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Bien passer les frontières

laos_frontierePassage de la frontière du Laos vers le Vietnam.
 
A Luang Prabang, nous apprenons que plusieurs points de passage sont nouvellement autorisés aux étrangers pour aller au Vietnam  que nous voulons traverser du nord au sud pour poursuivre notre voyage vers le Cambodge.
 
Nous voici donc partis sur un itinéraire non décrit dans le guide du routard en notre possession.

.Arrivés à Nong Khiaw, c’est dans un bus local que nous roulerons toute la nuit vers le Vietnam par les routes sinueuses des montagnes laotiennes. Entre les sacs de riz qui encombrent le bus, l’état de la route  et le confort des sièges absolument inadaptés à la corpulence des occidentaux, nous arrivons éreintés à Vieng Xai

Après une courtes visite des grottes qui accueillirent le QG du Patet Lao pendant la guerre américaine, nous poursuivons le lendemain toujours en bus local, cette fois, la benne d’un camion qui nous amènera jusqu’à la frontière que nous devrons traverser à pied.

Arrivés au Vietnam dans le village de Naméo, le chauffeur de bus demandera 25 USD par personne pour nous emmener à Hanoï.

Laos_frontiere1Nous étions parmi les premiers  touristes sur cet itinéraire mais dès la frontière, nous étions confrontés  au côté ‘’durs en affaires’’ des Vietnamiens.
 
Michel Pottier (mai 2008)

Si en Europe et quelques autres pays, le passage de frontières ne présente guère de difficultés pour la majorité des voyageurs français (du moins en principe), il arrive au contraire qu'ailleurs, ou pour certains types de voyages et notamment lorsque l'on est avec son propre véhicule, les choses soient parfois un peu différentes.

A savoir au préalable :

Sans que pour autant les risques de se voir refouler soient énormes, il n'en demeure pas moins vrai que passer une frontière et/ou une douane peut parfois engendrer quelques difficultés, demander du temps et de la patience, et même à l'occasion coûter aussi quelque argent non prévu au programme...
La première chose à savoir (et même la principale) est que les douaniers et la police - et cela que vous le vouliez ou non - seront toujours en position de force par rapport à vous, avec le pouvoir de vous refouler ou d'allonger vos tracas s'ils le désirent (et ils le savent !). Donc, à moins d'avoir de bonnes relations locales ou d'aimer les procédures, les complications et les pertes de temps inutiles, ne l'oubliez pas. Ce qui ne veut pas dire pour autant qu'il faille accepter tout et n'importe quoi sans rien dire ou faire. Il est simplement utile de connaître quelques trucs pour s'éviter trop de désagréments.

Tenue :

Comme tout le monde, vos interlocuteurs vous jugeront d'abord, même inconsciemment, sur votre apparence et votre comportement. Or, dans certains pays, le style sac à dos n'est pas toujours apprécié. Donc, première chose, toujours se mettre sur son 31 pour passer les frontières. Dans nombre de pays du "Tiers-Monde" un voyageur, sous-entendu généralement "un occidental", arrivant pas très net (et donc dans l'esprit de beaucoup, pas très riche) ne sera pas bien perçu des autorités locales, surtout si parmi ses interlocuteurs s'en trouvent certains ayant vécu en Europe ou aux USA.
Le touriste version "Katmandu - routard - zonard" n'est pas vraiment ce que recherchent la majorité des pays; ce qui dans un sens peut être tout à fait compréhensible.Au niveau de la tenue, abstenez-vous aussi de tout ce qui peut choquer tant dans l'originalité excessive que par rapport aux us et coutumes locales. Ainsi, dans beaucoup de pays musulmans, les femmes devront éviter un habillement trop léger (ailleurs aussi mais pour d'autres raisons...). De même, évitez de parler aux douaniers avec vos lunettes de soleil sur le nez. Cela peut en effet être perçu comme un signe de dédain ou, pire, faire planer des soupçons sur vous ("pourquoi cache-t-il son regard ?").

Comportement :

¤ Rester calme :

Certains passages de frontières ou de douanes peuvent parfois s'éterniser. Malgré tout, même si c'est le cas, la règle première est de toujours rester calme. Car même si les choses traînent ou se compliquent, rien ne sert de s'énerver et surtout de jouer à l'occidental donneur de leçons qui vient généreusement offrir ses dollars au pays. Presque toujours, cette attitude consistant à juger les choses d'après ses propres critères, notamment de temps et d'efficacité, renforcera vos interlocuteurs dans leurs convictions et bloquera d'autant plus la situation. Personne n'aime être déconsidéré dans son travail. Donc restez calme et poli; ce qui ne vous empêchera pas d'ailleurs de pouvoir être ferme s'il le faut. C'est juste une question de manière...

