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Vous êtes iciAccueil|Toutes les catégories k2|DIDIER JEHANNO | ABM - Aventure du Bout du Monde
lundi, 22 juin 2020 07:35

Que faire lors d’une visite de Montréal en quelques jours ?

Si vous comptez effectuer un voyage au Canada, vous vous devez de mettre les pieds dans la plus grande ville de la province du Québec, Montréal. Chaleureuse, charmante et vivante, cette ville est la convergence parfaite entre le style européen et le style américain. Bien évidemment, vous ne pourrez pas tout explorer en quelques jours... Alors, nous vous donnons ci-dessous quelques recommandations touristiques classiques ainsi que d’autres adresses un peu plus atypiques pour ne pas manquer les incontournables.

Les beaux quartiers

Pour votre première visite, le quartier du Vieux Montréal est à ne pas manquer. Étant donné sa taille assez petite, le tour peut se faire assez rapidement. Ce qui fait particulièrement la beauté de ce quartier, ce sont les rues piétonnes animées jusque tard dans la soirée.

On peut aussi y apprécier les immeubles de petite taille, ce qui vous donne vaguement l’impression de visiter une petite ville de poupée, une architecture typique de Montréal. En été, continuez cette aventure en direction du Port : les festivités sont toujours au rendez-vous dans cette zone, et ne ratez pas les feux d’artifices qui valent largement le coup !

Les aventuriers peuvent continuer la visite dans le Montréal souterrain, une particularité de la ville qui permet de s’abriter pendant les dures journées d’hiver, ou d’échapper au soleil brûlant de l’été. On y retrouve des kilomètres de galeries marchandes à n’en plus finir. Prenez garde, elles sont équipées d’indications et de cartes, mais ce n’est pas toujours facile de s’orienter quand on n’y est pas habitué !

Le Montréal nocturne

Montréal est l’une de ces villes qui change complètement de visage une fois la nuit tombée. Pour une flânerie riche en émotions, rien de tel que passer par le quartier Le Village. C’est l’un des lieux les plus festifs de la ville - ouvert même tard dans la soirée - avec ses nombreux bars et clubs aux styles variés.

Autre lieu de divertissement incontournable ? Que vous soyez un joueur invétéré ou un simple curieux à la recherche d’amusement, vous vous devez de passer une soirée au casino de Montréal situé sur l’île Notre-Dame et sa somptueuse vue sur le fleuve Saint-Laurent. Mais si le temps vous manque, sachez que le Québec dispose de casinos en ligne avec bonus, vous permettant de jouer depuis votre téléphone, et ce depuis votre chambre d’hôtel ou, à vrai dire, depuis n’importe quel endroit !

De la gastronomie, cela vous tente ?

Il ne faut pas se mentir, durant un voyage, on ne peut s’empêcher de vivre quelques expériences gastronomiques ! Bonne pioche avec Montréal, très reconnue dans ce domaine, avec une grande inspiration de la cuisine française, mais à la sauce québécoise !

Parmi les spécialités locales, on retrouve la fameuse poutine, composée de frites et de fromage fondu nappés d’une sauce brune chaude… Certes, ultra calorique, mais à tester absolument ! Si vous visitez la ville en hiver, on vous assure que cela vous tiendra au corps et vous permettra de continuer votre visite de la ville sans problème.

Pour encore plus de dépaysement, le quartier chinois est aussi à visiter, il n’est pas aussi important que ceux retrouvés dans d’autres grandes villes, mais toujours agréable de s’y promener et d’y manger des raviolis chinois, ou un délicieux canard laqué !

Une bonne adresse à vous partager ? Le fameux Café Chat l’Heureux, situé sur le Plateau. Un endroit atypique mais très mignon où l’on peut boire du bon café... tout en caressant des chats ! Détente maximale assurée, à faire après une bonne journée de marche dans les rues de Montréal.

Coup de cœur pour la nature

Afin de sortir de la routine trop citadine, passez au Montréal “nature”. Le grand parc du Mont-Royal constitue ainsi un lieu idéal à cet effet. Il est aussi appelé “La Montagne” et se distingue par sa verdure omniprésente, et ses vues imprenables sur la cité depuis son sommet. Un lieu prisé des locaux dès que les beaux jours arrivent, on parle des Montréalais qui viennent y flâner, mais aussi d’autres habitants très appréciés par les touristes : les écureuils ! Ces petits êtres à croquer y sont, en effet, en grand nombre dans le parc... Mais attention, interdit de les nourrir sous peine d’amende.

Pour ceux qui veulent bouger leur corps autrement que par la marche, une jolie promenade à vélo est aussi possible le long du canal de Lachine. Vous aboutirez au Marché Atwater, moins médiatique que le marché Jean Talon, mais qui vaut certainement le détour. Vous y trouverez de la décoration, de la viande de qualité, des légumes frais, et diverses autres choses pour ramener un souvenir de votre visite de Montréal.

Dernière astuce de la ville, c’est la location de Bixi, les vélos de la ville, qui est gratuite à condition de ne pas dépasser les 30 minutes. Même si au-delà de cela, le tarif reste toujours raisonnable.

vendredi, 12 juin 2020 16:29

Fiche pratique Sierra Léone

1-Visa

Pour un français un visa à l’arrivée est délivré pour 30 jours à l’entrée du pays aussi bien par voie aérienne que par voie terrestre

Prix 80 dollars sans autre formalité qu’un tampon sur le passeport

ntb.gov.sl/visa-on arrival-to-sierra-leone/ depuis le 19 novembre 2019, document pouvant être réclamé à l’enregistrement de la compagnie aérienne.

Ambassade du Sierra Leone :

410 avenue de Tervuren 1150 BRUXELLES Belgique

2-Compagnies aériennes

Pas de ligne directe depuis la France

Brussels Airlines, Royal Maroc Airlines, Air France

3-Quand partir ?

Climat tropical marqué par 2 saisons

Saison sèche d’octobre à mai ; décembre-janvier est la meilleure époque de voyage

(35°C le jour) même si l’harmattan souffle ; avril et mai sont les mois les plus chauds (jusqu’à 40° C)

Saison humide de juin à novembre : les pluies tropicales violentes et torrentielles entraînent d’éventuelles coulées de boue dans les collines et ravinent les routes non goudronnées. Voyager en juillet-août est la pire époque.

4- Santé

Vaccination contre la fièvre jaune est requise et contrôlée à l’arrivée

Des moustiques présents donc paludisme possible... s’en prémunir avec un antipaludéen, se couvrir en soirée et coucher sous moustiquaire presque toujours présente dans les hébergements.

Des bombes insecticides se vendent dans les supermarchés

Boire de l’eau en bouteille, une grande bouteille de 1,5 l entre 4000 et 6000 SLL

5-Argent

L’unité monétaire est le Léone ou SLL

1 Euro = 10 300 à 10 700 SLL selon le cours du jour, la banque…

A l’aéroport 3 bureaux de change et ATM dès l’arrivée

Des ATM et des bureaux de change dans les banques de Freetown et les villes importantes. On peut tirer l’équivalent de 50 euros à la fois

On peut payer en $ pour certains hébergements mais c’est en principe interdit.

Le change au noir est possible et largement utilisé. Il suffit de le faire savoir au patron d’un hébergement qui appellera le changeur, un de ses amis !!!

Attention aux épaisseurs des liasses de billets ; par ex le change de 100 euros est équivalent à plus de 100 billets de 10 000 SLL. On fournit d’ailleurs le sac en plastique pour les trimballer.

< Fiche pratique réservée aux adhérents

vendredi, 12 juin 2020 14:32

Découverte des Seychelles en bateau.

Quoi de mieux pour visiter des îles que de le faire en bateau, comme les navigateurs de jadis qui s'écriaient « Terre » après des mois de navigation au milieu des océans. Déjà signalées par Vasco de Gama, alors en route pour les Indes, c'est un navire de la Compagnie britannique des Indes Orientales qui accoste pour la première fois l'île de Mahé aux Seychelles en 1609.

