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Un matin à Katmandou

L’automne dernier j’ai parcouru l’Asie, de la Chine jusqu’en Inde.

Un matin de novembre, je me suis trouvé à Katmandou, au temple de Pashupatinath. C’est l’un des lieux les plus sacrés de l’hindouisme. Il est consacré à Pashupati, une incarnation du dieu Shiva, protectrice de tous les êtres vivants.

Npal3Cet ensemble de temples en bois et en pierre est construit sur les rives de la petite rivière Bagmati. Comme Varanasi en Inde, ce lieu est imprégné d’un mysticisme et d’une transcendance que l’on éprouve rarement en Occident.

Il était sept heures du matin, le soleil s’était à peine levé. La première lumière de la journée, propre, vierge, invite la vie à se réveiller, ici plus calmement et respectueusement qu’ailleurs.

Les sons se distinguent clairement dans la sérénité environnante : les pas lourds des vaches errantes sur le pavé, les conversations matinales des oiseaux, le son lent et fort des cloches qui imposent la concentration.

J’ai suivi l’allée qui descendait à la rivière. Partout, on pouvait voir des singes qui couraient nerveusement dans toutes les directions, parfois même avec leurs bébés accrochés sur le dos. J’avais une pomme avec moi, je voulais la partager avec eux. Le singe le plus proche est devenu fou à la vue du fruit. Sans hésitations, sans négociations, il s’est dirigé vers moi et m’a enlevé la pomme avec ses mains agiles de petit voleur. Respectés comme des dieux ici, nos cousins se croient les vrais maîtres du lieu.

En arrivant à la rivière, j’ai contemplé la vue des pagodes en bois qui s’élèvent sur la rive droite, interdite aux non-hindous. Au milieu, le toit doré du grand temple Pashupatinath, quel bel équilibre entre mesure et majesté ! En bas de ces édifices, se dressent les ghats, les escaliers qui amènent le croyant à la purification des eaux sacrées de la Bagmati. Cet endroit, ces gestes sont investis d’une importance que nous, on ne saurait peut-être jamais sentir vraiment. Cette petite rivière, sale, verte, coule là au milieu, comme une barrière à la fois réelle et symbolique imposée aux esprits qui ne sont pas prêts à comprendre.

J’essaie de la franchir avec l’œil. Assis sous une chapelle, j’observe l’autre côté, un autre monde, tout nouveau et séduisant, et pourtant avec des sens familiers. Je me perds et je me retrouve dans cette étrange scène de l’existence.

Les fidèles qui s’approchent pieusement de la rivière pour remercier pour l’eulogie de la vie. L’eau qui bénit, qui donne la vie, qui amène aux dieux les prières et les offrandes.

Npal1Les sadhus, ces figures ascétiques, vêtus en rouge et orange, à la recherche d’une existence au-delà du présent.

Juste à côté, un corps, enveloppé dans un tissu blanc, posé sur le ghat, les pieds dans l’eau. Ses proches le préparent minutieusement pour son départ de ce monde.

Ils le couvrent de colliers de fleurs et de mantras, des prières pour la suite de son voyage dans le temps.

Néanmoins, la mort prend le visage de sa veuve dévastée, qui en larmes, lui caresse le visage pour la dernière fois.

C’est elle qui allume le bûcher funéraire. C’est la fin.

L’eau emportera les cendres du défunt vers une autre vie.

Et le monde continuera son cycle en sérénité, comme le cours de la Bagmati…

Nikos Thomopoulos

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