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Le coin des bourlingueurs (119)

Le coin des bourlingueurs, ce sont des nouvelles d'ABémistes partis aux quatres coins du monde. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres à adhabm@free.fr !

lundi, 17 septembre 2018 08:33

Visions d'Ailleurs

Ecrire ses voyages. Voyager pour écrire. Ecrire pour partager la beauté de l’Ailleurs, et ainsi réveiller notre sensibilité, à la nature surtout, pour mieux la protéger.

A travers ce blog, Lauren partage une expérience de globetrotteuse de plusieurs années, ses photos et récits de voyage au long cours (seule, en sac-à-dos), immergée dans les cultures locales, de la Suède à Madagascar en passant par le Laos ou le Québec.

Diplômée en Sciences de l’Environnement, elle privilégie les voyages hors des sentiers battus, à l’affût de bonnes adresses écoresponsables.

Adepte des missions d’écovolontariat et autres moyens de voyager différemment, elle partage ses conseils et offre un soutien à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans une aventure similaire.

http://visionsdailleurs.com/

mercredi, 05 septembre 2018 11:24

Trois facettes du Brésil

Cet été nous avons mis le cap sur le Brésil : Rio de Janeiro (6 jours – 5 auraient été suffisants), pour y faire les parfaits touristes, Ilha Grande (3 jours ½) et Paraty( 2 jours ½).

Le gros inconvénient de partir au Brésil au mois d'Août est la météo.

Si en France c'est l'été, là-bas au Brésil c'est l'hiver... .

Ce qui nous a valu 2 jours de pluie à Rio de Janeiro, pas toujours facile à occuper, surtout avec une ado, et un soleil qui se couchait à 16 H 30, c'est un peu tôt.

Mais les beaux jours nous avons pu profiter de la vue imprenable du Corcovado (et de Mirante Dona Marta, juste en dessous du Corcovado que notre taxi nous a gentiment fait découvrir) et du coucher de soleil au Pain de Sucre (c'est vraiment l'heure idéale pour y monter) et nous baigner dans les vagues de Copacabana (même en hiver au Brésil, la température de l'air et la mer restent chaudes si on va à la plage avant la tombée de la nuit).

Le gros avantage (et si c'était à refaire nous repartirions au mois d'août) : l'absence de touristes !

Nous avons pu profiter de Rio de Janeiro, sans jamais avoir besoin de faire la queue, sans jamais attendre ou courir après un taxi, et sans être pris dans des flots de touristes (comme nous je l'avoue, mais quand même, quand on a l'impression d'être les seuls touristes au milieu des locaux c'est plus sympa).

Après avoir épuré une grande partie des lieux touristiques de base à Rio de Janeiro (et il y en a assez pour nous avoir occupés pendant 4 jours sans avoir l'impression de courir), nous avons mis le cap sur l’île paradisiaque d'Ilha Grande et le petit village de Abraão.

Abraão est magnifique, le village est « resté dans son jus » : pas de véhicule motorisé, pas de route goudronnée, et pas de banque (prévoir de retirer du liquide avant de partir même si chez la plupart des commerçants il est possible de régler en CB).  Après la folie urbaine de Rio de Janeiro, le calme d'Abraão, ses plages et ses randonnées en forêt étaient très agréables (il n'y a rien à faire, si ce n'est profiter du temps qui passe, les vacances quoi).

Après ces quelques jours idylliques, cap sur Paraty, village classé à l'UNESCO. Là encore le village est resté intact, avec ses pavés, son architecture particulière et colorée et ses petites maisons basses. Vous pourrez y visiter les distilleries aux alentours et savourer ensuite une bonne Caïpirinha (avec modération, la cachaça reste très fortement alcoolisée), et manger des pastéis (chez Pastelonni, à gauche après le pont en sortant du village historique – à l'angle de la rue Octavio Gama et Vanessa Oliveira Porto, il vend des pastéis pour tous les goûts, et délicieux).

Le dépaysement était au rendez-vous à chaque fois et nous avons pu voir différentes facettes du Brésil, de la mégapole avec ses favelas, aux endroits plus typiques en passant par une île paradisiaque et qui restera, pour moi, un des plus beau endroit.

C'est donc avec tristesse que nous sommes rentrés en France après ces 15 jours de voyage.

Notre seul regret aura été de ne pas parler portugais, car les brésiliens ne parlent pas anglais (et encore moins français bien évidement). La communication était quasi-nulle, dommage.


NB :

Pour y aller : Ibéria, compagnie low-cost mais très agréable

Pour les déplacements à Rio : nous n'avons utilisé que les taxis (jaune avec une bande bleue, les seuls taxis officiels à Rio), qui restent à un prix raisonnable, mais c'est vrai qu'à force la note totale est élevée. Nous n'avons pas testé les transports en commun, uniquement par peur (alors même que nous nous sommes jamais sentis en insécurité à Rio de Janeiro) et en l'absence de langue pour communiquer avec les brésiliens et de plan du réseau de bus (j'ai eu beau chercher sur internet, impossible de même la main sur un plan du réseau de bus).

Pour les transferts : Easytranfert, très bien organisé et très bon rapport qualité/prix et Rdj4u (pour le transfert de l'aéroport à l'appartement, mais cela doit revenir au même qu'un taxi).

> Florence Lejeune.

mercredi, 27 juin 2018 15:35

Un circuit incontournable en terre maya!

> sites archéologiques, ville coloniale et cénotes.

- Le célèbre site archéologique de Tulum est un des trésors de la culture maya ; c’est la seule cité maya érigée en bord de mer. Ce magnifique port précolombien était relié à Chichen Itza via Coba par un ’’sache’’ (chemin de pierre) dont on a retrouvé les vestiges.

- Coba est situé à 42 km de Tulum. Elle fut la cité maya la plus puissante du nord de la péninsule. Elle occupe un immense territoire de 70 km2 dont la plus grande partie est encore enfouie dans la forêt. Le site possède l’une des pyramides les plus hautes (42m) de toute la zone maya ;

Faire l’ascension (autorisée) de Nohoch Mul vous offre une vue admirable et imprenable sur la jungle et les 5 lacs qui entourent Coba.

- Chichen Itza est situé à 159 km de Coba.

Chichen itza signifie en maya ‘’la bouche du puits des sorciers de l’eau ; c’est l’une des splendeurs de la région et ce fut la cité la plus puissante du Yucatan. Ses ruines sont spectaculaires et s’étendent sur 300 ha. Parmi les plus importantes structures à admirer : le somptueux Castillo (la pyramide de kukulkan) le gigantesque terrain de pelote et le groupe des Milles Colonnes…

- Valladolid, située à 50 km de Chichen Itza, est surnommée “la sultane de l’Est’’. C’est une jolie ville au charme colonial et à l’atmosphère authentique, où il fait bon d’y séjourner et de visiter dans ses environs Ek Balam et des cénotes.

 

  • > Les cenotes du Yuvatan : 

On estime à 8.000 voir à 10.0000 le nombre de cénotes dans la péninsule !

La nature calcaire du sol rend sa surface très perméable et empêche l’existence de cours d’eau.

Ceux-ci se trouvent en dessous de la surface du sol ; parfois, le sol calcaire s’effondre, laissant à découvert une partie des rivières souterraines. Ces espèces de puits naturels dissimulés en pleine jungle constituent les cénotes.

Pour les Mayas, les cénotes étaient des lieux sacrés qui servaient de porte d’entrée au ‘’monde d’en dessous’’.

Il y a 4 grands types de cénotes : ouverts, semi-ouverts, cavernes et souterrains.

Un nombre impressionnant de cénotes ont été aménagés et ’’commercialisés” afin de recevoir un maximum de visiteurs souhaitant s’y baigner ; faire de la plongée-tuba ou de la plongée sous-marine ou encore de l’exploration de rivières souterraines…

Je vous conseille de choisir et découvrir des cénotes gérées par des communautés mayas et non par des sociétés commerciales de lieux d’amusement !

> Lionel Adnot

mardi, 08 mai 2018 14:07

De retour en Colombie !


Dans le cadre de mon premier voyage en Colombie, 35 ans après mon adoption, j’ai pu visiter avec ma femme en 18 jours Bogota, Villa de Leyva, Medellin, Guatape, Carthagène, la partir Est du parc national Tairona (sur la côte Caraïbes) et la fameuse et mythique Cité Perdue (Ciudad Perdida) !