Comment voyager aux Seychelles

Les Seychelles sont composées de 115 îles et îlots divisés en cinq groupes : les îles Intérieures, les Amirantes, le Groupe d'Alphonse, l’archipel de Farquhar et l'archipel d'Aldabra.

Alors prenons la mer avec Coolsailing qui vous proposera la location d'un bateau pour découvrir les Seychelles pour découvrir les Seychelles.

Découvrir les Seychelles en bateau, c'est la liberté retrouvée : naviguer d'île en îlot, fouler le sable d'une plage paradisiaque, aborder des îlots déserts, plonger d'un bateau au large des côtes, nager dans des eaux transparentes, s'émerveiller dans les fonds sous-marins...

Les Iles intérieures

Cet archipel comprend principalement les îles de Mahé, Praslin, Silhouette et La Digue. C'est l'archipel le plus facile d'accès. Si Mahé, l'île principale est la plus touristique et le pôle économique de l'archipel, elle n'en demeure pas moins attractive et constitue un bon départ dans la connaissance de ce pays et offre, outre ses marchés, ses ports de pêche et ses découvertes culturelles, d'autres activités nature comme la randonnée dans les forêts d'altitude ou la découverte de criques baignées d'eau turquoise. De petites îles entourées de lagons sont situées au large de Mahé pour de petites excursions.

Soucieux de la préservation de leur environnement, les Seychelles ont converti plus de la moitié de leur territoire en parcs naturels et zones protégées abritant une faune et une flore exceptionnelles.

On naviguera ensuite vers Praslin, Silhouette et La Digue plus calmes que Mahé où les forêts tropicales primaires offrent une belle alternative à l’océan et ses plages.

Les îles extérieures

Si vous voulez approfondir votre expérience de marin, c'est vers les îles extérieures que vous naviguerez : les Amirantes, le Groupe d'Alphonse, l’archipel de Farquhar et l'archipel d'Aldabra. En une semaine, vous pourrez découvrir les principales îles, se prendre pour Robinson sur Bijoutier, la bien nommée et l'archétype de l'île déserte, rencontrer la plus importante colonie de tortues terrestres géantes dans l'atoll d'Aldabra, pratiquer la pêche au gros près de Poivre, plonger et découvrir les spectaculaires fonds marins au large d'Alphonse, admirer les bancs de coraux dans les îles du Nord, observer les oiseaux de mer à Goélette dans l'atoll de Farquhar, ou tout simplement accoster et se baigner sur les plus belles plages du monde.

Les habitants et la culture

L'arrivée d'un bateau suscite toujours la curiosité et l'attraction. Une belle entrée en matière pour rencontrer les Seychellois et échanger avec eux.

Les Seychelles ne sont habitées que depuis le XVIIIème siècle et sa population est majoritairement constituée de créoles mulâtres issus des descendants de colons et d'esclaves africains.

L'art et l'artisanat sont très présents dans les îles intérieures où vous pourrez rencontrer des artistes et visiter leurs ateliers. Frégate est un ancien repaire de pirates et aujourd'hui ses habitants vivent de la pêche et de l'agriculture respectueuse de l'environnement. Une cocoteraire a été transformée en écomusée à La Digue que l'on peut visiter en char à bœufs, le moyen de transport traditionnel de l'île.

Les îles extérieures sont peu peuplées et ses habitants vivent de la pêche, de la collecte du guano ou de la transformation du coprah.

Pourquoi voyager aux Seychelles en bateau.

Vous l'avez compris, c'est le meilleur moyen de découvrir les îles, d'aborder des terres hors des circuits touristiques.

A bord de votre bateau, vous pourrez envisager votre propre circuit, improviser selon vos coups de cœur, vivre et naviguer au rythme de vos désirs, être autonome et libre.

La découverte en bateau des îles des Seychelles transformera ce voyage en une expérience inoubliable.

vendredi, 12 juin 2020 14:05

20e édition du festival ABM Nantes !

 La 20 ème édition des Rencontres de l'Aventure d'ABM NANTES  a, une fois de plus, drainé un large public les  7 et 8 mars  2020   

« Confinement J-7  « 

ON L ' A ECHAPPE BELLE !!!  On a eu très chaud ...

 Avec un public intergénérationnel, des équipes de bénévoles toujours à la hauteur de l'événement, une douzaine de films mettant en lumière la passion du voyage et de l'aventure, des échanges enrichissants, des stands associatifs dynamiques, le tout « relié » par des animations variées autour de la thématique du voyage..

 « le rôle que jouent ces Rencontres en termes d'échanges et de partage des expériences des uns et des autres et de leur impact sur l'incitation au voyage et à la rencontre de l'autre ce, dans un esprit de connaissance et de respect mutuels des cultures et des traditions » a été souligné par les élus, les réalisateurs, les adhérents abm et les visiteurs

 Dans ce festival il y a de la qualité, du professionnalisme, de l’humour. Bref on apprend. C'est une autre source d'information. Bravo à l'équipe d'ABM et aux réalisateurs ! » dit une visiteure   Joëlle C.

Une soirée spéciale était organisée pour fêter les 20ans d'Abm Nantes : Loïc Bartolini, photographe humoriste et un groupe antillais ont en effet animé avec brio une soirée qui s'est terminée fort tard.

Vivement la 21ème les 20/21 mars 2021 !

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jeudi, 11 juin 2020 16:32

En duo en Asie du Sud Est et en Inde

Pourquoi L'Asie ?    

Pour ses cultures, ses peuples, ses couleurs, ses odeurs, ses pierres, ses paysages, ses saveurs, ses clichés, sa quiétude, ses contrastes, son énergie, ses contrastes, ses  richesses humaines, archictecturales, culturelles : une explosion de vie. 

Mais aussi parce qu’à l’évocation des noms Laos, Cambodge, Birmanie, Indonésie, Thaïlande ou encore Pondicherry, Bagan, Angkor, Luang-Prabang, Calcutta, Benarès, Mumbai,  Jaïpur..... tout un cortège d’images défile dans nos têtes.

- Voyage en duo sans agence juste à partir de passion, d'envies et de lectures, guides, blogs et sites de voyages ....

- Se déplacer en moyens de transport locaux : Train, bus, tuk tuk, scooter, vélo et aussi voiture pour des trajets longs

- Appareil photo en bandoulière pour saisir les tranches de vie

- Hébergements locaux entre guesthouses et hôtels typiques de petite taille mais jamais de grands ensembles impersonnels 

- Déjeuners typiques dans la rue, chez l'habitant ou dans des restaurants locaux pour déguster toutes les saveurs de l'Asie et partager les odeurs 

L'Asie, mon paradis entre temples somptueux, vestiges du passé, fleuves mythiques, plages de rêve, vielles pierres, traditions et sourires des habitants.

Un paradis à découvrir au fil des pays visités et ce site pour partager mes avis, mes coups de coeur, mes conseils et mes photos sélectionnées au fil de mes voyages en Asie .....

http://www.empreinteszen-asie.com 

lundi, 08 juin 2020 14:32

Terroirs de Merlusse

Bienvenue dans l'univers de Merlusse, personnage des contes folkoriques vosgiens (ou plus largement Mélusine).

Soyez patients et visitez cette version prototype (anglais et français accessibles): elle vous contera des aventures de voyages dans le Monde ou à quelques pas de chez vous, tels des morceaux créatifs de carnets d'anecdotes de vie de voyageur épanoui et ouvert. 

Bonne immersion dans ces récits au grand coeur, alliant tout type de patrimoine : culinaire, social, culturel, historique et paysager.

merlusse.net

vendredi, 05 juin 2020 15:23

[ABM] - Concours photo festival des Globe-Trotters 2020

Qu'est-ce qui nous fait le plus rêver de nos jours ? De quoi avons-nous envie plus que jamais ?

