pour être protégé de l’île et la remonte en la longeant. Je ne distingue que des falaises où se trouvent les fortifications avec leurs canons d’origine puis un petit port où seuls quelques pêcheurs accostent ponctuellement. A sa hauteur, je change de direction et me dirige vers la grande plage d’Essaouira. Les vagues me viennent de la droite et légèrement de dos. Je respire donc sur la gauche pour éviter d’avaler de l’eau. A chaque respiration, je distingue la ville d’Essaouira avec son vieux port, ses remparts et sa médina. De temps en temps lorsque je respire sur la droite je distingue les dunes et ses collines d'arganiers. Je me dirige vers la plage, les vagues sont de plus en plus puissantes et m’emportent, certaines font plus de 2 mètres, je nage au milieu des surfeurs et j’en termine avec mon évasion en faisant du bodysurf.

Après plus de 2km, je pose les pieds sur la plage où je suis accueilli par la foule venue m’encourager. Parmi eux, il y a les nageurs qui vont prendre part à la 1ère édition du « Swim Mogador Island » ( une épreuve de 4km dans la baie pour promouvoir la natation en eau libre au Maroc), les dirigeants de Fédération Royal Marocaine de Natation et celles que je remercie chaleureusement pour leur incroyable talent d’organisation, Edith Molina et Renata Thieck Alami pour m’avoir permis de m’évader de ma 21ème île-prison.

A la suite de mon évasion à la nage de l'île de Mogador à Essaouira, j'ai pu participer en collaboration avec la Fédération Royale Marocaine de Natation, à une sensibilisation aux risques de noyades, aux marées, aux courants et apporter des notions de base autour de la natation en eau libre à une cinquantaine d'enfants de l'Association "Au Coeur de L'amitié Euro-Marocaine".

Une très belle initiative mise en place par les organisateurs Edith et Renata qui œuvre pour la pratique et le développement de l'eau libre au Maroc !

< Jacques Tuset (34)
mercredi, 26 octobre 2016 10:37

Traversée du Pamir, Tadjikistan

L’envie d’aller découvrir le Tadjikistan, et plus particulièrement le Pamir, me taraudait depuis longtemps. Je suis conscient du paradoxe. Les gens de ces régions, où l’on a conservé le sens de l’essentiel, aspirent quelque peu au confort occidental alors que moi je veux fuir mon « Occident » malade de sa richesse. Est-ce une folie ? Je me convaincs que non. Je suis simplement épris d’aventure. Je suis conscient que ce qui me terrifie, c’est la vie balisée, aseptisée. Donner corps à l’aventure, j’aime ces transitions grisantes où s’abolissent les distances.

Dès mon intrusion au Pamir, je ressens vite le changement de monde et presque d’époque. Le Pamir, immense plateau hérissé de montagnes, se compose d’un ensemble complexe de chaînes de montagnes reliées par des vallées de haute altitude. Il culmine à des hauteurs trop importantes pour permettre à des hommes d’y vivre. S’étalant sur 45 % du territoire du Tadjikistan on ne dénombre que 3% de sa population. Sur le plateau y nomadisent essentiellement des Kirghiz.

Le Buzkashi
Organiser une traversée d’est en ouest du Pamir demande du temps et de la patience. Cela me laissera le loisir d’assister à un festival annuel du cheval organisé par la communauté Kirghiz dans les environs de Murgab : le buzkashi. Comme tous les autres jeux, il se déroule entre cavaliers. Le but consiste à s’emparer du corps d’un mouton, ou encore d’une chèvre, sans tête, à le défendre contre les assauts des autres joueurs et à aller déposer le trophée dans un cercle appelé de « Justice ». Derrière le divertissement, c’est l’honneur , l’autorité de la tribu et de la famille qui se jouent.

Avant le combat une tension indicible remplit l’espace. Au coup de sifflet, les chevaux s’élancent. En un instant, la carcasse disparaît aspirée par une masse informe et mouvante. Le sang gicle. Il n’y a pas de règle. C’est chacun pour soi. Un tel déchaînement de violence est hors imagination pour un occidental.

Après quelques minutes d’une bataille confuse un cavalier parvient à extirper la carcasse de l’imbroglio de corps, coince le mouton sous sa jambe, lance le cheval dans un galop furieux pour aller déposer le trophée dans le cercle de « Justice ».         Il vient de marquer le premier point.

La délivrance
Avant de m’engager sur l’itinéraire que je m’étais fixé, aucun chauffeur voulant emprunter la piste choisie, il me sera nécessaire d’être persuasif… Enfin viendra le moment du départ.

Remonter en direction du nord jusqu’à Muzkol en empruntant la route dite du « Pamir » ne présente aucune difficulté. Par la suite, en s’engageant dans la direction plein ouest le cheminement devient pénible et difficile. Nous partons à l’assaut du col en suivant les lacets tortueux de la piste. Le passage se resserre se transformant en gorge étroite, nous obligeant à prendre des risques. Ils nous faut négocier un accès à la rivière, rouler dans son lit en évitant les rocs dissimulés par le flot et, lorsque le courant est trop important, improviser un retour à la piste.

La gorge s’ouvre soudainement sur un plateau bordé de montagnes aux flancs s’évasant de manière abrupte jusqu’au plateau. En bordure, sur les plis minéraux s’emboitant les uns dans les autres, des yacks paissent paisiblement. Nous percevons les sommets déchiquetés où s’agrippent des coulées de neiges éternelles. De minuscules rus, où l’eau danse sur les galets, se rejoignent pour former une rivière. Un groupe de femmes, portant en épaisseur des vêtements multicolores, remonte le long de la rivière en direction des yourtes en bavardant gaiement. Dans ces montagnes arides, les robes des femmes sont les seules taches de couleurs vives.

  Nous arrivons à Jalang, flirtant avec les 4200 mètres d’altitude, lieu-dit où une communauté de Kirghiz nomadise en été. Un homme âgé à barbe blanche, coiffé du chapeau kirghiz : le kalpak, trône fièrement, une petite fille sur ses genoux, assis devant la première yourte. Il se tient avec une dignité stupéfiante.

La yourte demeure emblématique du monde nomade. Les Kirghiz du Tadjikistan peuvent changer plusieurs fois de secteur au cours de l’été se dispersant sur le plateau du Pamir. Ils se déplacent avec leur troupeau de yacks et leurs yourtes. Ce sont les besoins du bétail qui fixent le rythme de vie des Kirghiz. Ils disent « nous n’avons pas de route, juste le vent pour nous guider ».

Avec les nomades kirghizes
Rencontrer un campement de Kirghiz en fin de journée signifie que le gîte et le couvert sont assurés. Pour ces nomades, ne pas partager le plus modeste morceau de pain et ne pas offrir un tapis de feutre dans leurs yourtes aux voyageurs serait une grossière impolitesse. Ce peuple nous offre une leçon de vie.