C’est donc cette dernière destination que je vais vous raconter car en tant que colombien d’origine, j’avais à cœur de découvrir cette ancienne civilisation précolombienne, fondée par les indiens Taironas au 2ème siècle. Située dans la Sierra Nevada de Santa Marta au Nord de la Colombie, longtemps protégée par la jungle à 1.300 mètres d’altitude, ce centre urbain précolombien appelé Teyuna par les indiens présente une spectaculaire architecture en terrasses ovales, d’édifices circulaires et d’un réseau de ruelles unique en Amérique du Sud.

Cette cité perdue a été découverte en 1976 par Luisa Fernanda Hererra, archéologue de l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire. Des trésors d’orfèvrerie ont été mis au jour et exposés aujourd’hui au musée de l’or de Bogota. La ville semble avoir été abandonnée à l’arrivée des conquistadors espagnols au XVIème siècle. Peu de temps avant l’arrivée des espagnols, les Tayronas avaient fondé une civilisation extrêmement évoluée, basée sur une organisation sociale et politique complexe, et sur des techniques d’ingénierie avancées. Ils vivaient sur les versants nord de la Sierra Nevada, où ils avaient établi des centaines de villages (de récentes études ont permis de localiser environ 300 villages tayronas). Du fait d’un relief très accidenté, ils durent ériger de nombreuses terrasses en pierre soutenues par de hauts murs pour y construire leurs maisons en bois et chaume. Les ensembles de terrasses étaient reliées entre eux par des escaliers et des sentiers en pierres.

La zone fut à un moment affecté par le conflit armé colombien entre l'armée colombienne, les paramilitaires d'extrême droite et les groupes de guérilla d'extrême gauche (FARC ou ELN). Le 15 septembre 2003, l'ELN kidnappa 8 touristes étrangers qui visitaient Ciudad Perdida, demandant au gouvernement des investigations sur des violations des droits de l'homme en échange des otages. L'ELN relâchera le dernier otage trois mois plus tard. Le groupe paramilitaire AUC s'autoproclamant protecteur de la région. L'Institut Colombien d'Anthropologie abandonna la zone après ces kidnappings et l'accès aux touristes fut restreint… En 2005, les parcours touristiques devinrent à nouveau possibles. L'armée colombienne patrouille activement la zone qui est à présent considérée comme sûre pour les visiteurs et où il n'y a pas eu d'autres enlèvements.

Désormais visitée grâce à quelques agences touristiques officielles depuis 10 ans environ (seulement 4 agences agréées pour entrer dans ce territoire), ce trek de 4 à 6 jours de marche est gardé par les indiens Kogis, descendants des anciens Taironas. Ils sont facilement reconnaissables par leurs tenues blanches traditionnelles, par leurs petites tailles et par leurs traits de visage spécifiques aux tribus indiennes de la région. Notre circuit organisé a été effectué avec le tour opérateur « Expotur » qui est la seule agence à mettre à disposition un interprète anglophone pour chaque groupe, en plus d’un accompagnateur local.
Elle propose des circuits de 4 à 6 jours depuis 10 ans et travaille avec des guides amérindiens qualifiés. Le circuit part de Santa Marta pour arriver au départ du trek dans le petit village d’El Mamey (Machete). Il faut marcher plus de 15km par jour et attendre 3 ou 4 jours de marche avant de gravir le légendaire mais très glissant escalier rocheux et ses 1.260 marches qui mènent au site et au niveau des premières des 170 terrasses que comptent la cité.

Le premier jour de marche est très éprouvant car il fait très chaud avec nos petits sacs à dos de 5 à 10kg. Il est fortement conseillé d’apporter le minimum mais il faut bien un peu de nourriture, d’eau et d’affaires de rechange… Le sac de couchage n’était pas indispensable par exemple. Les produits anti moustiques locaux ont été efficaces mais n’ont pas empêchés les nombreuses piqures de moustiques pendant le trek (surtout en bas des jambes !), de jour comme de nuit…

Nous partons avec un groupe de 10 personnes (dont des français, des danois et des hollandais) + nos 2 guides vers ce sentier boueux et effondré, entouré d’une végétation luxuriante et d’une rivière grondante que nous traverserons plusieurs fois. Au départ, le chemin est large, le panorama dégagé, on peut voir loin et le paysage montagneux est très beau. Toutes les 2 heures, nous faisons une halte pour boire et manger des fruits. Petit à petit le sentier grimpe, les paysages changent et alternent entre une végétation épaisse et fournie et des champs. Des huttes sont disséminées, il s’agit des habitations des Kogis, le peuple indigène de la région. Ceux qui sont à ce niveau- là de la Sierra sont en contact avec la population colombienne et les randonneurs. Ils ont des chevaux et les utilisent pour aller chercher des produits dans les villages.
En fin d’après-midi le chemin devient couleur rouge/orange (on se croirait à Madagascar) et descend abruptement vers une rivière et un campement. Première halte dans notre camp du soir après cette première journée éprouvante pour nos jambes. Ces camps ont été créés par les agences de trek accréditées et elles sont gérées par des familles Kogis, ce qui leur assure un revenu et améliore ainsi bien leurs conditions de vie. Ils sont équipés de cuisines, de douches et de dortoirs où dormir. L’eau potable est fournie dans chaque camp, ainsi qu’un déjeuner et dîner. Nous serons récompensés de nos efforts en étant les premiers à aller se rafraîchir le corps dans une belle piscine naturelle et cascade à proximité du camp. Les autres groupes nous y rejoindront juste après. Le soleil se couche vite et la soirée nous permettra de mieux connaître les français et les guides. Surtout le guide espagnol qui parle anglais et qui va nous raconter son histoire personnelle émouvante fortement liée à l’histoire de cette région. Réveil à 5h du matin après une nuit légèrement agitée par le bruit de la rivière et par les lumières du camp et le bruit des chiens qui m’empêchent de dormir…

2ème jour de marche et les seules personnes que nous pouvons croiser sur notre chemin, mis à part les 4 autres groupes d’Expotur qui sont partis le même jour que nous, sont les paysans locaux, quelques soldats colombiens et les indiens Kogis. Sur le trajet, on trouve des aires de repos qui proposent des produits locaux (jus de fruits, fruits, sodas, nourriture et artisanat local), des petits restaurants de qualité et des hébergements confortables (choix entre lits et hamacs). Petit à petit nous découvrons l’environnement magique. La forêt et les montagnes sont noyées dans le brouillard percé par les rayons de soleil qui donnent des couleurs éclatantes. La marche est longue, le sentier va en zigzag mais la difficulté vient du dénivelé (nous montons et redescendons sans cesse) et surtout de la chaleur humide qui augmente au fur et à mesure de la journée. L’environnement est de plus en plus sauvage et la végétation dense et nous montons toujours. Finalement nous arrivons devant un village isolé d’indiens Kogis constitué de grosses huttes rondes en bois et de toit de feuilles de palmes. La plus haute et grande appartient en général au chef spirituel une sorte de chaman, appelé « mamu ». Ses connaissances en médecine naturelle sont importantes et reconnues, il est aussi le guide de tous pour la tradition et la transmission de la culture.

En milieu de journée, nous arrivons à un campement pour le déjeuner et nous allons nous baigner dans la rivière un long moment. L’après- midi nous continuons notre marche. Les corps souffrent, nous devons faire des haltes très souvent pour boire et pour souffler. Le soir, nouveau campement et nouveaux échanges avec le groupe pour mieux connaître nos compagnons de trek, sauf le petit groupe de danois qui préfèrent rester entre eux. Nous ne leurs en voudrons pas car ils se sont retrouvés ici en Colombie pour profiter de quelques jours ensemble avant de se séparer après le trek.

Le 3ème jour de marche est prévu pour la découverte de la Cité Perdue. Nous débutons difficilement, et devons traverser la rivière à plusieurs reprises parfois à l’aide d’une corde car, bien que le niveau de l’eau soit faible cette année, il est arrivé lors d’un débit de l’eau plus important que des touristes soient emportés et donc les guides prennent toutes leurs précautions.

Enfin commence la montée. Des centaines de marches dans la pierre vont nous amener aux ruines de l’ancienne cité. Après un ultime effort, nous arrivons au sommet et là c’est une succession de terrasses que nous découvrons. C’est vraiment magnifique et émouvant ! Nous oublions les efforts et la nuit difficile. Sous ces terrasses se trouvaient les habitations, les tombeaux et tous les monuments des Tayronas ainsi que leur trésor. Il y a peu de ruines mais c’est l’ambiance qui se dégage et la beauté du site avec les terrasses qui se suivent, qui sont remarquables.

