logo abm blanc
FacebookTwitterFeed
0
Panier
Votre panier est vide.

Le coin des bourlingueurs (116)

Le coin des bourlingueurs, ce sont des nouvelles d'ABémistes partis aux quatres coins du monde. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres à adhabm@free.fr !

mardi, 08 mai 2018 14:07

De retour en Colombie !


Dans le cadre de mon premier voyage en Colombie, 35 ans après mon adoption, j’ai pu visiter avec ma femme en 18 jours Bogota, Villa de Leyva, Medellin, Guatape, Carthagène, la partir Est du parc national Tairona (sur la côte Caraïbes) et la fameuse et mythique Cité Perdue (Ciudad Perdida) !

C’est donc cette dernière destination que je vais vous raconter car en tant que colombien d’origine, j’avais à cœur de découvrir cette ancienne civilisation précolombienne, fondée par les indiens Taironas au 2ème siècle. Située dans la Sierra Nevada de Santa Marta au Nord de la Colombie, longtemps protégée par la jungle à 1.300 mètres d’altitude, ce centre urbain précolombien appelé Teyuna par les indiens présente une spectaculaire architecture en terrasses ovales, d’édifices circulaires et d’un réseau de ruelles unique en Amérique du Sud.

Cette cité perdue a été découverte en 1976 par Luisa Fernanda Hererra, archéologue de l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire. Des trésors d’orfèvrerie ont été mis au jour et exposés aujourd’hui au musée de l’or de Bogota. La ville semble avoir été abandonnée à l’arrivée des conquistadors espagnols au XVIème siècle. Peu de temps avant l’arrivée des espagnols, les Tayronas avaient fondé une civilisation extrêmement évoluée, basée sur une organisation sociale et politique complexe, et sur des techniques d’ingénierie avancées. Ils vivaient sur les versants nord de la Sierra Nevada, où ils avaient établi des centaines de villages (de récentes études ont permis de localiser environ 300 villages tayronas). Du fait d’un relief très accidenté, ils durent ériger de nombreuses terrasses en pierre soutenues par de hauts murs pour y construire leurs maisons en bois et chaume. Les ensembles de terrasses étaient reliées entre eux par des escaliers et des sentiers en pierres.

La zone fut à un moment affecté par le conflit armé colombien entre l'armée colombienne, les paramilitaires d'extrême droite et les groupes de guérilla d'extrême gauche (FARC ou ELN). Le 15 septembre 2003, l'ELN kidnappa 8 touristes étrangers qui visitaient Ciudad Perdida, demandant au gouvernement des investigations sur des violations des droits de l'homme en échange des otages. L'ELN relâchera le dernier otage trois mois plus tard. Le groupe paramilitaire AUC s'autoproclamant protecteur de la région. L'Institut Colombien d'Anthropologie abandonna la zone après ces kidnappings et l'accès aux touristes fut restreint… En 2005, les parcours touristiques devinrent à nouveau possibles. L'armée colombienne patrouille activement la zone qui est à présent considérée comme sûre pour les visiteurs et où il n'y a pas eu d'autres enlèvements.

Désormais visitée grâce à quelques agences touristiques officielles depuis 10 ans environ (seulement 4 agences agréées pour entrer dans ce territoire), ce trek de 4 à 6 jours de marche est gardé par les indiens Kogis, descendants des anciens Taironas. Ils sont facilement reconnaissables par leurs tenues blanches traditionnelles, par leurs petites tailles et par leurs traits de visage spécifiques aux tribus indiennes de la région. Notre circuit organisé a été effectué avec le tour opérateur « Expotur » qui est la seule agence à mettre à disposition un interprète anglophone pour chaque groupe, en plus d’un accompagnateur local.
Elle propose des circuits de 4 à 6 jours depuis 10 ans et travaille avec des guides amérindiens qualifiés. Le circuit part de Santa Marta pour arriver au départ du trek dans le petit village d’El Mamey (Machete). Il faut marcher plus de 15km par jour et attendre 3 ou 4 jours de marche avant de gravir le légendaire mais très glissant escalier rocheux et ses 1.260 marches qui mènent au site et au niveau des premières des 170 terrasses que comptent la cité.

Le premier jour de marche est très éprouvant car il fait très chaud avec nos petits sacs à dos de 5 à 10kg. Il est fortement conseillé d’apporter le minimum mais il faut bien un peu de nourriture, d’eau et d’affaires de rechange… Le sac de couchage n’était pas indispensable par exemple. Les produits anti moustiques locaux ont été efficaces mais n’ont pas empêchés les nombreuses piqures de moustiques pendant le trek (surtout en bas des jambes !), de jour comme de nuit…

Nous partons avec un groupe de 10 personnes (dont des français, des danois et des hollandais) + nos 2 guides vers ce sentier boueux et effondré, entouré d’une végétation luxuriante et d’une rivière grondante que nous traverserons plusieurs fois. Au départ, le chemin est large, le panorama dégagé, on peut voir loin et le paysage montagneux est très beau. Toutes les 2 heures, nous faisons une halte pour boire et manger des fruits. Petit à petit le sentier grimpe, les paysages changent et alternent entre une végétation épaisse et fournie et des champs. Des huttes sont disséminées, il s’agit des habitations des Kogis, le peuple indigène de la région. Ceux qui sont à ce niveau- là de la Sierra sont en contact avec la population colombienne et les randonneurs. Ils ont des chevaux et les utilisent pour aller chercher des produits dans les villages.
En fin d’après-midi le chemin devient couleur rouge/orange (on se croirait à Madagascar) et descend abruptement vers une rivière et un campement. Première halte dans notre camp du soir après cette première journée éprouvante pour nos jambes. Ces camps ont été créés par les agences de trek accréditées et elles sont gérées par des familles Kogis, ce qui leur assure un revenu et améliore ainsi bien leurs conditions de vie. Ils sont équipés de cuisines, de douches et de dortoirs où dormir. L’eau potable est fournie dans chaque camp, ainsi qu’un déjeuner et dîner. Nous serons récompensés de nos efforts en étant les premiers à aller se rafraîchir le corps dans une belle piscine naturelle et cascade à proximité du camp. Les autres groupes nous y rejoindront juste après. Le soleil se couche vite et la soirée nous permettra de mieux connaître les français et les guides. Surtout le guide espagnol qui parle anglais et qui va nous raconter son histoire personnelle émouvante fortement liée à l’histoire de cette région. Réveil à 5h du matin après une nuit légèrement agitée par le bruit de la rivière et par les lumières du camp et le bruit des chiens qui m’empêchent de dormir…

2ème jour de marche et les seules personnes que nous pouvons croiser sur notre chemin, mis à part les 4 autres groupes d’Expotur qui sont partis le même jour que nous, sont les paysans locaux, quelques soldats colombiens et les indiens Kogis. Sur le trajet, on trouve des aires de repos qui proposent des produits locaux (jus de fruits, fruits, sodas, nourriture et artisanat local), des petits restaurants de qualité et des hébergements confortables (choix entre lits et hamacs). Petit à petit nous découvrons l’environnement magique. La forêt et les montagnes sont noyées dans le brouillard percé par les rayons de soleil qui donnent des couleurs éclatantes. La marche est longue, le sentier va en zigzag mais la difficulté vient du dénivelé (nous montons et redescendons sans cesse) et surtout de la chaleur humide qui augmente au fur et à mesure de la journée. L’environnement est de plus en plus sauvage et la végétation dense et nous montons toujours. Finalement nous arrivons devant un village isolé d’indiens Kogis constitué de grosses huttes rondes en bois et de toit de feuilles de palmes. La plus haute et grande appartient en général au chef spirituel une sorte de chaman, appelé « mamu ». Ses connaissances en médecine naturelle sont importantes et reconnues, il est aussi le guide de tous pour la tradition et la transmission de la culture.

En milieu de journée, nous arrivons à un campement pour le déjeuner et nous allons nous baigner dans la rivière un long moment. L’après- midi nous continuons notre marche. Les corps souffrent, nous devons faire des haltes très souvent pour boire et pour souffler. Le soir, nouveau campement et nouveaux échanges avec le groupe pour mieux connaître nos compagnons de trek, sauf le petit groupe de danois qui préfèrent rester entre eux. Nous ne leurs en voudrons pas car ils se sont retrouvés ici en Colombie pour profiter de quelques jours ensemble avant de se séparer après le trek.

Le 3ème jour de marche est prévu pour la découverte de la Cité Perdue. Nous débutons difficilement, et devons traverser la rivière à plusieurs reprises parfois à l’aide d’une corde car, bien que le niveau de l’eau soit faible cette année, il est arrivé lors d’un débit de l’eau plus important que des touristes soient emportés et donc les guides prennent toutes leurs précautions.

Enfin commence la montée. Des centaines de marches dans la pierre vont nous amener aux ruines de l’ancienne cité. Après un ultime effort, nous arrivons au sommet et là c’est une succession de terrasses que nous découvrons. C’est vraiment magnifique et émouvant ! Nous oublions les efforts et la nuit difficile. Sous ces terrasses se trouvaient les habitations, les tombeaux et tous les monuments des Tayronas ainsi que leur trésor. Il y a peu de ruines mais c’est l’ambiance qui se dégage et la beauté du site avec les terrasses qui se suivent, qui sont remarquables.

Dans cet environnement naturel un peu mystique, il y a aussi la réalité : quelques militaires sont là en permanence pour veiller au lieu, mais également sur les randonneurs…

Après un bon temps de contemplation, il est l’heure de repartir, à nouveau les marches plus difficiles à descendre qu’à monter du fait de leurs surfaces très glissantes, à nouveau la rivière à traverser plusieurs fois, à nouveau les montées et descentes dans la chaleur de la forêt humide.

La randonnée se poursuit donc jusqu’au soir où nous passons notre dernière nuit en campement.

L’ultime jour du trek, nous démarrons très tôt car de longues heures de marche nous attendent. Nous devons faire le trajet inverse car il n’est pas possible de rentrer de la Cité Perdue par un autre chemin. Ce qui n’est pas dérangeant car sinon, cela voudrait dire qu’il faille aménager un nouveau chemin de retour dans la forêt sauvage… Ce qui n’est donc pas forcément du goût des locaux qui ne veulent sûrement pas que leurs terres et ce site sacré soient envahies de touristes et de complexes hôteliers…  

La Ciudad Perdida n’a pas vocation à ressembler au Machu Picchu en y subissant les mêmes conséquences écologiques désastreuses… Petit à petit nous nous rapprochons de la civilisation, de la maison des guides, et de l’arrivée. Tandis que des gens d’autres groupes font la course pour arriver les premiers, nous marchons sereinement et tranquillement, fiers de terminer ce trek mémorable ! Il y a une quinzaine d’années, il fallait 21 jours pour l’atteindre. Aujourd’hui en moins d’une semaine, les 60 kilomètres sont parcourus. Demain probablement et malheureusement si des mesures de protection ne sont pas prises, si les indiens ne sont pas entendus et défendus, des grands sentiers pourraient être faits dans la jungle, l’idée d’un téléphérique a heureusement été abandonnée. Les colombiens voudraient que le site devienne aussi célèbre que le Machu Picchu au Pérou…

Espérons que cela ne soit pas le cas et que cette cité perdue garde ce mystère et son charme le plus longtemps possible !

Nous récupérons nos gros sacs à El Mamey et nous profitons d’une dernière pause déjeuner bien méritée ! Notre petit groupe reprend la jeep qui repart à Santa Marta et faisons nos adieux à nos 2 super guides et à nos compagnons de trek au moment où le 4 x 4 nous dépose dans notre Finca qui se situe juste à l’extérieur du Parc National Tayrona, sur la Playa Los Naranjos. 2 nuits de repos bien mérité dans ce cadre spectaculaire où le Rio Piedras jaillit de la Sierra Nevada pour se déverser dans la mer des Caraïbes, avant de retourner à Bogota et de s’envoler pour la France avec de nombreux et merveilleux souvenirs pleins la tête de ce pays en pleine reconstruction et en plein essor économique et touristique !

VIVA COLOMBIA !

> Julien Kerisel

lundi, 09 avril 2018 18:20

Impressions cubaines

Après deux semaines à Cuba il me reste une sensation étrange, faite de douceur et de peine.
Un soleil éclatant (25/30 d°) inonde ce pays/île, attachant, resté figé dans les années 50, pour notre plus grand bonheur à nous touristes. Les cubains sont "muy amables", souriants et pacifiques (ici je n'ai ressenti aucun racisme même si, à y regarder de plus près, les difficultés semblent croître avec la couleur noire de la peau !) Il y a tous les métissages possibles !

Les slogans révolutionnaires auxquels je suis indifférente ou tout au plus curieuse, fleurissent encore sur les murs délabrés et les panneaux de bord de route. Et tout ce qui peux ou roule...  avance ! voitures vieilles souvent russes, ou américaines magnifiques, âgées de plus de cinquante ans, chevaux attelés à des carrioles, camions transformés en bétaillère humaine, cavalieros aux sombreros, side cars, vélos et j'en passe. Et beaucoup vont à pied ! Ceci pour les villes car en dehors les routes sont désertes ou presque. 

A l'abri du soleil sous un pont par ex, les mains se lèvent avec espoir et détermination car le transport est un vrai problème ici : facile pour les "ricos" que nous sommes (qui payent par exemple un trajet de 100 km le prix d'un salaire mensuel là-bas avec cette double monnaie qu'est le CUC pour nous et les pesos pour eux et auxquels je n'ai pas eu accès (1€=environ 1 cuc, pratique !) qui ont leur bus climatisés à horaires respectés. Les cubains manquent de tout sauf de "scolarité" et le monde des pesos et celui des Cuc se côtoient sans jalousie apparente bien que tout cubain essaie d'en récolter ; ceci fait que les propositions de repas sont nombreuses et insistantes (au lieu d'aller dans un resto. chaque chambre d'hôte vous propose le dîner pour environ 12€).

