FacebookTwitterFeed
0
Panier
Votre panier est vide.

Carnet de route à Madagascar


Le raphia en sursis


Madagascar est le principal producteur mondial de raphia.
Dans le parc d'Ankarafantsika au nord-ouest de l'île, où le palmier pousse naturellement, un projet a été mis en place pour lutter contre la surexploitation de la fibre et fournir du travail aux villageois.

Madagascar1Il faut quelques heures de taxi-brousse pour rejoindre le petit village d'Ampombilava, niché au coeur du parc d'Ankarafantsika, à 500 km au nord-ouest de Tananarive. Là, au milieu de quelques maisons sommaires, un petit atelier en dur, indiqué par un panneau discret.
À l'intérieur, deux femmes s'activent sur leur métier à tisser.
Elles fabriquent des sets de table et des stores en raphia. Cette fibre végétale est tirée d'une espèce de palmier. Vous la connaissez sûrement car elle est utilisée dans la confection de jolis paniers aux couleurs chatoyantes que l'on retrouve souvent sur les marchés en France. La majorité de ces articles sont fabriqués à Madagascar où le raphia constitue une filière importante dans l'économie du pays. Le raphia pousse naturellement dans plusieurs régions de l'île, et notamment dans le parc d'Ankarafantsika.
Cette station forestière créée à l'époque coloniale s'étend sur 130 000 hectares. Au sein du parc, des villages construits au XIXe siècle ont été autorisés à rester dans la zone d'occupation contrôlée. C'est le cas d'Ampombilava.



Lutter contre la collecte sauvage.

Madagascar2En 2005, l'Association nationale pour la gestion des aires protégées (Angap), qui gère aujourd'hui le parc, a décidé de lancer un projet pour préserver les ressources en raphia de la forêt. "Auparavant, les villageois avaient l'habitude de couper le raphia pour le vendre brut aux collecteurs des grandes villes comme Majunga ou Tananarive. Ils ne se souciaient pas des quantités et le faisaient pour survivre.
Pour pallier le risque de surexploitation de la fibre, le parc a décidé de gérer de manière rationnelle ses ressources en lançant un projet de transformation et de valorisation des fibres de raphia", explique Édouard Randriamanantsoa, responsable développement et éducation environnementale du parc. Le principe du projet : regrouper les villageois dans des associations et organiser l'exploitation du raphia au sein d'une filière structurée, allant de la récolte de la fibre à la vente du produit fini.

"Les villageois ont été intéressés par cette initiative car, au lieu de gagner de l'argent un ou deux mois par an en vendant du raphia brut, ils pouvaient désormais toucher des salaires toute l'année grâce aux stocks et à la transformation des fibres. Notre objectif était aussi d'améliorer les conditions de vie des habitants", ajoute Édouard.

Des teintures naturelles.

Cette initiative a été montée en partenariat avec l'association femmes entrepreneurs de Majunga, qui fournit les métiers à tisser et les formations nécessaires pour maîtriser les étapes jusqu'au produit fini. Perline Razafindramavo travaille dans l'atelier d'Ampombilava depuis un an et demi : "avant, je cultivais surtout du riz. Avec le raphia, je gagne plus d'argent qu'avant". Les produits transformés sont vendus dans une petite boutique de Majunga et sur place à l'atelier. Outre le tissage, les femmes ont aussi été formées à la teinture des fibres. Les couleurs sont entièrement naturelles et proviennent de plantes qui poussent dans le parc. Par exemple, le jaune est obtenu grâce à l'écorce de manguier et le bleu grâce à l'indigo. "Les femmes font bouillir les plantes dans l'eau puis imprègnent les fibres.
Elles doivent maîtriser les températures pour bien fixer les couleurs", précise Édouard.

Un complément de revenus.

Madagascar3Le projet raphia regroupe aujourd'hui une cinquantaine de membres actifs, repartis dans cinq associations. La plupart des membres ont préservé leur activité agricole et utilisent le raphia comme complément de revenus. "D'autres villages continuent de vendre le raphia brut.

