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Le coin des bourlingueurs (142)

Le coin des bourlingueurs, ce sont des nouvelles d'ABémistes partis aux quatres coins du monde. N'hésitez pas à nous envoyer les vôtres à !

mercredi, 12 janvier 2022 14:27

Ciné conférence samedi 29 janvier à Lyon.

Flyer recto Seance 29.01.2002< Ciné-conférence avec Henry Bizot (adhérent ABM).

EXPLORATIONS DANS LA CHAÎNE TRANS ALAÏ
 Samedi 29 janvier 2022 de 14h45 à 16h30
Salle Victor Hugo, 33 rue Bossuet, Lyon 6e


Les deux films projetés :

Film (2020) : Le pic Véronique - La voie Les 6 frères

Film (2021) : Le pic Espérance
Bande annonce Film La voie Espérance
 
Entrée libre et gratuite

Au profit intégral de l'association
Rêves 
Possibilité de faire un don après la séance
Collecte par des bénévoles de Rêves
Totalité des dons pour la réalisation du rêve de Nelvin, 4 ans, atteint d'une grave maladie,
qui souhaite aller en Laponie pour rencontrer le père Noël

https://www.facebook.com/henrybizot.dshb
lundi, 15 novembre 2021 15:08

Voyage dans les Balkans.

Grande effervescence avec le retour des beaux jours. Nous préparons la voiture pour un grand périple : Albanie en passant par les Balkans. Voyage avec notre vieille 306, cuisine aménagée dans le coffre et une petite tente. Toutes rencontres avec les habitants seront privilégiées.

Après un week-end familial pour dire "au-revoir" aux enfants/petits-enfants, nous passons une soirée chez nos amis de Vienne (en France). Le confort est apprécié car des trombes d'eau inondent les vignes.

Le lendemain, nous apprécions notre pique-nique au col du Mont Cenis. Par contre, des embouteillages à Milan nous retardent. Nous arrivons au camping de Venise à 20 heures !

La journée à Venise est fantastique, avec une météo très agréable.  

La Croatie

Après l’Italie, nous traversons la Slovénie sur 30 km. Le jeu consiste à éviter l’autoroute (forfait annuel). Nous traversons une zone industrieuse car c’est le seul port de la Slovénie. La Croatie est pays magnifique. La côte très découpée, les criques, les ilots qui baignent dans la mer bleue, turquoise sur le bord. Il fait plus de 30° et nous profitons d’une baignade dans l’Adriatique tous les soirs. Revers de la médaille : les signes extérieurs de richesse, yachts, grosses cylindrées, tours de taille imposants, location en tout genre, tatouages, nous indisposent jusqu’au dégout. Quelques perles que vous retrouverez sur la carte : Porec (prononcez porredge), Roving en Istrie, Pula, Zadar, Sibenik, Trogir, Split en Dalmatie. Nous avons beaucoup apprécié les deux iles que nous avons testées, Pag (prononcez Paq) et Hvar.

Quand on rentre dans les terres on trouve une nature superbe dans les parcs naturels, mais aussi les stigmates de la guerre. Pans de murs effondrés, impacts de balles, maisons envahies de végétation. De 1992 à 1995 les orthodoxes, serbes, et les catholiques, croates, se sont fait la guerre. Les églises catholiques sont neuves. Les monastères orthodoxes ont mieux résistés et renferment une belle iconographie.

Mostar< La Bosnie-Herzégovine et le Monténégro

La Bosnie-Herzégovine. Voilà un curieux pays. Trois communautés en présence : les Bosno-Serbes, orthodoxes, les Bosno-Croates, catholiques et les Bosniaques, musulmans. Terres de conflits puisque la première guerre mondiale a été déclenchée par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand et sa femme Sophie. Suite à la seconde guerre mondiale, la Yougoslavie, sous l’égide de Tito, fait partie du bloc communiste. Enfin le conflit honteux de 92 à 95 entre les trois communautés, sans l’intervention de l’occident pour de mauvaises raisons politiques. Le siège de Sarajevo durant plus de 4 ans, et différents massacres dont Srebenica, ont fait nombre de victimes. C’est donc un pays reconstruit, mais qui garde des traces flagrantes de destruction, y compris psychologique. Ici, pas de côte touristique (seulement 15 km de côte) mais des mosquées dans les montagnes verdoyantes.

Nous traversons rapidement le Monténégro. Pays des montagnes noires qui se jettent dans la mer. Les bouches de Kotor et les îlots habités sont de petites merveilles. Présence policière importante dans ce pays qui serait mafieux. Travaux de construction partout, la côte se bétonne.

< L’Albanie

Déclaré premier pays athée du monde par son dictateur Enver Hoxha, églises et mosquées furent détruites, à l’exception des celles déclarées monuments culturels. Depuis 1990, les religions investissent dans des lieux de culte neufs. Ayant été fermée du monde extérieur, l’Albanie n’a pas connu de conflit depuis la deuxième guerre mondiale. Les religions vivent en harmonie et les familles sont multiconfessionnelles. C’est un pays montagneux, agricole et pauvre. Les routes sont dans un piteux état hors de quelques grands axes dans les plaines. Les paysans travaillent à la main, ânes et mulets transportent toutes les marchandises. Les Mercédès finissent leurs vies ici. Les maisons abandonnées et délabrées ne sont pas détruites. Du neuf est bâti à côté et le toit en béton peut accueillir un étage à venir. Il y a décharges et des casses vraiment vilaines. De grandes poubelles récupèrent tous les déchets et certains les trient pour en vivre. Les touristes sont bien accueillis, c’est une manne pour le pays. C’est un pays simple que nous avons beaucoup apprécié.

L’Ancienne République Yougoslave de Macédoine et le Kosovo

La Macédoine, c’est un patchwork de communautés qui cherchent une unité dans des références empruntées à leurs voisins grecs, bulgares, albanais. Cela n‘arrange pas les relations ! Comme partout, des kékés en voitures rutilantes, mais c’est plus choquant dans ce pays avec un niveau de vie très bas. La misère se cache. La région des albanais musulmans semble organisée et prospère. Après avoir travaillé en Europe, ils font construire de grandes maisons avec garage pour leur grosse voiture. En activité, ils ne reviennent que 20 jours par an. Très beau patrimoine religieux.

Au Kosovo, les tensions avec le voisin serbe se font sentir. L’église orthodoxe serbe autocéphale (indépendante) possède de beaux monastères qui sont protégés par la KFOR, la police ou l’armée. Les panneaux sont écrits en deux langues mais le serbe est effacé à la peinture. Très peu de tourisme, donc pas de camping. Pendant les conflits de 1999, certains kosovars ont émigré vers l’Europe. Ils sont revenus au pays, pour ouvrir un restaurant, un hôtel ou cultiver quelques hectares de vignes. Ils parlent français et le contact est plus facile. On voit de grosses voitures immatriculées au Kosovo avec un CH ou D à l’arrière.

< La Serbie

La Serbie, pour moi, c’est le Danube. A vélo en 2016, maintenant en voiture et en bateau, les Portes de Fer (gorges du Danube) sont exceptionnelles malgré la pluie. La Serbie est un pays plus moderne qui nous fait sentir la fin de notre voyage, le dépaysement est moindre. La religion orthodoxe est bien implantée.

< Le retour en France

Entrer en Croatie le jour de la finale de la coupe du monde de football, c’est quelque chose ! La plupart sont absolument ravis de fêter leur place de vice-champion. Certains nous ont fait remarquer que nous avons gagné grâce aux africains. Certes, car nous les avons accueillis. Ici, sur 2 mois, les africains rencontrés se comptent sur les doigts d’une seule main.

La Slovénie est un petit pays européen qui semble prospère. Ici, c’est la nature, les montagnes, les lacs qui attirent des myriades de touristes.

L’Autriche est un pays riche : tout est nickel. Depuis que nous retrouvons un niveau de vie comparable au nôtre, nous nous interrogeons sur l’accueil des migrants. Ce sont ces pays-là qui mettent des murs physiques ou politiques pour laisser l’étranger dehors. Y compris la France ! Alpes Juliennes : que la montagne est belle !

Allemagne. Nous sommes dans les alpes Bavaroises et les villages sont typiques. Chalets en bois avec des géraniums au balcon. Les calvaires protégés par un petit toit de bois indiquent que nous sommes en pays catholique. Nous retrouvons le Danube à Ulm ! La course des bolides sur l’autoroute (quand cela est permis) nous effare !

< Sophie Duchêne

vendredi, 12 novembre 2021 11:18

Naufragé volontaire à Saint-Pierre et-Miquelon.

Huit jours sur un caillou français en Amérique du Nord.

“Tu vas à Saint-Pierre-et-Miquelon ?”

C’est où ça ? Voilà la question que m’ont systématiquement posée tous mes amis belges. En France, l’endroit suscite moins de questionnements vu que cet archipel français au large des côtes canadiennes de Terre-Neuve fait partie des collectivités territoriales d’Outremer (ex-DOM-TOM). En revanche, si vous vérifiez la météo, vous noterez avec effroi les températures estivales qui oscillent entre 10 et 17°C. Ici, on parle de canicule lorsque le thermomètre approche la barre des 20 °C, chose assez rare, il faut bien l’avouer, même au coeur de l’été.

Après un vol de 5 h 45, les côtes déchiquetées de l’île de Saint-Pierre percent les nuages. Le temps est venteux, gris, couvert, mais quoi de plus normal en ce début juillet 2021 ? La dame qui m’hébergera pendant huit jours est là pour m’accueillir. L’aéroport n’est distant que de 2 km du centre-ville. Le lendemain matin, le soleil brille. Pas une minute à perdre pour faire les premières photos ! Je me mets à arpenter les quelques rues du centre de cette petite ville de 6000 habitants, ignorant que pendant les huit prochains jours, je les arpenterai plus d’une dizaine de fois pour tuer le temps et pour rechercher un minimum d’animation.

Situé à 25 km des côtes de Terre-Neuve, l’archipel comprend Saint-Pierre, Miquelon-Langlade, ainsi que l’île aux Marins et quelques îlots inhabités.

Les quelque 6600 habitants de l’archipel sont des descendants de marins normands, bretons et basques venus à l’époque faste de la pêche à la morue.

Saint-Pierre

Ce qui frappe en premier le visiteur à Saint-Pierre, ce sont toutes ces maisons colorées qui rappellent les villages des

côtes norvégiennes ou les îles de la Madeleine au Québec. Autre caractéristique de ces maisons, les tambours : porche en bois muni d’une porte d’entrée afin de bloquer l’arrivée de l’air froid et de se déchausser ou de se dévêtir de son lourd parka. Après une visite du centre de Saint-Pierre, j’embarque à bord du P’tit Gravier pour une très courte traversée (10 minutes) jusqu’à l’île aux Marins, située juste en face.

< Extrait du magazine Globe-Trotters Numéro 200 de novembre/décembre 2021.

mercredi, 27 octobre 2021 16:06

Tibet : Au royaume de Gugé.

Nous venons d’arriver, avec un ami, dans le petit village de Thöling, à la découverte du Royaume de Gugé au Tibet.

Ce royaume abrita du Xe siècle au milieu du XVIIe siècle une remarquable civilisation et fut une des sources du renouveau bouddhiste dans la région. Ses capitales furent Thöling et Tsaparang, situées dans la vallée de la Sutlej, affluent de l’Indus.

Accompagnés d’un guide tibétain et d’un chauffeur han, nous souhaitons visiter les grottes de la région abritant, dit-on, de magnifiques peintures. Un musée à “ciel ouvert” si l’on peut dire ! D’après nos lectures, plus d’un millier de grottes recèleraient de nombreuses peintures dans la région.

Royaume des grands espaces

Après plus de 1200 km de pistes depuis Lhassa et la découverte des hauts plateaux du Changtang, nous sommes enfin sur place. Nous visitons le petit monastère de Thöling et établissons notre bivouac à quelques kilomètres de Tsaparang.

Cette ancienne capitale est un champ de ruines. Seuls quelques bâtiments en pisé tiennent debout malgré l’érosion ou les tremblements de terre. Une vaste forteresse perchée sur un éperon rocheux domine le site.

On y accède par un long tunnel creusé dans le rocher. Nous débouchons sur un panorama absolument magnifique surplombant la vallée de la Sutlej.

Le temps est au beau fixe et la vue sur la chaîne de l’Himalaya est à couper le souffle. Le guide nous désigne au loin le mont Kamet (7750 m) situé en Inde.

Daniel Stoecklin. Extrait du magazine Globe-Trotters n° 199.

