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Le coin des bourlingueurs (134)

Le coin des bourlingueurs, ce sont des nouvelles d'ABémistes partis aux quatres coins du monde. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres à !

lundi, 08 juin 2020 14:32

Terroirs de Merlusse

Bienvenue dans l'univers de Merlusse, personnage des contes folkoriques vosgiens (ou plus largement Mélusine).

Soyez patients et visitez cette version prototype (anglais et français accessibles): elle vous contera des aventures de voyages dans le Monde ou à quelques pas de chez vous, tels des morceaux créatifs de carnets d'anecdotes de vie de voyageur épanoui et ouvert. 

Bonne immersion dans ces récits au grand coeur, alliant tout type de patrimoine : culinaire, social, culturel, historique et paysager.

merlusse.net

jeudi, 07 mai 2020 14:32

L’envol maladroit d’une paonne

Un atterrissage en urgence ou le rapatriement d’une Française en Inde.

Ce qui peut nous rendre dingue d’aventures, qu’elles soient à l’autre bout du monde ou à 10 km de chez soi, c’est le processus d’élaboration pré-voyage et son rendu vécu sur le terrain, à adapter avec soins. Six mois déjà que je me bourre le crâne avec ce voyage de 3 mois et demi dans 3 pays d’Asie où j’avais déjà posé le pied 3 ans et demi auparavant : l’Inde, le Népal et la Corée du Sud. Fière de moi, j’avais tracé mon circuit dans le Nord de l’Inde pour cibler les différents spots touristiques -ou non, tout en m’octroyant une marge de manoeuvre pour se laisser guider sur place.

Je m’étais aussi engagée dans un projet personnel : franchir le pas pour partager des aventures et ce que l’on en ressent. Ce n’est pas chose aisée lorque l’on souhaite que celles-ci deviennent plus accessibles, procurent des sensations d’ailleurs et qu’elles mettent en lumière les multiples visages bienveillants rencontrés. Terroirs de Merlusse est né! (merlusse.net)

Première visite dans une des mégalopoles les plus oppressantes et les plus chaotiques du Monde : New Delhi. Il y a toujours un temps d’acclimatation cérébral avant d’embrasser l’atmosphère d’un nouvel environnement. Et c’est encore plus vrai lors de la perte maladroite de ton smartphone- élément indispensable en Asie de nos jours- puis, de l’annulation du séjour de deux semaines dans une école où tu voulais t’engager. Tu maintiendras ton expédition en bus de nuit Delhi-Dehradun et tu seras heureuse de faire la connaissance de deux pépites de jeunesse, Abhishek et Dipanshu. Une jeunesse ouverte aux nouvelles technologies, plongée dans ce secteur professionnel prometteur; celle pour qui Internet a complètement destructuré et revisité leurs codes indiens. De 5 ans tes cadets et issus d’une génération asiatique hyper-connectée, tu accuseras le coup d’être l’historique Européenne en quête de déconnection.

La porte du cimetière chrétien s’est ouverte sur un décor léger de pierres tombales enfouies dans la verdure. Les aboiements de chiens qui commencent à se rassembler autour de toi, te renvoient à tes réflexions : tu seras toujours entourée, plus ou moins hostilement, sur ces terres surpeuplées.

Le sud de Delhi t’accueillera avec plus de douceur que la version précédente de Paharganj, même si au cours de ta visite à Sanjay Van, un parc désert de fraîcheur forestière, les policiers t’expliqueront qu’il n’est pas prudent de faire une pause sur un banc de plus de 15 min sous peine de se faire égorger!

J’entends au loin des échos du coronavirus. Mes poumons absorbent les particules fines de la pollution faisant partie intégrante du tableau desi.

Changement de plan : la route pour aller te perdre chez un hôte direction Himachal Pradesh te sera bloquée. Jaipur te semble une destination fiable pour rester une dizaine de jours. Il est vrai que  c’est encore une ville qui dépassera le million d’habitants sans problème – 3 millions d’habitants- mais les richesses de la capitale rose du Rajasthan conteront les méfaits et les exploits des Rajputs. Les couleurs y seront resplendissantes, vives et chatoyantes : les vêtements scintillants glisseront sur les murs teintés du mélange terre battue orangée et sable rosé; des pointes de blanc y amèneront du relief ainsi que les piles de biscottes dorées, luisant au soleil ardent. Des noms défileront dans l’hoztel Jaipur, régi par Sid et Aimy. Egon et Martin s’étaient rencontrés en route de leur roadtrip d’un an et, avec eux, tu découvriras la cité et son coeur historique bordé de dentelles bleues et jaunes infranchissables. C’est avec un groupe d’anglophones que tu mangeras dans un restaurant ‘fancy’ d’un rooftop. Larissa et Georges seront ceux avec qui tu passeras ton début de confinement, tes moments d’indécision et tes dernières heures d’oiseau, libre de se déplacer.

Chaque voyageur se positionne à l’heure de la psychose suite à la pandémie qui touche durement l’Europe; des messages affluent via les réseaux sociaux et les discussions entre voyageurs ne cessent de tourner en rond, puis se dispersent sur l’attitude à adopter face à une situation inconnue. Je voudrais juste me déconnecter pour un jour encore, avant de sombrer dans le tsunami de deux semaines d’écrasantes informations qui s’abattent comme des vagues dévastatrices.

Réveillée à l’heure du lever du soleil, tu cherchais à aller au fort de Nahargarh à pied. Tu auras encore sous-estimé les distances indiquées par la géolocalisation et la réalité du terrain. Des entrelacs de ruelles formeront une barrière de protection de l’accès secret et alternatif à la route touristique. Ces peintures vivantes du quotidien t’apporteront une facette théâtrale des matinales de Jaipur. Vue d’en bas, la forteresse semble inaccessible surtout lorsque tu te confronteras à la masse beige rocailleuse d’un pan de monts Aravalli, chaîne qui traverse le Rajasthan. Le soleil est déjà haut dans le ciel à 9h30 : on reviendra pour l’ascension de ce joyau défensif, qui brillera aux premiers ou derniers rayons du soleil, la meilleure lumière recherchée par les photographes. Tu t’étais quand même déplacée au nord-est de la ville pour t’élever un peu en altitude donc, tu profiteras de Shri Garh Ganesh Ji Temple pour admirer le panorama sur l’étendue urbaine, le Gaitor ki chetriyan qui n’était pas indiqué dans le guide de Jaipur trouvé à l’hostel et, sur la partie sauvage broussailleuse et poussièreuse emmenant les yeux vers la fameuse Amber, capitale de l’ancien Kachwaha.

C’est à partir de ce moment-là que l’engrenage du piège Covid-19 s’enclenche. Tous les jours, je compte le nombre de pays touchés par le virus, on me transfère les décisions européennes et françaises, je compte le nombre de pays fermant leurs frontières, on me demande dans quelle situation je suis : je déguste le plat indien végétarien préparé par Sid et je choisis ma destination avant le ‘test’ du verrouillage complet du pays prévu le dimanche 22 mars. Petite précision : j’ai dû éplucher une centaine de circuits possibles depuis mon arrivée en Inde jusqu’au moment où je me suis ‘fait confiner’ dans l’hôtel de l’Aerocity à Delhi (étape qui arrive bientôt dans le récit). L’hoztel Jaipur a fermé ses portes après mon départ, la mission vol express du samedi soir vers Hyderabad commence : le secteur du tourisme va subir un sacré coup économique….

Le vol détresse pour Hyderabad était une sorte d’appel à la rescousse; un lâcher-prise de la situation que tu auras voulu partager avec une âme réconfortante, celle qui connaîtrait le terrain dans la ville la plus connectée de l’Inde. Mais ce ne serait sans compter sur la paranoïa de certains, envers les étrangers, qui seraient les premiers vecteurs du virus! Aucune photo ne sera prise à Hyderabad car les sorties dérobées hors de l’étage 23, étage emboîté dans un géant étiré sur 30 paliers, se résumeront à des balades silencieuses et nocturnes en ‘scootie’. Un air d’antan, où les écrivains comme Emile Zola, décrivaient les multiples détails de la transformation de Paris, ou bien des explorateurs comme Alexandra David-Néel, arpentaient les moindres recoins d’un culte : plus tard, il faudra se rappeler l’ambiance fantomatiquement apaisante des grands axes lisses d’une citadelle où coexistent hindous et musulmans. Au bord d’un des plus grands lacs artificiels de l’Inde, Hussein Sagar, tu voudras traverser cette route immense, vidée de sa substance bruyante et dégénérée d’automobiles, pour échapper aux odeurs d’eutrophisation. Au centre, debout, une statue éclairée de Bouddha a été érigée. Dans deux jours, les vols internes seront supprimés : le pays en entier sera bloqué de peur d’une hécatombe sanitaire. Et pourtant, les chiffres des études scientifiques prouvent que la pérennité de la vie sur la planète bleue ne sera pas liée à cette mini-crise mais plutôt à la catastrophe future de la gestion des ressources naturelles, des impacts du changement climatique et du contrôle de la prolifération humaine. Réflexion omniprésente au cours de voyages asiatiques.

L’heure du confinement a sonné! Abhishek t’emmènera à l’aéroport après bien des négociations avec la police, ses colocataires et ses collègues, afin de mesurer l’ampleur des risques à prendre pour aider une Européenne à retrouver les portes de son pays - même si celui-ci est au plus mal. L’ambassade aura donné comme point de chute Delhi. Masque, OK. Température, CHECK par les militaires. Tampon sur le bras, HEIN? Si oui, il indiquera que tu auras été identifiée comme porteuse du coronavirus…. Gel hydroalcoolique. Présent dans tout l’aéroport. Le byriani commandé, plat prisé d’Hyderabad, apportera une douceur finale à cette escapade sudiste.

J’ai la chance d’avoir pris la décision d’attendre la suite dans un hôtel tout confort, qui ne me jettera pas dehors un bon matin, mais mon budget ‘confinement’ n’est pas encore défini : l’ambassade de France s’apprêtera à recueillir autour de Delhi, près de 500 personnes avant d’assurer un vol de rapatriement. 6 jours et 7 nuits, dont la dernière dans l’avion, ce sera le temps imparti à s’occuper dans l’hôtel. Cloîtrée dans ta chambre, tu sentiras approcher la Solitude, l’ombre des Français derrière l’Intimité chérie, mais aussi l’ombre de tous ceux qui ferment leurs portes empêchant l’imprégnation dans le paysage local.  En y repensant, je n’ai pas eu l’occasion de visiter les endroits photogéniques des alentours de Jaipur, ni de Delhi; j’ai ‘juste’ vécu authentiquement, en m’inspirant des quelques leçons tirées du The Alchemist (P. Coelho), donné par Georges.

Il est temps d’aller explorer les moindres recoins de l’hôtel! Dans le couloir du 3ème étage, tu tomberas sur Marine et Anthony, couple avec lequel tu t’aventureras dans les ruelles du quartier commerçant, pour un ravitaillement en produits frais. Tu rencontreras beaucoup d’étrangers errants, comparant les possibilités d’hébergement aux alentours : tu admettras que le personnel souriant de l’hôtel se démèneront pour accueillir respectablement les touristes en vadrouille, lui-même n’ayant eu la possibilité de sortir de l’enceinte du bâtiment pendant plusieurs jours. Dans la chambre d’en face, tu rencontreras deux infirmiers Jean-Michel et Emmanuelle, qui s’indigneront de la situation hospitalière française. Les 3 mois de congés sans solde, acquis par leur acharnement à la tâche des soins, aura tourné court : au bout de 3 semaines, ils se sont retrouvés à la case départ Delhi.

Cela fait 3 jours que la routine s’installe et tu es engluée dans les messages chaleureux reçus. La sortie à la supérette du coin devient une aventure épique étant donné que, désormais, les militaires surveillent nos mouvements : une sorte de protection rapprochée…. La supérette n’ouvre que pendant un certain temps et parfois, ferme ses portes devant les clients en attente en file indienne, séparés de 2m chacun – clients notamment nommés Jean-Mi et Manu, qui sont dans les starting-blocks et qui deviennent enragés à leur entrée dans la caverne d’Ali Baba. Tu sentiras une dernière fois ces odeurs chaudes, alléchantes d’épices, enivrant ton palais des 1000 couleurs avec une commande de ‘matar paneer, paratha, dal makhani’ assaisonnée de ‘curd’ et de ‘kayi chutney’. Le piment contenu dans ce dernier te montrera que ton pouvoir d’adaptation a été meilleur que ton premier voyage en Asie et qu’en 1 mois, tu as su dominer les effets d’une épice si corsée et intense.

Mes 4 acolytes et moi-même tournont à l’autodérision de notre situation et concernant ce chaos mondial : notre avion de rapatriement est prévu le mardi 31 mars à 1h du matin. Les chiffres indiquaient que 2000 français étaient encore en Inde après la fermeture des frontières, éparpillés comme des pépites de chocolat dans une pâte à brioche.

< Amandine Ladrille (69)

mardi, 28 avril 2020 09:14

Road trip Népal durant le Covid-19

« Dans le voyage, ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin parcouru » se plaît à dire Nathalie Nowik, actuellement confinée au Népal. Elle ne pensait pas cependant que son voyage se finirait à Katmandou.

« Arrivés avec mon compagnon à Delhi le 20 février dernier, nous avons loué une Royal Enfield, une moto mythique en Inde.

Au programme, un road trip en commençant par traverser l’Uttarakhand en Inde pour rejoindre l’extrême ouest du Népal. De là, suivre la longue plaine népalaise du Teraï au pied de l’Himalaya, gravir quelques pistes de montagne et revenir par l’Uttar Pradesh à Delhi. Katmandou n’était absolument pas au programme ! » « Lors de notre départ de France, le coronavirus avait malheureusement commencé à faire des victimes en Chine mais nous n’imaginions pas son niveau de dangerosité et une propagation fulgurante à travers le monde. » 

L’actualité nous rattrape 

« Le 10 mars, nous sommes dans les massifs montagneux au centre du Népal. Dans les villages isolés, nous disposons de peu d’informations. La famille et les amis commencent à nous alerter sur la situation en France et en Europe.

Une amie en voyage au Cambodge m’écrit qu’elle n’a pas pu entrer au Vietnam. 

Effectivement, de plus en plus de pays ferment leurs frontières et interdisent aux Français d’entrer sur leur territoire. 

Nous décidons alors de rejoindre Nepalganj, ville située près d’un des principaux accès pour l’Inde. Trois jours de trajet sur des pistes sinueuses et caillouteuses seront nécessaires pour se rapprocher de la frontière. » 

NON. Vous devez retourner au Népal !

« Nous nous présentons à la frontière ‪le 13 à midi. Nous sommes optimistes. Après tout, nous étions déjà en Inde en février et notre visa est valable un an. 

Mais c’est un cordon sanitaire composé d’une douzaine de personnes portant masques et gants qui nous arrête avant même de pouvoir se présenter aux douaniers. Impossible de faire un mètre de plus. Ils nous tendent un masque et nous renvoient sans ménagement » explique-t-elle.

