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lundi, 28 septembre 2009 16:41

Témoignages





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Méfaits du tourisme

"Etant de "vieilles" habituées du Pérou, nous sommes d'année en année et au fur et à mesure de nos séjours consternés par la pollution à la fois écologique et économique provoquée par le lobby industriel du tourisme au Pérou. Cela en devient démentiel ! Au Macchu Picchu, au mois d'août, des masses énormes de touristes commencent à laisser l'empreinte du saccage. Les touristes font n'importe quoi; nous en avons même vu grimper sur les murets du "quartier des fontaines". Le site perd de son mystère et de sa solidité.

D'autre part nous avons pu apprécier après 3 jours de trek éprouvant le merveilleux site de Choquequirao dont 30% seulement a été dégagé de la végétation et répertorié par les archéologues français et péruviens. Mais nous avons appris par les agences locales, les guides, la population de Cachora qu'il est fortement question de créer un gigantesque complexe touristique de luxe (qui s'appellera "Parque de Vilcabamba") dans cette région. Cela consistera à tracer entre autres des routes le long de l'Apurimac, fleuve torrentiel fortement encaissé dans ce relief montagneux entre deux flancs de montagne. Ce projet consiste de même à créer une piste hélico directement sur le site archéologique de Choquequirao pour transporter par hélicoptères, de la vallée au site, ce genre de touristes qui veulent tout sans effort et dans le confort maximum. Il est d'autre part question de faire construire pas un, mais, des téléphériques. La conséquence de ce projet de complexe touristique de luxe est qu'une région magnifique dont la population vit en harmonie avec son environnement va être défigurée par : 1) le tracé d'une route qui défigurera à jamais le canyon de l'Apurimac; 2) des aller-retours d'hélicoptères et l'activité des téléphériques qui ne pourront que polluer et détruire l'écosystème de la montagne et souiller le site; 3) des hôtels de luxe à la mode occidentale qui auront délocalisé toute la population d'origine.

Ce projet risque fort de ruiner l'économie de cette région dont la population vit du tourisme du trekking. Que deviendront les muletiers qui louent les chevaux et mules aux trekkeurs, les cuisiniers qui accompagnent les trekkeurs et qui à l'heure des bivouacs régalent les trekkeurs de leur savoir faire extraordinaire dans la préparation de la cuisine locale ? Que deviendront les petits propriétaires des campements très soucieux de l'environnement de "leur" montagne (Casa masama, Chikista, Santa Rosa, etc...) et qui permettent aux aventuriers de la marche de planter leurs tentes pour une somme dérisoire ? Que deviendra le village de Cachora qui pour l'heure vit dans la sérénité et la paix ? Déjà des promoteurs peu scrupuleux , en vue de ce projet de tourisme, tentent de spolier les terres des petits paysans locaux en leur proposant d'acheter leurs lopins de terre à un prix bien inférieur au coût réel.

Et qu'on arrête avec ce sophisme qui veut faire croire que ce genre de projet de complexe touristique est une chance pour la population locale. Nous connaissons bien la mentalité des personnes corrompues qui détiennent les rênes de l'économie dans ce pays. Le sort des populations quéchuas des campagnes est le cadet de leurs soucis; seul compte pour eux le profit à tout va même atteint par les voix les plus malhonnêtes qui soient.

On peut constater qu'à cause du tourisme à outrance dans la région de Cuzco c'est la splendeur d'un côté (là où le tourisme incontrôlé s'est développé) et la misère noire de l'autre (celui des quéchuas de plus en plus refoulés et méprisées par la population métis -les cholos - péruvienne). Le même phénomène risque de se produire dans toute la région de Vilcabamba.

Nous ne savons que faire face à ce projet insensé. Nous faisons feu de tout bois pour alerter le plus de monde possible, mais nous nous heurtons à chaque fois à un mur de l'indifférence et sourd au devenir des populations qui dans le monde sont menacées par les pressions des lobbies du tourisme industriels."
(Sam120@wanadoo.fr - 10/07)


Argent contre photo

"Je suis guide depuis 30 ans en Afrique de l'Ouest et Australe et je trouve aberrant de donner de l'argent pour prendre une photo. Je peux vous garantir que les enfants en particulier savent quand les touristes passent et ne vont ni à l'école, ni au champ, etc, pour attendre de se faire prendre en photos et récolter des sous. Ces touristes ne feraient pas ce geste chez eux; ils ne respectent pas les habitants ni eux-mêmes. J'ai toujours lutté contre cela, comme distribuer des bonbons, de l'argent, des stylos et des cahiers directement aux enfants car ils les revendent et ne s'en servent pas à bon usage. Comme il est dit : "donnez les bonbons, stylos, cahiers et médicaments soit aux instituteurs, soit aux dispensaires". Il est tellement plus facile de prendre des photos avec l'accord et de leur envoyer ensuite un exemplaire. Cette photo représente énormément pour eux et leur famille. La plupart ne possède pas d'appareil photo et ils sont tellement heureux de posséder ces photos et de savoir qu'elles proviennent d'un pays étranger et de personnes qui pensent à elles. Leur expédier par courrier ce n'est pas toujours facile dans des villages éloignés, mais les expédier aux guides qui les distribuera c'est facile !"
(etosha.kathya@wanadoo.fr - 2/06)


Réflexions sur l'écotourisme

"- L'écotourisme peut-il sauvegarder les écosystèmes :

Voici quelques années, en route pour le Nicaragua, je transitais par l'aéroport de Miami, en Floride. Un avion par jour se rendait à Managua, un modeste B-727 d'Iberia, tandis que sur San Jose, capitale du Costa-Rica, un énorme Boeing 707 s'envolait toutes les deux heures environ, rempli de jeunes américains partant pour l'un des pays précurseurs de l'écotourisme. Je me suis alors posé des questions qui n'ont fait depuis que s'amplifier et auxquelles je voudrais tenter d'apporter ici quelques éléments de réponse.

C'est sûr que le mot "écotourisme" sonne bien puisqu'il commence par "éco" comme "écologie". Mais en fait qu'entend-on par "écologie" ? S'il s'agit d'une vague notion qui consiste à trier les déchets, à cotiser au WWF et à manger (en partie) bio, ça me semble un peu léger. Mais si une attitude écologique consiste à respecter profondément tous les êtres faisant partie des écosystèmes naturels, y compris les humains, il y a de quoi réfléchir à l'écotourisme.

- D'abord, qu'est-ce que l'écotourisme ?

Tourisme alternatif, tourisme de nature, tourisme durable ? Il y a toujours le mot "tourisme ", et je crois qu'il ne faut pas se leurrer : tourisme et écologie sont profondément antithétique. Nous y reviendront, mais en gros le tourisme est basé sur le "viol", l'écologie sur le respect.

Le tourisme est "l'action de voyager pour son plaisir" (Larousse dixit) donc dans un but égoïste, sans se soucier réellement de la culture où l'on se rend ou de la nature que l'on va visiter. Le touriste doit sentir recréé, autour de lui, son environnement habituel pour se sentir à l'aise. Or d'aller dans un autre pays ou dans la nature implique nécessairement de se retrouver dans des conditions différentes desquelles on tentera de soustraire artificiellement le touriste : les danses locales, liées à un lieu et un moment donné, auront lieu chaque semaine à l'hôtel sur une piste; la nature sera parcourue de chemins bien balisés et les curiosités à ne pas manquer indiquées par des panneaux ou par un guide. Pour moi c'est du voyeurisme, donc du viol.

- Un minimum d'impact :

L'une des conceptions de l'écotourisme consiste à envoyer des groupes à l'étranger dans des conditions où ni l'environnement ni les populations locales ne sont touchés. C'est tout simplement impossible ! S'il s'agit de nature, elle ne peut exister réellement que là où l'homme n'est pas ou alors ce n'est plus de la nature. Et dès que des gens du Tiers-Monde entrent en contact avec des Occidentaux, leur culture se modifie, c'est obligatoire. Mais on peut agir avec un impact minimal : emmener des groupes dans la nature en modifiant le moins possible l'environnement, avoir des contacts avec les populations en favorisant des échanges réels. Car c'est là le côté positif de l'écotourisme : les "touristes" prendront conscience de l'importance de la nature, auront alors une influence favorable sur sa "protection" et se rapprocheront de leur propre nature intérieure, ce qui est essentiel. Ils rencontreront d'autres être humains dans un cadre culturel différent et se rendront compte que malgré nos différences nous sommes tous les mêmes. Ils réaliseront aussi les limites de notre mode de vie occidental et que tout ce qui est matériel nous encombre pour être heureux. C'est ce qu'ils pourront partager avec les personnes qui les accueillent, en les mettant en garde contre le fait de brader leurs valeurs pour absorber sans réflexion notre culture dominante. L'échange se fait dans les deux sens, chacun a quelque chose à apprendre de l'autre, de façon absolument symétrique.

Mais ce n'est pas facile. J'ai souvenir d'avoir emmené moi-même un groupe d'une dizaine de personnes au Sénégal, et ça s'est mal passé : les gens avaient peur de tomber malade en buvant de l'eau (nous faisions bouillir l'eau de boisson, mais certains devaient encore y ajouter des comprimés avant de la boire), en mangeant des choses bizarres, peur de se faire piquer par les moustiques et d'attraper la malaria, peur des gens tellement différents. Et la fatigue n'arrangeait rien : il aurait fallu organiser les choses différemment, être plus sédentaire, apprivoiser les participants dans le cadre d'un village. Ma façon de voyager n'est pas celle de tout le monde, c'est sûr !
Heureusement, certaines personnes, certaines associations travaillent très bien : les participants à leurs voyages reçoivent des informations qui les font réfléchir au préalable et bénéficient d'un encadrement efficace qui permet les rencontre avec les populations, la compréhension d'une culture différente, des échanges profonds, réels, humains.