¤ "Les autorités supérieures" :

Quant à vouloir, en cas de problèmes, en référer à des autorités supérieures, aux représentants de votre pays, etc, regardez-y à deux fois avant de vous engager.Hormis si les choses deviennent réellement graves, mieux vaut s'abstenir; tant est-il d'ailleurs que vous sachiez à qui vous adresser sur le moment. N'oubliez pas qu'en remontant la hiérarchie, vous risquez de complexifier la situation au point de la rendre à moment donné "officielle", sans réelle possibilité alors d'arrangements à l'amiable ni de sortie "honorable" pour l'une et l'autre des parties. Sans parler du temps et autres désagréments que cela demandera. A la limite, quitte à vous plaindre, faites le après ou au retour auprès des autorités compétentes, même si cela risque fort de n'avoir aucun effet.

¤ Au poste frontière/douane :

- Arrivée terrestre :
Lorsqu'on arrive par voie terrestre, il est parfois assez difficile dans certains postes frontières de trouver au premier coup d'oeil les bureaux et les bons employés. Là aussi pas d'énervements, commencez par regarder et demander autour de vous. Souvent on vous renseignera automatiquement avant même que vous ayez dit quoique ce soit. Contre quelques billets on vous proposera parfois aussi de vous aider dans vos démarches. Comme pour les guides c'est à vous de voir; mais si vous ne parlez pas la langue, vous trouvez face à des formalités un peu complexes ou avez envie de régler les choses rapidement c'est une solution. Comme toujours, négociez bien les prix avant.
Devant "l'animation" qu'il peut parfois régner à l'intérieur d'un poste de douane, pas de panique non plus. Observez les choses et repérez le "chef" à qui vous vous adresserez.Aux postes frontières qui ne voient guère d'occidentaux vous deviendrez vite pour les uns et les autres une curiosité, un faire-valoir (notamment pour le chef), et une source d'approvisionnement en cigarettes (grandes marques appréciées) sinon en devises. Sans pour autant vous faire plumer ne rejetez pas ces contacts, au contraire. Cela permettra de créer une relation dont on tiendra peut-être compte ensuite en cas de problèmes. Quelques mots de la langue locale favoriseront d'autant plus vos échanges.Respectez également les pratiques locales; ne fumez pas si personne ne le fait, ne vous asseyez pas systématiquement par terre car c'est parfois mal vu de la part d'un européen.
Enfin, dans certains pays, mieux vaut que cela soit un homme plutôt qu'une femme qui effectue les démarches et à plus forte raison qui discute s'il y a problèmes.

- Arrivée en avion :
Processus souvent bien plus simple, généralement plus rapide et bien rodé comparé à ce que peuvent être parfois les passages terrestres. Reste aussi que les contrôles, pour de multiples raisons, y sont souvent plus stricts notamment dans les gros aéroports.
De plus, vu le travail à la chaîne qu'effectuent policiers et douaniers, n'espérez pas vraiment établir un "contact particulier" avec ceux-ci pouvant aider en cas de problème. Bref, peut-être encore plus qu'aux douanes terrestres, il est préférable de toujours garder son calme.

Au niveau des problèmes :
Pour ce qui est des embrouilles justement, contentez-vous des vôtres et n'allez pas intervenir dans celles des locaux même si vous êtes témoins de pratiques discutables comme le racket par les policiers (assez courant à certaines douanes africaines), voire certaines interpellations. Il y a peu de chances que vous connaissiez toute l'histoire et d'autre part vous ne pourrez pas faire grand chose.
Bref, par un comportement et une tenue adéquate vous limiterez déjà les difficultés lors de vos passages de frontières.

A l'évidence, autant pour ses documents de voyages que pour ses bagages, mieux vaut être en règle.
De façon générale, c'est aux aéroports que vos bagages seront les plus fouillés, à l'aller (toujours) comme au retour.