La décision est sans appel. La fermeture des frontières est entrée en vigueur pour les ressortissants français quelques heures auparavant et devrait se prolonger ‪jusqu’au 15 avril.

« A ce stade, nous ne maîtrisons plus la situation. Nous ne pouvons pas rendre la moto louée à Delhi. Je ne peux pas poursuivre mon séjour au Rajasthan où je devais rejoindre une ONG pour deux mois. De plus, nos visas népalais expirent demain et nous sommes à trois jours de route de Katmandou pour pouvoir obtenir une extension. Rien de tel pour tester notre capacité à lâcher prise ! » 

Séjour prolongé au Népal 

“ Le 16 mars, à l’Ambassade de France, l'atmosphère est sereine. Les propos sont optimistes. Le Népal n’est pas touché par l’épidémie. L’Inde, très peu. 

Nous devrions pouvoir rendre la moto à Delhi le 15 avril.

En attendant, avec nos extensions de visas en poche, nous partons à Pokhara. C’est une charmante ville beaucoup moins polluée que Katmandou, située au bord d’un lac tout près des Annapurnas. » 

La décision de confinement a été décrétée par le gouvernement Népalais le 23 mars au soir, sans préavis.

“Le 24 mars à 8 h, nous entendons les premières voitures de police sillonner les rues, sirènes hurlantes, faisant signe aux habitants de rentrer chez eux et de baisser les rideaux de fer de leurs boutiques. Tous les commerces reçoivent l’ordre de fermer, y compris les pharmacies et les magasins d’alimentation.

Les Népalais découvrent la nouvelle du confinement dans la rue et ne semblent pas réaliser ce qui arrive.Tout s’est passé très vite. La veille, nous avions eu connaissance de premières restrictions de déplacement sur les grands axes routiers mais cela ne présageait pas de mesures si rapides et radicales.” 

Nous sommes chanceux d’être au Népal. 

“La ville est soudainement déserte. 

Très vite, quelques commerces bravent l’interdiction d’ouvrir pour nous aider. 

Nous faisons nos emplettes dans l’obscurité derrière les rideaux de fer. De nombreux Népalais nous donnent leur numéro de téléphone au cas où nous aurions besoin de quelque chose. La bienveillance népalaise vis à vis des touristes ne faiblit pas. Nous bénéficions d’attentions particulières, y compris de la part de la police et de l’armée. Nous sommes chanceux d’être au Népal”.

Retour à Katmandou à moto. 

“ Nous avons trouvé un arrangement avec le loueur Indien de la moto et pouvons la laisser à Katmandou. 

À notre grande surprise, la police compréhensive nous délivre facilement un laisser-passer pour faire le trajet de Pokhara à Katmandou. ils nous demandent à plusieurs reprises si nous avons assez d’essence car il n’y aura pas moyen de se ravitailler en route.

En ce 29 mars, à quoi va ressembler notre trajet en période de confinement ? Le trafic habituellement est tellement dense sur cette route qu’il faut compter 8 à 10 heures pour couvrir les 200 kilomètres.

Effectivement, la route est presque déserte. Nous croisons juste une vingtaine de camions, quelques ambulances et quatre mini-bus escortés par une voiture diplomatique anglaise.

Dans chaque ville, les policiers et l’armée font de la prévention et surveillent les déplacements. Un “Help desk”, une tente avec quelques lits et de la nourriture à disposition a été installée dans chaque commune. Personne ne nie le fait que les structures sanitaires au Népal sont insuffisantes pour faire face à une pandémie, mais le gouvernement met des parades en place.

Nous avons également croisé de nombreux jeunes hommes marchant le long de la route, sans doute des journaliers qui tentent de rejoindre leur famille. On lit dans les journaux ici que pour ces salariés au salaire quotidien, pour les expatriés népalais actuellement bloqués à la frontière côté Inde, pour les familles vivant dans les quartiers défavorisés de Katmandou, la situation est difficile. Ils ont plus peur de la faim que du virus. Le nombre officiel de personnes contaminées est actuellement de cinq.

Attente d’un vol pour la France.

“ Nous ne pensions pas finir ce voyage à Katmandou. Depuis notre retour ici, nous vivons au jour le jour.

Nous sommes maintenant dans l’attente d’un vol pour entrer en France. L’ambassade nous informe d’un affrètement possible le 4 avril. L’aéroport est fermé aux Companies privées.

Nous restons en veille de l’évolution de la situation dans le monde, en espérant que la pandémie puisse être contenue rapidement.

Nathalie Nowick (37)

mercredi, 12 février 2020 14:50

Pensée de Birmanie

Du fin fond de la Birmanie, nous avons retrouvé ABM!!!

BirmanieC’est extraordinaire !!!

Du fond de notre pirogue, nous embarquons pour le magnifique lac Inle, vaste étendue d’eau entourée d’une ceinture de montagnes, nous surprenons les pêcheurs et bateliers, les habitations sur pilotis, les temples, les nombreux ateliers artisanaux, les jardins flottants et le fameux marché du jour.

C’est une splendeur, une journée mémorable.

> René et Marie (34).
jeudi, 06 février 2020 15:40

Amritsar et les vicissitudes du Temple d’Or

Cœur du Pendjab, grenier à grain de l’Inde situé au sud du Cachemire et en bordure du Pakistan, la ville d’Amritsar n’aurait pas grand intérêt malgré son million d’habitants, presque tous sikhs, si elle ne renfermait l’une des merveilles de l’Inde et le lieu le plus sacré de leur religion, le Temple d’Or.

Le sikhisme, vingt millions de personnes réclamant toujours leur indépendance

Il ne faut pas être né au Pendjab pour devenir un sikh, mais adopter les préceptes de vie de Guru Nânak, inventeur d’une religion nouvelle au XV è siècle. Né près de Lahore, aujourd’hui au Pakistan, Nânak, hindouiste de la caste des guerriers, regrettait l’immobilisme de sa religion, ses sacrifices d’animaux et ses castes. A 27 ans, il eut une révélation : «  Il n’y a pas d’hindous, il n’y a pas de musulmans, il n’y a qu’un Dieu, la Vérité suprême. » Et il partit sur les chemins prêcher sa nouvelle foi. Ses fidèles se dénommèrent « sikhs », disciples en sanscrit. Pour éviter les luttes de pouvoir, il désigna son successeur avant sa mort, guru Angad, qui créa un nouvel alphabet et mit par écrit ses enseignements. Ce fut l’Adi Granth, le livre sacré des sikhs que l’on peut voir au sein du Temple d’or d’Amritsar, fondé en 1574 par le dixième guru, guru Ram Das. Ce mouvement prit de l’ampleur et s’organisa militairement. Les Khalsas, les Elus de Dieu, doivent défendre leur foi et respecter la loi des « 5 K » :  le kesh, laisser pousser barbe et cheveux ; le kangha, placer un peigne dans leur chignon; le kara, enfiler à leur poignet droit un bracelet de fer ou d’argent ; le kacca, porter toujours un caleçon court ; le kirpan, avoir un poignard ou une épée.

Des massacres organisés

Le succès du sikhisme et son organisation militaire favorisèrent son expansion au Cachemire et dans l’actuel Pakistan. Ce qui inquiéta les Anglais. Le 19 avril 1919, le général  Dyer, pour mater une manifestation pacifique des sikhs près du Temple d’Or, les enferma dans le jardin de Jalianwala et commanda de tirer. Bilan : 379 morts et 1200 blessés en 5 mn. Condamné par une commission à Londres, Dyer fut pourtant réhabilité et félicité par le Parlement.

En 1947, la sanglante partition du Pendjab déplaça dix millions de personnes. Si bien qu’en 1980, les sikhs ont demandé la création d’un Etat autonome et les chefs se sont enfermés dans le Temple d’Or. Après quatre ans de négociations non abouties, Indira Gandhi envoya aussi l’armée donner l’assaut au sanctuaire. Bilan : 500 morts et destruction partielle du Temple d’Or. En octobre de la même année, la chef d’Etat fut à son tour assassinée par ses gardes du corps sikhs. Ce fut le signal d’un massacre des sikhs dans l’Union indienne. Si aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre, les sikhs souhaitent toujours leur indépendance.

Le Temple d’Or, un exquis complexe du XVI è siècle

Rattrapée par l’essor de sa population, Amritsar a des problèmes d’embouteillages, pollution, égouts et ramassage des poubelles. La ville n’est propre que dans le périmètre du Temple d’Or. Beaux et hiératiques, barbe fournie et tête parée de turbans multicolores, souvent en tenue blanche, pantalon et tunique de coton, ou de guerrier, grande robe bleue, épée impressionnante, les sikhs vont et viennent dans une atmosphère recueillie. Les femmes n’arborent pas de tenue particulière. Ce quadrilatère de marbre immaculé creusé d’un bassin à carpes sacré ou piscine de nectar (Amrit Sarovar), est ceint de colonnades sous lesquelles peuvent dormir les pèlerins et de divers bâtiments religieux ou administratifs. Quatre portes le percent.

Au centre du bassin s’élève le Temple d’Or, maintes fois saccagé et rénové à l’identique. De proportions parfaites, cube plaqué d’or tout scintillant, coiffé d’un dôme achevé en 1830, il mire dans les eaux bleues du bassin ses délicates ciselures. Un pont y mène et l’on doit patienter avant de pénétrer à l’intérieur du sanctuaire. Tout le monde y est admis, à condition d’avoir une tenue correcte, les pieds nus et la tête couverte d’un foulard en principe orange. La plupart des dalles de marbre sont des stèles funéraires portant les noms des martyres massacrés sur les ordres d’Indira Gandhi, ce qui ajoute à l’émotion. Les plus pieux s’immergent dans le bassin, les autres se contentent de marcher dans l’eau du pédiluve.

La prière du soir

Tous ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer à la cantine, où plus de 10 000 repas gratuits sont servis chaque jour dans un ordre impressionnant. Les convives sont assis sur des nattes et attendent les bénévoles distribuant gamelles, couverts et gobelets en inox, puis dal, soupe aux lentilles épicée, riz blanc et thé (les sikhs ne consomment pas d’alcool). Le repas achevé, chacun dessert son couvert et le range dans des bacs servant à la vaisselle. Quand les convives sortent, la salle à manger est prête à resservir.

Quand la nuit tombe, le Temple d’Or, auréolé de lumière, scintille en marbrant des dernières lueurs du couchant les eaux du bassin. Dans le sanctuaire, un guru  que l’on n’a pas le droit de photographier, en prière, presque en extase, tourne avec gravité les pages de l’immense livre sacré surmonté d’un dais incrusté de diamants et de pierres précieuses, le trésor des sikhs. Des chants s’élèvent, ponctués par le son des gongs.

Jalianwala Bagh, le jardin des supplices

La ville s’éveille tôt. Les premières échoppes entrouvrent leurs yeux métalliques. Des marmites de masala tea, thé indien infusé avec lait, sucre, cardamome, poivre et épices, sont mises à bouillir en pleine rue. L’ambiance est recueillie au Jalianwala Bagh, qui ouvre ses portes. On peut voir sur un mur les impacts des balles anglaises (on en trouva 1600). Des groupes d’étudiants viennent rendre hommage aux victimes des Anglais devant le mémorial portant le nom des morts, faisant ensuite le tour de la mosquée qui leur est consacrée. Un groupe de pèlerins psalmodient : « Il n’y a qu’un Dieu, la Vérité suprême ». 

< Isaure de Saint Pierre (75)

mercredi, 29 janvier 2020 15:51

Laos : Vang Vieng : paradis ou enfer pour les habitants

 C'est une première fois pour nous au Laos et dans cette petite ville au bord de la rivière Nam Song et au pied de belles falaises karstiques.
On m'avait prévenu depuis quelques années "il faut vite y aller avant que le tourisme de masse ne dégrade tout". C'est ce que nous deplorons depuis  notre arrivée ...

Les paysages sont très beaux, le tourisme de masse (bcp de jeunes) est bien présent, les chemins praticables en véhicules par les locaux ou en VTT comme nous sont dégradés par le nombre très important de buggies pilotés notamment par des touristes Coréens. La poussière règne en maîresse partout de même que la pollution due aux véhicules à moteur, le bruit assourdissant dans les bars où se défoncent les jeunes ou moins jeunes de toutes nationalités qui constituent les 2/3 des touristes dans cette ville hors du temps du Laotien moyen...

On nous avait bien dit !! La réservation préalable sur Internet (Agoda) d'une chambre dans le Popular View Guesthouse avec balcon et vue sur la rivière est un très bon choix, je recommande donc. Il est situé à côté de la passerelle nord temporaire (15 € la chambre pour 3, avec pt déjeuner mediocre) .

En cette fin janvier 2020, le niveau de l'eau dans la rivière est bas comme à chaque saison sèche, nous avons quand même pu y faire 2h de kayak. Les très nombreuses agences proposent bcp d'activités : VTT 30.000 kips la journée soit 3€, Kayak l'après-midi 12€/pers (à 3 pers, 2 kayaks) avec un guide dont on aurait pu se passer car peu de courant et peu de rapides faciles à négocier, tubing (sur grosses bouées), buggy, escalade, mongolfière, tyrolienne, etc... Tout pour les loisirs (à outrance) !

On nous avait aussi décrit l'accueil souriant des Laotiens, ce n'est pas le cas ici (comme à l'hôtel...) et on les comprend car ils sont totalement envahis par la cohue de touristes (dont on fait aussi partie) ... Malgré tout, ce tourisme les fait vivre. Cette situation n'est pas facile pour eux.

On y est resté 2 1/2 jours avant de gagner Phonsavan et la Plaine des Jarres.

Popkan mai (Kenavo ?)

> Roland Tourbot et Nicole Grellier (92)
mardi, 07 janvier 2020 15:22

Pause en vélo dans les Alpujarras

Depuis plusieurs années, nous pensions et rêvions de voyager autrement.

Nous avons voyagé en utilisant l'avion, hop aller, hop retour en essayant de nous immerger dans le pays "survolé" pendant 10 à 15 jours.

Cette solution ne nous satisfaisait plus et nous nous sommes orientés vers le vélo et la cyclo-randonnée, plus rapide qu'à pied, même si nous aimons et pratiquons la randonnée, libre aussi de nous arrêter ou bon nous semble, peu polluant.

Depuis deux ans nous partons l'été en vélo avec nos sacoches. la première année le long du Rhin, en Allemagne et Pays bas puis une boucle Ecosse et l'été dernier aux Baléares, en Espagne au Portugal et sur la côte ouest française pour plus de 1800 km à chaque fois.

Nous voyageons en famille (restreinte) nous parents et une de nos deux filles. 

Nous nous faisons un plaisir de porter peu d'affaires et notre matériel de camping. 

Lors de notre parcours cet été, nous avons fait une pause dans les Alpujarras, à Bubion, dans un havre de paix. Niché dans les montagnes, au milieu de villages perchés d'un blanc maculé, nous sommes arrivés sur un coin paisible et bienveillant, au confort simple et authentique, la CASA IBERO.