Mais, depuis quatre ans, nous avons constaté une diminution des collectes sauvages. La plupart des villageois coupent désormais le raphia pour la transformation seulement", souligne Édouard. Et pour cause.
Un plan de gestion a été mis en place et un cahier des charges signé entre le parc et les habitants. "Le cahier des charges est très strict quant au tonnage et à la longueur des fibres autorisés. Nous voulons travailler en collaboration avec les villageois dans un esprit participatif. C'est important qu'ils préservent eux-mêmes leur terroir", rapporte Florent Razanakolona, responsable développement des filières du parc.
"Notre objectif est de pouvoir replanter l'équivalent de ce que nous récoltons car il faut dix ans pour qu'un raphia soit exploitable", conclut Édouard.
Chaque année, cinq cents nouveaux pieds de raphia sont plantés par les villageois pour régénérer les ressources du parc.

Texte et photos Charlotte Patron (75)

Le projet "Fibre voyageuse" est un voyage d'un an à travers le monde à la découverte des fibres naturelles : coton, raphia, chanvre, lin... Ils sont plusieurs milliers, dans les pays les plus pauvres du monde, à vivre de la production et de la transformation de ces fibres. L'objectif de notre périple consiste à sensibiliser l'opinion à leur existence et témoigner de leur utilité économique et écologique par le biais de reportages écrits, audio et vidéo
Fibrevoyageuse.org




Aventures Malgaches


Madagascar3La route Ambilobe-Vohémar réserve bien des surprises aux voyageurs qui s'aventurent sur ce trajet.

Ce court tronçon d'asphalte puis de piste, de l'aéroport jusqu'aux petites gargotes de la rue commerçante, Laurent et moi l'avions sillonné plusieurs fois il y a deux ans, et le parcourir à nouveau maintenant présente un aspect familier et exotique à la fois, faisant naître une impression étrange de déjà vu et de nouveauté.

C'est la première fois que je reviens dans un pays, et dans mes premiers pas ici, je ressens toujours cet endroit comme résolument différent sans toutefois le léger vertige de l'inconnu.

Je me découvre à l'aise dans la différence, dépaysé sans être perdu ni dépassé.

Les madeleines de Proust. Plongé dans ces réflexions, nous arrivons à un hotely, ces étroites cantines de rue omniprésentes sur l'île.


C'est en sentant alors l'odeur des cafés et des beignets que nous avons commandés que je comprends réellement pour la première fois ce que Proust a voulu dire avec ses madeleines...Les madeleines de Proust.

Plongé dans ces réflexions, nous arrivons à un hotely, ces étroites cantines de rue omniprésentes sur l'île.
C'est en sentant alors l'odeur des cafés et des beignets que nous avons commandés que je comprends réellement pour la première fois ce que Proust a voulu dire avec ses madeleines...

La gargote et ses relents de friture et de café brûlé, filtré dans une natte d'osier, me replongent aussitôt deux ans auparavant, me remettent en mémoire tous les hotely où j'avais bu de semblables cafés, ces hotely malgaches unis par leur odeur commune. Et c'est réellement ici, devant cette petite baraque en bois noire de graisse, devant ce saladier de verre rempli de beignets et ces tasses de fer émaillé, que je retrouve en une quasi instantanéité les repères et les habitudes acquis lors de mon précédent séjour.

La lenteur est un art de vivre qui s'apprend dès la naissance

Madagascar4Mora mora. Laurent et moi n'avons pas voulu aller sur Nosy Bé ou l'île Sainte-Marie, nous préférons nous diriger vers une zone moins connue de la grande île rouge. Nous avons décidé de partir pour le nord-est du pays, vers la côte de la vanille. Les jours précédents, de Renault 4 bleues récemment déballées des containers de cargos en vieilles Peugeot 505 reconverties en taxibrousse, nous sommes parvenus à Ambilobe, une petite ville dans les terres au nord du pays.

C'est là que nous attendons le taxi-brousse pour partir vers Vohémar sur la côte Est.
La devise du pays est mora mora, lentement, lentement... La lenteur est un art de vivre qui s'apprend dès la naissance. Pour moi, il est peut-être trop tard : les cinq heures d'attente mettent mes nerfs à rude épreuve. Finalement, après quelques crises d'impatience et beaucoup de résignation, le taxi-brousse arrive enfin à midi et demi pour un trajet réputé durer quinze heures. Les Malgaches ne doivent pas plus que moi aimer arriver en pleine nuit, et mon esprit occidental éprouve de la peine à comprendre les raisons d'un départ aussi tardif. Je respire, nous partons enfin... pour la station service !