Dans cet environnement naturel un peu mystique, il y a aussi la réalité : quelques militaires sont là en permanence pour veiller au lieu, mais également sur les randonneurs…

Après un bon temps de contemplation, il est l’heure de repartir, à nouveau les marches plus difficiles à descendre qu’à monter du fait de leurs surfaces très glissantes, à nouveau la rivière à traverser plusieurs fois, à nouveau les montées et descentes dans la chaleur de la forêt humide.

La randonnée se poursuit donc jusqu’au soir où nous passons notre dernière nuit en campement.

L’ultime jour du trek, nous démarrons très tôt car de longues heures de marche nous attendent. Nous devons faire le trajet inverse car il n’est pas possible de rentrer de la Cité Perdue par un autre chemin. Ce qui n’est pas dérangeant car sinon, cela voudrait dire qu’il faille aménager un nouveau chemin de retour dans la forêt sauvage… Ce qui n’est donc pas forcément du goût des locaux qui ne veulent sûrement pas que leurs terres et ce site sacré soient envahies de touristes et de complexes hôteliers…  

La Ciudad Perdida n’a pas vocation à ressembler au Machu Picchu en y subissant les mêmes conséquences écologiques désastreuses… Petit à petit nous nous rapprochons de la civilisation, de la maison des guides, et de l’arrivée. Tandis que des gens d’autres groupes font la course pour arriver les premiers, nous marchons sereinement et tranquillement, fiers de terminer ce trek mémorable ! Il y a une quinzaine d’années, il fallait 21 jours pour l’atteindre. Aujourd’hui en moins d’une semaine, les 60 kilomètres sont parcourus. Demain probablement et malheureusement si des mesures de protection ne sont pas prises, si les indiens ne sont pas entendus et défendus, des grands sentiers pourraient être faits dans la jungle, l’idée d’un téléphérique a heureusement été abandonnée. Les colombiens voudraient que le site devienne aussi célèbre que le Machu Picchu au Pérou…

Espérons que cela ne soit pas le cas et que cette cité perdue garde ce mystère et son charme le plus longtemps possible !

Nous récupérons nos gros sacs à El Mamey et nous profitons d’une dernière pause déjeuner bien méritée ! Notre petit groupe reprend la jeep qui repart à Santa Marta et faisons nos adieux à nos 2 super guides et à nos compagnons de trek au moment où le 4 x 4 nous dépose dans notre Finca qui se situe juste à l’extérieur du Parc National Tayrona, sur la Playa Los Naranjos. 2 nuits de repos bien mérité dans ce cadre spectaculaire où le Rio Piedras jaillit de la Sierra Nevada pour se déverser dans la mer des Caraïbes, avant de retourner à Bogota et de s’envoler pour la France avec de nombreux et merveilleux souvenirs pleins la tête de ce pays en pleine reconstruction et en plein essor économique et touristique !

VIVA COLOMBIA !

> Julien Kerisel

lundi, 09 avril 2018 18:20

Impressions cubaines

Après deux semaines à Cuba il me reste une sensation étrange, faite de douceur et de peine.
Un soleil éclatant (25/30 d°) inonde ce pays/île, attachant, resté figé dans les années 50, pour notre plus grand bonheur à nous touristes. Les cubains sont "muy amables", souriants et pacifiques (ici je n'ai ressenti aucun racisme même si, à y regarder de plus près, les difficultés semblent croître avec la couleur noire de la peau !) Il y a tous les métissages possibles !

Les slogans révolutionnaires auxquels je suis indifférente ou tout au plus curieuse, fleurissent encore sur les murs délabrés et les panneaux de bord de route. Et tout ce qui peux ou roule...  avance ! voitures vieilles souvent russes, ou américaines magnifiques, âgées de plus de cinquante ans, chevaux attelés à des carrioles, camions transformés en bétaillère humaine, cavalieros aux sombreros, side cars, vélos et j'en passe. Et beaucoup vont à pied ! Ceci pour les villes car en dehors les routes sont désertes ou presque. 

A l'abri du soleil sous un pont par ex, les mains se lèvent avec espoir et détermination car le transport est un vrai problème ici : facile pour les "ricos" que nous sommes (qui payent par exemple un trajet de 100 km le prix d'un salaire mensuel là-bas avec cette double monnaie qu'est le CUC pour nous et les pesos pour eux et auxquels je n'ai pas eu accès (1€=environ 1 cuc, pratique !) qui ont leur bus climatisés à horaires respectés. Les cubains manquent de tout sauf de "scolarité" et le monde des pesos et celui des Cuc se côtoient sans jalousie apparente bien que tout cubain essaie d'en récolter ; ceci fait que les propositions de repas sont nombreuses et insistantes (au lieu d'aller dans un resto. chaque chambre d'hôte vous propose le dîner pour environ 12€).

Les années soviétiques ont laissé un sens du partage entre cubains, mais aussi la délation, par ex. en ce qui concerne les chambres d'hôte par ex. ; à ce propos il y en a partout ; certains cubains ont de sérieux problèmes financiers car ils ont misés sur la venue des américains mais D. Trump a sabré leur venue ; nous n'en avons pas rencontré et ils passent toujours à nouveau par le Canada ; Les maisons sont si belles et leur murs souvent délabré, et on y voit des monuments énormes comme ce Capitole (20 cm de + que l'américain !) ou d'autre de style sovietique. Les nombreuses maisons à colonnes essaient d'être retapées avec amour, des bâtiments art deco datant des années "américaines" bordent des rues en piteux état,  .etc...

cuba 1 285LA HAVANE en est le plus grand conservateur et une visite de la ville surtout le long du Malecon, fouetté par de fortes vagues, dans une de leur belles mustang rouges est un régal. Dans cette ville la pollution est maximale. Si plein de gens sont assis à même le sol avec des tel. portable c'est que sur qlq mètres il y a internet. A une centaine de km de là, VINALES, belle petite ville dans une verte vallée (classée au Patrimoine de l'Unesco) nous enchante et nous permet d'embarquer pour CAYO LEVISA. Mer transparente, turquoise et poissonneuse, plage de sable blanc scintillant vont de pair avec leur délicieuses pina colada. Puis le taxi collectif nous amène à  CIENFUEGO qui offre ses maisons coloniales dont l'une magnifique, oscille entre château arabisant et style art deco. Petit tour de 150 km par la montagne :   villages en désordres, un peu plus de slogans révolutionnaires, palmiers et toits de chaume, chiens errants comme partout,  ...  nous arrivons à TRINIDAD.

Belle ville coloniale, au charme indéfinissable et pleine de touristes qui foulent ses ruelles pavées aux nombreuses boutiques de souvenirs. Deux vieux cubains fument le cigare assis à même les marches de la Plaza Major. Ne pas oublier les cigares !! (salaire mensuel à la fabrique : 40cuc  mais ils peuvent vendre personnellement un certain nombre de cigares toutes les semaines. Ai-je parlé de la couleur qui est partout, qui masque peut-être la grisaille politique, le bleu majorelle côtoie un rose fushia ou un vert ou jaune, appliquées tant sur les choses roulantes que sur les maisons. La végétation elle-même semble plus colorée ;  La musique est partout ainsi que la salsa (delante ! detras! a été pour moi un apprentissage en mouvement") quoi d'autre ne pas oublier... la qualité des repas, fruits et légumes non falsifiés, pas de poissonnerie mais poisson et homard dans l'assiette ; d'où vient-il ? de la mer cubaine sur laquelle on ne voit aucun bateau !

CUBA ?  J'adore ! belle, pauvre, privée de liberté et pacifique est UNIQUE !


> Note: nos hôtes charmants Arun, Juana, Maria, Anna, Alex ; Merci ; Hasta luego y buena suerte

> Geneviève
jeudi, 29 mars 2018 10:53

Les Afar du Danakil (Ethiopie)

> Les Afar

Bien que partagée en différents clans antagonistes, cette population reste très homogène.
L'immense majorité se disperse sur le territoire désertique et aride du nord/est de l'Ethiopie, avoisinant les 50° centigrades au cours de la saison sèche.
La dépression du Danakil, 116 m. en-dessous du niveau de la mer, constitue le point central de leur territoire.
Ils sont de confession islamique sunnite et la loi du talion est toujours appliquée.
A 15 ans, les garçons sont circoncis, les jeunes filles subissent l'excision et l'infibulation.
Ils sont majoritairement pasteurs semi-nomades, d'autres arrachent le sel des plaines torrides du DALLOL, sel en plaques acheminé par d'impressionnantes caravanes de dromadaires vers les hautes terres.
Pendant longtemps, cette zone considérée comme hostile et dangereuse à tenu les voyageurs à l'écart et continue à inspirer une crainte certaine parmi les Ethiopiens.
De nos jours, un circuit touristique sous contrôle AFAR, est autorisé par l'Etat
AFAR duquel il ne faut pas s'écarter sous peine de lourdes sanctions. Le fait d'être porteur d'un permis de visite émis par le Gouvernement AFAR n'est pas toujours suffisant. La légendaire hostilité des populations AFAR se vérifie par ce qui suit : Le 03 janvier 2018, un allemand n'ayant pas respecté certaines règles AFAR a été abattu.

