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Détour par le Swaziland

Swatziland1Un pays qu'on oublierait presque sur la carte, où les habitants vivent, sourient, s'enthousiasment, malgré la pauvreté et les ravages du sida.

Un peu tassé entre ses deux imposants voisins l'Afrique du Sud et le Mozambique, le petit royaume du Swaziland peine à trouver sa place bien qu'il ne manque pas de caractère.

Il ne mesure que 180 km sur 120 et compte 1,2 million d'habitants, dont 60 000 habitent la modeste capitale, Mbabané. Son économie repose essentiellement sur la culture de la canne à sucre et de l'ananas, sur l'élevage et sur un tourisme naissant.

Il vit sous l'autorité du roi Mswati III, monarque aux multiples épouses. Mais le pays est ravagé par le sida : 40 % des adultes sont séropositifs et les nombreux décès entraînent une baisse inexorable de la démographie conjuguée à un nombre important d'orphelins.



Sourires complices à Kaphunga.

Après un passage dans la principale ville, Manzini, nous filons pour quelques jours en direction du sud, jusqu'au village de Kaphunga. Du haut de la crête, la vue est impressionnante qui porte sur le Bas-Veld jusqu'à la frontière mozambicaine tout au fond du paysage. Quelques villages, huttes groupées en rond sur des buttes, une rivière qui serpente et scintille dans la verdure, des cultures, des forêts...

Sur un terrain en pente près du village, des jeunes gens courent derrière une balle de fortune en papier tassé. L'un d'eux se fait appeler Zidane ! Nous rendons visite à la famille qui habite de l'autre côté de la piste. La grand-mère, la "gogo", assise dans l'herbe, nous souhaite la bienvenue. C'est elle la mémoire et la sagesse de la famille. Une immédiate connivence s'établit entre elle et Pomme*, exprimée dans le même sourire complice.

Swatziland2Plusieurs enclos entourent des huttes rondes ou carrées, murs de pierre ou de branchages et toits de paille. Enclos aux cochons, aux chèvres, aux vaches, enclos pour la cuisine des hommes, enclos pour celle des femmes et des enfants. Une hutte est réservée au stockage du maïs blanc et à son broyage dans une machine à manivelle semblable à celles que l'on trouvait autrefois dans nos campagnes.

La famille, outre la grand-mère, est composée d'un homme, de deux femmes et de 23 enfants. Une des grandes filles se plaint de ce que son père a bien du mal à subvenir aux besoins de tous.

Des garçons nous interprètent plusieurs chants, dont un à la gloire de Ben Laden, héros moderne du tiers-monde. Nous leur donnons quelques emalongenis pour les récompenser de leur prestation.

La petite échoppe du village reçoit aussitôt leur visite. Alors que nous pensons qu'ils en sortiront avec une bouteille de Coca et quelques friandises, ils reparaissent en brandissant... un pain. Voilà de quoi nous remettre les pieds sur terre !

Un feu de bois cuit notre repas du soir : pap (semoule de maïs blanc), chou, poulet, tomates, oignons et haricots en grain. Nous mangeons autour du foyer ce repas de fête, puisant de la main droite, un peu maladroitement, dans notre écuelle de terre.
La nuit est fraîche sous la hutte. Nous nous enroulons dans les couvertures, glissons doucement au fil des heures vers la porte, entraînés par la légère pente.

Le bain des vaches.

Swatziland3Nous nous levons avec le jour. Linda, un étudiant swazi qui nous a pris sous son aile durant notre séjour à Kaphunga et qui nous a servi d'interprète, nous emmène assister au "bain des vaches". Celles de la communauté viennent toutes les deux semaines prendre un bain "thérapeutique" contre les tiques.

Les bovins sont conduits par les enfants de chaque famille jusqu'à une immense prairie où ils attendent leur tour, avant de défiler un par un devant une guérite où un homme note leur passage, puis patientent à nouveau dans un enclos de branchages.

Lorsque leur tour arrive, les vaches sont dirigées vers un étroit boyau bétonné rempli d'eau et de produit désinfectant. Elles sont contraintes, souvent par un solide bâton, à sauter dans l'eau puis à nager en file indienne vers la sortie.

La fosse est suffisamment profonde, sans quoi elles risqueraient de se briser une patte en sautant. Un homme régule la sortie des troupeaux guidés par un long corridor de rondins.

Des centaines de vaches sont ainsi traitées tout au long de la journée. Ça meugle, ça crie, ça éclabousse et ça rit aussi.
Prendrait-on, au Swaziland, davantage soin des bovins que des malades du sida ?

Texte et photos
Annie et Alain Charrière (73)

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