- Les fléaux qui accompagnent le tourisme :

Cet impact terrible du tourisme sur les mentalités dans les pays du Tiers-Monde (je ne dis pas par euphémisme "du Sud" car il y en a aussi en Europe de l'Est ou en Asie du Nord; foin du politiquement correct !). Je viens encore de le voir au Cameroun. Dans les villages de l'intérieur, où l'on ne voit jamais de blancs, l'accueil est remarquable, les échanges sont spontanés, les gens sont vraiment contents de m'apprendre leurs traditions, de me faire goûter leur cuisine, de discuter des heures sur leur vie, ma vie, le monde. Tandis qu'à Kribi, sur la côte, où les plages attirent quelques touristes, les gens font payer pour prendre des photos. Ils cherchent à vendre à des prix ahurissants comme souvenirs les objets traditionnels qu'ils utilisent (quoique ce soit, même son patrimoine, c'est bon à vendre). Les enfants vous abordent en vous demandant des stylos billes (c'est le moins pire), des bonbons ou de l'argent. La prostitution est devenue courante dans les hôtels et les bars. On pouvait s'y attendre : ce sont les fléaux qui accompagnent le tourisme !

L'écotourisme entraînera-t-il les mêmes affres dans un village du sud-cameroun à Akoabas qui est la porte d'entrée du sanctuaire de gorilles de Mengamé géré par la Jane Goodall Association (un projet d'écotourisme y est en cours) ? Eh bien, j'ai trouvé un peu choquant que la première question du chef ait été : "Mais combien le blanc va-t-il laisser comme "cadeau", combien va-t-il dépenser ici ?". Il ne me l'a pas posée en face, mais discrètement, au Camerounais qui m'accompagnait : les rapports sont déjà faussés. Cependant soyons clairs : si ce projet d'écotourisme peut faire diminuer le braconnage et la destruction de la forêt, c'est de toutes façons préférable. Donc il y a sans conteste des aspects positifs. A condition que son impact reste raisonnable, car il ne faut pas se voiler la face : l'écotourisme, c'est avant tout du commerce. Or il est tentant d'en profiter au maximum. Emmener les gens dans des sites naturels en les incitant à ne pas laisser traîner leurs boîtes de conserve. OK, ce n'est peut-être pas mal, mais il y a un énorme danger à faire venir trop de monde dans des environnements culturels ou humains fragiles, comme on le voit déjà au Costa-Rica où les forêts de certains parcs sont submergées de touristes.

- Des idées fausses au sujet du développement :

Quant au fait que le tourisme apporte des devises aux pays en voie de développement, il y a là deux idées fausses à dénoncer. D'abord le plus gros de la manne va aux tour-opérateurs occidentaux, les partenaires locaux n'en récoltant que les miettes. Et les plus petits, guides et habitants normaux, ne reçoivent que les miettes des miettes. L'écotourisme est censé entrer dans le cadre du commerce équitable, et donc la répartition devrait y être mieux faite. C'est peut-être vrai, même si la chose reste à démontrer : avec l'être humain, les dérapages potentiels sont innombrables et une bonne partie des potentialités se concrétise.

De toutes façons, c'est le concept même de développement quil faut remettre en cause : il s'agit tout simplement de néocolonialisme, de développer des marchés pour écouler les produits occidentaux. On fait croire aux populations du Tiers-Monde, de façon officielle par les gouvernements et les organismes internationaux et surtout par le biais des médias, en particulier de la télévision qui présente de façon brute le mode de vie occidental, qu'ils peuvent accéder à notre niveau de richesse matérielle, en créant des envies. En fait, ce n'est pas possible - la nature ne le peut plus - et encore moins souhaitable : nous nous rendons compte maintenant des limites du matérialisme qui crée l'individualisme, la séparation des être humains, la souffrance psychologique. Les habitants du Tiers-Monde vivent à un niveau matériel inférieur, certes, mais à un niveau relationnel et spirituel bien supérieur. L'individu n'est pas seul, mais soutenu par (ou soutenant) sa famille, les contacts sont bien plus faciles, les gens vivent leur foi. Je vous fais part ici de mes expériences personnelles, je n'ai pas tout vu, mais je crois que c'est généralement vrai.

- Qu'est-ce que le développement "durable" ?

C'est comme l'agriculture raisonnée, un moyen de se voiler la face et de reculer l'échéance des problèmes sous couvert de politiquement correct. Ceci dit, c'est certainement une façon de minimiser les dégâts et si on le présente ainsi, d'accord, pourquoi pas ? Mais c'est une médecine symptomatique et tant que l'on se refusera à regarder les causes droit dans les yeux et à agir en conséquence, on ne traitera pas la maladie profonde de notre société qui est tout simplement celle de l'Homme. Le débat est trop large pour être développé ici, mais les solutions (peut-être la solution ?) existent, et pas vraiment là où on les cherche.

- La rencontre des plantes :

Comme je l'ai dit au début de cet article, il ne s'agit pas de juger, mais de réfléchir et de mettre en garde en incitant à se poser les questions essentielles. Quel doit être vraiment le but de l'écotourisme ?
Personnellement, j'ai tenté de répondre à cette question suivant mon point de vue. La base est le respect. C'est pourquoi j'organise, depuis près de trente ans, des stages de découverte de la nature pour que l'individu y trouve sa place. J'ai choisi l'intermédiaire des plantes et de leurs utilisations. La rencontre d'une plante peut être aussi émouvante que celle d'un être humain. L'échange n'est pas verbal, et c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il est particulièrement profond, comme l'est souvent l'interaction avec une personne dont on ne parle pas la langue. Ce qui passe au-delà des mots est sans doute ce qu'il y a de plus important car il touche à l'intérieur. Etre avec les plantes est une méditation permanente, qui finit par se prolonger dans la vie.

Les plantes vous permettront de découvrir un monde passionnant et étrange, d'une richesse inouïe, où ont lieu toutes sortes d'interrelations entre les végétaux, les animaux, les sols, les climats... et l'homme. Un monde d'acceptation totale : les rapports aux plantes sont tellement plus simples qu'avec les humains. D'ailleurs, avec le recul, ma passion pour le végétal, m'a également rapproché de l'être humain. En un sens, j'aborde les Hommes un peu comme les plantes, dans leur variété inouïe, l'infinité de leurs cultures et de leurs individualités. Ce sont ces expériences successives, bases de ma transformation progressive, que je souhaite partager car les végétaux peuvent vous servir à développer vos relations aux autres et au monde.

C'est par les plantes que la nature peut prendre place dans votre vie comme elle l'a fait dans la mienne. Car la "nature" n'est pas une notion abstraite : ce sont les végétaux herbacés, les arbres et les buissons, aux mille nuances de vert, aux couleurs éclatantes ou subtiles, aux parfums étonnants, doux ou piquants sous les doigts, amers ou sucrés sur la langue. Un monde prodigieux, harmonieux, et totalement impossible à explorer dans sa totalité au cours d'une vie humaine. C'est aussi la terre, le sable jaune ou l'argile rousse, le granit rugueux ou la légère pierre ponce. Ce sont les animaux sauvages, les oiseaux aux chants étonnants, les insectes par myriades. C'est le ciel changeant, les étoiles qui tournent dans un parfait ensemble avec une infinie lenteur, l'eau qui cascade et glougloute en stéréo... Avec toutes ces réalités, il est possible de communiquer aussi bien qu'avec un être humain. Mieux même par certains aspects car il n'y a pas d'attentes de part ou d'autre, pas de jugement, pas d'ambiguïté. Encore une fois, les choses sont simples.

- Moins de consommation, plus de nature :

La nature, c'est ce sur quoi l'homme n'a pas prise. Il s'agit aussi de notre nature intérieure, du "sauvage", de l'être libre qui vit en nous, de ce que la culture n'a pas pu modifier - et les plantes nous en rapprochent. Nous nous sentons tellement mieux quand nous sommes nous-mêmes, plus acteurs, plus efficaces, plus heureux... ainsi notre vie prend un sens.

Depuis le Néolithique, l'homme s'est séparé de la nature en passant de l'état de cueilleur, directement nourri par son environnement, à celui de cultivateur, alimenté par les fruits de son labeur. De prédateur, il est devenu producteur en manipulant son environnement. "Bien" ou "pas bien", là n'est pas la question, mais en quelques millénaires cette approche unidirectionnelle s'est développée au point que l'artificiel enveloppe actuellement l'ensemble de notre vie.

Peut-on continuer dans cette voie ? Personnellement je ne le pense pas. En tous cas, je sais que je n'en ai pas envie, si je suis les indications de mon "baromètre" : je ressens beaucoup de bien-être dans la nature, mais du mal-être dans un milieu où les créations de l'Homme occupent trop de place, bien que j'adore les grandes villes et leur vie grouillante, culturellement très riche. A vous de voir où vous vous situez, mais souvenez-vous que qu'il faut du temps pour apprendre à se sentir bien dans la nature : les plantes vous guideront sur ce passionnant chemin.