D'évasion, de voyage, de nature, d'espace. Rien d'inhabituel pour un ABéMiste, mais aujourd'hui cette envie, ce besoin se transforment en urgence. Alors pour s'évader, en attendant des jours meilleurs, ABM relance le concours photo avec un thème qui nous est cher :

Terres infinies et grands espaces

Nous avons parcouru le monde, nous avons contemplé des paysages sauvages, nous avons rêvé devant la ligne d'horizon, nous nous sommes émerveillés devant les beautés de la nature et surtout nous avons essayé d'immortaliser en images cette Terre, ces terres dont l'immensité grandiose nous a émus.

Dépôt des images  : du 1er juin au 31 juillet 2020
Vote : du 1er août au 10 septembre 2020

Les dix photographies ayant obtenu le plus grand nombre de votes feront l'objet d'un tirage et seront exposées fin septembre au Festival des Globe-trotters.

Vos images sont attendues sur www.abm.fr, vous pouvez proposer trois images (poids max. 7 Mo / image), et vous pouvez voter trois fois pour votre/vos image.s préférée.s.

LE DÉPÔT D'IMAGES POUR LE CONCOURS EST RÉSERVÉ AUX ADHÉRENTS D'ABM, DONC CONNECTEZ-VOUS POUR POUVOIR ACCÉDER AU FORMULAIRE DE DÉPÔT !

JE PARTICIPE AU CONCOURS !
lundi, 18 mai 2020 15:02

Les Seychelles, mosaïque encore harmonieuse

< Les routards bienvenus aux Seychelles !

Nous voici dans l'archipel des 115 îles Seychelles éparpillées sur 1000 km, à deux heures des côtes africaines. Elles tirent leur nom de l'intendant des finances français Séchelles. Une délégation chinoise est accueillie sur le tarmac : la Chine a-t-elle repéré une autre escale pour ses "nouvelles routes de la soie" ? 

Agréable surprise : à la sortie de l'aéroport de la capitale sur l'île de Mahé, nous pouvons sauter dans un bus local surpeuplé qui fait le ramassage scolaire en cette fin d'après-midi. Une forte dame s'assoit près de nous avec sa petite fille adorable, bientôt assise sur les genoux de Patrick pour tout le trajet. Nous déchiffrons le délicieux créole dans le réglement du bus : "evite bwar, manze, anmenn ban gro sak"... Les noms délicieux des hameaux se suivent, Pointe Larue, Anse aux Pins, Mont-Plaisir, nous descendons à Pointe au Sel.

La destination est toujours considérée comme onéreuse et réservée aux lunes de miel. Autre agréable surprise en découvrant notre premier hébergement pour moins de 100 euros ! Un étage d'une maison dominant un grand jardin vert intense survolé par des chauve-souris diurnes avec comme horizon la côte Est, la mer bleue et les vagues qui se cassent sur le récif : notre royaume pour deux jours fait plus de 100 m2 sans compter la vaste terrasse et nos hôtes nous offrent l'apéro.

< Mahe-sud : auto stop à gogo et fangios

Nous grimpons jusqu'au fameux Jardin du Roy, premier lieu cultivé à la fin du 18ème siècle par les colons français. C'est un excellent résumé de la flore locale avec ses arbres tropicaux (canneliers, girofliers, muscadiers) sans oublier les fameux cocotiers de mer, appelés par les francophones coco-fesses, vu la forme suggestive des énormes noix rappelant les fesses ou les vulves féminines, ajout de poils compris. Leur commerce est désormais sérieusement réglementé. Au lieu des 2 kg en moyenne des noix de coco classiques, les coco-fesses peuvent peser de 20 à 25 kg. Gare à la chute finale ! Nous y cotoyons nos premières tortues, elles semblent apprécier que l'on gratte leur cou rugueux.

Ayant fait le choix de ne pas louer une voiture pour toute la durée du séjour, nous dépendons parfois des bus locaux et de la gentillesse des conducteurs. Pour la partie sud de Mahé, souvent le premier véhicule s'arrête. Les anses se suivent avec leurs noms poétiques : Royale, Forbans, Bougainville, Marie-Louise. Nous serons ainsi embarqués par des travailleurs en route vers un chantier, une Libanaise allant acheter de la bière pour sa mère, un villageois faisant un détour pour nous déposer à la fameuse Anse Intendance. Nous avons pris notre déjeuner à la roulotte, habitude locale pas chère consistant à se sustenter d'un plat "full mix" où plusieurs viandes recouvrent du riz avant de nous baigner en Robinsons à quelques dizaines de mètres du fast food local.

Le lendemain, option bus locaux conduits par des Fangios jusqu'au village paumé cul de sac de Port-Launay, porte d'entrée pour le parc marin homonyme.

< Mahe-nord : Victoria et farniente

Le Nord de l'île est beaucoup plus peuplé. Notre guest-house de luxe, le Sans-Souci, domine la capitale Victoria qui étend ses rues au cordeau, ses ports de commerce, de croisière (50 paquebots par an) et de pêche avec un arrivage de chalutiers flambant neufs. En toile de fond, à 40 km, les fameuses îles de Praslin et La Digue, généralement préférées par les voyageurs pressés ne disposant que d'une semaine. Nous sommes sur les contreforts du massif du Morne Seychellois, culminant à 900 m. Prudents, nous choisissons de grimper son petit frère, le Morne Blanc à seulement 650 m en empruntant un chemin raide, boueux et caillouteux, plein de racines noueuses. Malheureusement, le sommet reste désespérément dans le brouillard. En chemin, nous apercevons les plantations de thé qui ont du mal à survivre à la compétition mondiale. Ce soir, nos hôtes nous concoctent un dîner créole à partager à la table d'hôtes, la convivialité étant également au menu.

Nous sacrifions ensuite à la tradition locale de séjourner à Beauvallon, la station balnéaire prisée de Mahé. Au contraire des autres endroits visités, ici profusion d'hôtels de luxe et d'appartements en location. Sur la longue plage (3 km), outre les couchers de soleil noyant les îles proches, dont Silhouette, dans des camaieus de couleurs chaudes, le spectacle est omniprésent : familles partageant un barbecue, touristes grillant au soleil, défilés de femmes, fines ou rondelettes, en shorts courts. Seuls quelques yachts sont ancrés dans la longue baie. Nous discutons avec Brian de la Fontaine, gérant d'une petite pension, le Romance hôtel. Il nous raconte que son jeune fils de 5 ans a déjà été opéré 4 fois à coeur ouvert en Inde, au frais du gouvernement. On est loin de l'Afrique pauvre.

Par la route de Sans Souci, il faut affronter les bouchons matinaux pour passer de l'autre côté du petit col qui nous sépare de la capitale, Victoria, nom donné en l'honneur de la fameuse Impératrice.  La mini "Big Ben" installée quelques années après sa mort est le carrefour stratégique. Chaque communauté religieuse dispose de son église ou temple : catholique, protestant, musulman, indien, chinois. Pas de jaloux !

Le musée d'histoire nous rappelle les heures difficiles vécus par le pays, de l'esclavage à la naissance de la République le 29 juin 1976, renversée pour son premier anniversaire par un coup d'Etat. Le nouveau "président" est resté au pouvoir, avec quelques "élections", 26 ans, exilant son prédécesseur pendant 15 ans. La pluralité politique semble être à nouveau à l'ordre du jour.

Enfin, le jardin botanique nous offre ses chemins tortueux à parcourir dans une jungle de poche avec ses quelques coco-fesses. Le souci local de la protection de l'environnement a conduit les responsables à constituer une capsule-temps, dépositaire de la flore de 1994 à n'ouvrir qu'en 2044. Reviendrons-nous pour cet événement ? 

< Un petit goût de praline

A l'embarcadère, nous approuvons la consigne de protection de l'environnement : "Protez nou losean ... Pa zet salte dan lanmer". Tout compte fait, le créole est facile à comprendre, mais à l'écrit seulement. En quittant le port en hydroglisseur, impossible de ne pas remarquer l'île artificielle concentrant des dizaines d'hôtels et villas de luxe, ni les deux paquebots amarrés ou les thoniers rutilants pratiquant, paraît-il, une pêche très décriée consistant à concentrer les poissons sans discrimination, conduisant ainsi à beaucoup de déchets. Les quelques éoliennes nous souhaitent bon vent pour la courte croisière.