Les années soviétiques ont laissé un sens du partage entre cubains, mais aussi la délation, par ex. en ce qui concerne les chambres d'hôte par ex. ; à ce propos il y en a partout ; certains cubains ont de sérieux problèmes financiers car ils ont misés sur la venue des américains mais D. Trump a sabré leur venue ; nous n'en avons pas rencontré et ils passent toujours à nouveau par le Canada ; Les maisons sont si belles et leur murs souvent délabré, et on y voit des monuments énormes comme ce Capitole (20 cm de + que l'américain !) ou d'autre de style sovietique. Les nombreuses maisons à colonnes essaient d'être retapées avec amour, des bâtiments art deco datant des années "américaines" bordent des rues en piteux état,  .etc...

cuba 1 285LA HAVANE en est le plus grand conservateur et une visite de la ville surtout le long du Malecon, fouetté par de fortes vagues, dans une de leur belles mustang rouges est un régal. Dans cette ville la pollution est maximale. Si plein de gens sont assis à même le sol avec des tel. portable c'est que sur qlq mètres il y a internet. A une centaine de km de là, VINALES, belle petite ville dans une verte vallée (classée au Patrimoine de l'Unesco) nous enchante et nous permet d'embarquer pour CAYO LEVISA. Mer transparente, turquoise et poissonneuse, plage de sable blanc scintillant vont de pair avec leur délicieuses pina colada. Puis le taxi collectif nous amène à  CIENFUEGO qui offre ses maisons coloniales dont l'une magnifique, oscille entre château arabisant et style art deco. Petit tour de 150 km par la montagne :   villages en désordres, un peu plus de slogans révolutionnaires, palmiers et toits de chaume, chiens errants comme partout,  ...  nous arrivons à TRINIDAD.

Belle ville coloniale, au charme indéfinissable et pleine de touristes qui foulent ses ruelles pavées aux nombreuses boutiques de souvenirs. Deux vieux cubains fument le cigare assis à même les marches de la Plaza Major. Ne pas oublier les cigares !! (salaire mensuel à la fabrique : 40cuc  mais ils peuvent vendre personnellement un certain nombre de cigares toutes les semaines. Ai-je parlé de la couleur qui est partout, qui masque peut-être la grisaille politique, le bleu majorelle côtoie un rose fushia ou un vert ou jaune, appliquées tant sur les choses roulantes que sur les maisons. La végétation elle-même semble plus colorée ;  La musique est partout ainsi que la salsa (delante ! detras! a été pour moi un apprentissage en mouvement") quoi d'autre ne pas oublier... la qualité des repas, fruits et légumes non falsifiés, pas de poissonnerie mais poisson et homard dans l'assiette ; d'où vient-il ? de la mer cubaine sur laquelle on ne voit aucun bateau !

CUBA ?  J'adore ! belle, pauvre, privée de liberté et pacifique est UNIQUE !


> Note: nos hôtes charmants Arun, Juana, Maria, Anna, Alex ; Merci ; Hasta luego y buena suerte

> Geneviève
jeudi, 29 mars 2018 10:53

Les Afar du Danakil (Ethiopie)

> Les Afar

Bien que partagée en différents clans antagonistes, cette population reste très homogène.
L'immense majorité se disperse sur le territoire désertique et aride du nord/est de l'Ethiopie, avoisinant les 50° centigrades au cours de la saison sèche.
La dépression du Danakil, 116 m. en-dessous du niveau de la mer, constitue le point central de leur territoire.
Ils sont de confession islamique sunnite et la loi du talion est toujours appliquée.
A 15 ans, les garçons sont circoncis, les jeunes filles subissent l'excision et l'infibulation.
Ils sont majoritairement pasteurs semi-nomades, d'autres arrachent le sel des plaines torrides du DALLOL, sel en plaques acheminé par d'impressionnantes caravanes de dromadaires vers les hautes terres.
Pendant longtemps, cette zone considérée comme hostile et dangereuse à tenu les voyageurs à l'écart et continue à inspirer une crainte certaine parmi les Ethiopiens.
De nos jours, un circuit touristique sous contrôle AFAR, est autorisé par l'Etat
AFAR duquel il ne faut pas s'écarter sous peine de lourdes sanctions. Le fait d'être porteur d'un permis de visite émis par le Gouvernement AFAR n'est pas toujours suffisant. La légendaire hostilité des populations AFAR se vérifie par ce qui suit : Le 03 janvier 2018, un allemand n'ayant pas respecté certaines règles AFAR a été abattu.

> Au contact des Afar

Fascinés par ces contrées hostiles, un vol nous dépose à MEKELE, aux portes du Danakil. Après plusieurs jours de recherches intenses, elles nous conduisent vers une personne influente de la ville qui nous invite à déjeuner à sa table VIP.
Après plusieurs heures de discussion tout ce qui est « laissez-passer » et intendance est réglé par notre interlocuteur.
Deux jours plus tard la traversée du Danakil nord/sud débute.
Il est mis à notre disposition, 2 policiers AFAR armés de Kalachnikov, 2 véhicules 4X4, 1 cuisinier, 2 chauffeurs.
En cours de route nombreux sont les AFAR portant des armes identiques.
Seuls, les policiers nous accompagnant pouvaient s'engager à pied sur le territoire des villages où ils demandaient l'autorisation de notre venue qui était accordée pour une heure, la matinée, la journée ou pas du tout. Les policiers réglaient ce qu'ils pouvaient mais ne dépassaient aucunement les limites autorisées.
Pour ma part, on m'a fait comprendre que si je prenais des photos non autorisées on me couperait la tête...
Tout cela précise, qu'une traversée nord/sud du Danakil sans le concours de représentants AFAR est tout à fait impossible.
Nous évoluons dans des zones où une autorisation spéciale est indispensable.
Pourtant, rarement il nous est accordé de dormir sur le territoire d'un village aussi, nous rapprochons-nous des sites autorisés au tourisme pour le faire.
Sur le tracé de notre parcours, nous montons la nuit au volcan ERTA ALE et on en redescend à 5 h. du matin avant que la chaleur nous accable.
Le jour se levant, on découvre que de nombreux militaires sont embusqués tout le long du parcours contrôlant les visiteurs par l'intermédiaire des guides. Ceux n'étant pas dans la légalité risquent tout simplement la mort.
Etonnamment, dans un village nous sommes accueillis avec beaucoup d'enthousiasme.
Une peau de tigre, récemment abattu, est exposée debout sur le bord de la piste.
Un AFAR gesticule autour nous montrant les orifices par lesquels les balles de sa Kalachnikov ont pénétré. Il nous fait comprendre que malgré cela le tigre l'avait terrassé et qu'il avait pu lui tirer une balle dans la tête malgré sa position désavantageuse. Tout le village traitait cet homme en héros.

> Les forçats du sel dans la dépression du Danakil

Le 5ème jour du périple nous nous dirigeons au plus profond de la dépression du Danakil à DALLOL à la rencontre des forçats du sel. Il se situe sur le circuit touristique où les visiteurs séjournent de 1 à 2 heures. Nous y resterons 2 jours.
Le 1ier jour, nous resterons discrets distribuant des cigarettes, des casquettes, du pain, des graines, de l'eau et d'autres objets de pacotille de manière à installer un contact amical. J'irai même les aider à transporter des plaques de sel. Le lendemain, j'étais autorisé à prendre des photos et des images.
Les dromadaires chargés de plaques de sel, les uns derrière les autres, quittaient la mine en impressionnantes caravanes. Autorisés à les accompagner, puis à les conduire en cheminant devant, nous avions l'impression de vivre un rêve.
En fin de journée au coucher du soleil, en cheminant en bordure d'une mer de sel, les caravanes constituaient un spectacle fantastique.
Nous étions entourés d'hommes portant des Kalachnikov en bandoulière. Les rayons du soleil couchant projetaient des ombres hallucinantes.
Véritable privilège vécu par des êtres venant d'un autre monde !

> Traversée de la partie sud du Danakil

Le lendemain, nous entamons la 2ème partie de la traversée du Danakil en direction du sud.
Le regard se perd au loin sur une immense plaine désertique. On emprunte une piste rectiligne traversant un désert aride où dardent les rayons du soleil. Cet itinéraire menant à SERDO, à proximité de Djibouti, n'est quasiment utilisé que par l'armée AFAR.
Les quelques villages rencontrés sont constitués de petites huttes rondes très calfeutrées, mais les 40° centigrades extérieurs transforment ces huttes en véritables fours solaires.
Bien qu'étant précédés par nos représentants de la loi, nous essuyons plusieurs refus de pénétration dans les villages.
Rencontrant un homme boitillant, il nous vient à l'idée que Christine faisait partie du personnel soignant des hôpitaux de France et transmettons, par l'intermédiaire de nos policiers, cette nouvelle aux AFAR.
Christine soigne cette personne blessée, et d'autres encore, ce qui nous permet de nous introduire dans les villages pour soigner les souffrants, obtenant ainsi le contact avec la population, mais aussi l'autorisation de prendre des images. Après 2 jours passés dans cette configuration, nous constituons un véritable trésor d'images !

> Conclusion
Atteindre SERDO signifie que la traversée du Danakil est réussie.
Véritable privilège !
Il est certain que le séjour vécu au Danakil constituera une étape importante de notre vie de bourlingueurs.

Maurice Thiney (21)
vendredi, 23 mars 2018 10:59

Aux sources du Mekong

François revient d'un périple en Asie du sud-est, il nous en dévoile les contours :

 Bangkok

Premier matin à Lamphu house, notre guest-house, près de Khao San Road, le quartier routard du centre de Bangkok. Nous sommes arrivés hier soir après 15h 30 de vol, dont une escale à New Delhi, et je ne sais plus combien de décalage horaire.

La cour est sympa avec des fauteuils en rotin, des buissons de fleurs et de verdure et des chats maigres, siamois évidemment. Elle est vaste cette cour, à peine occupée par quatre ou cinq mobylettes, quelques vélos, une voiture dans un coin, et ombragée. Quelques westerners sont accrochés à la Wi fi et à leur téléphone qui charge, exactement comme moi. Les tous petits enfants du personnel tournent en rond sur leurs vélos. L’odeur est chaude, moite comme tout le reste, un peu boisée aussi, c’est incroyable en centre-ville, un peu café allongé, ça c’est le bar juste à côté de moi, un peu baume du tigre, rapport au salon de massage dans le passage d’entrée. Le ronronnement incessant vient des ventilos et de la ville tout autour.

Un scooter vient de rentrer dans la cour, « Airport... airport... » annonce le gars. Un jeune couple avec deux sacs à dos conséquents l’appelle et ils le suivent. Non ce n’est pas possible, l’aéroport est bien trop loin pour le scooter... ok, il va simplement les diriger vers un bus forcément garé en dehors des rues grouillantes d’ici.

On a envie d’utiliser les navettes fluviales pour se balader dans Bangkok, on a envie du paysage de buildings au loin et de boui-boui sur pilotis tout près, du va et vient des bateaux tout fins qui filent, des trains de trois ou quatre grosses barges tirées par un petit remorqueur. Vaguelettes d’eau marron et grosses touffes vert brillant de lotus flottants. Une fois que l’on a repéré l’accès aux pontons, plutôt dissimulés dans des ruelles encombrées d’étalages de souvenirs, on n’utilise plus que les navettes et aussi beaucoup la marche à pied, largement dix kilomètres chaque jour au compteur de pas.

Le grand palais royal, What Phra Kaeo, est pas mal, à la fois kitsch et somptueux, avec de grands stupas dorés.
Le grand bouddha allongé du What Pho est vraiment sympa, on en fait le tour lentement, après s’être déchaussés bien sûr. Sourire goguenard de cet énorme bouddha lui aussi doré, que l’on voit de très près. Il est impressionnant, un peu à l’étroit dans son temple. Beaucoup de touristes, dans une ambiance respectueuse. Le cliquetis des piécettes qui tombent dans les vases d’offrandes tout le long de la galerie, on peut acheter un petit bol de piécettes pour 20 baths.

CuisineLes deux rues du quartier de Khao San Road s’animent le soir, c’est une succession de restos, de bars plus ou moins clinquants, de néons, de boutiques de fringues, de tatoueurs. La rue est pleine d’une foule de vendeurs qui interpellent gentiment, de stands de brochettes, de cuisines à roulettes de soupes de nouilles ou de brochettes, de vendeurs de scorpions grillés en mini brochette, à manger peut-être ou à garder comme trophée ?

On observe la foule des touristes, plutôt jeunes, en débardeur, une bouteille de bière à la main, souvent lourdement tatoués, barbe de quelques jours, suants. Il y en a de plus âgés, bedonnants, plus fatigués, les tatouages délavés par les années, toujours suants. Je suis content d’avoir échappé au tatouage.

On repère des groupes de chinois, qui suivent sagement leur guide. Stéphane me fait remarquer de très très jeunes filles asiatiques, chinoises ? Peut être coréennes ? proprettes et autonomes, une glace au lait de coco à la main, elles s’amusent aux portraits avec leurs portables sur manches télescopiques.

Demain départ pour Ayutthaya, d’abord traversée de Bangkok en navette fluviale, puis un ou deux kilomètres de marche sac au dos en ville, puis deux heures de train omnibus.

Lop Buri, 140 km de Bangkok.

Comme Ayutthaya hier, Lop Buri est une ancienne capitale du royaume du Siam.
C’est là qu’en 1675 a été reçu très favorablement une ambassade de Louis XIV.
Du coup cela mérite bien une petite visite au musée national de Somdet Phra Naraï, au centre de la ville historique, dans une large boucle de la rivière.
Le musée montre l’implantation humaine depuis l’époque de la pierre taillée, puis l’âge du cuivre... jusqu’aux splendides petits royaumes rivaux de cette grande plaine de culture du riz, au centre des multiples royaumes guerriers de l’ensemble de la péninsule indochinoise.
On nous explique que l’influence des khmers d’Angkor diminue au cours des siècles et que les birmans prennent de plus en plus d’influence à coup de destructions de villes.
Lop Bhuri
Beaucoup de statues de Bouddha dans le musée, en pierre, en bronze, assez grandes ou minuscules amulettes : on finit par reconnaître le sourire « Khmer » des statues : bouddha au visage carré, bouche large et chignon de lotus sur le sommet du crâne.

Les palais en ruines de Lop Buri, en briques rouges, gardent une disposition carrée, une enceinte et quelques stucs qui rappellent Angkor. L’enclos à éléphants est debout, bien restauré, un arbre énorme et magnifique au centre.