- Les implications de la cueillette sont multiples :
Celui qui utilise directement la nature perd la peur de manquer devant l'abondance qu'il perçoit, ce qui lui apporte un sentiment de sécurité dans sa vie. et il ne laissera pas tuer la poule aux oeufs d'or : sans doute se rebiffera-t-il si l'on veut construire un centre commercial à l'endroit où il fait ses récoltes. Un pas certain vers moins de consommation et plus de nature. On ne sauve pas le monde en dehors de soi...
(yvon.dubois@libertysurf.fr - 9/05)


Label "Ecotourisme"

"Alors qu'en matière de consommation il y avait déjà le sigle "Vu à la télé" étiqueté fièrement sur certains produits comme gage de qualité, voilà qu'au niveau des voyages débarquent maintenant des labels "Ecotourisme" et "Tourisme solidaire" sur les programmes de plus en plus de tours-opérateurs.
Même si l'idée et le principe ne sont pas tout à fait nouveaux chez certains, ou encore qu'il est plus que souhaitable que chacun s'inquiète quelque peu des retombées du tourisme individuel ou de masse sur les milieux naturels et humains qu'il est amené à croiser en voyage, on peut cependant se poser quelques questions sur cet engouement soudain de la part de structures traditionnellement intéressées avant tout - et c'est leur droit - par la progression du nombre de leurs clients.
C'est à la lecture d'un rapport intitulé "Le tourisme solidaire vu par les voyageurs français" réalisé il y a peu à la demande du Ministère des Affaires Etrangères que l'on obtient ce qui pourrait peut-être apparaître comme un début d'explication. Il est en effet stipulé dans celui-ci que 7 français sur 10 se disent concernés (et c'est très bien) par les problèmes d'éthiques, et surtout que 52% des intéressés sont prêts à payer plus pour des voyages solidaires ou respectueux de l'environnement. Si l'on relie cela au fait qu'actuellement à peine quelques dizaines de milliers de personnes par an effectuent de tels voyages faute notamment de structures engagées, on comprend mieux alors pourquoi nombre de T.O. souhaitent désormais verser leur obole à des projets humanitaires, d'environnement ou n'importe quoi d'autre pourvu que cela garantisse une image "solidaire".
Encore une fois tant mieux pour les intéressés. Mais on peut aussi rester perplexe par l'approche que certains peuvent avoir du sujet. C'est ainsi que, récemment, dans un magazine à destination des professionnels du tourisme on pouvait lire un article intitulé "Ecotourisme au Sénégal, c'est juste à côté de l'hôtel" ! Et à ce titre déjà un peu surprenant venait s'ajouter tout un argumentaire pour bien vendre la destination dans lequel on lisait notamment que "Le Sénégal va permettre à vos clients de se relaxer en bord de mer, mais aussi de faire du quad dans la savane et du 4x4 à la rencontre des populations dans leurs villages". Bref, de l'écotourisme version Paris-Dakar..."
(Edito. Globe-Trotters numéro 101 - 5/05)
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"Ayant moi-même connu ce que revêt l'écotourisme ''commercial'' et non ''associatif '' à la suite d'un emploi chez l'un des acteurs français de ce secteur (j'y ai d'ailleurs perdu bon nombre d'illusions quant aux motivations réelles de sociétés commerciales françaises et étrangères se cachant derrière le paravant d'ONG, ou l'inverse...), je salue personnellement la qualité de votre dernier éditorial.
Ainsi, et en parfait accord avec votre prise de position, je me trouve bien fermement opposé à toute promotion de voyages touristiques écosolidaires vendus à des prix exorbitants (mais, où vont réellement les marges dégagées ?) et proposant des séjours tels que décrits à la fin de votre article ("Bref, de l'écotourisme version Paris-Dakar...") !
Bravo pour votre courage et votre engagement sincères en faveur de ce qui rend la philosophie, l'esprit et la vocation d'ABM vecteurs d'une prise de conscience publique - hélas, encore naissante - salvatrice pour notre écosphère. Très bonne continuation..."
(pascal@deselephantsetdeshommes.org - 6/05)


"Ethique"

"Je suis bien d'accord avec la plupart des points de vue que je lis dans ces pages. Je pense qu'un encadrement des voyages organisés avec des guides ou accompagnateurs français formés à nos exigences et préoccupations est une obligation pour aller jusqu'au bout des intentions affichées. Une collaboration avec les guides et accompagnateurs locaux est une nécessité absolue, mais leur seule présence est souvent insuffisante pour que ça puisse se passer conformément à nos critères "modernes" que nous sommes souvent bien les seuls à pouvoir comprendre et mettre en oeuvre. Une collaboration entre un encadrant français et un local est la seule bonne garantie que les différents aspects de l'éthique puissent être appliqués. Mais elle a un prix que beaucoup d'agences françaises entre autres (... et même signataire de la charte éthique du voyageur !) n'appliquent pas pour des simples raisons liées à la marge commerciale.
Il est facile d'éditer une charte qui ne donnent aucun engagement de mise en oeuvre spécifique sur le terrain; c'est ce que j'appellerai "surfer sur la vague facile de l'humanitarisme à trois centimes". La justice demande aussi qu'on y accorde des moyens, c'est je pense la deuxième phase de l'action-réflexion.
(dtruel@free.fr - 12/04)


Tourisme durable et responsable
"Au delà de la nécessité d'avoir une charte de tourisme durable (respectant les hommes, la nature, leur culture, la redistribution équitable des retombées financières..), le tourisme est un concept des pays du Nord. Les formes de tourisme responsable (Vacances bleues..) permettent un réel échange entre les individus; l'état d'esprit est plus digne de conscience que de consommation. Mais tout de même, je me donne le droit d'aller chez quelqu'un qui n'a pas le droit de venir chez moi.
Alors le tourisme responsable ne serait-il pas un tourisme durable ajouté à un échange physique ? Je ne viens voir ton pays que si je peux te montrer le mien. La logistique financière reste à réfléchir.
J'espère ne pas aller me faire bronzer ou faire mes loisirs personnels (Vtt au Tibet) dans un pays où l'on torture, un pays qui a faim, en toute impunité, parce que j'ai payé mon billet d'avion et mon séjour (Chine, Cuba, Maldives...)."
(coudry.sebastien@wanadoo.fr - 7/04)


Voyager de façon responsable

"Je suis certaine que beaucoup de touristes deviennent de plus en plus conscients de la nécessité de voyager de façon responsable. Un point me semble rarement évoqué et pourtant... qu'est-ce qui peut détruire une économie rapidement ?... maître dollar !

Je m'étonne encore que des agences bancaire en France et de nombreux guides préconisent de voyager avec des dollars (avec qui travaillons-nous ? en 2003 !). Car, enfin, même avant l'heure de l'Euros, dans de nombreux pays qui s'ouvraient au tourisme, les monnaies européennes étaient très bien acceptées. Il y a encore des idées bien arrêtées sur le sujet. Est-ce à dire que les Français (puisque je voyage avec des Français) sont particulièrement "près de leurs sous" et ont encore peur de perdre un peu d'argent sur la petite somme qu'ils échangent lors de leur voyage ? Je dois répondre, hélas oui.

C'est le constat que je dresse pour avoir toujours voyager avec des Francs, des DM ou des Euros, toujours seule aussi pour avoir refusé d'échanger au noir, acte souvent, sinon conseillé, du moins évoqué dans les guides. Pour affaiblir une économie, rien de plus facile... et à qui cela profite ? Au touristes et aux nantis des pays visités.
J'ai vu les Russes accepter et rechercher des dollars, et depuis dix ans que je vais en Russie, je constate avec plaisir que le billet vert a perdu de son pouvoir.

Je vous adresse ci-dessous la liste des pays que j'ai visités sans dollars et sans problèmes, seule ou en petit groupe de 2 à 9 personnes maximum, en voyages organisés ou non, mais seulement avec des FF, DM ou Euros, un sourire et un peu de mots de la langue des pays visités, en évitant l'anglais le plus possible, car contrairement à ce que l'on croit, ce n'est pas une langue en honneur de sainteté, même au Chili ! Et puis essayer donc de faire le Moscou-Vladivostock ou l'Anneau d'Or en février seule, avec seulement de l'anglais comme langue ?

1993-94 : Russie. 1995 : Islande, Egypte. 1996 : Yémen, Russie. 1997 : Iran, Russie, Turquie. 1998 : Liban, Syrie, Jordanie, Ouzbékistan. 1999 : Maroc, Chili, Bolivie, Roumanie, Libye. 2000 : Russie (Anneau d'Or), Oman. Roumanie. 2001: Russie (Moscou-Vladivostock + lac Baîkal), Mali. 2002 : Maroc, Russie. 2003 : Russie, Irak (janvier).
Ne parlons pas du marchandage, ni du troc que j'ai vu pratiquer au Mali. C'était plutôt un commerce basé sur une relation de maître à esclave !

La première pollution des touristes reste pour moi une pollution morale, une absence d'éthique : le "chacun pour soi" et "notre intérêt" (notre portefeuille) avant tout. C'est comme pour vider son grenier, il est plus facile de donner pour se débarrasser que de donner pour faire plaisir.

A mon avis, la propreté, le respect, l'honnêteté vis à vis de soi-même induisant celle vis à vis des autres... tout cela doit être naturel si on aime vraiment les pays visités; je dirai même avant de les avoir visités.

Pour avoir vu tant de pays musulmans, je m'étonne encore de voir les Françaises en quête de bronzage... tant de Français en bermuda. Bien sûr il y a la religion, mais les tenues vestimentaires de ces peuples sont dictées par une nécessité climatique aussi.

A ce propos, quelques Français en bermuda et en débardeur, avec qui je voyageais au Mali, ont appris à leur dépends, quand un essaim de guêpes nous a piqués sous un baobab..."
(Maryse.Audren@wanadoo.fr - 4/03)


Quel tourisme ? (Pérou)

"- Le tourisme, une opportunité de développement ?