Acheter le magazine.

jeudi, 05 août 2021 11:56

The Catventures : un tour du monde d' un an en famille.

Le projet est de consacrer 1 année en sac a dos et avec les moyens de transport locaux à faire le tour du monde en famille, 2 adultes et 2 garçons de 10 et 13 ans. Un projet pour sortir du cadre, se donner le temps de faire autrement, laisser place à l'improvisation, aux rencontres, s'imprégner des lieux et entrer en contact avec les gens au fil des rencontres.

​Notre thème principal est la rencontre, avec les habitants des pays, avec les enfants, avec les passionnés de leur pays.

Nous tenterons de déclencher ces rencontres au travers de nos centres d'intérêts variés pour que chacun soit participatif y compris les enfants :

  • Les enfants à travers le monde, leur mode de vie et leur école
  • Les cuisines du monde et le mode de culture local
  • La célébration des fêtes dans le monde
  • La faune et la flore, les jardins du monde

Nous tenterons aussi de nous immerger au sein de familles grâce au Workaway lorsque ce sera possible.

Pour en savoir plus sur le trajet théorique, les conditions de voyage et pour nous suivre virtuellement, direction  www.thecatventures.com

Date de départ : le 7 septembre direction le Canada !

vendredi, 21 mai 2021 09:37

Le street art dans tous ses états !

Au début du 2ème confinement, je me suis lancée un défi: une heure, un km, une image.

Chaque jour je ferai une photo de street art dans mon bout de quartier à la Thibaudière (Lyon 7).Téléphone portable en poche, je pars à la chasse aux photos tout en découvrant mon secteur.

Au coin de la ruelle un chat bleu me fait les yeux doux et semble vouloir me suivre, plus loin les lettres colorées “ SEA SEX SUN “ fredonnent la chanson de Gainsbourg, ici la flûte enchantée d’un charmeur de serpents me rappelle mes voyages en Inde.

Dans une autre rue l’arche de Noë de l’Armée du Salut est déjà bien pleine et je vais avoir du mal à  trouver une place! Mais si vous êtes trop chargé, déposez donc vos encombrants à la bagagerie !

Sur les volets bleus du bistrot du coin, une myriade de poissons volants virevoltent dans ce ciel improvisé. Chez le caviste Vercoquin, le Petit Prince a laissé un message : “Prends garde à toi, je suis toujours là # covid”.

Sur le mur aveugle d’un immeuble, le sourire d’un gone illumine sa frimousse toute bleue. Serré dans son jean bleu délavé et trop court, il se tient droit dans ses baskets. Les bras bleus levés vers le ciel, il brandit, tel un manifestant, une affichette où sont écrites d’une manière gauche les lettres :

 “A M O R”. Des flyers “ANTI-CAPITALISTE” ont été collés à la hâte sur ses godillots. Mais au fait que revendique-t-il ?

Au fil de mes flâneries je trouve sur le sol des “flackings” d’Ememem qui pose sur le bitume des pansements colorés en carreaux de faïence pour soigner les chaussées défoncées.

Skene peint des coeurs plein d’amour, de couleur vert pistache, jaune vanille, mauve lavande ou encore rouge grenadine et croque à pleines dents dans la vie en nous rappellant que :

                  “La vie est belle

                    Toi aussi”

Cet art urbain nous interpelle. Il envahit nos villes et à coups de pinceaux, collages ou matériaux de récupération, part à l’assaut des immeubles, des pans de murs délabrés, des coins insolites ou abandonnés.

A chacun d’entre nous d’en faire sa propre lecture et de trouver les messages que l’artiste nous a laissés.

Marie-Cécile Lepine (69)

 

mardi, 16 février 2021 10:37

Ocean Lives Matter.

Le projet de Dorothée et Antoine vient d'obtenir le Label ABM.

Nous allons réaliser un tour de l’Atlantique à la voile « zéro déchet » avec nos deux enfants. Le départ est prévu pour août 2021 et le voyage devrait durer un an. Nous voulons profiter de ce projet pour mettre en lumière la pollution des océans et la nécessité d’agir.

Nous allons :

- Mettre en pratique le « zéro déchet » à bord du bateau et naviguer avec un bateau propre et autonome en énergie. Nous allons valoriser les solutions qui permettent le « zéro déchet » : shampoing solide, gourde, culotte menstruelle…

- Sensibiliser les enfants aux voyages mais aussi à la pollution via des associations comme l’Enfant-L’Hôpital

- Réaliser des relevés scientifiques via l’association RIEM.

Date : Aout 2021 à Aout 2022 (1 année sabbatique)

email :

Blog : https://oclimaasso.wixsite.com/oclima.

Facebook : https://www.facebook.com/OceanLivesMatter

Instagram : https://www.instagram.com/oclima.asso/

YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=CkKr5xXYGqU

samedi, 02 janvier 2021 09:10

Une mini-croisière girondine

A partir de Royan, la "Grande côte", filant vers l'ouest, reste non encore polluée par des immeubles de bord de route. De nombreux carrelets, ces grands filets de pêche carrés remontés à l'aide d'un treuil, laissent supposer que les eaux sont poissonneuses en cette partie si évasée de l'estuaire de la Gironde que le regard, empêché par la brume matinale, ne peut distinguer l'autre rive. Tout aussi incertain est le point de rencontre entre la Garonne et l'océan Atlantique qui se livrent une lutte incessante au cours de chaque marée.

Un vrombissement incongru précède un hélicoptère venant du large, dont l'atterrissage imminent bloque le chemin côtier que nous empruntions. Nous en étions à folâtrer sur les rochers, intrigués par ce trou, dit "puits de l'Auture" où le seigneur des lieux faisait jadis jeter, en fin de battues, les loups qui terrorisaient le pays.

L'hélicoptère dépose une charge de matériaux et la brûme, se dissipant peu à peu, dévoile, dans une lueur rosée, le grandiose phare royal de Cordouan, patrimoine national en cours de rénovation. Après la cathédrale Notre Dame de Paris, Cordouan est le plus ancien bâtiment classé de France. Il se dresse depuis 1611 sur un plateau de roche et de sable, à 7 km des côtes, mais il ne prendra sa forme actuelle qu'en 1790. A notre retour vers l'hôtel, en fin de journée, il  apparaît en gloire, éclaboussé d'or, si royal que la référence à Louis XIV, le Roi Soleil, s'impose.

L'enthousiasme nous gagnant, la visite est décidée pour le lendemain. Il s'agit d'une mini-croisière qui n'est pas anodine. Les départs sont fonction des horaires de marée. Les shorts ou bermudas et sandalettes plastique sont indispensables.

Nous voici vers midi sur le port de Royan, assez dubitatifs. Un ciel plombé pèse sur l'estuaire - nuages de mauvais temps, brouillard marîtime de septembre ? Nous faisons confiance aux "locaux" et commençons la traversée dans une atmosphère feutrée qui n'est pas sans charme. Le phare se laisse longtemps  désirer puis s'offre peu à peu, grandissant au regard tandis que les voiles de brume s'ouvrent pour le découvrir.

Nous ne sommes pas encore  arrivés. Le socle rocheux ne permet pas l'approche de notre bateau. Il faut débarquer sur une barge à fond plat qui nous dépose sur la chaussée d'accès empierrée. L'eau est encore haute, les pierres couvertes d'algues vertes sont glissantes. Nous atteignons la porte s'ouvrant dans le mur de soubassement, impressionnant de hauteur et de robustesse pour nous retrouver dans une coursive où la délicatesse l'emporte sur la force.

Ce que nous découvrons là : "échauguettes, frontons néo-grecs, colonnes doriques,  pilastres corinthiens,  rinceaux à feuilles d'acanthe et  frontons brisés à volutes ..." est bien loin  de la simple tour d'origine, au sommet de laquelle un ermite allumait le feu qui guidait les navires au Moyen-âge. Il faut rendre hommage aux architectes successifs qui construisirent puis transformèrent l'édifice. Tout d'abord Louis de Foix, mandaté par le roi Henri III qui signa en 1584 le contrat de construction. Son fils Pierre, puis François Beuscher achevèrent l'ouvrage après 27 années de travaux. Sous le règne de Louis XIV, en 1645, une tempête rendit nécessaire une restauration qui fit de l'édifice "Le Versailles de la Mer".

L'escalier monumental nous ouvre au premier étage les appartements du roi, au sol pavé de marbre noir et blanc. Louis XIV n'y a jamais séjourné, mais son monogramme uni à celui de Marie-Thérèse y figure. Des grappes de fleurs encadrent quelques écussons. Nous achevons la visite des salles "Grand Siècle" par la chapelle, au deuxième étage. Les nervures bleu passé de son dôme en caissons forment comme une toile d'araignée dont le centre est troué. Cette ouverture, nous la retrouverons à chaque étage. C'est par ce puits central que passaient autrefois les combustibles hissés par les gardiens pour alimenter la lanterne. Depuis la première mise en fonctionnement, où un mélange de bois, poix et goudron fut employé, d'autres substances accompagnèrent les progrès techniques : blanc de baleine, huile d'olive et de colza vers 1823, date à laquelle l'innovation lenticulaire à système tournant de Fresnel apparut. L'électrification eut lieu en 1948. Actuellement, c'est une lampe halogène de 250 watts programmée électroniquement qui projette son feu à oscillations - les périodes d'extinction étant plus courtes que les périodes de lumière -  jusqu'à 22 miles marins pour la couleur blanche (40 kms) et  18 miles (33 kms) pour les secteurs rouge et vert.

Poursuivant notre ascension, nous arrivons à une frontière temporelle qui se  distingue aisément vue de la mer. A mi-hauteur, le style Renaissance fait place à une architecture sobre, dépourvue d'ornements. À l'intérieur, nous voici au troisième étage, dans la salle des Girondins - appellation révolutionnaire insolite dans un phare royal - faisant référence aux représentants de la Région à l'Assemblée Constituante (1789-1791). Les causes de ce changement radical ? Les combustibles des siècles passés avaient calciné les pierres du pourtour de la lanterne. Il fallait reconstruire et à moindre coût. Ce fut l'ingénieur Joseph Teulière qui commença en 1788 l'édification d'une partie supérieure tronconique de 30 mètres. Le phare avait atteint sa hauteur définitive de 68 mètres. Nous y sommes arrivés, enfin à l'air libre sur le balcon de la lanterne, après notre 311ème marche. Un horizon quasi impressionniste se dévoile. L'extrémité de la chaussée de 260 m de long n'est pas encore découverte et se perd dans un flou qui se retrouve sur le socle dont les rochers émergent à peine, formant des nervures tranchant le vacillement sage de menues vaguelettes.

Peut-on imaginer de nos jours que ce monument patrimonial dont l'histoire et la beauté lui laissent envisager une inscription sur la liste de l'Unesco faillit, en 1960, être définitivement condamné ? Les progrès de la navigation moderne le rendaient inutile et de nouveaux et importants travaux ne trouvaient pas de financement. L'opinion publique, informée, se mobilisa - il fut sauvé. Mais  si le phare est un joyau, il est dispendieux. Pour contrer la houle, il fallut, en 2005, construire une protection en béton de 8 mètres de haut sur le flanc ouest du bastion.

Mais, revenons au plaisir des yeux. Des bancs de sable rose, festonnés d'écume, s'enroulent comme une conque et se mettent à monter alors que la marée descend. Il reste assez d'eau en leur centre pour offrir un refuge provisoire au bateau du retour qui,  depuis notre balcon dans les airs, se réduit à un jouet d'enfant.

Les hauts fonds et les bancs de sable sont un danger pour la navigation dans l'estuaire. Les boues s'accumulent à chaque marée alors que les eaux du fleuve et de la mer s'affrontent. Au XIème siècle, les armateurs refusaient de risquer leurs navires dans ces passes où l'on déplorait de nombreux naufrages. Le danger est toujours là. Il faut aux pilotes de navire un grand savoir faire pour rester dans le chenal de 150 m de large, régulièrement entretenu, aborder l'estuaire au bon moment de la marée, tenir compte des vents parfois violents. Les mastodontes qui sillonnent les mers, pétroliers et navires de commerce de fort tonnage n'ont parfois qu'une marge d' un mètre sous la quille.