Praslin tire son nom de Gabriel de Choiseul, duc de Praslin et ministre de la marine à l'époque où les Français s'y sont établis. Les bagages sont déposés directement à la sortie du bateau, dans une  belle mêlée. Un taxi nous dépose sur les flancs de colline au Mango Lodge, tenu par Lesley, ses 4 chiens et ses 7 chats. De notre véranda, la vue est sublime sur l'Anse Volvert avec son camaieu de bleus, verts et jaune noyant les îlots satellite de Praslin, St Pierre et Cousine, entre autres.

Au contraire de la plupart des visiteurs, au lieu d'aller piquer une tête dans l'eau supposée délicieuse, nous nous enfonçons dans la jungle par le chemin Salazie. Le chemin se retrécit peu à peu et devient invisible. Nous sommes vite en nage, les feuilles nous griffent, seuls les tranchées dans la végétation et notre carte électronique nous donnent confiance. Arrivés au sommet, la descente vers l'Anse Possession sera beaucoup plus facile, guidée par un jeune indigène surpris à se baigner nu. Il nous cueille des cocos après notre bain de mer bien mérité. Comme sur beaucoup de plages, nous remarquons des algues envahissantes.

Nous sacrifions à la tradition touristique d'aller découvrir les îles proches. Coup de chance, nous sommes les seuls à débarquer au minuscule îlot St Pierre qui n'offrira ses beautés qu'à nous seuls, l'espace d'une heure : poissons de toutes couleurs, colonies d'oursins, divers bancs. Le paysage de rochers arrondis se découvre également sous l'eau transparente. L'île Cousine, par contre, est beaucoup plus fréquentée, l'attraction locale en étant les tortues... terrestres, au nombre de 100 environ. Par précaution, comme pour leurs cousines marines, les oeufs et les petits sont gardés en sécurité dans des enclos. La plage locale bordée de superbes rochers aux formes arrondis typiques des Seychelles est quasiment vide. Les autorités ont conçu un sentier longeant une mangrove, nurserie pour des bébés requins citron miniature de 10 cm de long. Adultes, ils iront chasser, généralement loin des côtes. C'est l'occasion de réhabiliter les requins, coupables d'attaques horribles mais dont le bilan mondial s'élève à 10 morts par an alors que d'autres animaux, plus petits, voire des virus, causent de plus nombreux décès.

Le lendemain, nous louons pour la première fois une voiture. Cette fois, nous rendons la pareille en embarquant des stoppeurs : un peintre en bâtiment qui garde la maison de son voisin français, un pêcheur unijambiste qui sort en mer tous les jours dont nous déclinons l'invitation à le rejoindre le lendemain matin et deux jeunes qui vont faire les courses familiales. Le bout de la route est occupé par l'hôtel golf Lemuria ouvert à la visite sur rendez-vous. Sylvaine raconte qu'elle vient prendre des renseignements pour des amis golfeurs et, miraculeusement, les portes s'ouvrent. Personne ne nous importune lorsque nous nous installons sur l'Anse Kerlan, négligée par les clients de l'hôtel qui préfèrent rester dans leurs luxueuses suites. La houle est assez forte, saison oblige. Seul Patrick se baigne.

La SIF (Seychelles Islands Foundation) a pour mission de protéger les forêts primaires et leurs flores et faune endémiques. Elle a ainsi créé la Vallée de Mai, sanctuaire pour le cocotier de mer, inscrite au Patrimoine de l'UNESCO. Certains ont même comparé la Vallée de Mai au jardin d'Eden ou à Jurassic Park !  On y voit des cocos-fesses femelles aux énormes noix pendant en grappes mais, plus discrets,  également des cocotiers mâles aux phallus énoooormes. De son côté, le Fond Ferdinand offre une alternative moins fréquentée pour arpenter une forêt primaire.

< La digue, la petite soeur

A 8 km de Praslin, cette île est encore plus petite, un confetti de 5 km de long sur 3 de large. Elle tire son nom du bateau d'un explorateur français. Où que le regard porte, d'autres îles ou des îlots. Après la pluie torrentielle, les rues du village de La Passe sont inondées de flaques de 5 à 10 cm de profondeur. Sans réservation, nous débarquons chez Madame Bibi, septuagénaire originale qui nous accueille dans son capharnaüm.

L'île est le royaume de la marche à pied et du vélo. Il y a très peu de véhicules à moteur, à part ceux de la police, des pompiers et des hôtels. Les transports en commun se faisaient en chars à boeufs, il en reste peu.

Le must de l'île est la plage Anse Source d'Argent, la bien-nommée car elle est payante, la seule du pays. Sans doute un moyen de limiter la foule désireuse d'admirer les rochers arrondis aux formes langoureuses, posés sur un sable blanc léger comme de la farine.  Les algues sont de la partie, témoignage du réchauffement de l'eau. La plupart des visiteurs négligent le petit parc qui y mène avec le superbe cimetière au bord du rivage, le minuscule chantier naval, la plantation de vanille à l'ombre des cocotiers et la villa où a été en partie tourné le film Emmanuelle....

Cerise sur la gâteau, une balade est indiquée jusqu'à la crête de l'île, le Nid d'Aigle, avec des pentes à 30%. A l'arrivée de cette bavante mi-goudron mi-jungle, le paysage est somptueux sur les îles environnantes, jusqu'à Mahé bien sûr, et se déguste loin des foules restées en bas sur les plages ou dans leurs hôtels chics. Le Nid d'aigle porte bien son nom.

Madame Bibi est en deuil, son oncle vient de décéder. Nous devons rapidement libérer la chambre pour accueillir la famille. Comme nous avions repéré une enseigne lumineuse chez sa voisine, nous en profitons pour nous offrir une séance de réflexologie riche d'enseignement sur notre état de santé. Il semble que la masseuse Shirley, qui a suivi des cours en Inde, est connue dans toute l'île pour ses bienfaits. Elle nous conseille d'autres séances de réflexologie, mais chinoise, et des cures de thé vert ou à la citronnelle. A suivre sans modération...

Nous sacrifions encore au grand tourisme en rejoignant un groupe pour une demi-journée de masque/tuba aux alentours des îles Grande Soeur, Petite Soeur et Félicité, cette dernière parfois fréquenté discrètement par Zizou qui y possède une grande maison sur les hauteurs.

Le soir, le petit port de La Passe s'anime avec les retours des visiteurs à la journée et les débarquements de marchandises. Le soleil se couche sur Praslin dans une explosion de couleurs chaudes.  

< Une mosaïque de peuples encore harmonieuse

Les 95 000 habitants se partagent seulement 450 km2 de terres émergées. Beaucoup de peuples les ont  convoitées ou visitées : Arabes, Portugais et Anglais. Elles ont servi de havre aux pirates. Les Français s'y installent au 18ème et développeront une colonie. En 1815, à la chute de Napoléon, les îles passent sous souveraineté anglaise puis obtiennent leur indépendance en 1976.

Le pays, grâce au tourisme développé depuis une trentaine d'années et à la pêche au thon pourtant si décriée, est le plus riche d'Afrique par habitant. Son développement depuis 250 ans a constitué une mosaïque ethnique à base d'Européens, d'Africains, d'Indiens, de Chinois et d'Arabes d'où ne ressort aucun conflit apparent, la bonne humeur permanente en étant le témoin.

Parcourir les îles principales permet de constater la conscience environnementale de la population. Les paysages sont préservés du bétonnage ayant sévi ailleurs.

Néanmoins, la démocratie chaotique, l'arrivée discrète mais inévitable des Chinois et les problèmes liés au réchauffement climatique (pêche industrielle, pollution aérienne) sont des facteurs pouvant déstabiliser cet équilibre harmonieux.

