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Vivre sa passion à courir la terre, qui plus est tous frais payés ? Nombreux sont les domaines qui permettent les déplacements à l'étranger : commerce, transports, communication, humanitaire et bien sûr tourisme. Mais attention, le voyage fréquent, "intéressant", varié qui se rapproche le plus de ce dont on rêve généralement est plus que limité et passe souvent par des chemins détournés et rarement par la voie officielle.
 
La voie "officielle" : les formations tourisme :

Avec notamment le BTS du même nom, c'est la voie officielle pour qui veut travailler dans les voyages. Son but est de former à Bac + 2 les futurs employés des agences de voyages aussi bien que ceux des sociétés de transports ou de nombreuses autres structures plus ou moins en rapport avec le tourisme. Mais avant d'entamer une formation, il semble utile de savoir quels débouchés on est en droit d'attendre.
En premier lieu beaucoup deviennent agent de comptoir d'une agence. C'est un emploi qui demeure avant tout très sédentaire, et même si l'on peut devenir chef de comptoir et éventuellement d'agence, les possibilités de voyages, hors certains avantages parfois proposés, resteront assez limitées. De la même manière d'autres postes tels agent de réservation chez un tour-opérateur, forfaitiste, ainsi que divers emplois commerciaux sont tout aussi sédentaires. Par contre, les fonctions de responsable de fabrication, prospecteur, réceptif sont plus propices aux déplacements, même si bien souvent cela ne ressemble guère à des voyages.
Bref, pour vivre réellement des voyages comme on l'entend, autant choisir d'autres moyens beaucoup moins institutionnels.
 
La voie "détournée" :

Solution peut-être la plus intéressante pour ceux qui souhaitent vivre du voyage : concrétiser et exploiter eux-mêmes leurs projets.
Dans ce cas, même s'il est vrai que pour certains une école de journalisme, une formation en photos ou vidéo sera toujours un plus intéressant dans la voie choisie, nombre de ceux tentés par l'aventure préfèrent passer par des voies détournées, mettant à profit des expériences et des contacts le plus souvent glanés hors des circuits officiels. Tout réaliser par soi-même et une autre manière de concrétiser ses envies.

Avant d'agir :

Dès lors que faire et comment toucher au but ? Pour répondre à cette vaste question, il est d'abord essentiel d'avoir bien réfléchi pour ne pas agir sur un coup de tête, puis d'établir rapidement un bilan et de définir clairement son projet. A l'évidence il est préférable qu'il y ait une véritable adéquation entre le bilan (ce que l'on sait faire, ce que l'on aime) et son projet. Basé à la fois sur la motivation et surtout le vécu personnel, professionnel (mieux vaut avoir aussi une certaine vocation à la polyvalence) et "voyageur" de chacun, ce bilan exhaustif doit permettre de faire ressortir les points forts et surtout les faiblesses qui faciliteront, ou au contraire compliqueront, la réussite. Car très souvent il n'y a pas de bons ou mauvais choix; il y a juste des personnes capables de les réaliser.
Mais dans tous les cas le chemin risque fort d'être long et difficile, surtout sur le plan financier. Est-on prêt alors à tenter l'aventure quitte à perdre un certain confort et une certaine "sécurité" ?

Le contexte :

Parallèlement au bilan, l'idée doit être étudiée et approfondie jusqu'à la mise au point d'une "maquette". Il est également préférable d'envisager ce que seront les choses dans un an, trois ans, voire cinq ans. Des questions essentielles pour prendre les bonnes décisions. Dans la pratique, une solutions intéressante consiste à concrétiser progressivement son envie en se préservant une porte de sortie en cas d'échec. C'est à dire un emploi à temps partiel (pour un couple un travail pour l'un des deux) ou un congé sabbatique (parfois plusieurs années dans certaines administrations) qui permettra toujours d'assurer le côté financier. On pourra ainsi se tester dans les conditions réelles et choisir sa voie par la suite en toute connaissance de cause sans pour autant prendre un maximum de risques.
Les choses étant définies, le projet doit prendre forme. Comme pour un dossier de bourses ou de recherche de sponsors, il faut alors envisager sa faisabilité, plus évidemment sa rentabilité, son évolution, les moyens à mettre en oeuvre, ainsi que tous les obstacles et contre-temps que l'on sera amené à rencontrer. Sans oublier de choisir le statut juridique le plus approprié. En clair, mieux vaut connaître son marché (fonctionnement, concurrence) car la réussite et la continuité passeront obligatoirement par les débouchés et les retombées financières que l'on pourra obtenir.
Malgré tout, au delà du domaine spécifique choisi il faudra, du moins au début, accepter une certaine polyvalence. En effet, le pari étant déjà dur à la base, il sera souvent nécessaire pour réussir de s'avoir s'adapter, de saisir les opportunités au vol, sinon même de devancer ou susciter la demande. Bref, même s'il est bon de garder une certaine ligne directrice, inutile dans un premier temps de se focaliser sur une seule et même chose.