Alors, il n'est pas rare de voir un homme suspendu sous un hélicoptère, déposé sur le pont d'un de ces bateaux. C'est un "pilote lamaneurs", nom donné en 1681 par une ordonnance de Colbert qui créa le corps. Ce sont maintenant des "pilotes maritimes" qui prennent les commandes depuis le large jusqu'au port de Bordeaux et parfois jusqu'à Libourne, sur la Dordogne. Les plus petits navires de moins de 120 m de long et sans cargaison dangereuse peuvent manœuvrer seuls, avec assistance Radar, jusqu'au chenal où un pilote venant en vedette de Verdon-sur-Mer monte à bord. On compte environ 600 hélitreuillages par an et 21 pilotes maritimes actifs. Pour nous, il s'agit de redescendre. La mer s'est bien retirée, le plateau sableux est creusé de trous d'eau. Les bourrelets de sable délimitant les flaques nous font boitiller gaiement. Derrière nous, le phare s'éloigne comme il était venu, dans une brume de mer qui l'efface comme dans un rêve.

Micheline NEY

lundi, 08 juin 2020 14:32

Terroirs de Merlusse

Bienvenue dans l'univers de Merlusse, personnage des contes folkoriques vosgiens (ou plus largement Mélusine).

Soyez patients et visitez cette version prototype (anglais et français accessibles): elle vous contera des aventures de voyages dans le Monde ou à quelques pas de chez vous, tels des morceaux créatifs de carnets d'anecdotes de vie de voyageur épanoui et ouvert. 

Bonne immersion dans ces récits au grand coeur, alliant tout type de patrimoine : culinaire, social, culturel, historique et paysager.

merlusse.net

jeudi, 07 mai 2020 14:32

L’envol maladroit d’une paonne

Un atterrissage en urgence ou le rapatriement d’une Française en Inde.

Ce qui peut nous rendre dingue d’aventures, qu’elles soient à l’autre bout du monde ou à 10 km de chez soi, c’est le processus d’élaboration pré-voyage et son rendu vécu sur le terrain, à adapter avec soins. Six mois déjà que je me bourre le crâne avec ce voyage de 3 mois et demi dans 3 pays d’Asie où j’avais déjà posé le pied 3 ans et demi auparavant : l’Inde, le Népal et la Corée du Sud. Fière de moi, j’avais tracé mon circuit dans le Nord de l’Inde pour cibler les différents spots touristiques -ou non, tout en m’octroyant une marge de manoeuvre pour se laisser guider sur place.

Je m’étais aussi engagée dans un projet personnel : franchir le pas pour partager des aventures et ce que l’on en ressent. Ce n’est pas chose aisée lorque l’on souhaite que celles-ci deviennent plus accessibles, procurent des sensations d’ailleurs et qu’elles mettent en lumière les multiples visages bienveillants rencontrés. Terroirs de Merlusse est né! (merlusse.net)

Première visite dans une des mégalopoles les plus oppressantes et les plus chaotiques du Monde : New Delhi. Il y a toujours un temps d’acclimatation cérébral avant d’embrasser l’atmosphère d’un nouvel environnement. Et c’est encore plus vrai lors de la perte maladroite de ton smartphone- élément indispensable en Asie de nos jours- puis, de l’annulation du séjour de deux semaines dans une école où tu voulais t’engager. Tu maintiendras ton expédition en bus de nuit Delhi-Dehradun et tu seras heureuse de faire la connaissance de deux pépites de jeunesse, Abhishek et Dipanshu. Une jeunesse ouverte aux nouvelles technologies, plongée dans ce secteur professionnel prometteur; celle pour qui Internet a complètement destructuré et revisité leurs codes indiens. De 5 ans tes cadets et issus d’une génération asiatique hyper-connectée, tu accuseras le coup d’être l’historique Européenne en quête de déconnection.

La porte du cimetière chrétien s’est ouverte sur un décor léger de pierres tombales enfouies dans la verdure. Les aboiements de chiens qui commencent à se rassembler autour de toi, te renvoient à tes réflexions : tu seras toujours entourée, plus ou moins hostilement, sur ces terres surpeuplées.

Le sud de Delhi t’accueillera avec plus de douceur que la version précédente de Paharganj, même si au cours de ta visite à Sanjay Van, un parc désert de fraîcheur forestière, les policiers t’expliqueront qu’il n’est pas prudent de faire une pause sur un banc de plus de 15 min sous peine de se faire égorger!

J’entends au loin des échos du coronavirus. Mes poumons absorbent les particules fines de la pollution faisant partie intégrante du tableau desi.

Changement de plan : la route pour aller te perdre chez un hôte direction Himachal Pradesh te sera bloquée. Jaipur te semble une destination fiable pour rester une dizaine de jours. Il est vrai que  c’est encore une ville qui dépassera le million d’habitants sans problème – 3 millions d’habitants- mais les richesses de la capitale rose du Rajasthan conteront les méfaits et les exploits des Rajputs. Les couleurs y seront resplendissantes, vives et chatoyantes : les vêtements scintillants glisseront sur les murs teintés du mélange terre battue orangée et sable rosé; des pointes de blanc y amèneront du relief ainsi que les piles de biscottes dorées, luisant au soleil ardent. Des noms défileront dans l’hoztel Jaipur, régi par Sid et Aimy. Egon et Martin s’étaient rencontrés en route de leur roadtrip d’un an et, avec eux, tu découvriras la cité et son coeur historique bordé de dentelles bleues et jaunes infranchissables. C’est avec un groupe d’anglophones que tu mangeras dans un restaurant ‘fancy’ d’un rooftop. Larissa et Georges seront ceux avec qui tu passeras ton début de confinement, tes moments d’indécision et tes dernières heures d’oiseau, libre de se déplacer.

Chaque voyageur se positionne à l’heure de la psychose suite à la pandémie qui touche durement l’Europe; des messages affluent via les réseaux sociaux et les discussions entre voyageurs ne cessent de tourner en rond, puis se dispersent sur l’attitude à adopter face à une situation inconnue. Je voudrais juste me déconnecter pour un jour encore, avant de sombrer dans le tsunami de deux semaines d’écrasantes informations qui s’abattent comme des vagues dévastatrices.

Réveillée à l’heure du lever du soleil, tu cherchais à aller au fort de Nahargarh à pied. Tu auras encore sous-estimé les distances indiquées par la géolocalisation et la réalité du terrain. Des entrelacs de ruelles formeront une barrière de protection de l’accès secret et alternatif à la route touristique. Ces peintures vivantes du quotidien t’apporteront une facette théâtrale des matinales de Jaipur. Vue d’en bas, la forteresse semble inaccessible surtout lorsque tu te confronteras à la masse beige rocailleuse d’un pan de monts Aravalli, chaîne qui traverse le Rajasthan. Le soleil est déjà haut dans le ciel à 9h30 : on reviendra pour l’ascension de ce joyau défensif, qui brillera aux premiers ou derniers rayons du soleil, la meilleure lumière recherchée par les photographes. Tu t’étais quand même déplacée au nord-est de la ville pour t’élever un peu en altitude donc, tu profiteras de Shri Garh Ganesh Ji Temple pour admirer le panorama sur l’étendue urbaine, le Gaitor ki chetriyan qui n’était pas indiqué dans le guide de Jaipur trouvé à l’hostel et, sur la partie sauvage broussailleuse et poussièreuse emmenant les yeux vers la fameuse Amber, capitale de l’ancien Kachwaha.

C’est à partir de ce moment-là que l’engrenage du piège Covid-19 s’enclenche. Tous les jours, je compte le nombre de pays touchés par le virus, on me transfère les décisions européennes et françaises, je compte le nombre de pays fermant leurs frontières, on me demande dans quelle situation je suis : je déguste le plat indien végétarien préparé par Sid et je choisis ma destination avant le ‘test’ du verrouillage complet du pays prévu le dimanche 22 mars. Petite précision : j’ai dû éplucher une centaine de circuits possibles depuis mon arrivée en Inde jusqu’au moment où je me suis ‘fait confiner’ dans l’hôtel de l’Aerocity à Delhi (étape qui arrive bientôt dans le récit). L’hoztel Jaipur a fermé ses portes après mon départ, la mission vol express du samedi soir vers Hyderabad commence : le secteur du tourisme va subir un sacré coup économique….

Le vol détresse pour Hyderabad était une sorte d’appel à la rescousse; un lâcher-prise de la situation que tu auras voulu partager avec une âme réconfortante, celle qui connaîtrait le terrain dans la ville la plus connectée de l’Inde. Mais ce ne serait sans compter sur la paranoïa de certains, envers les étrangers, qui seraient les premiers vecteurs du virus! Aucune photo ne sera prise à Hyderabad car les sorties dérobées hors de l’étage 23, étage emboîté dans un géant étiré sur 30 paliers, se résumeront à des balades silencieuses et nocturnes en ‘scootie’. Un air d’antan, où les écrivains comme Emile Zola, décrivaient les multiples détails de la transformation de Paris, ou bien des explorateurs comme Alexandra David-Néel, arpentaient les moindres recoins d’un culte : plus tard, il faudra se rappeler l’ambiance fantomatiquement apaisante des grands axes lisses d’une citadelle où coexistent hindous et musulmans. Au bord d’un des plus grands lacs artificiels de l’Inde, Hussein Sagar, tu voudras traverser cette route immense, vidée de sa substance bruyante et dégénérée d’automobiles, pour échapper aux odeurs d’eutrophisation. Au centre, debout, une statue éclairée de Bouddha a été érigée. Dans deux jours, les vols internes seront supprimés : le pays en entier sera bloqué de peur d’une hécatombe sanitaire. Et pourtant, les chiffres des études scientifiques prouvent que la pérennité de la vie sur la planète bleue ne sera pas liée à cette mini-crise mais plutôt à la catastrophe future de la gestion des ressources naturelles, des impacts du changement climatique et du contrôle de la prolifération humaine. Réflexion omniprésente au cours de voyages asiatiques.

L’heure du confinement a sonné! Abhishek t’emmènera à l’aéroport après bien des négociations avec la police, ses colocataires et ses collègues, afin de mesurer l’ampleur des risques à prendre pour aider une Européenne à retrouver les portes de son pays - même si celui-ci est au plus mal. L’ambassade aura donné comme point de chute Delhi. Masque, OK. Température, CHECK par les militaires. Tampon sur le bras, HEIN? Si oui, il indiquera que tu auras été identifiée comme porteuse du coronavirus…. Gel hydroalcoolique. Présent dans tout l’aéroport. Le byriani commandé, plat prisé d’Hyderabad, apportera une douceur finale à cette escapade sudiste.

J’ai la chance d’avoir pris la décision d’attendre la suite dans un hôtel tout confort, qui ne me jettera pas dehors un bon matin, mais mon budget ‘confinement’ n’est pas encore défini : l’ambassade de France s’apprêtera à recueillir autour de Delhi, près de 500 personnes avant d’assurer un vol de rapatriement. 6 jours et 7 nuits, dont la dernière dans l’avion, ce sera le temps imparti à s’occuper dans l’hôtel. Cloîtrée dans ta chambre, tu sentiras approcher la Solitude, l’ombre des Français derrière l’Intimité chérie, mais aussi l’ombre de tous ceux qui ferment leurs portes empêchant l’imprégnation dans le paysage local.  En y repensant, je n’ai pas eu l’occasion de visiter les endroits photogéniques des alentours de Jaipur, ni de Delhi; j’ai ‘juste’ vécu authentiquement, en m’inspirant des quelques leçons tirées du The Alchemist (P. Coelho), donné par Georges.

Il est temps d’aller explorer les moindres recoins de l’hôtel! Dans le couloir du 3ème étage, tu tomberas sur Marine et Anthony, couple avec lequel tu t’aventureras dans les ruelles du quartier commerçant, pour un ravitaillement en produits frais. Tu rencontreras beaucoup d’étrangers errants, comparant les possibilités d’hébergement aux alentours : tu admettras que le personnel souriant de l’hôtel se démèneront pour accueillir respectablement les touristes en vadrouille, lui-même n’ayant eu la possibilité de sortir de l’enceinte du bâtiment pendant plusieurs jours. Dans la chambre d’en face, tu rencontreras deux infirmiers Jean-Michel et Emmanuelle, qui s’indigneront de la situation hospitalière française. Les 3 mois de congés sans solde, acquis par leur acharnement à la tâche des soins, aura tourné court : au bout de 3 semaines, ils se sont retrouvés à la case départ Delhi.

Cela fait 3 jours que la routine s’installe et tu es engluée dans les messages chaleureux reçus. La sortie à la supérette du coin devient une aventure épique étant donné que, désormais, les militaires surveillent nos mouvements : une sorte de protection rapprochée…. La supérette n’ouvre que pendant un certain temps et parfois, ferme ses portes devant les clients en attente en file indienne, séparés de 2m chacun – clients notamment nommés Jean-Mi et Manu, qui sont dans les starting-blocks et qui deviennent enragés à leur entrée dans la caverne d’Ali Baba. Tu sentiras une dernière fois ces odeurs chaudes, alléchantes d’épices, enivrant ton palais des 1000 couleurs avec une commande de ‘matar paneer, paratha, dal makhani’ assaisonnée de ‘curd’ et de ‘kayi chutney’. Le piment contenu dans ce dernier te montrera que ton pouvoir d’adaptation a été meilleur que ton premier voyage en Asie et qu’en 1 mois, tu as su dominer les effets d’une épice si corsée et intense.

