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Le raphia en sursis


Madagascar est le principal producteur mondial de raphia.
Dans le parc d'Ankarafantsika au nord-ouest de l'île, où le palmier pousse naturellement, un projet a été mis en place pour lutter contre la surexploitation de la fibre et fournir du travail aux villageois.

Madagascar1Il faut quelques heures de taxi-brousse pour rejoindre le petit village d'Ampombilava, niché au coeur du parc d'Ankarafantsika, à 500 km au nord-ouest de Tananarive. Là, au milieu de quelques maisons sommaires, un petit atelier en dur, indiqué par un panneau discret.
À l'intérieur, deux femmes s'activent sur leur métier à tisser.
Elles fabriquent des sets de table et des stores en raphia. Cette fibre végétale est tirée d'une espèce de palmier. Vous la connaissez sûrement car elle est utilisée dans la confection de jolis paniers aux couleurs chatoyantes que l'on retrouve souvent sur les marchés en France. La majorité de ces articles sont fabriqués à Madagascar où le raphia constitue une filière importante dans l'économie du pays. Le raphia pousse naturellement dans plusieurs régions de l'île, et notamment dans le parc d'Ankarafantsika.
Cette station forestière créée à l'époque coloniale s'étend sur 130 000 hectares. Au sein du parc, des villages construits au XIXe siècle ont été autorisés à rester dans la zone d'occupation contrôlée. C'est le cas d'Ampombilava.



Lutter contre la collecte sauvage.

Madagascar2En 2005, l'Association nationale pour la gestion des aires protégées (Angap), qui gère aujourd'hui le parc, a décidé de lancer un projet pour préserver les ressources en raphia de la forêt. "Auparavant, les villageois avaient l'habitude de couper le raphia pour le vendre brut aux collecteurs des grandes villes comme Majunga ou Tananarive. Ils ne se souciaient pas des quantités et le faisaient pour survivre.
Pour pallier le risque de surexploitation de la fibre, le parc a décidé de gérer de manière rationnelle ses ressources en lançant un projet de transformation et de valorisation des fibres de raphia", explique Édouard Randriamanantsoa, responsable développement et éducation environnementale du parc. Le principe du projet : regrouper les villageois dans des associations et organiser l'exploitation du raphia au sein d'une filière structurée, allant de la récolte de la fibre à la vente du produit fini.

"Les villageois ont été intéressés par cette initiative car, au lieu de gagner de l'argent un ou deux mois par an en vendant du raphia brut, ils pouvaient désormais toucher des salaires toute l'année grâce aux stocks et à la transformation des fibres. Notre objectif était aussi d'améliorer les conditions de vie des habitants", ajoute Édouard.

Des teintures naturelles.

Cette initiative a été montée en partenariat avec l'association femmes entrepreneurs de Majunga, qui fournit les métiers à tisser et les formations nécessaires pour maîtriser les étapes jusqu'au produit fini. Perline Razafindramavo travaille dans l'atelier d'Ampombilava depuis un an et demi : "avant, je cultivais surtout du riz. Avec le raphia, je gagne plus d'argent qu'avant". Les produits transformés sont vendus dans une petite boutique de Majunga et sur place à l'atelier. Outre le tissage, les femmes ont aussi été formées à la teinture des fibres. Les couleurs sont entièrement naturelles et proviennent de plantes qui poussent dans le parc. Par exemple, le jaune est obtenu grâce à l'écorce de manguier et le bleu grâce à l'indigo. "Les femmes font bouillir les plantes dans l'eau puis imprègnent les fibres.
Elles doivent maîtriser les températures pour bien fixer les couleurs", précise Édouard.

Un complément de revenus.

Madagascar3Le projet raphia regroupe aujourd'hui une cinquantaine de membres actifs, repartis dans cinq associations. La plupart des membres ont préservé leur activité agricole et utilisent le raphia comme complément de revenus. "D'autres villages continuent de vendre le raphia brut.

Mais, depuis quatre ans, nous avons constaté une diminution des collectes sauvages. La plupart des villageois coupent désormais le raphia pour la transformation seulement", souligne Édouard. Et pour cause.
Un plan de gestion a été mis en place et un cahier des charges signé entre le parc et les habitants. "Le cahier des charges est très strict quant au tonnage et à la longueur des fibres autorisés. Nous voulons travailler en collaboration avec les villageois dans un esprit participatif. C'est important qu'ils préservent eux-mêmes leur terroir", rapporte Florent Razanakolona, responsable développement des filières du parc.
"Notre objectif est de pouvoir replanter l'équivalent de ce que nous récoltons car il faut dix ans pour qu'un raphia soit exploitable", conclut Édouard.
Chaque année, cinq cents nouveaux pieds de raphia sont plantés par les villageois pour régénérer les ressources du parc.

Texte et photos Charlotte Patron (75)

Le projet "Fibre voyageuse" est un voyage d'un an à travers le monde à la découverte des fibres naturelles : coton, raphia, chanvre, lin... Ils sont plusieurs milliers, dans les pays les plus pauvres du monde, à vivre de la production et de la transformation de ces fibres. L'objectif de notre périple consiste à sensibiliser l'opinion à leur existence et témoigner de leur utilité économique et écologique par le biais de reportages écrits, audio et vidéo
Fibrevoyageuse.org

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