Carnets de route
Guatemala 2015
J’ai séjourné au Guatemala du 3 au 27 novembre 2015, donc juste avant le début de la haute saison touristique.
< La météo que j'ai eu
Bonne dans l’ensemble, un temps printanier mais avec quand même pas mal d’épisodes pluvieux (surtout en fin d’après-midi). La saison des pluies était censée être terminée depuis plusieurs semaines, mais le phénomène climatique El Niño, qui affecte en 2015 sévèrement toute l’Amérique latine, bouleverse quelque peu les calendriers climatiques.
< Mes coups de coeur
Pas de gros coup de cœur dans ce pays, mais ce séjour a été globalement très agréable et au final j’ai bien apprécié mes 3 différentes étapes (Quetzaltenango, San Pedro la laguna, Antigua) et j’ai été très satisfait des cours particuliers d’espagnol que j’ai pris à Quetzaltenango et à San Pedro la laguna (même si c'était parfois un peu barbant d'apprendre tous les jours les verbes irréguliers, le passé simple, l'imparfait et le futur...).
< Ce que j'ai moins aimé
Peu de choses. La forte pollution des gaz d’échappement, due au fait que les véhicules (automobiles, bus et camions) sont anciens et que manifestement l’entretien des moteurs laisse à désirer (cf. les épaisses fumées noires qui s’échappent régulièrement des pots d’échappement). J’ai moyennement apprécié aussi le fait de devoir se faire systématiquement accompagner en randonnées par un guide voire par la « police touristique » (policiers armés chargés d’assurer la sécurité des touristes), car dans ce pays pauvre les rackets de touristes (avec menace de couteau, machette ou revolver) sont assez fréquents dès lors qu’on s’éloigne des centre-ville et des zones touristiques. Mais si on fait un peu attention, tout se passe très bien !
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< Ce que j'ai mangé
La nourriture au Guatemala est assez proche de la nourriture mexicaine (on trouve très souvent des tacos mexicains), mais en moins savoureux et en moins varié. Dans les villes touristiques le choix est plus important, en particulier à Antigua où l’on trouve toutes sortes de restaurants étrangers et de salons de thé bien garnis en pâtisseries...
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
J’ai décidé de faire l’impasse sur les fabuleuses ruines Mayas de Tikal, car cela m’aurait obligé à faire un très long trajet vers le nord-est du Guatemala, et comme d’une part j’étais un peu fatigué des longs trajets en bus, et que d’autre part j’avais déjà vu beaucoup de très belles ruines Mayas au Mexique, alors j’ai décidé que Tikal ce serait pour une autre fois. Si je retourne au Guatemala, j’essaierai de faire des randonnées du côté des montagnes de Nebaj et Coban. La zone frontalière montagneuse Guatemala – Honduras est aussi très belle paraît-il. J’essaierai également de gravir le célèbre volcan Santa Maria près de Quetzaltenango. Au lac Atitlan j’irai dormir 2 ou 3 jours à Panajachel histoire d’admirer de magnifiques couchers de soleil. Toujours au lac, j’irai passer quelques jours à San Marcos La Laguna, la ville hippie (yoga, méditation...) mais qui est très petite donc on peut rapidement s’y ennuyer si on n’y va pas pour quelque chose de précis.
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< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre dans ce pays
Le Guatemala possède des frontières avec le Mexique et le Bélize (au nord), et avec le Honduras et le Salvador (au sud). Concernant les formalités d'immigration : il n’y a pas d’obligation de visa pour entrer au Guatemala. Le passeport est bien entendu obligatoire. Pour ceux qui souhaitent visiter plusieurs pays d'Amérique centrale, vous disposez de 90 jours d'autorisation de séjour à partager entre les pays suivants : Nicaragua, Guatemala, Salvador, Honduras, soit par exemple 30 jours au Guatemala, 30 jours au Salvador, 15 jours au Honduras et 15 jours au Nicaragua, ou 90 jours au Guatemala etc. Au-delà des 90 jours, il faut soit se rendre au bureau de l'immigration d'un des pays pour prolonger l'autorisation de séjour moyennant des frais qui diffèrent selon les pays, soit sortir des pays précités pour un pays limitrophe (le Mexique ou le Costa Rica) et revenir pour obtenir une nouvelle autorisation de séjour de 90 jours.