A plusieurs reprises nous avons été surpris par l'impact qu'a le tourisme sur les habitants d'une localité : conservation des traditions pour satisfaire un touriste en quête d'originalité ou au contraire abandon de certaines activités (cultures, élevage) au profit d'autres plus lucratives, comme guide pour touristes, ou mendiants de touristes ! Nous ne voulons pas porter un jugement direct, conclure trop rapidement sur les méfaits du tourisme mais plutôt faire part de nos réflexions sur ce thème.

Pour attirer les touristes, les habitants de l'île de Taquilé (sur le lac Titicaca) conservent leurs traditions, leurs costumes. Et il faut reconnaître que ces hommes en chemise blanche, avec un gilet et un bonnet, ces femmes en robes colorées avec un voile noir, nous ont charmés à notre arrivée sur l'île. De même quel dépaysement que de dormir chez l'habitant, dans des maisons en adobe, sans électricité, ni sanitaire : c'est "typique" !!

Mais la discussion que nous avons eu le soir avec notre hôte nous a gêné. Celui-ci nous a expliqué, entre autres, que si les femmes ne portent pas de chaussures (uniquement des sandales en caoutchouc), c'est parce que cela est interdit par le règlement de l'île. Ainsi malgré le froid mordant (nous sommes à 4 100 m d'altitude) et les chemins couverts de pierres, celles-ci doivent respecter l'habit traditionnel et ne porter ni chaussures, ni chaussettes ! Certains penseront peut-être qu'elles ont l'habitude du froid. Certes, mais comment expliquer alors que chez elles, elles portent chaussettes et chaussures ! Au fil de la discussion, nous avons appris ainsi que le comité de l'île veille à l'application de la réglementation de la communauté de Taquilé. Celui-ci vise à conserver le coté traditionnel de cette île et ainsi tout son attrait pour le tourisme, principale source de revenu pour ses habitants. Conserver ses traditions est une chose louable, mais transformer sciemment une communauté en "zoo humain", en rejetant la modernité, ne risque t-il pas de nuire à long terme à ses habitants ??

- Vers un tourisme de luxe ?

Voir le Machu Picchu, nous en rêvions. Nous rêvions surtout de pouvoir l'atteindre en empruntant le chemin des Incas, un trek mythique de 4 jours à parcourir cette voie, au milieu de ruines pour finalement arriver sur le majestueux site du Machu Picchu. Ce rêve nous n'avons pu le réaliser ! En effet, dénoncé depuis plusieurs années par l'UNESCO, le Trek de l'Inca s'est dégradé par des touristes peu respectueux de l'environnement, laissant derrière eux papiers, plastiques, et abîmant les différentes ruines du parcours. Face aux pressions de l'UNESCO, le gouvernement péruvien oblige maintenant depuis un an les touristes à passer par un tour opérateur. Impossible donc de le réaliser sans un guide. Et, bien évidemment, les prix ont grimpé. Profitant de l'occasion, le gouvernement a décidé d'y ajouter des taxes. Résultat, les tarifs ont été multipliés par 3 !

Nous ne contestons pas que la sauvegarde de cette randonnée et de ces ruines soient primordiales. Cela nous paraît même essentiel. Mais la solution adoptée est-elle la bonne ? Les dégradations réalisées étaient-elles uniquement dues aux randonneurs indépendants ? Les tours opérateurs et les guides sont-ils tous responsables ? Respecteront-ils ce patrimoine naturel quand ils ne respectent déjà pas les hommes (porteurs) qu'ils exploitent ? Et les randonneurs actuels, fort du prix de la randonnée n'auront-ils pas tendance à se dire "vu ce que je paye, ils peuvent bien s'occuper de nettoyer derrière moi !" ? Les personnes que nous avons rencontrées et qui ont réalisé ce trek ne nous ont pas rassuré !!!

L'autre moyen de visiter le Machu Picchu est de s'y rendre en train. La société qui l'exploite a été privatisée et bénéficie d'un monopole qui se ressent sur le prix élevé des billets. Ajouter à cela le ticket de bus pour monter au Machu Picchu, l'entrée du site et vous vous sentirez à la fin de la journée sacrément allégé. Bref, le Machu Picchu est une étape incontournable au Pérou et cela nous en sommes encore plus convaincus après l'avoir visité, mais quel dommage de se sentir otage et contraint de devoir délier sa bourse dix fois plus que de raison. L'accès au Machu Picchu nous revient cher. Et pour les Péruviens, ce site qui est leur patrimoine, est quasi inaccessible !"
(Fabien.Maurice@adsweu.com - 8/02)


Tourisme et Droits de l'Homme (Birmanie)

"Un voyageur m'a remis un livre avant de quitter la Birmanie avec pour consigne : "maintiens ce livre en Birmanie. Il ne doit pas sortir des frontières. Tu dois donc à ton tour le transmettre à un autre voyageur avant ton départ ". L'auteur de ce livre : Aung San Suu Kyi, prix nobel de la paix en 1991 et leader du parti "National League for the Democracy (NLD)". Cette femme intègre et courageuse a écrit "Letters from Bruma" entre novembre 1995 et décembre 1996 pendant son assignation à résidence. Ces lettres ont été publiées dans un journal durant l'année 96. Sa détention fut élargie à la ville de Rangoon, qu'elle a interdiction de quitter (interdiction levée depuis avril 2002). Pourquoi une telle peine ? Parce qu'elle a gagné les élection en 1990 contre le parti socialiste qui soutient le régime militaire en place.

J'ai appris dans ce livre des détails passionnants sur la vie quotidienne des birmans. J'avais bien compris qu'il était fortement déconseillé aux locaux d'héberger des étrangers, sous peine d'emprisonnement. C'est considéré comme un acte anti-régime, de propagande pour la démocratie. Mais ce que je viens de lire me sidère !?! Un birman, qui souhaite rester dormir chez un ami, de façon impromptue doit se faire enregistrer au Local Law and Order Restoration Council avant 21h00. Sinon, il risque une peine de prison allant de 2 semaines à 6 mois. Les autorités peuvent venir vous inspecter à n'importe quel moment de la nuit et vérifier le formulaire numéro 10. Le formulaire numéro 10 ? Un papier administratif sur lequel sont enregistrés tous les membres de la famille autorisés à dormir sous le même toit, voire les employés éventuels de la maison ! C'est donc le meilleur moyen d'empêcher les regroupements et réunions politiques. Ce papier était utilisé entre 1962 et 1988 pour évaluer les quantités de denrées de première nécessité auxquels avaient droit les familles. Il définit uniquement à présent, qui est autorisé à dormir sous le même toit sans en référer aux autorités. Hallucinant, non ?
Depuis 1988, de nombreuses peines ont été prononcées. Un hôte a écopé d'une peine de prison d'une semaine (contre deux mois pour son invité), mais cet hôte, pris d'une quinte de toux pour protester faiblement contre ce jugement si dur, a vu sa peine changer en cinq minutes et passer d'une semaine à un mois ! Selon certains, il semblerait que cette règle ait été allégée, mais qui croire ?

(...) Cela se passe quelque part dans le nord de la Birmanie. Un vieux monsieur s'est donné pour mission d'ouvrir le coeur et les yeux des backpackers. Il ne peut porter sa parole vers le monde, alors quand le "monde" vient à lui il en profite. Les voyageurs seront ceux qui transmettront son message pour la démocratie. Et qu'importe si seul, un voyageur sur dix mille l'entend et le propage, celui-là vaut tout l'or du monde. Sa révolution est lente. Il est pour une solution non violente et fédéraliste entre les cinq provinces birmanes. "Il faut convaincre par les mots et non par les armes. Ce serait sinon une extermination au sein d'un même peuple qui s'entretuerait. Alors voyageurs du monde, parlez pour nous et ma plus grande joie serait de voir la démocratie de mon vivant".

A la question : "doit-on ou non venir en Birmanie sous peine de soutenir le régime militaire ?", il vous renvoie la question, expose les éléments pour et contre. A vous d'interroger votre conscience et de savoir quel genre de touriste vous souhaitez être. La vitrine est belle, les rues sont propres, les hôtels ont l'eau chaude (ils doivent être au normes pour accueillir les touristes et donner une bonne image du pays et de son gouvernement s'ils veulent obtenir une licence), les pagodes entretenues et rénovées. Pas de mendiants dans les rues ? Les marchés sont bien fournis, mieux qu'au Cambodge. Mais si vous grattez un peu (ce que déteste le gouvernement), vous verrez le travail forcé des villageois pour construire des routes pour les touristes. Les mendiants sont parqués et cachés à l'extérieur des villes. Les universités viennent de rouvrir officiellement, certes, mais elles sont vides (il est d'ailleurs interdit de les visiter). On encourage l'enseignement à distance car le gouvernement a peur des regroupements. Les étudiants sont donc dispersés par matières aux quatre coins de la ville, loin dans les banlieues, de préférence. Les malades du Sida sont nombreux. Ils sont voués à une mort certaine, parqués eux aussi comme les vagabonds dans des camps. "De toute façon, on ne peut pas guérir cette maladie et les soins coûtent trop chers". Mais apparemment aucune campagne d'information et de prévention n'a été mise en place non plus.

