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jeudi, 10 septembre 2009 10:13

Qu'est-ce que le tourisme pour nous, pour les autres, au quotidien ?

Qu'est-ce que le tourisme pour nous, pour les autres, au quotidien ?

Partir en voyage nous apporte beaucoup de bienfaits. En est-il de même pour les populations visitées.... bon gré mal gré ?
Nos motivations touristiques sont infinies. Pour la plupart d'entre nous, elles naissent souvent de la nécessité de vivre bien ce que l'on vit mal (ou pas) chez soi parce que sa vie est parasitée, polluée par des contraintes morales, sociales, professionnelles ou domestiques. Certains voudraient s'en échapper afin de retrouver des valeurs personnelles souvent brimées ou refoulées. On voudrait reconstituer tout ce qui est émietté le reste de l'année, dans un cadre où n'interféreraient plus ces contraintes quotidiennes et où nous serions notre propre chef d'orchestre. Être responsable de ses propres contraintes pour oublier tout ce qu'on a mal vécu pendant un an (ou une vie ?) et se reconstruire, se réapproprier la partie bafouée de son identité de "sédentaire", de "travailleur".
Le but du voyage est aussi la rencontre, l'échange, l'intersection de deux trajectoires entre notre personnage-voyageur et l'Autre, différent (qui ne veut pas dire inférieur) avec une inévitable et même souhaitable influence réciproque dans le cadre de l'échange culturel. Cela implique donc une bonne, une meilleure connaissance des autres et de soi-même.
Si nous ne faisons pas cet effort, le risque de pollution touristique et d'acculturation par le tourisme auprès des populations les plus fragiles sera d'autant plus important.
Ce n'est généralement pas le sujet individuel "touriste" qui provoque un choc culturel, un choc économique. C'est l'effet de masse du voyage d'agrément qui provoque ce choc. Insistons bien sur le fait que l'effet de masse inclut non seulement tous les groupes de voyageurs organisés mais aussi tous les voyageurs individuels qui, additionnés, composent la même masse que les tours organisés.
La masse induit directement une inflation économique du fait de la demande quotidienne massive (nourriture, boisson, électricité, logement) y compris dans les îles bretonnes du Ponant. Sans oublier les pénuries (dont l'eau douce est la plus grave) pour les populations locales les plus défavorisées ainsi que tous les déchets polluants inhérents à notre consommation de masse.
En fin de compte cela entraîne parfois la domination d'une culture par une autre alors que le but du voyage devrait être l'enrichissement réciproque dans la diversité.
Cette limite entre échange culturel et pollution touristique est allègrement franchie par ces voyagistes sans aucune déontologie (qu'ils soient basés dans les pays riches ou pauvres), corrompus jusqu'à la moelle par l'appât du gain facile avec ces touristes ordinaires, fabriqués en série, bardés de travelers-chèques, de dollars, de caméras et de bonbons-souvenirs.
Corruption qui n'a rien à envier au comportement de touristes individuels, désoeuvrés, irrespectueux et méprisants de la dignité des peuples visités et de la sauvegarde de leur environnement, négligés, profiteurs, pique-assiettes, radins au possible et même voleurs à l'égard de leurs congénères. Qualifiables de délinquants, ils engendrent et drainent par leur mauvais exemple la délinquance locale et entraînent l'irrespect de part et d'autre des deux mondes.
Vous ne faites pas partie de ces caricatures ? Nous non plus, du moins je le pense.
Pourtant nous pouvons véhiculer inconsciemment une incroyable entreprise de pollution touristique nous aussi.
Parce qu'on nous fait croire dans un premier temps que le voyage est un produit de consommation comme un autre, parce qu'on part en voyage comme on va au supermarché : rayon Afrique, Asie, Amérique Latine... parce qu'on est loin de chez soi et qu'il est difficile de respecter les différences que l'on connaît mal (ou pas), parce qu'on "chosifie" les peuples visités, il ne sont plus que : vêtements traditionnels et coutumes indigènes, danses rituelles et vieillards pittoresques, hospitalité légendaire et meilleur rapport prix-service, sourires exotiques et sexes disponibles, colliers à fleurs et youcou-lé-lé...
La marchandisation du produit "voyage" est là, nous avons mis le pied dedans.
Espérons simplement que chacun d'entre nous aura la volonté, le courage de se pencher sur ses propres travers et autres méfaits éventuels et prendra dès lors conscience des conséquences que peuvent entraîner ses actes à court, moyen ou long terme.
Mais que cela ne vous coupe pas l'appétit du voyage, il fait partie de l'avenir de l'humanité. Envisageons donc cet avenir avec intelligence et humanisme.
- D. W. -
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