Nous nous saluons en posant la main droite sur le cœur en se tournant successivement vers chacun en adressant des murmures de salutations inaudibles. Quand l’excitation de l’arrivée de l’étranger s’est un peu calmée on boit le thé. Le thé chez les Kirghiz est une véritable obsession. En permanence sur un feu de bouses de yack séchées il est prêt à être servi à tout moment. Il se boit avec des tranches de pain plat appelé kalama et tout invité se voit dès son arrivée offrir l’un et l’autre. Par la suite, les habitants du camp se dirigent vers le troupeau de yacks pour en traire les femelles. Puis, va suivre le repas du soir. La nourriture au Pamir suppose une grande monotonie. Elle se résume aux produits laitiers, la viande produite et quelques légumes. On nous propose du riz sur un plat. Avec dextérité, les enfants y plongent les doigts pour en retirer du riz, mais aussi quelques rares morceaux de viande et de légumes. On me sert abondamment. La cordialité est authentique. Ces gens simples nous communiquent leur magie!

A l’abri dans une yourte nous passerons la nuit allongés sur des nattes posées à même le sol.

Progression à pied
Il est décidé, qu’accompagné d’un habitant de Jalang, je rejoindrai à pied le site de Kök Jar situé à quelques jours de marche où m’attendra mon chauffeur et son 4X4. Cela lui permettra de se libérer de son mal d’altitude. Au cours de la traversée du plateau, dans un ciel bleu et dégagé, le soleil est brûlant et implacable. Ensuite, une piste nous conduit dans une gorge étroite, dans un monde minéral absolu. Les falaises se rapprochent de la piste, en contrebas la rivière se met à serpenter plus serré. Mis à part le vif fracas de l’eau tout est silencieux. Ici, on éprouve le sentiment que nous sommes en vie. Ces montagnes éternelles sont désertes. Elles ont quelque chose de fantastique, de cosmique. Et pourtant, un faux pas et c’est l’éternité. La frontière est bien mince entre la vie et la mort. La proximité d’un arrêt de vie possible aiguise les sensations. L’odeur du danger est enivrant. Quoi de plus fort que ce sentiment ?

La piste continue, toujours abrupte et vertigineuse, alternant montées et descentes pour, vers 16 h 00, déboucher sur un replat où une petite oasis à pris naissance. Il est décidé de bivouaquer ici. Entre 2 grosses pierres, un feu de bouses sèches de yack est allumé sur lequel mijote un peu de riz pour le repas du soir. La routine du bourlingueur.

Installés dans nos sacs de couchage, nous y prendrons le repos sous une voûte étoilée, compagne universelle des gens qui dorment à l’air libre. Le Pamir, c’est aussi cela.

Le lendemain, les conditions de progression restent les mêmes. Nous nous faufilons dans une gorge étroite dissimulée dans un labyrinthe de parois abruptes qui s’enfonce comme une blessure dans la montagne. Je suis partagé entre l’angoisse et l’émerveillement. Puis, la galerie se desserre et nous délivre du ventre de la montagne débouchant sur un magnifique petit lac. L’eau turquoise semble délicatement posée dans un cadre de paix et d’isolement absolu.

 Laissant le petit lac sans nom derrière nous, un minuscule couloir nous conduit à Kök jar, site où seuls les pétrogliphes suscitent quelque peu d’intérêt. Avant d’y parvenir, soudainement, un homme à turban blanc sur la tête, installé sur un yack, surgit de nulle part. Mon accompagnateur lui adresse quelques paroles. Visiblement, ils ne se comprennent pas. Quelques minutes plus tard, l’homme et sa monture disparaissent derrière un rocher s’avançant sur le sentier.

Reprise du cheminement en véhicule
Ayant retrouvé mon chauffeur et son 4X4, nous nous dirigeons maintenant vers Ghudara. Le ciel d’un bleu limpide fait ressortir l’aridité de la montagne aux pics acérés. La piste empruntée reste une simple trouée dans un décor farouche. La montagne n’a pas le contenu amolli des chaînes qui ourlent la route dite du « Pamir ». Elle déchire le ciel de ses pointes aigües permettant une vue extraordinaire sur les cimes enneigées et de côtoyer le mystère. Ce cadre minéral n’a pas changé depuis des millénaires et n’a pas été meurtris par l’homme. Au sommet, l’air est d’une transparence extraordinaire où s’accrochent des nuages blancs derrière lesquels des aigles disparaissent en silence symbolisant que rien de cette nature n’est définitivement acquis. Elle nous laisse la découvrir et au cours de notre avancée elle se retire, se modifie et nous replace devant le vide que l’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur.

Au terme d’une journée au goût de paradis, après avoir franchi un dernier ressaut du terrain, un ultime virage nous dévoile en contrebas une oasis de verdure et de fraîcheur, paradis terrestre protégé par de puissantes montagnes inhabitées. Comme par miracle, un gros bouquet de verdure à pris naissance ici. Il grossit au fur et à mesure que nous approchons. Il protège un village de pisé construit en terrasses à flanc de montagne sur un versant abrupt s’étalant le long d’une rivière. Sous l’action du soleil les franges des neiges éternelles fondent, de petits torrents dévalent la pente perfusant la rivière qui alimente l’oasis. L’endroit est assez étroit et laisse peu de place aux espaces à cultiver. Quelques personnes survivent ici élevant quelques moutons. Le village est profondément silencieux. Une torpeur étrange flotte sur les lieux. Les gens rencontrée se disent pamiris. Les hommes valides seraient, semble-t-il, dans des lieux plus favorables pour que paisse leur bétail.

Bardara
Après une nuit passée dans un profond silence la progression reprend en direction d’un lieu-dit appelé « Bardara ». Nous nous enfonçons dans l’ombre froide d’une gorge, dans une profonde vallée entourée de falaises vertigineuses. Puis, dans une trouée linéaire et continue, l’air devient rare et cru. Le soleil y darde ses rayons, la piste devient un four solaire et vibre de chaleur. Nous évoluons dans un repli de montagne aride, torride, sans un souffle d’air ; sol et ciel sont brûlants. Les arrêts en plein soleil sont pénibles mais ils nous permettent de découvrir un cadre ignoré des touristes. Jour après jour, je m’enfonce dans l’intimité du Pamir. Je me sens bien, en paix avec le Monde.

A mi-journée, à flanc de montagne, sur une échancrure étroite façonnée à même la falaise une interminable guirlande de yacks progresse, les uns derrière les autres, en file indienne. La caravane ondule, disparaît dans les creux et réapparaît plus loin. Soudainement, lors d’une bousculade, sabots par-dessus tête, un yack, en plusieurs saltos, rebondit dans la pente abrupte pour enfin disparaître dans les profondeurs de la vallée.

Ravmed
Bardara dépassé, je décide que notre prochaine destination sera le lieu-dit « Ravmed ». Une piste tortueuse enserrée entre deux parois vertigineuses y conduit. La montagne ne se dépense pas en gestes inutiles. Elle monte, monte encore, avec des assises puissantes de flancs larges, de parois dangereuses. Au Pamir, lieu propice au rêve et à l’imagination, le voyageur reste confronté face à une nature écrasante qui le ramène à sa juste mesure. Le paradis recherché est un lieu difficile à atteindre.