Opportunités et tendances :

A chacun de connaître ses envies. Mais n'oubliez pas que dans le voyage comme ailleurs il existe des modes et domaines d'activités très variés. Simplement les opportunités demeurent assez mal connues ou définies et, pour la plupart, existent surtout hors de tous circuits ou institutions officielles.

. Voyageur-conférencier :
C'est le choix le plus répandu et d'une certaine manière le plus logique. On monte son voyage, on essaye de le médiatiser et de se le faire financer, puis on exploite les retombées essentiellement par le biais de conférences ou de festivals et de bouquins pour recommencer un peu plus tard. L'idéal et le fil conducteur pour beaucoup présentant de plus l'avantage de laisser une grande liberté. Ceux qui auront commencé par devenir lauréat d'une bourse voyages bénéficieront souvent d'un petit avantage utile au démarrage.

. Presse et radio :
Salariés, free-lance, pigistes, correspondants, on trouve un peu de tout dans ce milieu. Et si faire une école de journalisme et/ou de photo pour se spécialiser peut être conseillé, dans ce domaine comme ailleurs on juge toujours plus le travail réalisé que le cursus de son auteur. Donc attention aux désillusions car, même si les supports sont nombreux et variés, le marché reste pour le moins encombré. De manière générale ce sera à vous à proposer vos sujets (y compris des sujets axés pratique), tout en sachant que l'on ne s'intéressera le plus souvent à votre travail qu'une fois celui-ci réalisé; donc guère de possibilités de partir tous frais payés pour effectuer un reportage. C'est d'ailleurs pour cette raison que, du moins dans un premier temps, les débouchés possibles sont généralement à envisager en annexes à un projet plus global.

 . Photo et vidéo :
De multiples débouchés au delà des médias, notamment à travers la participation à divers festivals et circuits de conférences, les concours photos, la réalisation d'expo à faire tourner, ou en complément de posters, cartes postales, cassettes, CD-Rom à commercialiser. Prenez des contacts avant; par exemple les tour-opérateurs cherchent parfois des photos pour leurs catalogues, et certains voyageurs une personne compétente pour leurs prises de vue (si l'aspect vidéo/photo d'une aventure n'a pas été perçue à vous d'être convaincant). Et puis bien sûr, lorsque l'on en a les compétences, pourquoi ne pas organiser des stages, même si tout cela demande quelques investissements ? Enfin, plus que pour tout autre domaine, Internet peut offrir des débouchés dans la photo (et parfois la vidéo).
Créez votre site perso et présentez-y vos clichés sous forme d'expo ou de récit (n'oubliez pas votre adresse). Avec un peu de chance, ils pourront être remarqués par quelqu'un d'intéressé.

. L'édition :
Suite logique à un voyage, c'est un domaine auquel s'intéressent beaucoup. Récits, carnets de voyages, bouquins de photos, guides en tous genres sont généralement autant d'ouvrages que chacun essaiera d'exploiter au retour. Utile quand même de connaître le marché, ses modes et ses orientations. Le récit "classique" de voyage fait de nos jours difficilement recette, les guides pays sont pléthores et les bouquins de photos demandent une grande qualité et de gros investissements. Bref, ce sont là des secteurs de plus en plus difficiles. Mais encore une fois, l'innovation, l'originalité, la thématique sur un titre ou une collection (y compris et surtout sur la France) ont encore largement leur place. Et si vous en doutez, relisez l'histoire du Guide du Routard ou de Lonely Planet...

. Autres possibilités :
Au lieu de se focaliser sur les débouchés "évidents", certains se lancent vers des domaines plus marginaux. Pas toujours évident, souvent ponctuel, mais parfois rentable. Quelques exemples tirés d'expériences vécues : la création d'une association de voyageurs ou thématique sur un pays (ou encore d'un site web), l'organisation d'un salon ou d'un festival, proposer ses propres circuits à un voyagiste, assurer la formation du personnel d'encadrement d'un C.E., d'une agence ou tout autre structure proposant des séjours organisés (idem pour les entreprises envoyant leurs cadres dans certains pays), ou encore travailler pour des guides. Et à force de traîner dans le monde des médias, on fini par avoir ses entrées. Pourquoi alors ne pas essayer de les monnayer par la suite ? Enfin, autre solution, enchaîner les jobs et autre opportunités temporaires (comme celles d'accompagnateur d'agence) qui peuvent se présenter ça et làBref, dans le domaine des voyages, l'imagination demeure essentielle. A chacun alors de trouver ou créer ses propres opportunités.
 
Voyager à la retraite :

Même si cela n'entre pas vraiment dans le cadre du "travail et des voyages", la retraite offre d'une certaine façon la possibilité à chacun, à un moment donné de sa vie, de pouvoir passer son temps à voyager. On dispose alors de temps et généralement d'un peu d'argent; les deux choses auxquelles finalement rêvent tous ceux qui sont à la recherche d'une vie de voyages...

Quelques conseils pour "voyager à la retraite"...
 

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