Et vous, pauvres backpackers, tout content de n'avoir changé que 100 dollars à l'aéroport au lieu des 200 exigés (c'est toujours ça de moins dans les caisses de l'état corrompu et illégal, vous vous dites), vous croyez avoir gagné ? Il rit jaune notre digne professeur d'un soir. "C'est une petite bataille. Sachez alors que le gouvernement fait une liste des touristes entrés dans le pays. Cette liste sera, plus tard, montrée aux organisations internationales pour prouver à quel point le pays est stable. Sinon, les touristes ne viendraient pas, n'est-ce-pas ? Vous en témoignerez d'ailleurs en rentrant chez vous et en montrant toutes ces belles photos de gens souriants et de pagodes dorées". Et la cerise sur le gâteau : "Vous avez, certes, changé 50 ou 100 dollars en FEC (monnaie de singe du gouvernement, utilisable uniquement dans l'économie approuvée par le régime, et non utilisable sur le marché local en tout cas). Qu'importe, sur la liste officielle, il est spécifié que chaque touriste a changé 200 dollars. La différence, celle que vous n'avez pas changé, servira donc à blanchir l'argent de la drogue".
Alors, faut-il aller en Birmanie ou pas ? Et là, il sort tous les articles de presse écrits par des anonymes de tous pays, des voyageurs comme vous et moi, et dit : "Je ne pouvais imaginer quel pouvoir de simples voyageurs avaient dans leur pays. Cette liberté d'expression, ils peuvent écrire et faire entendre leur voix, leur opinion. Et cette voix dépasse les frontières. Vous êtes le pouvoir". Ces voyageurs sont allés au delà du miroir et ont témoigné. Une petite goutte pour l'humanité mais un grand espoir pour les birmans : "Mr X, condamné à une peine de prison de sept ans, a été relâché sous la pression internationale. Une touriste ayant récolté 1,6 millions d'empreintes digitales sur un immense panneau a fait son portrait sur ce même panneau et l'a diffusé en guise de pétition pour sa relâche". Il reste néanmoins beaucoup de prisonniers politiques dans l'ombre et même les journalistes internationaux peuvent à présent encourir une peine de prison. Alors doit-on venir en Birmanie ?…"
(flogo55@hotmail.com - 8/02)


Environnement et mesures (Jordanie)

"Paradis des grimpeurs et des amateurs d'espaces désertiques, la région du Wadi Rum dans le sud jordanien a été classée zone protégée en 1999. Un plan intérimaire de protection de l'environnement et de réorganisation du tourisme est actuellement en cours d'étude. Il aura deux conséquences directes sur les activités touristiques dans la région : une limitation de la liberté de mouvement des grimpeurs et randonneurs, et une marginalisation économique des bédouins, comme c'est déjà le cas à Pétra où la tribu locale a été déplacée et réduite à la vente de souvenirs et sandwichs dans le site, au mépris de leurs droit traditionnel sur le territoire.

L'environnement désertique fragile du Wadi Rum a souffert du développement du tourisme de masse, en particuliers depuis le milieu des années 1990. Les détritus se sont multipliés, les traces de 4x4 sillonnent les zones les plus visitées, le bois de chauffe s'épuise, des graffitis recouvrent certains rochers dans des coins de montagne reculés, les animaux du désert ont fuit. Il était grand temps que les autorités jordaniennes protègent ce milieu unique et spectaculaire et réorganise la gestion du tourisme, le nombre de visiteurs atteignant plus de 500 par jour en bonne saison. Pourtant, les autorités concernées ont fait l'impasse sur les trois principaux acteurs impliqués dans le tourisme à Wadi Rum : les bédouins qui vivent de cette activité sur leur territoire traditionnel, les tour opérators et les visiteurs, essentiellement européens, qui la promeuvent et la pratiquent. Ni les uns, ni les autres n'ont été sérieusement consultés sur le projet.

Le résultat le plus évident de cette absence de prise en compte des réalités touristiques existantes est que les bédouins vont se trouver privés de leur autonomie en matière de transport et accompagnement des visiteurs. Un nouveau centre d'accueil est en construction plusieurs kilomètres avant le village. C'est là que seront concentrés les services aux touristes : accueil, restaurant, boutiques, etc, au détriment des habitants du village qui ont investi dans ces activités. De plus, les chauffeurs et même les guides devront se plier strictement à un système de rotation, prenant en charge les touristes au fur et à mesure qu'ils arrivent. Il sera désormais impossible, sinon en fraudant, de choisir un guide ou un chauffeur que l'on connaît déjà ou qui nous a été recommandé. (...) Pour toutes ces raisons, et pour d'autres qui concernent leurs activités d'élevage qui vont aussi être réduites, les bédouins tentent de s'opposer par tous les moyens à la mise en oeuvre de ce projet. Ils souhaitent conserver au moins une partie de l'accueil des touristes dans leur village et ceux qui se sont spécialisés dans les groupes de randonné ou dans l'escalade veulent continuer à avoir accès directement à leurs clients."
(geraldine.chatelard@iue.it - 7/02)


Cadeaux

"Je suis particulièrement sensible au voyage éthique. Je vous envoie ci-joint un texte que j'ai posté dans le forum du Guide du Routard en réponse au message suivant : "Que donner aux enfants ? Je pars pour le Vietnam en juin et j'aurais voulu savoir ce que je pouvais emporter avec moi pour faire plaisir aux enfants des rues; bonbons, crayons, vêtements... Sont ils très demandeurs, est-il possible de donner sans se faire assaillir ? Quelle est la région la plus pauvre ?".

Ma réponse : Personnellement je déconseillerai la distribution de cadeaux aux enfants dans la rue car cela crée une habitude : les enfants accourent systématiquement auprès des touristes, au début pour ESPERER un cadeau qui pour eux sont d'une trop grande valeur, un peu plus tard s'accrochent aux touristes pour DEMANDER des cadeaux, et finalement pour MENDIER ces cadeaux. D'une part, je trouve que la mendicité qu'elle quelle soit ne doit jamais être encouragée. D'autre part, je trouve personnellement que distribuer des cadeaux (ou des pourboires) d'une trop grande valeur crée un déséquilibre économique désastreux : les enfants qui quémandent des cadeaux (ou de l'argent) auprès des touristes rapportent parfois beaucoup plus (plus facilement et plus rapidement aussi) que le fruit du travail de leurs parents, oncles et tantes. Je trouve que c'est de l'argent trop facilement gagné. A mon avis, les cadeaux et pourboires devraient être ramenés à la mesure du pays, rester un "petit plus" mais jamais créer de déséquilibre.

De plus, je trouve que faire un don (d'autant plus qu'il est important) crée toujours une relation de supériorité. Personnellement lorsqu'en voyage je m'apitoie sur la pauvreté et la misère, j'essaye au contraire de mettre le moins de distance possible entre moi-même et mes hôtes et de ne pas montrer de supériorité financière. Pour moi un don doit rester discret, ne pas s'afficher dans la rue et à la limite, rester dans le cadre d'ONG ou d'institutions locales.

De plus, en voyage, on remarque qu'il existe une catégorie de mendiants professionnels à touristes, qui n'opèrent que dans les quartiers touristiques ou auprès des hôtels. Ce sont les plus virulents, les plus "assaillants", mais non pas les plus mal lotis. Personnellement je ne donne jamais à ceux-ci !

Quant au cadeau personnel dans le cadre privé, je ne le fais que lorsque j'ai réellement développé une relation avec la personne. C'est alors un cadeau personnel et non un cadeau distribué à un inconnu dans la rue."
(Anh T. - 4/02)


"Débat" d'idées

"C'est avec beaucoup de difficultés que je me "bats" dans les discussions parisiennes ou les forums de voyageurs contre des pratiques ou des idées diverses, plus courantes qu'on ne le croit, telles que... :

- "Ils sont trop pauvres, il faut qu'on leur laisse un pourboire, qu'on leur donne quelque chose". Et voilà notre touriste en train de laisser, donner des cadeaux ou des pourboires équivalent à des jours, des semaines voire un mois de salaire de travail normal.

- "Ils sont tellement pauvres, ils gagnent des salaires de misère, on ne doit pas trop marchander les
prix. En plus c'est ridicule de marchander pour 5 F, même pas le prix d'un ticket de métro à Paris !". Et voilà notre voyageur qui, ne voulant pas "perdre du temps pour des clopinettes", se met à concéder allègrement le prix d'une soupe, d'un bon repas, voire d'un kilo de riz. Certains touristes se justifient précisément en expliquant que ces sommes dérisoire pour nous ne le sont pas pour la population locale. D'où déséquilibre, inflation et hausse des prix générale désastreuse pour nos hôtes, la population locale. Création parfois de 2 marchés parallèles, un marché pour étrangers (vers lequel vont les meilleures marchandises) et un marché local à prix local avec les marchandises les moins bonnes. A mon avis, aucun déséquilibre ne peut être bénéfique pour une économie ou une société quelconque.

- "On ne va pas s'embêter à faire le change, on peut payer directement en dollars, d'ailleurs les locaux préfèrent qu'on paye en dollars". Conséquence : utilisation du billet vert dans un pays qui a son autonomie, son indépendance, sa monnaie propre. Sans parler de la différence des prix entre le prix-dollar et le prix en monnaie locale. A mon avis, l'utilisation de la monnaie du pays fait partie du respect du pays hôte.

- "Vous partez en voyage ? Faites attention, vous allez dans un pays sous développé, du Tiers-Monde, en voie de développement, il y a énormément de misère, de pauvreté, de saleté, etc, etc". Variante : "Vous partez en voyage ? Vous allez parcourir le pays en train et en bus ? Ramenez-nous des photos de ces bus si exotiques !". Ces remarques, que je trouve dévalorisantes, voire avilissantes pour les pays visités, m'ont été personnellement faites lorsque je suis allée en Iran, au Chili et en Egypte (pour ne citer que les pays où j'étais en profond désaccord avec mon interlocuteur). L'Egypte est une puissance régionale, on voyage au Chili comme en Europe, et l'Iran, comme le Chili, est un pays moderne et développé où la fierté nationale est immense. D'ailleurs, certains voyageurs ont été déçus par l'Iran qu'ils ont trouvé pas assez "coloré", pas assez "pauvre", pas assez "grouillant". Notre interlocuteur oublie souvent que toutes les destinations de voyage en Amérique Latine, Afrique et Asie-Pacifique ne sont pas forcément des destinations miséreuses, sous-développées. Même si ces pays sont moins riches économiquement que l'Occident et l'Amérique du Nord, ce sont parfois des puissances dans leur région respective ou par rapport à leurs voisins. N'oublions pas la fierté nationale de nos hôtes et respectons leur dignité. Ne partons pas dans un pays avec un sentiment de supériorité qui rappelle trop souvent l'attitude du colonisateur !