Mais la vraie attraction de Lop Buri ce sont les singes, des macaques, partout dans la ville. Un temple, en briques noirâtres et en ruine, leur est dédié. Ils sont vaguement protégés, et il parait qu’il y a un jour de fête en leur honneur, ils sont alors les enfants de la divinité et tout et tout. Bref une partie de la population leur apporte du pain ou des sacs de vieux légumes, une autre se tient bambou en main pour protéger son étalage, voire leur tire dessus des petites billes dures avec une kalachnikov en plastique quand ils s’approchent de la boutique.
Les touristes achètent des graines de courges pour les singes et on vous donne, en même temps que le ticket pour le fameux temple, une badine bien utile quand ils commencent à se poursuivre et à grincer entre eux ou s’intéressent d’un peu trop près à vous.

Ce matin dans la rue on était moins méfiants, et on s’est fait chaparder un sac plastique que Stéphane tenait à la main. C’était une vraie attaque, concertée à plusieurs, vaguement inquiétante. Pour récupérer nos mangues, il a fallu se disputer ferme avec un petit pas, sympa du tout, qui nous montrait les crocs.

Stéphane est ravi : nos chambres ce soir donnent sur les toits où les singes gambadent. Ils viennent grimper sur les grilles de nos fenêtres et mangent du pain dans la main.
Sous la petite pluie de cet après-midi, ils arrêtent un peu de courir sur les fils électriques en couinant, de s’épouiller avec langueur et de s’enfiler chacun leur tour, furtivement, en regardant ailleurs... pour venir se blottir tendrement tête contre épaule par petits groupes de deux ou trois, les tout petits au centre.

Noom’s guest-house est une adresse à retenir, une adresse typique routard.
Nos chambres sont à 250 baths (moins de 7 €), elles donnent sur la rue et le traffic des scooters est un peu bruyant.
Chambres spartiates, murs blanc-rose, rideaux à fleurs délavés et déco absente, les matelas sont fermes, tout est ok.

Chez nous c’est escalier en bois un peu branlant et ventilo chuintant qui tourne au plafond, mais il y a des chambres avec une vraie clim, qui donnent sur une petite cour sympa encombrée de plantes en pot, de belles verdures grimpantes en liberté, de quelques totems colorés et de vieux vélos déglingués déco.

Dans la salle de resto, boiseries défraîchies et tentures, un billard tout neuf et un piano dans un coin, mais personne ne joue pour le moment. Aux murs des publicités manuscrites pour des excursions à la journée : ni la “foot print” sacrée du bouddha, marque naturelle sur le rocher, ni la grotte aux innombrables chauve-souris ne nous tentent.

Le patron, Noom, est accueillant, les serveuses, T shirt uni et jean coupé aux genoux, sont sympas et plutôt discrètes.

Il flotte dans ma tête l’idée des années 60/ 70 et des GI’s en permission... les gars qui parlent fort et américain à côté de nous seraient les fils ? imagination !!
De jeunes hommes thaï fluets, l’air très doux, nous sourient... on évoque Proust et le mot giton, dont on a un peu oublié le sens, péjoratif ou pas trop ?

Pour nous c’est “curry porc ou chicken, sauce lait de coco légèrement spicy”, il en existe plusieurs variantes, jaune rouge ou vert, un délice à chaque fois. Pour nos voisins on voit passer l’inévitable international spaghetti bolognaise et d’énormes hamburgers frits. Bières thaï bouteille ou pression de 500 ml pour tout l’monde.

On revient surtout pour la musique des années soixante-dix ou quatre-vingt : Bob Marley, Santana, Dire strait, Steppen Wolf, Pink Floyd .... Les psychédéliques qu’on avait un peu oubliés.
Stéphane reconnaît le titre et le groupe aux premières mesures, souvent le nom du leader et même l’année, il anticipe le solo de guitare et on chantonne en cœur.

On serait bien resté une nuit de plus, mais on n’a bien sûr rien réservé, et c’est complet. Allez, on va prendre un mojito pour changer de la bière !

Jusqu’à l’arrivée à Chang Raï

Lors de mon précédent voyage en Thaïlande.... en sortant d’un petit temple isolé dans la campagne, une vieille femme vendait de petits oiseaux en cage.
Elle nous avait fait comprendre qu’il s’agissait de libérer le petit oiseau en échange d’un mérite ou d’un vœu.
J’avais été ému quand elle avait accompagné Héloïse dans son geste et que l’oiseau avait disparu dans les airs vers les grands arbres.
Le don de la vie, le don de la liberté et la façon simple d’en transmettre l’idée m’avaient touché.

J’ai retrouvé cela au marché qui entoure le temple de Way Phra Si Ratana à Phitsanulok. Ici ce sont des sacs transparents de petits poissons qui sont vendus pour être relâchés dans la rivière juste à côté, en bas d’une longue série de marches. Il s’agit de demander des grâces en les libérant : les bigorneaux pour le bonheur en amour, les petites anguilles pour chasser le chagrin et les poissons argentés pour la prospérité. Je ne résiste pas à cette idée de liberté et j’ai plaisir à voir disparaître dans les herbes les petites anguilles, surtout en hommage à toutes les anguilles fumées que j’ai dégustées.

Jusqu’à Phitsanulok, nous avons voyagé en train, deux fois deux heures puis quatre heures, très facile ! Charme désuet des wagons et des gares, ambiance bon enfant et pour se distraire les vendeurs qui déambulent dans l’allée centrale panier au bras, et qui sans arrêt proposent de l’eau, des plats avec du riz, des fruits découpés ou des sucreries un peu mystérieuses que j’ai envie d’essayer.

Aujourd’hui c’était le bus jusqu’à Chang Raï, tout au nord du pays. Les heures d’attente au départ à cause de l’horaire modifié, les huit heures de bus bruyant et les derniers kilomètres agrippés stressés dans un tuk tuk parce que trop speed le gars... pour arriver enfin au centre ville, fatigués et un peu éberlués.

On découvre Chang Raï à la nuit noire, on est crevés et je trouve la ville moche et beaucoup beaucoup trop de touristes. Je regrette Phitsanulok et sa tranquillité provinciale, quand nous étions les seuls de notre espèce.

À la recherche d’une guest house, on remonte Jet Yod road où s’alignent les bars, qualifiés joliment par le guide du routard, de bars à filles. Elles nous interpellent tout le long de la rue d’une voix un peu haut perchée « hellooo... massaaage... ». Plus imposantes que jolies, il nous faut répondre d’un geste ou d’un sourire et elles nous paraissent ... je dirais encombrantes.

Je me réconcilie avec Chang Raï pendant notre balade au marché de nuit. Il y a toujours autant de bibelots et de tissus pas vilains, beaucoup de touristes mais ce n’est pas vraiment la foule et on s’y est déjà réhabitués. Le hot-pot au porc et poulet dans un brasero en terre est délicieux et la scène de musique et de danses thaïlandaises, avec la lune presque pleine au dessus, c’est très agréable.
à suivre ....

Les gorges du Mékong

On est à Pak Beng, c’est l’étape obligée à peu près au milieu du parcours de deux jours en bateau.

Petit dej sur la terrasse de la guest-house, avec vue sur le fleuve. Café noir et cigarette locale pour Stéphane, soupe au lait de coco, avec des pommes de terre, et thé vert pour moi. Le petit chat câlin de la maison nous glisse entre les mollets.

Le soleil se lève dans la brume au dessus des collines bleutées qui enserrent le Mékong marron clair. Sur la berge en face on devine deux éléphants qui traînent avec leur maître.

Un bateau de transport descendant fait de lentes manœuvres pour accoster au port face au courant. Le port... ce sont une douzaine de longs bateaux de passagers qui paraissent accrochés en grappe, une autre grappe de transports où des hommes déchargent à l’épaule des sacs de ciment, et une large route en béton gris qui remonte dans le village.
Un minuscule speed boat aux couleurs fluos file, suivi d’une gerbe d’écume, les cinq ou six passagers portent curieusement un casque intégral, pas très rassurant.

Les brochettes fumantes et les étals des échoppes nous attirent, c’est vrai qu’il nous faut des provisions pour la journée en bateau. Saucisses et cuisses de poulet enveloppées dans une feuille de bananier, baguettes de pain héritage français, en fait plutôt une brioche allongée et spongieuse. Dans un sac plastique, une petite soupe d’épinards au gingembre, à moins que ce soit une salade, on verra bien, et des petites bananes. On s’y perd avec la monnaie laotienne, cent mille kips valent dix euros.

On est en saison sèche, la marque des plus hautes eaux est parfois huit-dix mètres au dessus. Le Mékong n’est souvent pas très large, 100 mètres à peine, mais quelquefois beaucoup plus. Les énormes remous et les contre-courants derrière chaque rocher sont impressionnants. Des amas de roches noires aiguës sont alignées dans le sens du courant, des écueils pointus à fleur d’eau. Le bateau louvoie dans le courant principal, roule un peu dans les vagues, hier je trouvais cela un peu inquiétant mais aujourd’hui ça va.

Avec le vent de la route il fait froid, pull et coupe-vent suffisent à peine. La petite fille laotienne assise à côté de moi, est enroulée dans sa couverture rose hello-kitty, elle mange des springles, elle s’ennuie. Aujourd’hui on s’est prudemment installés à l’avant du bateau, loin du moteur assourdissant et on profite bien plus du paysage.

Le fleuve tourne entre des collines escarpées couvertes de jungle un peu brumeuse, la plupart du temps c’est désert et sauvage, on suit le trajet sur la carte. On distingue des bananiers, quelques plantations d’hévéas, droits et bien alignés, déplumés à cause de la sécheresse.

Rarement un village, aux toits de tôles rouillées et murs de bambous, un marché de quelques toiles sur une plage avec les petits bateaux fins amarrés et les gamins qui font des signes. Des jardins, entourés d’une palissade de bambous entrelacés, descendent sur les dunes.

Loin des villages, on voit des orpailleuses, dans l’eau jusqu’aux cuisses, qui tournent leur battée, des vaches, des buffles blancs et des chèvres en liberté le long de la berge.

Le Mékong, paraît-il le 5 -ème plus long fleuve du monde, traverse ici un mélange de collines escarpées couvertes de jungle et de campagne perdue.

Les collines s’adoucissent, le fleuve s’élargit, et c’est toujours autant campagnard. Il est 17 h et on arrive à Luang Prabang.

Luang Prabang

Assis au pied du stupa au sommet de la petite colline de Phousi on voit bien le site de la ville : le Mékong, doré, majestueux et le méandre de la rivière Nam Kham qui enserre la ville ancienne. De la verdure partout, quelques palmiers qui flottent, de vastes temples avec leurs cours blanches et leurs toits à étages et, à perte de vue...aucun immeuble.

Sur les marches en descendant la colline je retrouve les petits oiseaux à vendre. Au plumage des ailes légèrement différent je comprends qu’ils sont « boy and girl » comme le précise la vendeuse. Aussitôt libérés les petits oiseaux s’appellent frénétiquement d’une branche à l’autre, ils se cherchent !

À Luang Prabang, quasiment pas de construction de plus d’un étage, des rues droites et des maisons coloniales françaises bien restaurées. Pour la frime, une traction avant flambante, comme neuve, est garée devant l’ancienne maison du district. Sur le fronton, à gauche le drapeau laotien, à droite le drapeau rouge faucille et marteau.

Le Palais Royal, vieillot, actuellement un musée, est fermé. Le jardin avec ses palmiers maigres, ses allées et ses massifs à peu près taillés est digne d’un film nostalgique.
Nombreux temples un peu tous identiques : la cour, le ticket d’entrée, les dragons accueillants, les logements des bonzes derrière sous des arbres, le panneau “take off your shoes “ celui avec « donation for monks ».

J’aime entrer pieds nus dans la pagode, son plafond sombre rouge et doré, ses colonnes et la forêt de bouddhas de toutes tailles debout ou assis, de chapelles, de cierges et d’offrandes, le tout surmonté par un grand bouddha d’or au sourire tranquille.

Il fait froid ici, ciel couvert, 15-18 degré, on a tous nos habits sur le dos et c’est un peu juste. On n’est pas seuls à avoir froid, sur le pas de leurs maisons les laotiennes sont accroupies ou assises sur de petits tabourets groupés autour des feux de bois, en ville autour des braseros, et les petits enfants dorment sur des nattes près des feux, enroulés dans une couverture.
Les bonzes, un bonnet safran enfoncé sur la tête, sont assis devant leur cellule autour d’un petit tas de braises, un chat s’y réchauffe aussi. Il flotte dans toute la ville une odeur de feu de bois.

On prend la pirogue passager pour passer sur la rive droite et c’est tout de suite la pleine campagne, les maisons de bois et les routes de terre. Balade dans les sous bois jusqu’à la grotte sacrée de Sakarindh : il n’y a plus d’électricité et un petit garçon nous prête des torches en plastique et nous accompagne. Temple de Wat Long Khoun, Bouddha en ciment doré et escalier qui descend droit jusqu’à la berge du Mékong. On cherche et on finit par deviner sur le mur du temple les anciennes fresques aux femmes opulentes « qui témoignent de l’illusion du monde avant l’arrivée de Bouddha dans la vie réelle » (dixit le guide).

Sur le chemin du retour on déjeune d’une omelette aux herbes dans une gargote. Odeur du feu qui couve et odeur du bois coupé travaillé : juste en dessous, des hommes scient et rabotent, ils assemblent le fond d’une pirogue.

Coucher de soleil sur les collines bleues, le Mékong et les rochers, on apprécie les sympathiques et frêles passerelles de bambou.

À peine la nuit tombée, le marché de nuit s’installe, impeccablement aligné dans la rue principale. Les étalages de souvenirs, de bibelots, d’étoffes, de cartes. On cherche quelques petites choses qui pourraient faire plaisir au retour, sans beaucoup d’énergie. Discuter, diviser le prix par deux, tout ça nous fatigue à l’avance. On aperçoit des chinoises bien plus habiles que nous, qui marchandent, s’éloignent, sont rappelées, reviennent ... et font affaire.
Les prix qui varient, les billets qu’il faut soigneusement recompter, les petites taxes à chaque entrée de temple finissent par nous agacer.