Par voie terrestre, les douaniers s'intéresseront un peu moins sinon par curiosité à vos affaires sauf s'ils ont décidé de faire du zèle ou que la frontière se situe dans une zone de trafic ou à risques. Toutefois, gardez en permanence un oeil sur celles-ci pour éviter que l'on se serve de vos bagages pour détourner l'attention de la police en y déposant des choses prohibées (pendant ce temps la voie est libre ou en tous cas moins surveillée pour les vrais trafiquants). D'un autre côté ne transportez rien qui puisse irriter les douaniers : alcools dans certains pays musulmans, aliments et autres denrées interdites pour cause sanitaire, lectures jugées subversives par le régime (à vous de juger lesquelles), etc.
Au mieux vous aurez droit à la confiscation et au pire à une fouille plus approfondie assortie parfois de quelques autres tracasseries. Sur un autre registre n'acceptez jamais de prendre le bagage de quelqu'un que vous ne connaissez pas ou peu, spécialement en avion. Et surtout jamais de drogues, y compris légères ou en toute petite quantité, lors du passage d'une frontière; cela même s'il est reconnu de tous que celles-ci sont en vente libre ou presque dans le pays.
En cas de découverte, vous auriez là de réels ennuis pouvant déboucher sur de longues années de prison et même pire dans certains pays du Sud-est asiatique.N'oubliez pas non plus qu'en rentrant chez-vous vous aurez également à passer la douane de votre pays. On rappelle aux Français que pour les voyages dans l'Union Européenne aussi bien que pour les autres pays il existe des réglementations précises sur les biens et marchandises.
De plus, l'achat de contrefaçons est également un délit, de même que l'importation de certaines plantes et animaux vivants.

Documents de voyage :

En pratique, les difficultés de passage seront le plus souvent liées aux documents de voyage nécessaires. Il peut déjà être utile pour être en règle de s'être renseigné avant le départ ou en cours de route sur les formalités de base (passeport, visa, carnet de vaccination, etc).

Passeport et visas :

¤ Passeport :
Attention à la validité de votre passeport, certains pays exigent en effet que celui-ci soit encore valable 6 mois après la date de retour prévue (et pour peu de tomber sur un contrôleur tatillon...).

¤ Visas :
Même chose si vous partez longtemps pour ce qui est des visas dont certains ont une validité d'utilisation limitée. Dans ce cas, on pourra les prendre soit au dernier moment, soit demander à ce qu'ils soient postadés (ce qui se fait parfois pour quelques jours).
Dans certains pays, le visa peut être théoriquement obtenu à l'arrivée sur le territoire. Si vous avez choisi cette option, demandez confirmations aux autorités consulaires avant de partir (y compris par écrit si vous pensez qu'il y a risques). Et au moment d'entrer dans le pays, évitez si possible le petit poste frontière dans lequel le personnel ne sera pas forcément au courant et qui vous refoulera sans chercher à comprendre.
D'autre part, la durée de votre visa sera fonction de la date retour inscrite sur votre titre de transport ou, si vous continuez par voie terrestre et avez un billet open ou à validité supérieure au séjour autorisé, du bon vouloir du préposé. Très souvent donc à la tête du client; mieux vaut alors là aussi faire bonne impression.
Attention aussi si vous pensez faire plusieurs aller-retour dans le pays, prévoyez dans ce cas un visa à entrées multiples.
Ne pas oublier non plus que s'il faut un visa pour entrer, il faut également la plupart du temps faire tamponner son passeport avant de quitter un pays.
 D'où la nécessité de chercher parfois le lieux adéquate qui, d'ailleurs, ne sera pas forcément toujours situé au poste frontière s'il s'agit d'un coin perdu (le bureau en question peut alors être dans une localité plus importante).

¤ Matériel photos/ vidéo, ordinateur :

En parallèle, on pourra parfois vous demander la copie des factures de votre matériel photos, vidéo ou ordinateur portable. C'est cependant relativement rare, et concerne surtout les douanes de votre pays dès lors que vous rentrez d'une destination réputée pour ses bonnes affaires en la matière. Pour éviter les ennuis, on peut faire enregistrer gratuitement son matériel sur une "Carte de libre circulation" valable 10 ans.
Il suffit juste de présenter celui-ci et les factures (y compris de paiement des taxes si l'objet a été acheté à l'étranger) auprès du service des douanes.

• Au delà des documents légaux, on risque fort dans certains pays de s'intéresser aussi à vos ressources et aux motifs de votre voyage.