> Au contact des Afar

Fascinés par ces contrées hostiles, un vol nous dépose à MEKELE, aux portes du Danakil. Après plusieurs jours de recherches intenses, elles nous conduisent vers une personne influente de la ville qui nous invite à déjeuner à sa table VIP.
Après plusieurs heures de discussion tout ce qui est « laissez-passer » et intendance est réglé par notre interlocuteur.
Deux jours plus tard la traversée du Danakil nord/sud débute.
Il est mis à notre disposition, 2 policiers AFAR armés de Kalachnikov, 2 véhicules 4X4, 1 cuisinier, 2 chauffeurs.
En cours de route nombreux sont les AFAR portant des armes identiques.
Seuls, les policiers nous accompagnant pouvaient s'engager à pied sur le territoire des villages où ils demandaient l'autorisation de notre venue qui était accordée pour une heure, la matinée, la journée ou pas du tout. Les policiers réglaient ce qu'ils pouvaient mais ne dépassaient aucunement les limites autorisées.
Pour ma part, on m'a fait comprendre que si je prenais des photos non autorisées on me couperait la tête...
Tout cela précise, qu'une traversée nord/sud du Danakil sans le concours de représentants AFAR est tout à fait impossible.
Nous évoluons dans des zones où une autorisation spéciale est indispensable.
Pourtant, rarement il nous est accordé de dormir sur le territoire d'un village aussi, nous rapprochons-nous des sites autorisés au tourisme pour le faire.
Sur le tracé de notre parcours, nous montons la nuit au volcan ERTA ALE et on en redescend à 5 h. du matin avant que la chaleur nous accable.
Le jour se levant, on découvre que de nombreux militaires sont embusqués tout le long du parcours contrôlant les visiteurs par l'intermédiaire des guides. Ceux n'étant pas dans la légalité risquent tout simplement la mort.
Etonnamment, dans un village nous sommes accueillis avec beaucoup d'enthousiasme.
Une peau de tigre, récemment abattu, est exposée debout sur le bord de la piste.
Un AFAR gesticule autour nous montrant les orifices par lesquels les balles de sa Kalachnikov ont pénétré. Il nous fait comprendre que malgré cela le tigre l'avait terrassé et qu'il avait pu lui tirer une balle dans la tête malgré sa position désavantageuse. Tout le village traitait cet homme en héros.

> Les forçats du sel dans la dépression du Danakil

Le 5ème jour du périple nous nous dirigeons au plus profond de la dépression du Danakil à DALLOL à la rencontre des forçats du sel. Il se situe sur le circuit touristique où les visiteurs séjournent de 1 à 2 heures. Nous y resterons 2 jours.
Le 1ier jour, nous resterons discrets distribuant des cigarettes, des casquettes, du pain, des graines, de l'eau et d'autres objets de pacotille de manière à installer un contact amical. J'irai même les aider à transporter des plaques de sel. Le lendemain, j'étais autorisé à prendre des photos et des images.
Les dromadaires chargés de plaques de sel, les uns derrière les autres, quittaient la mine en impressionnantes caravanes. Autorisés à les accompagner, puis à les conduire en cheminant devant, nous avions l'impression de vivre un rêve.
En fin de journée au coucher du soleil, en cheminant en bordure d'une mer de sel, les caravanes constituaient un spectacle fantastique.
Nous étions entourés d'hommes portant des Kalachnikov en bandoulière. Les rayons du soleil couchant projetaient des ombres hallucinantes.
Véritable privilège vécu par des êtres venant d'un autre monde !

> Traversée de la partie sud du Danakil

Le lendemain, nous entamons la 2ème partie de la traversée du Danakil en direction du sud.
Le regard se perd au loin sur une immense plaine désertique. On emprunte une piste rectiligne traversant un désert aride où dardent les rayons du soleil. Cet itinéraire menant à SERDO, à proximité de Djibouti, n'est quasiment utilisé que par l'armée AFAR.
Les quelques villages rencontrés sont constitués de petites huttes rondes très calfeutrées, mais les 40° centigrades extérieurs transforment ces huttes en véritables fours solaires.
Bien qu'étant précédés par nos représentants de la loi, nous essuyons plusieurs refus de pénétration dans les villages.
Rencontrant un homme boitillant, il nous vient à l'idée que Christine faisait partie du personnel soignant des hôpitaux de France et transmettons, par l'intermédiaire de nos policiers, cette nouvelle aux AFAR.
Christine soigne cette personne blessée, et d'autres encore, ce qui nous permet de nous introduire dans les villages pour soigner les souffrants, obtenant ainsi le contact avec la population, mais aussi l'autorisation de prendre des images. Après 2 jours passés dans cette configuration, nous constituons un véritable trésor d'images !

> Conclusion
Atteindre SERDO signifie que la traversée du Danakil est réussie.
Véritable privilège !
Il est certain que le séjour vécu au Danakil constituera une étape importante de notre vie de bourlingueurs.

Maurice Thiney (21)
vendredi, 23 mars 2018 10:59

Aux sources du Mekong

François revient d'un périple en Asie du sud-est, il nous en dévoile les contours :

 Bangkok

Premier matin à Lamphu house, notre guest-house, près de Khao San Road, le quartier routard du centre de Bangkok. Nous sommes arrivés hier soir après 15h 30 de vol, dont une escale à New Delhi, et je ne sais plus combien de décalage horaire.

La cour est sympa avec des fauteuils en rotin, des buissons de fleurs et de verdure et des chats maigres, siamois évidemment. Elle est vaste cette cour, à peine occupée par quatre ou cinq mobylettes, quelques vélos, une voiture dans un coin, et ombragée. Quelques westerners sont accrochés à la Wi fi et à leur téléphone qui charge, exactement comme moi. Les tous petits enfants du personnel tournent en rond sur leurs vélos. L’odeur est chaude, moite comme tout le reste, un peu boisée aussi, c’est incroyable en centre-ville, un peu café allongé, ça c’est le bar juste à côté de moi, un peu baume du tigre, rapport au salon de massage dans le passage d’entrée. Le ronronnement incessant vient des ventilos et de la ville tout autour.

Un scooter vient de rentrer dans la cour, « Airport... airport... » annonce le gars. Un jeune couple avec deux sacs à dos conséquents l’appelle et ils le suivent. Non ce n’est pas possible, l’aéroport est bien trop loin pour le scooter... ok, il va simplement les diriger vers un bus forcément garé en dehors des rues grouillantes d’ici.

On a envie d’utiliser les navettes fluviales pour se balader dans Bangkok, on a envie du paysage de buildings au loin et de boui-boui sur pilotis tout près, du va et vient des bateaux tout fins qui filent, des trains de trois ou quatre grosses barges tirées par un petit remorqueur. Vaguelettes d’eau marron et grosses touffes vert brillant de lotus flottants. Une fois que l’on a repéré l’accès aux pontons, plutôt dissimulés dans des ruelles encombrées d’étalages de souvenirs, on n’utilise plus que les navettes et aussi beaucoup la marche à pied, largement dix kilomètres chaque jour au compteur de pas.

Le grand palais royal, What Phra Kaeo, est pas mal, à la fois kitsch et somptueux, avec de grands stupas dorés.
Le grand bouddha allongé du What Pho est vraiment sympa, on en fait le tour lentement, après s’être déchaussés bien sûr. Sourire goguenard de cet énorme bouddha lui aussi doré, que l’on voit de très près. Il est impressionnant, un peu à l’étroit dans son temple. Beaucoup de touristes, dans une ambiance respectueuse. Le cliquetis des piécettes qui tombent dans les vases d’offrandes tout le long de la galerie, on peut acheter un petit bol de piécettes pour 20 baths.

CuisineLes deux rues du quartier de Khao San Road s’animent le soir, c’est une succession de restos, de bars plus ou moins clinquants, de néons, de boutiques de fringues, de tatoueurs. La rue est pleine d’une foule de vendeurs qui interpellent gentiment, de stands de brochettes, de cuisines à roulettes de soupes de nouilles ou de brochettes, de vendeurs de scorpions grillés en mini brochette, à manger peut-être ou à garder comme trophée ?