< Sylvaine Deforge et Patrick Kernen, (75) Novembre 2019

mercredi, 13 mai 2020 10:55

L'homme et les virus, éternels compagnons de voyage.

HOMO SAPIENS SAPIENS

Notre terre a plus de quatre milliards d'années. La vie y est apparue très lentement à partir de cellules et de bactéries. Les virus se sont développés avec les mammifères. Il y a seulement quelques millions d'années qu'un de ces mammifères, considéré par lui-même plus intelligent que les autres espèces, envahit et transforme la planète. A ce stade de l'évolution de son espèce, l'homme sait qu'il sait alors que les autres espèces n'ont qu'un but, se reproduire. C'est bien sûr le cas des nombreux virus. 

HOMO PEDIBUS

Il semble que l'homme soit apparu dans les savanes de l'Est africain. Nos ancêtres sont africains ! Essentiellement carnassier, il se contentait des fruits et des charognes abandonnées par les prédateurs, espérant ne pas devenir leurs cibles. Il s'est peu à peu transformé en chasseur, les femmes, plus faibles physiquement et devant nourrir et protéger les précieux enfants, restant dans les cavernes, se découvrant une carrière de peintres mais sans signer leurs œuvres.

L'homme a toujours dégradé son environnement, certes à petite échelle : une fois un territoire surexploité, les tribus se déplaçaient, à chaque génération, de 10 km. Ainsi, de proche en proche, toute l'Afrique, la péninsule arabique, la péninsule européenne, l'Asie, le passage de Béring entre l'Asie et les Amériques ont été colonisés par l'homme. Il a, à chaque fois, voyagé avec armes et modestes bagages mais également avec les virus. Régulièrement, ces derniers anéantissaient les tribus, laissant un répit aux territoires conquis avant l'arrivée d'autres tribus, plus fortes et plus immunisées.

Las de cette errance et de la difficulté de conquérir de nouvelles terres, il s'est sédentarisé en découvrant la culture de céréales, bâtissant des villages, ancêtres de nos villes tentaculaires. Il a domestiqué certains animaux pour l'aider dans ses tâches et se nourrir. Les virus ont voyagé avec ces animaux, causant souvent la mort des hommes.

HOMO MARITIMUS

Toujours curieux, l'homme a voulu aller voir au-delà de l'horizon maritime. Prendre la mer a toujours été dangereux du point de vue de la navigation, sans compter les fantasmes sur la présence de monstres et de la fin de l'eau avec les inévitables précipices vers l'enfer. Mais, au sein de chaque tribu, une fois les ressources locales amoindries, il se levait toujours un groupe de courageux et d'intrépides pour aller voir, en canot fait maison, les îles sur l'horizon.

Ainsi, les mers et les océans ont été colonisés d'îles en îles. Les plus intrépides ont pris la mer sans voir d'îles à l'horizon toujours avec leurs cargaisons d'animaux et de fruits sans oublier les passagers clandestins, les virus. La plupart de ces aventuriers sont morts en route, dans un complet anonymat. Généralement, les plus forts et les plus chanceux résistaient aux affres du voyage et aux virus embarqués.

Il n'y a qu'un millier d'années que la dernière île importante, la Nouvelle-Zélande, a été colonisée, toujours grâce à ce lent processus. De notre côté de la planète, les Vikings atteignaient l'Islande et le Groenland, terres inhospitalières encore vierges d'humains, et "découvraient" l'Amérique.

Depuis des milliers d'années, le cabotage a permis d'explorer les côtes de sa région comme l'attestent les boutres arabes, les flottes chinoises ou les galères européennes à fond plat, peu propices à la navigation hauturière. Les virus n'ont pas le mal de mer. Celui de Ia peste noire au milieu du XIVe siècle a voyagé par bateau dans le corps des rats noirs, sans doute du fond de la Méditerranée vers Gènes puis Marseille et mis des années à se propager dans toute l'Europe. On pensait alors à une punition divine. Ses dégâts en terme de décès ont été considérables (le tiers de la population en Europe voire plus dans certains pays) mais, paradoxalement, une de ses conséquences bénéfiques a été la Renaissance européenne et ensuite son expansion dans le monde.

Les techniques maritimes aidant (astrolabe, sextant), les Européens ont été les premiers à s'aventurer en haute mer, traversant les océans et bouclant un tour du monde il y a un demi-millénaire, contournant ainsi les séculaires routes de la Soie entre l'Asie et l'Europe. Les objectifs affichés étaient la recherche des épices, la colonisation de nouvelles terres et la conversion des "sauvages" rencontrés à la vraie foi chrétienne. Le virus de la variole a ainsi atteint les côtes des Antilles et des Amériques et tué sans doute 90% de leur population, nécessitant l'importation d'esclaves africains pour compenser les pertes. En contrepartie, la syphilis a été contractée par les envahisseurs européens. Elle existe toujours au contraire de la variole, cantonnée dans les laboratoires de virologie ultra-protégés, espérons-le.

La grippe dite "espagnole", née aux Etats-Unis il y a tout juste un siècle, a traversé l'Atlantique (en bateau pas en avion !) avec les  "boys" américains en 1918 et tué cinq fois plus que la Grande Guerre.

HOMO TOURISTICUS

Les plus célèbres explorateurs de notre ère s'appellent Marco Polo accompagnant son père et son oncle de l'Europe à la Chine et retour, Ibn Battuta de Tombouctou à la Chine (120000 km). Ils ont laissé des écrits. Il faut mentionner les premiers voyages de groupe : guerres à marche forcée, pèlerinages et croisades. Le futur St Louis est mort de la peste à Tunis lors d'une croisade.

A partir de la Renaissance, les ambassadeurs en mission, les peintres et les écrivains en quête d'inspiration ont suivi. A partir du XVIIIe siècle, il était de bon ton chez les aristocrates britanniques de partir faire son "Grand Tour" en Europe pour découvrir les lieux emblématiques de notre histoire (Italie, Grèce). D'où le mot "tourist", actuellement décrié par rapport aux plus nobles "voyageur" ou "explorateur". Les autres Européens ont imité l'exemple. Les virus sont également des voyageurs mais de corps en corps. 

Puis la bourgeoisie de la fin du XIXe siècle a pu se permettre des voyages au long cours grâce aux chemins de fer, aux Wagons-Lits du belge Nagelmackers et aux tours organisés du pionnier anglais en la matière Thomas Cook. Sans oublier Constantinople, la destination privilégiée était l'Egypte, tant rêvée dans les livres. Le canal de Suez ouvre les portes de l'Inde. Ces foules, toutes relatives à l'époque, sur les sites égyptiens suscitaient déjà l'ire des archéologues et l'ironie des écrits de Loti qui, le privilégié, voyageait aux frais de la princesse. Notre Chateaubriand s'est même vanté de prendre une pierre sur chaque site visité. En guise de souvenir, on revenait parfois avec des maladies, la plus célèbre étant le paludisme, non dû au mauvais air (malaria) mais aux moustiques femelles.

HOMO AVIONUS

La fin du XIXe siècle voit l'invention par Ader et les frères Wright (des dieux pour les voyageurs modernes !) du plus léger que l'air, l'avion, rêve d'Icare. Il faudra moins de 100 ans pour qu'on fabrique un bus aérien "Airbus" de grande dimension (600 personnes) et aux tarifs populaires.

A partir des années 1960, les tarifs de voyage aériens lointains baissent inéluctablement malgré la hausse du prix du pétrole, donnant ainsi la possibilité aux plus modestes d'aller découvrir le bout du monde. Les aristocrates ou hommes d'affaires se réfugient dans les classes supérieures ou louent leurs propres avions.

Dans les années 1970, une catastrophe aérienne tous les 15 jours faisait la une des journaux. Puis la sécurité n'a cessé de s'améliorer, faisant de l'aviation commerciale le moyen de transport le plus sûr. On peut aller au bout de l'Europe pour le prix d'un bon repas au restaurant mais on mange mal dans les avions. Par contre, la qualité de l'air y est très bonne, vu son brassage permanent. Les virus n'aiment pas trop mais le port du masque et la condamnation d'une place sur deux sont la norme en ce moment.