Motif :

Sur ce point, à moins d'être envoyé par votre entreprise avec tous les papiers en règle, dites toujours que c'est pour tourisme même si vous espérez faire des affaires ou trouver un job sur place.
En effet, dans la majorité des pays, le travail et même les études sont strictement réglementés au niveau des lois et demandent des formalités spécifiques. Et pour ce qui est du voyage d'Affaires, il faut le plus souvent des visas aux coûts nettement supérieurs à ceux pour touristes.
Dans le même genre, évitez si on vous le demande de dire que vous êtes journaliste ou comptez faire un reportage sur le pays; deux choses pas forcément toujours appréciées des autorités, notamment de celles des pays sous le feu de l'actualité. Bref, faites le touriste moyen.

Ressources :

Quant aux ressources elle intéresseront d'autant plus que vous aurez l'air d'un voyageur à petit budget, en clair avec sac à dos. Une carte de crédit, un stock de travellers ou de cash (y compris en petites coupures pour faire plus épais) rassureront toujours. Lors d'une arrivée en avion, on vous demandera souvent l'adresse d'un hôtel. Indiquez toujours un établissement milieu ou haut de gamme (mais pas trop quand même si vous n'avez pas le look), y compris si vous comptez dormir dans l'établissement le moins cher de la ville.

Prestations :

De la même façon, pour certains pays ou certains modes de transports, il est théoriquement nécessaire d'avoir réservé avant sa venue un minimum de prestations. C'est le cas notamment lors d'une arrivée en vol charter (pas en régulier) dans les pays d'Afrique du Nord, le Sénégal où encore la Turquie.
Fort heureusement, pour le voyageur désireux d'organiser seul son séjour, cette contrainte ne demeure que théorique et se trouve de toute façon compensée par les agences qui rajouteront sur votre titre de transport des prestations factices afin de contourner cette obligation mise en place à l'origine par les pays hôtes.
Dans le même but d'augmenter les rentrées financières, mais aussi parfois contrôler les visiteurs comme au Bhoutan, certains pays (ou à l'intérieur même pour certaines régions nécessitant un permis) peuvent à l'occasion refuser d'attribuer des visas aux individuels et n'accueillir que des groupes. En attendant, il faut savoir que de telles règles s'appliquent souvent aux demandes effectuées aux consulats en Europe, alors que dans les pays voisins, ou même aux frontières, l'individuel peut sans peine obtenir son visa.
Le Laos a été, pendant un temps, un cas typique dans ce domaine avec refus de visa fait aux individuels en France et obtention facile à Bangkok ou sur place. En fait, le Bhoutan est le seul pays à avoir une politique stricte en la matière.

Invitation :

Plus contraignant est par contre l'invitation obligatoire (en fait la même chose que des prestations) que l'on retrouve notamment encore pour quelques pays d'Asie Centrale. Là, obligation de passer par une agence locale pour obtenir le visa et pouvoir franchir la frontière.

Billet de continuation ou retour :

Une autre source de "complication traditionnelle" aux frontières est la non-possession d'un billet de continuation. Certains pays, entre autres africains mais aussi les USA, peuvent en effet poser problèmes si l'on ne dispose pas d'un titre de transport pour sortir de chez-eux (et cela parfois dès la demande de visa).Si vous montrez que vous disposez d'assez d'argent et expliquez que vous continuez vers un autre pays, les choses peuvent parfois s'arranger. Toutefois, s'il y a refus, la solution reste d'acheter un billet d'avion plein tarif pour une destination proche. En cas de non utilisation, celui-ci vous sera en effet remboursé sur votre compte bancaire sans pénalités (l'une des caractéristiques principales des pleins tarifs), avec juste quelques frais de dossier. Seul inconvénient, cela peut parfois prendre du certain temps et donc immobiliser une certaine somme.

Papiers véhicules :

Mais bien plus que le voyageur à pied, c'est celui qui se balade avec son propre véhicule qui rencontrera souvent le plus de tracasseries; ne serait-ce déjà que par rapport aux papiers et documents particuliers à son véhicule (assurances, carnet de passage en douane...).

Papiers divers :

Enfin, au delà de tous ces documents "classiques" il y a ceux plus spécifiques au pays (formulaire d'immigration, attestation de paiement de taxes diverses, etc) que l'on n'aura pas intérêt à perdre entre son entrée et la sortie du pays sous peine de complications ou dépenses supplémentaires.

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