Puis, en haut d’un éperon rocheux la piste bascule vers Ravmed. Il faut à présent traverser des rivières. Elles sont peu gonflées mais roulent cependant assez d’eau pour que l’on peine à en franchir le cours. Exigences des pistes simples. Ravmed ne retient pas longtemps le voyageur. C’est un simple repère où l’on atteint le début du flanc occidental du Pamir depuis lequel un regard plongeant nous laisse découvrir le village de Khijez. En cours de progression, les eaux des rivières nous parlent de peuples oubliés et murmurent le secret de terres inconnues ! Une large vallée, calme et reposante s’ouvre devant nous. Le soleil est au zénith. Arrivés à Khijez, à l’entrée du village des hommes tournent en rond sur une meule de petits pois pour les battre. La récolte avait été auparavant moissonnée avec une simple serpette à l’équerre. Travail long et fastidieux, mais ici on ne se soucie pas de cela.

Après Khijez, petite bourgade perchée sur les hauteurs du Badakhchan, la vue est à couper le souffle. On ne peut que s’incliner devant cette nature et ce paysage féerique. Il n’y a plus que le bruit du vent. Cette mélodie des hauteurs évocatrice de liberté. Au loin, face à nous, les montagnes de l’Afghanistan se découpent à l’horizon. Que deux pays, l’Afghanistan et le Tadjikistan, puissent être séparés par une frontière semble absurde et grotesque.

Khorog
Bientôt, la vallée s’ouvre sur Khorog. Les eaux des rivières sont brassées de violents remous dont le vacarme et l’écume évoquent une marée. Khorog, ville frontière avec l’Afghanistan signe la fin de cette traversée tant convoitée. Pour que l’avidité du découvreur soit rassasiée, je me rends sur le marché afghan. S’y agite une mer de turbans, blancs, bleu, sombres, roses, noirs, certains plats et larges, d’autres resserrés en forme de citrouille. Beaucoup d’hommes portent des barbes épaisses, longues ou courtes, taillées ou sauvages, dissimulant presque complètement les visages, grimpant haut sur les pommettes épargnant à peine les yeux. Elles sont tissées de fils d’argent à l’approche de la vieillesse.

Sur le marché, comme dans tout le Pamir, les femmes vêtues de vêtements toujours très colorés, portent parfois le voile, ce qui est plutôt rare, s’habillent de vêtements légers ou alors plus rigoureux. Il semble qu’ici on accommode la religion musulmane à sa guise. De quoi rêver !

Ils sont d’un autre monde que le mien. Cependant, j’éprouve beaucoup de respect pour ces gens qui se rendent parfaitement compte qu’ils sont en dehors du monde moderne. Ils veulent exister avec ce qu’ils ont. Je rencontre des afghans fiers, respectueux, généreux dans leur rencontre, à la recherche de l’autre. Le contact de ces gens au mode de vie et de pensée si radicalement éloigné du nôtre aiguise mon appétit de voyageur insatiable. Cela me permet de franchir des barrières culturelles réputées infranchissables et de découvrir que nous sommes tous les miroirs des uns des autres.

Le privilège qui m’a permis de venir à la rencontre de cette population pamirie reste le privilège de celui qui a réalisé son rêve. Je ressens une sorte d’accomplissement inexpliqué. J’ai trouvé quelque chose dans les montagnes du Pamir, une chose où il est difficile de mettre des mots dessus. Une chose que les pamiris possèdent depuis toujours.

< Maurice Thiney (21)
mardi, 11 octobre 2016 18:24

Hors des sentiers battus

Nicolas Breton, l’auteur de « Hors des sentiers battus » de nouveau sur la route.

Après un voyage autour du monde en 2013 et 2014 et la rédaction du livre Hors des sentiers battus relatant cette expérience (livre édité par Aventure du Bout du Monde et disponible ICI), j’enfile à nouveau mon sac à dos. Ce nouveau voyage me mènera en France et en Amazonie sur les sentiers de la Terre-mère. Pour l’occasion, je reprends ma plume, afin de vous conter mes nouvelles péripéties et la beauté de ce monde. Toutes mes aventures sont disponibles sur le site www.horsdessentiersbattus.fr

En 2013 et 2014, j’ai voyagé hors des sentiers battus : acteur et figurant à Bollywood en Inde, découverte de la savane au Zimbabwe, auto-stop en Argentine, volontariat en Bolivie au sein d’une communauté indigène d’Amazonie, voyage chamanique avec l’ayahuasca au Pérou…

En 2016, je pars voyager sur les sentiers de la terre-mère. La terre-mère est la déesse terre dans de nombreuses croyances amérindiennes, celle qui nous donne la vie et nous nourrit. Alors un voyage sur les sentiers de la terre-mère, c’est un voyage de reconnexion à la nature. Dans un monde où nous sommes de plus en plus déconnectés, et moi le premier, je vais tester de nouvelles expériences de reconnexion à la nature et je partirai à la rencontre de ceux qui vivent et agissent dans le respect de l’environnement.

Dans le Sud de la France, j’effectue un Wwoofing chez Pierre, qui tente de vivre en autosuffisance, et travaille avec lui sur son potager en permaculture. Je participe ensuite à un Camp Climat, un rassemblement de citoyens qui agissent pour protéger l’environnement.

En Amazonie, je découvre un village alternatif et écologique au cœur de la forêt, puis je pars en excursion dans la jungle, en pirogue et à pied. Toujours en Amazonie, j’effectue de nouveau un voyage chamanique avec l’ayahuasca, plante médicinale hallucinogène qui permet de se connecter aux esprits de la nature. Ce voyage dans une autre dimension de la réalité fut encore une fois très intense et sera relaté un peu plus tard à mon retour de voyage.

Sur mon site internet, je vous partage toutes ces aventures et ses enseignements, je vous propose aussi des articles sur l’Amazonie (son histoire, ses mythes et légendes, sa réalité aujourd’hui), des informations pratiques sur le voyage, et bien sûr des articles plein d’humour et de légèreté relatant ses péripéties et rencontres toujours plus excentriques les unes que les autres.  

Partez avec moi dans cette aventure faite de découvertes sur le monde, car sur les sentiers de la terre-mère s’ouvre un voyage d’authenticité, de rencontres, d’imprévus, d’immersion, d’apprentissage et d’ouverture !

Site internet : www.horsdessentiersbattus.fr
Facebook : Nicolas hors des sentiers battus
mardi, 04 octobre 2016 16:10

Un voyage extraordinaire pour un couple bien ordinaire

  Nous sommes un couple de 50 ans qui s’est offert un tour du monde d’une année pour ses 25 ans de mariage. Nous avons économisé pendant quelques années et avons pris plusieurs mois afin de mettre sur pieds le voyage de nos rêves. Comme nous ne sommes pas adeptes des grosses chaleurs, nous avons décidé de faire le voyage en sens inverse du globe afin de bénéficier de températures entre 15 et 25 degrés Celsius. Nous avons aussi décidé que les durées de vol devaient être inférieures à 5 heures.