Comme d’habitude on s’inquiète de savoir où manger seulement quand on commence à avoir faim. On discute un peu du lendemain, très très peu de ce qu’on fera dans deux jours. Stéphane, guide du routard bien en main, est le maitre? de la route.

Demain matin, trois heures de minibus pour le village de Nong Khiaw au bord de la Nam Ou.
à suivre...

Treks à Noung Noï

Ce matin une heure de bateau, accroupis, serrés avec d’autres touristes, pour débarquer à Noung Noï, encore plus au nord, un peu plus en montagne. C’est la seule façon d’y arriver, même si sur la carte il existe une piste que j’évalue à 40-50 km.

Une seule rue, alternativement poussiéreuse et boueuse, beaucoup de guest-houses et d’échoppes mais pas grand chose à vendre. Le routard, toujours dans la catégorie “très bon marché”, nous guide vers chez Nickas. Un bungalow pour nous, avec balcon au dessus de la rivière, feuilles des bananiers à toucher et paysage de collines escarpées couvertes de jungle.

Grandioses ces hautes collines karstiques, avec plusieurs plans de gris bleu dans la brume. Des rochers, des pans de falaises, de grands arbres dépassent de la forêt moussue. Au pied d’une falaise on visitera la grotte où les habitants se réfugiaient pendant les bombardements américains en 67-72.

C’est exactement la couleur vert bleu et les crêtes déchiquetées des paysages d’estampes chinoises et japonaises, le symbole de la montagne. Juste devant, il ne manque ni la cabane isolée au milieu des rizières, actuellement toutes sèches, ni la famille de buffles. Une mobylette devant la cabane et un jeune homme ahuri confirme de la main quand je lui demande notre chemin.

Après la grotte, on poursuit la balade une dizaine de kilomètres jusqu’à Ban Nan. Sur la route, à chaque personne que l’on croise : « sabaïdee... » (bonjour-ça va) en trainant sur la fin, c’est notre seul mot en laotien.

Ban Nan, village Hmong aux maisons de bois sur pilotis, les murs sont en tressage de bambou. Coqs qui chantent, volailles qui grattent, chiens allongés et cochons noirs en liberté qui fouillent les ordures. Les enfants courent dans la poussière rouge et nous regardent du coin de l’œil, de loin. Deux femmes enveloppées dans leur sarong se lavent les cheveux au robinet entre les maisons.

Une bière dans la première petite échoppe. L’échoppe, c’est un volet relevé sur trois étagères, de l’eau, des cigarettes, des sachets de soupe chinoise, des rubans de dosettes de shampooing et de lessive et quantité de biscuits salés en sachet. Le vieil homme est ravi, sympa, il va nous chercher des verres dans sa maison et s’assoie avec nous. En anglais à peu près et avec les mains, on échange les informations essentielles sur la vie : nos noms, notre âge et combien d’enfants nous avons ?

Enhardis, on repart le lendemain pour une balade plus longue vers le village de Houay Bo, une autre ethnie. Marrant de traverser la rivière (petite ?) sur un pont d’un gros tronc abattu, chemin qui zigzague sur les murets des rizières à sec... on manque se perdre, sans l’aide de maps.me puisque mon portable est déchargé.

On rentre à la maison juste à la nuit tombante. Une douche bien agréable, en fait un filet d’eau un peu chaude, et on se retrouve sur la terrasse au dessus de la rivière Nam Ou, bière pour Stéphane et Lao whisky pour moi. Jeu de mémoire entre nous sur les innombrables BD, de quêtes et de luttes dans la jungle humide et hostile ; Tiger Jo, Jungle Jim, Kim Brazil.... Ceux qui savent sauront.

Van Vieng,

Van Vieng, c’est une toute petite ville entourée de belles collines déchiquetées, karstiques, couvertes de jungle, avec à peu près au centre, une large chaussée gravillonnée de 1,5 km de long, une ancienne piste d’aviation secrète de la CIA.

Il y a aussi une belle petite rivière courante, la Nam Song. Sur une de ses rives des hôtels et sur l’autre une longue plage de galets. Une ribambelle de mini terrasses de bois les pieds dans l’eau : des restos où les gens du coin viennent déguster des grillades, assis en tailleur autour d’une petite table et aussi lâcher des lanternes dans le ciel de la nuit, pour porter bonheur, bien sûr.

Ce sont peut-être nos soirées tranquilles tout près de la rivière qui nous ont fait bien apprécier Van Vieng, et rigoler de la foule de touristes.

Les jeunes touristes coréens adorent les buggys, ces petites voitures bruyantes. Ils sont sympas ces coréens, ils nous font des petits signes et des sourires malgré leur masque médical. À vélo sur les routes en terre, on arrive à leur pardonner le nuage de poussière des buggys qui nous dépassent.

Pour nous ce sont balades à vélo, grimpettes au sommet de la colline d’où la vue sur la vallée est magnifique, grottes vastes et intéressantes... et le « blue lagoon », piscine naturelle où nos amis coréens sautent et plongent en riant aux éclats, prudemment ou ridiculement équipés de brassières de sauvetage et de caleçons anti UV.

La descente de la rivière en kayak semble minable. On est un moment tenté par le tubing : descendre la rivière, doucement allongé sur une chambre à air de camion. Trop sage maintenant, me dit Stéphane, qui raconte les années folles de Van Vieng en 2005, où le tubing, arrosé de beaucoup d’alcool le long du parcours, était une attraction dangereuse ! (« I survived Van Vieng tubing ! » était la devise).

Le comble est à venir : de grands panneaux annoncent l’ouverture bientôt d’un parc aux dinosaures ? Soon opening c’est marqué !... mais personne ne sait ni quoi ni où.

*****

Mais je n’ai pas présenté « sérieusement » le Laos, et cela doit vous manquer ?

Petit pays de 7 millions d’habitants, à 70 % rural.

Petit pays arrosé par les bombardiers US. Il reste des millions de bombes à fragmentation non explosées, (UXO) toujours enfouies, plutôt du côté Viêt Nam, dans la plaine des jarres et le long de la piste Ho Chi Minh.

Petit pays enclavé entre deux puissants voisins, la Thaïlande et le Viêt Nam, chacun dix ou quinze fois plus peuplés. L’ensemble étant surmonté de l’énorme Chine bienveillante et redoutée.

Et le Mékong qui parcourt le pays du nord au sud, le plus souvent il est la frontière avec la Thaïlande. L’eau du Mékong est un enjeu régional bien sûr,

On nous parle des gigantesques chantiers d’autoroutes et de TGV qui vont traverser le Laos, joindre Kunming au Yunnan en Chine avec Bangkok et même Singapour. Ils ont démarré, capitaux chinois et chantiers chinois bien sûr, l’inauguration serait même prévue pour 2021... Il y a aussi une autoroute en projet vers Hanoï, un train et un accès à la mer avec les Viêt Namiens. Le long des routes, on voit de grands chantiers et des barrages avec d’immenses panneaux bilingues, chinois-Lao.

Notre interlocuteur, Philippe, un français installé ici depuis dix ans insiste : « cette semaine, vous allez voir, avec le nouvel an chinois... des gros 4x4 qui se suivent, avec des plaques bleues, c’est les chinois, ils viennent ici en vacances ! la frontière n’est qu’à 450 km, c’est rien !»

Ça reste très très paisible ici, et je vous souhaite à tous un très bon nouvel an chinois, avec les tambours, les dragons de papiers qui ondulent, et les lanternes rouges dans les rues.

Vientiane, la fin du voyage

Je suis à Vientiane depuis hier.
J’ai toujours bien aimé la sonorité douce et charmante, féminine, de “Vientiane”. D’ailleurs, ils écrivent « Vientiane-Capitale » sur les panneaux, pour faire un peu sérieux.

Stéphane a préféré rester plus au nord, dans la campagne, sortir du guide du routard, découvrir un bac improbable, explorer les zones les plus blanches de la carte du Laos.

Ma première visite est pour notre fil conducteur, le Mékong sur la belle promenade du centre ville. À part quelques jolis jeux d’eau, c’est un marché de nuit comme les autres, des gens du coin aussi à en juger par l’immense parking à mobylettes. Je suis un peu déçu, on est séparé du fleuve par une bande de terre herbue de 500 m de largeur au moins et l’eau est à peine visible, sans aucune activité vue d’ici.

Les noms des rues sont écrits aussi en français, c’est touchant. Des rues larges et ombragées, peu de circulation, quelques maisons du début du vingtième. J’ai lu que Vientiane est la capitale la plus tranquille d’Asie, ce doit être vrai !

Visite au Pha That Luang, grand stupa doré de carte postale, emblème national visible sur chaque billet de banque, puis au temple Wat Sisakhet, seul temple très ancien, 16ème siècle, bien restauré, et du Wat Ho Phra avec ses rangées de bouddha de bronze et de pierre aux beaux visages patinés par les caresses des fidèles.

Visite d’émotion au centre COPE qui s’occupe des victimes des bombes à fragmentation, en fait surtout du déminage des villages. Penser que des enfants, en grattant le sol pour récupérer le métal, sautent sur des bombes qui ont été larguées alors que leurs parents n’étaient pas encore nés.

Pour éviter les restos à touristes, je déjeune dans une gargote un peu sombre sur une rue transversale, ma deuxième soupe de nouilles de riz, après celle du petit déjeuner.

Agréable massage des pieds, mais j’ai beau être averti, ça fait rudement mal quand elle appuie sur la plante du pied avec une espèce de petit bâton rond...
Et la masseuse se moque de moi.

J’achète deux bouteilles d’eau et une grappe de petites bananes pour la route : ce soir je prends le train de nuit pour Bangkok... ça sent la fin du voyage.

> François Brun (Paris)
mercredi, 07 mars 2018 10:58

Bac Ha se mérite !

En effet, partis de Sapa, à 13h30 nous y arrivons vers 17 h.

Vous nous direz . Tout ça pour un marché ! Ah oui mais quel marché !

La veille, pratiquement personne dans les rues et le matin dès 6h, ils sont tous là avec toutes sortes de marchandises !

Les épices embaumante, le curcuma, les poivres noirs, gris, blancs, l’anis étoilé enivrant, et puis tant d’autres ignorées de nous, les piments par centaines de kilos. Le gingembre frais ...On n’a pas pu résisté...

Les cannes à sucre débitées à la demande ...

Les herbes fraîche, menthe, basilic......Les sacs de thé, les plantes médicinales...

Les orchidées avec leurs racines nues pour les jardins futurs.

Tous les légumes possibles! La patate douce si goûteus. Les champignons qui sont à toutes les sauces dans ce pays si extraordinaire, et les choux, matière première avec le riz pour confectionner le repas.

Deux mètres plus loin, le chanvre indigo est prêt pour les futures tisseuses ...

Vous voulez une aiguille à coudre? Regardez bien la grosseur du chat, madame!

Quelques boutons du fil ?

Et tous les vêtements et costumes possibles sont là aussi ...

Les étals de viande fraîche rapidement dégustée, aussi, sous le marché couvert, de bonne heure, le matin avec une bonne soupe...par les vendeurs de tous les horizons ....

Oui les représentants des différentes ethnies des environs sont là : les Hmong fleuris, les Dzao...

Ce sont les femmes principalement qui vendent leurs productions pendant que les hommes plus haut sont au marché aux bestiaux !

Un buffle se négocie à 25 000 000 de Dôngs (plus de mille dollars) pendant qu’un vendeur de flûte joue sans discontinuité, ignorant la foule qui l’entoure... Moment magique...


Quand on sait que le revenu minimum est de 150 euros environ, on se dit que ce n’est pas à la portée de toutes les bourses ...

Pas loin de là, dans des nasses de bambou ce sont les chiens et encore la volaille ...

Les hommes s’empressent autour du stand des araires en bois et des bâtons à accrocher aux buffles.

De grands récipients à piler, taillés dans des troncs attendent l’acheteur ....

Et puis surtout ces couleurs chatoyantes, ces tissus si particuliers, tissés, brodés ... Ces familles vacants à leurs tâches diverses et cet accueil si chaleureux...


Yes, we LOVE VIETNAM ....

                                     

>  Marie-Claire Dupont
ABM MONTPELLIER

mercredi, 07 février 2018 14:12

Ko Trong Island une belle surprise.

Située à 250 Kms au nord de Phnom Penh, soit environ 5 Heures de bus, vous débarquez dans la petite ville de Kratie. Cette ville n’a pas un grand intérêt mais elle vous permet de faire une halte sur la route du nord Cambodge.

Malgré tout plusieurs lieux y sont à découvrir. À quelques kilomètres de la ville, à ne pas rater, les fameux dauphins d’eau douce du Mékong dans la ville de Kampie. Ou encore la très belle Phnom Sambok Pagoda qui vous donnera une bonne séance d’exercice avec ses 300 marches.

Mais le vrai intérêt de ce stop est la découverte de la fameuse ile de Koh Trong coincée entre deux bras du Mékong. Petit coin de paradis encore bien préservé du tourisme de masse.

L’ile se trouve seulement à deux Kilomètre du port de Kratie. Un petit bateau en bois où locaux et touristes s’entremêlent vous emmènera de l’autre côté.

À votre arrivée vous aurez décidé de passer une nuit sur ile ou de la découvrir à Vélo ou à pied le temps d’une journée.

Notre conseil, prenez le temps !

Ici on est loin de la cohue de la ville, tout est beau et serein. Le temps semble si être arrêté ! 

La vie rurale y est toujours présente, chaque habitant s’y partagent la terre, entre agriculture et élevage. Sillonnant, les petites routes vous découvrirez leurs maisons traditionnelles bordées d’arbres fruitiers et de fleurs à faire rêver.  Tout autour vous longerez de grandes plages quasi désertes. Sur celles-ci vous pourrez admirez les villages flottants Vietnamiens où les pécheurs pratiquent encore la pêche aux filets.

L’apogée de cette visite sera sûrement le couché de soleil qui inondera d’or les rives du Mékong.

Je vous le disais dès le départ, un véritable petit paradis !!!!

 

Infos Travellers :

 

Hôtels :

 

Restaurants :

  • Les deux hôtels font restaurants, pour le Arun compter 5USD le plat.
  • Vous trouvez quelques petits restaurants tenus par des familles locales pour 4 à 5 USD le plat.

