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Carnet de route au Népal

L'autre Népal mon paradis « partagé »

C'est en mai 2004 que mes pas m'ont menée pour la première fois jusqu'à Bethani dans le village de
Takurdwara, en bordure de la zone forestière de Bardia, dans la plaine du Teraï. C'est un coin de nature où l'ethnie Tharu vit simplement, loin de l'activité et du bruit de Katmandou et où l'action locale de préservation de la faune et de la nature est très présente.

Le Parc National de Bardia

À Bethani, j'ai été accueillie chaleureusement par toute l'équipe du Racy Shade Resort, petit lodge situé à proximité de l'entrée du Parc National de Bardia. L'engagement de Shreedhar Pokharel et de Christophe Bouchoux, ses directeurs, pour la protection des tigres du Bengale du parc et pour le développement économique et écologique de cette région excentrée m'a incitée à rester plus longtemps avec eux. Pas nécessaire d'être scientifique ou politicien pour participer à la protection de ces tigres, il suffit de s'y intéresser et d'agir.

Il y avait 100 000 tigres divisés en 8 sous espèces dans le monde en 1900 ; 3 500 seulement subsistent de nos jours et 3 sous espèces ont disparu. Aujourd'hui, dans le parc de Bardia, on dénombre 36 tigres reproducteurs. C'est un écrin de nature incroyablement préservé sur les anciens territoires de chasse de la famille royale népalaise. La vie animale y était abondante autrefois et la population humaine peu nombreuse en raison des épidémies de malaria. Après les années cinquante, une campagne d'éradication de la malaria permit l'établissement de populations mais la faune sauvage diminua tant qu'il fallut créer une réserve, d'abord de 350 km² puis étendue, en 1985, à près de 1 000 km².

Au travers d'excursions à pied, à dos d'éléphant, en raft et en jeep, on peut explorer la nature et découvrir un écosystème complet. Le Népal est le seul pays qui permette la marche dans la jungle en territoire de tigres et c'est dans cette région qu'on a le plus de chance d'observer la "vraie vie sauvage". Pourtant peu de voyageurs viennent jusque-là. La jungle est habitée par quatre espèces de cervidés, deux de singes, des crocodiles, des loutres, des pythons, des rhinocéros unicornes, des éléphants d'Asie, des léopards, des tigres et des centaines d'espèces d'oiseaux. Des spécialistes, natifs des villages en bordure du parc, entraînés et diplômés, nous guident dans la jungle. Ils connaissent les animaux, les signes, la flore, les territoires et tout ce qui est nécessaire pour vivre une incroyable expérience avec les meilleures garanties de sécurité. Et, lorsqu'après trois heures de traque et d'affût, vous restez "scotchés" devant un jeune tigre qui traverse la rivière, tout doucement à quelques dizaines de mètres, c'est un sentiment de "petitesse", d'humilité et d'admiration qui vous coupe le souffle !

La population, quant à elle, survit essentiellement grâce à l'agriculture. Les gens sont démunis et cherchent dans le parc national, malgré les interdictions, ce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter : bois, plantes, viandes, poissons. La proximité entre l'activité agricole et la présence d'animaux sauvages est génératrice de problèmes : les herbivores mangent les récoltes et les tigres tuent les animaux d'élevage.

Une situation complexe avec d'un côté, un superbe parc national plein de merveilles qui peut disparaître si l'on n'y fait pas attention et, de l'autre, des gens avec un niveau de vie très bas.
À Bardia, on a compris que la conservation de la nature n'est envisageable qu'avec l'implication des populations locales. Et cette implication ne s'entend que si ces populations tirent un bénéfice du parc national. C'est ainsi qu'a été créé "Le système des zones tampons", système qui existe pour chaque parc national au Népal.

Le système des zones tampons, un système fait par et pour les locaux

Les villages situés directement autour du parc national sont regroupés en une association, elle-même divisée en plusieurs associations de zone, dirigées par les locaux. Ceux-ci décident et votent les projets communautaires : gestion de l'eau, de l'éducation, de l'agriculture, programmes sanitaires...
Le dispensaire du village a été financé et construit localement, ainsi que des écoles privées, des ponts, des canaux d'irrigation...
Chaque association possède une forêt communautaire où les locaux prélèvent ce dont ils ont besoin afin d'éviter qu'ils se servent à l'intérieur du parc.
Cela nécessite une gestion stricte pour l'entretien de ces forêts. La moitié des droits d'entrée du parc va à ces associations de la zone tampon. Les villages comprennent ainsi que la nature est plus bénéfique dans son intégralité que braconnée. L'autre moitié sert à la conservation de la nature et aux coûts de fonctionnement de l'administration du parc.