HOMO VACCINUS

En parallèle de sa colonisation de la Terre et de l'augmentation régulière de la population, si ce n'est des baisses momentanées dues aux maladies et aux épidémies virales, l'homme a essayé d'étudier les causes de ces fléaux. La découverte à la fin du XIXe siècle par le Français Pasteur et l'Allemand Koch de la microbiologie et du principe de la vaccination ont été majeures pour l'humanité. Des vaccins contre la rage et la tuberculose ont été cultivés avec succès, puis de nombreux autres mais le vaccin contre la grippe s'adapte chaque année, parfois sans succès. L'importance de l'hygiène a été reconnue, une eau ou des mains sales étant d'excellents vecteurs de propagation de maladies et de virus.

Au contraire de la plupart des maladies, les virus sont contagieux et passent de corps en corps, éventuellement d'animal à homme. Selon leur degré de contagiosité et leur taux de létalité, ils peuvent rapidement être un péril mortel pour une moitié de l'humanité, l'autre étant immunisée, jusqu'au prochain épisode. Depuis le début du XXe siècle se succèdent régulièrement, tous les vingt ans, des grippes très meurtrières faute de vaccin efficace, des infections pulmonaires baptisées HxNy, le virus Ebola, celui du SIDA. Pour ces deux derniers n'existe toujours pas de vaccin, il n'y a que des thérapies, éventuellement double ou triple selon chaque malade. La quarantaine est automatique, un vaccin valable pour tous est l'idéal. En fait, l'histoire de l'humanité se déroule en présence de virus régulièrement virulents.   

En ce qui concerne le Covid 19, il semble qu'il circulait en France en avril 2019 sans être remarqué. Mais la principale zone incriminée a été Wuhan en Chine début 2020. Comme les moustiques, les virus n'ont pas le vertige ou la peur de l'avion et voyagent sans billet dans les bagages ou dans le corps des passagers : ce nouveau virus s'est rapidement propagé, essentiellement par avion et très rapidement, grâce aux touristes et aux hommes d'affaires chinois de plus en plus nombreux, mondialisation et hausse du pouvoir d'achat obligent. En trois mois, quasiment le monde entier est atteint, sauf la Corée du Nord qui chasse le virus à coup de missiles, et certaines îles éloignées !

HOMO CONFINUS

En ce début mai, il n'y a quasiment plus de liaisons aériennes ou ferroviaires et plus de la moitié de l'humanité sort lentement et prudemment d'un confinement inédit, suite à l'ordre de leurs gouvernements. Le monde entier craint une deuxième vague, inévitable dans certaines zones peu impactées car le taux de personnes atteintes y est très faible grâce au confinement.

L'impact économique reste à évaluer (chômage de masse, faillites, éclatement de l'euro, ponctions sur les comptes bancaires), l'économie de nombreux pays étant pour le moment anesthésiée par des pluies de monnaie de singe. Un virus lent s'installe également dans ce domaine.

Techniquement, les affaires pourront de plus en plus être traitées à distance. Le télétravail ou l'enseignement forcé, à condition d'avoir les bons outils, démontre en ce moment leur efficacité, une fois la confiance de la hiérarchie assurée. Les techniques des visio-conférences et des hologrammes fusionneront inévitablement, rendant moins nécessaires les déplacements longue distance. Il est probable que la construction de nouveaux bureaux s'arrête, les espaces de co-working vont s'aérer.. Qui s'en plaindra ?

HOMO COVIDUS

Chaque gouvernement en ira de sa propre analyse de façon à amadouer ses citoyens sur sa gestion de la crise. La Chine essaie déjà de tirer les marrons du feu. Les USA sont désorganisés, Trump se ridiculise. Les réseaux sociaux, nouveaux virus, propageront leurs propres "vérités" sur les failles ou les "mensonges" des gouvernements et condamneront des "coupables" d'office. La vérité n'en sortira pas renforcée, au détriment de notre propre santé, dans la perspective inévitable de nouveaux virus. En fait, les virus ont été parfois nos amis pour éviter la surpopulation et sélectionner les meilleurs mais, au contraire du cheval, ils semblent être les pires ennemis de l'homme. Cette sélection forcée n'est plus d'actualité.

Cette pandémie surprise pourrait être considérée comme un signal d'alarme ou une piqûre de rappel concernant notre mode de développement capitaliste à l'occidental, basé sur la surpopulation, l'hyper-consommation, l'individualisme, les voyages tous azimuts, et plus en plus adopté dans le monde. Les virus adorent le nombre et la proximité pour proliférer. La planète semble payer cash nos excès en tous genres. Ce virus serait-il sa défense vis-à-vis des crises d'urticaire et de la fièvre CO2 que nous lui imposons depuis deux siècles ?

Beaucoup d'aspects de nos modes de vie seront sans doute réévalués :

- ce sera bien sûr le cas des chaînes d'approvisionnement de la mondialisation, de l'industrie hôtelière et du transport aérien.

- les modes de travail, d'enseignement et de circulation 

- cette piqûre de rappel ne sera pas oubliée : plus jamais les pays qui en ont les moyens ne se mettront en position de faiblesse vis-à-vis de futures épidémies. Outre les milliards de masques et les milliers de lits en hôpital supplémentaires, chaque zone (Etats-Unis, Europe, Asie, Chine) voudra sans doute développer "son" vaccin de façon à en avoir la maîtrise. Fabriquer un vaccin pour le monde deviendra de fait une arme bactériologique... La France est très bien placée dans le domaine de la santé.

- consommer mieux et moins, voyager moins ou moins loin, repenser les migrations vers les villes, penser plus aux problèmes des autres, coopérer plus entre pays seront-ils à l'ordre du jour, une fois le ou les vaccins trouvés (dans au moins un an) et distribués et la population mondiale immunisée ?

On peut en douter, connaissant la nature humaine et la complexité de nos systèmes. L'humanité en a vu d'autres et a toujours progressé. Seules une deuxième vague significative de ce virus ou d'autres virus et une forme de coercition anti-démocratique à la chinoise le permettraient. Les années vingt du XXIe siècle seront-elles baptisées par les historiens les "Années Covid"?

HOMO TOURISTICUS COVIDUS

Inévitablement, la propagation, comme cela a été le cas, à juste titre, pour la peste noire et la grippe espagnole, sera imputée aux voyageurs modernes et à leurs outils comme les avions, les musées, les restaurants, les sites touristiques surpeuplés, Expedia, Tripadvisor, Airbnb... Il sera difficile de nier l'évidence. Il y a bien sûr d'autres causes comme l'impréparation des systèmes de santé ou la surpopulation dans certains pays ou endroits, mais elle sont plus diffuses et politiquement incorrectes. Les voyageurs, que ce soit pour le tourisme ou pour les affaires, sont encore en minorité dans le monde et pourront être considérés par la majorité sédentaire et connectée aux réseaux sociaux comme les privilégiés de la mondialisation. D'excellent boucs émissaires !

Le tourisme est vital pour de nombreux pays, surtout les pays en voie de développement ou pauvres. Il correspond environ à 10% de la richesse mondiale produite, voire plus pour certains pays, notamment certaines îles paradisiaques (50%). Les gouvernements peuvent-ils se permettre de tuer une telle poule aux œufs d'or, en faisant exploser le chômage local d'autant, à moins d'imposer en substitution le tourisme national (impossible pour les pays pauvres), comme cela semble être le cas pour le reste de l'année 2020 dans les pays riches ? Il y aura une concurrence dans ce domaine, certains pays nécessiteux étant moins regardants, mais quid du retour chez soi ?