Cela me laisse le temps de compter : entassés sur les bancs de bois et le plateau arrière du véhicule, nous sommes dix-huit passagers, dont deux bébés. Le plus jeune a juste trois semaines et voyage sur les genoux de sa mère, habitant sur la côte et venue au centre des terres pour présenter le nouveau-né à la famille. À treize heures, le vrai départ semble être acquis et dès les cinquante premiers mètres, nos conclusions sur la route sont tirées : la piste est dans un état effroyable, d'énormes ornières crevassent le sol et le taxibrousse isolé dans une bulle de poussière est aisément doublé par des cyclistes qui nous saluent de la main.

Un coureur moyen devrait pouvoir nous suivre sans trop d'effort. Un grand type à l'air inerte commence, devant nous, à mâcher du kat qu'il sort d'un sac plastique rose ; il porte un bonnet de fourrure vert, des chaussures de marche et un gros anorak de ski, accoutrement incongru sous cette chaleur tropicale. Par sa façon de porter à sa bouche les rameaux de kat, de les agiter un peu devant son visage, de les poser doucement sur ses lèvres avant que celles-ci ne s'entrouvrent pour arracher les feuilles à la tige, puis les mâchonnant lentement en silence, il me fait irrémédiablement penser à un grand singe des forêts, aux gorilles de Diane Fossey. Il m'offre un peu de cette plante euphorisante, je mastique une feuille au goût très amer que je finis par recracher.

À l'arrière, accroché au toit et debout sur le marchepied, ballotté de tous côtés, se trouve Djamel, chargé des corvées les plus pénibles, qui saute et court, guidant le chauffeur à travers les ornières, repérant la meilleure passe en avant du taxi-brousse, trimbalant sans cesse la cale avec lui, grimpant sur le toit pour rattacher les bagages avant de redescendre avaler la poussière ocre à l'arrière. Et nous voyons peu à peu ses habits, son visage, ses cheveux et ses sourcils, prendre la couleur de la piste, tant la poussière se colle partout, se fixant sur son jean jusqu'à lui donner un aspect solide...

Une jeune passagère, assise au fond du taxibrousse et portant un énorme lecteur radiocassettes sur ses genoux, introduit une cassette dans l'appareil. La musique retentit. C'est du salek, aux rythmes de percussion qui mettent en joie les cyclistes qui nous suivent. Ils pédalent alors en rythme et s'accrochent à l'arrière du véhicule pour en profiter. La musique nous réjouit... au début, mais peu de temps s'écoule avant que nous nous fassions la remarque que ce serait bien si ça ne durait pas trop longtemps !

La lumière est d'une qualité rare ajoutant un charme particulier aux montagnes qui ceinturent cette vallée rouge.

Le taxi-brousse progresse toujours à dix km/h sur la piste... Imperturbable, l'homme gorille mâchonne toujours son kat, ne recrachant rien, et une boule compacte de feuilles se forme dans sa joue gauche. Sur sa droite se tient sa femme, habillée élégamment, qui s'occupe de Mélissa Léonita, leur jolie petite fille de deux ans. Le paysage est superbe, quelques grands arbres isolés ponctuent la piste de terre rouge qui traverse la savane en s'élevant graduellement.

Madagascar2J'aperçois parfois des cases sur pilotis, cloisons de natte ou torchis, groupées autour de manguiers, je repère aussi de grands trous dans la terre ocre, sèche et semi-aride : les excavations des chercheurs d'or. Tout semble vide et désolé, des villages morts en apparence. Mais où sont passés les gens ?

Il n'y a pas de cultures visibles, quelques zébus épars et efflanqués, et des chèvres qui errent...
Indifférent aux passagers, Djamel réalise un véritable exploit, toujours accroché à l'arrière du taxi, ne cessant d'en descendre et d'en remonter pour guider le chauffeur. À deux ou trois reprises déjà, nous aussi avons dû marcher pour délester le taxi-brousse afin qu'il puisse continuer sa route, tellement la piste demeure mauvaise. Bien utiles, ces pauses permettent de se délasser les jambes et le dos, et à pied nous allons presque aussi vite que notre véhicule.