Là-bas, j'ai pu apprécier un retour à des valeurs simples et élémentaires, un vrai contact avec les Népalais au travers des balades, des discussions, des jeux, j'ai rencontré des enfants avides d'apprendre, des sourires permanents, des yeux curieux et rieurs, la simple envie de partager, un petit paradis, le meilleur des antistress...
D'ailleurs, j'y retourne régulièrement.

Texte et photos: Josiane Gares (95)

> Où loger
Racy Shade Resort
Takurdwara 5, Bardia, Népal
Tél. : 00977 84 690486
Compter 15 € par nuitée.
Accès en bus, depuis Katmandou (600 km vers l'ouest, compter 12 h de trajet) ou Pokara (en direction du sud, puis vers l'ouest), jusqu'au petit village d'Ambassa sur la Mahendra Higway.
Depuis Ambassa, une piste de 13 km vous mène jusqu'à Takurdwara (Bethani), à l'entrée du parc.
Plusieurs avions desservent Nepalgunj depuis Katmandou. De là, il reste 80 km pour atteindre Ambassa.
> Saisons favorables
mars/avril/mai et octobre/novembre
> Températures
Maximum en juin : 42° C
Minimum en décembre : 8° C
> Culture
Région habitée par l'ethnie Tharu, "le peuple de la forêt"
Culture artisanale très présente (maison typique, potier, tailleur...)
> Agriculture
Riz, blé, élevage, pêche
Santé
Pas de vaccin obligatoire
Traitement antipaludéen conseillé
Entrée du parc national : 10 €
www.racyshaderesort.com 



Un matin à Katmandou

L’automne dernier j’ai parcouru l’Asie, de la Chine jusqu’en Inde.

Un matin de novembre, je me suis trouvé à Katmandou, au temple de Pashupatinath. C’est l’un des lieux les plus sacrés de l’hindouisme. Il est consacré à Pashupati, une incarnation du dieu Shiva, protectrice de tous les êtres vivants.

Npal3Cet ensemble de temples en bois et en pierre est construit sur les rives de la petite rivière Bagmati. Comme Varanasi en Inde, ce lieu est imprégné d’un mysticisme et d’une transcendance que l’on éprouve rarement en Occident.

Il était sept heures du matin, le soleil s’était à peine levé. La première lumière de la journée, propre, vierge, invite la vie à se réveiller, ici plus calmement et respectueusement qu’ailleurs.

Les sons se distinguent clairement dans la sérénité environnante : les pas lourds des vaches errantes sur le pavé, les conversations matinales des oiseaux, le son lent et fort des cloches qui imposent la concentration.

J’ai suivi l’allée qui descendait à la rivière. Partout, on pouvait voir des singes qui couraient nerveusement dans toutes les directions, parfois même avec leurs bébés accrochés sur le dos. J’avais une pomme avec moi, je voulais la partager avec eux. Le singe le plus proche est devenu fou à la vue du fruit. Sans hésitations, sans négociations, il s’est dirigé vers moi et m’a enlevé la pomme avec ses mains agiles de petit voleur. Respectés comme des dieux ici, nos cousins se croient les vrais maîtres du lieu.

En arrivant à la rivière, j’ai contemplé la vue des pagodes en bois qui s’élèvent sur la rive droite, interdite aux non-hindous. Au milieu, le toit doré du grand temple Pashupatinath, quel bel équilibre entre mesure et majesté ! En bas de ces édifices, se dressent les ghats, les escaliers qui amènent le croyant à la purification des eaux sacrées de la Bagmati. Cet endroit, ces gestes sont investis d’une importance que nous, on ne saurait peut-être jamais sentir vraiment. Cette petite rivière, sale, verte, coule là au milieu, comme une barrière à la fois réelle et symbolique imposée aux esprits qui ne sont pas prêts à comprendre.

J’essaie de la franchir avec l’œil. Assis sous une chapelle, j’observe l’autre côté, un autre monde, tout nouveau et séduisant, et pourtant avec des sens familiers. Je me perds et je me retrouve dans cette étrange scène de l’existence.

Les fidèles qui s’approchent pieusement de la rivière pour remercier pour l’eulogie de la vie. L’eau qui bénit, qui donne la vie, qui amène aux dieux les prières et les offrandes.

Npal1Les sadhus, ces figures ascétiques, vêtus en rouge et orange, à la recherche d’une existence au-delà du présent.

Juste à côté, un corps, enveloppé dans un tissu blanc, posé sur le ghat, les pieds dans l’eau. Ses proches le préparent minutieusement pour son départ de ce monde.

Ils le couvrent de colliers de fleurs et de mantras, des prières pour la suite de son voyage dans le temps.

Néanmoins, la mort prend le visage de sa veuve dévastée, qui en larmes, lui caresse le visage pour la dernière fois.

C’est elle qui allume le bûcher funéraire. C’est la fin.

L’eau emportera les cendres du défunt vers une autre vie.

Et le monde continuera son cycle en sérénité, comme le cours de la Bagmati…

Nikos Thomopoulos
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