L' hôte est à l'image du lieu ; nous n'étions plus certains d'être encore en Espagne, d'autant qu'à quelques kilomètres, dans un autre village (Mecina Fontales) officie un couple de Français dont madame est aux fourneaux et nous régale de ses préparations végétariennes (l'Atelier).

je vous laisse l'adresse du lieu en espérant que celles et ceux qui s'y rendront trouveront le même plaisir que nous dans la quiétute des différents espaces dédiés au bonheur.

> Les ALVELO (Stéphane, Nathalie et Ninon ALVINO)

→ CASA IBERO 

Calle Nueva Apertura, 5

18412 BUBION

+34 653 935 056

→ L'ATELIER (Brigitte et Michel)

Calle Alberca, 21

18414 Mecina Fondales

+ 34 958 857 501

jeudi, 12 décembre 2019 11:31

Sur le chemin de Stevenson

Florac, le 24 juin 2019

Je me réjouis d'avoir abandonné mon cahier au gîte de Pradelles. C'était trop lourd. Ces quelques feuilles feront bien l'affaire, car je n'ai encore jamais trouvé le temps d'écrire au cours de ce périple. Trop occupée que j'étais à savourer pleinement l'expérience. Ici, attablée à l'intérieur du bar, après une bière ambrée qui m'a un peu retourné la tête et avec un match de foot féminin en bruit de fond, je rédige ces quelques lignes. L'étape a été longue. Il fait très chaud. J'ai les pieds en feu et la jambe gauche en vrac. C'est ça aussi la randonnée. Il faut souffrir pour connaître l'extase d'un bivouac paradisiaque ou d'un lever de lune sur la montagne. Demain, une journée de repos s'impose. J'ai posé ma tente au camping. J'irai descendre les gorges du Tarn en canoë. Un peu de fraîcheur et de repos pour mes jambes. Le rêve !

Je marche seule depuis huit jours. J'ai réussi à m'échapper de mon quotidien parisien. C'est déjà une victoire en soi. Du temps rien que pour moi, pour m'immerger dans la nature, pour respirer à plein poumon, pour communier avec mon environnement. Le luxe absolu ! Une renaissance.

Arrivée au Puy en Velay le 17 juin vers 19h30. Je m'élance vers Coubon à la sortie de la gare. Il fait beau. Les paysages sont superbes. Je croise un héron majestueux et je me pose pour le bivouac vers 21h. C'est magique d'être seule en pleine nature. Le lendemain, je rejoins le GR 3 qui longe les magnifiques et vertigineuses gorges de la Loire et je retrouve le GR 70 à Saint-Martin-de-Fugères. Le soir, je me pose dans un bois pour planter la tente et profiter du coucher de soleil.

Au réveil, j'ai deux tiques plantées dans le bas du dos. Je prends un café à Saint-Nicolas-du-Bouchet où je demande de l'aide aux deux garçons de café. Ils semblent avoir le coup de main, car ils parviennent à extraire les tiques en entier avec une pince à épiler. Merci les gars ! Je suis soulagée de repartir sans elles ! Je fais un détour par le lac du Bouchet pour me baigner. C'est extraordinaire. Le lac est parfaitement rond. L'eau est glaciale et transparente. Je rejoins ensuite Pradelles via Landos où je m'arrête à la pharmacie pour désinfecter mes piqûres. J'ai du mal à terminer l'étape. La route est longue et j'ai des ampoules à chaque pied. Mon sac est trop lourd. Ce soir, je dormirai dans un lit, mais ce n'est pas évident de trouver un gîte à Pradelles : il y a beaucoup de monde sur le chemin en cette saison. Les autres randonneurs, plus prévoyants que moi, ont réservé leurs hébergements à l'avance. Finalement, je serai seule dans une chambre de huit. Je dispose aussi d'une cuisine. C'est le luxe. Je n'ai pas mangé chaud depuis deux jours.

Après une nuit reposante, je prends le chemin de Langogne. Le centre historique est joli, mais le bruit des voitures me pousse à en partir très vite pour retrouver la quiétude du chemin. L'orage gronde au loin. Je dois faire une pause en forêt pour laisser passer la pluie. J'arrive à Luc par le château sous un ciel noir. L'ambiance est dantesque, apocalyptique. Je monte en haut du donjon. Puis, je descends dans le village pour m'installer à l'aire naturelle de camping. La pluie et l'orage me saisissent en plein montage de tente. Nous sommes quelques téméraires à camper là. Nous passons la soirée en mode réfugiés climatiques à l'abri dans les sanitaires. Ce n'est pas très glamour, mais au moins, nous sommes au sec. La conversation s'engage dans différentes langues entre marcheurs et cyclistes.

Le matin au réveil, le maire du village nous rend visite avec son chien. Il vient vider la boîte en libre-service pour le paiement de la nuit. Il nous conseille un itinéraire bis pour monter à l’abbaye, car le tracé du GR suit une ligne à haute tension. J'arrive à Notre-Dame-des-Neiges vers 13h. Je passe cinq minutes à la messe pour écouter chanter de vieux moines en robes blanches qui tiennent à peine debout. L'accueil n'ouvre qu'à 17h. Je décide de ne pas trop m'attarder et de continuer jusqu'à La Bastide-Puylaurent. J'y arrive à 14h, juste au moment où l'orage éclate. Je m'installe à l'hôtel.

Ce matin, j'enfourne le petit-déjeuner que l'on me sert à l'hôtel. Je suis la seule cliente. Quel plaisir ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas savouré un vrai petit-déjeuner. J'arrive à Chasseradès vers 12h. Je pique-nique près du cimetière où il y a un robinet pour faire le plein d'eau. Les paysages sont magnifiques sur la montagne du Goulet, mais des coupes de bois m'obligent à faire un long détour en forêt. Le chemin est barré. Je prends une magnifique piste en balcon pour rejoindre Les Alpiers. Des genêts en fleurs recouvrent la montagne. C'est superbe. Je trouve un coin de bivouac dans un champ à l'abri des arbres et me laisse bercer par les cloches tintinnabulantes des vaches pour m'endormir.

Le lendemain, je m'arrête prendre un café à Le Bleymard en attendant le passage de la transhumance des moutons. C'est l'effervescence. Plus de 2500 moutons doivent arriver vers 10h30. On les voit dévaler les pentes de la montagne en face puis approcher du village, c'est comme une vague blanche ondulante. Je devance le troupeau quand je le vois arriver et je grimpe jusqu'au Mont Lozère. Il y a du monde tout le long du parcours à chaque embranchement pour canaliser le troupeau dans la bonne direction. C'est une vraie fête populaire. Le sommet n'est plus qu'un alignement de camping-cars. Un marché fermier occupe le reste de l'espace. J'attends l'arrivée des moutons qui sont retenus avant le col pour permettre aux politiciens locaux de terminer leurs discours sans se presser. Je reprends le chemin. La traversée du Mont Lozère est magnifique. On se croirait dans la steppe mongole. Vue à 360° au sommet du Finiels. Redescente avec des panoramas à couper le souffle. Il y a des chaos rocheux partout. Beaucoup d'activités agricoles. Difficile de trouver un coin calme pour poser la tente. Finalement, je me pose à l'écart du chemin, bien cachée, entre quelques pins et des buissons de genêts. Ciel étoilé sublime. La pleine lune illumine la nuit. On voit comme en plein jour. C'est beau, magique, vraiment impressionnant. Je me sens tellement bien, tellement à ma place dans ces moments de communion avec la nature.

Petit-déjeuner dans un café à Pont-de-Montvert. C'est un joli village que l'on quitte par un magnifique pont en pierre. Une montée bien raide mène ensuite à un plateau agricole. Puis, on suit une belle ligne de crête avec des vues à 360° jusqu'au col avant de redescendre sur Florac où l'on retrouve la civilisation, le bruit des voitures et la pollution. Il fait chaud, mon sac est lourd, je suis crevée. Je me pose pour deux nuits au camping au bord du Tarn.

Le lendemain, les températures montent inexorablement. Il fait 35°C. C'est la canicule. Je suis vraiment bien, au frais, dans mon kayak, au fond des gorges. Je m'arrête quand je veux pour me baigner. Les gorges sont sublimes. Des vautours planent dans les airs. La journée est magnifique. Tout comme cette échappée en solitaire sur ces magnifiques chemins de France amoureusement entretenus par des bénévoles à qui je souhaite rendre hommage. Merci à vous de nous permettre de marcher les yeux dans le bleu du ciel et le nez au vent sans trop se soucier de l'itinéraire. Juste besoin de suivre ces jolies traces blanches et rouges que vous avez - comme des petits poucets - semées sur notre parcours pour ne pas se perdre et pour profiter du paysage en toute insouciance.

> Sandrine Ker (75)

vendredi, 22 novembre 2019 11:42

Hélène et la Clé des Champs

On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en n’a qu’une… (Confucius)

J’en ai pris conscience il y a quinze ans lorsqu'un cancer a failli interrompre brutalement le cours de ma première vie.

Depuis, c’est avec avidité et un plaisir non dissimulé que j’ai décidé de concrétiser un projet et un rêve gardés bien au chaud dans un coin de ma tête depuis mon enfance : découvrir le monde par moi-même, sans l’interface d’un écran et des médias. 

Et, par la même occasion, me découvrir dans des contextes de vie totalement différents de mon quotidien habituel, où je n’aurai plus aucun de mes repères.

Je suis une voyageuse-blogueuse solo qui a décidé de prendre « la clé des champs » au lendemain de son départ en retraite. J’ai refermé les portes d’une première vie pour ouvrir celles de la deuxième, ouverte sur des horizons plus vastes, des rencontres avec mes voisins du monde et de nouvelles expériences de vie.   

Je voyage en mode slow-travel autour du monde et restitue dans mon blog « Hélène et la Clé des Champs » mes découvertes, mes rencontres, mes histoires de voyage, mes réflexions et bien sûr mes recettes de cuisine locale ! Car, mon blog est axé sur le voyage, mais aussi sur une autre passion très épicurienne, la cuisine ! 

Vous pouvez me suivre sur mon blog et sur les réseaux sociaux :

Blog Hélène et la Clé des Champs : https://www.heleneetlacledeschamps.fr                                                                                                                                                                                                                                                                    
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mercredi, 09 octobre 2019 14:53

Sur la route de la Mongolie, une semaine en Géorgie

> 6 mars :

Nous sommes partis de France il y a un mois avec notre vieux Defender équipé d’une cellule camping avec l’objectif d’atteindre la Mongolie d’ici quatre mois. Nous allons aujourd’hui entrer en Géorgie.

Il a neigé cette nuit quelques flocons qui ont légèrement blanchi notre parking.

Avec le lever du jour la neige fond. Nous quittons Kars en Turquie et ses rues boueuses vers 9h30.

Nous parcourons une route de montagne et passons un col à 2450 mètres, longeons un torrent avant d’atteindre la côte de la mer noire.

Nous arrivons au poste frontière avec la Géorgie vers 15h30 heure Turque, 16h30 heure du Caucase.

Les formalités sont assez rapides. Les douaniers jettent un coup d’œil dans la penderie, tamponnent nos passeports, nous donnent un document précisant l’obligation de prendre une assurance et nous disent d’y aller. J’ai du mal à trouver une place de stationnement en sortie de contrôle pour aller chercher l’assurance et faire un minimum de change.

La jeune fille qui fournit les assurances ne trouve pas sur la carte grise et mon passeport les infos dont elle a besoin pour faire mon contrat d’assurance. Je l’aide. Le montant pour 15 jours est de 30 Lari soit environ 10 €.

C’est la première fois que je viens en Géorgie et dès mon entrée, je me suis cru en Inde pour deux raisons : l’écriture qui me rappelle le sanscrit et les vaches qui se baladent seules au milieu de la route. 

Je prends du gasoil à la première station-service et apprécie de payer 100 lari soit environ 35 € pour 50 litres.

Nous longeons la côte. 1er arrêt : forteresse de Gonio. Nous traversons en fin de journée Batoumi, station balnéaire surprenante par ses différents aspects Turque, Russe, Géorgien, son architecture très moderne qui côtoie des bâtiments très modestes et même pour certains vétustes. Nous poursuivons jusqu’aux jardins botaniques du cap vert où nous stationnons pour la nuit face à la mer.

Comme en Turquie il y a quelques jours, notre petit coin tranquille va s’avérer animé. Il y a déjà une voiture sur le parking quand nous arrivons. Ses occupants doivent être à l’intérieur, les vitres sont embuées. Elle ne repartira que deux heures après que la nuit soit tombée. D’autres véhicules viendront stationner plus ou moins longtemps, jamais je n’entendrai les portes s’ouvrir. J’imagine que les jeunes viennent chercher ici quelques moments d’intimité qu’ils n’ont pas chez eux dans leurs logements exigus avec toute leur famille.

22h : on frappe à la porte. C’est la police. Ils sont deux l’un me parle en géorgien, je ne comprends rien, le second s’aventure en anglais : -You from ? je réponds :- France, - arrive today ? – yes. Je crois qu’on venait de faire le tour de toutes ses connaissances en anglais car il me fait signe que tout va bien et ils s’en vont. Le reste de la nuit sera calme, on sera seulement réveillé vers 5 h du matin par le train qui passe en contrebas.

> 7 mars :

Visite du jardin botanique du cap vert le matin et visite du palais Dadiani à Zugdidi l’après-midi.

Diner et nuit passée chez l’habitant pour changer un peu du camping-car et faire la lessive. Un bon moment passé dans une famille.

> 8 mars :

J’ai failli souhaiter bonne fête aux femmes mais il parait que cela ne se fait plus ça serai de la discrimination. Dommage.

Une journée sous la pluie.

Le GPS nous indique un raccourci qui commence par une belle route très sinueuse et qui finit par une piste défoncée.

L’église de Tslalendjikha est fermée mais une femme âgée sort de nulle part et nous fait signe d’attendre. Au bout de 10 minutes une autre femme âgée se présente avec les clés, ouvre le portail de la cour, s’approche d’un crucifix, l’embrasse, puis ouvre la porte de l’église que nous pouvons alors visiter.

L’église est dans un état de délabrement moyen. J’aurai d’abord dit délabrement avancé mais depuis que j’en ai vu d’autres, celle-là ne me parait pas trop mal.

Fin de journée dans la station thermale de Tskaltoubo. Il y a des bâtiments magnifiques qui datent du temps de l’union soviétique et qui sont aujourd’hui totalement abandonnés et d’autres plus modernes que je trouve personnellement moins intéressant dont un sanatorium.

On passera la soirée dans le resto d’un hôtel récent pour fêter mes 65 ans.