Du ha}t de cette petite colline où nous attendons le taxi, le coucher de soleil est splendide et la lumière est d'une qualité rare à cette heure, ajoutant un charme particulier aux montagnes qui ceinturent cette vallée rouge au milieu de laquelle nous nous trouvons.

Cela fait six longues heures que nous avons quitté Ambilobe et nous venons de passer une borne numérotée 75. Soixante-quinze kilomètres, mais à partir d'où ? Cela commence à faire long... Il est dix-huit heures. D'après le guide, il y a 150 km entre Ambilobe et Vohémar. Nous aurions fait la moitié du trajet en six heures ? Lors d'une pause, j'interroge notre chauffeur :

_Il reste combien de kilomètres, on en a fait plus de la moitié ?
_Oh oui, bien plus de la moitié.
_Ah très bien, alors il reste cinq heures ; logiquement vers vingt-trois heures nous devrions être arrivés ?

D'anthologie en apothéose. Reprenant place à l'arrière, nous repartons. Cela faisait un moment que la fraîcheur de la nuit se faisait sentir plus cruellement, dans nos T-shirt moites, en plein vent à l'arrière. La pluie arrive, une petite pluie fine, un crachin transperçant à l'approche de la côte. Nous allons finir ce trajet d'anthologie en apothéose. La piste se transforme soudain en une belle route goudronnée, la délivrance est proche. Une ville endormie apparaît. C'est Vohémar.

Madagascar1Quinze heures de poussière et de piste défoncée pour 150 km, un record !
J'apprendrai plus tard que certains, partis une journée avant nous, ont mis trois jours à faire le trajet, et qu'il n'est pas rare de mettre cinq jours en saison des pluies. Le chauffeur repart vers Sambava. Il aura, arrivé là-bas, fait dix-sept heures de route quasiment sans pause...
Nous attendons devant la barrière close de notre hôtel, une ombre sort de la nuit, cagoulée de noir, dans la main une batte en bois hérissée de clous : c'est le réceptionniste qui nous enregistre.

Les bungalows sont propres, les draps aussi, j'ai l'impression d'assister à un miracle...

Texte Didier Bertrand (75)
photos Cyrille Cornu (Madagascar)



Madagascar1 Madagascar4 Madagascar5

Nous voilà rentré de 3 fabuleuses semaines sur la « Grande Terre », nous avons pleins de beaux souvenirs dans la tête et surtout l’envie d’y retourner.

Un grand merci à ceux qui nous ont donné des renseignements et conseils avant notre départ, ça nous a été bien utile.

Voilà un petit résumé de notre balade ;

Tout d’abord nous avons trouvé un sympathique guide-chauffeur qui nous a baladés pendant les 3  semaines avec une Peugeot 309 un peu rafistolée mais qui a roulé 3600km tout de même !!!

Avant de partir nous voulions aller dans le Nord et dans l’Est. Et bien c’est dans le Sud que nous nous sommes retrouvé !! En faisant un petit crochet vers l’Est à Andasibe. Petit crochet vers l’Est, et oui parce que au bout de 2 jours de flotte nous avons capitulé…
Quelques rayons de soleil nous on permit tout de même d’admirer la réserve « Indri-Indri » avec au passage une belle forêt, de magnifiques caméléons et une bonne dose de lémuriens ; Indri Indri, lémur bambou, lémur varis (qui ressemble à un panda) etc. etc.

Ensuite en route pour le Sud par la nationale 7, via Tana où l’épouse de notre chauffeur nous avait préparé un délicieux déjeuner. Vraiment très sympa et accueillant ces Malgaches.

Sur la Nationale nous avons découvert les « Hautes terres » c’est là que nous avons compris pourquoi on nome aussi Madagascar l’Ile Rouge…  La couleur de la terre est d’un roux qui tourne au rouge le soir avec les derniers rayons du soleil. Même les maisons, qui ont beaucoup de cachet, sont rouges car les briques ou le pisé sont fait de cette terre colorée.