- "Si tu veux faire des photos de gens, mieux vaut donner un petit billet une fois la photo prise". Commentaire souvent vu dans les forums de photographes. No comment. Transformer (ou encourager) les personnes rencontrées en personnage de cirque qu'on paye en échange d'une photo ? C'est pourtant le sujet sur lequel j'ai le plus de mal à convaincre. Même la charte éthique d'Atalante conseille de donner de l'argent ou un cadeau plutôt que de "voler" l'image des personnes. Personnellement (car je prends beaucoup de photos en voyage), je ne prends des photos que des personnes avec qui j'ai eu un contact et toujours avec une demande d'autorisation avant. Jamais de cadeau ou d'argent en échange d'une photo même et surtout pas si la personne le demande.

- "Mais regardez-moi donc ces troupeaux de toutous ! Tu vois, tu ne me verras jamais dans un groupe comme ça, moi je suis un routard, un vrai !". Même si on a une manière différente de voyager, je crois qu'un peu d'humilité ne ferait pas de mal à certains "routards" purs. Car il n'est pas rare qu'un routard, méprisant envers les touristes en groupe, se retrouve avec ses congénères à Goa, à Dahab ou à Khao Sand Road, où leurs comportements peuvent être pires que ceux des "toutous en troupeaux", puisque leur durée de séjour est plus longue.
Voici en vrac quelques unes de mes préoccupations en voyage. Je suis consciente que mes opinions ont déjà été dites et répétées par beaucoup de voyageurs. Cependant, je crois qu'il n'est pas inutile de répéter encore ces idées à l'internaute-voyageur qui part souvent avec beaucoup de préjugés sur le pays qu'il visite et adopte des attitudes qui pourraient être néfastes.
Ces sujets me touchant particulièrement, j'apprécierais de voir sur les pages d'abm d'autres sources d'informations ou des actions prises par les professionnels du voyage. Un de mes derniers sujets d'indignation était de voir certains professionnels du tourisme continuer à proposer dans leurs brochures des excursions telles que la visite de villages de femmes-girafes dans le nord de la Thaïlande !"
(Anne T. - 3/02)


Environnement (Népal)

"Pour la troisième année consécutive, j'ai effectué un trek au Népal, et plus précisément dans la région des Annapurnas où est passée l'expédition française conduite par Maurice Herzog en 1950. J'ai constaté avec tristesse que le développement de la région, lié en partie à la pression du tourisme, est en train de causer des dommages irréversibles à ce sanctuaire naturel. La vallée de la Kali Gandaki - la plus profonde du monde - se situe au coeur d'une zone soit-disant protégée. Elle offre des paysages exceptionnels, qu'il est merveilleux de découvrir jour après jour, au gré d'une lente progression sur des sentiers tracés par des générations de montagnards. Or, les prémisses d'une route sont d'ores et déjà visibles à partir de la ville de Jomson pour relier, à travers le royaume mythique du Mustang, le territoire chinois. D'après des renseignements fournis par le ministère de l'Équipement népalais, le prolongement de la route menant de Pokhara à l'entrée de la vallée semble programmé. Elle traverserait des villages qui, jusqu'à présent, ne sont accessibles qu'à pied et constituent les étapes principales du tour des Annapurnas.

Bien sûr, les nécessités du développement exigent d'améliorer les conditions de vie difficiles des populations locales, mais il semble que la manne touristique soit en train de faire perdre la raison aux autorités locales, et qu'un patrimoine mondial comme celui-ci soit sur le point d'être sacrifié. Ici comme ailleurs, l'intérêt à court terme se substitue à une réflexion sur un développement durable, respectueux de l'environnement. Faut-il que les erreurs commises ailleurs ne servent jamais d'exemple et que les derniers espaces naturels, ceux de notre liberté et de notre imagination, soient souillés par la poussière des camions et les papiers gras des touristes ?"
(christian.costa-marini2@libertysurf.fr - 4/01)


• Tribus (Thailande)

"Mae Hong Son dans le nord de la Thaïlande est une ville inintéressante, trop touristique à mon goût. La ville est peuplée d'agences de voyages qui proposent des trekkings de 2 a 3 jours pour aller voir les tribus montagnardes comme dans un zoo. Les femmes girafes (tribus des Padengs) ne sont qu'a 15 km. Les tribus font la pause devant les appareils photos des touristes. Je ne suis pas disposé à cautionner ce genre de tourisme où l'argent ne profite même pas à ces villageois mais à des intermédiaires qui s'en mettent pleins les poches."
(lduez30@hotmail.com - 1/01)

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. Méfaits du tourisme
"Etant de "vieilles" habituées du Pérou, nous sommes d'année en année et au fur et à mesure de nos séjours consternés par la pollution à la fois écologique et économique provoquée par le lobby industriel du tourisme au Pérou. Cela en devient démentiel ! Au Macchu Picchu, au mois d'août, des masses énormes de touristes commencent à laisser l'empreinte du saccage. Les touristes font n'importe quoi; nous en avons même vu grimper sur les murets du "quartier des fontaines". Le site perd de son mystère et de sa solidité.
D'autre part nous avons pu apprécier après 3 jours de trek éprouvant le merveilleux site de Choquequirao dont 30% seulement a été dégagé de la végétation et répertorié par les archéologues français et péruviens. Mais nous avons appris par les agences locales, les guides, la population de Cachora qu'il est fortement question de créer un gigantesque complexe touristique de luxe (qui s'appellera "Parque de Vilcabamba") dans cette région. Cela consistera à tracer entre autres des routes le long de l'Apurimac, fleuve torrentiel fortement encaissé dans ce relief montagneux entre deux flancs de montagne. Ce projet consiste de même à créer une piste hélico directement sur le site archéologique de Choquequirao pour transporter par hélicoptères, de la vallée au site, ce genre de touristes qui veulent tout sans effort et dans le confort maximum. Il est d'autre part question de faire construire pas un, mais, des téléphériques. La conséquence de ce projet de complexe touristique de luxe est qu'une région magnifique dont la population vit en harmonie avec son environnement va être défigurée par : 1) le tracé d'une route qui défigurera à jamais le canyon de l'Apurimac; 2) des aller-retours d'hélicoptères et l'activité des téléphériques qui ne pourront que polluer et détruire l'écosystème de la montagne et souiller le site; 3) des hôtels de luxe à la mode occidentale qui auront délocalisé toute la population d'origine.
Ce projet risque fort de ruiner l'économie de cette région dont la population vit du tourisme du trekking. Que deviendront les muletiers qui louent les chevaux et mules aux trekkeurs, les cuisiniers qui accompagnent les trekkeurs et qui à l'heure des bivouacs régalent les trekkeurs de leur savoir faire extraordinaire dans la préparation de la cuisine locale ? Que deviendront les petits propriétaires des campements très soucieux de l'environnement de "leur" montagne (Casa masama, Chikista, Santa Rosa, etc...) et qui permettent aux aventuriers de la marche de planter leurs tentes pour une somme dérisoire ? Que deviendra le village de Cachora qui pour l'heure vit dans la sérénité et la paix ? Déjà des promoteurs peu scrupuleux , en vue de ce projet de tourisme, tentent de spolier les terres des petits paysans locaux en leur proposant d'acheter leurs lopins de terre à un prix bien inférieur au coût réel.
Et qu'on arrête avec ce sophisme qui veut faire croire que ce genre de projet de complexe touristique est une chance pour la population locale. Nous connaissons bien la mentalité des personnes corrompues qui détiennent les rênes de l'économie dans ce pays. Le sort des populations quéchuas des campagnes est le cadet de leurs soucis; seul compte pour eux le profit à tout va même atteint par les voix les plus malhonnêtes qui soient.
On peut constater qu'à cause du tourisme à outrance dans la région de Cuzco c'est la splendeur d'un côté (là où le tourisme incontrôlé s'est développé) et la misère noire de l'autre (celui des quéchuas de plus en plus refoulés et méprisées par la population métis -les cholos - péruvienne). Le même phénomène risque de se produire dans toute la région de Vilcabamba.
Nous ne savons que faire face à ce projet insensé. Nous faisons feu de tout bois pour alerter le plus de monde possible, mais nous nous heurtons à chaque fois à un mur de l'indifférence et sourd au devenir des populations qui dans le monde sont menacées par les pressions des lobbies du tourisme industriels."
(Sam120@wanadoo.fr - 10/07)

. Argent contre photo
"Je suis guide depuis 30 ans en Afrique de l'Ouest et Australe et je trouve aberrant de donner de l'argent pour prendre une photo. Je peux vous garantir que les enfants en particulier savent quand les touristes passent et ne vont ni à l'école, ni au champ, etc, pour attendre de se faire prendre en photos et récolter des sous. Ces touristes ne feraient pas ce geste chez eux; ils ne respectent pas les habitants ni eux-mêmes. J'ai toujours lutté contre cela, comme distribuer des bonbons, de l'argent, des stylos et des cahiers directement aux enfants car ils les revendent et ne s'en servent pas à bon usage. Comme il est dit : "donnez les bonbons, stylos, cahiers et médicaments soit aux instituteurs, soit aux dispensaires". Il est tellement plus facile de prendre des photos avec l'accord et de leur envoyer ensuite un exemplaire. Cette photo représente énormément pour eux et leur famille. La plupart ne possède pas d'appareil photo et ils sont tellement heureux de posséder ces photos et de savoir qu'elles proviennent d'un pays étranger et de personnes qui pensent à elles. Leur expédier par courrier ce n'est pas toujours facile dans des villages éloignés, mais les expédier aux guides qui les distribuera c'est facile !"
(etosha.kathya@wanadoo.fr - 2/06)