> 9 mars :

Visite de la grotte Prometheus puis direction l’usine Atlantic de Kaitusi. Une usine acquise depuis mon départ en retraite du groupe et dont je connais le directeur. Je l’appel pour le rencontrer mais il me dit etre absent pendant les quinze jours à venir. Qu’à cela ne tienne il me donne le contact de son chef d’atelier. Celui-ci a du voir le 4x4 camping-car se stationner sur le parking et immédiatement se douter que c’était moi car il arrive à ma rencontre avant même que je ne me sois présenté à l’accueil. Où dormez-vous ce soir ? Dans notre voiture. Non, chez moi. Et c’est ainsi que nous allons passer le weekend invité chez lui comme si nous étions des amis de longue date alors que nous ne connaissions pas hier encore.

Merci à Denis de nous avoir reçu chez lui, et à Sandro et Raphael pour la soirée passée ensemble à porter des toasts pour l’amitié et la paix des peuples.

> 10 mars :

Denis nous emmène visiter le marcher de Koutaisi, la cathédrale de Bagrati, le monastère de Guélati, puis le canyon de Okatse. Et là, faut pas avoir le vertige : la visite se fait sur une passerelle accrochée à flanc de falaise au-dessus du torrent en contrebas.

Sandro nous a rejoint pour la soirée que l’on passe au restaurant à tester la nourriture Bulgare.

Merci à eux pour les bons moments qu'ils nous ont fait passer.

> 11 mars :

Ce matin nous sommes partis à regret de chez nos amis tellement ils nous ont bien reçu.

Première visite : l’Eglise de Nikortsminsda à une heure et demie de route de Koutaisi.

Puis le pilier de Katskhi, un piton rocheux au sommet duquel est construite une toute petite église. Les moines y accèdent par une échelle extérieure.

Nous passerons la nuit au pied du monastère d’Oubissa que nous visiterons demain.

> 12 mars :

Deux monastères aujourd’hui, Oubissa et Sapara, cela me suffit. Pour changer nous passons par la forteresse de Khertvissi et enfin le site troglodytique de Vardzia.

> 13 mars : Direction l’Arménie. Nous continuons notre route vers la Mongolie en prenant le chemin des écoliers.

Jacques Foucault (85)

jeudi, 15 août 2019 10:09

Balade à Cuba

C’est dans une vieille américaine que nous découvrons LA HAVANE.  Première surprise, les rues sont peu éclairées. Notre casa, située dans le cœur historique de la Habana Vieja, nous plonge dans l’ambiance avec ses ruelles étroites très fréquentées. Pour notre 1er repas cubain, Rolando et Marisol ont cuisiné des …. langoustes. Dès le lendemain, nous arpentons ce quartier reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses places, monuments et maisons avec arcades, balcons, grilles en fer forgé et cours intérieures.

La Havane a toujours attiré les convoitises des colons et des pirates. Pour la protéger, des forts furent construits dont le Castillo de la Real Fuerza, symbole officiel de la capitale. La célèbre girouette la Giraldilla, qui le surmonte, orne les étiquettes du rhum Havana Club.

A deux pas de la cathédrale du 18ème, nous marchons sur les traces du célèbre écrivain Ernest Hemingway en nous arrêtant à La Bodeguida del Modio, bar le plus populaire et touristique de la ville.  Les murs sont couverts de signatures, photos des hôtes qui le fréquentèrent. Au rythme de la salsa, la Calle Obispo nous fait passer devant des galeries d'art et bars musicaux dont le célèbre El Floridita affectionné par Hemingway !  Chaque matin il s’installait sur son tabouret au coin du bar, depuis 2003 sa statue y est accoudée.

Au hasard des rues, les danseurs échassiers musiciens déambulent dégageant un esprit de fête et faisant revivre la tradition, A l’origine les danseurs étaient des commerçants qui voulaient se faire remarquer.

Blotti entre la Vieille Havane et le moderne Vedado, le Centro Habana est dominé par le Capitole -copie de Washington-. Près de lui, le théâtre néo-baroque est l’un des plus imposants au monde. A leurs pieds, les chauffeurs alignent leurs vieilles décapotables américaines multicolores, rutilantes pour attirer les touristes. Ce quartier posséderait la densité de population la plus élevée et une des plus âgées du pays. La décrépitude des bâtiments est étonnante. Les maisons aux multiples couleurs sont enduites d’une saleté qui leur donne des allures d’autres temps. Les scènes de la vie quotidienne y abondent générant une atmosphère très agréable et en toute sécurité.

Sous les yeux de huit lions en bronze, le Paseo de Martí nous conduit au Malecon. Cette promenade-là plus authentique et connue de Cuba longe la baie sur 8 km. Elle est le théâtre de scènes typiques pêcheurs et chanteurs s’y réunissent. Devant des bâtiments en piètre état, les belles voitures défilent revivant un passé révolu.

A Cayo Hueso, lieu peu fréquenté par les visiteurs, nous découvrons une ruelle fantastique, surréaliste, loufoque : le callejon de Hamel. Laissé aux mains d’artistes, il regorge de peintures, d’œuvres décalées telles les baignoires incrustées.  Ce musée street art a été créé en 1990 par Salvador Gonzalez Escalona qui s’est inspiré de sa religion, la Santeria.  Cousine du vaudou, elle mêle catholicisme et croyances apportées par les esclaves africains. L’orishas ou saint le plus mentionné est Ochun correspondant à la Vierge Del Cobre patronne de Cuba.  Dans toute l’île, nous croiserons de nombreux hommes et femmes vêtus tout de blanc : ce sont des initiés à la Santería qui voit dans cette foi une renaissance.

La place de la Révolution dans le Vedado est l'une des places publiques les plus grandes du monde.  Elle a été le théâtre de nombreux évènements marquants de l’histoire cubaine : adieux au Che, discours de Fidel. Elle est entourée de monuments gouvernementaux habillés des fresques du Che et du guérillero Cienfuegos, au centre, trône le mémorial à José Marti. 

Nous réservons un taxi collectif pour le lendemain matin, direction CIENFUEGOS. Sur la route, et ce sera ainsi tout au long de notre séjour, les cubains font du stop des billets à la main.

Fondée par des colons français, Cienfuegos est située au bord de la baie la plus grandiose de l’île. Elle est surnommée "la Perle du Sud" en raison de la beauté de son centre historique où prédominent d’élégants édifices. La grande chanteuse Benny Morré disait « La ville qui me plaît le plus », il est vrai qu’ici tranquillité et propreté sont de mises.

Au centre du parc José Marti, s’élèvent sa statue et l'Arc de Triomphe construction unique à Cuba dédiée à l'indépendance du pays. Le Palais du Gouvernement a vu Fidel Castro inciter le peuple à le suivre dans sa marche triomphale vers La Havane en janvier 59,

Nous traversons des quartiers populaires pour arriver au Cimetière de la Reine, le plus ancien de la ville et le seul à avoir des sépultures dans des niches. Au centre, se dressent de magnifiques pierres tombales, parmi lesquelles une statue dite « La Belle au Bois Dormant », dédiée à une femme de 24 ans décédée d’un chagrin d’amour.

Nous achetons nos billets de bus Viazul pour rejoindre SANTA CLARA. Nous réglons avec des CUC -peso convertible- réservés aux touristes, les locaux utilisant le Peso cubain. Cette double monnaie a été mise en place par Fidel Castro pour remplacer le dollar américain. L’économie est pratiquement toute nationalisée. Les étagères des épiceries, tenues par des commerçants fonctionnaires, proposent une trentaine de produits de base subventionnée par l’état, rationnée et équitable. Pour acheter ces produits de première nécessité, les familles utilisent la "libreta", carnet d'approvisionnement et emblème de l'égalitarisme communiste. "Faire la queue" est le quotidien des cubains dans les magasins et les administrations.

Santa Clara est un lieu incontournable pour l'histoire moderne du pays. Envoyé par le dictateur Batista, le Train blindé fut attaqué et pris par le Che et ses hommes après l'avoir fait dérailler le 29 décembre 1958. Dans les 4 wagons du musée sont exposés des photos, documents et objets.  

Le mémorial du Commandant Ernesto Che Guevara occupe une vaste esplanade. Sa statue en combattant domine sa célèbre devise « Hasta la victoria, siempre !» (Jusqu'à la victoire, toujours !) et le grand panneau rappelle des événements marquants de sa vie. De nombreux effets personnels et documents sont présentés dans le musée,  Sa dépouille et celles de compagnons auraient été retrouvées en 1997 en Bolivie 30 ans après leur mort et transférées ici, Dans le mémorial austère, silencieux et émouvant, ils demeurent pour l'éternité, une flamme éternelle a été allumée par F. Castro.

Le parc Vidal se tourne vers la statue de Marta Abreu, bienfaitrice de la cité. Elle consacra une partie de sa fortune à la construction d’édifices essentiels à la population. Marta Abreu et le Che sont les personnes les plus admirées de la ville.
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24 décembre, nous partons en taxi collectif vers REMEDIOS. Cette bourgade de style colonial est réputée pour être un village tranquille, à l’écart du tourisme. En cet après midi, il y règne une grande animation. Alors que la fête foraine bat son plein, de nombreuses personnes préparent les chars, les autres élaborent agapes et alcool. A 16 h démarre le moment le plus important et attendu par les participants et spectateurs : Les Parrandas. Reconnues patrimoine Culturel de la Nation, elles sont l'un des festivals les plus importants et les plus anciens des Caraïbes.

En 1820, le prêtre local a envoyé des enfants dans les rues avec des cuillères, casseroles et cloches afin d’appeler les paroissiens à assister à la messe de minuit. Cette tradition a évolué pour être aujourd'hui une "bataille" de sons et lumières. La ville se divise en deux groupes, les Carmelitas et les Sansaries. Chacun dévoile ses oeuvres sur la place principale et la fête atteint son apogée avec feux d'artifice, pétards, musique, chaque char brillant d’une multitude d’ampoules. Le ciel, le clocher de l’église, les arbres sont à peine visibles. Nous sommes entourées de fumée, de poudre. La fête continue jusqu'à 7 h 30 le lendemain matin lorsque les deux quartiers revendiquent la victoire. Nous avons pris un énorme plaisir à assister à cette fiesta survoltée et haute en couleurs.  Nous ne voulions rien manquer au milieu de ces gens qui savent faire la fête malgré les litres de rhum ! Cette expérience authentique, angoissante, excitante, effrayante, bruyante, colorée, captivante restera un de nos plus beaux et intenses souvenirs.

C’est avec des embrassades que nous quittons Edouardo et sa famille pour CAMAGUEY classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité et surnommé «la ville des églises ».

Nous découvrons : San Juan de Dios et son couvent hôpital, Saint-Christ, la seule à posséder un cimetière lié à ses murs, une forêt de pierres tombales parmi lesquelles le héros indépendantiste Agramonte, Nuestra Señora de la Soledad et sa tour pittoresque, la baroque del Carmen avec sa jolie place embellie des statues de Martha Jimenez. En bronze, elles représentent des personnages marquants de son quartier. Martha Jiménez est une artiste cubaine de renom international. Dans son atelier nous admirons bon nombre de ses œuvres peintures et sculptures. 

Nous prenons et continuerons d’emprunter le taxi collectif. Bien qu’un peu plus cher que le car Viazul, c’est un moyen rapide, chaleureux pour les rencontres entre voyageurs. Il nous prend à l’heure dite devant notre casa et nous dépose à la porte de la suivante : confortable, pas de bagage à porter, ni de négociation ardue pour aller au lieu de résidence. Nos chauffeurs ont tous été prudents, agréables, sérieux, compréhensifs. Des personnes se plaignaient de l’autoritarisme de certains, nous ne pouvons pas aller dans ce sens.

Nous arrivons à SANTIAGO DE CUBA, 2ème ville du pays, fondée en 1514 par Diego Velázquez au bord d'une baie protégée. Elle était la capitale mais La Havane a pris la relève. Berceau de la révolution castriste, elle est aussi une ville culturelle à l’origine de nombreux styles musicaux comme le Boléro ou la Trova.

Le coeur de la ville bat au Parc Cespedes, Cette belle place est un lieu de rendez-vous. On y flâne, se repose en musique à l’ombre des bâtiments coloniaux qui la bordent dont la Cathédrale considérée comme un des joyaux de l'architecture de la cité,

 De la musique résonne, elle vient de La Casa de la Trova, lieu des amateurs de musique cubaine, Nous entrons, savourons ce moment et nous initions à la danse, Les murs de la salle sont couverts de photographies d’artistes célèbres.  Rova, son, mambo, jazz, salsa, cha cha cha…Autant de termes qui définissent des musiques, toutes originaires de Cuba. La musique fait partie de la culture, du matin au soir et du soir au matin s’élève des mélodies. Les cubains chantent dans les moments difficiles, soit tout le temps.

Créé par les espagnols au 17e, les ruelles pentues du quartier de El Tívoli regardent vers la mer.  Nous y errons en profitant des embruns et de la tranquillité, Nous montons un escalier pour rejoindre le Balcón de Velázquez, Cet ancien fort espagnol donne une vue imprenable sur le port et les toits de la ville.

C’est à la caserne de Moncada, le 26 juillet 1953, que Fidel Castro et ses comparses lancèrent la première offensive contre le régime de Batista. Attaque qui se termina par un échec mais qui symbolise le début du mouvement révolutionnaire. Sur l'un des murs de l'ancienne caserne, l'impact des balles est encore visible.

Dans cette ville, le Cimetière de Santa Ifigenia mérite une visite. Il regroupe 10 000 tombes d'habitants et surtout d'illustres personnages de l'histoire cubaine : le héros national José Marti, homme politique, philosophe, penseur, journaliste, poète, Mariana Grajales et Carlos de Céspedes, estimés comme mère et père de la patrie et depuis 2016 Fidel Castro. Ses cendres sont sous un bloc de granit symbolisant la force de la Révolution cubaine. Nous assistons à la relève de la garde, unique cérémonie militaire de ce type dans le pays.  Fidel l’a créée en 2002 pour rendre hommage à son maître José Marti.

Surprenant, nous sommes réveillées par des pleurs de porcs... En sortant de la casa, nous comprenons, ils ont été tués et les voilà embrochés au dessus de la braise. Des dames se font coiffer, des gens poireautent derrière des camions de fruits et légumes…. Et oui, demain, 1er janvier, sont organisées des réunions de famille pour célébrer le 60e anniversaire de la révolution.

Une vieille américaine nous conduit au Sanctuaire de la Vierge de la Charité du Cuivre -édifice religieux le plus connu de Cuba-. Il abrite la Vierge Del Cobre, minuscule statue vêtue de doré, qui fait l'objet d'un culte très important. A l’intérieur une multitude d’ex-votos sont exposés, Ernest Hemingway y a même laissé son Prix Nobel jusqu’en 1986.  Sur les collines d’El Cobre, les mines de cuivre étaient exploitées pendant l’époque précolombienne. Elles ont fermé en 2000.