Madagascar3De nombreux parcs nationaux comme Ranomafane, Anja ou Isalo ont fait la joie de nos yeux avec leur cortège de paysages chaque fois plus beaux. Bien sûr nous y avons eu une bonne ration d’adorables lémuriens comme le maki cata, qui avec ses oreilles en pointes et sa queue annelée, fait penser à un chat.

Entre deux parcs nous avons fait un tour à Manakara, petite ville côtière au Sud-est, par le train et avec le beau temps. Bien pittoresque voyage dans un train sorti de la nuit des temps qui parcoure ces 165 km en « presque » 10 heures !!! Mais alors à chaque arrêt c’est un véritable spectacle qui nous attendait. Des dizaines de vendeurs ou vendeuses de tout âge nous proposaient des œufs durs, des légumes cuits, du riz, des saucisses, des beignets, des écrevisses du thé… même des balais et des tabourets !!

Arrivé au terme de la Nationale 7, c’est Mangily, village de pêcheurs près d’une petite forêt de baobabs, qui nous a accueillit.
Au programme c’était ; balades en pirogue, balades à pied, baignades, farniente, langoustes et poissons grillés… Comme c’était pénible !!
Et en plus le beau temps était en rendez-vous, avec le soir, de magnifiques couchers de soleil.

Côté gastronomique, la Grande Terre nous a réservé bien des surprises, de la gargote au restaurant gastronomique, nous avons passé d’agréables moments. D’ailleurs dès notre arrivée nous avons attaqué fort, au restaurant Sakamanga. Certes certains nous dirons que ce resto fait un peu « vazaha », mais le délicieux foie gras mi cuit maison accompagné d’un « Clos Malasa » petit vin gris de la région de Fianarantsoa… si ce n’est pas gouter et apprécier les spécialités locales !!!

Les délicieux pique-niques sur les plages, concoctés par les pêcheurs et piroguiers, les langoustes grillées le soir au resto, nous ont laissé aussi de succulents souvenirs…

Découvrir Madagascar c’est comme un beau rêve que l’on n’a pas envie de quitter…
A bientôt et au plaisir de ce retrouver,

Fabrice , Lisa




Rouge pour sa terre et vert pour ce qui pousse de sa terre ! Madagascar est un subtil mélange d’Afrique et d’Asie.

Peut être même plus Asie qu’Afrique tant par  sa cuisine que par ses villes animées où le pousse-pousse dans certaine est même devenu le premier moyen de locomotion. Même si selon une étude de l’agence Capsule : 71 % des malgaches se considèrent plutôt africain qu’asiatique.

Madagascar : le continent du riz
La rizière est un lieu de vie : on y travaille (dur), on y mange et on s’y repose. Le grain de riz sacré représente à Madagascar 60 % de l’alimentation des malgaches. D’ailleurs, c’est un ancien roi de Madagascar qui avait déclaré : « la mer marquera la limite de nos rizières ».

Le Zébu : un fidèle compagnon
Le Zébu à Madagascar c’est l’équivalent du chameau dans le désert. Il est le compagnon quotidien des malgaches pour : le travail dans les rizières, les transports, la nourriture et les sacrifices.

Madagascar_Tamatave_153Nos amis les lémuriens
Il existe à Madagascar une trentaine d’espèces de lémuriens. Ce sont des parents des singes. On peut les classifier grossièrement en deux grandes familles : diurne et nocturne.
Nous sommes allés à leur rencontre dans la forêt humide de Ramanofa qui recèle d’ailleurs une faune et une flore diversifiées. Voici les lémuriens mangeurs de bambous :

Des peuples multiples
L’île est un kaléidoscope de 18 ethnies principales : Baras, Betsileos, Mérinas, Vezos… Chaque ethnie est différente mais se rejoigne sur un point : le fait de se sentir plus malgache qu’africain !
Il existe quelques rivalités (de bonne guerre) entre les peuples des hauts plateaux et ceux de la côte. Le président actuel est issu de la tribu Mérina, des hauts-plateaux. En tous cas, ces ethnies se rejoignent toutes sur un point : le culte des ancêtres.
Il existe une 19ème « tribu» nommée les Vazahas au nombre de 30 000 environ. Terme utilisé pour désigner les étrangers blancs. Nous sommes des Vazahas non-résidents. Difficile de quitter l’habit de Vazaha qui vous colle à la peau…