On observe la foule des touristes, plutôt jeunes, en débardeur, une bouteille de bière à la main, souvent lourdement tatoués, barbe de quelques jours, suants. Il y en a de plus âgés, bedonnants, plus fatigués, les tatouages délavés par les années, toujours suants. Je suis content d’avoir échappé au tatouage.

On repère des groupes de chinois, qui suivent sagement leur guide. Stéphane me fait remarquer de très très jeunes filles asiatiques, chinoises ? Peut être coréennes ? proprettes et autonomes, une glace au lait de coco à la main, elles s’amusent aux portraits avec leurs portables sur manches télescopiques.

Demain départ pour Ayutthaya, d’abord traversée de Bangkok en navette fluviale, puis un ou deux kilomètres de marche sac au dos en ville, puis deux heures de train omnibus.

Lop Buri, 140 km de Bangkok.

Comme Ayutthaya hier, Lop Buri est une ancienne capitale du royaume du Siam.
C’est là qu’en 1675 a été reçu très favorablement une ambassade de Louis XIV.
Du coup cela mérite bien une petite visite au musée national de Somdet Phra Naraï, au centre de la ville historique, dans une large boucle de la rivière.
Le musée montre l’implantation humaine depuis l’époque de la pierre taillée, puis l’âge du cuivre... jusqu’aux splendides petits royaumes rivaux de cette grande plaine de culture du riz, au centre des multiples royaumes guerriers de l’ensemble de la péninsule indochinoise.
On nous explique que l’influence des khmers d’Angkor diminue au cours des siècles et que les birmans prennent de plus en plus d’influence à coup de destructions de villes.
Lop Bhuri
Beaucoup de statues de Bouddha dans le musée, en pierre, en bronze, assez grandes ou minuscules amulettes : on finit par reconnaître le sourire « Khmer » des statues : bouddha au visage carré, bouche large et chignon de lotus sur le sommet du crâne.

Les palais en ruines de Lop Buri, en briques rouges, gardent une disposition carrée, une enceinte et quelques stucs qui rappellent Angkor. L’enclos à éléphants est debout, bien restauré, un arbre énorme et magnifique au centre.

Mais la vraie attraction de Lop Buri ce sont les singes, des macaques, partout dans la ville. Un temple, en briques noirâtres et en ruine, leur est dédié. Ils sont vaguement protégés, et il parait qu’il y a un jour de fête en leur honneur, ils sont alors les enfants de la divinité et tout et tout. Bref une partie de la population leur apporte du pain ou des sacs de vieux légumes, une autre se tient bambou en main pour protéger son étalage, voire leur tire dessus des petites billes dures avec une kalachnikov en plastique quand ils s’approchent de la boutique.
Les touristes achètent des graines de courges pour les singes et on vous donne, en même temps que le ticket pour le fameux temple, une badine bien utile quand ils commencent à se poursuivre et à grincer entre eux ou s’intéressent d’un peu trop près à vous.

Ce matin dans la rue on était moins méfiants, et on s’est fait chaparder un sac plastique que Stéphane tenait à la main. C’était une vraie attaque, concertée à plusieurs, vaguement inquiétante. Pour récupérer nos mangues, il a fallu se disputer ferme avec un petit pas, sympa du tout, qui nous montrait les crocs.

Stéphane est ravi : nos chambres ce soir donnent sur les toits où les singes gambadent. Ils viennent grimper sur les grilles de nos fenêtres et mangent du pain dans la main.
Sous la petite pluie de cet après-midi, ils arrêtent un peu de courir sur les fils électriques en couinant, de s’épouiller avec langueur et de s’enfiler chacun leur tour, furtivement, en regardant ailleurs... pour venir se blottir tendrement tête contre épaule par petits groupes de deux ou trois, les tout petits au centre.

Noom’s guest-house est une adresse à retenir, une adresse typique routard.
Nos chambres sont à 250 baths (moins de 7 €), elles donnent sur la rue et le traffic des scooters est un peu bruyant.
Chambres spartiates, murs blanc-rose, rideaux à fleurs délavés et déco absente, les matelas sont fermes, tout est ok.

Chez nous c’est escalier en bois un peu branlant et ventilo chuintant qui tourne au plafond, mais il y a des chambres avec une vraie clim, qui donnent sur une petite cour sympa encombrée de plantes en pot, de belles verdures grimpantes en liberté, de quelques totems colorés et de vieux vélos déglingués déco.

Dans la salle de resto, boiseries défraîchies et tentures, un billard tout neuf et un piano dans un coin, mais personne ne joue pour le moment. Aux murs des publicités manuscrites pour des excursions à la journée : ni la “foot print” sacrée du bouddha, marque naturelle sur le rocher, ni la grotte aux innombrables chauve-souris ne nous tentent.

Le patron, Noom, est accueillant, les serveuses, T shirt uni et jean coupé aux genoux, sont sympas et plutôt discrètes.

Il flotte dans ma tête l’idée des années 60/ 70 et des GI’s en permission... les gars qui parlent fort et américain à côté de nous seraient les fils ? imagination !!
De jeunes hommes thaï fluets, l’air très doux, nous sourient... on évoque Proust et le mot giton, dont on a un peu oublié le sens, péjoratif ou pas trop ?

Pour nous c’est “curry porc ou chicken, sauce lait de coco légèrement spicy”, il en existe plusieurs variantes, jaune rouge ou vert, un délice à chaque fois. Pour nos voisins on voit passer l’inévitable international spaghetti bolognaise et d’énormes hamburgers frits. Bières thaï bouteille ou pression de 500 ml pour tout l’monde.

On revient surtout pour la musique des années soixante-dix ou quatre-vingt : Bob Marley, Santana, Dire strait, Steppen Wolf, Pink Floyd .... Les psychédéliques qu’on avait un peu oubliés.
Stéphane reconnaît le titre et le groupe aux premières mesures, souvent le nom du leader et même l’année, il anticipe le solo de guitare et on chantonne en cœur.

On serait bien resté une nuit de plus, mais on n’a bien sûr rien réservé, et c’est complet. Allez, on va prendre un mojito pour changer de la bière !

Jusqu’à l’arrivée à Chang Raï

Lors de mon précédent voyage en Thaïlande.... en sortant d’un petit temple isolé dans la campagne, une vieille femme vendait de petits oiseaux en cage.
Elle nous avait fait comprendre qu’il s’agissait de libérer le petit oiseau en échange d’un mérite ou d’un vœu.
J’avais été ému quand elle avait accompagné Héloïse dans son geste et que l’oiseau avait disparu dans les airs vers les grands arbres.
Le don de la vie, le don de la liberté et la façon simple d’en transmettre l’idée m’avaient touché.

J’ai retrouvé cela au marché qui entoure le temple de Way Phra Si Ratana à Phitsanulok. Ici ce sont des sacs transparents de petits poissons qui sont vendus pour être relâchés dans la rivière juste à côté, en bas d’une longue série de marches. Il s’agit de demander des grâces en les libérant : les bigorneaux pour le bonheur en amour, les petites anguilles pour chasser le chagrin et les poissons argentés pour la prospérité. Je ne résiste pas à cette idée de liberté et j’ai plaisir à voir disparaître dans les herbes les petites anguilles, surtout en hommage à toutes les anguilles fumées que j’ai dégustées.

Jusqu’à Phitsanulok, nous avons voyagé en train, deux fois deux heures puis quatre heures, très facile ! Charme désuet des wagons et des gares, ambiance bon enfant et pour se distraire les vendeurs qui déambulent dans l’allée centrale panier au bras, et qui sans arrêt proposent de l’eau, des plats avec du riz, des fruits découpés ou des sucreries un peu mystérieuses que j’ai envie d’essayer.

Aujourd’hui c’était le bus jusqu’à Chang Raï, tout au nord du pays. Les heures d’attente au départ à cause de l’horaire modifié, les huit heures de bus bruyant et les derniers kilomètres agrippés stressés dans un tuk tuk parce que trop speed le gars... pour arriver enfin au centre ville, fatigués et un peu éberlués.

On découvre Chang Raï à la nuit noire, on est crevés et je trouve la ville moche et beaucoup beaucoup trop de touristes. Je regrette Phitsanulok et sa tranquillité provinciale, quand nous étions les seuls de notre espèce.

À la recherche d’une guest house, on remonte Jet Yod road où s’alignent les bars, qualifiés joliment par le guide du routard, de bars à filles. Elles nous interpellent tout le long de la rue d’une voix un peu haut perchée « hellooo... massaaage... ». Plus imposantes que jolies, il nous faut répondre d’un geste ou d’un sourire et elles nous paraissent ... je dirais encombrantes.