Nous retenons nos places Viazul pour le 1er janvier direction BARACOA. Des taxis collectifs nous proposent de nous y conduire pour le même tarif. En ce jour de fête, nous pensions que le bus était plus sécurisant. Quand le rhum coule, il coule. Tôt le matin, nous sommes devant le guichet : fermé et on entend : no Viazul to day. Pourquoi ? Haussements d’épaules. Bus en panne, accidenté -nous apprendrons à la Havane l’accident mortel sur cette route-. Les taxis collectifs sont à la fête, ils en profitent car le prix de la veille est doublé.  Hou…. La jeep bondée, nous quittons Santiago en empruntant la route Farola. Sinueuse, elle offre de beaux panoramas sur la mer, la forêt tropicale et apparaît Baracoa dans un milieu exceptionnel. Loin des foules et du bruit, ce village est un secret à bien garder. Première ville fondée par les Espagnols en 1895, les siècles suivants elle devient la plaque tournante de la contrebande, Pour la protéger, des forteresses ont vu le jour.

Bein installées chez Ykira, femme chaleureuse, indépendante, déterminée, excellente cuisinière, nous partons découvrir cette ville. La Cathédrale doit sa notoriété à une fameuse croix, la  Santa Cruz de la Parraque, que Christophe Colomb a planté en découvrant les lieux en 1492. Les rues sont fréquentées par des musiciens et danseurs rassemblant les visiteurs. Alors que des paysans proposent des cucuruchos faits à base de noix de coco emballés dans une feuille de palmier, des arômes de La Casa del Cacao nous chatouillent le nez. Impossible de ne pas y déguster un chocolat chaud délicieux. Dans une telle ambiance, il faut prendre son temps pour profiter du moment. 

Les toits de la ville font une palette de couleurs posées devant le ciel et la mer.  La promenade sur le Malecon nous permet d’en prendre plein les yeux mais attention aux vagues... si on tient à rester sec. Nous sommes trempées mais le soleil est notre allié pour le séchage.

Sur les conseils d’Ykira, nous rejoignons Yumuri à une trentaine de kilomètres. La route verdoyante est très agréable. Nous ferons halte à la Finca Las Mujeres où, pour la 1ère fois, des cacaoyers se dévoilent à nous avec leurs cabosses pleines de merveilleux grains. La famille, porte-étendard de la tradition cacaotière, détaille les phases de la culture jusqu’à la fabrication du chocolat. Nous goûtons les grains à chaque étape. Quel beau et bon moment. Les migrants français se sont lancé les premiers à la production de cacao. Après bien des difficultés, et suite à la Révolution en 1959, il redevient un produit central de la région. De fins chocolatiers viennent y chercher leur matière première.

Nous arrivons à Boca de Yumurí où vit une petite communauté de pêcheurs. Avec Galy, notre guide, passionnée de plantes médicinales, nous marchons dans la montagne pour les découvrir. Elle nous explique les bienfaits de ces végétaux et nous présente les polimitas genre d’escargot endémiques de l’île. A l’embouchure du Río Yumurí aux eaux transparentes, nous naviguons dans le canyon et nous régalons des paysages. Sur la petite île de las Almendras, des colibris virevoltants se présentent, nous tentons d’apercevoir le Tocororo emblème national que nous entendons sans le voir. Galy nous émeut en interprétant une chanson accompagnée des seuls chants d’oiseaux. Dans toute sa simplicité, que la vie est belle.

Le cœur serré, nous quittons Baracoa mais aussi Ykira, son sourire et sa gentillesse. Avec une jeep hors d’âge, un chauffeur un peu fou fou, une piste défoncée par les ouragans, nous fonçons vers MOA. Nous changeons de véhicule, de chauffeur et la route s’améliorant, nous arrivons à HOLGUIN troisième province avec plus d'un million d'habitants.

Dans le quartier historique l’Église San José, emblématique de l’époque coloniale, avait des fonctions de défense, elle dominait la ville.

Nous grimpons les 458 marches jusqu’à Loma de la Cruz. Grâce à son altitude, elle était l’un des points stratégiques pour la défense de la ville. Elle doit son nom à la croix en bois qu’un prêtre franciscain y a installée en 1790 espérant la fin de la sécheresse.

Pour continuer notre périple, un taxi collectif nous conduit vers la belle SANCTI SPIRITUS dont le centre historique a conservé ses façades pastelles et ses grilles en fer forgé. Une belle église bleue Parroquial Mayor surplombe la plaza Honoratol, ancien lieu des pendaisons publiques. Elle est la plus ancienne de l’île et est un des joyaux de style roman et baroque,

En vagabondant à travers de très jolies rues pavées, nous atteignons le pont del Río Yayabo symbole du patrimoine de la ville, il ressemble à un pont médiéval.  Un mythe dit qu’il a été fait avec du lait de vache pour humidifier le mélange de chaux et de sable, à la place du ciment. C’est pourquoi il aurait résisté à près de 2 siècles.

Nous nous arrêtons dans une école avec un accueil souriant. Les enfants et étudiants portent un uniforme fournit à un prix bon marché.  Il est surprenant que ce pays ait réussi à développer un système éducatif d’une excellente tenue alors que l’île bénéficie d’un accès restreint aux fournitures élémentaires et aux outils informatiques. Cuba conçoit l’accès à la culture comme droit humain fondamental selon les principes de José Marti.

Nous n’oublierons pas notre chambrette chez la super Mercedes et son mari.  Ils nous ont accueillies comme des membres de la famille. Certes le logement était minimaliste mais la chaleur de ce couple valait un 5 étoiles.

Le salaire moyen cubain étant de 20 CUC, jeunes et vieux sont dans l’obligation de trouver des petits boulots. Pratiquement tous les cubains vivent grâce au lucha -marché et travail au noir- et à l’art de la débrouille. Les "casas particulares", sortes de chambres chez l’habitant, se sont développées car il est désormais possible d’accueillir des étrangers. C’est une belle occasion de découvrir le mode de vie et la cuisine cubaine.

C’est dans la VALLEE DE LOS INGENIOS que les sucreries se sont développées et ont assuré la prospérité de Trinidad jusqu'au 19ème. La canne à sucre c’est toute l’histoire de l’esclavage et aussi la fortune de Cuba.  Les haciendas en sont la mémoire.

Sitio Guaimaro est bien conservée avec son mobilier authentique et ses tableaux d'origine peints directement sur les murs. Elle est la seule à disposer d’une chapelle. Sur la terrasse, le propriétaire dominait son domaine en épiant le travail des esclaves et domestiques.

Autre hacienda, Manaca-Iznaga, Sa tour de 50 mètres permettait la surveillance des 12 000 esclaves africains travaillant dans les champs. Par un étroit escalier de bois nous sommes montées pour découvrir la campagne environnante, Cette maison a conservé un dernier moulin à cannes à sucre en état de marche.  Autour se tient un marché artisanal où sont vendus des tissus brodés devant nous.

San Isidro de los Destiladeros révèle la prospérité de ses propriétaires alors que de l’autre côté des cellules hébergeaient les esclaves.  Il reste les vestiges du système hydraulique, sa fonction étant de canaliser les eaux du ruisseau qui alimentait le processus. Le lieu va devenir un "musée à ciel ouvert » consacré à l'industrie du sucre.

P1060303Voulez-vous faire un bond en 1850 ? alors rendez-vous à TRINIDAD, troisième cité fondée par Velázquez. Son riche passé colonial, et son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, lui ont permis de garder son caractère authentique. Les maisons colorées donnent une atmosphère unique et les calèches circulant sur ses rues pavées créent un agréable fond sonore.

La Plaza Mayor, coeur historique, constitue l'un des ensembles les plus homogènes de la période coloniale. Elégante, elle concentre les belles demeures édifiées par les grandes familles locales. Ah, la Casa de la Musica, des concerts de musique s’y produisent tous les soirs. Bien que très bruyant, c’est un excellent moyen d'avoir un avant-goût de la culture musicale mais…. pour dormir il vaut mieux prévoir les bouchons d’oreilles. 

Pour découvrir la vraie vie, nous nous éloignons du centre touristique, Dans un joli décor et en toute simplicité, les enfants jouent dans la rue, les femmes se font belles en portant de gros bigoudis, les autres vaquent à leur occupation.

Un petit cuicui émane d’une maison et on remarque un oiseau en cage protégeant le logis. Animal de compagnie ou porte-bonheur, de nombreux cubains se promènent une cage à la main. 

Lorsqu’ils ne travaillent pas, ils se balancent dans leur rocking-chair ou s’adonnent à leur passion. Le base-ball, sport national, est suivi de près par les dominos joués partout sans oublier les jeux de dames et les centres de boxe dont celui de Rafael Trejo, lieu d’entraînement de l’équipe de France.

En voiture puis en camion, nous arrivons dans la région de VINALES classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

La première ressource du pays est le tourisme, suivie de la canne à sucre et des cigares, les meilleurs du monde !  C’est à Viñales, village tranquille, accueillant, au charme bucolique que se trouvent les meilleures plantations de tabac. Il révèle aussi de beaux paysages parsemés d’emblématiques mogotes couvertes de végétation luxuriante. Fruit d’une lente érosion, les mogotes aux formes étranges sont apparues après l’effondrement de grottes creusées par l’eau.

Yanelky, anticipant nos souhaits, a réservé pour le lendemain un guide parlant français.  Sur la terre rouge très fertile, nous marchons approcher ces merveilles et découvrons les plants de tabac, les petites maisons de bois appelées bohíos, les greniers où sèchent les feuilles de tabac. Le travail est manuel de l’encensement à la récolte. En janvier, les hommes prélèvent les fleurs de tabac afin que les feuilles grossissent. Dans une ferme, un paysan nous fait goûter le rhum de goyave, hou…. Dans une autre, ce sera la fabrication des cigares. Après la récolte, dont 90 % revient à l’état, le séchage et la fermentation, les feuilles sont triées selon leurs types, assemblées et roulées à la main avec des gestes précis, le but est d’obtenir des cigares homogènes. Un bon cigare demande 20 minutes de préparation.  On nous propose d'y goûter et, en copiant le Che, nous le trempons dans du miel.  La vallée de Vinalès restera un grand moment.

Le Mur de la Prehistoria, plutôt moche, est une grande fresque de 120 m à même un mogote. Commandée par le régime castriste, cette peinture avait pour but de représenter l’évolution de l’île.

Le samedi soir c’est la fête. La rue principale se transforme en discothèque pour le bonheur des locaux et des visiteurs. On y mange, danse en savourant un délicieux cocktail cubain. Le lendemain, c’est jour de nostalgie, nos 5 semaines cubaines s’achèvent en beauté : Yanelky nous a préparé une langouste que nous dégustons sur la terrasse de notre chambre en contemplant les mogotes.

Nous nous sommes émerveillées mais nous avons surtout rencontré un peuple chaleureux et des voyageurs conviviaux. Cette expérience nous rappelle combien la solidarité entre humains est importante. Nous reprenons les paroles de Coco artiste peintre : « vous êtes en vacances, ne vous préoccupez pas de notre situation car vous allez devenir folles, par contre profitez de tout et incitez votre entourage à venir nous voir », Nous avons suivi ses conseils et vous les transmettons, Alors à l’avance : bon voyage,

  • Marie-Claude Burge (72)
jeudi, 01 août 2019 14:41

Bonjour de Hong Kong

Bonjour de HK

Les magasins d’articles de luxe ont des entrées en marbre, de larges vitrines brillantes pleines de montres grosses comme des soucoupes ou de lourds bijoux d’or, d’argent ou de jade.

Les mêmes marques bien connues se répètent dans chaque grande avenue, beaucoup d’autres dont je n’ai jamais entendu parler aussi.

Les boutiques de fringues ou de chaussures ou supermarchés, plus classiques, vastes comme un hall de gare sont plutôt en sous sol, ou alors au premier, avec escalator quand même. Ces grandes boutiques rutilantes semblent vides, bizarrement avec beaucoup de personnel en uniforme. Les larges portes ouvertes dégagent sur le trottoir une bouffée de climatisation glacée.

Qui achète ? On ne peut que penser : des chinois, des asiatiques certainement puisque les visages européens sont rares, juste quelques familles ...

Du trottoir on ne perçoit pas le gigantisme des immeubles, il faut pour cela être sur les promenades de Victoria Beach, au deuxième étage des bus ou bien franchement en hauteur sur le Victoria Peak où la vue est extraordinaire, ou bien de nuit sur une terrasse, un des fameux roof-top !

Le Sky Line s’étale en largeur, reflété dans l’eau de la baie où avance lentement une jonque de carte postale. Ce paysage, entouré de montagnes molles et verdoyantes, n’a rien d’agressif, ni d’arrogant. Les buildings sont là simplement, certains très beau reflètent le ciel, d’autres jouent l’originalité, les lignes un peu étranges, de légères courbes, des teintes vertes, des reflets vernissés. De jour ou de nuit c’est un paysage agréable. Les bus à deux étages qui sillonnent les avenues, le petit tram étroit également à deux étages et le funiculaire, bien caché dans la verdure, tous avec leur look English début XX ème savamment décoré moderne, ont quelque chose de familier et de tranquille.

La foule des trottoirs n’est pas si compacte que prévue, pressée ou jeune et oisive, toujours en pleine conversation au portable bien sûr ... il faut être vigilant, slalomer et bien sûr respecter les feux, et les passages souterrains obligatoires, comme tout le monde ici !

Sur Nathan road, la grande avenue de Kowloon, à chaque carrefour, des pakistanais ? proposent furtivement des cartes et chuchotent : « Rolex, Rolex, costume, tailleur. ». De pauvres chinoises édentées fourguent des prospectus pour des massages ou des restos.

J’ai choisi pour les trois premiers jours, le logement le moins cher et le plus central, Chungking Mansions, que le routard qualifie de « style tour infernale » : un gigantesque rez-de-chaussée où l’on accède par une longue et large entrée (il faut laisser aux belles boutiques l’espace sur rue sur cette grande avenue) et six ou sept blocks de 17 étages, entièrement dédiés aux locations de centaines de mini chambres et mini apparts. Le rez-de-chaussée est un bazar indien, ou pakistanais, la clientèle est masculine rarement européenne, souvent indifférente et quelquefois cordiale. On zigzague entre les étals de curry et de gâteaux orientaux, de multiples déballages de téléphones portables, d’austères officines de change et d’épiceries bourrées jusqu’au plafond. Etonnant au début...et puis, apostrophé toujours par les mêmes qui proposent des cartes SIM ou des currys, on s’habitue à rentrer dans son chez-soi. La chambre est minuscule, huit mètres carrés peut-être, WC-douche compris, c’est propre, pas de bruit et il y a une fenêtre, alors ! Idéal pour aller à pied sur les promenades de la baie et pour rejoindre les ferrys pour Central, c’est à dire pour Hong Kong. En fait nous sommes à Kowloon, en face de l’île de HK.

> François Brun (75)

mercredi, 08 mai 2019 12:04

L’insolite et rurale Isla Sol de Tasajera au Salvador !

Départ très tôt de la capitale. Enchainement de bus de San Salvador à la Puntilla sur la cote et lancha (bateau) pour l'ile Sol de Tasajera où on va participer à un projet de tourisme communautaire. 

