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vendredi, 27 juin 2014 11:24

Parties de jeu autour du monde

Passionnés par les jeux de société, Sophie et Rémi ont créé un jeu expérimental et universel pour partager en chemin et découvrir les jeux du cru.
Une philosophie de voyage qui leur ouvre de nombreuses possibilités de rencontres et d'échanges, comme ici dans une famille de Oulan-Bator...

Jeudi 1er octobre, 17 h, nous rencontrons Begz pour la première fois. Nulle nécessité de nous présenter, il sait déjà tout de nous, du moins a-t'il retenu l'essentiel : notre âge, notre itinéraire de voyage, notre projet et même nos professions. Il nous annonce la couleur : s'il a souhaité nous rencontrer, c'est parce qu'il sait que nous avons des choses à partager, des connaissances à échanger et qu'il est persuadé que notre présence sera bénéfique pour ses enfants.

"Avez-vous lu les règles de ma maison ?" Le code familial est strict, et Begz semble mettre un point d'honneur à ce que ses hôtes n'y dérogent pas. Nous acquiesçons. Une fois passé le seuil de la yourte, ces règles de vie prennent tout leur sens. Nous découvrons un foyer familial où chaque meuble, chaque élément aide à définir les espaces.

Traditions mongoles sous la yourte Mungun Soymbo, son épouse, nous accueille. Elle s'assure que nous laissons bien nos chaussures dans l'entrée que nous devons enjamber avec agilité pour enfiler les sandales qu'elle nous présente. Émerveillés, nous observons la yourte s'animer ; les enfants se défont de leurs cartables et de leurs vêtements d'hiver, et s'installent rapidement dans leur univers tandis que Mungun Soymbo se rassoit près du poêle. Begz nous invite à nous asseoir sur un tapis de feutre. Tandis que Manajin, la plus grande des quatre enfants, nous apporte une tasse de thé, nous tendons l'oreille. Begz nous présente sa ludothèque, nous parle du projet familial. En quelques minutes, la table se remplit de jeux traditionnels, de casse-tête, de jeux originaux venus du monde entier, sous nos yeux éblouis.
Il nous explique : "Il y a quelques années, je ne connaissais que les "ankle bones". En 2005, je me suis rendu au Danemark et j'ai découvert toutes sortes de jeux extraordinaires. J'ai aussitôt pensé à ma famille, à ma ville, à mon pays qui méritaient d'en découvrir autant. À cette époque, j'ai ramené deux casse-tête en bois, les deux seuls que vous pourrez trouver aujourd'hui en Mongolie. L'un se trouve chez moi, l'autre au musée national d'Oulan-Bator.

Puis, j'ai créé mes propres "casse-tête métal". J'ai même acheté une machine à coudre pour fabriquer des plateaux de jeux. Avec mes frères, nous avons fait des expositions et nous donnions la possibilité aux gens de les essayer. Avec le temps, mes amis couchsurfers m'en ont offerts de nouveaux !" La ludothèque de Begz est à proprement parler internationale. Même Sophie en reste époustouflée. À chaque nouveau jeu, nous échangeons un regard complice, incrédule et admiratif. La joie nous transporte dans un univers que seuls connaissent les chercheurs de trésor.

À l'heure du jeu Begz dépose dans les mains de Rémi une tortue en bois. "Tu sais pourquoi cet objet est un jeu pour moi ? Parce que tu dois d'abord le découvrir, l'observer attentivement pour comprendre. Ensuite seulement, tu peux le manipuler et ainsi tenter de trouver la solution.

C'est tout un art." Rémi suit les conseils, manipule l'objet avec minutie, en silence, et prouve à Begz, en quelques minutes, que lui aussi est un vrai joueur. La tortue est démontée aussi vite que remontée. Begz est enchanté.

Sur la demande de son père, Mungulun traîne avec difficulté un lourd sac qu'elle dépose sur la table. Begz nous dévoile alors son trésor : des centaines d'osselets. On dit que la prospérité d'une famille se mesure au nombre d'osselets qu'elle possède. Chaque osselet comporte quatre faces, chacune représentant un animal : le cheval, le chameau, le mouton et la chèvre, le cheval étant le plus fort. Sa collection est complète. Pour notre plus grand bonheur, lorsque vient le moment de jouer, il nous explique chacun de ses jeux avec patience, ne laissant aucune subtilité échapper, offrant les règles ancestrales dans leur intégralité.

Lorsque, le lendemain, nous déposons à notre tour, notre trésor sur la table, tous les curieux s'approchent, impatients de rencontrer notre jeu expérimental. Ce qui en sort les émerveille.

Chacun s'approprie une partie de son contenu. Todo et Manajin se projettent déjà sur notre jeu de cartes et proposent une partie de uno ou de jungle speed. Pendant ce temps, Mungulun et Gaadma montent une pyramide avant de pitcher chaque pion aux quatre coins de la yourte. À chaque nouveau jeu, Begz se
retourne vers sa femme, aussi excité que ses enfants. À présent, nous sommes tous hilares, certainement davantage par la magie de l'instant que par le jeu en lui-même. Nous avons le sentiment de nous offrir mutuellement des heures de jeux à venir.

Star Académie Un soir, autour de nous, les quatre enfants s'activent, aidés de leur maman.
Un grand moment se prépare. Les filles, excitées, enfilent leurs robes de soirée, puis enchaînent les clips et copient les mouvements de leurs danseuses préférées ; de la plus grande à la plus petite, toutes aussi appliquées. Vient le tour de Todo. Devant son instrument, nous restons sans voix : il s'agit d'un morin khuur
traditionnel, une vielle à tête de cheval, dont les deux cordes et l'archet sont faits de crin de cheval. Nous écoutons, charmés, découvrant une musique nouvelle dans ce foyer si accueillant.

Il présente ses morceaux comme un vrai professionnel, gardant toujours son sérieux.
Nous sommes tous profondément absorbés par le charme de ses mélodies. Avant de laisser la scène à Gaadma qui souhaite nous offrir quelques chansons, Begz intervient : "Vous savez, les Mongols sont très fiers de ce qu'ils savent faire. Il est donc important pour chacun de mes enfants de vous montrer leurs talents."
La fierté transparaît sur son propre visage.

Bonné nouit... Il va être temps de préparer notre "lit". De grands draps sont tirés pour fermer notre "chambre". Nous installons notre tapis de feutre tel que Mungun Soymbo nous l'a appris et y déposons nos duvets. Seul un drap nous sépare de la petite famille qui n'a pas l'intention pour autant de nous laisser dormir. "Bonne nouit, Bouné nuit...", répètentils à tour de rôle, parents et enfants, amusés par nos prononciations particulières à leurs oreilles. Toute la famille est allongée à nos côtés, murmurant, ricanant. Nous ne comprenons pas un mot, mais la gaieté emplit la yourte. Enfin nous nous endormons, l'odeur du petit déjeuner flottant sous nos narines, laissant présager un doux lendemain.

< Texte et photos : Rémi Cailloux et Sophie Etronnier (45)
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