Je me réconcilie avec Chang Raï pendant notre balade au marché de nuit. Il y a toujours autant de bibelots et de tissus pas vilains, beaucoup de touristes mais ce n’est pas vraiment la foule et on s’y est déjà réhabitués. Le hot-pot au porc et poulet dans un brasero en terre est délicieux et la scène de musique et de danses thaïlandaises, avec la lune presque pleine au dessus, c’est très agréable.
à suivre ....

Les gorges du Mékong

On est à Pak Beng, c’est l’étape obligée à peu près au milieu du parcours de deux jours en bateau.

Petit dej sur la terrasse de la guest-house, avec vue sur le fleuve. Café noir et cigarette locale pour Stéphane, soupe au lait de coco, avec des pommes de terre, et thé vert pour moi. Le petit chat câlin de la maison nous glisse entre les mollets.

Le soleil se lève dans la brume au dessus des collines bleutées qui enserrent le Mékong marron clair. Sur la berge en face on devine deux éléphants qui traînent avec leur maître.

Un bateau de transport descendant fait de lentes manœuvres pour accoster au port face au courant. Le port... ce sont une douzaine de longs bateaux de passagers qui paraissent accrochés en grappe, une autre grappe de transports où des hommes déchargent à l’épaule des sacs de ciment, et une large route en béton gris qui remonte dans le village.
Un minuscule speed boat aux couleurs fluos file, suivi d’une gerbe d’écume, les cinq ou six passagers portent curieusement un casque intégral, pas très rassurant.

Les brochettes fumantes et les étals des échoppes nous attirent, c’est vrai qu’il nous faut des provisions pour la journée en bateau. Saucisses et cuisses de poulet enveloppées dans une feuille de bananier, baguettes de pain héritage français, en fait plutôt une brioche allongée et spongieuse. Dans un sac plastique, une petite soupe d’épinards au gingembre, à moins que ce soit une salade, on verra bien, et des petites bananes. On s’y perd avec la monnaie laotienne, cent mille kips valent dix euros.

On est en saison sèche, la marque des plus hautes eaux est parfois huit-dix mètres au dessus. Le Mékong n’est souvent pas très large, 100 mètres à peine, mais quelquefois beaucoup plus. Les énormes remous et les contre-courants derrière chaque rocher sont impressionnants. Des amas de roches noires aiguës sont alignées dans le sens du courant, des écueils pointus à fleur d’eau. Le bateau louvoie dans le courant principal, roule un peu dans les vagues, hier je trouvais cela un peu inquiétant mais aujourd’hui ça va.

Avec le vent de la route il fait froid, pull et coupe-vent suffisent à peine. La petite fille laotienne assise à côté de moi, est enroulée dans sa couverture rose hello-kitty, elle mange des springles, elle s’ennuie. Aujourd’hui on s’est prudemment installés à l’avant du bateau, loin du moteur assourdissant et on profite bien plus du paysage.

Le fleuve tourne entre des collines escarpées couvertes de jungle un peu brumeuse, la plupart du temps c’est désert et sauvage, on suit le trajet sur la carte. On distingue des bananiers, quelques plantations d’hévéas, droits et bien alignés, déplumés à cause de la sécheresse.

Rarement un village, aux toits de tôles rouillées et murs de bambous, un marché de quelques toiles sur une plage avec les petits bateaux fins amarrés et les gamins qui font des signes. Des jardins, entourés d’une palissade de bambous entrelacés, descendent sur les dunes.

Loin des villages, on voit des orpailleuses, dans l’eau jusqu’aux cuisses, qui tournent leur battée, des vaches, des buffles blancs et des chèvres en liberté le long de la berge.

Le Mékong, paraît-il le 5 -ème plus long fleuve du monde, traverse ici un mélange de collines escarpées couvertes de jungle et de campagne perdue.

Les collines s’adoucissent, le fleuve s’élargit, et c’est toujours autant campagnard. Il est 17 h et on arrive à Luang Prabang.

Luang Prabang

Assis au pied du stupa au sommet de la petite colline de Phousi on voit bien le site de la ville : le Mékong, doré, majestueux et le méandre de la rivière Nam Kham qui enserre la ville ancienne. De la verdure partout, quelques palmiers qui flottent, de vastes temples avec leurs cours blanches et leurs toits à étages et, à perte de vue...aucun immeuble.

Sur les marches en descendant la colline je retrouve les petits oiseaux à vendre. Au plumage des ailes légèrement différent je comprends qu’ils sont « boy and girl » comme le précise la vendeuse. Aussitôt libérés les petits oiseaux s’appellent frénétiquement d’une branche à l’autre, ils se cherchent !

À Luang Prabang, quasiment pas de construction de plus d’un étage, des rues droites et des maisons coloniales françaises bien restaurées. Pour la frime, une traction avant flambante, comme neuve, est garée devant l’ancienne maison du district. Sur le fronton, à gauche le drapeau laotien, à droite le drapeau rouge faucille et marteau.

Le Palais Royal, vieillot, actuellement un musée, est fermé. Le jardin avec ses palmiers maigres, ses allées et ses massifs à peu près taillés est digne d’un film nostalgique.
Nombreux temples un peu tous identiques : la cour, le ticket d’entrée, les dragons accueillants, les logements des bonzes derrière sous des arbres, le panneau “take off your shoes “ celui avec « donation for monks ».

J’aime entrer pieds nus dans la pagode, son plafond sombre rouge et doré, ses colonnes et la forêt de bouddhas de toutes tailles debout ou assis, de chapelles, de cierges et d’offrandes, le tout surmonté par un grand bouddha d’or au sourire tranquille.

Il fait froid ici, ciel couvert, 15-18 degré, on a tous nos habits sur le dos et c’est un peu juste. On n’est pas seuls à avoir froid, sur le pas de leurs maisons les laotiennes sont accroupies ou assises sur de petits tabourets groupés autour des feux de bois, en ville autour des braseros, et les petits enfants dorment sur des nattes près des feux, enroulés dans une couverture.
Les bonzes, un bonnet safran enfoncé sur la tête, sont assis devant leur cellule autour d’un petit tas de braises, un chat s’y réchauffe aussi. Il flotte dans toute la ville une odeur de feu de bois.

On prend la pirogue passager pour passer sur la rive droite et c’est tout de suite la pleine campagne, les maisons de bois et les routes de terre. Balade dans les sous bois jusqu’à la grotte sacrée de Sakarindh : il n’y a plus d’électricité et un petit garçon nous prête des torches en plastique et nous accompagne. Temple de Wat Long Khoun, Bouddha en ciment doré et escalier qui descend droit jusqu’à la berge du Mékong. On cherche et on finit par deviner sur le mur du temple les anciennes fresques aux femmes opulentes « qui témoignent de l’illusion du monde avant l’arrivée de Bouddha dans la vie réelle » (dixit le guide).

Sur le chemin du retour on déjeune d’une omelette aux herbes dans une gargote. Odeur du feu qui couve et odeur du bois coupé travaillé : juste en dessous, des hommes scient et rabotent, ils assemblent le fond d’une pirogue.

Coucher de soleil sur les collines bleues, le Mékong et les rochers, on apprécie les sympathiques et frêles passerelles de bambou.

À peine la nuit tombée, le marché de nuit s’installe, impeccablement aligné dans la rue principale. Les étalages de souvenirs, de bibelots, d’étoffes, de cartes. On cherche quelques petites choses qui pourraient faire plaisir au retour, sans beaucoup d’énergie. Discuter, diviser le prix par deux, tout ça nous fatigue à l’avance. On aperçoit des chinoises bien plus habiles que nous, qui marchandent, s’éloignent, sont rappelées, reviennent ... et font affaire.
Les prix qui varient, les billets qu’il faut soigneusement recompter, les petites taxes à chaque entrée de temple finissent par nous agacer.

Comme d’habitude on s’inquiète de savoir où manger seulement quand on commence à avoir faim. On discute un peu du lendemain, très très peu de ce qu’on fera dans deux jours. Stéphane, guide du routard bien en main, est le maitre? de la route.

Demain matin, trois heures de minibus pour le village de Nong Khiaw au bord de la Nam Ou.
à suivre...

Treks à Noung Noï

Ce matin une heure de bateau, accroupis, serrés avec d’autres touristes, pour débarquer à Noung Noï, encore plus au nord, un peu plus en montagne. C’est la seule façon d’y arriver, même si sur la carte il existe une piste que j’évalue à 40-50 km.