Le tourisme à outrance, outre la dégradation de nombreux sites touristiques, inflige également des dégâts sur l'environnement et les écosystèmes notamment à cause des émissions de gaz à effet de serre et de la gestion de l'eau, problèmes occultés pour le moment pour les mêmes raisons évidentes de protection de l'activité économique. Nous accélérons ainsi les problèmes posés par le rapprochement de l'homme avec les animaux sauvages, surtout les chauve-souris volantes, porteurs de virus.

De nombreuses questions se posent donc :

- avant de quitter le territoire national, les voyageurs devront-ils montrer patte blanche, c'est-à-dire un certificat de non contagiosité plus ou moins fiable ? Idem à destination où, en cas d'incertitude, une "quatorzaine", version réduite de son efficace ancêtre, la quarantaine, pourrait-elle leur être imposée et facturée ? On voit immédiatement l'impact sur un voyage de courte durée. La libre circulation permise par le traité de Schengen semble d'ores et déjà être remise en cause jusque fin 2020.

- une taxe Carbone, une taxe Corona, des sérodiagnostics "HN" comme les rayons X deviendront-ils la norme à la traversée de frontières, même au-delà des périodes de confinement ?

- des groupes de pays vont-ils créer des bulles étanches pour certaines périodes (Océanie, Europe, Etats-Unis - Canada). En l'absence de vaccin(s), il faudra attendre dans certaines zones encore peu atteintes, comme la côte Atlantique française,  5 à 10 ans pour bénéficier de l'immunité de groupe. 

- les pouvoirs publics vont-ils exiger la condamnation d'un siège sur deux dans les trains, bus et avions. On voit tout de suite l'impact sur le prix d'un voyage même proche, le réservant ainsi à une bourgeoisie aisée, enviée et honnie, comme au XIXe.

- l'accueil sera-t-il toujours aussi agréable si les populations locales payent un lourd tribut ? Le masque sera-t-il imposé parfois, comme actuellement le tchador ou certains vêtements ? "Haut les masques" sera-t-il le mot de bienvenue ? Bonjour la convivialité !

- les voyageurs accepteront-ils de dépenser plus et mieux, selon leurs moyens ?

- certains voyageurs, repus (pour les heureux anciens) ou non (pour les plus jeunes), craignant le terrorisme rampant, conscients de leur impact évident sur l'environnement et potentiel sur la santé des autres, vont-ils se réfréner en voyageant moins loin, voire s'auto-confiner dans leur pays, avant que cela leur soit imposé, ici ou ailleurs ?

- le "télévoyage" ou voyage virtuel sera-t-il développé, à l'instar des visites virtuelles de musées, grâce aux nombreuses webcams déjà opérationnelles ? Allons-nous devoir nous contenter de nos vieilles photos ou diapos ou de e-magasines pour voyageurs confinés ?

- serons-nous des téléspectateurs des reportages de Tesson, Lévin, Franceschi et autres aventuriers modernes télégéniques qui seraient régulièrement élus pour voyager à notre place, une sorte de députés pour le voyage, à l'instar des romanciers ou écrivains voyageurs du passé comme Homère, Verne, Loti, Flaubert, Chateaubriand, Nerval, Dumas et des peintres voyageurs comme Delacroix, Gauguin et de nombreux peintres orientalistes ?

CONCLUSION

Les voyageurs sont à la croisée des chemins et de décisions dont ils ne sont pas maîtres mais ils devront être exemplaires. Ils ne pourront pas manifester en brandissant leurs valises et leurs sacs à dos comme des cheminots ou des "Gilets Jaunes" pour arriver à leur fin.

L'âge d'or du voyage populaire semble avoir été la période 1970-2020. Bienvenue dans l'air et l'ère du Covid 19 et ses 50 cousins recensés dans les chauve-souris, toujours en embuscade !

< Patrick Kernen (75)

jeudi, 07 mai 2020 14:32

L’envol maladroit d’une paonne

Un atterrissage en urgence ou le rapatriement d’une Française en Inde.

Ce qui peut nous rendre dingue d’aventures, qu’elles soient à l’autre bout du monde ou à 10 km de chez soi, c’est le processus d’élaboration pré-voyage et son rendu vécu sur le terrain, à adapter avec soins. Six mois déjà que je me bourre le crâne avec ce voyage de 3 mois et demi dans 3 pays d’Asie où j’avais déjà posé le pied 3 ans et demi auparavant : l’Inde, le Népal et la Corée du Sud. Fière de moi, j’avais tracé mon circuit dans le Nord de l’Inde pour cibler les différents spots touristiques -ou non, tout en m’octroyant une marge de manoeuvre pour se laisser guider sur place.

Je m’étais aussi engagée dans un projet personnel : franchir le pas pour partager des aventures et ce que l’on en ressent. Ce n’est pas chose aisée lorque l’on souhaite que celles-ci deviennent plus accessibles, procurent des sensations d’ailleurs et qu’elles mettent en lumière les multiples visages bienveillants rencontrés. Terroirs de Merlusse est né! (merlusse.net)

Première visite dans une des mégalopoles les plus oppressantes et les plus chaotiques du Monde : New Delhi. Il y a toujours un temps d’acclimatation cérébral avant d’embrasser l’atmosphère d’un nouvel environnement. Et c’est encore plus vrai lors de la perte maladroite de ton smartphone- élément indispensable en Asie de nos jours- puis, de l’annulation du séjour de deux semaines dans une école où tu voulais t’engager. Tu maintiendras ton expédition en bus de nuit Delhi-Dehradun et tu seras heureuse de faire la connaissance de deux pépites de jeunesse, Abhishek et Dipanshu. Une jeunesse ouverte aux nouvelles technologies, plongée dans ce secteur professionnel prometteur; celle pour qui Internet a complètement destructuré et revisité leurs codes indiens. De 5 ans tes cadets et issus d’une génération asiatique hyper-connectée, tu accuseras le coup d’être l’historique Européenne en quête de déconnection.

La porte du cimetière chrétien s’est ouverte sur un décor léger de pierres tombales enfouies dans la verdure. Les aboiements de chiens qui commencent à se rassembler autour de toi, te renvoient à tes réflexions : tu seras toujours entourée, plus ou moins hostilement, sur ces terres surpeuplées.

Le sud de Delhi t’accueillera avec plus de douceur que la version précédente de Paharganj, même si au cours de ta visite à Sanjay Van, un parc désert de fraîcheur forestière, les policiers t’expliqueront qu’il n’est pas prudent de faire une pause sur un banc de plus de 15 min sous peine de se faire égorger!

J’entends au loin des échos du coronavirus. Mes poumons absorbent les particules fines de la pollution faisant partie intégrante du tableau desi.

Changement de plan : la route pour aller te perdre chez un hôte direction Himachal Pradesh te sera bloquée. Jaipur te semble une destination fiable pour rester une dizaine de jours. Il est vrai que  c’est encore une ville qui dépassera le million d’habitants sans problème – 3 millions d’habitants- mais les richesses de la capitale rose du Rajasthan conteront les méfaits et les exploits des Rajputs. Les couleurs y seront resplendissantes, vives et chatoyantes : les vêtements scintillants glisseront sur les murs teintés du mélange terre battue orangée et sable rosé; des pointes de blanc y amèneront du relief ainsi que les piles de biscottes dorées, luisant au soleil ardent. Des noms défileront dans l’hoztel Jaipur, régi par Sid et Aimy. Egon et Martin s’étaient rencontrés en route de leur roadtrip d’un an et, avec eux, tu découvriras la cité et son coeur historique bordé de dentelles bleues et jaunes infranchissables. C’est avec un groupe d’anglophones que tu mangeras dans un restaurant ‘fancy’ d’un rooftop. Larissa et Georges seront ceux avec qui tu passeras ton début de confinement, tes moments d’indécision et tes dernières heures d’oiseau, libre de se déplacer.

Chaque voyageur se positionne à l’heure de la psychose suite à la pandémie qui touche durement l’Europe; des messages affluent via les réseaux sociaux et les discussions entre voyageurs ne cessent de tourner en rond, puis se dispersent sur l’attitude à adopter face à une situation inconnue. Je voudrais juste me déconnecter pour un jour encore, avant de sombrer dans le tsunami de deux semaines d’écrasantes informations qui s’abattent comme des vagues dévastatrices.