Nous avons planifié les 4 premiers mois avant le départ pour maximiser les visites sans consacrer trop de temps à la logistique quotidienne. Les hébergements étaient toujours choisis avec des petits déjeuners inclus, les moyens de transport ainsi que les endroits à visiter étaient toujours organisés quelques semaines à l’avance, afin de ne pas être pris de court afin de sauver temps et argent.

Notre périple a commencé en juillet 2014 par la visite des principaux sites du Pérou et de la Bolivie, puis nous avons parcouru 7 000 km au Chili avec un van loué. Après une petite pause en Polynésie pour organiser la suite du voyage, nous avons fait le tour des deux îles de la Nouvelle-Zélande en bus. Nous avons par la suite tracé plein nord. Pour fêter nos anniversaires respectifs, nous nous sommes gâtés avec une croisière de l’Australie à Singapour qui comportait  différentes escales en Indonésie. 

Nous avons par la suite traversé toute la Malaisie et la Thaïlande en bus, puis avons remonté le Mékong vers le Laos. Nous sommes passés par le Vietnam et le Cambodge où nous avons visité des sites historiques et archéologiques.  

C’est donc à partir de l’Asie du sud-est que nous sommes allés au Népal, notre coup de cœur, et le Bhoutan, qui fût une belle découverte. Par la suite, nous nous sommes accordés une petite semaine de répit, afin de nous imprégner de la démesure de Dubaï puis nous nous sommes rendus en Andalousie et aux Îles Canaries. Pour finir en beauté, nous avons  entrepris une 2e croisière sur la mer Baltique d’Amsterdam à St-Pétersbourg.

Enfin, après un voyage des plus enrichissants, tant qu’humainement que culturellement, nous sommes revenus  au Québec plus en forme qu’avant le départ étant donné les quelque 3 000 km que nous avons parcouru à pied.

  Afin de conserver notre lien avec le voyage et en attendant un éventuel 2e tour du monde avec une formule quelque peu différente, nous avons ouvert un gîte - Circumplaneteux-villa.com - à Québec, pour nous permettre de rester en contact avec des voyageurs venant des quatre coins du monde."

En conclusion :

* 350 jours de voyage à travers 17 pays,

* 71 000 km parcourus en avions, bus, trains, taxis, voitures avec chauffeurs au Bhoutan et vans au Chili,

* 91 hôtels de catégories : basique à 3 étoiles,

* 25 000 photos et 50 heures de film…

Pour lire les détails de notre périple : http://www.enroutes.com/doum971
vendredi, 05 août 2016 14:11

Randonner au Sultanat d'Oman

Décidés à partir au soleil et rêvant de marcher dans le désert depuis quelque temps, nous avons opté pour un circuit préparé par une agence réputée, car notre temps de réaction pour organiser était très court.

Nous avons choisi un circuit basé principalement sur la randonnée avec bien sur des transferts en 4X4

Le groupe était constitué de 11 personnes, d'un guide français et 3 chauffeurs/cuisiniers Omanais, fort sympathiques et drôles.

Après la visite de Mascate, capitale moderne, et un premier bivouac au milieu de nulle part, nous traversons le massif du Djebel Hajar et plantons les tentes à 1650 mètres d'altitude. Le sol est bien caillouteux et il fait froid. Très mauvaise nuit. De plus, elle est longue car le soleil disparaît très rapidement !

Le lendemain, arrivée à Wadi Bani Khaled, c'est un lieu de villégiature avec de superbes vasques émeraudes. Belle récompense.

Là, nous croisons des coureurs de l'extrême qui effectuent la Transomania et pour certains 300 kilomètres avec assistance tous les 30 kilomètres. Ce trajet est à effectuer en 5 jours maximum.
Les organismes sont mis à rude épreuve car le soleil tape dans la journée. D'ailleurs nous monterons l'un d'entre eux dans une voiture jusqu'au prochain poste, à bout de forces. Il avait parcouru 220 kilomètres et était plus que déçu d'abandonner.

Ensuite se sont alternées les randonnées dans le désert d'environ 10/12 kilomètres, celles en bord de plage, la superbe journée de randonnée aquatique dans un Wadi, la visite du port de Kaluf.

Les plages sont immenses, vierges de toute construction, mais que de sacs plastiques partout et de déchets de bâteaux et cargos !

Nous avons eu aussi la chance de visiter une maison de bédoins proche du port.

Excellent accueil, comme savent le faire les Omanais mais surtout nous constatons que la jeune femme avec son enfant reste à l'écart. Celle-ci porte un masque noir comme souvent dans les régions proches du désert des Wahibas.

Nous traversons donc ce désert, où les chauffeurs s'en donnent à cœur joie et ensablent bien évidemment 2 des 3 véhicules.

Nous croisons de temps en temps sur la route des pancartes pour des grands campements organisés, que nous laissons puisque nous montons nos tentes tous les soirs dans des endroits merveilleux et isolés. Plutôt facile finalement puisque c'était notre seule « tâche ».

La popote est préparée par les chauffeurs. Tout est cuit au feu de bois et c'est sympathique de faire connaissance et d'échanger sur nos voyages et impressions dans cette ambiance !

Après les Sugar Dunes (le sable est fin comme du sucre), nous remontons vers le Nord en direction de Nivza, de son fort et du vieux village de cultures en terrasses de Misfat.

Ensuite dernière randonnée sublime dans le canyon du Wadi Ghul profond de 1000 mètres avec son village tout au bout abandonné seulement voici une quarantaine d'années avant un retour à Mascate pour une dernière soirée.
Anecdote, la bière était la bienvenue après beaucoup de recherches dans un bar à l'arrière d'un grand hôtel pour occidentaux.

Conclusion :
De belles rencontres, des paysages dépaysants, de succulents repas et de beaux efforts sportifs.

< Marie-Reine et Bertrand Chiron
mardi, 12 juillet 2016 15:10

« Les femmes girafes »: Les Karen-Padaung

Thaïlande : A la lisière de la frontière birmane vit un peuple connu dans le monde entier pour leurs coutumes ancestrales « les Padaung » et leurs célèbres femmes girafes. Je suis partie à leur rencontre et voici ce que j'ai appris.

Photographe, c'est ma 4e escapade en Thaïlande, cette fois ci je décide de longer la frontière birmane1 pour rentrer en contact avec la population réfugiée birmane. Voilà 3 semaines que je bourlingue et je me suis installée dans la petite ville de Mae Hong Sun pour explorer la région.

Aux alentours de Mae Hong Sun se trouve environ 4 ou 5 villages Karen, plus ou moins éloignés de la ville, pollués il est vrai par toute sorte de tour touristique en tout genre.

Ces villages Karen ou plus communément appelés villages de femme girafe ou long cou, méritent ils vraiment le détour ? Ou ne sont ils qu'un folklore touristique ?.

Je ne voulais pas être actrice d'une mascarade . Je veux savoir qui sont réellement les Karen .