Mes 4 acolytes et moi-même tournont à l’autodérision de notre situation et concernant ce chaos mondial : notre avion de rapatriement est prévu le mardi 31 mars à 1h du matin. Les chiffres indiquaient que 2000 français étaient encore en Inde après la fermeture des frontières, éparpillés comme des pépites de chocolat dans une pâte à brioche.

< Amandine Ladrille (69)

mardi, 28 avril 2020 09:14

Road trip Népal durant le Covid-19

« Dans le voyage, ce n’est pas le but qui compte, c’est le chemin parcouru » se plaît à dire Nathalie Nowik, actuellement confinée au Népal. Elle ne pensait pas cependant que son voyage se finirait à Katmandou.

« Arrivés avec mon compagnon à Delhi le 20 février dernier, nous avons loué une Royal Enfield, une moto mythique en Inde.

Au programme, un road trip en commençant par traverser l’Uttarakhand en Inde pour rejoindre l’extrême ouest du Népal. De là, suivre la longue plaine népalaise du Teraï au pied de l’Himalaya, gravir quelques pistes de montagne et revenir par l’Uttar Pradesh à Delhi. Katmandou n’était absolument pas au programme ! » « Lors de notre départ de France, le coronavirus avait malheureusement commencé à faire des victimes en Chine mais nous n’imaginions pas son niveau de dangerosité et une propagation fulgurante à travers le monde. » 

L’actualité nous rattrape 

« Le 10 mars, nous sommes dans les massifs montagneux au centre du Népal. Dans les villages isolés, nous disposons de peu d’informations. La famille et les amis commencent à nous alerter sur la situation en France et en Europe.

Une amie en voyage au Cambodge m’écrit qu’elle n’a pas pu entrer au Vietnam. 

Effectivement, de plus en plus de pays ferment leurs frontières et interdisent aux Français d’entrer sur leur territoire. 

Nous décidons alors de rejoindre Nepalganj, ville située près d’un des principaux accès pour l’Inde. Trois jours de trajet sur des pistes sinueuses et caillouteuses seront nécessaires pour se rapprocher de la frontière. » 

NON. Vous devez retourner au Népal !

« Nous nous présentons à la frontière ‪le 13 à midi. Nous sommes optimistes. Après tout, nous étions déjà en Inde en février et notre visa est valable un an. 

Mais c’est un cordon sanitaire composé d’une douzaine de personnes portant masques et gants qui nous arrête avant même de pouvoir se présenter aux douaniers. Impossible de faire un mètre de plus. Ils nous tendent un masque et nous renvoient sans ménagement » explique-t-elle.

La décision est sans appel. La fermeture des frontières est entrée en vigueur pour les ressortissants français quelques heures auparavant et devrait se prolonger ‪jusqu’au 15 avril.

« A ce stade, nous ne maîtrisons plus la situation. Nous ne pouvons pas rendre la moto louée à Delhi. Je ne peux pas poursuivre mon séjour au Rajasthan où je devais rejoindre une ONG pour deux mois. De plus, nos visas népalais expirent demain et nous sommes à trois jours de route de Katmandou pour pouvoir obtenir une extension. Rien de tel pour tester notre capacité à lâcher prise ! » 

Séjour prolongé au Népal 

“ Le 16 mars, à l’Ambassade de France, l'atmosphère est sereine. Les propos sont optimistes. Le Népal n’est pas touché par l’épidémie. L’Inde, très peu. 

Nous devrions pouvoir rendre la moto à Delhi le 15 avril.

En attendant, avec nos extensions de visas en poche, nous partons à Pokhara. C’est une charmante ville beaucoup moins polluée que Katmandou, située au bord d’un lac tout près des Annapurnas. » 

La décision de confinement a été décrétée par le gouvernement Népalais le 23 mars au soir, sans préavis.

“Le 24 mars à 8 h, nous entendons les premières voitures de police sillonner les rues, sirènes hurlantes, faisant signe aux habitants de rentrer chez eux et de baisser les rideaux de fer de leurs boutiques. Tous les commerces reçoivent l’ordre de fermer, y compris les pharmacies et les magasins d’alimentation.

Les Népalais découvrent la nouvelle du confinement dans la rue et ne semblent pas réaliser ce qui arrive.Tout s’est passé très vite. La veille, nous avions eu connaissance de premières restrictions de déplacement sur les grands axes routiers mais cela ne présageait pas de mesures si rapides et radicales.” 

Nous sommes chanceux d’être au Népal. 

“La ville est soudainement déserte. 

Très vite, quelques commerces bravent l’interdiction d’ouvrir pour nous aider. 

Nous faisons nos emplettes dans l’obscurité derrière les rideaux de fer. De nombreux Népalais nous donnent leur numéro de téléphone au cas où nous aurions besoin de quelque chose. La bienveillance népalaise vis à vis des touristes ne faiblit pas. Nous bénéficions d’attentions particulières, y compris de la part de la police et de l’armée. Nous sommes chanceux d’être au Népal”.

Retour à Katmandou à moto. 

“ Nous avons trouvé un arrangement avec le loueur Indien de la moto et pouvons la laisser à Katmandou. 

À notre grande surprise, la police compréhensive nous délivre facilement un laisser-passer pour faire le trajet de Pokhara à Katmandou. ils nous demandent à plusieurs reprises si nous avons assez d’essence car il n’y aura pas moyen de se ravitailler en route.

En ce 29 mars, à quoi va ressembler notre trajet en période de confinement ? Le trafic habituellement est tellement dense sur cette route qu’il faut compter 8 à 10 heures pour couvrir les 200 kilomètres.

Effectivement, la route est presque déserte. Nous croisons juste une vingtaine de camions, quelques ambulances et quatre mini-bus escortés par une voiture diplomatique anglaise.

Dans chaque ville, les policiers et l’armée font de la prévention et surveillent les déplacements. Un “Help desk”, une tente avec quelques lits et de la nourriture à disposition a été installée dans chaque commune. Personne ne nie le fait que les structures sanitaires au Népal sont insuffisantes pour faire face à une pandémie, mais le gouvernement met des parades en place.

Nous avons également croisé de nombreux jeunes hommes marchant le long de la route, sans doute des journaliers qui tentent de rejoindre leur famille. On lit dans les journaux ici que pour ces salariés au salaire quotidien, pour les expatriés népalais actuellement bloqués à la frontière côté Inde, pour les familles vivant dans les quartiers défavorisés de Katmandou, la situation est difficile. Ils ont plus peur de la faim que du virus. Le nombre officiel de personnes contaminées est actuellement de cinq.

Attente d’un vol pour la France.

“ Nous ne pensions pas finir ce voyage à Katmandou. Depuis notre retour ici, nous vivons au jour le jour.

Nous sommes maintenant dans l’attente d’un vol pour entrer en France. L’ambassade nous informe d’un affrètement possible le 4 avril. L’aéroport est fermé aux Companies privées.

Nous restons en veille de l’évolution de la situation dans le monde, en espérant que la pandémie puisse être contenue rapidement.

Nathalie Nowick (37)

mercredi, 12 février 2020 14:50

Pensée de Birmanie

Du fin fond de la Birmanie, nous avons retrouvé ABM!!!

BirmanieC’est extraordinaire !!!

Du fond de notre pirogue, nous embarquons pour le magnifique lac Inle, vaste étendue d’eau entourée d’une ceinture de montagnes, nous surprenons les pêcheurs et bateliers, les habitations sur pilotis, les temples, les nombreux ateliers artisanaux, les jardins flottants et le fameux marché du jour.

C’est une splendeur, une journée mémorable.

> René et Marie (34).
jeudi, 06 février 2020 15:40

Amritsar et les vicissitudes du Temple d’Or

Cœur du Pendjab, grenier à grain de l’Inde situé au sud du Cachemire et en bordure du Pakistan, la ville d’Amritsar n’aurait pas grand intérêt malgré son million d’habitants, presque tous sikhs, si elle ne renfermait l’une des merveilles de l’Inde et le lieu le plus sacré de leur religion, le Temple d’Or.

Le sikhisme, vingt millions de personnes réclamant toujours leur indépendance

Il ne faut pas être né au Pendjab pour devenir un sikh, mais adopter les préceptes de vie de Guru Nânak, inventeur d’une religion nouvelle au XV è siècle. Né près de Lahore, aujourd’hui au Pakistan, Nânak, hindouiste de la caste des guerriers, regrettait l’immobilisme de sa religion, ses sacrifices d’animaux et ses castes. A 27 ans, il eut une révélation : «  Il n’y a pas d’hindous, il n’y a pas de musulmans, il n’y a qu’un Dieu, la Vérité suprême. » Et il partit sur les chemins prêcher sa nouvelle foi. Ses fidèles se dénommèrent « sikhs », disciples en sanscrit. Pour éviter les luttes de pouvoir, il désigna son successeur avant sa mort, guru Angad, qui créa un nouvel alphabet et mit par écrit ses enseignements. Ce fut l’Adi Granth, le livre sacré des sikhs que l’on peut voir au sein du Temple d’or d’Amritsar, fondé en 1574 par le dixième guru, guru Ram Das. Ce mouvement prit de l’ampleur et s’organisa militairement. Les Khalsas, les Elus de Dieu, doivent défendre leur foi et respecter la loi des « 5 K » :  le kesh, laisser pousser barbe et cheveux ; le kangha, placer un peigne dans leur chignon; le kara, enfiler à leur poignet droit un bracelet de fer ou d’argent ; le kacca, porter toujours un caleçon court ; le kirpan, avoir un poignard ou une épée.

Des massacres organisés

Le succès du sikhisme et son organisation militaire favorisèrent son expansion au Cachemire et dans l’actuel Pakistan. Ce qui inquiéta les Anglais. Le 19 avril 1919, le général  Dyer, pour mater une manifestation pacifique des sikhs près du Temple d’Or, les enferma dans le jardin de Jalianwala et commanda de tirer. Bilan : 379 morts et 1200 blessés en 5 mn. Condamné par une commission à Londres, Dyer fut pourtant réhabilité et félicité par le Parlement.

En 1947, la sanglante partition du Pendjab déplaça dix millions de personnes. Si bien qu’en 1980, les sikhs ont demandé la création d’un Etat autonome et les chefs se sont enfermés dans le Temple d’Or. Après quatre ans de négociations non abouties, Indira Gandhi envoya aussi l’armée donner l’assaut au sanctuaire. Bilan : 500 morts et destruction partielle du Temple d’Or. En octobre de la même année, la chef d’Etat fut à son tour assassinée par ses gardes du corps sikhs. Ce fut le signal d’un massacre des sikhs dans l’Union indienne. Si aujourd’hui tout est rentré dans l’ordre, les sikhs souhaitent toujours leur indépendance.

Le Temple d’Or, un exquis complexe du XVI è siècle

Rattrapée par l’essor de sa population, Amritsar a des problèmes d’embouteillages, pollution, égouts et ramassage des poubelles. La ville n’est propre que dans le périmètre du Temple d’Or. Beaux et hiératiques, barbe fournie et tête parée de turbans multicolores, souvent en tenue blanche, pantalon et tunique de coton, ou de guerrier, grande robe bleue, épée impressionnante, les sikhs vont et viennent dans une atmosphère recueillie. Les femmes n’arborent pas de tenue particulière. Ce quadrilatère de marbre immaculé creusé d’un bassin à carpes sacré ou piscine de nectar (Amrit Sarovar), est ceint de colonnades sous lesquelles peuvent dormir les pèlerins et de divers bâtiments religieux ou administratifs. Quatre portes le percent.

Au centre du bassin s’élève le Temple d’Or, maintes fois saccagé et rénové à l’identique. De proportions parfaites, cube plaqué d’or tout scintillant, coiffé d’un dôme achevé en 1830, il mire dans les eaux bleues du bassin ses délicates ciselures. Un pont y mène et l’on doit patienter avant de pénétrer à l’intérieur du sanctuaire. Tout le monde y est admis, à condition d’avoir une tenue correcte, les pieds nus et la tête couverte d’un foulard en principe orange. La plupart des dalles de marbre sont des stèles funéraires portant les noms des martyres massacrés sur les ordres d’Indira Gandhi, ce qui ajoute à l’émotion. Les plus pieux s’immergent dans le bassin, les autres se contentent de marcher dans l’eau du pédiluve.