 

Transports :

  • Bateau, prix de la traversée 0,25USD
  • Location de vélo 2USD / Scooter 8USD

 

 

> Vous voulez en savoir plus, suivez-nous sur www.asieadeux.com

jeudi, 25 janvier 2018 11:52

Voyage au pays du sourire !

> Bangkok

 
Nous sommes arrivés hier soir après 15h 30 de vol dont une escale à Delhi et je ne sais plus combien de décalage horaire.

La cour est sympa avec des fauteuils en rotin, des buissons de verdure et des chats maigres, siamois évidemment. Elle est vaste et ombragée, à peine quatre ou cinq mobylettes, quelques vélos et une voiture . Quelques westerners sont accrochés à leur téléphone qui charge et à la free wi fi.

IMG 1520L’odeur est chaude, moite comme tout le reste, et un peu boisé, c’est incroyable en centre-ville, un peu café allongé, ça c’est le bar juste à côté de moi, un peu baume du tigre, rapport au salon de massage dans le passage d’entrée. Le ronronnement incessant vient des ventilos et de la ville tout autour. Une mobylette vient de rentrer dans la cour, « Airport... airport... » annonce le gars. Un jeune couple avec deux sacs à dos conséquents l’appelle et le suivent. Non ce n’est pas possible, l’aéroport est bien trop loin... ok, il va simplement les diriger vers un bus, forcément garé en dehors des rues grouillantes d’ici.

On a envie de se balader avec les navettes fluviales, on a envie du paysage de buildings au loin et de boui-boui sur pilotis tout près, du va et vient des bateaux tout fins qui filent, des trains de barges tirées par un petit remorqueur. Vaguelettes d’eau marrons et grosses touffes de lotus flottant. Une fois que l’on a repéré l’accès, plutôt dissimulé dans des ruelles encombrées d’étalages de souvenirs, on utilise plus que les navettes et aussi beaucoup la marche à pied, dix kilomètres par jour au compteur de pas.

Le grand palais royal, What Phra Kaeo, est pas mal, à la fois kitsch et somptueux, avec de grands stupas dorés.

Le grand bouddha allongé du What Pho est vraiment sympa, on en fait le tour, après s’être déchaussé bien sûr. Sourire goguenard de cet énorme bouddha lui aussi doré, un peu coincé dans son temple et qu’on voit de très près, impressionnant. Beaucoup de touristes, mais une ambiance respectueuse.
Les piécettes tombent dans les vases d’offrandes tout le long de la galerie, on achète un bol de piécettes pour 20 baths.

Les deux rues de Khao san s’animent le soir, succession de bars plus ou moins clinquants, de boutiques de fringues, de tatoueurs . Foule de vendeurs qui interpellent gentiment, stands de brochettes, cuisines à roulettes de soupes ou de brochettes, vendeurs de scorpion grillé, en brochette, à manger ou à garder comme trophée ?

La foule des touristes occidentaux, plutôt jeunes, débardeur, bouteille de bière à la la main, souvent lourdement tatoués, barbe de quelques jours, suants. Il y en a de plus âgés, bedonnants, plus fatigués, toujours suants, les tatouages délavés par les années. Je suis content d’avoir échappé au tatouage.

On repère des groupes de chinois, qui suivent sagement leur guide et Stéphane me fait remarquer : on voit souvent de très jeunes filles asiatiques, proprettes et autonomes, une glace au lait de coco à la main, qui s’amusent bien avec leurs portables télescopiques.

Demain départ pour Ayutaya, navette fluviale bien sûr, puis deux heures de train...
> François Brun (75)

vendredi, 22 décembre 2017 10:46

Cap sur les rêves coréens !

Into the Dream est un voyage à la découverte des rêves de l'humanité entamé en janvier 2017. Depuis le mois de septembre nous sillonnons l'Asie, retour sur notre séjour de quelques jours en Corée du Sud.

Nous faisons désormais cap sur la Corée du Sud afin de découvrir les rêves des habitants de cette péninsule située entre deux géants : la Chine et le Japon. Pour effectuer les quelques centaines de kilomètres qui nous séparent de Fukuoka sur l'archipel nippon à Pusan en Corée du Sud nous avons décidé de prendre un ferry. D'où nous vient cette idée ? Tout simplement d'un coup d'œil à une carte qui nous a fait prendre conscience que les deux pays étaient proches.

Après plusieurs heures de traversée un peu mouvementée sur un vieux bateau, nous débarquons sous la pluie à Pusan. Il s'agit de la seconde plus grande ville du pays située au sud est. Nous explorons alors pendant deux jours cette ville portuaire où la pêche est la principale industrie. Nous découvrons d'ailleurs les rêves de Dean, un jeune coréen, sur le marché de poisson de la ville. Par ailleurs, nous profitons d'une belle journee ensoleillé pour découvrir les collines et les plages de la ville. Pour rester dans le thème nous regardons le frissonnant blockbuster du cinéma coréen "Dernier train pour Busan", que nous vous recommandons vivement.

Il est déjà l'heure de quitter Busan pour nous rendre en bus à Séoul la capitale coréenne où nous avons prévu de rester une semaine. À notre arrivée nous sommes accueillis par nos hôtes Mi-ok et son mari que nous avons rencontré grâce au site d'échange de maison Guesttoguest. Nous découvrons les lieux et notre quartier avant de rejoindre un ami coréen pour fêter comme il se doit l'anniversaire d'Océane autour d'un succulent barbecue coréen et de la boisson locale, le soju, un alcool de riz.

À Séoul, nous découvrons les superbes palais, les parcs, la N Séoul Tower et la vie des coréens. De nos échanges avec les locaux nous retenons notamment leur amour pour les Etats-Unis qui s'explique par le soutien du pays lors de la guerre de Corée dans les années 50. Nous remarquons également que la société coréenne est très accès sur la consommation et le travail. Nous apprenons avec effroi le fort taux de suicide chez les jeunes étudiants coréens soumis à la pression de la réussite sociale. Pour la première fois depuis notre départ un rêve revient régulièrement : gagner beaucoup d'argent pour maintenir sa famille.

Un séjour en Corée ne peut être complet sans s'intéresser au conflit qui oppose le Nord et le Sud du pays depuis bientôt 70 ans. Nous décidons donc de nous rendre sur la zone démilitarisée, une bande longue de XX km et large de 4 kilomètres qui coupe le Nord et le Sud de la péninsule. Cette "frontière" date du cesser le feu signé entre les deux pays. En effet, dans les années 50 un violent conflit opposa le Nord communiste soutenu par l'URSS et la Chine au Sud capitaliste soutenu par les Etats-Unis dans un contexte de guerre froide. Que de frissons lorsque nous pensons aux familles séparées par ce terrible conflit et lorsque nous nous tenons à quelques dizaines de mètres de la Corée du Nord. Nous comprenons mieux après cette expédition les ressorts du dossier Nord coréen dont nous entendons quotidiennement les rebondissements aux informations. La zone que nous avons découvert est l'une des plus militarisées au monde contrairement à ce que son nom indique et d'autant plus depuis le récent regain de tension entre les deux pays qui sont officiellement toujours en guerre depuis 1949. On retiendra également que le service militaire est toujours obligatoire en Corée du Sud pour tous les jeunes entre 18 et 30 ans, ce qui explique aussi l'âge relativement élevé de départ de leur famille des jeunes coréens.

Voilà, il est déjà l'heure de quitter la Corée et de nous envoler en Chine. De notre court séjour en Corée du Sud nous retiendrons évidement le superbe accueil des locaux mais aussi les fantastiques mets tous plus délicieux les uns que les autres, pleins de saveurs et d'épices qui ont ravis nos papilles.

En bonus, quelques succulents plats coréens et une liste de films que nous avons apprécié :

A déguster

Kimchi : choux à la sauce piquante qui accompagne tous les plats
Bibimbap : mélange de riz, de viande et de légumes sautés
Mandus : raviolis coréens à manger en soupe, cuit à la vapeur ou frits
Kimbap : roll de riz, légume et poisson ou viande
Bulogi : barbecue coréen de boeuf ou de porc
Milmyeon : pâtes à la sauce piquante, spécialité du sud du pays
Soju : alcool de riz, à consommer avec modération :)
Ssomaek : mix entre bière et alcool de riz

A regarder
Old Boy
Mademoiselle
Dernier train pour Busan
Opération chromite
vendredi, 15 décembre 2017 13:08

- 东川 红 土地 - Coup de coeur Red Lands

Situé à 40kms de Kunming, l'emplacement exact des Red Lands est gardé secret par quelques photographes chinois. La beauté du paysage est telle que les experts la considèrent comme la deuxième plus belle « terre rouge » au monde après celle de Rio au Brésil. Ses montagnes en arrière-plan, ses cultures, ses arbres et sa topographie si particulière offrent, un cadre coloré, spectaculaire et unique !

Les paysans locaux, qui sont les peintres et les artistes de cette image naturelle, labourent, récoltent l’orge et le blé, et non intentionnellement, créé la plus belle peinture à l'huile terrestre au monde. Siècles après siècle, le climat unique de la région contribue à l’accélération de l’oxydation du minerai en fer dans le sol. Au levé et au coucher du soleil, l’éclairage met alors en évidence le contraste entre les cultures sur pied verts et jaunes et les champs rouges. En hivers vous aurez même la chance de voir danser au vent les fleurs de chou blanches unique au Yunnan. Vous traverserez ces « jardins » immenses et organisés et croiserez les regards encore interloqués et curieux des habitants.

> Infos pratiques Les Red Lands sont indéniablement notre coup de cœur du Yunnan.
Encore peu touristique, ils sont pourtant l’un des plus beaux paysages du Yunnan. Le gouvernement entend cependant bien en faire LA nouvelle destination à la mode. L’autoroute se construit, les hôtels poussent rapidement, nous ne donnons pas plus d’un an ou deux avant l’invasion du tourisme chinois.
DEPECHEZ VOUS !

Les meilleurs périodes pour s’y rendre sont de mai à juin et de septembre à novembre. Vous ne pourrez pas rater vos photos des terrains rouge sang.

Chine 2Les Red lands possèdes 8 spots principaux à ne surtout pas manquer (vous retrouvez la carte de ces spots ci-jointe) . Une voiture est nécessaire pour les visualiser, chaque hôtel propose une location.

Nous vous conseillons l’hôtel Kun Ming Yingju No 7 Huashitou Lvyou Shifan Village Hongtudi Fengjing District Hongtudi County, 654109.
La location de voiture est à 260 yuan la journée, chauffeur et guide compris. Annulation possible en cas de mauvais temps. (Horaires 6H30/ 12h et 14h/ 17h) L’hôtel est très moderne, vous offrant tout le confort possible (hors chauffage bien sûr). Attention en hiver, les températures peuvent très vite variées, passant de 20° en journée, nous passons à 1° la nuit. Couvrez-vous bien.
Vous avez aussi la possibilité d’y prendre chaque repas. Le village n’ayant qu’une petite épicerie rudimentaire, leur excellente cuisine est un véritable atout.

Cependant en cas de petit creux ou d’envies sucrées faites le plein en ville avant de venir.
Côté transport trois solutions s’offrent à vous :

> Trajet 1 :  Le bus Kunming – Dongchuan – Huashitou
- Kunming – Dongchuan : Départ tous les jours entre 7h et 19h (toutes les 20 minutes environ) depuis la North bus station (accessible par la ligne 2 du métro). Compter 4 heures de route. Prix : 58 yuan / pers
-  Dongchuan – Huashitou : Départ à 9h00 depuis la Bus station de Dongchuan (il est conseillé de réserver son billet la veille). Compter 2 heures de routes sinueuses mais juste magnifiques. Prix : 19 yuan / pers

Dongchuan n’offre pas grand intérêt à une exception près, elle se trouve à seulement 2 heures des Red Lands. Ce site est encore peu développé. Il y est relativement difficile d’y trouver un hôtel correct, du chauffage et de quoi se nourrir. En cas de brouillard sur les Red Lands, il est donc recommandé d’attendre l’arrivée du soleil depuis Dongchuan. Le village de Huashitou quant à lui, se trouve au plein cœur des Red Lands, vous pouvez donc dès votre arrivée randonner aux alentours et atteindre deux des plus beaux sites à pied.

> Trajet 2 : Le bus direct Kunming – Huashitou
Deux départs par jour 8h00 et 14h00 depuis la North bus station (accessible par la ligne 2 du métro). Compter 8 heures de route. Si vous prenez le bus de 8h00 vous pourrez assister au coucher du soleil sur les Red Lands à votre arrivée. Pour ceux qui souhaitent s’arrêter à Huashitou, prévenir le chauffeur au départ. Prix à vérifier.

> Le retour : Le bus Huashitou – Kunming
La réservation se fait directement via votre hôtel. Départ à 9h30 depuis le centre de Huashitou. Compter 4 heures, la route est bonne mais une place assise n’est pas toujours assurée. Prix : 45 yuan / pers
N’hésitez plus allez profiter du spectacle.

Vous voulez en savoir plus, suivez-nous sur www.asieadeux.com ou contactez-nous
dimanche, 03 décembre 2017 14:35

Des circuits pour découvrir le Brésil

Même sans il n’y être jamais allé, tout le monde a en tête au moins une image liée au Brésil. Pour certains il s'agit de joueurs de football évoluant dans le célèbre stade Maracaña. Pour d'autres il s'agit de danseuses couvertes de plumes multicolores se déhanchant au son d'une musique festive au carnaval de Rio de Janeiro, ou bien la plage de Copacabana, le mont du Pain de Sucre ou encore les danseurs de Capoeira.
Pour d'autres enfin ce pays évoque les plages paradisiaques de la Costa Verde où l'on savoure langoureusement un verre de Caïpirinha. Or si tout cela existe bel et bien au Brésil, il y a tant d'autres choses à voir, de paysages merveilleux dans lesquels plonger des regards admiratifs, qu'il est préférable de ne pas en rester aux clichés et de se décider à s'y rendre, pour le découvrir par soi-même, en suivant par exemple un circuit précis et organisé.