Venus des minorités ethnique tibéto-birman les Karen sont la 2e minorité birmane après les Shan. Les Karen sont divisé en plusieurs catégories ethniques, elles même divisées en sous catégorie.

Celle qui nous intéresse aujourd'hui sont « les Padaung » ou plutôt les femmes Karen Padaung.

Les Padaung sont installés en Thaïlande, tout le long de la frontière birmane, depuis trois décennies, après avoir été chassés par la dictature en place. Les Padoung on été mieux accueillis que d'autres ethnies Birmanes et ont pu s’installer dans des villages , tandis que les autres populations réfugiées s'entassent dans des camps.

Les Padaung ont le statut de réfugié politique, ce qui leur laisse peu de possibilité de vivre convenablement dans cette économie thaï pourtant en pleine essor.

Les Karen-Padaung sont connus dans le monde pour les coutumes ancestrales de leurs femmes : elles portent des colliers d'anneaux en cuivre ou en laiton autour du cou, des poignets et des genoux. A l'age de 5 ans elles peuvent, si elles le souhaitent, commencer à porter leur premier anneau.

Beaucoup d'idées reçues circulent à leur sujet. J'avais entendu par exemple que le port de ces bijoux était une obligation, que chaque année un anneau supplémentaire devait être rajouté, qu'elles doivent les porter toute leur vie et que la communauté pouvait les punir en leur retirant, leur brisant ainsi le cou.

Toutes ces rumeurs donnent une image très négative de cette culture ancestrale. En effet les muscles du cou des femmes Karen Padaung sont certes affaiblis par le poids mais elles peuvent en toute liberté mettre et enlever leurs anneaux.

L'origine de cette coutume, n'est pas connu avec certitude. De nombreux ethnologues se sont penchés sur ce mystère. Il existe plusieurs hypothèses :

Pour les un les anneaux étaient un subterfuge destiné à enlaidir les femmes pour éviter qu'elles ne se fassent enlever par les hommes d'autres tribus, comme c’était la coutume pour les femmes au visage tatoué qui ont vécu dans les mêmes zones géographiques.

D'autres pensent que les femmes portent ces anneaux en défense contre les attaques de tigres, mais bien d'autres hypothèses existe encore.

Même si l'énigme de l'origine de ces coutumes reste entière elles se sont perpétrées de génération en génération et perdurent encore aujourd'hui. Pour les femmes girafes c'est un signe de coquetterie et un symbole de prestige.

Les femmes Karen Padaungs ont conscience que leurs coutumes traditionnelles sont connues dans le monde entier et celles que j'ai rencontré portaient leurs anneaux avec beaucoup de fierté. D'ailleurs ,une vielle femme, m'a montrée une carte postale datant des années 80 la représentant dans son village donnant le sein a son enfant. Et elle en était effectivement très fière.

Beaucoup disent qu’elles ne portent le vêtement traditionnel que dans leurs villages pour les touristes ,comme un vêtement de travail. C'est faux , j'ai vu des femmes girafes faire tranquillement leur marché à Mae Hong Sun à environ 40 km de leur village.

Le phénomène d’acculturation2 a déjà fait beaucoup de mal à cette culture même si elle tente de perdurer tant bien que mal. Certaine ONG denoncent ces villages qui font payer des droits d'entrée aux touristes et qui vendent leur artisanat. Elles qualifient ces villages de zoo humain,les accusant d' accélérer encore l'acculturation.

En me rendant sur place j'étais moi même très sceptique mais au contact des Padaung j 'ai réaliser que, malgré qu'ils fassent commerce de leur folklore, leur culture n'en reste pas moins authentique. Le droit d'entrée et les quelques ventes faites au touristes restent presque leur seul moyen de subsistance. On ne peut pas non plus parler d'invasion touristique car certains villages sont très difficiles d’accès comme par exemple l'un des villages que j'ai visité : Huay Pu Kengn situé à 35 km de Mae Hong Sun où l'on ne peut accéder qu'en bateau.

Bien que leurs villages soient sur la route des circuits touristiques ils sont surtout leurs lieux de vie.

Pour ma part même si on ne peut pas nier ce phénomène qui est une vérité, je pense qu' on ne peut pas priver les Karen Padaung de leur unique ressource. Si leurs village venaient à fermer , ils n’auraient guère d'autre choix que de rejoindre les camps de réfugiés. Là-bas leur situation serait encore plus précaire et malheureusement le phénomène d'acculturation serait toujours présent.

Les plus jeunes parlent anglais, (filles et garçons, car oui il y a des garçons !) ils ont pris plaisir à m'expliquer leurs coutumes, leur mode de vie , posant même volontiers devant mon objectif.

Cette expérience et ces échanges humains ont été très enrichissants, j'ai pris un plaisir fou à immortaliser ces instants avec mon appareil.

Le calme régnait, j'ai passé des moments agréables, d'autres émouvants, avec les villageois souriants et plein d'humour.

J'ai voyagé en septembre, en basse saison, et je n'ai croisé aucun autre touriste dans ces villages ; bien sûr je me suis rendue là-bas par mes propres moyens en évitant les tours touristiques.

Les Padaung ont besoin des touristes pour survivre mais le tourisme risque de tuer leur culture. Voilà tout le paradoxe de cette situation.

Les Karen-Padaung sont malheureusement touchés par le phénomène dramatique d'acculturation comme nombre d'autres ethnies minoritaires sur notre planète.

< Léa Bardet (31)
http://www.lea-bardet.com/

1 J’ai choisit d'utiliser le non historique du pays Birmanie, plutôt que Myanmar son nouveau nom imposer par les junte militer au pouvoir .

2 L'acculturation, est l'absorption d'une culture par une autres.


mercredi, 29 juin 2016 18:03

Rencontre avec les Gibbons (Thaïlande)

Photographe de formation, j'aime parcourir le monde et découvrir sa beauté.

Fin septembre 2015, je me trouve avec Julien, mon compagnon de voyage, au village de Mae Hong Son dans le nord de la Thaïlande. Mae Hong Son est un excellent pied à terre pour explorer les villages alentours. Je parcours cette zone pour la seconde fois, fascinée par les richesses de cette région.

En entreprenant ce voyage j'avais comme objectif principal d'aller à la rencontre des Karen, des réfugiés Birmans installés dans la région depuis plusieurs générations, mais également de redécouvrir ces paysages luxuriants dont la beauté m'avait émerveillée.

Chaque jour était un périple en soit ; nous roulions, sur les routes sinueuses du nord de la Thaïlande, environ 150 km à mobylette à vitesse, entre pluie diluvienne et éboulement en tous genre.