Une seule rue, alternativement poussiéreuse et boueuse, beaucoup de guest-houses et d’échoppes mais pas grand chose à vendre. Le routard, toujours dans la catégorie “très bon marché”, nous guide vers chez Nickas. Un bungalow pour nous, avec balcon au dessus de la rivière, feuilles des bananiers à toucher et paysage de collines escarpées couvertes de jungle.

Grandioses ces hautes collines karstiques, avec plusieurs plans de gris bleu dans la brume. Des rochers, des pans de falaises, de grands arbres dépassent de la forêt moussue. Au pied d’une falaise on visitera la grotte où les habitants se réfugiaient pendant les bombardements américains en 67-72.

C’est exactement la couleur vert bleu et les crêtes déchiquetées des paysages d’estampes chinoises et japonaises, le symbole de la montagne. Juste devant, il ne manque ni la cabane isolée au milieu des rizières, actuellement toutes sèches, ni la famille de buffles. Une mobylette devant la cabane et un jeune homme ahuri confirme de la main quand je lui demande notre chemin.

Après la grotte, on poursuit la balade une dizaine de kilomètres jusqu’à Ban Nan. Sur la route, à chaque personne que l’on croise : « sabaïdee... » (bonjour-ça va) en trainant sur la fin, c’est notre seul mot en laotien.

Ban Nan, village Hmong aux maisons de bois sur pilotis, les murs sont en tressage de bambou. Coqs qui chantent, volailles qui grattent, chiens allongés et cochons noirs en liberté qui fouillent les ordures. Les enfants courent dans la poussière rouge et nous regardent du coin de l’œil, de loin. Deux femmes enveloppées dans leur sarong se lavent les cheveux au robinet entre les maisons.

Une bière dans la première petite échoppe. L’échoppe, c’est un volet relevé sur trois étagères, de l’eau, des cigarettes, des sachets de soupe chinoise, des rubans de dosettes de shampooing et de lessive et quantité de biscuits salés en sachet. Le vieil homme est ravi, sympa, il va nous chercher des verres dans sa maison et s’assoie avec nous. En anglais à peu près et avec les mains, on échange les informations essentielles sur la vie : nos noms, notre âge et combien d’enfants nous avons ?

Enhardis, on repart le lendemain pour une balade plus longue vers le village de Houay Bo, une autre ethnie. Marrant de traverser la rivière (petite ?) sur un pont d’un gros tronc abattu, chemin qui zigzague sur les murets des rizières à sec... on manque se perdre, sans l’aide de maps.me puisque mon portable est déchargé.

On rentre à la maison juste à la nuit tombante. Une douche bien agréable, en fait un filet d’eau un peu chaude, et on se retrouve sur la terrasse au dessus de la rivière Nam Ou, bière pour Stéphane et Lao whisky pour moi. Jeu de mémoire entre nous sur les innombrables BD, de quêtes et de luttes dans la jungle humide et hostile ; Tiger Jo, Jungle Jim, Kim Brazil.... Ceux qui savent sauront.

Van Vieng,

Van Vieng, c’est une toute petite ville entourée de belles collines déchiquetées, karstiques, couvertes de jungle, avec à peu près au centre, une large chaussée gravillonnée de 1,5 km de long, une ancienne piste d’aviation secrète de la CIA.

Il y a aussi une belle petite rivière courante, la Nam Song. Sur une de ses rives des hôtels et sur l’autre une longue plage de galets. Une ribambelle de mini terrasses de bois les pieds dans l’eau : des restos où les gens du coin viennent déguster des grillades, assis en tailleur autour d’une petite table et aussi lâcher des lanternes dans le ciel de la nuit, pour porter bonheur, bien sûr.

Ce sont peut-être nos soirées tranquilles tout près de la rivière qui nous ont fait bien apprécier Van Vieng, et rigoler de la foule de touristes.

Les jeunes touristes coréens adorent les buggys, ces petites voitures bruyantes. Ils sont sympas ces coréens, ils nous font des petits signes et des sourires malgré leur masque médical. À vélo sur les routes en terre, on arrive à leur pardonner le nuage de poussière des buggys qui nous dépassent.

Pour nous ce sont balades à vélo, grimpettes au sommet de la colline d’où la vue sur la vallée est magnifique, grottes vastes et intéressantes... et le « blue lagoon », piscine naturelle où nos amis coréens sautent et plongent en riant aux éclats, prudemment ou ridiculement équipés de brassières de sauvetage et de caleçons anti UV.

La descente de la rivière en kayak semble minable. On est un moment tenté par le tubing : descendre la rivière, doucement allongé sur une chambre à air de camion. Trop sage maintenant, me dit Stéphane, qui raconte les années folles de Van Vieng en 2005, où le tubing, arrosé de beaucoup d’alcool le long du parcours, était une attraction dangereuse ! (« I survived Van Vieng tubing ! » était la devise).

Le comble est à venir : de grands panneaux annoncent l’ouverture bientôt d’un parc aux dinosaures ? Soon opening c’est marqué !... mais personne ne sait ni quoi ni où.

*****

Mais je n’ai pas présenté « sérieusement » le Laos, et cela doit vous manquer ?

Petit pays de 7 millions d’habitants, à 70 % rural.

Petit pays arrosé par les bombardiers US. Il reste des millions de bombes à fragmentation non explosées, (UXO) toujours enfouies, plutôt du côté Viêt Nam, dans la plaine des jarres et le long de la piste Ho Chi Minh.

Petit pays enclavé entre deux puissants voisins, la Thaïlande et le Viêt Nam, chacun dix ou quinze fois plus peuplés. L’ensemble étant surmonté de l’énorme Chine bienveillante et redoutée.

Et le Mékong qui parcourt le pays du nord au sud, le plus souvent il est la frontière avec la Thaïlande. L’eau du Mékong est un enjeu régional bien sûr,

On nous parle des gigantesques chantiers d’autoroutes et de TGV qui vont traverser le Laos, joindre Kunming au Yunnan en Chine avec Bangkok et même Singapour. Ils ont démarré, capitaux chinois et chantiers chinois bien sûr, l’inauguration serait même prévue pour 2021... Il y a aussi une autoroute en projet vers Hanoï, un train et un accès à la mer avec les Viêt Namiens. Le long des routes, on voit de grands chantiers et des barrages avec d’immenses panneaux bilingues, chinois-Lao.

Notre interlocuteur, Philippe, un français installé ici depuis dix ans insiste : « cette semaine, vous allez voir, avec le nouvel an chinois... des gros 4x4 qui se suivent, avec des plaques bleues, c’est les chinois, ils viennent ici en vacances ! la frontière n’est qu’à 450 km, c’est rien !»

Ça reste très très paisible ici, et je vous souhaite à tous un très bon nouvel an chinois, avec les tambours, les dragons de papiers qui ondulent, et les lanternes rouges dans les rues.

Vientiane, la fin du voyage

Je suis à Vientiane depuis hier.
J’ai toujours bien aimé la sonorité douce et charmante, féminine, de “Vientiane”. D’ailleurs, ils écrivent « Vientiane-Capitale » sur les panneaux, pour faire un peu sérieux.

Stéphane a préféré rester plus au nord, dans la campagne, sortir du guide du routard, découvrir un bac improbable, explorer les zones les plus blanches de la carte du Laos.

Ma première visite est pour notre fil conducteur, le Mékong sur la belle promenade du centre ville. À part quelques jolis jeux d’eau, c’est un marché de nuit comme les autres, des gens du coin aussi à en juger par l’immense parking à mobylettes. Je suis un peu déçu, on est séparé du fleuve par une bande de terre herbue de 500 m de largeur au moins et l’eau est à peine visible, sans aucune activité vue d’ici.

Les noms des rues sont écrits aussi en français, c’est touchant. Des rues larges et ombragées, peu de circulation, quelques maisons du début du vingtième. J’ai lu que Vientiane est la capitale la plus tranquille d’Asie, ce doit être vrai !

Visite au Pha That Luang, grand stupa doré de carte postale, emblème national visible sur chaque billet de banque, puis au temple Wat Sisakhet, seul temple très ancien, 16ème siècle, bien restauré, et du Wat Ho Phra avec ses rangées de bouddha de bronze et de pierre aux beaux visages patinés par les caresses des fidèles.

Visite d’émotion au centre COPE qui s’occupe des victimes des bombes à fragmentation, en fait surtout du déminage des villages. Penser que des enfants, en grattant le sol pour récupérer le métal, sautent sur des bombes qui ont été larguées alors que leurs parents n’étaient pas encore nés.

Pour éviter les restos à touristes, je déjeune dans une gargote un peu sombre sur une rue transversale, ma deuxième soupe de nouilles de riz, après celle du petit déjeuner.