Les « Hommes des bois »
La tribu Zafimaniry (« ceux qui désirent ») habite dans les profondeurs de la forêt des haut-plateaux. Les Zafimaniry sont un sous-groupe de l’ethnie des Betsileo (« ceux qui sont invincibles »). Les différents villages ne sont pas accessibles par la piste. Il faut donc entamer une longue marche pour aller à leur rencontre.
En effet, la culture Zafimaniry est riche : culte des ancêtres, cérémonie de circoncision, retournement des morts (Famadihana)…
De plus, les Zafimaniry ont sut conserver un savoir faire depuis de longues années : la sculpture sur bois. Les maisons en bois ne nécessitent aucun clou, elles sont construites uniquement sur le principe du tenon et mortaise. Les portes et fenêtres sont très ouvragées.
Deux symboles majeurs sont omniprésents. La toile d’araignée qui symbolise l’union et les alvéoles des abeilles qui représentent la douceur de vivre.

La forêt en péril
85 % de la forêt primaire à Madagascar a disparu.
Les causes sont multiples : coupe anarchique pour se chauffer et cuisiner, coupe anarchique pour bâtir des maisons et commerce du bois précieux (palissandre, bois de rose et ébène).
La culture sur brulis (Tavy) n’arrange pas les choses et alimente le cercle vicieux : augmentation de la population qui nécessite plus de terre agricole obtenue par brulis qui implique à long terme moins de terre cultivable et moins de pâturage.
De plus, le Tavy est une vieille tradition bien ancrée et les besoins pour se nourrir et se chauffer restent pressants…

Rencontre à Soatanana
Soatanana signifie beau village. On confirme « Beau village » non pas seulement par la beauté des lieux (village perdue en pleine brousse) mais aussi par l’atmosphère qui y règne.
Nous sommes accueillis comme les apôtres : prière sur la place publique, lavage des pieds et invitation au repas à la grande table. Une trentaine d’yeux nous regardent manger en chantant.
La communauté au nombre de 4000 âmes sont tous vêtues de blanc pour ne pas introduire de différence. Ils représentent 40 % des villageois et vivent en autarcie au fin fond des hauts plateaux. Les ressources proviennent de l’agriculture et un peu de l’artisanat.

Madagascar1Au fil de l’eau…
C’est le début de la saison des pluies. C’est maintenant la pluie qui rythme la journée. Levée en général très tôt le matin (vers 6h) et vers 14h tous aux abris car c’est le déluge qui s’installe jusque tard dans la nuit. Les routes secondaires se transforment en bourbier et sans 4X4, zébu ou camion-bus, il est très difficile de circuler… Heureusement, les pluies se sont arrêtées au bout de la première semaine de notre séjour.

Le canal de Pangalane
C’est un canal qui a une histoire humaine chargée car il a été creusé à bras d’hommes fin du 19ème siècle. Ce sont des ouvriers chinois qui vinrent prêter mains forte aux Betsimisaraka de la région de Tamatave. Il y eut beaucoup de mort car le paludisme et les crocodiles ne firent pas de cadeaux  aux ouvriers. Aujourd’hui, toute une vie s’organise autour du canal : pêche, vie de village et transports en tout genre… A l’époque, le canal était d’une longueur de 665 km mais se rétrécit à vue d’œil de part l’envahissement des jacinthes d’eau, fléau national…

Madagascar : une carte postale
Madagascar est un joyau de la nature : forêt primaire, geysers, plages à perte de vue…
Mais n’oublions pas que Madagascar reste le parent pauvre par rapport à ses voisines (l’île Maurice, la Réunion…). Bien entendu, la situation est plus critique dans les grandes villes où la pauvreté est plus « dure » que dans les campagnes. Quelques chiffres qui restent alarmants : plus de 50 % des malgaches vivent en dessous du seuil de pauvreté, seul 6 % des ménages disposent de l’eau potable, le quart des enfants de moins de 15 ans travaillent dans des conditions inimaginables et Madagascar se situe 150ème /170 sur l’échelle mondiale du développement.