La lancha (qu'on a dû négocier et c'est la 1ère fois de tout le voyage) accoste sur l'ile et tout de suite la misère saute aux yeux. 

Sol de Tasajera est un territoire extrêmement pauvre. Les 2 communautés villageoises sont nées de salvadoriens qui ont fui la guerre civile. Pas de route, pas de voiture. Les gens subsistent grâce à l'agriculture et la pêche. Ici tout est calme, tranquille, et rural : un petit havre de paix.

Il y a quelques années des étudiants en médecine espagnole sont venus pour des programmes de vaccination et ont crée un projet de tourisme communautaire pour aider la population.

Une auberge éco-responsable a été bâtie (bungalows indépendants, toilette sèche, douche à l'extérieur) un programme d'activités mis en place. Les bénéfices vont à la population. Erika et sa famille vivent sur les lieux.

Quand on débarque sur l'ile, il est clair pour tous qu'on va à l'auberge espagnole comme ils l'appellent puisque c'est le seul hébergement possible. Erika n'est pas là mais une femme nous ouvre et nous propose un bungalow. Dehors, c'est très agréable, un grand jardin, des poules, chats, chiens et tout plein de hamacs ! Un frigo aussi. Pas d'autres touristes comme d'habitude.

Il fait très chaud. On fait connaissance avec les lieux et le mari d'Erika va nous chercher à manger (poisson, noix de coco).

Balade sur les pistes de l'ile pour la découvrir. La population est souriante mais timide.

De tous cotés, poules, vaches et chevaux déambulent en liberté. On rencontre quelques charrettes et des vélos et de nombreux enfants qui jouent.

De retour au bungalow, avec Erika, mettons en place notre activité de ce soir (je garde la surprise ..) et partons à la plage qui est à moins de 10 minutes à pied.

A nous les grandes vagues du Pacifique. On a la plage pour nous et le chien de l'hostal qui nous a accompagnés, veille sur nous.

Et puis le soleil se couche. Explosion de couleurs !  C'est magique.

Pas de restaurant ni de comédor sur l'ile, mais 2 pupuserias en plein air où les locaux viennent manger. Comme Erika travaille dans l'une d'elle, c'est là que l'on va. Les pupusas (le plat national salvadorien) y sont délicieuses. On est les seuls étrangers sur l’ile. 

Au mégaphone, est donné le programme des activités du lendemain sur l'ile : les petits n'auront pas école, des visiteurs étudiants sont attendus par l'association, un match de foot est organisé…

On ne traine pas car on doit se préparer pour notre activité. On a rendez-vous à 20 heures.

 A l'heure prévue, Yvan, ami d'Erika, vient nous chercher et nous amène sur la plage. Il fait nuit et nous ne devons pas utiliser nos lampes. Juste la lumière de la lune sur l'écume des vagues, le reflet de l'océan, et d'immenses éclairs qui zèbrent le ciel. 

Une dizaine d'autres personnes sont là aussi, à arpenter la plage. Ce sont des collecteurs d'œufs de tortues marines. Les gens de la communauté les ramassent pour se faire un peu d'argent dans le cadre d'un plan de repeuplement des tortues marines.

Avant les œufs récoltés étaient vendus sur les marchés ou mangés. Aujourd’hui les collecteurs les apportent à l’association qui les rémunèrent 2 dollars les 14 œufs.

On va donc participer à la récolte et par une contribution aiderons ainsi l'association de défense des tortues.

De juin à novembre, c'est la période de pondaison, et comme de nombreuses tortues viennent pondre sur l'ile Sol de Tasajera, on espère avoir de la chance cette nuit. D'après Yvan, c'est une bonne nuit. On marche pendant 2 heures en guettant les tortues qui pourraient sortir de l'océan et se rendre sur la plage pour pondre.

Soudain Yvan en voit une. Un jeune collecteur se précipite car il veut avoir le bénéfice de la récolte. Le 1er arrivé pourra amener les œufs à l'association. La tortue est aussitôt portée plus haut sur la plage, un peu à l'abri. Elle pourra y pondre tranquillement Par contre le collecteur doit se montrer calme et silencieux, afin que l'animal ne soit pas stressé, ce qui pourrait bloquer la pondaison. 

Comme la tortue enterrera ses œufs lorsqu'elle aura terminé, le collecteur creuse avec sa main, une galerie dans le sable, sous la tortue, ainsi les œufs pourront être ramassés facilement et sans les abimer.

Soudain, sous nos yeux et dans dans nos mains puisque le collecteur nous a laissé sa place, les œufs tombent. Ils sont petits, environ 3 cm de diamètre, blancs, gluants et au toucher semble extrêmement fragiles. Ils tombent par dizaine puisqu'une tortue peut en pondre jusqu'à 100. Notre récolte sera de 70 environ. C'est super émouvant. Expérience unique et intense.

Yvan nous dit qu'il s'agit d'une tortue Dolfin. Elle fait bien 50 cm je pense.

Elle pond tous ses œufs en 20 à 25 minutes puis se met à les recouvrir de sable énergiquement avec ses pattes-palmes. Elle les cache soigneusement, cela lui prend un quart d'heure. Puis elle se dirige vers l'océan, traverse la plage et entre dans l'eau. On la suit tout le long, impressionnés et émus par ce que l'on vient de voir. 

Ce soir, de nombreuses tortues sont venues pondre. 

Yvan nous amène alors au corral de l'association, le lieu où sont déposés les œufs jusqu'à leur éclosion dans 45 jours. Ici, le travail est de noter toutes les récoltes, le nombre d'œufs, le lieu de ponte sur les différentes zones de la plage, la description de la tortue, ainsi que le nom du collecteur. Le corral est un endroit en plein air mais fermé et grillagé.  Il y a un quadrillage fait dans le sable, pour le traçage et le suivi puisque chaque carré correspond aux œufs d'une même tortue,  

Rendez vous demain pour la suite de cette aventure merveilleuse avec les tortues marines.

On rentre dans la nuit au bungalow et rêvons de ... bébés-tortues !

Carole Guyon (26)

 

lundi, 06 mai 2019 09:20

Sulawesi : Célébration funéraire en pays Toraja

Nous allons participer à une cérémonie funéraire dans les montagnes du pays Toraja, sur l’île des Célèbes.

Il s’agit d’honorer un mort en organisant une fête très importante dans la culture toraja, parfois plus d’un an ou deux après le décès de la personne.

En effet, il faut beaucoup de temps et d’économies, stocker le riz dans les greniers à céréales avant de pouvoir nourrir de riz et de viande les membres de la famille qui viennent du pays tout entier. Pendant presque une semaine, les repas et les célébrations s’enchaînent.

Le cercueil est installé sur une sorte de palanquin qui fera l’objet de déplacements au cours de danses et de simulations de luttes, puis au bout de la semaine de festivité il sera transporté jusqu’à sa demeure définitive : une falaise ou un tombeau construit. Mais avant cette cérémonie, le corps est conservé chez lui, embaumé, et traité comme si la personne était encore vivante.

 Ces fêtes de famille sont une tradition au cours de laquelle les visiteurs étrangers sont les bienvenus sans invitation particulière. Mais cela n'a rien d'un folklore touristique, c'est une tradition extrêmement respectée.

Nous avons choisi une cérémonie annoncée dans le village de Palawa à une vingtaine de kilomètres de Rantépao. La coutume veut qu’un présent soit remis à la famille. Avant de partir nous achetons donc 1 kg de sucre et 4 paquets de cigarettes en guise de cadeaux. Nous prenons un bémo (minibus) jusqu’à la station de Bolu puis trouvons un véhicule pour Palawa. Le village est constitué de plusieurs hameaux de maisons traditionnelles ; chaque hameau correspond à une famille ou un clan. A notre arrivée, de nombreuses personnes s’agitent pour préparer la fête. On nous invite à nous rapprocher d’un homme habillé de blanc, micro en main. C’est le chef du village qui annonce les arrivants, énumère les cadeaux apportés. Il nous présente à la famille de la défunte (une mamie de 90 ans a priori car personne n’est vraiment certain de son âge, morte il y a 2 ans) et les petits-fils nous remercient pour les présents. Le papi veuf quant à lui, voudrait bien récupérer les cigarettes mais il semble que cela lui soit interdit et il n’est pas très content de ne pas y avoir droit. On nous montre le cercueil immense puis on nous dirige vers une sorte de plateforme en bois, construite pour l’occasion et numérotée car il y en a beaucoup et les invités y sont répartis en fonction de leur proximité avec la famille. En tant qu'étrangers, nous avons une place de choix. Sur cette plateforme, on s’assoie déchaussé, on nous offre un café. On observe les préparatifs de la fête, c’est le 2ème jour, (le 1er était réservé aux combats de coqs et buffles), consacré aux élaborations de plats pour nourrir tous les invités durant 5 jours.

Devant nous des dizaines de cochons sont attachés vivants sur des branches de bananiers puis tués, dépecés. Les morceaux de porc, avec la peau, sont mis dans l’eau bouillante avec herbes et légumes dans d’immenses contenants qui sont sur des feux sur le sol. Le tout mijote puis est transvasé dans des plats qui seront distribués sur les plateformes où nous sommes assis. Avant le repas, tout le monde se recueille, une prière est faite au micro en l’honneur de la défunte. Les enfants jouent avec nous et nous apprennent à compter en indonésien. Puis vient l’heure du repas, des enveloppes en papier kraft servent d’assiettes et au milieu de chaque plateforme sont déposés un plat de cochon et une bassine en plastique remplie de riz. Les locaux avec qui nous partageons la plateforme se jettent sur le plat de viande an de prendre le peu de maigre qu’il y a, car les morceaux sont pour la plupart uniquement du gras du cochon cuit dans l’eau. On se rattrape sur le riz ce qui fait rire nos voisins les petits vieux. On goûte aussi l'alcool de palme, appelé tuak. Ce n'est pas très fort mais il faut rester prudent.

Après le repas, c'est le moment du portage du cercueil sur un palanquin jusqu'à l'étage d’une habitation, ce qui amuse petits et grands car les jeunes font un simulacre de lutte en riant et en poussant des cris. Certains poussent et d'autres retiennent le cercueil puis finalement il est déposé sur son drapé de décorations traditionnelles.

Après cela deux buffles sont amenés devant les participants pour être poignardés, vider de leur sang et leurs tripes. Ce n’est pas vraiment un spectacle agréable, les bêtes hurlent et se débattent. Les bons morceaux sont mis de côté et offerts aux personnes importantes dans la communauté et aux anciens. Le buffle est un animal très prisé dans la culture indonésienne, également symbole de richesse. On peut connaitre le statut social d’une famille au nombre de buffles tués (plus de 24 bêtes, la famille est très riche). La famille qui nous reçoit est de la classe moyenne (de 12 à 23 buffles seront tués durant la semaine de cérémonie).

 Nous continuons à jouer avec les enfants puis un peu secoués par la vision des bêtes entièrement dépecées, nous prenons congés après avoir salué le chef du village et les vieux avec qui nous partagions la plateforme et le repas.

Touchés par cette découverte culturelle, nous quittons le village et commençons à repartir à pied pour Rantépao espérant trouver un véhicule car il fait très chaud. Beaucoup de motos nous dépassent. Finalement c’est un camion de chantier à la benne vide que nous stoppons et qui accepte de nous conduire. Nous filons donc au travers de merveilleux paysages de rizières et de villages traditionnels.

Texte et photo : Carole Guyon (26)

 

vendredi, 05 avril 2019 13:41

Voyager au Rajasthan

Le Rajasthan est une région caractéristique de cette Inde mythique, celle des maharadjahs et des forteresses, celle spirituelle et laborieuse, celle des castes, des écarts entre le progrès des grandes villes et la pauvreté absolue.

Les incontournables pour moi au Rajasthan sont Jaisalmer, Jodhpur et bien sûr Agra.

Arrivée à Delhi. Une ville surprenante ! 

De l’aéroport, il est simple de rejoindre le centre de New Delhi en métro. Les jetons sont en vente à la station.
La qualité de l’air laisse à désirer mais quel plongeon immédiat, dès la sortie du métro, dans l’Inde des contrastes, des couleurs, des odeurs, de la vie !
Les embouteillages et le niveau sonore des klaxons sont indescriptibles. Tout le monde trouve sa place dans ce tumulte où tout est possible sans que l’on puisse comprendre comment tout cela s’organise.
À visiter : le fort rouge.
Pour se loger : autour de la gare principale pour relier facilement les villes par le train ou dans le quartier de Karol Bagh pour louer une moto pour environ 9 euros par jour chez Tony Bike Center. Cela coûte 100 roupies en tuc tuc pour aller de la gare à Karol Bagh 
1 euro = 80 roupies (en février 2019)

En route vers Jaisalmer, la zone désertique de l’ouest près du Pakistan !

Jaisalmer, la ville dorée, aux portes du désert du Thar, était un important comptoir commercial sur la route de la soie et tira sa fortune en taxant les caravanes. La forteresse et son palais témoignent de cette opulente période de l’histoire. 
On imagine aisément les caravanes de chameaux arriver à Jaisalmer près avoir traversé les étendues désertiques.
Le commerce des dattes, de l’opium, des pierres précieuses, des tapis, du cuir et du sel ont fait la richesse des commerçants qui ont fait construire de magnifiques maisons, les « Havelîs ».
Actuellement, dans chaque contrée du Rajasthan, vit toujours un Maharaja qui n’a pas de rôle politique proprement dit mais suffisamment d’influence sur son territoire pour résoudre les questions locales des habitants.
Les petites boutiques de tissus brodés aux couleurs chatoyantes, les étals de légumes de toutes sortes forment un camaïeu devant lesquelles s’attardent quelques femmes aux saris rouges et dorés.
Il fait bon se promener tôt le matin ou à la tombée de la nuit dans le fort lorsque les touristes sont moins nombreux. Les temples jaïns peuvent se visiter tout en restant discret pour ne pas troubler les cérémonies.
À visiter : Le fort plutôt le matin.

> Pour se loger à Jaisalmer, prendre un Hôtel dans le fort pour bénéficier d’une vue imprenable sur la ville. 
Une bonne adresse avec des chambres magnifiquement décorées et où l’on mange bien aussi : le Surya paying guest house. 
Attention : 2 hotels portent presque le même nom l’un à côté de l’autre mais le 2ème n’a pas l’air aussi bien. Si besoin, ils peuvent venir vous chercher à la gare.
Bien sûr, on vous proposera des circuits dans le désert. Il est possible de dormir une nuit dans le désert et profiter du coucher de soleil lors d’une balade en chameau. 
Pour autant, il ne faut pas s’attendre à voir la beauté des dunes du Sahara.