Agréable massage des pieds, mais j’ai beau être averti, ça fait rudement mal quand elle appuie sur la plante du pied avec une espèce de petit bâton rond...
Et la masseuse se moque de moi.

J’achète deux bouteilles d’eau et une grappe de petites bananes pour la route : ce soir je prends le train de nuit pour Bangkok... ça sent la fin du voyage.

> François Brun (Paris)
mercredi, 07 mars 2018 10:58

Bac Ha se mérite !

En effet, partis de Sapa, à 13h30 nous y arrivons vers 17 h.

Vous nous direz . Tout ça pour un marché ! Ah oui mais quel marché !

La veille, pratiquement personne dans les rues et le matin dès 6h, ils sont tous là avec toutes sortes de marchandises !

Les épices embaumante, le curcuma, les poivres noirs, gris, blancs, l’anis étoilé enivrant, et puis tant d’autres ignorées de nous, les piments par centaines de kilos. Le gingembre frais ...On n’a pas pu résisté...

Les cannes à sucre débitées à la demande ...

Les herbes fraîche, menthe, basilic......Les sacs de thé, les plantes médicinales...

Les orchidées avec leurs racines nues pour les jardins futurs.

Tous les légumes possibles! La patate douce si goûteus. Les champignons qui sont à toutes les sauces dans ce pays si extraordinaire, et les choux, matière première avec le riz pour confectionner le repas.

Deux mètres plus loin, le chanvre indigo est prêt pour les futures tisseuses ...

Vous voulez une aiguille à coudre? Regardez bien la grosseur du chat, madame!

Quelques boutons du fil ?

Et tous les vêtements et costumes possibles sont là aussi ...

Les étals de viande fraîche rapidement dégustée, aussi, sous le marché couvert, de bonne heure, le matin avec une bonne soupe...par les vendeurs de tous les horizons ....

Oui les représentants des différentes ethnies des environs sont là : les Hmong fleuris, les Dzao...

Ce sont les femmes principalement qui vendent leurs productions pendant que les hommes plus haut sont au marché aux bestiaux !

Un buffle se négocie à 25 000 000 de Dôngs (plus de mille dollars) pendant qu’un vendeur de flûte joue sans discontinuité, ignorant la foule qui l’entoure... Moment magique...


Quand on sait que le revenu minimum est de 150 euros environ, on se dit que ce n’est pas à la portée de toutes les bourses ...

Pas loin de là, dans des nasses de bambou ce sont les chiens et encore la volaille ...

Les hommes s’empressent autour du stand des araires en bois et des bâtons à accrocher aux buffles.

De grands récipients à piler, taillés dans des troncs attendent l’acheteur ....

Et puis surtout ces couleurs chatoyantes, ces tissus si particuliers, tissés, brodés ... Ces familles vacants à leurs tâches diverses et cet accueil si chaleureux...


Yes, we LOVE VIETNAM ....

                                     

>  Marie-Claire Dupont
ABM MONTPELLIER

mercredi, 07 février 2018 14:12

Ko Trong Island une belle surprise.

Située à 250 Kms au nord de Phnom Penh, soit environ 5 Heures de bus, vous débarquez dans la petite ville de Kratie. Cette ville n’a pas un grand intérêt mais elle vous permet de faire une halte sur la route du nord Cambodge.

Malgré tout plusieurs lieux y sont à découvrir. À quelques kilomètres de la ville, à ne pas rater, les fameux dauphins d’eau douce du Mékong dans la ville de Kampie. Ou encore la très belle Phnom Sambok Pagoda qui vous donnera une bonne séance d’exercice avec ses 300 marches.

Mais le vrai intérêt de ce stop est la découverte de la fameuse ile de Koh Trong coincée entre deux bras du Mékong. Petit coin de paradis encore bien préservé du tourisme de masse.

L’ile se trouve seulement à deux Kilomètre du port de Kratie. Un petit bateau en bois où locaux et touristes s’entremêlent vous emmènera de l’autre côté.

À votre arrivée vous aurez décidé de passer une nuit sur ile ou de la découvrir à Vélo ou à pied le temps d’une journée.

Notre conseil, prenez le temps !

Ici on est loin de la cohue de la ville, tout est beau et serein. Le temps semble si être arrêté ! 

La vie rurale y est toujours présente, chaque habitant s’y partagent la terre, entre agriculture et élevage. Sillonnant, les petites routes vous découvrirez leurs maisons traditionnelles bordées d’arbres fruitiers et de fleurs à faire rêver.  Tout autour vous longerez de grandes plages quasi désertes. Sur celles-ci vous pourrez admirez les villages flottants Vietnamiens où les pécheurs pratiquent encore la pêche aux filets.

L’apogée de cette visite sera sûrement le couché de soleil qui inondera d’or les rives du Mékong.

Je vous le disais dès le départ, un véritable petit paradis !!!!

 

Infos Travellers :

 

Hôtels :

 

Restaurants :

  • Les deux hôtels font restaurants, pour le Arun compter 5USD le plat.
  • Vous trouvez quelques petits restaurants tenus par des familles locales pour 4 à 5 USD le plat.

 

Transports :

  • Bateau, prix de la traversée 0,25USD
  • Location de vélo 2USD / Scooter 8USD

 

 

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jeudi, 25 janvier 2018 11:52

Voyage au pays du sourire !

> Bangkok

 
Nous sommes arrivés hier soir après 15h 30 de vol dont une escale à Delhi et je ne sais plus combien de décalage horaire.

La cour est sympa avec des fauteuils en rotin, des buissons de verdure et des chats maigres, siamois évidemment. Elle est vaste et ombragée, à peine quatre ou cinq mobylettes, quelques vélos et une voiture . Quelques westerners sont accrochés à leur téléphone qui charge et à la free wi fi.

IMG 1520L’odeur est chaude, moite comme tout le reste, et un peu boisé, c’est incroyable en centre-ville, un peu café allongé, ça c’est le bar juste à côté de moi, un peu baume du tigre, rapport au salon de massage dans le passage d’entrée. Le ronronnement incessant vient des ventilos et de la ville tout autour. Une mobylette vient de rentrer dans la cour, « Airport... airport... » annonce le gars. Un jeune couple avec deux sacs à dos conséquents l’appelle et le suivent. Non ce n’est pas possible, l’aéroport est bien trop loin... ok, il va simplement les diriger vers un bus, forcément garé en dehors des rues grouillantes d’ici.

On a envie de se balader avec les navettes fluviales, on a envie du paysage de buildings au loin et de boui-boui sur pilotis tout près, du va et vient des bateaux tout fins qui filent, des trains de barges tirées par un petit remorqueur. Vaguelettes d’eau marrons et grosses touffes de lotus flottant. Une fois que l’on a repéré l’accès, plutôt dissimulé dans des ruelles encombrées d’étalages de souvenirs, on utilise plus que les navettes et aussi beaucoup la marche à pied, dix kilomètres par jour au compteur de pas.

Le grand palais royal, What Phra Kaeo, est pas mal, à la fois kitsch et somptueux, avec de grands stupas dorés.

Le grand bouddha allongé du What Pho est vraiment sympa, on en fait le tour, après s’être déchaussé bien sûr. Sourire goguenard de cet énorme bouddha lui aussi doré, un peu coincé dans son temple et qu’on voit de très près, impressionnant. Beaucoup de touristes, mais une ambiance respectueuse.
Les piécettes tombent dans les vases d’offrandes tout le long de la galerie, on achète un bol de piécettes pour 20 baths.

Les deux rues de Khao san s’animent le soir, succession de bars plus ou moins clinquants, de boutiques de fringues, de tatoueurs . Foule de vendeurs qui interpellent gentiment, stands de brochettes, cuisines à roulettes de soupes ou de brochettes, vendeurs de scorpion grillé, en brochette, à manger ou à garder comme trophée ?

La foule des touristes occidentaux, plutôt jeunes, débardeur, bouteille de bière à la la main, souvent lourdement tatoués, barbe de quelques jours, suants. Il y en a de plus âgés, bedonnants, plus fatigués, toujours suants, les tatouages délavés par les années. Je suis content d’avoir échappé au tatouage.

On repère des groupes de chinois, qui suivent sagement leur guide et Stéphane me fait remarquer : on voit souvent de très jeunes filles asiatiques, proprettes et autonomes, une glace au lait de coco à la main, qui s’amusent bien avec leurs portables télescopiques.

Demain départ pour Ayutaya, navette fluviale bien sûr, puis deux heures de train...
> François Brun (75)

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