. Réflexions sur l'écotourisme
"- L'écotourisme peut-il sauvegarder les écosystèmes :
Voici quelques années, en route pour le Nicaragua, je transitais par l'aéroport de Miami, en Floride. Un avion par jour se rendait à Managua, un modeste B-727 d'Iberia, tandis que sur San Jose, capitale du Costa-Rica, un énorme Boeing 707 s'envolait toutes les deux heures environ, rempli de jeunes américains partant pour l'un des pays précurseurs de l'écotourisme. Je me suis alors posé des questions qui n'ont fait depuis que s'amplifier et auxquelles je voudrais tenter d'apporter ici quelques éléments de réponse.
C'est sûr que le mot "écotourisme" sonne bien puisqu'il commence par "éco" comme "écologie". Mais en fait qu'entend-on par "écologie" ? S'il s'agit d'une vague notion qui consiste à trier les déchets, à cotiser au WWF et à manger (en partie) bio, ça me semble un peu léger. Mais si une attitude écologique consiste à respecter profondément tous les êtres faisant partie des écosystèmes naturels, y compris les humains, il y a de quoi réfléchir à l'écotourisme.
- D'abord, qu'est-ce que l'écotourisme ?
Tourisme alternatif, tourisme de nature, tourisme durable ? Il y a toujours le mot "tourisme ", et je crois qu'il ne faut pas se leurrer : tourisme et écologie sont profondément antithétique. Nous y reviendront, mais en gros le tourisme est basé sur le "viol", l'écologie sur le respect.
Le tourisme est "l'action de voyager pour son plaisir" (Larousse dixit) donc dans un but égoïste, sans se soucier réellement de la culture où l'on se rend ou de la nature que l'on va visiter. Le touriste doit sentir recréé, autour de lui, son environnement habituel pour se sentir à l'aise. Or d'aller dans un autre pays ou dans la nature implique nécessairement de se retrouver dans des conditions différentes desquelles on tentera de soustraire artificiellement le touriste : les danses locales, liées à un lieu et un moment donné, auront lieu chaque semaine à l'hôtel sur une piste; la nature sera parcourue de chemins bien balisés et les curiosités à ne pas manquer indiquées par des panneaux ou par un guide. Pour moi c'est du voyeurisme, donc du viol.
- Un minimum d'impact :
L'une des conceptions de l'écotourisme consiste à envoyer des groupes à l'étranger dans des conditions où ni l'environnement ni les populations locales ne sont touchés. C'est tout simplement impossible ! S'il s'agit de nature, elle ne peut exister réellement que là où l'homme n'est pas ou alors ce n'est plus de la nature. Et dès que des gens du Tiers-Monde entrent en contact avec des Occidentaux, leur culture se modifie, c'est obligatoire. Mais on peut agir avec un impact minimal : emmener des groupes dans la nature en modifiant le moins possible l'environnement, avoir des contacts avec les populations en favorisant des échanges réels. Car c'est là le côté positif de l'écotourisme : les "touristes" prendront conscience de l'importance de la nature, auront alors une influence favorable sur sa "protection" et se rapprocheront de leur propre nature intérieure, ce qui est essentiel. Ils rencontreront d'autres être humains dans un cadre culturel différent et se rendront compte que malgré nos différences nous sommes tous les mêmes. Ils réaliseront aussi les limites de notre mode de vie occidental et que tout ce qui est matériel nous encombre pour être heureux. C'est ce qu'ils pourront partager avec les personnes qui les accueillent, en les mettant en garde contre le fait de brader leurs valeurs pour absorber sans réflexion notre culture dominante. L'échange se fait dans les deux sens, chacun a quelque chose à apprendre de l'autre, de façon absolument symétrique.
Mais ce n'est pas facile. J'ai souvenir d'avoir emmené moi-même un groupe d'une dizaine de personnes au Sénégal, et ça s'est mal passé : les gens avaient peur de tomber malade en buvant de l'eau (nous faisions bouillir l'eau de boisson, mais certains devaient encore y ajouter des comprimés avant de la boire), en mangeant des choses bizarres, peur de se faire piquer par les moustiques et d'attraper la malaria, peur des gens tellement différents. Et la fatigue n'arrangeait rien : il aurait fallu organiser les choses différemment, être plus sédentaire, apprivoiser les participants dans le cadre d'un village. Ma façon de voyager n'est pas celle de tout le monde, c'est sûr !
Heureusement, certaines personnes, certaines associations travaillent très bien : les participants à leurs voyages reçoivent des informations qui les font réfléchir au préalable et bénéficient d'un encadrement efficace qui permet les rencontre avec les populations, la compréhension d'une culture différente, des échanges profonds, réels, humains.
- Les fléaux qui accompagnent le tourisme :
Cet impact terrible du tourisme sur les mentalités dans les pays du Tiers-Monde (je ne dis pas par euphémisme "du Sud" car il y en a aussi en Europe de l'Est ou en Asie du Nord; foin du politiquement correct !). Je viens encore de le voir au Cameroun. Dans les villages de l'intérieur, où l'on ne voit jamais de blancs, l'accueil est remarquable, les échanges sont spontanés, les gens sont vraiment contents de m'apprendre leurs traditions, de me faire goûter leur cuisine, de discuter des heures sur leur vie, ma vie, le monde. Tandis qu'à Kribi, sur la côte, où les plages attirent quelques touristes, les gens font payer pour prendre des photos. Ils cherchent à vendre à des prix ahurissants comme souvenirs les objets traditionnels qu'ils utilisent (quoique ce soit, même son patrimoine, c'est bon à vendre). Les enfants vous abordent en vous demandant des stylos billes (c'est le moins pire), des bonbons ou de l'argent. La prostitution est devenue courante dans les hôtels et les bars. On pouvait s'y attendre : ce sont les fléaux qui accompagnent le tourisme !
L'écotourisme entraînera-t-il les mêmes affres dans un village du sud-cameroun à Akoabas qui est la porte d'entrée du sanctuaire de gorilles de Mengamé géré par la Jane Goodall Association (un projet d'écotourisme y est en cours) ? Eh bien, j'ai trouvé un peu choquant que la première question du chef ait été : "Mais combien le blanc va-t-il laisser comme "cadeau", combien va-t-il dépenser ici ?". Il ne me l'a pas posée en face, mais discrètement, au Camerounais qui m'accompagnait : les rapports sont déjà faussés. Cependant soyons clairs : si ce projet d'écotourisme peut faire diminuer le braconnage et la destruction de la forêt, c'est de toutes façons préférable. Donc il y a sans conteste des aspects positifs. A condition que son impact reste raisonnable, car il ne faut pas se voiler la face : l'écotourisme, c'est avant tout du commerce. Or il est tentant d'en profiter au maximum. Emmener les gens dans des sites naturels en les incitant à ne pas laisser traîner leurs boîtes de conserve. OK, ce n'est peut-être pas mal, mais il y a un énorme danger à faire venir trop de monde dans des environnements culturels ou humains fragiles, comme on le voit déjà au Costa-Rica où les forêts de certains parcs sont submergées de touristes.
- Des idées fausses au sujet du développement :
Quant au fait que le tourisme apporte des devises aux pays en voie de développement, il y a là deux idées fausses à dénoncer. D'abord le plus gros de la manne va aux tour-opérateurs occidentaux, les partenaires locaux n'en récoltant que les miettes. Et les plus petits, guides et habitants normaux, ne reçoivent que les miettes des miettes. L'écotourisme est censé entrer dans le cadre du commerce équitable, et donc la répartition devrait y être mieux faite. C'est peut-être vrai, même si la chose reste à démontrer : avec l'être humain, les dérapages potentiels sont innombrables et une bonne partie des potentialités se concrétise.
De toutes façons, c'est le concept même de développement quil faut remettre en cause : il s'agit tout simplement de néocolonialisme, de développer des marchés pour écouler les produits occidentaux. On fait croire aux populations du Tiers-Monde, de façon officielle par les gouvernements et les organismes internationaux et surtout par le biais des médias, en particulier de la télévision qui présente de façon brute le mode de vie occidental, qu'ils peuvent accéder à notre niveau de richesse matérielle, en créant des envies. En fait, ce n'est pas possible - la nature ne le peut plus - et encore moins souhaitable : nous nous rendons compte maintenant des limites du matérialisme qui crée l'individualisme, la séparation des être humains, la souffrance psychologique. Les habitants du Tiers-Monde vivent à un niveau matériel inférieur, certes, mais à un niveau relationnel et spirituel bien supérieur. L'individu n'est pas seul, mais soutenu par (ou soutenant) sa famille, les contacts sont bien plus faciles, les gens vivent leur foi. Je vous fais part ici de mes expériences personnelles, je n'ai pas tout vu, mais je crois que c'est généralement vrai.
- Qu'est-ce que le développement "durable" ?
C'est comme l'agriculture raisonnée, un moyen de se voiler la face et de reculer l'échéance des problèmes sous couvert de politiquement correct. Ceci dit, c'est certainement une façon de minimiser les dégâts et si on le présente ainsi, d'accord, pourquoi pas ? Mais c'est une médecine symptomatique et tant que l'on se refusera à regarder les causes droit dans les yeux et à agir en conséquence, on ne traitera pas la maladie profonde de notre société qui est tout simplement celle de l'Homme. Le débat est trop large pour être développé ici, mais les solutions (peut-être la solution ?) existent, et pas vraiment là où on les cherche.
- La rencontre des plantes :
Comme je l'ai dit au début de cet article, il ne s'agit pas de juger, mais de réfléchir et de mettre en garde en incitant à se poser les questions essentielles. Quel doit être vraiment le but de l'écotourisme ?
Personnellement, j'ai tenté de répondre à cette question suivant mon point de vue. La base est le respect. C'est pourquoi j'organise, depuis près de trente ans, des stages de découverte de la nature pour que l'individu y trouve sa place. J'ai choisi l'intermédiaire des plantes et de leurs utilisations. La rencontre d'une plante peut être aussi émouvante que celle d'un être humain. L'échange n'est pas verbal, et c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il est particulièrement profond, comme l'est souvent l'interaction avec une personne dont on ne parle pas la langue. Ce qui passe au-delà des mots est sans doute ce qu'il y a de plus important car il touche à l'intérieur. Etre avec les plantes est une méditation permanente, qui finit par se prolonger dans la vie.
Les plantes vous permettront de découvrir un monde passionnant et étrange, d'une richesse inouïe, où ont lieu toutes sortes d'interrelations entre les végétaux, les animaux, les sols, les climats... et l'homme. Un monde d'acceptation totale : les rapports aux plantes sont tellement plus simples qu'avec les humains. D'ailleurs, avec le recul, ma passion pour le végétal, m'a également rapproché de l'être humain. En un sens, j'aborde les Hommes un peu comme les plantes, dans leur variété inouïe, l'infinité de leurs cultures et de leurs individualités. Ce sont ces expériences successives, bases de ma transformation progressive, que je souhaite partager car les végétaux peuvent vous servir à développer vos relations aux autres et au monde.
C'est par les plantes que la nature peut prendre place dans votre vie comme elle l'a fait dans la mienne. Car la "nature" n'est pas une notion abstraite : ce sont les végétaux herbacés, les arbres et les buissons, aux mille nuances de vert, aux couleurs éclatantes ou subtiles, aux parfums étonnants, doux ou piquants sous les doigts, amers ou sucrés sur la langue. Un monde prodigieux, harmonieux, et totalement impossible à explorer dans sa totalité au cours d'une vie humaine. C'est aussi la terre, le sable jaune ou l'argile rousse, le granit rugueux ou la légère pierre ponce. Ce sont les animaux sauvages, les oiseaux aux chants étonnants, les insectes par myriades. C'est le ciel changeant, les étoiles qui tournent dans un parfait ensemble avec une infinie lenteur, l'eau qui cascade et glougloute en stéréo... Avec toutes ces réalités, il est possible de communiquer aussi bien qu'avec un être humain. Mieux même par certains aspects car il n'y a pas d'attentes de part ou d'autre, pas de jugement, pas d'ambiguïté. Encore une fois, les choses sont simples.
- Moins de consommation, plus de nature :
La nature, c'est ce sur quoi l'homme n'a pas prise. Il s'agit aussi de notre nature intérieure, du "sauvage", de l'être libre qui vit en nous, de ce que la culture n'a pas pu modifier - et les plantes nous en rapprochent. Nous nous sentons tellement mieux quand nous sommes nous-mêmes, plus acteurs, plus efficaces, plus heureux... ainsi notre vie prend un sens.
Depuis le Néolithique, l'homme s'est séparé de la nature en passant de l'état de cueilleur, directement nourri par son environnement, à celui de cultivateur, alimenté par les fruits de son labeur. De prédateur, il est devenu producteur en manipulant son environnement. "Bien" ou "pas bien", là n'est pas la question, mais en quelques millénaires cette approche unidirectionnelle s'est développée au point que l'artificiel enveloppe actuellement l'ensemble de notre vie.
Peut-on continuer dans cette voie ? Personnellement je ne le pense pas. En tous cas, je sais que je n'en ai pas envie, si je suis les indications de mon "baromètre" : je ressens beaucoup de bien-être dans la nature, mais du mal-être dans un milieu où les créations de l'Homme occupent trop de place, bien que j'adore les grandes villes et leur vie grouillante, culturellement très riche. A vous de voir où vous vous situez, mais souvenez-vous que qu'il faut du temps pour apprendre à se sentir bien dans la nature : les plantes vous guideront sur ce passionnant chemin.
- Les implications de la cueillette sont multiples :
Celui qui utilise directement la nature perd la peur de manquer devant l'abondance qu'il perçoit, ce qui lui apporte un sentiment de sécurité dans sa vie. et il ne laissera pas tuer la poule aux oeufs d'or : sans doute se rebiffera-t-il si l'on veut construire un centre commercial à l'endroit où il fait ses récoltes. Un pas certain vers moins de consommation et plus de nature. On ne sauve pas le monde en dehors de soi...
(yvon.dubois@libertysurf.fr - 9/05)