Ce matin là, en buvant un dernier café dans la petite cour de l’hôtel nous rencontrons un couple de Français et échangeons des banalités de baroudeurs. Mais au bout de quelques minutes à peine la jeune femme éclate en sanglot et me raconte la terrible mésaventure qu'ils ont vécu la veille :

Alors qu'ils traversaient un pont suspendu en pleine jungle, ils ont violemment été attaqué par 3 singes : un mâle, une femelle et son petit. Ils en portent d’ailleurs les stigmates et ont filmé toute la scène avec leur téléphone. Scotchée par ce que l’on me raconte, je pense tout de suite qu'il doit s’agir de macaques, singe très répandu et très peu farouche avec l’homme voire même pickpocket. Ils me tendent alors leur téléphone pour que nous visionnions la scène de l'attaque ; et là, stupéfaction : ils ont été attaqués par une famille de gibbons !!! le gibbon est un grand singe au chant enchanteur qui vit en pleine jungle à la cime des arbres. J'avais eu la chance lors de trek d'en apercevoir mais toujours de très loin. On m'avait expliqué lors d'une expédition au parc national de Khao Yai que ces singes ne se risquent à fouler le sol que lors de très rares occasions au cours de leur vie. En découvrant l’Asie, je me suis passionnée pour ce mammifère et j’espérais ramener cette fois de meilleurs clichés de l'espèce.

Malheureusement jusqu’ici l’occasion ne s'était pas présentée et sur mes photos les gibbons se fondent complètement dans la végétation très dense.
Imaginez mon excitation lorsque je comprends qu'ils ont approché cette espèce emblématique de la région alors que je désespère d'en faire autant.

Ni une ni deux ma décision est prise : nous partons à leur recherche. Après avoir glané des indications pour parvenir à ce fameux pont, nous prenons la route dans l'heure en direction des cascades « Susa».

Nous roulons une trentaine de km puis entamons les 8 000 derniers mètres de piste chaotique à travers jungle. Sur le chemin j'élabore une stratégie avec Julien : les maintenir à distance, ne jamais leur tourner le dos, et ne pas leur faire ressentir notre peur.

Arrivés enfin sur place, armés d'un gros bambou nous avançons prudemment jusqu'au pont.

Là, l’adrénaline est déjà bien présente ; tous mes sens sont aux aguets. Émerveillée et intimidée en même temps, je traverse le pont aussi silencieusement que possible en ayant la sensation d’être l’héroïne du dernier Indiana Jones.

Brusquement, en face de nous, un gros mâle descend de son arbre à toute vitesse. Il se balance sur le tronc, juste à notre niveau, en nous observant d'un air menaçant.

Immobiles, toujours silencieux, nous voyons le gibbon alerter ses congénères et nous voilà alors encerclés par un groupe de singes. Mon ami tape au sol de toutes ses forces avec le bambou en criant férocement pour intimider les bipèdes et les maintenir à distance.

Les singes se tiennent à une vingtaine de mètres à peine.

Ce moment fut l'une de mes plus belles expériences photo : pendant 10 minutes j'ai photographié sans relâche, j’étais en transe, bercée par les chants envoûtants des femelles. Subjuguée par mon sujet, j'avais oublié la peur, la moiteur étouffante, et les attaques des nuisibles. J'ai enfin obtenu les beaux clichés dont je rêvais comme par exemple celui d'une femelle berçant son petit.

Dévorés par les insectes nous bâtîmes lentement en retraite sans toutefois les quitter des yeux tandis qu'ils nous suivaient jusqu'à la piste. Un moment magique que d’immortaliser les gibbons sur ce pont loin de leurs habitudes arboricoles.

En rentrant nous avons partagé cette aventure avec les locaux du village qui nous dirons que des attaques de gibbon avaient déjà été signalées dans ce secteur, envoyant même quelques personnes à l’hôpital. Bien que nous nous en soyons sortis indemne, je suis tombée gravement malade 6 jours après, atteinte de l'infection tropicale Rickettsiae, transmise très certainement par les puces des singes : une première pour moi en 8 ans de voyage.

Je garde un souvenir inoubliable de cette aventure et chaque fois que j'y repense je revis cette excitation.

L’atmosphère de travail en photo animalière est riche en émotion !!!! J’espère pouvoir revivre beaucoup d'autres expériences comme celle là au cours de ma vie !!!

< Léa Bardet
vendredi, 24 juin 2016 18:01

Trek Santa Cruz à Huaraz au Pérou

Je viens d' effectuer avec 10 autres touristes (dont 3/4 de français) le fameux trek de Santa Cruz, durant 3 jours (le 4ème jour prévu au programme est inutile puisqu'il s'agit de 2h de marche sur du plat dans la vallée pour rejoindre le village pour prendre le bus). Il s'agit d'un trek très populaire au Pérou, pas super difficile physiquement (même s'il est vivement conseillé de faire 2 marches d'acclimatation à l'altitude avant, car on monte quand même à un col de 4700 mètres le 2ème jour...), du coup presque toutes les agences de Huaraz le proposent (et souvent à un tarif très bas).

Je suis parti avec l'agence Galaxia Expeditions, malgré les commentaires pas toujours très bons qu'elle a sur internet, car je n'ai pas eu le choix. En effet 3 ou 4 agences se sont regroupées afin de constituer un groupe suffisamment nombreux pour remplir un mini bus (les agences ne font pas partir de groupe s'il n'y a pas un minimum de 6 personnes sinon ça n'est pas rentable pour elles).

Le trek s'est bien passé, car les paysages étaient très beaux, le soleil était au rendez-vous, le groupe était super sympa et la guide sympa et compétente (elle parlait un peu anglais mais l'essentiel des touristes du groupe parlaient bien l'espagnol donc la communication s'est faite surtout en espagnol). Il y avait un cuisinier (correct mais sans plus), et un muletier pour faire marcher les 5 mules qui transportaient la nourriture, nos affaires de nuit et de rechange, les tentes, les matelas et les sacs de couchage (tout était inclus dans le prix du trek).

J'ai payé 310 soles en tout, soit 92 dollars pour 3 jours, soit 30 dollars par jour (ce qui n'est pas cher du tout, car le prix normal d'un trek tout inclus avec agence tourne plutôt autour de 50 dollars par jour). Le prix comprenait le mini-bus aller-retour, 5 mules pour transporter nos affaires, la nourriture et le matériel de cuisine, le guide, le cuisinier et le muletier, une tente et un sac de couchage.

N'étaient pas inclus dans le prix : le petit-déjeuner du premier jour, le doit d'entrée dans le parc national (65 soles). J'en profite pour signaler que la plupart du temps, les sacs de couchage de location ne sont pas suffisamment chauds (la nuit il faisait entre +3°C et -3°C), heureusement moi j'avais un sac de couchage en polaire à mettre dedans, plus un sac à viande en soie. Si vous venez avec votre propre sac de couchage, je conseille un sac de température "confort" de 0°C à -5°C.

Chaque participant a laissé le reste de ses affaires de voyage dans son hôtel de Huaraz durant le trek, parfois en échange du paiement de quelques soles. Vous n'emportez en trek que votre petit sac à dos pour transporter l'eau, les snacks, l'appareil photo, la crème solaire et les vêtements de la journée. Le reste est porté par les mules.