Réveillée à l’heure du lever du soleil, tu cherchais à aller au fort de Nahargarh à pied. Tu auras encore sous-estimé les distances indiquées par la géolocalisation et la réalité du terrain. Des entrelacs de ruelles formeront une barrière de protection de l’accès secret et alternatif à la route touristique. Ces peintures vivantes du quotidien t’apporteront une facette théâtrale des matinales de Jaipur. Vue d’en bas, la forteresse semble inaccessible surtout lorsque tu te confronteras à la masse beige rocailleuse d’un pan de monts Aravalli, chaîne qui traverse le Rajasthan. Le soleil est déjà haut dans le ciel à 9h30 : on reviendra pour l’ascension de ce joyau défensif, qui brillera aux premiers ou derniers rayons du soleil, la meilleure lumière recherchée par les photographes. Tu t’étais quand même déplacée au nord-est de la ville pour t’élever un peu en altitude donc, tu profiteras de Shri Garh Ganesh Ji Temple pour admirer le panorama sur l’étendue urbaine, le Gaitor ki chetriyan qui n’était pas indiqué dans le guide de Jaipur trouvé à l’hostel et, sur la partie sauvage broussailleuse et poussièreuse emmenant les yeux vers la fameuse Amber, capitale de l’ancien Kachwaha.

C’est à partir de ce moment-là que l’engrenage du piège Covid-19 s’enclenche. Tous les jours, je compte le nombre de pays touchés par le virus, on me transfère les décisions européennes et françaises, je compte le nombre de pays fermant leurs frontières, on me demande dans quelle situation je suis : je déguste le plat indien végétarien préparé par Sid et je choisis ma destination avant le ‘test’ du verrouillage complet du pays prévu le dimanche 22 mars. Petite précision : j’ai dû éplucher une centaine de circuits possibles depuis mon arrivée en Inde jusqu’au moment où je me suis ‘fait confiner’ dans l’hôtel de l’Aerocity à Delhi (étape qui arrive bientôt dans le récit). L’hoztel Jaipur a fermé ses portes après mon départ, la mission vol express du samedi soir vers Hyderabad commence : le secteur du tourisme va subir un sacré coup économique….

Le vol détresse pour Hyderabad était une sorte d’appel à la rescousse; un lâcher-prise de la situation que tu auras voulu partager avec une âme réconfortante, celle qui connaîtrait le terrain dans la ville la plus connectée de l’Inde. Mais ce ne serait sans compter sur la paranoïa de certains, envers les étrangers, qui seraient les premiers vecteurs du virus! Aucune photo ne sera prise à Hyderabad car les sorties dérobées hors de l’étage 23, étage emboîté dans un géant étiré sur 30 paliers, se résumeront à des balades silencieuses et nocturnes en ‘scootie’. Un air d’antan, où les écrivains comme Emile Zola, décrivaient les multiples détails de la transformation de Paris, ou bien des explorateurs comme Alexandra David-Néel, arpentaient les moindres recoins d’un culte : plus tard, il faudra se rappeler l’ambiance fantomatiquement apaisante des grands axes lisses d’une citadelle où coexistent hindous et musulmans. Au bord d’un des plus grands lacs artificiels de l’Inde, Hussein Sagar, tu voudras traverser cette route immense, vidée de sa substance bruyante et dégénérée d’automobiles, pour échapper aux odeurs d’eutrophisation. Au centre, debout, une statue éclairée de Bouddha a été érigée. Dans deux jours, les vols internes seront supprimés : le pays en entier sera bloqué de peur d’une hécatombe sanitaire. Et pourtant, les chiffres des études scientifiques prouvent que la pérennité de la vie sur la planète bleue ne sera pas liée à cette mini-crise mais plutôt à la catastrophe future de la gestion des ressources naturelles, des impacts du changement climatique et du contrôle de la prolifération humaine. Réflexion omniprésente au cours de voyages asiatiques.

L’heure du confinement a sonné! Abhishek t’emmènera à l’aéroport après bien des négociations avec la police, ses colocataires et ses collègues, afin de mesurer l’ampleur des risques à prendre pour aider une Européenne à retrouver les portes de son pays - même si celui-ci est au plus mal. L’ambassade aura donné comme point de chute Delhi. Masque, OK. Température, CHECK par les militaires. Tampon sur le bras, HEIN? Si oui, il indiquera que tu auras été identifiée comme porteuse du coronavirus…. Gel hydroalcoolique. Présent dans tout l’aéroport. Le byriani commandé, plat prisé d’Hyderabad, apportera une douceur finale à cette escapade sudiste.

J’ai la chance d’avoir pris la décision d’attendre la suite dans un hôtel tout confort, qui ne me jettera pas dehors un bon matin, mais mon budget ‘confinement’ n’est pas encore défini : l’ambassade de France s’apprêtera à recueillir autour de Delhi, près de 500 personnes avant d’assurer un vol de rapatriement. 6 jours et 7 nuits, dont la dernière dans l’avion, ce sera le temps imparti à s’occuper dans l’hôtel. Cloîtrée dans ta chambre, tu sentiras approcher la Solitude, l’ombre des Français derrière l’Intimité chérie, mais aussi l’ombre de tous ceux qui ferment leurs portes empêchant l’imprégnation dans le paysage local.  En y repensant, je n’ai pas eu l’occasion de visiter les endroits photogéniques des alentours de Jaipur, ni de Delhi; j’ai ‘juste’ vécu authentiquement, en m’inspirant des quelques leçons tirées du The Alchemist (P. Coelho), donné par Georges.

Il est temps d’aller explorer les moindres recoins de l’hôtel! Dans le couloir du 3ème étage, tu tomberas sur Marine et Anthony, couple avec lequel tu t’aventureras dans les ruelles du quartier commerçant, pour un ravitaillement en produits frais. Tu rencontreras beaucoup d’étrangers errants, comparant les possibilités d’hébergement aux alentours : tu admettras que le personnel souriant de l’hôtel se démèneront pour accueillir respectablement les touristes en vadrouille, lui-même n’ayant eu la possibilité de sortir de l’enceinte du bâtiment pendant plusieurs jours. Dans la chambre d’en face, tu rencontreras deux infirmiers Jean-Michel et Emmanuelle, qui s’indigneront de la situation hospitalière française. Les 3 mois de congés sans solde, acquis par leur acharnement à la tâche des soins, aura tourné court : au bout de 3 semaines, ils se sont retrouvés à la case départ Delhi.

Cela fait 3 jours que la routine s’installe et tu es engluée dans les messages chaleureux reçus. La sortie à la supérette du coin devient une aventure épique étant donné que, désormais, les militaires surveillent nos mouvements : une sorte de protection rapprochée…. La supérette n’ouvre que pendant un certain temps et parfois, ferme ses portes devant les clients en attente en file indienne, séparés de 2m chacun – clients notamment nommés Jean-Mi et Manu, qui sont dans les starting-blocks et qui deviennent enragés à leur entrée dans la caverne d’Ali Baba. Tu sentiras une dernière fois ces odeurs chaudes, alléchantes d’épices, enivrant ton palais des 1000 couleurs avec une commande de ‘matar paneer, paratha, dal makhani’ assaisonnée de ‘curd’ et de ‘kayi chutney’. Le piment contenu dans ce dernier te montrera que ton pouvoir d’adaptation a été meilleur que ton premier voyage en Asie et qu’en 1 mois, tu as su dominer les effets d’une épice si corsée et intense.

Mes 4 acolytes et moi-même tournont à l’autodérision de notre situation et concernant ce chaos mondial : notre avion de rapatriement est prévu le mardi 31 mars à 1h du matin. Les chiffres indiquaient que 2000 français étaient encore en Inde après la fermeture des frontières, éparpillés comme des pépites de chocolat dans une pâte à brioche.

< Amandine Ladrille (69)

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