> Avant la découverte du Brésil

Avant tout il est nécessaire de prendre quelques renseignements avant de choisir le Brésil pour destination de son prochain voyage. En effet le pays est extrêmement vaste, ses vingt-six états couvrant plus de 8 millions de kilomètres carrés.
Cela signifie que, pour voyager au Brésil en voyant le maximum de lieux de paysages et de monuments, il faut du temps, ainsi que des moyens financiers suffisants pour se rendre de l'un à l'autre durant son périple et se loger à chaque étape.
Or de l'Amazonie au Nordeste, du Mato Grosso à Rio de Janeiro et des côtes atlantiques de l'Amapá à celles du Rio Grande do Sul, la découverte du Brésil est longue, tant il y a de choses à voir, de l'architecture coloniale à la forêt tropicale luxuriante.
L'idéal est donc d'opter pour un circuit touristique à travers le Brésil, qu'il s'agisse de circuit individuel ou d'un circuit en groupes.

> Un voyage au Brésil

Il existe plusieurs possibilités pour réaliser un circuit au Brésil,en fonction du temps et des moyens dont l'on dispose. L'idéal est bien entendu de pouvoir faire un tour complet du pays, en prenant son temps, et en découvrant étape par étape les différentes régions brésiliennes.
Cependant se lancer seul dans cette aventure est risqué, vu la diversité des lieux et la taille du pays. Il vaut mieux s'adresser à des personnes qui connaissent bien les différentes régions, leurs trésors cachés et leurs points incontournables.
Un circuit pas à pas permet ainsi de profiter de chaque moment de fascination pleinement. Vu que tout le monde ne peut pourtant pas se permettre un voyage long et onéreux -du fait des voyages internes en avion et des différents lieux d'hébergement – on peut aussi opter pour des circuits régionaux au Brésil.

> Le Brésil, région par région

L'une des régions les plus connues au monde est sans conteste l'Amazonie. Celle-ci a en effet servi à de nombreux écrivains et cinéastes à imaginer les histoires les plus extraordinaires comme les plus fantasmatiques.
Cela fait d'ailleurs partie intégrante de l'attirance que beaucoup ont aujourd'hui à son égard. La forêt amazonienne a vu de nombreux héros et héroïnes croiser des populations locales plus ou moins accueillantes, être en contact avec des animaux parfois extrêmement féroces et inhospitaliers. Voilà une autre bonne raison d'aller à la rencontre de ce mythe, afin de lever le voile sur sa réalité et sur sa faune et sa flore incomparables, sans oublier de visiter Manaus, la capitale de l'Etat.

> Tout le Brésil à portée de main

Pourtant il faudra un jour revenir au Brésil, si l'on n'en voit que l'Amazonie, ne serait-ce que pour profiter d'un séjour balnéaire dans le Nordeste - l'une des côtes les plus merveilleuses du continent sud-américain.
Il faudrait de plus ne pas manquer d'admirer les chutes d’Iguaçu, de visiter la capitale du Brésil, Brasilia, mais aussi Belém, Sao Paulo ou Salvador de Bahia... et ce hors des sentiers battus, dans l'idéal. Quitte à faire un voyage en famille, voir le Christ Rédempteur est certes recommandé, mais découvrir le Brésil plus en profondeur l'est encore davantage.
mercredi, 04 octobre 2017 10:56

Un voyage hivernal au cœur de l’Extrême orient russe.

Sportif et aventurier Normand (Cherbourgeois résidant au Havre), je prépare actuellement un projet d’expédition dans l’Extrême Orient russe qui débutera fin décembre 2017 : la descente hivernale inédite du fleuve Amour pris par les glaces en Fatbike et pulka. Le projet se veut à la fois un défi sportif engagé, mais aussi une aventure humaine à la découverte d’une région du globe peu connue.

30 jours durant, bravant l’hiver sibérien, je vais tenter de rejoindre l’embouchure de l’Amour en utilisant comme seule route le lit glacé du fleuve, un parcours de 1 200 kilomètres encore jamais réalisé.  Outre l’aspect sportif de cette expédition, les objectifs sont les suivants :

  • < Réaliser une descente inédite du fleuve Amour pendant l’hiver sans moyen motorisé ;
  • < Explorer une région méconnue de la planète, aller à la rencontre des populations locales ;
  • < Créer des moments de partage et d’échange avec les jeunes et moins jeunes autour des thèmes comme la richesse et à la variété géographique et culturelle de notre planète, les enjeux environnementaux, notre manière de voyager et de vivre ;
  • < Faire émerger les valeurs d’audace, de persévérance et d’adaptation dans vie de tous les jours.

D’ores et déjà, des rendez-vous sont pris avec des établissements scolaires du Havre (Lycée Francois 1er, Ecole primaire Saint Léon,…).

https://www.facebook.com/amurxp/

http://www.amurxp.strikingly.com
vendredi, 18 août 2017 08:46

Hiroshima mon amour

Les mots font contraste et claquent, transgressifs,  ils fascinent bien avant d'avoir vu le film. Le film de Resnais, une histoire d'amour fulgurante et impossible bien sûr. Les amants qui se cherchent et se déchirent dans une ville en noir plus que blanc. L'incompréhension et la dérive sur un fond de souvenirs de leur guerre et d'humiliation. Film témoin de nos années soixante, c'est aussi Hiroshima !

 Plus facile de commencer par ce film que par la visite même d'Hiroshima, le dôme restant, le point d'impact, les statues mémorielles... le musée du la Paix, vaste bâtiment de style soviétique forcément austère. 

Même en marchant vite à travers les salles du musée, on n'échappe pas à la vidéo avant et après, à l'onde de choc, aux photos des jours suivants, à la comptabilité de l'arsenal nucléaire depuis 45 jusqu'à nos jours.

Pour moi c'était une évidence de venir ici,  à Hiroshima, l'autre option aurait pu être d'aller visiter la région de Fukushima. 

Témoin ou pédago je ne sais pas, il me faut prendre encore plus conscience, voir de mes yeux, y être, et parler de ce crime de guerre et de tous les autres crimes de guerre. Et c'était la commémoration il y a quelques jours à peine, le 6 août.
 
C'est l'occasion de relire un peu les historiens : le rôle de l'avancée des troupes soviétiques dans la capitulation du Japon en août 45 , la mortalité au moins aussi importante d'autres bombardements aériens et aussi, plus pervers mais bien réels, l'intérêt américain aussi bien que japonais de " valoriser " le rôle de la bombe, pour les uns affirmer leur suprématie, pour les autres éviter d'être accusé d'avoir envoyer le pays à la catastrophe. Cet article est très bien : Ce n'est pas la bombe atomique qui a poussé le Japon à capituler Ward Hayes Wilson, traduit par Antoine Bourguilleau— 07.06.2013 

 À la sortie du musée on est forcément un peu sonné, j'étais surpris de ne pas trouver de livre de signature ou de pétition par internet, peut être je l'ai loupé .

 À part la bombe, Hiroshima est une grosse ville de 350 000 habitants avec son lot de rues droites et de buildings disparates, ses longues rues marchandes couvertes avec pas mal de resto et son palais du 15 eme siècle refait à l'identique, magnifique.

 Demain on va juste en face sur l'île de Miyajima, l'île sanctuaire avec son énorme torii orange les pieds dans la mer, celui qu'on voit sur les affiches des agences de voyages.

< François Brun (75)
vendredi, 14 juillet 2017 09:13

Maroc la magie d’Essaouira

Après trois heures de route depuis Marrakech, les murailles à créneaux de la cité portuaire d’Essaouira se dressent devant nous. À l’intérieur des murs fortifiés le charme de la médina opère. Ruelles
étroites, murs blancs aux huisseries bleues, entrées de portes ouvragées...
C’est là qu’il faut venir flâner, sentir les montagnes d’épices et herbes médicinales, boire un thé à la menthe, marchander un objet en bois de thuya et observer le mouvement des habitants de la ville.
De l’autre côté des remparts, le port dégage une impression de calme et de sérénité. Tout au long de la journée, chacun vaque à ses occupations.
Les barques bleues posées au garde à vous dansent sans relâche sur l’eau. Et c’est à l’heure où les chalutiers rentrent accompagnés d’une nuée d’oiseaux marins qu’une effervescence palpable s’empare des quais : sardines, soles, espadons.. le poisson est débarqué, exhibé, et rapidement d’âpres marchandages commencent.
En fin de journée, nous nous blottissons aux pieds des remparts à l’abri du vent pour profiter de la masse sombre des îles Purpuraires qui font face à l’étincelante Mogador. Lorsque les vagues lèvent des gerbes d’écume sur les rochers déchiquetés et que l’océan est frappé par les éclairs de feu du couchant, l’instant devient magique.

< Claudette Thomas (07)
mercredi, 25 janvier 2017 10:04

Ils sont demain !

12/01/2017 – 28/06/2017

Pérou-Colombie-Bolivie-Argentine-Chili

Ils Sont Demain.

Mais qui sont-ils ? Nous parlons là des millions d’enfants qui forment la jeunesse d’aujourd’hui et qui créent le Monde de demain, aux quatre coins de la planète.

Conscients du non-respect des droits de l’enfant dans de nombreuses zones du monde et de la nécessité de communiquer sur les initiatives positives mises en place, nous décidons de passer à l’action !

C’est ainsi que Simon, caméraman professionnel, et moi-même, voyageuse multirécidiviste et engagée pour la solidarité internationale, avons pris la route de l’Amérique du sud pour 6 mois. Nous partons à la rencontre d’une dizaine d’associations qui mettent en place des actions alternatives pour l’amélioration des conditions de vie des enfants sud-américains. Nous leur proposons la réalisation bénévole de vidéos de communication pour faire connaitre leurs actions. Direction Pérou, Colombie, Bolivie, Argentine et Chili pour proposer nos compétences professionnelles au service de l’action solidaire mais aussi pour réaliser nos rêves de voyage au long cours, au rythme de la vie locale de chaque pays et de ses habitants.

< Johanne (25)

Association Ils Sont Demain.
Pour nous suivre :
http://www.ilssontdemain.fr

Page facebook : Ils Sont Demain
Nous écrire : contact@ilssontdemain.fr
vendredi, 20 janvier 2017 12:42

The Moving Cycle Adventure

Le projet “The Moving Cycle Adventure” est une tournée mondiale à vélo dans le but d’apporter la danse aux gens partout dans le monde. 

  Mon objectif est de parcourir le monde à vélo en collaboration avec une organisation non gouvernementale (ONG), «The Red Pencil», et de partager mon expérience professionnelle de danseur avec différentes personnes en marquant des arrêts aux endroits désignés par cette ONG, écoles, villages, en passant du temps avec les habitants et en dansant pour les communautés locales avec cette possibilité supplémentaire de proposer des ateliers de danse. 

  « The Red Pencil » est une ONG offrant de l'Art-thérapie aux personnes, en particulier aux enfants qui ont eu à faire face à des « circonstances de vie écrasantes ». L'Organisation croit que, grâce à des processus créatifs et artistiques, ces personnes peuvent reprendre le contrôle d'une « situation incontrôlable » dans leur vie. 

En vélo autour du monde, je veux partager les connaissances étendues que j’ai acquises en tant que danseur professionnel avec d’autres personnes. 

< L’idée :

L'idée de combiner ma passion pour la danse ainsi que mon intérêt pour le vélo en un seul projet m’est venue après avoir voyagé en Inde pour danser avec «ŻfinMalta», en 2015. 

J'ai été témoin direct des différences extrêmes entre les classes sociales. J'ai réalisé qu’en tant que danseur professionnel, nous dansons principalement pour des personnes qui ont les moyens d’aller au théâtre. C’est alors que j'ai ressenti ce besoin de sensibiliser des gens qui n'auraient peut-être jamais eu l'occasion de découvrir cette merveilleuse forme d'expression. 

Je souhaite partager mon art à travers des ateliers de danse / mouvement thérapeutique et des solos performances avec des groupes minoritaires, des gens marginalisés par le système social et ceux qui font face aux défis de la pauvreté. 

Après des années de formation et de performance avec le Ballet Junior de Genève ainsi qu’avec 'ŻfinMalta', je ressens maintenant le désir de passer à un projet qui m’est plus personnel. 

Une autre de mes motivations, importante à mes yeux, est que vivant dans un monde de haute technologie, utiliser le vélo me permettra d’être en accord avec quatre de mes priorités : 

- Etre écologique.
- Etre économique.
- Me reconnecteravecl'Humainetlanature.
- Motiver et inspirer les gens.Ainsi mon aventure en solitaire servira d’exemple, que tous rêves et objectifs sont réalisables. 

Pour mon voyage, je voudrais également prendre du recul avec toutes formes confort moderne (hôtels, théâtres, etc.) et m'immerger pleinement dans une expérience de danse brute à partager avec diverses communautés.

< L'impact :

Je pense que la danse est une forme d'art très libératrice qui peut aider à créer des liens puissants entre les personnes. À travers l'utilisation du mouvement il est possible d’effectuer un changement positif sur les sentiments, les fonctions physiques et comportementales. 

Pour ma part, la danse m'a aidé sur la confiance en moi-même ainsi que pour exprimer ce que je ressentais sans l’usage de la parole. Elle est libératrice et le temps est illimité. Si la danse a un impact sur mon propre bien-être, alors elle peut en avoir un sur celui de l’Autre. 

Ce projet va certainement me permettre de grandir en tant qu'artiste tant il saura me faire partager mes connaissances et mes expériences, mais aussi, potentiellement, en acquérir à travers le monde. 

Donner et partager a toujours été fortement gratifiant.

En faisant le tour du monde à vélo, je veux inspirer les gens et les encourager par un simple engagement humanitaire. 

Puisque 'The Moving Cycle Adventure' consiste à traverser notre planète, cela me permettra de découvrir de nouvelles possibilités internationales pour de nouvelles collaborations, voire même d'étendre le projet à l'avenir.

Car, bien qu'il s'agisse d'une action de grande envergure, elle ne saurait toucher toutes les communautés. J'espère donc que ce ne sera là qu’un début, un quelque chose de plus élaboré se devant d’être prolongé, et, potentiellement, susceptible de permettre une rencontre avec d'autres communautés qui aimeraient faire partie de ce voyage. 

J'espère toucher des personnes qui, chez elles, pourraient peut-être contribuer ou vouloir partager une expérience similaire. 