Au niveau du matériel prêté par l'agence : pour les tentes c'était la loterie, la plupart étaient en bon état mais une avait sa fermeture éclair cassée et une autre avait 2 trous (s'il avait plu cela aurait pu être très embêtant) ; pour les sacs de couchage, outre le fait que les sacs de location n'étaient pas assez chauds, j'ai réussi à en avoir un suffisamment grand pour moi car la veille du départ je suis allé à l'agence et j'ai insisté à voir des sacs de couchage pour en choisir un qui me convenait, ce qui a agacé le patron de l'agence (un homme assez méprisant et désagréable je dois dire).

En conclusion : pour le prix très bas que j'ai payé, j'ai eu une qualité correcte. Mais pour ce prix il ne faut pas s'attendre à avoir de la top qualité... Pour ceux qui souhaitent un niveau de qualité supérieur et qui ont les moyens de payer le double du prix (200 dollars au lieu de 100), l'agence Quechuandes possède une excellente réputation. Pensez à acheter et à emporter quelques barres de céréales et fruits secs, cela redonne de l'énergie dans les montées...

Au fait, pensez à laisser un pourboire à la fin (genre enveloppe commune qu'on donne au guide, qui la répartit ensuite avec le cuisinier et le muletier) : en effet, même si tout n'est pas parfait dans l'organisation du trek, il ne faut pas oublier que le guide, le cuisinier et le muletier sont payés avec un salaire très faible, l'agence empochant une grosse partie de l'argent versé. J'insiste là-dessus car souvent les français qui voyagent oublient de laisser des pourboires (au prétexte qu'en France on en donne peu voire pas du tout), ce qui fait que souvent dans plein de pays les français ont une réputation de gros radins...

Avis sur le trek en lui-même : beaux paysages (glaciers, lacs de montagne avec eau couleur turquoise...), mais ceux du trek Ausangate (près de Cusco) sont plus spectaculaires (surtout si on le fait en 6 jours avec le Cerro Colorado inclus).

Bon voyage !

< Frédéric
fredalaventure.blogspot.fr
jeudi, 19 mai 2016 10:46

Le Malecón sofa de La Havane

Le front de mer de La Havane, le Malecón, est le rendez-vous favori et incontournable des Cubains...

Notre rêve devient réalité à l’aéroport de La Havane. Dehors, une vieille voiture américaine bleu ciel des années cinquante, véritable trésor national et relique d’un passé faste, nous attend. Elle rutile. Nous devons fermer les portières doucement, par respect.
Le moteur, un Toyota, vrombit ; nous voilà embarqués pour une balade de 30 km qui nous mènera à notre casa particular. Nous logeons dans le quartier populaire de Centro Habana.
Nous sommes frappés par l’atmosphère légère, chaleureuse, gaie, nonchalante qui règne dans notre quartier aux maisons et aux rues délabrées.

Les Havanais donnent le ton.

Luminosité, ciel plombé et vagues Nous sommes ensuite surpris par le peu de circulation, l’absence de boutiques ; quelques marchands de quatre saisons arpentent les rues, pas d’enseignes publicitaires. Malgré cela, il y a la vie, du rythme, de la couleur : nous sommes vite happés et fascinés. Nous arrivons devant El Malecón de La Habana, lieu mythique, lieu chanté, poétisé, peint, photographié, dansé...lieu de fête, de rêverie. Le temps est maussade, il bruine et la luminosité de ce ciel plombé est exceptionnelle, les vagues se brisent contre la digue, envahissant la promenade. Le spectacle est incroyable. C’est le côté mer. Côté terre, se déploie sur 8 km une avenue bordée, au début, de maisons bourgeoises aux couleurs pastel délavées, plus loin d’immeubles hauts des années cinquante-soixante. C’est beau, mais nous sommes attristés. Ce pays est comme endormi, arrêté. Depuis la révolution cubaine, rien ou plutôt si, un abandon aux embruns et à la surpopulation de ces magnifiques maisons bourgeoises du XVIIIe et XIXe siècles, patrimoine architectural éclectique inestimable. Mais le tourisme apporte sa note positive, la restauration de ces merveilles est enclenchée.
Nous nous sentons coincés sur un trottoir chaotique, entre la mer et une autoroute urbaine à deux ou trois voies. Si ce n’est quelques voitures et des cocos, taxi-moto locaux en forme de demi-oeuf, la circulation est plutôt fluide. La récompense est au bout du Malecón : un daïquiri à l’hôtel Nacional, lieu mythique des années 1930.

Ambiance joviale

Mais le Malecón c’est avant tout encore l’ambiance joviale. De jour comme de nuit, des groupes d’amis se réunissent pour discuter, boire du rhum ou fumer un cigare, des pêcheurs rêveurs passent le temps en trempant le fil de leur canne à pêche, des musiciens jouent de la salsa, des couples main dans la main échafaudent quelques projets de vie, des enfants jouent, sautent, plongent dans la mer...
Le Malecón, c’est “le sofa de La Havane”. Que dire de l’instant magique, le coucher de soleil sur le Malecón, inoubliable, que je partage avec de chaleureux Havanais. Puis, nous nous perdons dans les ruelles de La Habana Vieja, plongés dans un passé architectural colonial exceptionnel. Habana Vieja n’est pas une ville musée. Le quartier vibre d’une vie sociale authentique, on y côtoie les joueurs de dominos installés à l’ombre, les enfants en uniforme sortant de l’école, les Havanais assis devant leur porte discutant avec leurs voisins, sans oublier la télévision fortissimo sortant par les fenêtres ou les portes toujours grandes ouvertes.
Ces trois jours passés à La Havane nous ont envoûtés. “Cuba es La Habana, y los demas es paisaje” (Cuba, c’est La Havane, le reste c’est du paysage).
La Havane, ville mythique et fascinante se déguste sans modération.

< Texte Chantal Martignon (91)
mardi, 05 avril 2016 17:14

Voyage en Namibie

En 2015, nous sommes allés dans l'hémisphère sud vers une contrée synonyme de grands espaces peu habités: la Namibie.

En juillet, nous avons parcouru 5 300 kilomètres en une boucle ni complètement au nord, ni complètement au sud.

Ce voyage fut construit autour de 3 axes : beaux paysages, traces humaines pictographiques et animaux.

Nous en sommes revenus les yeux plein de belles images.

Vous avez envie de voyager avec nous et ainsi de vivre notre parcours, je vous dis en voiture, Monstrounette est prête...

Nous partons... Au cœur des déserts de l'oryx, là où glyphe Dame Nature

< Voir le site

lundi, 28 mars 2016 09:41

Défilé du nouvel an chinois

Dimanche 14 février, nous étions plusieurs ABMistes à nous retrouver dans le quartier chinois de Paris pour fêter l’année
du singe de feu.

Rendez-vous au coeur du Chinatown devant le restaurant Impérial Choisy (1), un des repères de la communauté
chinoise parisienne où nous goûtons aux appétissants canards laqués aux cinq parfums suspendus en vitrine.

Un avant-goût par la cuisine cantonaise au défilé qui commencera en début d’après-midi. Nous étions d’ores et déjà enthousiastes
et dans l’ambiance, parés à fêter le nouvel an chinois.