Echanges avec les jeunes de l’école de Ampandrianomby
Moment important pour nous. C’est la première fois que nous relatons notre aventure. Le public est constitué des classes de CP, CE1, CE2, CM1 et CM2. Au total 3 sessions de 150 élèves. L’échange fut fructueux et les questions très pertinentes. Voici quelques questions en vrac : Monsieur, êtes-vous heureux pendant ce voyage ? Quel a été le moment le plus difficile ? Et comment faites-vous pour dormir ?

Soyons indulgent !
Les malgaches sont friands de proverbes.
Petit proverbe malgache du jour : on ne repousse pas du pied la pirogue qui vous a aidé à traverser la rivière.

Philippe Studer

www.peuplesracines.org





Infos pratiques été 2009 (voyage d'un mois)

Madagascar2Vol d’avion acheté sur internet : 1231€ l’aller retour Paris – Antananarivo direct par personne

Etant de Rouen, nous avons fait nos visas (50€ par personne) au Consulat de Madagascar au Havre :
7 quai de Southampton 76600 Le Havre
Téléphone : 02.35.42.00.92 Télécopie : 02.35.43.07.16
E-mail :

Nous avons utilisé le guide Lonely Planet (pour y retrouver la plupart des adresses des hébergements cités ci après). 1€ ≈ 2500/2720Aryaris

Voici notre programme jour par jour :

Dimanche 26 juillet 2009 : Paris  - Madagascar
Départ Roissy Charles de Gaulle : 9H55 (vol direct avec Air France)
Arrivée vers 22H à Ivalo, à l’aéroport le distributeur d’argent (Mastercard) ne délivre que 200 000 Aryaris maximum, pluie et fraîcheur (17°C).
A moins d’un kilomètre de l’aéroport (taxi 20 000Aryaris !), l’auberge du cheval blanc est correct, 40 000 Aryaris la chambre de 2 personnes

Lundi 27 juillet : Antananarivo – Antsirabe (km169)
Direction le sud ouest par la Nationale 7
Taxi hôtel – départ des bus du sud : 30 000 Aryaris, 16km
Minibus Antanarivo – Antsirabe : 10 000 Aryaris par personne, 2 heures d’attente pour remplir le véhicule.
Taxi station de bus – Hôtel Asina : 4 000 Aryaris
Promenade à pied en centre ville, l’hôtel des Thermes, l’avenue de l’Indépendance, la gare ferroviaire.
Restaurant L’arche : repas ≈ 10 000 Aryaris
Hôtel Asina : 34 000 Aryaris, petit déjeuner 3 200 Aryaris

Mardi 28 juillet : Antsirabe
Location VTT journée 15 000 Aryaris, Motocyclette 40 000 Aryaris, face au restaurant L’arche
Sortie à la journée (prévoir le pique-nique) vers Talata, le lac Andraikiba, le lac Tritiva, Betafo. Superbe sortie en campagne, petits villages, rencontres avec les gens.

Mercredi 29 juillet : Antsirabe – Ambositra (km259)
Taxi : 40 000
Hôtel Mania : 42 000 Aryaris chambre de 4 personnes, petit déjeuner 3 000 Aryaris
Restaurant malgache : Ny Tanamasoandro

Jeudi 30 juillet :
Sortie à la journée avec véhicule, chauffeur et guide vers les villages Zafimaniry, randonnée à pied, rencontre avec les gens du village, accueil chez le chef du village. Organisation totale prise au bureau des guides Tsanga Tsanga à Ambositra : 161 000 Aryaris pour 4 personnes. Superbe journée avec arrêt à l’aller au village d’Ivato pour le marché.
Vendredi 31 juillet : Ambositra – Fianarantsoa (km410)
Mini bus : 7 000 Aryaris, 3h30 d’attente pour le remplir, 3h30 de trajet
Taxi Renault 4L : 2 500 Aryaris
Hôtel Mini-Croq : 26 000 Aryaris

Denis Besnard et Annie Leroy

Lire la suite (accès réservé aux adhérents)...
Lu 15477 fois

Derniers adhérents en ligne

mchattier   adhabm   albec   lherodet   noauphan   jcpeugeot   chleguenedal   opaugam   anguayamares   cpujol   nasauzet   mgireaud   christaigle   catherine   maharot  
Copyright © 2019 Aventure du Bout du Monde - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public