Suivre ce projet.
vendredi, 02 décembre 2016 10:59

Les Aventures de Fred Wheelchair

Je m’appelle Fred, j’ai vécu au Havre pendant plus de 30 ans. J’étais doué en sport ou pour faire des bêtises qui inquiètent mes parents. La vie et ses surprises m’ont rattrapé un jour de janvier 1991. Je suis à un mois de mes dix-huit ans.

Depuis je suis tétraplégique de niveau C5-C6. Je ne peux me lever ou me coucher seul et j’ai besoin d’une aide extérieur pour voyager (souvent avec des amis mais aussi avec des inconnues).
C’est l’apprentissage du handicap… !

Désormais je fais partie du « monde du handicap ». Mon premier fauteuil roulant sera rouge comme Ferrari... (je n’avais pas le choix)! Bien conscient que ce sera pour la vie, deux choix s’offre à moi : Je rumine et m’injecte des mauvaises ondes ou je me rebelle et prouve qu’on peut réaliser ses rêves malgré tout ?

Je n’ai jamais rêvé de changer de vie. Les personnes valides qui ne connaissent pas ma vie ne comprennent peut-être pas que l’on puisse être heureux en fauteuil roulant. Je comprends ce raisonnement mais je serai tenté de leur dire que dans la vie quel que soit notre situation « il faut aller chercher le bonheur ». Tout se passe dans la tête. Quand on est bien dans sa tête le reste suit…

Aujourd’hui je fais rêver mes amis avec mes escapades de voyages. On me dit même que j’ai de la chance... 

Assis sur mon fauteuil roulant, j'aime faire crisser mes pneus sur le sol américain!

Je voyage très souvent en échangeant mon appartement avec des locaux. C'est ainsi que je vis mes rêves de rencontres et de découvertes...

Je trace mes itinéraires en fonction de ma passion pour le sport et la nature. L'objectif de ces récits de voyages est de démontrer qu'une vie en fauteuil peut être riche en dynamisme, bonne humeur et anecdotes.

Ma devise : "Avant de penser à faire ce que tu ne peux pas faire, fais déjà ce qui est possible...!"     

Voir mon site .                                              
jeudi, 03 novembre 2016 15:25

L’île de Mogador à Essaouira à la nage

GB1898Le samedi 22 octobre 2016 au matin, je marche avec mes accompagnateurs à travers les dunes de sable sur la plage d’Essaouira en suivant un dromadaire qui tracte ... notre bateau .
A l’horizon, les îles, magnifiquement éclairées par le soleil qui se lève, protègent la baie contre les rouleaux de l’Atlantique. Lorsque nous arrivons au bord de l’eau qui commence à se retirer sous les effets de la marée, nous mettons immédiatement à flot l’embarcation.

C’est avec un vent force 3 à 4 et des vagues de bord de presque 2 mètres que j’embarque sur le bateau moteur qui va me conduire 2km plus loin jusqu’à une petite plage située au sud de l’île, au pied de l’ancienne prison. Cette baie d’Essaouira est mondialement connue des véliplanchistes et des surfeurs car ici la force et la régularité des vents en font un « spot » de rêve. A l’approche de l’île, nous sommes secoués par les vagues provenant de l’Atlantique et les courants inverses causés par les effets de la marée. Le bateau ne peut s’approcher et c’est à la nage que je rejoins le lieu de départ de ce qui doit être ma 21ème évasion à la nage d’une ancienne île-prison jusqu’au continent.

Lorsque je pose le pied sur le sable, je suis accueilli par des centaines de goélands qui tournent autour de moi. Tout comme le vent et les vagues, les cris des goélands font partie de l’atmosphère de l’île. Comme elle est interdite au public, ma présence les intrigues et ils me le font savoir par leur cri strident. Je marche sur le sable où, à demi enfoui, se trouve un canon du temps de la fortification de l’île. Je m’assied à ses côtés en attendant le moment du départ qui devrait être donné par le bateau accompagnateur.

Malheureusement l’embarcation a noyé son moteur à cause des fortes vagues et ne peut plus assurer ma sécurité. Les goélands, de leur côté, se sont habitués à ma présence et quelques-uns s’approchent de moi par curiosité. L’attente commence à se faire longue et je profite de l’occasion pour contempler les différentes ruines. C’est un moment privilégié, car les visites sont interdites sauf dérogation à caractère scientifique. J’admire ce cadre magnifique. Evasion, détente, culture, bien-être… Je réalise à quel point mes aventures aquatiques peuvent me faire découvrir des sites extraordinaires.

Soudain, les goélands se remettent à voler et crier dans le ciel, des embarcations arrivent aux abords de l’île pour m’accompagner et me font signe de me mettre à l’eau. Je jette un dernier regard vers l’île et sa prison et rentre progressivement dans l’eau. Je plonge dans cet océan Atlantique à 17°C qui me secoue dans tous les sens. Je suis emporté par les courants et repoussé par les vagues, un peu comme dans une « lessiveuse ». Je m’éloigne du bord pour être protégé de l’île et la remonte en la longeant. Je ne distingue que des falaises où se trouvent les fortifications avec leurs canons d’origine puis un petit port où seuls quelques pêcheurs accostent ponctuellement. A sa hauteur, je change de direction et me dirige vers la grande plage d’Essaouira. Les vagues me viennent de la droite et légèrement de dos. Je respire donc sur la gauche pour éviter d’avaler de l’eau. A chaque respiration, je distingue la ville d’Essaouira avec son vieux port, ses remparts et sa médina. De temps en temps lorsque je respire sur la droite je distingue les dunes et ses collines d'arganiers. Je me dirige vers la plage, les vagues sont de plus en plus puissantes et m’emportent, certaines font plus de 2 mètres, je nage au milieu des surfeurs et j’en termine avec mon évasion en faisant du bodysurf.

Après plus de 2km, je pose les pieds sur la plage où je suis accueilli par la foule venue m’encourager. Parmi eux, il y a les nageurs qui vont prendre part à la 1ère édition du « Swim Mogador Island » ( une épreuve de 4km dans la baie pour promouvoir la natation en eau libre au Maroc), les dirigeants de Fédération Royal Marocaine de Natation et celles que je remercie chaleureusement pour leur incroyable talent d’organisation, Edith Molina et Renata Thieck Alami pour m’avoir permis de m’évader de ma 21ème île-prison.

A la suite de mon évasion à la nage de l'île de Mogador à Essaouira, j'ai pu participer en collaboration avec la Fédération Royale Marocaine de Natation, à une sensibilisation aux risques de noyades, aux marées, aux courants et apporter des notions de base autour de la natation en eau libre à une cinquantaine d'enfants de l'Association "Au Coeur de L'amitié Euro-Marocaine".

Une très belle initiative mise en place par les organisateurs Edith et Renata qui œuvre pour la pratique et le développement de l'eau libre au Maroc !

< Jacques Tuset (34)
mercredi, 26 octobre 2016 10:37

Traversée du Pamir, Tadjikistan

L’envie d’aller découvrir le Tadjikistan, et plus particulièrement le Pamir, me taraudait depuis longtemps. Je suis conscient du paradoxe. Les gens de ces régions, où l’on a conservé le sens de l’essentiel, aspirent quelque peu au confort occidental alors que moi je veux fuir mon « Occident » malade de sa richesse. Est-ce une folie ? Je me convaincs que non. Je suis simplement épris d’aventure. Je suis conscient que ce qui me terrifie, c’est la vie balisée, aseptisée. Donner corps à l’aventure, j’aime ces transitions grisantes où s’abolissent les distances.

Dès mon intrusion au Pamir, je ressens vite le changement de monde et presque d’époque. Le Pamir, immense plateau hérissé de montagnes, se compose d’un ensemble complexe de chaînes de montagnes reliées par des vallées de haute altitude. Il culmine à des hauteurs trop importantes pour permettre à des hommes d’y vivre. S’étalant sur 45 % du territoire du Tadjikistan on ne dénombre que 3% de sa population. Sur le plateau y nomadisent essentiellement des Kirghiz.

Le Buzkashi
Organiser une traversée d’est en ouest du Pamir demande du temps et de la patience. Cela me laissera le loisir d’assister à un festival annuel du cheval organisé par la communauté Kirghiz dans les environs de Murgab : le buzkashi. Comme tous les autres jeux, il se déroule entre cavaliers. Le but consiste à s’emparer du corps d’un mouton, ou encore d’une chèvre, sans tête, à le défendre contre les assauts des autres joueurs et à aller déposer le trophée dans un cercle appelé de « Justice ». Derrière le divertissement, c’est l’honneur , l’autorité de la tribu et de la famille qui se jouent.

Avant le combat une tension indicible remplit l’espace. Au coup de sifflet, les chevaux s’élancent. En un instant, la carcasse disparaît aspirée par une masse informe et mouvante. Le sang gicle. Il n’y a pas de règle. C’est chacun pour soi. Un tel déchaînement de violence est hors imagination pour un occidental.

Après quelques minutes d’une bataille confuse un cavalier parvient à extirper la carcasse de l’imbroglio de corps, coince le mouton sous sa jambe, lance le cheval dans un galop furieux pour aller déposer le trophée dans le cercle de « Justice ».         Il vient de marquer le premier point.

La délivrance
Avant de m’engager sur l’itinéraire que je m’étais fixé, aucun chauffeur voulant emprunter la piste choisie, il me sera nécessaire d’être persuasif… Enfin viendra le moment du départ.

Remonter en direction du nord jusqu’à Muzkol en empruntant la route dite du « Pamir » ne présente aucune difficulté. Par la suite, en s’engageant dans la direction plein ouest le cheminement devient pénible et difficile. Nous partons à l’assaut du col en suivant les lacets tortueux de la piste. Le passage se resserre se transformant en gorge étroite, nous obligeant à prendre des risques. Ils nous faut négocier un accès à la rivière, rouler dans son lit en évitant les rocs dissimulés par le flot et, lorsque le courant est trop important, improviser un retour à la piste.

La gorge s’ouvre soudainement sur un plateau bordé de montagnes aux flancs s’évasant de manière abrupte jusqu’au plateau. En bordure, sur les plis minéraux s’emboitant les uns dans les autres, des yacks paissent paisiblement. Nous percevons les sommets déchiquetés où s’agrippent des coulées de neiges éternelles. De minuscules rus, où l’eau danse sur les galets, se rejoignent pour former une rivière. Un groupe de femmes, portant en épaisseur des vêtements multicolores, remonte le long de la rivière en direction des yourtes en bavardant gaiement. Dans ces montagnes arides, les robes des femmes sont les seules taches de couleurs vives.

  Nous arrivons à Jalang, flirtant avec les 4200 mètres d’altitude, lieu-dit où une communauté de Kirghiz nomadise en été. Un homme âgé à barbe blanche, coiffé du chapeau kirghiz : le kalpak, trône fièrement, une petite fille sur ses genoux, assis devant la première yourte. Il se tient avec une dignité stupéfiante.

La yourte demeure emblématique du monde nomade. Les Kirghiz du Tadjikistan peuvent changer plusieurs fois de secteur au cours de l’été se dispersant sur le plateau du Pamir. Ils se déplacent avec leur troupeau de yacks et leurs yourtes. Ce sont les besoins du bétail qui fixent le rythme de vie des Kirghiz. Ils disent « nous n’avons pas de route, juste le vent pour nous guider ».

Avec les nomades kirghizes
Rencontrer un campement de Kirghiz en fin de journée signifie que le gîte et le couvert sont assurés. Pour ces nomades, ne pas partager le plus modeste morceau de pain et ne pas offrir un tapis de feutre dans leurs yourtes aux voyageurs serait une grossière impolitesse. Ce peuple nous offre une leçon de vie.

Nous nous saluons en posant la main droite sur le cœur en se tournant successivement vers chacun en adressant des murmures de salutations inaudibles. Quand l’excitation de l’arrivée de l’étranger s’est un peu calmée on boit le thé. Le thé chez les Kirghiz est une véritable obsession. En permanence sur un feu de bouses de yack séchées il est prêt à être servi à tout moment. Il se boit avec des tranches de pain plat appelé kalama et tout invité se voit dès son arrivée offrir l’un et l’autre. Par la suite, les habitants du camp se dirigent vers le troupeau de yacks pour en traire les femelles. Puis, va suivre le repas du soir. La nourriture au Pamir suppose une grande monotonie. Elle se résume aux produits laitiers, la viande produite et quelques légumes. On nous propose du riz sur un plat. Avec dextérité, les enfants y plongent les doigts pour en retirer du riz, mais aussi quelques rares morceaux de viande et de légumes. On me sert abondamment. La cordialité est authentique. Ces gens simples nous communiquent leur magie!

A l’abri dans une yourte nous passerons la nuit allongés sur des nattes posées à même le sol.

Progression à pied
Il est décidé, qu’accompagné d’un habitant de Jalang, je rejoindrai à pied le site de Kök Jar situé à quelques jours de marche où m’attendra mon chauffeur et son 4X4. Cela lui permettra de se libérer de son mal d’altitude. Au cours de la traversée du plateau, dans un ciel bleu et dégagé, le soleil est brûlant et implacable. Ensuite, une piste nous conduit dans une gorge étroite, dans un monde minéral absolu. Les falaises se rapprochent de la piste, en contrebas la rivière se met à serpenter plus serré. Mis à part le vif fracas de l’eau tout est silencieux. Ici, on éprouve le sentiment que nous sommes en vie. Ces montagnes éternelles sont désertes. Elles ont quelque chose de fantastique, de cosmique. Et pourtant, un faux pas et c’est l’éternité. La frontière est bien mince entre la vie et la mort. La proximité d’un arrêt de vie possible aiguise les sensations. L’odeur du danger est enivrant. Quoi de plus fort que ce sentiment ?

La piste continue, toujours abrupte et vertigineuse, alternant montées et descentes pour, vers 16 h 00, déboucher sur un replat où une petite oasis à pris naissance. Il est décidé de bivouaquer ici. Entre 2 grosses pierres, un feu de bouses sèches de yack est allumé sur lequel mijote un peu de riz pour le repas du soir. La routine du bourlingueur.

Installés dans nos sacs de couchage, nous y prendrons le repos sous une voûte étoilée, compagne universelle des gens qui dorment à l’air libre. Le Pamir, c’est aussi cela.