Autour de Jaisalmer, il s’agit davantage d’un désert de cailloux, semés de broussailles, avec quelques dunes ici et là.
Pour stabiliser les zones désertiques ont été semées des graines de petits arbres et arbustes épineux originaires d’Afrique. 
La route vers Jodhpur traverse de grandes étendues de terre aride. Des centaines d’éoliennes se dressent dans ce paysage poussiéreux. Au milieu des petits arbustes retentissent parfois quelques cloches de chèvres ou de moutons, dont les troupeaux sont gardés par des hommes ou des femmes solitaires. Les chèvres hautes sur pattes arrivent à se tenir debout pour grignoter quelques feuilles d’arbustes aux épines redoutables.
Bien sûr vous croiserez aussi de nombreuses vaches qui ressemblent à des zébus, des buffles, des dromadaires qui transportent du bois et toutes sortes de marchandises.
Parfois des daims et des élans couperont votre route.
L’approvisionnement en eau est problématique au Rajasthan. Il faut descendre à plus de 150 m sous le sol pour trouver l’eau dans des nappes phréatiques et parfois elle est salée. 

Jodhpur : la ville bleue !

Jodhpur est un méli­mélo de cubes bleus, un labyrinthe de rues médiévales sinueuses, dans lesquelles on déambule au milieu des odeurs d’encens... et d’égouts aussi 
Au dessus des toits se dresse une magnifique forteresse érigée à la verticale d’un piton rocheux.
Entouré de remparts mesurant entre 6 et 36 m de hauteur, le fort fut direc­tement taillé dans la roche. C’est une incroyable architecture à visiter absolument !
Vous serez sans doute étonnés de voir autant d’animaux dans la rue. Chaque jour, les habitants des villes nourrissent les pigeons, les chiens et les vaches pour apporter du bonheur dans leur journée.
Dans le vieux Jodhpur, vous croiserez peut-être aussi des singes qui peuvent être agressifs.

Il peut faire jusqu’à 55 degrés l’été.
Pour se loger : Durag Niwas Guest House ! Pas très loin de la gare. http://www.durag-niwas.com/
Attention sur Booking, l’hôtel d’à côté profite d’un flou artistique au niveau du nom pour attirer des clients mais il n’y a pas de comparaison possible entre l’accueil et l’intérêt des ces 2 hôtels.
Durag Niwas est une jolie guest house qui est également le siège d’une association, Sambhali, qui œuvre pour l’alphabétisation de 450 femmes de la caste des intouchables et pour leurs enfants. Ils font un travail formidable à travers 7 centres d’accueil. http://www.sambhali-trust.org/
Vous pourrez loger et rencontrer les bénévoles féminines qui viennent nombreuses de tous les pays donner des cours d’Anglais et de Mathématiques à ces femmes et les aident à regagner de la confiance en elle.
Dans cet hôtel, demander Bounty, un adorable guide qui pourra vous emmener visiter différents lieux dont les villages des Bishnoïs. Cette communauté a une conscience écologique très développée. Elle construit d’abord l’espace pour les animaux avant même de construire leur maison. 
Les femmes sont facilement reconnaissables à leur bijou dans le nez et de lourds anneaux en argent à chacun de leurs pieds. 
Les Bishnoïs prônent la non violence et défendent tout ce qui est vivant, y compris les arbres. Ils se sont fait connaître lors d’un triste massacre perpétué en 1730 où 363 "martyrs" Bishnoïs ont été décapités alors qu’ils s’étaient attachés aux arbres pour empêcher le Maharadjah de Jodhpur de raser une forêt. Aujourd’hui le combat des Bishnoïs est devenu une question de survie pour l’Inde, un pays où l’environnement est fortement dégradé.
Entre villes et campagnes, les conditions de vie sont extrêmement contrastées. Elles le sont également en fonction de la caste à laquelle on appartient. Les castes existent toujours même 
si la notion d’intouchabilité est normalement abolie depuis 1950. Le mot « intouchable » est effectivement remplacé par le terme « dalit » qui signifie « opprimé ».
Plus les conditions de vie et de travail sont difficiles, plus des addictions à l’alcool et à l’opium apparaissent dans les foyers, entraînant leur lot de violences et de désespoir.

Agra et le Taj Mahal !
Nul ne peut rester indifférent devant la merveille architecturale qu’est ce monument de marbre blanc qui porte en son sein l’histoire d’un amour infini.
On ne peut que s’émerveiller devant cette splendeur et profiter de la sérénité des jardins.
Certes, les touristes sont nombreux mais en s’y rendant tôt le matin, vous pourrez ressentir la douce atmosphère qui se dégage de ce lieu.
Réservez un hôtel proche du Taj Mahal avec une terrasse permettant de découvrir le monument à la première heure lorsqu’il sort de l’obscurité ou de la brume : Hotel Taj Plaza sur Booking.

Si vous avez le temps :
Passez par Alwar, une ville située entre Jaipur et Delhi.
Sur la route, les palmiers ont remplacé les petits arbustes desséchés ou les arbres taillés jusqu’à la dernière limite pour recueillir branchages pour se chauffer et feuillages pour nourrir les animaux.
Les singes n’hésitent pas à s’asseoir sur le bord de la route pour regarder les voitures et les motos passer à côté des chameaux, des chiens errants, des vaches et des buffles.
Les perroquet verts et jaunes volent à tire d’aile d’arbres en arbres.
Les paons sauvages courent dans la nature mais aussi près des habitations.
Le parc d’Alwar organise des safaris où on peut éventuellement voir quelques tigres. Un autre aspect du Rajasthan.

L’Inde est un pays accueillant où les sourires enchantés des enfants et des femmes et la bonne humeur des hommes vous accompagneront sur la route.
Vous serez sans aucun doute touchés par la sincérité des gens, leur chaleur humaine et leur volonté de vous aider à tout moment.

Pensez à prendre des boules Quies pour la nuit car le niveau sonore est élevé :) Il y aura toujours quelque chose qui animera vos nuits : des hurlements de chiens, la sirène des trains, la circulation, les fêtes ... c’est la vie en Inde !

Bon voyage !

> Nathalie Nowik (37)

lundi, 17 septembre 2018 08:33

Visions d'Ailleurs

Ecrire ses voyages. Voyager pour écrire. Ecrire pour partager la beauté de l’Ailleurs, et ainsi réveiller notre sensibilité, à la nature surtout, pour mieux la protéger.

A travers ce blog, Lauren partage une expérience de globetrotteuse de plusieurs années, ses photos et récits de voyage au long cours (seule, en sac-à-dos), immergée dans les cultures locales, de la Suède à Madagascar en passant par le Laos ou le Québec.

Diplômée en Sciences de l’Environnement, elle privilégie les voyages hors des sentiers battus, à l’affût de bonnes adresses écoresponsables.

Adepte des missions d’écovolontariat et autres moyens de voyager différemment, elle partage ses conseils et offre un soutien à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans une aventure similaire.

http://visionsdailleurs.com/

mercredi, 05 septembre 2018 11:24

Trois facettes du Brésil

Cet été nous avons mis le cap sur le Brésil : Rio de Janeiro (6 jours – 5 auraient été suffisants), pour y faire les parfaits touristes, Ilha Grande (3 jours ½) et Paraty( 2 jours ½).

Le gros inconvénient de partir au Brésil au mois d'Août est la météo.

Si en France c'est l'été, là-bas au Brésil c'est l'hiver... .

Ce qui nous a valu 2 jours de pluie à Rio de Janeiro, pas toujours facile à occuper, surtout avec une ado, et un soleil qui se couchait à 16 H 30, c'est un peu tôt.

Mais les beaux jours nous avons pu profiter de la vue imprenable du Corcovado (et de Mirante Dona Marta, juste en dessous du Corcovado que notre taxi nous a gentiment fait découvrir) et du coucher de soleil au Pain de Sucre (c'est vraiment l'heure idéale pour y monter) et nous baigner dans les vagues de Copacabana (même en hiver au Brésil, la température de l'air et la mer restent chaudes si on va à la plage avant la tombée de la nuit).

Le gros avantage (et si c'était à refaire nous repartirions au mois d'août) : l'absence de touristes !

Nous avons pu profiter de Rio de Janeiro, sans jamais avoir besoin de faire la queue, sans jamais attendre ou courir après un taxi, et sans être pris dans des flots de touristes (comme nous je l'avoue, mais quand même, quand on a l'impression d'être les seuls touristes au milieu des locaux c'est plus sympa).

Après avoir épuré une grande partie des lieux touristiques de base à Rio de Janeiro (et il y en a assez pour nous avoir occupés pendant 4 jours sans avoir l'impression de courir), nous avons mis le cap sur l’île paradisiaque d'Ilha Grande et le petit village de Abraão.

Abraão est magnifique, le village est « resté dans son jus » : pas de véhicule motorisé, pas de route goudronnée, et pas de banque (prévoir de retirer du liquide avant de partir même si chez la plupart des commerçants il est possible de régler en CB).  Après la folie urbaine de Rio de Janeiro, le calme d'Abraão, ses plages et ses randonnées en forêt étaient très agréables (il n'y a rien à faire, si ce n'est profiter du temps qui passe, les vacances quoi).

Après ces quelques jours idylliques, cap sur Paraty, village classé à l'UNESCO. Là encore le village est resté intact, avec ses pavés, son architecture particulière et colorée et ses petites maisons basses. Vous pourrez y visiter les distilleries aux alentours et savourer ensuite une bonne Caïpirinha (avec modération, la cachaça reste très fortement alcoolisée), et manger des pastéis (chez Pastelonni, à gauche après le pont en sortant du village historique – à l'angle de la rue Octavio Gama et Vanessa Oliveira Porto, il vend des pastéis pour tous les goûts, et délicieux).

Le dépaysement était au rendez-vous à chaque fois et nous avons pu voir différentes facettes du Brésil, de la mégapole avec ses favelas, aux endroits plus typiques en passant par une île paradisiaque et qui restera, pour moi, un des plus beau endroit.

C'est donc avec tristesse que nous sommes rentrés en France après ces 15 jours de voyage.

Notre seul regret aura été de ne pas parler portugais, car les brésiliens ne parlent pas anglais (et encore moins français bien évidement). La communication était quasi-nulle, dommage.


NB :

Pour y aller : Ibéria, compagnie low-cost mais très agréable

Pour les déplacements à Rio : nous n'avons utilisé que les taxis (jaune avec une bande bleue, les seuls taxis officiels à Rio), qui restent à un prix raisonnable, mais c'est vrai qu'à force la note totale est élevée. Nous n'avons pas testé les transports en commun, uniquement par peur (alors même que nous nous sommes jamais sentis en insécurité à Rio de Janeiro) et en l'absence de langue pour communiquer avec les brésiliens et de plan du réseau de bus (j'ai eu beau chercher sur internet, impossible de même la main sur un plan du réseau de bus).

Pour les transferts : Easytranfert, très bien organisé et très bon rapport qualité/prix et Rdj4u (pour le transfert de l'aéroport à l'appartement, mais cela doit revenir au même qu'un taxi).

> Florence Lejeune.

mercredi, 27 juin 2018 15:35

Un circuit incontournable en terre maya!

> sites archéologiques, ville coloniale et cénotes.

- Le célèbre site archéologique de Tulum est un des trésors de la culture maya ; c’est la seule cité maya érigée en bord de mer. Ce magnifique port précolombien était relié à Chichen Itza via Coba par un ’’sache’’ (chemin de pierre) dont on a retrouvé les vestiges.

- Coba est situé à 42 km de Tulum. Elle fut la cité maya la plus puissante du nord de la péninsule. Elle occupe un immense territoire de 70 km2 dont la plus grande partie est encore enfouie dans la forêt. Le site possède l’une des pyramides les plus hautes (42m) de toute la zone maya ;

Faire l’ascension (autorisée) de Nohoch Mul vous offre une vue admirable et imprenable sur la jungle et les 5 lacs qui entourent Coba.

- Chichen Itza est situé à 159 km de Coba.

Chichen itza signifie en maya ‘’la bouche du puits des sorciers de l’eau ; c’est l’une des splendeurs de la région et ce fut la cité la plus puissante du Yucatan. Ses ruines sont spectaculaires et s’étendent sur 300 ha. Parmi les plus importantes structures à admirer : le somptueux Castillo (la pyramide de kukulkan) le gigantesque terrain de pelote et le groupe des Milles Colonnes…

- Valladolid, située à 50 km de Chichen Itza, est surnommée “la sultane de l’Est’’. C’est une jolie ville au charme colonial et à l’atmosphère authentique, où il fait bon d’y séjourner et de visiter dans ses environs Ek Balam et des cénotes.

 

  • > Les cenotes du Yuvatan : 

On estime à 8.000 voir à 10.0000 le nombre de cénotes dans la péninsule !

La nature calcaire du sol rend sa surface très perméable et empêche l’existence de cours d’eau.

Ceux-ci se trouvent en dessous de la surface du sol ; parfois, le sol calcaire s’effondre, laissant à découvert une partie des rivières souterraines. Ces espèces de puits naturels dissimulés en pleine jungle constituent les cénotes.

Pour les Mayas, les cénotes étaient des lieux sacrés qui servaient de porte d’entrée au ‘’monde d’en dessous’’.

Il y a 4 grands types de cénotes : ouverts, semi-ouverts, cavernes et souterrains.

Un nombre impressionnant de cénotes ont été aménagés et ’’commercialisés” afin de recevoir un maximum de visiteurs souhaitant s’y baigner ; faire de la plongée-tuba ou de la plongée sous-marine ou encore de l’exploration de rivières souterraines…

Je vous conseille de choisir et découvrir des cénotes gérées par des communautés mayas et non par des sociétés commerciales de lieux d’amusement !

> Lionel Adnot

mardi, 08 mai 2018 14:07

De retour en Colombie !


Dans le cadre de mon premier voyage en Colombie, 35 ans après mon adoption, j’ai pu visiter avec ma femme en 18 jours Bogota, Villa de Leyva, Medellin, Guatape, Carthagène, la partir Est du parc national Tairona (sur la côte Caraïbes) et la fameuse et mythique Cité Perdue (Ciudad Perdida) !

C’est donc cette dernière destination que je vais vous raconter car en tant que colombien d’origine, j’avais à cœur de découvrir cette ancienne civilisation précolombienne, fondée par les indiens Taironas au 2ème siècle. Située dans la Sierra Nevada de Santa Marta au Nord de la Colombie, longtemps protégée par la jungle à 1.300 mètres d’altitude, ce centre urbain précolombien appelé Teyuna par les indiens présente une spectaculaire architecture en terrasses ovales, d’édifices circulaires et d’un réseau de ruelles unique en Amérique du Sud.

Cette cité perdue a été découverte en 1976 par Luisa Fernanda Hererra, archéologue de l’Institut colombien d’anthropologie et d’histoire. Des trésors d’orfèvrerie ont été mis au jour et exposés aujourd’hui au musée de l’or de Bogota. La ville semble avoir été abandonnée à l’arrivée des conquistadors espagnols au XVIème siècle. Peu de temps avant l’arrivée des espagnols, les Tayronas avaient fondé une civilisation extrêmement évoluée, basée sur une organisation sociale et politique complexe, et sur des techniques d’ingénierie avancées. Ils vivaient sur les versants nord de la Sierra Nevada, où ils avaient établi des centaines de villages (de récentes études ont permis de localiser environ 300 villages tayronas). Du fait d’un relief très accidenté, ils durent ériger de nombreuses terrasses en pierre soutenues par de hauts murs pour y construire leurs maisons en bois et chaume. Les ensembles de terrasses étaient reliées entre eux par des escaliers et des sentiers en pierres.