La prière du soir

Tous ceux qui le souhaitent peuvent se restaurer à la cantine, où plus de 10 000 repas gratuits sont servis chaque jour dans un ordre impressionnant. Les convives sont assis sur des nattes et attendent les bénévoles distribuant gamelles, couverts et gobelets en inox, puis dal, soupe aux lentilles épicée, riz blanc et thé (les sikhs ne consomment pas d’alcool). Le repas achevé, chacun dessert son couvert et le range dans des bacs servant à la vaisselle. Quand les convives sortent, la salle à manger est prête à resservir.

Quand la nuit tombe, le Temple d’Or, auréolé de lumière, scintille en marbrant des dernières lueurs du couchant les eaux du bassin. Dans le sanctuaire, un guru  que l’on n’a pas le droit de photographier, en prière, presque en extase, tourne avec gravité les pages de l’immense livre sacré surmonté d’un dais incrusté de diamants et de pierres précieuses, le trésor des sikhs. Des chants s’élèvent, ponctués par le son des gongs.

Jalianwala Bagh, le jardin des supplices

La ville s’éveille tôt. Les premières échoppes entrouvrent leurs yeux métalliques. Des marmites de masala tea, thé indien infusé avec lait, sucre, cardamome, poivre et épices, sont mises à bouillir en pleine rue. L’ambiance est recueillie au Jalianwala Bagh, qui ouvre ses portes. On peut voir sur un mur les impacts des balles anglaises (on en trouva 1600). Des groupes d’étudiants viennent rendre hommage aux victimes des Anglais devant le mémorial portant le nom des morts, faisant ensuite le tour de la mosquée qui leur est consacrée. Un groupe de pèlerins psalmodient : « Il n’y a qu’un Dieu, la Vérité suprême ». 

< Isaure de Saint Pierre (75)

mercredi, 29 janvier 2020 15:51

Laos : Vang Vieng : paradis ou enfer pour les habitants

 C'est une première fois pour nous au Laos et dans cette petite ville au bord de la rivière Nam Song et au pied de belles falaises karstiques.
On m'avait prévenu depuis quelques années "il faut vite y aller avant que le tourisme de masse ne dégrade tout". C'est ce que nous deplorons depuis  notre arrivée ...

Les paysages sont très beaux, le tourisme de masse (bcp de jeunes) est bien présent, les chemins praticables en véhicules par les locaux ou en VTT comme nous sont dégradés par le nombre très important de buggies pilotés notamment par des touristes Coréens. La poussière règne en maîresse partout de même que la pollution due aux véhicules à moteur, le bruit assourdissant dans les bars où se défoncent les jeunes ou moins jeunes de toutes nationalités qui constituent les 2/3 des touristes dans cette ville hors du temps du Laotien moyen...

On nous avait bien dit !! La réservation préalable sur Internet (Agoda) d'une chambre dans le Popular View Guesthouse avec balcon et vue sur la rivière est un très bon choix, je recommande donc. Il est situé à côté de la passerelle nord temporaire (15 € la chambre pour 3, avec pt déjeuner mediocre) .

En cette fin janvier 2020, le niveau de l'eau dans la rivière est bas comme à chaque saison sèche, nous avons quand même pu y faire 2h de kayak. Les très nombreuses agences proposent bcp d'activités : VTT 30.000 kips la journée soit 3€, Kayak l'après-midi 12€/pers (à 3 pers, 2 kayaks) avec un guide dont on aurait pu se passer car peu de courant et peu de rapides faciles à négocier, tubing (sur grosses bouées), buggy, escalade, mongolfière, tyrolienne, etc... Tout pour les loisirs (à outrance) !

On nous avait aussi décrit l'accueil souriant des Laotiens, ce n'est pas le cas ici (comme à l'hôtel...) et on les comprend car ils sont totalement envahis par la cohue de touristes (dont on fait aussi partie) ... Malgré tout, ce tourisme les fait vivre. Cette situation n'est pas facile pour eux.

On y est resté 2 1/2 jours avant de gagner Phonsavan et la Plaine des Jarres.

Popkan mai (Kenavo ?)

> Roland Tourbot et Nicole Grellier (92)
mardi, 07 janvier 2020 15:22

Pause en vélo dans les Alpujarras

Depuis plusieurs années, nous pensions et rêvions de voyager autrement.

Nous avons voyagé en utilisant l'avion, hop aller, hop retour en essayant de nous immerger dans le pays "survolé" pendant 10 à 15 jours.

Cette solution ne nous satisfaisait plus et nous nous sommes orientés vers le vélo et la cyclo-randonnée, plus rapide qu'à pied, même si nous aimons et pratiquons la randonnée, libre aussi de nous arrêter ou bon nous semble, peu polluant.

Depuis deux ans nous partons l'été en vélo avec nos sacoches. la première année le long du Rhin, en Allemagne et Pays bas puis une boucle Ecosse et l'été dernier aux Baléares, en Espagne au Portugal et sur la côte ouest française pour plus de 1800 km à chaque fois.

Nous voyageons en famille (restreinte) nous parents et une de nos deux filles. 

Nous nous faisons un plaisir de porter peu d'affaires et notre matériel de camping. 

Lors de notre parcours cet été, nous avons fait une pause dans les Alpujarras, à Bubion, dans un havre de paix. Niché dans les montagnes, au milieu de villages perchés d'un blanc maculé, nous sommes arrivés sur un coin paisible et bienveillant, au confort simple et authentique, la CASA IBERO.

L' hôte est à l'image du lieu ; nous n'étions plus certains d'être encore en Espagne, d'autant qu'à quelques kilomètres, dans un autre village (Mecina Fontales) officie un couple de Français dont madame est aux fourneaux et nous régale de ses préparations végétariennes (l'Atelier).

je vous laisse l'adresse du lieu en espérant que celles et ceux qui s'y rendront trouveront le même plaisir que nous dans la quiétute des différents espaces dédiés au bonheur.

> Les ALVELO (Stéphane, Nathalie et Ninon ALVINO)

→ CASA IBERO 

Calle Nueva Apertura, 5

18412 BUBION

+34 653 935 056

→ L'ATELIER (Brigitte et Michel)

Calle Alberca, 21

18414 Mecina Fondales

+ 34 958 857 501

jeudi, 12 décembre 2019 11:31

Sur le chemin de Stevenson

Florac, le 24 juin 2019

Je me réjouis d'avoir abandonné mon cahier au gîte de Pradelles. C'était trop lourd. Ces quelques feuilles feront bien l'affaire, car je n'ai encore jamais trouvé le temps d'écrire au cours de ce périple. Trop occupée que j'étais à savourer pleinement l'expérience. Ici, attablée à l'intérieur du bar, après une bière ambrée qui m'a un peu retourné la tête et avec un match de foot féminin en bruit de fond, je rédige ces quelques lignes. L'étape a été longue. Il fait très chaud. J'ai les pieds en feu et la jambe gauche en vrac. C'est ça aussi la randonnée. Il faut souffrir pour connaître l'extase d'un bivouac paradisiaque ou d'un lever de lune sur la montagne. Demain, une journée de repos s'impose. J'ai posé ma tente au camping. J'irai descendre les gorges du Tarn en canoë. Un peu de fraîcheur et de repos pour mes jambes. Le rêve !

Je marche seule depuis huit jours. J'ai réussi à m'échapper de mon quotidien parisien. C'est déjà une victoire en soi. Du temps rien que pour moi, pour m'immerger dans la nature, pour respirer à plein poumon, pour communier avec mon environnement. Le luxe absolu ! Une renaissance.

Arrivée au Puy en Velay le 17 juin vers 19h30. Je m'élance vers Coubon à la sortie de la gare. Il fait beau. Les paysages sont superbes. Je croise un héron majestueux et je me pose pour le bivouac vers 21h. C'est magique d'être seule en pleine nature. Le lendemain, je rejoins le GR 3 qui longe les magnifiques et vertigineuses gorges de la Loire et je retrouve le GR 70 à Saint-Martin-de-Fugères. Le soir, je me pose dans un bois pour planter la tente et profiter du coucher de soleil.

Au réveil, j'ai deux tiques plantées dans le bas du dos. Je prends un café à Saint-Nicolas-du-Bouchet où je demande de l'aide aux deux garçons de café. Ils semblent avoir le coup de main, car ils parviennent à extraire les tiques en entier avec une pince à épiler. Merci les gars ! Je suis soulagée de repartir sans elles ! Je fais un détour par le lac du Bouchet pour me baigner. C'est extraordinaire. Le lac est parfaitement rond. L'eau est glaciale et transparente. Je rejoins ensuite Pradelles via Landos où je m'arrête à la pharmacie pour désinfecter mes piqûres. J'ai du mal à terminer l'étape. La route est longue et j'ai des ampoules à chaque pied. Mon sac est trop lourd. Ce soir, je dormirai dans un lit, mais ce n'est pas évident de trouver un gîte à Pradelles : il y a beaucoup de monde sur le chemin en cette saison. Les autres randonneurs, plus prévoyants que moi, ont réservé leurs hébergements à l'avance. Finalement, je serai seule dans une chambre de huit. Je dispose aussi d'une cuisine. C'est le luxe. Je n'ai pas mangé chaud depuis deux jours.

Après une nuit reposante, je prends le chemin de Langogne. Le centre historique est joli, mais le bruit des voitures me pousse à en partir très vite pour retrouver la quiétude du chemin. L'orage gronde au loin. Je dois faire une pause en forêt pour laisser passer la pluie. J'arrive à Luc par le château sous un ciel noir. L'ambiance est dantesque, apocalyptique. Je monte en haut du donjon. Puis, je descends dans le village pour m'installer à l'aire naturelle de camping. La pluie et l'orage me saisissent en plein montage de tente. Nous sommes quelques téméraires à camper là. Nous passons la soirée en mode réfugiés climatiques à l'abri dans les sanitaires. Ce n'est pas très glamour, mais au moins, nous sommes au sec. La conversation s'engage dans différentes langues entre marcheurs et cyclistes.

Le matin au réveil, le maire du village nous rend visite avec son chien. Il vient vider la boîte en libre-service pour le paiement de la nuit. Il nous conseille un itinéraire bis pour monter à l’abbaye, car le tracé du GR suit une ligne à haute tension. J'arrive à Notre-Dame-des-Neiges vers 13h. Je passe cinq minutes à la messe pour écouter chanter de vieux moines en robes blanches qui tiennent à peine debout. L'accueil n'ouvre qu'à 17h. Je décide de ne pas trop m'attarder et de continuer jusqu'à La Bastide-Puylaurent. J'y arrive à 14h, juste au moment où l'orage éclate. Je m'installe à l'hôtel.

Ce matin, j'enfourne le petit-déjeuner que l'on me sert à l'hôtel. Je suis la seule cliente. Quel plaisir ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas savouré un vrai petit-déjeuner. J'arrive à Chasseradès vers 12h. Je pique-nique près du cimetière où il y a un robinet pour faire le plein d'eau. Les paysages sont magnifiques sur la montagne du Goulet, mais des coupes de bois m'obligent à faire un long détour en forêt. Le chemin est barré. Je prends une magnifique piste en balcon pour rejoindre Les Alpiers. Des genêts en fleurs recouvrent la montagne. C'est superbe. Je trouve un coin de bivouac dans un champ à l'abri des arbres et me laisse bercer par les cloches tintinnabulantes des vaches pour m'endormir.

Le lendemain, je m'arrête prendre un café à Le Bleymard en attendant le passage de la transhumance des moutons. C'est l'effervescence. Plus de 2500 moutons doivent arriver vers 10h30. On les voit dévaler les pentes de la montagne en face puis approcher du village, c'est comme une vague blanche ondulante. Je devance le troupeau quand je le vois arriver et je grimpe jusqu'au Mont Lozère. Il y a du monde tout le long du parcours à chaque embranchement pour canaliser le troupeau dans la bonne direction. C'est une vraie fête populaire. Le sommet n'est plus qu'un alignement de camping-cars. Un marché fermier occupe le reste de l'espace. J'attends l'arrivée des moutons qui sont retenus avant le col pour permettre aux politiciens locaux de terminer leurs discours sans se presser. Je reprends le chemin. La traversée du Mont Lozère est magnifique. On se croirait dans la steppe mongole. Vue à 360° au sommet du Finiels. Redescente avec des panoramas à couper le souffle. Il y a des chaos rocheux partout. Beaucoup d'activités agricoles. Difficile de trouver un coin calme pour poser la tente. Finalement, je me pose à l'écart du chemin, bien cachée, entre quelques pins et des buissons de genêts. Ciel étoilé sublime. La pleine lune illumine la nuit. On voit comme en plein jour. C'est beau, magique, vraiment impressionnant. Je me sens tellement bien, tellement à ma place dans ces moments de communion avec la nature.