Le lendemain, les conditions de progression restent les mêmes. Nous nous faufilons dans une gorge étroite dissimulée dans un labyrinthe de parois abruptes qui s’enfonce comme une blessure dans la montagne. Je suis partagé entre l’angoisse et l’émerveillement. Puis, la galerie se desserre et nous délivre du ventre de la montagne débouchant sur un magnifique petit lac. L’eau turquoise semble délicatement posée dans un cadre de paix et d’isolement absolu.

 Laissant le petit lac sans nom derrière nous, un minuscule couloir nous conduit à Kök jar, site où seuls les pétrogliphes suscitent quelque peu d’intérêt. Avant d’y parvenir, soudainement, un homme à turban blanc sur la tête, installé sur un yack, surgit de nulle part. Mon accompagnateur lui adresse quelques paroles. Visiblement, ils ne se comprennent pas. Quelques minutes plus tard, l’homme et sa monture disparaissent derrière un rocher s’avançant sur le sentier.

Reprise du cheminement en véhicule
Ayant retrouvé mon chauffeur et son 4X4, nous nous dirigeons maintenant vers Ghudara. Le ciel d’un bleu limpide fait ressortir l’aridité de la montagne aux pics acérés. La piste empruntée reste une simple trouée dans un décor farouche. La montagne n’a pas le contenu amolli des chaînes qui ourlent la route dite du « Pamir ». Elle déchire le ciel de ses pointes aigües permettant une vue extraordinaire sur les cimes enneigées et de côtoyer le mystère. Ce cadre minéral n’a pas changé depuis des millénaires et n’a pas été meurtris par l’homme. Au sommet, l’air est d’une transparence extraordinaire où s’accrochent des nuages blancs derrière lesquels des aigles disparaissent en silence symbolisant que rien de cette nature n’est définitivement acquis. Elle nous laisse la découvrir et au cours de notre avancée elle se retire, se modifie et nous replace devant le vide que l’on porte en soi, devant cette espèce d’insuffisance qui, paradoxalement, est peut-être notre moteur.

Au terme d’une journée au goût de paradis, après avoir franchi un dernier ressaut du terrain, un ultime virage nous dévoile en contrebas une oasis de verdure et de fraîcheur, paradis terrestre protégé par de puissantes montagnes inhabitées. Comme par miracle, un gros bouquet de verdure à pris naissance ici. Il grossit au fur et à mesure que nous approchons. Il protège un village de pisé construit en terrasses à flanc de montagne sur un versant abrupt s’étalant le long d’une rivière. Sous l’action du soleil les franges des neiges éternelles fondent, de petits torrents dévalent la pente perfusant la rivière qui alimente l’oasis. L’endroit est assez étroit et laisse peu de place aux espaces à cultiver. Quelques personnes survivent ici élevant quelques moutons. Le village est profondément silencieux. Une torpeur étrange flotte sur les lieux. Les gens rencontrée se disent pamiris. Les hommes valides seraient, semble-t-il, dans des lieux plus favorables pour que paisse leur bétail.

Bardara
Après une nuit passée dans un profond silence la progression reprend en direction d’un lieu-dit appelé « Bardara ». Nous nous enfonçons dans l’ombre froide d’une gorge, dans une profonde vallée entourée de falaises vertigineuses. Puis, dans une trouée linéaire et continue, l’air devient rare et cru. Le soleil y darde ses rayons, la piste devient un four solaire et vibre de chaleur. Nous évoluons dans un repli de montagne aride, torride, sans un souffle d’air ; sol et ciel sont brûlants. Les arrêts en plein soleil sont pénibles mais ils nous permettent de découvrir un cadre ignoré des touristes. Jour après jour, je m’enfonce dans l’intimité du Pamir. Je me sens bien, en paix avec le Monde.

A mi-journée, à flanc de montagne, sur une échancrure étroite façonnée à même la falaise une interminable guirlande de yacks progresse, les uns derrière les autres, en file indienne. La caravane ondule, disparaît dans les creux et réapparaît plus loin. Soudainement, lors d’une bousculade, sabots par-dessus tête, un yack, en plusieurs saltos, rebondit dans la pente abrupte pour enfin disparaître dans les profondeurs de la vallée.

Ravmed
Bardara dépassé, je décide que notre prochaine destination sera le lieu-dit « Ravmed ». Une piste tortueuse enserrée entre deux parois vertigineuses y conduit. La montagne ne se dépense pas en gestes inutiles. Elle monte, monte encore, avec des assises puissantes de flancs larges, de parois dangereuses. Au Pamir, lieu propice au rêve et à l’imagination, le voyageur reste confronté face à une nature écrasante qui le ramène à sa juste mesure. Le paradis recherché est un lieu difficile à atteindre.

Puis, en haut d’un éperon rocheux la piste bascule vers Ravmed. Il faut à présent traverser des rivières. Elles sont peu gonflées mais roulent cependant assez d’eau pour que l’on peine à en franchir le cours. Exigences des pistes simples. Ravmed ne retient pas longtemps le voyageur. C’est un simple repère où l’on atteint le début du flanc occidental du Pamir depuis lequel un regard plongeant nous laisse découvrir le village de Khijez. En cours de progression, les eaux des rivières nous parlent de peuples oubliés et murmurent le secret de terres inconnues ! Une large vallée, calme et reposante s’ouvre devant nous. Le soleil est au zénith. Arrivés à Khijez, à l’entrée du village des hommes tournent en rond sur une meule de petits pois pour les battre. La récolte avait été auparavant moissonnée avec une simple serpette à l’équerre. Travail long et fastidieux, mais ici on ne se soucie pas de cela.

Après Khijez, petite bourgade perchée sur les hauteurs du Badakhchan, la vue est à couper le souffle. On ne peut que s’incliner devant cette nature et ce paysage féerique. Il n’y a plus que le bruit du vent. Cette mélodie des hauteurs évocatrice de liberté. Au loin, face à nous, les montagnes de l’Afghanistan se découpent à l’horizon. Que deux pays, l’Afghanistan et le Tadjikistan, puissent être séparés par une frontière semble absurde et grotesque.

Khorog
Bientôt, la vallée s’ouvre sur Khorog. Les eaux des rivières sont brassées de violents remous dont le vacarme et l’écume évoquent une marée. Khorog, ville frontière avec l’Afghanistan signe la fin de cette traversée tant convoitée. Pour que l’avidité du découvreur soit rassasiée, je me rends sur le marché afghan. S’y agite une mer de turbans, blancs, bleu, sombres, roses, noirs, certains plats et larges, d’autres resserrés en forme de citrouille. Beaucoup d’hommes portent des barbes épaisses, longues ou courtes, taillées ou sauvages, dissimulant presque complètement les visages, grimpant haut sur les pommettes épargnant à peine les yeux. Elles sont tissées de fils d’argent à l’approche de la vieillesse.

Sur le marché, comme dans tout le Pamir, les femmes vêtues de vêtements toujours très colorés, portent parfois le voile, ce qui est plutôt rare, s’habillent de vêtements légers ou alors plus rigoureux. Il semble qu’ici on accommode la religion musulmane à sa guise. De quoi rêver !

Ils sont d’un autre monde que le mien. Cependant, j’éprouve beaucoup de respect pour ces gens qui se rendent parfaitement compte qu’ils sont en dehors du monde moderne. Ils veulent exister avec ce qu’ils ont. Je rencontre des afghans fiers, respectueux, généreux dans leur rencontre, à la recherche de l’autre. Le contact de ces gens au mode de vie et de pensée si radicalement éloigné du nôtre aiguise mon appétit de voyageur insatiable. Cela me permet de franchir des barrières culturelles réputées infranchissables et de découvrir que nous sommes tous les miroirs des uns des autres.

Le privilège qui m’a permis de venir à la rencontre de cette population pamirie reste le privilège de celui qui a réalisé son rêve. Je ressens une sorte d’accomplissement inexpliqué. J’ai trouvé quelque chose dans les montagnes du Pamir, une chose où il est difficile de mettre des mots dessus. Une chose que les pamiris possèdent depuis toujours.

< Maurice Thiney (21)
mardi, 11 octobre 2016 18:24

Hors des sentiers battus

Nicolas Breton, l’auteur de « Hors des sentiers battus » de nouveau sur la route.

Après un voyage autour du monde en 2013 et 2014 et la rédaction du livre Hors des sentiers battus relatant cette expérience (livre édité par Aventure du Bout du Monde et disponible ICI), j’enfile à nouveau mon sac à dos. Ce nouveau voyage me mènera en France et en Amazonie sur les sentiers de la Terre-mère. Pour l’occasion, je reprends ma plume, afin de vous conter mes nouvelles péripéties et la beauté de ce monde. Toutes mes aventures sont disponibles sur le site www.horsdessentiersbattus.fr

En 2013 et 2014, j’ai voyagé hors des sentiers battus : acteur et figurant à Bollywood en Inde, découverte de la savane au Zimbabwe, auto-stop en Argentine, volontariat en Bolivie au sein d’une communauté indigène d’Amazonie, voyage chamanique avec l’ayahuasca au Pérou…

En 2016, je pars voyager sur les sentiers de la terre-mère. La terre-mère est la déesse terre dans de nombreuses croyances amérindiennes, celle qui nous donne la vie et nous nourrit. Alors un voyage sur les sentiers de la terre-mère, c’est un voyage de reconnexion à la nature. Dans un monde où nous sommes de plus en plus déconnectés, et moi le premier, je vais tester de nouvelles expériences de reconnexion à la nature et je partirai à la rencontre de ceux qui vivent et agissent dans le respect de l’environnement.

Dans le Sud de la France, j’effectue un Wwoofing chez Pierre, qui tente de vivre en autosuffisance, et travaille avec lui sur son potager en permaculture. Je participe ensuite à un Camp Climat, un rassemblement de citoyens qui agissent pour protéger l’environnement.

En Amazonie, je découvre un village alternatif et écologique au cœur de la forêt, puis je pars en excursion dans la jungle, en pirogue et à pied. Toujours en Amazonie, j’effectue de nouveau un voyage chamanique avec l’ayahuasca, plante médicinale hallucinogène qui permet de se connecter aux esprits de la nature. Ce voyage dans une autre dimension de la réalité fut encore une fois très intense et sera relaté un peu plus tard à mon retour de voyage.

Sur mon site internet, je vous partage toutes ces aventures et ses enseignements, je vous propose aussi des articles sur l’Amazonie (son histoire, ses mythes et légendes, sa réalité aujourd’hui), des informations pratiques sur le voyage, et bien sûr des articles plein d’humour et de légèreté relatant ses péripéties et rencontres toujours plus excentriques les unes que les autres.  

Partez avec moi dans cette aventure faite de découvertes sur le monde, car sur les sentiers de la terre-mère s’ouvre un voyage d’authenticité, de rencontres, d’imprévus, d’immersion, d’apprentissage et d’ouverture !

Site internet : www.horsdessentiersbattus.fr
Facebook : Nicolas hors des sentiers battus
mardi, 04 octobre 2016 16:10

Un voyage extraordinaire pour un couple bien ordinaire

  Nous sommes un couple de 50 ans qui s’est offert un tour du monde d’une année pour ses 25 ans de mariage. Nous avons économisé pendant quelques années et avons pris plusieurs mois afin de mettre sur pieds le voyage de nos rêves. Comme nous ne sommes pas adeptes des grosses chaleurs, nous avons décidé de faire le voyage en sens inverse du globe afin de bénéficier de températures entre 15 et 25 degrés Celsius. Nous avons aussi décidé que les durées de vol devaient être inférieures à 5 heures.

Nous avons planifié les 4 premiers mois avant le départ pour maximiser les visites sans consacrer trop de temps à la logistique quotidienne. Les hébergements étaient toujours choisis avec des petits déjeuners inclus, les moyens de transport ainsi que les endroits à visiter étaient toujours organisés quelques semaines à l’avance, afin de ne pas être pris de court afin de sauver temps et argent.

Notre périple a commencé en juillet 2014 par la visite des principaux sites du Pérou et de la Bolivie, puis nous avons parcouru 7 000 km au Chili avec un van loué. Après une petite pause en Polynésie pour organiser la suite du voyage, nous avons fait le tour des deux îles de la Nouvelle-Zélande en bus. Nous avons par la suite tracé plein nord. Pour fêter nos anniversaires respectifs, nous nous sommes gâtés avec une croisière de l’Australie à Singapour qui comportait  différentes escales en Indonésie. 

Nous avons par la suite traversé toute la Malaisie et la Thaïlande en bus, puis avons remonté le Mékong vers le Laos. Nous sommes passés par le Vietnam et le Cambodge où nous avons visité des sites historiques et archéologiques.  

C’est donc à partir de l’Asie du sud-est que nous sommes allés au Népal, notre coup de cœur, et le Bhoutan, qui fût une belle découverte. Par la suite, nous nous sommes accordés une petite semaine de répit, afin de nous imprégner de la démesure de Dubaï puis nous nous sommes rendus en Andalousie et aux Îles Canaries. Pour finir en beauté, nous avons  entrepris une 2e croisière sur la mer Baltique d’Amsterdam à St-Pétersbourg.

Enfin, après un voyage des plus enrichissants, tant qu’humainement que culturellement, nous sommes revenus  au Québec plus en forme qu’avant le départ étant donné les quelque 3 000 km que nous avons parcouru à pied.

  Afin de conserver notre lien avec le voyage et en attendant un éventuel 2e tour du monde avec une formule quelque peu différente, nous avons ouvert un gîte - Circumplaneteux-villa.com - à Québec, pour nous permettre de rester en contact avec des voyageurs venant des quatre coins du monde."

En conclusion :

* 350 jours de voyage à travers 17 pays,

* 71 000 km parcourus en avions, bus, trains, taxis, voitures avec chauffeurs au Bhoutan et vans au Chili,

* 91 hôtels de catégories : basique à 3 étoiles,

* 25 000 photos et 50 heures de film…

Pour lire les détails de notre périple : http://www.enroutes.com/doum971
Page 1 sur 6
vidaupeyroux   vepasserotte   phlautridou   adhabm   admin-QS   frobert   jadran   sychailly   padelcourt   chprestat   isalef   catherine   cvandyk   opaugam   juaudo  
Copyright © 2018 Aventure du Bout du Monde - Le site de vos voyages - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public