La zone fut à un moment affecté par le conflit armé colombien entre l'armée colombienne, les paramilitaires d'extrême droite et les groupes de guérilla d'extrême gauche (FARC ou ELN). Le 15 septembre 2003, l'ELN kidnappa 8 touristes étrangers qui visitaient Ciudad Perdida, demandant au gouvernement des investigations sur des violations des droits de l'homme en échange des otages. L'ELN relâchera le dernier otage trois mois plus tard. Le groupe paramilitaire AUC s'autoproclamant protecteur de la région. L'Institut Colombien d'Anthropologie abandonna la zone après ces kidnappings et l'accès aux touristes fut restreint… En 2005, les parcours touristiques devinrent à nouveau possibles. L'armée colombienne patrouille activement la zone qui est à présent considérée comme sûre pour les visiteurs et où il n'y a pas eu d'autres enlèvements.

Désormais visitée grâce à quelques agences touristiques officielles depuis 10 ans environ (seulement 4 agences agréées pour entrer dans ce territoire), ce trek de 4 à 6 jours de marche est gardé par les indiens Kogis, descendants des anciens Taironas. Ils sont facilement reconnaissables par leurs tenues blanches traditionnelles, par leurs petites tailles et par leurs traits de visage spécifiques aux tribus indiennes de la région. Notre circuit organisé a été effectué avec le tour opérateur « Expotur » qui est la seule agence à mettre à disposition un interprète anglophone pour chaque groupe, en plus d’un accompagnateur local.
Elle propose des circuits de 4 à 6 jours depuis 10 ans et travaille avec des guides amérindiens qualifiés. Le circuit part de Santa Marta pour arriver au départ du trek dans le petit village d’El Mamey (Machete). Il faut marcher plus de 15km par jour et attendre 3 ou 4 jours de marche avant de gravir le légendaire mais très glissant escalier rocheux et ses 1.260 marches qui mènent au site et au niveau des premières des 170 terrasses que comptent la cité.

Le premier jour de marche est très éprouvant car il fait très chaud avec nos petits sacs à dos de 5 à 10kg. Il est fortement conseillé d’apporter le minimum mais il faut bien un peu de nourriture, d’eau et d’affaires de rechange… Le sac de couchage n’était pas indispensable par exemple. Les produits anti moustiques locaux ont été efficaces mais n’ont pas empêchés les nombreuses piqures de moustiques pendant le trek (surtout en bas des jambes !), de jour comme de nuit…

Nous partons avec un groupe de 10 personnes (dont des français, des danois et des hollandais) + nos 2 guides vers ce sentier boueux et effondré, entouré d’une végétation luxuriante et d’une rivière grondante que nous traverserons plusieurs fois. Au départ, le chemin est large, le panorama dégagé, on peut voir loin et le paysage montagneux est très beau. Toutes les 2 heures, nous faisons une halte pour boire et manger des fruits. Petit à petit le sentier grimpe, les paysages changent et alternent entre une végétation épaisse et fournie et des champs. Des huttes sont disséminées, il s’agit des habitations des Kogis, le peuple indigène de la région. Ceux qui sont à ce niveau- là de la Sierra sont en contact avec la population colombienne et les randonneurs. Ils ont des chevaux et les utilisent pour aller chercher des produits dans les villages.
En fin d’après-midi le chemin devient couleur rouge/orange (on se croirait à Madagascar) et descend abruptement vers une rivière et un campement. Première halte dans notre camp du soir après cette première journée éprouvante pour nos jambes. Ces camps ont été créés par les agences de trek accréditées et elles sont gérées par des familles Kogis, ce qui leur assure un revenu et améliore ainsi bien leurs conditions de vie. Ils sont équipés de cuisines, de douches et de dortoirs où dormir. L’eau potable est fournie dans chaque camp, ainsi qu’un déjeuner et dîner. Nous serons récompensés de nos efforts en étant les premiers à aller se rafraîchir le corps dans une belle piscine naturelle et cascade à proximité du camp. Les autres groupes nous y rejoindront juste après. Le soleil se couche vite et la soirée nous permettra de mieux connaître les français et les guides. Surtout le guide espagnol qui parle anglais et qui va nous raconter son histoire personnelle émouvante fortement liée à l’histoire de cette région. Réveil à 5h du matin après une nuit légèrement agitée par le bruit de la rivière et par les lumières du camp et le bruit des chiens qui m’empêchent de dormir…

2ème jour de marche et les seules personnes que nous pouvons croiser sur notre chemin, mis à part les 4 autres groupes d’Expotur qui sont partis le même jour que nous, sont les paysans locaux, quelques soldats colombiens et les indiens Kogis. Sur le trajet, on trouve des aires de repos qui proposent des produits locaux (jus de fruits, fruits, sodas, nourriture et artisanat local), des petits restaurants de qualité et des hébergements confortables (choix entre lits et hamacs). Petit à petit nous découvrons l’environnement magique. La forêt et les montagnes sont noyées dans le brouillard percé par les rayons de soleil qui donnent des couleurs éclatantes. La marche est longue, le sentier va en zigzag mais la difficulté vient du dénivelé (nous montons et redescendons sans cesse) et surtout de la chaleur humide qui augmente au fur et à mesure de la journée. L’environnement est de plus en plus sauvage et la végétation dense et nous montons toujours. Finalement nous arrivons devant un village isolé d’indiens Kogis constitué de grosses huttes rondes en bois et de toit de feuilles de palmes. La plus haute et grande appartient en général au chef spirituel une sorte de chaman, appelé « mamu ». Ses connaissances en médecine naturelle sont importantes et reconnues, il est aussi le guide de tous pour la tradition et la transmission de la culture.

En milieu de journée, nous arrivons à un campement pour le déjeuner et nous allons nous baigner dans la rivière un long moment. L’après- midi nous continuons notre marche. Les corps souffrent, nous devons faire des haltes très souvent pour boire et pour souffler. Le soir, nouveau campement et nouveaux échanges avec le groupe pour mieux connaître nos compagnons de trek, sauf le petit groupe de danois qui préfèrent rester entre eux. Nous ne leurs en voudrons pas car ils se sont retrouvés ici en Colombie pour profiter de quelques jours ensemble avant de se séparer après le trek.

Le 3ème jour de marche est prévu pour la découverte de la Cité Perdue. Nous débutons difficilement, et devons traverser la rivière à plusieurs reprises parfois à l’aide d’une corde car, bien que le niveau de l’eau soit faible cette année, il est arrivé lors d’un débit de l’eau plus important que des touristes soient emportés et donc les guides prennent toutes leurs précautions.

Enfin commence la montée. Des centaines de marches dans la pierre vont nous amener aux ruines de l’ancienne cité. Après un ultime effort, nous arrivons au sommet et là c’est une succession de terrasses que nous découvrons. C’est vraiment magnifique et émouvant ! Nous oublions les efforts et la nuit difficile. Sous ces terrasses se trouvaient les habitations, les tombeaux et tous les monuments des Tayronas ainsi que leur trésor. Il y a peu de ruines mais c’est l’ambiance qui se dégage et la beauté du site avec les terrasses qui se suivent, qui sont remarquables.

Dans cet environnement naturel un peu mystique, il y a aussi la réalité : quelques militaires sont là en permanence pour veiller au lieu, mais également sur les randonneurs…

Après un bon temps de contemplation, il est l’heure de repartir, à nouveau les marches plus difficiles à descendre qu’à monter du fait de leurs surfaces très glissantes, à nouveau la rivière à traverser plusieurs fois, à nouveau les montées et descentes dans la chaleur de la forêt humide.

La randonnée se poursuit donc jusqu’au soir où nous passons notre dernière nuit en campement.

L’ultime jour du trek, nous démarrons très tôt car de longues heures de marche nous attendent. Nous devons faire le trajet inverse car il n’est pas possible de rentrer de la Cité Perdue par un autre chemin. Ce qui n’est pas dérangeant car sinon, cela voudrait dire qu’il faille aménager un nouveau chemin de retour dans la forêt sauvage… Ce qui n’est donc pas forcément du goût des locaux qui ne veulent sûrement pas que leurs terres et ce site sacré soient envahies de touristes et de complexes hôteliers…  

La Ciudad Perdida n’a pas vocation à ressembler au Machu Picchu en y subissant les mêmes conséquences écologiques désastreuses… Petit à petit nous nous rapprochons de la civilisation, de la maison des guides, et de l’arrivée. Tandis que des gens d’autres groupes font la course pour arriver les premiers, nous marchons sereinement et tranquillement, fiers de terminer ce trek mémorable ! Il y a une quinzaine d’années, il fallait 21 jours pour l’atteindre. Aujourd’hui en moins d’une semaine, les 60 kilomètres sont parcourus. Demain probablement et malheureusement si des mesures de protection ne sont pas prises, si les indiens ne sont pas entendus et défendus, des grands sentiers pourraient être faits dans la jungle, l’idée d’un téléphérique a heureusement été abandonnée. Les colombiens voudraient que le site devienne aussi célèbre que le Machu Picchu au Pérou…

Espérons que cela ne soit pas le cas et que cette cité perdue garde ce mystère et son charme le plus longtemps possible !

Nous récupérons nos gros sacs à El Mamey et nous profitons d’une dernière pause déjeuner bien méritée ! Notre petit groupe reprend la jeep qui repart à Santa Marta et faisons nos adieux à nos 2 super guides et à nos compagnons de trek au moment où le 4 x 4 nous dépose dans notre Finca qui se situe juste à l’extérieur du Parc National Tayrona, sur la Playa Los Naranjos. 2 nuits de repos bien mérité dans ce cadre spectaculaire où le Rio Piedras jaillit de la Sierra Nevada pour se déverser dans la mer des Caraïbes, avant de retourner à Bogota et de s’envoler pour la France avec de nombreux et merveilleux souvenirs pleins la tête de ce pays en pleine reconstruction et en plein essor économique et touristique !

VIVA COLOMBIA !

> Julien Kerisel

lundi, 09 avril 2018 18:20

Impressions cubaines

Après deux semaines à Cuba il me reste une sensation étrange, faite de douceur et de peine.
Un soleil éclatant (25/30 d°) inonde ce pays/île, attachant, resté figé dans les années 50, pour notre plus grand bonheur à nous touristes. Les cubains sont "muy amables", souriants et pacifiques (ici je n'ai ressenti aucun racisme même si, à y regarder de plus près, les difficultés semblent croître avec la couleur noire de la peau !) Il y a tous les métissages possibles !

Les slogans révolutionnaires auxquels je suis indifférente ou tout au plus curieuse, fleurissent encore sur les murs délabrés et les panneaux de bord de route. Et tout ce qui peux ou roule...  avance ! voitures vieilles souvent russes, ou américaines magnifiques, âgées de plus de cinquante ans, chevaux attelés à des carrioles, camions transformés en bétaillère humaine, cavalieros aux sombreros, side cars, vélos et j'en passe. Et beaucoup vont à pied ! Ceci pour les villes car en dehors les routes sont désertes ou presque. 

A l'abri du soleil sous un pont par ex, les mains se lèvent avec espoir et détermination car le transport est un vrai problème ici : facile pour les "ricos" que nous sommes (qui payent par exemple un trajet de 100 km le prix d'un salaire mensuel là-bas avec cette double monnaie qu'est le CUC pour nous et les pesos pour eux et auxquels je n'ai pas eu accès (1€=environ 1 cuc, pratique !) qui ont leur bus climatisés à horaires respectés. Les cubains manquent de tout sauf de "scolarité" et le monde des pesos et celui des Cuc se côtoient sans jalousie apparente bien que tout cubain essaie d'en récolter ; ceci fait que les propositions de repas sont nombreuses et insistantes (au lieu d'aller dans un resto. chaque chambre d'hôte vous propose le dîner pour environ 12€).

Les années soviétiques ont laissé un sens du partage entre cubains, mais aussi la délation, par ex. en ce qui concerne les chambres d'hôte par ex. ; à ce propos il y en a partout ; certains cubains ont de sérieux problèmes financiers car ils ont misés sur la venue des américains mais D. Trump a sabré leur venue ; nous n'en avons pas rencontré et ils passent toujours à nouveau par le Canada ; Les maisons sont si belles et leur murs souvent délabré, et on y voit des monuments énormes comme ce Capitole (20 cm de + que l'américain !) ou d'autre de style sovietique. Les nombreuses maisons à colonnes essaient d'être retapées avec amour, des bâtiments art deco datant des années "américaines" bordent des rues en piteux état,  .etc...

cuba 1 285LA HAVANE en est le plus grand conservateur et une visite de la ville surtout le long du Malecon, fouetté par de fortes vagues, dans une de leur belles mustang rouges est un régal. Dans cette ville la pollution est maximale. Si plein de gens sont assis à même le sol avec des tel. portable c'est que sur qlq mètres il y a internet. A une centaine de km de là, VINALES, belle petite ville dans une verte vallée (classée au Patrimoine de l'Unesco) nous enchante et nous permet d'embarquer pour CAYO LEVISA. Mer transparente, turquoise et poissonneuse, plage de sable blanc scintillant vont de pair avec leur délicieuses pina colada. Puis le taxi collectif nous amène à  CIENFUEGO qui offre ses maisons coloniales dont l'une magnifique, oscille entre château arabisant et style art deco. Petit tour de 150 km par la montagne :   villages en désordres, un peu plus de slogans révolutionnaires, palmiers et toits de chaume, chiens errants comme partout,  ...  nous arrivons à TRINIDAD.

Belle ville coloniale, au charme indéfinissable et pleine de touristes qui foulent ses ruelles pavées aux nombreuses boutiques de souvenirs. Deux vieux cubains fument le cigare assis à même les marches de la Plaza Major. Ne pas oublier les cigares !! (salaire mensuel à la fabrique : 40cuc  mais ils peuvent vendre personnellement un certain nombre de cigares toutes les semaines. Ai-je parlé de la couleur qui est partout, qui masque peut-être la grisaille politique, le bleu majorelle côtoie un rose fushia ou un vert ou jaune, appliquées tant sur les choses roulantes que sur les maisons. La végétation elle-même semble plus colorée ;  La musique est partout ainsi que la salsa (delante ! detras! a été pour moi un apprentissage en mouvement") quoi d'autre ne pas oublier... la qualité des repas, fruits et légumes non falsifiés, pas de poissonnerie mais poisson et homard dans l'assiette ; d'où vient-il ? de la mer cubaine sur laquelle on ne voit aucun bateau !

CUBA ?  J'adore ! belle, pauvre, privée de liberté et pacifique est UNIQUE !


> Note: nos hôtes charmants Arun, Juana, Maria, Anna, Alex ; Merci ; Hasta luego y buena suerte

> Geneviève
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