. Label "Ecotourisme"
"
Alors qu'en matière de consommation il y avait déjà le sigle "Vu à la télé" étiqueté fièrement sur certains produits comme gage de qualité, voilà qu'au niveau des voyages débarquent maintenant des labels "Ecotourisme" et "Tourisme solidaire" sur les programmes de plus en plus de tours-opérateurs.
Même si l'idée et le principe ne sont pas tout à fait nouveaux chez certains, ou encore qu'il est plus que souhaitable que chacun s'inquiète quelque peu des retombées du tourisme individuel ou de masse sur les milieux naturels et humains qu'il est amené à croiser en voyage, on peut cependant se poser quelques questions sur cet engouement soudain de la part de structures traditionnellement intéressées avant tout - et c'est leur droit - par la progression du nombre de leurs clients.
C'est à la lecture d'un rapport intitulé "Le tourisme solidaire vu par les voyageurs français" réalisé il y a peu à la demande du Ministère des Affaires Etrangères que l'on obtient ce qui pourrait peut-être apparaître comme un début d'explication. Il est en effet stipulé dans celui-ci que 7 français sur 10 se disent concernés (et c'est très bien) par les problèmes d'éthiques, et surtout que 52% des intéressés sont prêts à payer plus pour des voyages solidaires ou respectueux de l'environnement. Si l'on relie cela au fait qu'actuellement à peine quelques dizaines de milliers de personnes par an effectuent de tels voyages faute notamment de structures engagées, on comprend mieux alors pourquoi nombre de T.O. souhaitent désormais verser leur obole à des projets humanitaires, d'environnement ou n'importe quoi d'autre pourvu que cela garantisse une image "solidaire".
Encore une fois tant mieux pour les intéressés. Mais on peut aussi rester perplexe par l'approche que certains peuvent avoir du sujet. C'est ainsi que, récemment, dans un magazine à destination des professionnels du tourisme on pouvait lire un article intitulé "Ecotourisme au Sénégal, c'est juste à côté de l'hôtel" ! Et à ce titre déjà un peu surprenant venait s'ajouter tout un argumentaire pour bien vendre la destination dans lequel on lisait notamment que "Le Sénégal va permettre à vos clients de se relaxer en bord de mer, mais aussi de faire du quad dans la savane et du 4x4 à la rencontre des populations dans leurs villages". Bref, de l'écotourisme version Paris-Dakar..."
(Edito. Globe-Trotters numéro 101 - 5/05)
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"Ayant moi-même connu ce que revêt l'écotourisme ''commercial'' et non ''associatif '' à la suite d'un emploi chez l'un des acteurs français de ce secteur (j'y ai d'ailleurs perdu bon nombre d'illusions quant aux motivations réelles de sociétés commerciales françaises et étrangères se cachant derrière le paravant d'ONG, ou l'inverse...), je salue personnellement la qualité de votre dernier éditorial.
Ainsi, et en parfait accord avec votre prise de position, je me trouve bien fermement opposé à toute promotion de voyages touristiques écosolidaires vendus à des prix exorbitants (mais, où vont réellement les marges dégagées ?) et proposant des séjours tels que décrits à la fin de votre article ("Bref, de l'écotourisme version Paris-Dakar...") !
Bravo pour votre courage et votre engagement sincères en faveur de ce qui rend la philosophie, l'esprit et la vocation d'ABM vecteurs d'une prise de conscience publique - hélas, encore naissante - salvatrice pour notre écosphère. Très bonne continuation..."
(pascal@deselephantsetdeshommes.org - 6/05)

. "Ethique"
"Je suis bien d'accord avec la plupart des points de vue que je lis dans ces pages. Je pense qu'un encadrement des voyages organisés avec des guides ou accompagnateurs français formés à nos exigences et préoccupations est une obligation pour aller jusqu'au bout des intentions affichées. Une collaboration avec les guides et accompagnateurs locaux est une nécessité absolue, mais leur seule présence est souvent insuffisante pour que ça puisse se passer conformément à nos critères "modernes" que nous sommes souvent bien les seuls à pouvoir comprendre et mettre en oeuvre. Une collaboration entre un encadrant français et un local est la seule bonne garantie que les différents aspects de l'éthique puissent être appliqués. Mais elle a un prix que beaucoup d'agences françaises entre autres (... et même signataire de la charte éthique du voyageur !) n'appliquent pas pour des simples raisons liées à la marge commerciale.
Il est facile d'éditer une charte qui ne donnent aucun engagement de mise en oeuvre spécifique sur le terrain; c'est ce que j'appellerai "surfer sur la vague facile de l'humanitarisme à trois centimes". La justice demande aussi qu'on y accorde des moyens, c'est je pense la deuxième phase de l'action-réflexion.
(dtruel@free.fr - 12/04)

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