Petit-déjeuner dans un café à Pont-de-Montvert. C'est un joli village que l'on quitte par un magnifique pont en pierre. Une montée bien raide mène ensuite à un plateau agricole. Puis, on suit une belle ligne de crête avec des vues à 360° jusqu'au col avant de redescendre sur Florac où l'on retrouve la civilisation, le bruit des voitures et la pollution. Il fait chaud, mon sac est lourd, je suis crevée. Je me pose pour deux nuits au camping au bord du Tarn.

Le lendemain, les températures montent inexorablement. Il fait 35°C. C'est la canicule. Je suis vraiment bien, au frais, dans mon kayak, au fond des gorges. Je m'arrête quand je veux pour me baigner. Les gorges sont sublimes. Des vautours planent dans les airs. La journée est magnifique. Tout comme cette échappée en solitaire sur ces magnifiques chemins de France amoureusement entretenus par des bénévoles à qui je souhaite rendre hommage. Merci à vous de nous permettre de marcher les yeux dans le bleu du ciel et le nez au vent sans trop se soucier de l'itinéraire. Juste besoin de suivre ces jolies traces blanches et rouges que vous avez - comme des petits poucets - semées sur notre parcours pour ne pas se perdre et pour profiter du paysage en toute insouciance.

> Sandrine Ker (75)

vendredi, 22 novembre 2019 11:42

Hélène et la Clé des Champs

On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on en n’a qu’une… (Confucius)

J’en ai pris conscience il y a quinze ans lorsqu'un cancer a failli interrompre brutalement le cours de ma première vie.

Depuis, c’est avec avidité et un plaisir non dissimulé que j’ai décidé de concrétiser un projet et un rêve gardés bien au chaud dans un coin de ma tête depuis mon enfance : découvrir le monde par moi-même, sans l’interface d’un écran et des médias. 

Et, par la même occasion, me découvrir dans des contextes de vie totalement différents de mon quotidien habituel, où je n’aurai plus aucun de mes repères.

Je suis une voyageuse-blogueuse solo qui a décidé de prendre « la clé des champs » au lendemain de son départ en retraite. J’ai refermé les portes d’une première vie pour ouvrir celles de la deuxième, ouverte sur des horizons plus vastes, des rencontres avec mes voisins du monde et de nouvelles expériences de vie.   

Je voyage en mode slow-travel autour du monde et restitue dans mon blog « Hélène et la Clé des Champs » mes découvertes, mes rencontres, mes histoires de voyage, mes réflexions et bien sûr mes recettes de cuisine locale ! Car, mon blog est axé sur le voyage, mais aussi sur une autre passion très épicurienne, la cuisine ! 

Vous pouvez me suivre sur mon blog et sur les réseaux sociaux :

Blog Hélène et la Clé des Champs : https://www.heleneetlacledeschamps.fr                                                                                                                                                                                                                                                                    
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mercredi, 09 octobre 2019 14:53

Sur la route de la Mongolie, une semaine en Géorgie

> 6 mars :

Nous sommes partis de France il y a un mois avec notre vieux Defender équipé d’une cellule camping avec l’objectif d’atteindre la Mongolie d’ici quatre mois. Nous allons aujourd’hui entrer en Géorgie.

Il a neigé cette nuit quelques flocons qui ont légèrement blanchi notre parking.

Avec le lever du jour la neige fond. Nous quittons Kars en Turquie et ses rues boueuses vers 9h30.

Nous parcourons une route de montagne et passons un col à 2450 mètres, longeons un torrent avant d’atteindre la côte de la mer noire.

Nous arrivons au poste frontière avec la Géorgie vers 15h30 heure Turque, 16h30 heure du Caucase.

Les formalités sont assez rapides. Les douaniers jettent un coup d’œil dans la penderie, tamponnent nos passeports, nous donnent un document précisant l’obligation de prendre une assurance et nous disent d’y aller. J’ai du mal à trouver une place de stationnement en sortie de contrôle pour aller chercher l’assurance et faire un minimum de change.

La jeune fille qui fournit les assurances ne trouve pas sur la carte grise et mon passeport les infos dont elle a besoin pour faire mon contrat d’assurance. Je l’aide. Le montant pour 15 jours est de 30 Lari soit environ 10 €.

C’est la première fois que je viens en Géorgie et dès mon entrée, je me suis cru en Inde pour deux raisons : l’écriture qui me rappelle le sanscrit et les vaches qui se baladent seules au milieu de la route. 

Je prends du gasoil à la première station-service et apprécie de payer 100 lari soit environ 35 € pour 50 litres.

Nous longeons la côte. 1er arrêt : forteresse de Gonio. Nous traversons en fin de journée Batoumi, station balnéaire surprenante par ses différents aspects Turque, Russe, Géorgien, son architecture très moderne qui côtoie des bâtiments très modestes et même pour certains vétustes. Nous poursuivons jusqu’aux jardins botaniques du cap vert où nous stationnons pour la nuit face à la mer.

Comme en Turquie il y a quelques jours, notre petit coin tranquille va s’avérer animé. Il y a déjà une voiture sur le parking quand nous arrivons. Ses occupants doivent être à l’intérieur, les vitres sont embuées. Elle ne repartira que deux heures après que la nuit soit tombée. D’autres véhicules viendront stationner plus ou moins longtemps, jamais je n’entendrai les portes s’ouvrir. J’imagine que les jeunes viennent chercher ici quelques moments d’intimité qu’ils n’ont pas chez eux dans leurs logements exigus avec toute leur famille.

22h : on frappe à la porte. C’est la police. Ils sont deux l’un me parle en géorgien, je ne comprends rien, le second s’aventure en anglais : -You from ? je réponds :- France, - arrive today ? – yes. Je crois qu’on venait de faire le tour de toutes ses connaissances en anglais car il me fait signe que tout va bien et ils s’en vont. Le reste de la nuit sera calme, on sera seulement réveillé vers 5 h du matin par le train qui passe en contrebas.

> 7 mars :

Visite du jardin botanique du cap vert le matin et visite du palais Dadiani à Zugdidi l’après-midi.

Diner et nuit passée chez l’habitant pour changer un peu du camping-car et faire la lessive. Un bon moment passé dans une famille.

> 8 mars :

J’ai failli souhaiter bonne fête aux femmes mais il parait que cela ne se fait plus ça serai de la discrimination. Dommage.

Une journée sous la pluie.

Le GPS nous indique un raccourci qui commence par une belle route très sinueuse et qui finit par une piste défoncée.

L’église de Tslalendjikha est fermée mais une femme âgée sort de nulle part et nous fait signe d’attendre. Au bout de 10 minutes une autre femme âgée se présente avec les clés, ouvre le portail de la cour, s’approche d’un crucifix, l’embrasse, puis ouvre la porte de l’église que nous pouvons alors visiter.

L’église est dans un état de délabrement moyen. J’aurai d’abord dit délabrement avancé mais depuis que j’en ai vu d’autres, celle-là ne me parait pas trop mal.

Fin de journée dans la station thermale de Tskaltoubo. Il y a des bâtiments magnifiques qui datent du temps de l’union soviétique et qui sont aujourd’hui totalement abandonnés et d’autres plus modernes que je trouve personnellement moins intéressant dont un sanatorium.

On passera la soirée dans le resto d’un hôtel récent pour fêter mes 65 ans.

> 9 mars :

Visite de la grotte Prometheus puis direction l’usine Atlantic de Kaitusi. Une usine acquise depuis mon départ en retraite du groupe et dont je connais le directeur. Je l’appel pour le rencontrer mais il me dit etre absent pendant les quinze jours à venir. Qu’à cela ne tienne il me donne le contact de son chef d’atelier. Celui-ci a du voir le 4x4 camping-car se stationner sur le parking et immédiatement se douter que c’était moi car il arrive à ma rencontre avant même que je ne me sois présenté à l’accueil. Où dormez-vous ce soir ? Dans notre voiture. Non, chez moi. Et c’est ainsi que nous allons passer le weekend invité chez lui comme si nous étions des amis de longue date alors que nous ne connaissions pas hier encore.

Merci à Denis de nous avoir reçu chez lui, et à Sandro et Raphael pour la soirée passée ensemble à porter des toasts pour l’amitié et la paix des peuples.

> 10 mars :

Denis nous emmène visiter le marcher de Koutaisi, la cathédrale de Bagrati, le monastère de Guélati, puis le canyon de Okatse. Et là, faut pas avoir le vertige : la visite se fait sur une passerelle accrochée à flanc de falaise au-dessus du torrent en contrebas.

Sandro nous a rejoint pour la soirée que l’on passe au restaurant à tester la nourriture Bulgare.

Merci à eux pour les bons moments qu'ils nous ont fait passer.

> 11 mars :

Ce matin nous sommes partis à regret de chez nos amis tellement ils nous ont bien reçu.

Première visite : l’Eglise de Nikortsminsda à une heure et demie de route de Koutaisi.

Puis le pilier de Katskhi, un piton rocheux au sommet duquel est construite une toute petite église. Les moines y accèdent par une échelle extérieure.

Nous passerons la nuit au pied du monastère d’Oubissa que nous visiterons demain.

> 12 mars :

Deux monastères aujourd’hui, Oubissa et Sapara, cela me suffit. Pour changer nous passons par la forteresse de Khertvissi et enfin le site troglodytique de Vardzia.

> 13 mars : Direction l’Arménie. Nous continuons notre route vers la Mongolie en prenant le chemin des écoliers.

Jacques Foucault (85)

jeudi, 15 août 2019 10:09

Balade à Cuba

C’est dans une vieille américaine que nous découvrons LA HAVANE.  Première surprise, les rues sont peu éclairées. Notre casa, située dans le cœur historique de la Habana Vieja, nous plonge dans l’ambiance avec ses ruelles étroites très fréquentées. Pour notre 1er repas cubain, Rolando et Marisol ont cuisiné des …. langoustes. Dès le lendemain, nous arpentons ce quartier reconnu au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses places, monuments et maisons avec arcades, balcons, grilles en fer forgé et cours intérieures.

La Havane a toujours attiré les convoitises des colons et des pirates. Pour la protéger, des forts furent construits dont le Castillo de la Real Fuerza, symbole officiel de la capitale. La célèbre girouette la Giraldilla, qui le surmonte, orne les étiquettes du rhum Havana Club.

A deux pas de la cathédrale du 18ème, nous marchons sur les traces du célèbre écrivain Ernest Hemingway en nous arrêtant à La Bodeguida del Modio, bar le plus populaire et touristique de la ville.  Les murs sont couverts de signatures, photos des hôtes qui le fréquentèrent. Au rythme de la salsa, la Calle Obispo nous fait passer devant des galeries d'art et bars musicaux dont le célèbre El Floridita affectionné par Hemingway !  Chaque matin il s’installait sur son tabouret au coin du bar, depuis 2003 sa statue y est accoudée.

Au hasard des rues, les danseurs échassiers musiciens déambulent dégageant un esprit de fête et faisant revivre la tradition, A l’origine les danseurs étaient des commerçants qui voulaient se faire remarquer.

Blotti entre la Vieille Havane et le moderne Vedado, le Centro Habana est dominé par le Capitole -copie de Washington-. Près de lui, le théâtre néo-baroque est l’un des plus imposants au monde. A leurs pieds, les chauffeurs alignent leurs vieilles décapotables américaines multicolores, rutilantes pour attirer les touristes. Ce quartier posséderait la densité de population la plus élevée et une des plus âgées du pays. La décrépitude des bâtiments est étonnante. Les maisons aux multiples couleurs sont enduites d’une saleté qui leur donne des allures d’autres temps. Les scènes de la vie quotidienne y abondent générant une atmosphère très agréable et en toute sécurité.

Sous les yeux de huit lions en bronze, le Paseo de Martí nous conduit au Malecon. Cette promenade-là plus authentique et connue de Cuba longe la baie sur 8 km. Elle est le théâtre de scènes typiques pêcheurs et chanteurs s’y réunissent. Devant des bâtiments en piètre état, les belles voitures défilent revivant un passé révolu.