Alors que Norbert et Mireille, ABMistes du Cours de chinois (2), sont partis chercher des ballons gonflables offerts pour
l’occasion par Tang Frères (3), nous nous préparons et enfilons nos cirés pour nous protéger de la pluie. Qu’importe, le
défilé a été superbe cette année. Les chars des différentes communautés asiatiques défilent, alliant créativité et tradition
asiatique et décorés aux couleurs festives chinoises et à l’effigie du singe en son honneur (photo).

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Photos : Norbert Gabry

Malgré le mauvais temps, nous sommes restés sous le ciel gris parisien, ensoleillé ce jour-là avec les couleurs impériales
de la Chine, rouge et jaune, sous les odeurs parfumées de l’encens et des fruits asiatiques distribués à la foule. Le dragon
chinois ouvrait le défilé, suivi par les lions qui dansaient au rythme des tambours.

Nous n’avons pas vu le temps passé. Cette journée a été un merveilleux moment partagé.

Sabine Audouin
Norbert Gabry
Mireille Chamayou

(1) Restaurant Impérial Choisy (32 Avenue de Choisy, 75013 Paris - Tél. 01 45 86 42 40). Recommandé par la Guide Michelin 2016.
(2) Cours de chinois avec Thierry Tastet, accessible à tous et sur la base de situations concrètes pour les voyageurs. Le cours a lieu à la case le premier
lundi du mois mais vous pouvez également le suivre via Skype.
(3) Tang Frères (48 Avenue d'Ivry, 75013 Paris) est le grand supermarché asiatique de la région parisienne, également fournisseur de la plupart des
restaurants asiatiques en métropole.
lundi, 14 mars 2016 15:17

La santé en voyage aux Caraïbes

Pour optimiser son voyage aux Caraïbes, mieux vaut connaitre les risques auxquels on s'expose. Aussi, un point santé s'impose ! En premier lieu, il faut se munir de protection contre les virus et maladies de cette région, le grand ennemi des voyageurs.

Prévoir ses vaccins pour voyager serein

A cette fin, de nombreux vaccins existent : la diphtérie, le tétanos la poliomyélite, la coqueluche et la rouge sont ceux les plus usuels que l'on vous demande de faire même sans voyager. Il faut toutefois redoubler d'attention pour l'hépatite B qui est fortement recommandé en cas de séjour répété ou prolongé. Même chose pour l'hépatite A qui préserve de la fièvre Typhoïde présente dans presque tous les pays de la zone. De même, si vous partez à l'aventure dans les régions reculées, assurez-vous d'être vacciné contre la rage.

Le soleil et la mer, des faux amis

Si l'on part aux Caraïbes pour le soleil, il faut aussi apprendre à s'en méfier. L'ensemble de la région est soumise à un ensoleillement intense et exige donc une protection solaire au moins supérieure à 15 qu’on peut acheter même en ligne. Pour les déserts comme ceux du nord du Mexique, les bouteilles d'eau et les chapeaux sont évidemment de mise. Côté plages, la mer des Caraïbes est garnie d'oursins et de poissons venimeux, sans oublier les méduses et les coraux urticants. Regardez où vous mettez les pieds, au risque de vous blesser ! Si vous vous aventurez plus loin, méfiez-vous des requins... On vous aura prévenu !

[h2]Consommez malin pour limiter les risques[/h2]

L'hygiène alimentaire est très importante dans les Caraïbes. La surveiller revient à éviter de nombreuses maladies qui risqueraient de gâcher votre séjour. Concernant l'eau, il vaut donc mieux la préférer en bouteille capsulée. Si vous ne pouvez pas vous en procurer, n'hésitez pas à faire bouillir l'eau du robinet avant de la consommer. Les risques seront ainsi diminués.

La diarrhée du voyageur est aussi légion dans cette zone. Pour vous en prémunir, attention à la consommation de fruits et légumes crus ou encore des fruits de mer. Le poisson présente également certains dangers, demandez un contrôle des autochtones avant de le manger, surtout lors de la saison des cyclones. Enfin, les produits laitiers pasteurisés doivent susciter votre vigilance: la brucellose sévit dans toute l'Amérique centrale.

Ça y est, vous êtes fin prêt à partir !

vendredi, 11 mars 2016 16:10

Eprise de vues

IMG 7245nPhotographe de 29 ans passionnée par les voyages, la nature, les découvertes, l’échange et les rapports humains.

Toute petite, une rencontre avec une jeune femme partant s’installer aux îles Samoa fut déterminante. Je me suis mis à rêver d’horizon lointain.

Apres mes études photo mon âme d’aventurière m’amène à un premier voyage en Amérique centrale en 2011. Là bas j’ai enfin pu découvrir la nature luxuriante dont j’avais tant rêvé depuis mon enfance et confirmer ainsi ma vocation de devenir photographe.

Depuis ce déclic je continue à parcourir le monde, découvrir mille merveilles et surtout à en témoigner à travers mon travail.

http://www.lea-bardet.com/


jeudi, 10 mars 2016 16:17

Bolivie La Paz : Un uppercut au creux de l’estomac

Oui, pour moi, La Paz a été un véritable uppercut dans le creux de l’estomac. Essayez de vous représenter : trois semaines de calme dans la campagne et les paysages du lac Titicaca, puis être confronté à cette banlieue à vomir, et plonger dans cet entonnoir vertigineux de millions de maisons accrochées aux collines. Une des plus grandes émotions que j’ai vécues. Débarquer à La Paz par avion n’offre pas ce contraste : le taxi ou le bus vous font traverser une ville “normale” puis vous plongent, plus bas, dans le centre de La Paz, qui est certes très animé, mais c’est le propre de chaque grande ville. Venant du nord, du Pérou en bus, cela vous fait traverser une zone de banlieue terrifiante.

En construction ou en destruction ?

Le chaos total. Baignée dans une pollution à couper au couteau, la vie se déroule tant bien que mal entre les tranchées dans la route, les zones effondrées, les chiens qui se nourrissent des sacs d’ordures éventrés, des vendeurs de glaces qui zigzaguent entre les voitures dans les bouchons, les véhicules en cours de réparation au milieu de la pseudo artère, les monticules de briques empilées pour une construction quelconque, sans oublier ces centaines, ces milliers de mini-commerces sur deux ou trois roues qui vous offrent absolument tout, aussi bien de la nourriture que des cadenas, soutien-gorges, couvercles de toilette ou des portables en-veux-tu, en-voilà. La position surélevée dans le bus nous permet de voir cette mer de taxis que forme cet embouteillage monstrueux.

Avant de prendre le bus, nous étions encore sur les bords du lac Titicaca, dans un village hors des circuits touristiques. Alors que nous marchions en direction de la route principale, un homme nous approcha et après nous avoir demandé quel était notre intérêt d’être chez eux, nous fit comprendre qu’ils étaient à la pause de midi et que c’est bien volontiers qu’il nous invitait à partager leur menu.

Lire la suite dans le magazine Globe-Trotters N° 166, page 56

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