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jeudi, 10 septembre 2009 10:19

Est-il possible de voyager sans "polluer" ?

Est-il possible de voyager sans "polluer" ?

Extrait de Globe-Trotters Magazine Numéro 79 (9-10/01)

J'aimerais donner mon avis au sujet des nombreux articles, à la mode actuellement, qui parlent d'éco-tourisme ou de pollution par le tourisme, voire même, dans le dernier numéro de Croissance, de boycotter ou cautionner par sa présence des pays reniant les droits de l'homme (Birmanie, Cuba, Iran, Irak, etc.). Je me permets d'avouer à "ceux qui savent", que moi je ne sais pas comment faire, chaque pays étant un cas particulier.
Il y a quelques années, un article de la revue d'ABM titrait "Merci Bouana" en parlant d'un couple qui avait offert un jean troué à son guide local. Peut-être devait-il lui donner une chemise Cardin neuve afin de creuser l'écart entre ceux qui côtoient les touristes et les autres ?

Il y a dix ans, au Viêtnam, notre petit groupe a donné 70 dollars à notre guide pour la remercier de son efficacité, alors qu'un professeur d'université gagnait 20 dollars par mois. J'ai eu honte, j'aurais dû lui donner 2 Francs pour m'avoir fait économiser 150 Francs sur une note de téléphone.
En 1983-1984, au Togo, un problème insoluble aux "beaufs" que nous étions : après avoir vidé un cubi de vin acheté à Ouagadougou, que faire de ce déchet encombrant et polluant ? Nous l'avons donné à un enfant. Ce qui nous a surpris, c'est qu'il a perdu son sourire et qu'il est parti en courant, serrant le bidon dans ses bras. Cinq minutes plus tard, un adulte est venu vers nous en tenant d'une main l'enfant qui n'avait pas lâché son "cadeau", et de l'autre une écuelle avec des oeufs de pintade qu'il nous a offerts après avoir eu confirmation que son fils ne nous avait pas volé ce "précieux déchet encombrant" dont nous ne savions que faire. Bien que la disproportion des valeurs de l'échange fût évidente pour nous, il nous a été impossible de refuser sous peine d'insulter cet homme qui, bien qu'ayant très peu de nourriture, considérait qu'un bidon fermé était un bien précieux dans une province où l'eau est à 4 ou 5 kilomètres. Que devions-nous faire ? Garder le bidon ou le détruire et priver ainsi une famille des avantages des déchets de notre civilisation ? Que "ceux qui savent" m'éclairent, car je n'ai toujours pas trouvé la réponse.

Au cours de ce voyage où nous dormions dans les villages, sous la tente en préparant nos repas (achetés sur les marchés locaux), nous en profitions pour nourrir quelques enfants présents autour de nous. Expérience enrichissante qui ne nous a pas mis à l'abri quelques années plus tard de cotoyer l'extrême dénuement à La Paz en Bolivie. Nous étions quatre dans un restaurant avec des steacks qui dépassaient de nos assiettes quand une jeune indienne d'une douzaine d'années, belle comme une reine mais triste, vint nous mendier les restes de repas, jusqu'aux morceaux de gras que nous, "capitalistes repus", avions laissé de côté. On aime donner son assiette à un chien, mais pas à un humain. Ces gens sont fiers, ils ne mendient pas, sauf s'ils n'ont plus que cette solution. Que "ceux qui savent" m'éclairent, peut-être aurions-nous dû ne rien luis donner afin de ne pas la rendre dépendante du tourisme. On ne sort pas indemne d'une telle expérience et, depuis 1985, chaque fois que je repense à cette soirée, j'ai les larmes aux yeux.
Je dirai en conclusion que je ne sais toujours pas comment ne pas polluer une population par ma présence, mais cela m'a rendu plus humble.
(P. et P. Maret)




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