A Cayo Hueso, lieu peu fréquenté par les visiteurs, nous découvrons une ruelle fantastique, surréaliste, loufoque : le callejon de Hamel. Laissé aux mains d’artistes, il regorge de peintures, d’œuvres décalées telles les baignoires incrustées.  Ce musée street art a été créé en 1990 par Salvador Gonzalez Escalona qui s’est inspiré de sa religion, la Santeria.  Cousine du vaudou, elle mêle catholicisme et croyances apportées par les esclaves africains. L’orishas ou saint le plus mentionné est Ochun correspondant à la Vierge Del Cobre patronne de Cuba.  Dans toute l’île, nous croiserons de nombreux hommes et femmes vêtus tout de blanc : ce sont des initiés à la Santería qui voit dans cette foi une renaissance.

La place de la Révolution dans le Vedado est l'une des places publiques les plus grandes du monde.  Elle a été le théâtre de nombreux évènements marquants de l’histoire cubaine : adieux au Che, discours de Fidel. Elle est entourée de monuments gouvernementaux habillés des fresques du Che et du guérillero Cienfuegos, au centre, trône le mémorial à José Marti. 

Nous réservons un taxi collectif pour le lendemain matin, direction CIENFUEGOS. Sur la route, et ce sera ainsi tout au long de notre séjour, les cubains font du stop des billets à la main.

Fondée par des colons français, Cienfuegos est située au bord de la baie la plus grandiose de l’île. Elle est surnommée "la Perle du Sud" en raison de la beauté de son centre historique où prédominent d’élégants édifices. La grande chanteuse Benny Morré disait « La ville qui me plaît le plus », il est vrai qu’ici tranquillité et propreté sont de mises.

Au centre du parc José Marti, s’élèvent sa statue et l'Arc de Triomphe construction unique à Cuba dédiée à l'indépendance du pays. Le Palais du Gouvernement a vu Fidel Castro inciter le peuple à le suivre dans sa marche triomphale vers La Havane en janvier 59,

Nous traversons des quartiers populaires pour arriver au Cimetière de la Reine, le plus ancien de la ville et le seul à avoir des sépultures dans des niches. Au centre, se dressent de magnifiques pierres tombales, parmi lesquelles une statue dite « La Belle au Bois Dormant », dédiée à une femme de 24 ans décédée d’un chagrin d’amour.

Nous achetons nos billets de bus Viazul pour rejoindre SANTA CLARA. Nous réglons avec des CUC -peso convertible- réservés aux touristes, les locaux utilisant le Peso cubain. Cette double monnaie a été mise en place par Fidel Castro pour remplacer le dollar américain. L’économie est pratiquement toute nationalisée. Les étagères des épiceries, tenues par des commerçants fonctionnaires, proposent une trentaine de produits de base subventionnée par l’état, rationnée et équitable. Pour acheter ces produits de première nécessité, les familles utilisent la "libreta", carnet d'approvisionnement et emblème de l'égalitarisme communiste. "Faire la queue" est le quotidien des cubains dans les magasins et les administrations.

Santa Clara est un lieu incontournable pour l'histoire moderne du pays. Envoyé par le dictateur Batista, le Train blindé fut attaqué et pris par le Che et ses hommes après l'avoir fait dérailler le 29 décembre 1958. Dans les 4 wagons du musée sont exposés des photos, documents et objets.  

Le mémorial du Commandant Ernesto Che Guevara occupe une vaste esplanade. Sa statue en combattant domine sa célèbre devise « Hasta la victoria, siempre !» (Jusqu'à la victoire, toujours !) et le grand panneau rappelle des événements marquants de sa vie. De nombreux effets personnels et documents sont présentés dans le musée,  Sa dépouille et celles de compagnons auraient été retrouvées en 1997 en Bolivie 30 ans après leur mort et transférées ici, Dans le mémorial austère, silencieux et émouvant, ils demeurent pour l'éternité, une flamme éternelle a été allumée par F. Castro.

Le parc Vidal se tourne vers la statue de Marta Abreu, bienfaitrice de la cité. Elle consacra une partie de sa fortune à la construction d’édifices essentiels à la population. Marta Abreu et le Che sont les personnes les plus admirées de la ville.
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24 décembre, nous partons en taxi collectif vers REMEDIOS. Cette bourgade de style colonial est réputée pour être un village tranquille, à l’écart du tourisme. En cet après midi, il y règne une grande animation. Alors que la fête foraine bat son plein, de nombreuses personnes préparent les chars, les autres élaborent agapes et alcool. A 16 h démarre le moment le plus important et attendu par les participants et spectateurs : Les Parrandas. Reconnues patrimoine Culturel de la Nation, elles sont l'un des festivals les plus importants et les plus anciens des Caraïbes.

En 1820, le prêtre local a envoyé des enfants dans les rues avec des cuillères, casseroles et cloches afin d’appeler les paroissiens à assister à la messe de minuit. Cette tradition a évolué pour être aujourd'hui une "bataille" de sons et lumières. La ville se divise en deux groupes, les Carmelitas et les Sansaries. Chacun dévoile ses oeuvres sur la place principale et la fête atteint son apogée avec feux d'artifice, pétards, musique, chaque char brillant d’une multitude d’ampoules. Le ciel, le clocher de l’église, les arbres sont à peine visibles. Nous sommes entourées de fumée, de poudre. La fête continue jusqu'à 7 h 30 le lendemain matin lorsque les deux quartiers revendiquent la victoire. Nous avons pris un énorme plaisir à assister à cette fiesta survoltée et haute en couleurs.  Nous ne voulions rien manquer au milieu de ces gens qui savent faire la fête malgré les litres de rhum ! Cette expérience authentique, angoissante, excitante, effrayante, bruyante, colorée, captivante restera un de nos plus beaux et intenses souvenirs.

C’est avec des embrassades que nous quittons Edouardo et sa famille pour CAMAGUEY classé au Patrimoine Mondial de l'Humanité et surnommé «la ville des églises ».

Nous découvrons : San Juan de Dios et son couvent hôpital, Saint-Christ, la seule à posséder un cimetière lié à ses murs, une forêt de pierres tombales parmi lesquelles le héros indépendantiste Agramonte, Nuestra Señora de la Soledad et sa tour pittoresque, la baroque del Carmen avec sa jolie place embellie des statues de Martha Jimenez. En bronze, elles représentent des personnages marquants de son quartier. Martha Jiménez est une artiste cubaine de renom international. Dans son atelier nous admirons bon nombre de ses œuvres peintures et sculptures. 

Nous prenons et continuerons d’emprunter le taxi collectif. Bien qu’un peu plus cher que le car Viazul, c’est un moyen rapide, chaleureux pour les rencontres entre voyageurs. Il nous prend à l’heure dite devant notre casa et nous dépose à la porte de la suivante : confortable, pas de bagage à porter, ni de négociation ardue pour aller au lieu de résidence. Nos chauffeurs ont tous été prudents, agréables, sérieux, compréhensifs. Des personnes se plaignaient de l’autoritarisme de certains, nous ne pouvons pas aller dans ce sens.

Nous arrivons à SANTIAGO DE CUBA, 2ème ville du pays, fondée en 1514 par Diego Velázquez au bord d'une baie protégée. Elle était la capitale mais La Havane a pris la relève. Berceau de la révolution castriste, elle est aussi une ville culturelle à l’origine de nombreux styles musicaux comme le Boléro ou la Trova.

Le coeur de la ville bat au Parc Cespedes, Cette belle place est un lieu de rendez-vous. On y flâne, se repose en musique à l’ombre des bâtiments coloniaux qui la bordent dont la Cathédrale considérée comme un des joyaux de l'architecture de la cité,

 De la musique résonne, elle vient de La Casa de la Trova, lieu des amateurs de musique cubaine, Nous entrons, savourons ce moment et nous initions à la danse, Les murs de la salle sont couverts de photographies d’artistes célèbres.  Rova, son, mambo, jazz, salsa, cha cha cha…Autant de termes qui définissent des musiques, toutes originaires de Cuba. La musique fait partie de la culture, du matin au soir et du soir au matin s’élève des mélodies. Les cubains chantent dans les moments difficiles, soit tout le temps.

Créé par les espagnols au 17e, les ruelles pentues du quartier de El Tívoli regardent vers la mer.  Nous y errons en profitant des embruns et de la tranquillité, Nous montons un escalier pour rejoindre le Balcón de Velázquez, Cet ancien fort espagnol donne une vue imprenable sur le port et les toits de la ville.

C’est à la caserne de Moncada, le 26 juillet 1953, que Fidel Castro et ses comparses lancèrent la première offensive contre le régime de Batista. Attaque qui se termina par un échec mais qui symbolise le début du mouvement révolutionnaire. Sur l'un des murs de l'ancienne caserne, l'impact des balles est encore visible.

Dans cette ville, le Cimetière de Santa Ifigenia mérite une visite. Il regroupe 10 000 tombes d'habitants et surtout d'illustres personnages de l'histoire cubaine : le héros national José Marti, homme politique, philosophe, penseur, journaliste, poète, Mariana Grajales et Carlos de Céspedes, estimés comme mère et père de la patrie et depuis 2016 Fidel Castro. Ses cendres sont sous un bloc de granit symbolisant la force de la Révolution cubaine. Nous assistons à la relève de la garde, unique cérémonie militaire de ce type dans le pays.  Fidel l’a créée en 2002 pour rendre hommage à son maître José Marti.

Surprenant, nous sommes réveillées par des pleurs de porcs... En sortant de la casa, nous comprenons, ils ont été tués et les voilà embrochés au dessus de la braise. Des dames se font coiffer, des gens poireautent derrière des camions de fruits et légumes…. Et oui, demain, 1er janvier, sont organisées des réunions de famille pour célébrer le 60e anniversaire de la révolution.

Une vieille américaine nous conduit au Sanctuaire de la Vierge de la Charité du Cuivre -édifice religieux le plus connu de Cuba-. Il abrite la Vierge Del Cobre, minuscule statue vêtue de doré, qui fait l'objet d'un culte très important. A l’intérieur une multitude d’ex-votos sont exposés, Ernest Hemingway y a même laissé son Prix Nobel jusqu’en 1986.  Sur les collines d’El Cobre, les mines de cuivre étaient exploitées pendant l’époque précolombienne. Elles ont fermé en 2000.

Nous retenons nos places Viazul pour le 1er janvier direction BARACOA. Des taxis collectifs nous proposent de nous y conduire pour le même tarif. En ce jour de fête, nous pensions que le bus était plus sécurisant. Quand le rhum coule, il coule. Tôt le matin, nous sommes devant le guichet : fermé et on entend : no Viazul to day. Pourquoi ? Haussements d’épaules. Bus en panne, accidenté -nous apprendrons à la Havane l’accident mortel sur cette route-. Les taxis collectifs sont à la fête, ils en profitent car le prix de la veille est doublé.  Hou…. La jeep bondée, nous quittons Santiago en empruntant la route Farola. Sinueuse, elle offre de beaux panoramas sur la mer, la forêt tropicale et apparaît Baracoa dans un milieu exceptionnel. Loin des foules et du bruit, ce village est un secret à bien garder. Première ville fondée par les Espagnols en 1895, les siècles suivants elle devient la plaque tournante de la contrebande, Pour la protéger, des forteresses ont vu le jour.

Bein installées chez Ykira, femme chaleureuse, indépendante, déterminée, excellente cuisinière, nous partons découvrir cette ville. La Cathédrale doit sa notoriété à une fameuse croix, la  Santa Cruz de la Parraque, que Christophe Colomb a planté en découvrant les lieux en 1492. Les rues sont fréquentées par des musiciens et danseurs rassemblant les visiteurs. Alors que des paysans proposent des cucuruchos faits à base de noix de coco emballés dans une feuille de palmier, des arômes de La Casa del Cacao nous chatouillent le nez. Impossible de ne pas y déguster un chocolat chaud délicieux. Dans une telle ambiance, il faut prendre son temps pour profiter du moment. 

Les toits de la ville font une palette de couleurs posées devant le ciel et la mer.  La promenade sur le Malecon nous permet d’en prendre plein les yeux mais attention aux vagues... si on tient à rester sec. Nous sommes trempées mais le soleil est notre allié pour le séchage.

Sur les conseils d’Ykira, nous rejoignons Yumuri à une trentaine de kilomètres. La route verdoyante est très agréable. Nous ferons halte à la Finca Las Mujeres où, pour la 1ère fois, des cacaoyers se dévoilent à nous avec leurs cabosses pleines de merveilleux grains. La famille, porte-étendard de la tradition cacaotière, détaille les phases de la culture jusqu’à la fabrication du chocolat. Nous goûtons les grains à chaque étape. Quel beau et bon moment. Les migrants français se sont lancé les premiers à la production de cacao. Après bien des difficultés, et suite à la Révolution en 1959, il redevient un produit central de la région. De fins chocolatiers viennent y chercher leur matière première.

Nous arrivons à Boca de Yumurí où vit une petite communauté de pêcheurs. Avec Galy, notre guide, passionnée de plantes médicinales, nous marchons dans la montagne pour les découvrir. Elle nous explique les bienfaits de ces végétaux et nous présente les polimitas genre d’escargot endémiques de l’île. A l’embouchure du Río Yumurí aux eaux transparentes, nous naviguons dans le canyon et nous régalons des paysages. Sur la petite île de las Almendras, des colibris virevoltants se présentent, nous tentons d’apercevoir le Tocororo emblème national que nous entendons sans le voir. Galy nous émeut en interprétant une chanson accompagnée des seuls chants d’oiseaux. Dans toute sa simplicité, que la vie est belle.

Le cœur serré, nous quittons Baracoa mais aussi Ykira, son sourire et sa gentillesse. Avec une jeep hors d’âge, un chauffeur un peu fou fou, une piste défoncée par les ouragans, nous fonçons vers MOA. Nous changeons de véhicule, de chauffeur et la route s’améliorant, nous arrivons à HOLGUIN troisième province avec plus d'un million d'habitants.

Dans le quartier historique l’Église San José, emblématique de l’époque coloniale, avait des fonctions de défense, elle dominait la ville.

Nous grimpons les 458 marches jusqu’à Loma de la Cruz. Grâce à son altitude, elle était l’un des points stratégiques pour la défense de la ville. Elle doit son nom à la croix en bois qu’un prêtre franciscain y a installée en 1790 espérant la fin de la sécheresse.

Pour continuer notre périple, un taxi collectif nous conduit vers la belle SANCTI SPIRITUS dont le centre historique a conservé ses façades pastelles et ses grilles en fer forgé. Une belle église bleue Parroquial Mayor surplombe la plaza Honoratol, ancien lieu des pendaisons publiques. Elle est la plus ancienne de l’île et est un des joyaux de style roman et baroque,

En vagabondant à travers de très jolies rues pavées, nous atteignons le pont del Río Yayabo symbole du patrimoine de la ville, il ressemble à un pont médiéval.  Un mythe dit qu’il a été fait avec du lait de vache pour humidifier le mélange de chaux et de sable, à la place du ciment. C’est pourquoi il aurait résisté à près de 2 siècles.

Nous nous arrêtons dans une école avec un accueil souriant. Les enfants et étudiants portent un uniforme fournit à un prix bon marché.  Il est surprenant que ce pays ait réussi à développer un système éducatif d’une excellente tenue alors que l’île bénéficie d’un accès restreint aux fournitures élémentaires et aux outils informatiques. Cuba conçoit l’accès à la culture comme droit humain fondamental selon les principes de José Marti.

Nous n’oublierons pas notre chambrette chez la super Mercedes et son mari.  Ils nous ont accueillies comme des membres de la famille. Certes le logement était minimaliste mais la chaleur de ce couple valait un 5 étoiles.

Le salaire moyen cubain étant de 20 CUC, jeunes et vieux sont dans l’obligation de trouver des petits boulots. Pratiquement tous les cubains vivent grâce au lucha -marché et travail au noir- et à l’art de la débrouille. Les "casas particulares", sortes de chambres chez l’habitant, se sont développées car il est désormais possible d’accueillir des étrangers. C’est une belle occasion de découvrir le mode de vie et la cuisine cubaine.

C’est dans la VALLEE DE LOS INGENIOS que les sucreries se sont développées et ont assuré la prospérité de Trinidad jusqu'au 19ème. La canne à sucre c’est toute l’histoire de l’esclavage et aussi la fortune de Cuba.  Les haciendas en sont la mémoire.

Sitio Guaimaro est bien conservée avec son mobilier authentique et ses tableaux d'origine peints directement sur les murs. Elle est la seule à disposer d’une chapelle. Sur la terrasse, le propriétaire dominait son domaine en épiant le travail des esclaves et domestiques.

Autre hacienda, Manaca-Iznaga, Sa tour de 50 mètres permettait la surveillance des 12 000 esclaves africains travaillant dans les champs. Par un étroit escalier de bois nous sommes montées pour découvrir la campagne environnante, Cette maison a conservé un dernier moulin à cannes à sucre en état de marche.  Autour se tient un marché artisanal où sont vendus des tissus brodés devant nous.

San Isidro de los Destiladeros révèle la prospérité de ses propriétaires alors que de l’autre côté des cellules hébergeaient les esclaves.  Il reste les vestiges du système hydraulique, sa fonction étant de canaliser les eaux du ruisseau qui alimentait le processus. Le lieu va devenir un "musée à ciel ouvert » consacré à l'industrie du sucre.

P1060303Voulez-vous faire un bond en 1850 ? alors rendez-vous à TRINIDAD, troisième cité fondée par Velázquez. Son riche passé colonial, et son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco, lui ont permis de garder son caractère authentique. Les maisons colorées donnent une atmosphère unique et les calèches circulant sur ses rues pavées créent un agréable fond sonore.

La Plaza Mayor, coeur historique, constitue l'un des ensembles les plus homogènes de la période coloniale. Elégante, elle concentre les belles demeures édifiées par les grandes familles locales. Ah, la Casa de la Musica, des concerts de musique s’y produisent tous les soirs. Bien que très bruyant, c’est un excellent moyen d'avoir un avant-goût de la culture musicale mais…. pour dormir il vaut mieux prévoir les bouchons d’oreilles. 

Pour découvrir la vraie vie, nous nous éloignons du centre touristique, Dans un joli décor et en toute simplicité, les enfants jouent dans la rue, les femmes se font belles en portant de gros bigoudis, les autres vaquent à leur occupation.

Un petit cuicui émane d’une maison et on remarque un oiseau en cage protégeant le logis. Animal de compagnie ou porte-bonheur, de nombreux cubains se promènent une cage à la main. 

Lorsqu’ils ne travaillent pas, ils se balancent dans leur rocking-chair ou s’adonnent à leur passion. Le base-ball, sport national, est suivi de près par les dominos joués partout sans oublier les jeux de dames et les centres de boxe dont celui de Rafael Trejo, lieu d’entraînement de l’équipe de France.

En voiture puis en camion, nous arrivons dans la région de VINALES classée au patrimoine mondial de l’Unesco.

La première ressource du pays est le tourisme, suivie de la canne à sucre et des cigares, les meilleurs du monde !  C’est à Viñales, village tranquille, accueillant, au charme bucolique que se trouvent les meilleures plantations de tabac. Il révèle aussi de beaux paysages parsemés d’emblématiques mogotes couvertes de végétation luxuriante. Fruit d’une lente érosion, les mogotes aux formes étranges sont apparues après l’effondrement de grottes creusées par l’eau.

Yanelky, anticipant nos souhaits, a réservé pour le lendemain un guide parlant français.  Sur la terre rouge très fertile, nous marchons approcher ces merveilles et découvrons les plants de tabac, les petites maisons de bois appelées bohíos, les greniers où sèchent les feuilles de tabac. Le travail est manuel de l’encensement à la récolte. En janvier, les hommes prélèvent les fleurs de tabac afin que les feuilles grossissent. Dans une ferme, un paysan nous fait goûter le rhum de goyave, hou…. Dans une autre, ce sera la fabrication des cigares. Après la récolte, dont 90 % revient à l’état, le séchage et la fermentation, les feuilles sont triées selon leurs types, assemblées et roulées à la main avec des gestes précis, le but est d’obtenir des cigares homogènes. Un bon cigare demande 20 minutes de préparation.  On nous propose d'y goûter et, en copiant le Che, nous le trempons dans du miel.  La vallée de Vinalès restera un grand moment.

Le Mur de la Prehistoria, plutôt moche, est une grande fresque de 120 m à même un mogote. Commandée par le régime castriste, cette peinture avait pour but de représenter l’évolution de l’île.

Le samedi soir c’est la fête. La rue principale se transforme en discothèque pour le bonheur des locaux et des visiteurs. On y mange, danse en savourant un délicieux cocktail cubain. Le lendemain, c’est jour de nostalgie, nos 5 semaines cubaines s’achèvent en beauté : Yanelky nous a préparé une langouste que nous dégustons sur la terrasse de notre chambre en contemplant les mogotes.

Nous nous sommes émerveillées mais nous avons surtout rencontré un peuple chaleureux et des voyageurs conviviaux. Cette expérience nous rappelle combien la solidarité entre humains est importante. Nous reprenons les paroles de Coco artiste peintre : « vous êtes en vacances, ne vous préoccupez pas de notre situation car vous allez devenir folles, par contre profitez de tout et incitez votre entourage à venir nous voir », Nous avons suivi ses conseils et vous les transmettons, Alors à l’avance : bon voyage,

  • Marie-Claude Burge (72)
jeudi, 01 août 2019 14:41

Bonjour de Hong Kong

Bonjour de HK

Les magasins d’articles de luxe ont des entrées en marbre, de larges vitrines brillantes pleines de montres grosses comme des soucoupes ou de lourds bijoux d’or, d’argent ou de jade.

Les mêmes marques bien connues se répètent dans chaque grande avenue, beaucoup d’autres dont je n’ai jamais entendu parler aussi.

Les boutiques de fringues ou de chaussures ou supermarchés, plus classiques, vastes comme un hall de gare sont plutôt en sous sol, ou alors au premier, avec escalator quand même. Ces grandes boutiques rutilantes semblent vides, bizarrement avec beaucoup de personnel en uniforme. Les larges portes ouvertes dégagent sur le trottoir une bouffée de climatisation glacée.

Qui achète ? On ne peut que penser : des chinois, des asiatiques certainement puisque les visages européens sont rares, juste quelques familles ...

Du trottoir on ne perçoit pas le gigantisme des immeubles, il faut pour cela être sur les promenades de Victoria Beach, au deuxième étage des bus ou bien franchement en hauteur sur le Victoria Peak où la vue est extraordinaire, ou bien de nuit sur une terrasse, un des fameux roof-top !

Le Sky Line s’étale en largeur, reflété dans l’eau de la baie où avance lentement une jonque de carte postale. Ce paysage, entouré de montagnes molles et verdoyantes, n’a rien d’agressif, ni d’arrogant. Les buildings sont là simplement, certains très beau reflètent le ciel, d’autres jouent l’originalité, les lignes un peu étranges, de légères courbes, des teintes vertes, des reflets vernissés. De jour ou de nuit c’est un paysage agréable. Les bus à deux étages qui sillonnent les avenues, le petit tram étroit également à deux étages et le funiculaire, bien caché dans la verdure, tous avec leur look English début XX ème savamment décoré moderne, ont quelque chose de familier et de tranquille.

La foule des trottoirs n’est pas si compacte que prévue, pressée ou jeune et oisive, toujours en pleine conversation au portable bien sûr ... il faut être vigilant, slalomer et bien sûr respecter les feux, et les passages souterrains obligatoires, comme tout le monde ici !

Sur Nathan road, la grande avenue de Kowloon, à chaque carrefour, des pakistanais ? proposent furtivement des cartes et chuchotent : « Rolex, Rolex, costume, tailleur. ». De pauvres chinoises édentées fourguent des prospectus pour des massages ou des restos.

J’ai choisi pour les trois premiers jours, le logement le moins cher et le plus central, Chungking Mansions, que le routard qualifie de « style tour infernale » : un gigantesque rez-de-chaussée où l’on accède par une longue et large entrée (il faut laisser aux belles boutiques l’espace sur rue sur cette grande avenue) et six ou sept blocks de 17 étages, entièrement dédiés aux locations de centaines de mini chambres et mini apparts. Le rez-de-chaussée est un bazar indien, ou pakistanais, la clientèle est masculine rarement européenne, souvent indifférente et quelquefois cordiale. On zigzague entre les étals de curry et de gâteaux orientaux, de multiples déballages de téléphones portables, d’austères officines de change et d’épiceries bourrées jusqu’au plafond. Etonnant au début...et puis, apostrophé toujours par les mêmes qui proposent des cartes SIM ou des currys, on s’habitue à rentrer dans son chez-soi. La chambre est minuscule, huit mètres carrés peut-être, WC-douche compris, c’est propre, pas de bruit et il y a une fenêtre, alors ! Idéal pour aller à pied sur les promenades de la baie et pour rejoindre les ferrys pour Central, c’est à dire pour Hong Kong. En fait nous sommes à Kowloon, en face de l’île de HK.

> François Brun (75)

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