Le Guatemala est un pays facile à visiter en mode sac à dos. Attention, la capitale Guatemala city est réputée pour être une des capitales les plus dangereuses d’Amérique latine.
< Concernant les passages de frontière terrestres depuis / vers le Guatemala :
Bien se renseigner à l’avance sur ce qu’on est censé payer ou pas lors du passage de frontière, car il n’est pas rare que certains douaniers essaient de se mettre quelques billets dans la poche. Moi je n’ai rien payé pour sortir du Mexique (contrairement à plein d’autres voyageurs qui ont dû s’acquitter de 300 pesos = 20 euros) mais j’ai payé 10 quetzales pour entrer au Guatemala (pour 1,5 euros je n’ai pas cherché à polémiquer avec le douanier). Apparemment la meilleure astuce pour contrer ces tentatives de racket est de dire gentiment au douanier qu’on veut bien payer, mais seulement s’il nous délivre un reçu officiel (en espagnol cela donne « OK pero dame un recibo de lo que voy a pagar. »). Pour changer des devises, si vous franchissez la frontière terrestre depuis le Mexique, par exemple à La Mesilla, n'hésitez pas à changer vos Pesos Mexicains auprès des changeurs qui traînent autour du bureau de l'immigration guatémaltèque, le taux sera bien meilleur qu'une fois à l'intérieur du pays.
Pour les transports, on a le choix entre des mini bus pour touristes ou les « chicken bus » qui sont d’anciens bus scolaires américains qui ont été reconvertis en bus publics : ambiance locale garantie ! En arrivant du Mexique en autocar, en général les autocars s'arrêtent à la frontière (sauf les compagnies de luxe), vous devrez donc la passer à pied pour reprendre un bus dans le pays suivant.
On trouve des hébergements pour tous les budgets, il y a aussi des auberges de jeunesse avec dortoirs, mais le couchsurfing n’a pas fonctionné pour moi dans ce pays.
Pour téléphoner, on peut acheter pour pas très cher une carte SIM guatémaltèque prépayée.
< Apprendre l’espagnol au Guatemala
Le Guatemala possède de nombreuses écoles d´espagnol, et le pays est réputé pour être un des pays les moins chers pour apprendre l’espagnol (par exemple pour moi mes cours particuliers ne me coûtaient que 25 questzales de l’heure, soit 3 euros !). Moyennant un supplément (peu cher) versé à l’école de langue, celle-ci peut vous trouver une famille d’accueil qui vous hébergera et vous nourrira pendant toute la durée de vos cours d’espagnol. Je n’ai pas choisi cette option car j’avais déjà eu ma dose d’hébergement chez l’habitant grâce au Couchsurfing au Mexique, et j’ai donc choisi au Guatemala de dormir dans des petits hôtels bon marché.
< Le mot de la fin...
J’ai bien aimé le Guatemala, même si ce pays comporte moins de choses spectaculaires à voir et à faire que le Mexique ou la Colombie par exemple (si l’on excepte les majestueuses ruines Mayas de Tikal). C’est un peu comme le Laos, quand on compare ce pays d'Asie du sud-est à la Thaïlande et à la Birmanie. L’accueil de la population au Guatemala est tout à fait sympathique et c’est le pays qui offre le meilleur rapport qualité / prix en Amérique latine pour prendre des cours d’espagnol.
< Frédéric http://fredalaventure.blogspot.fr
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Voyage Guatemala du 24/04/2009 au 16/05/2009
Introduction :
Le Guatemala est un pays très peu touristique, d'où l'accueil, la curiosité, l’ouverture d’esprit et la gentillesse naturelle des habitants. Dans certaines régions, les derniers massacres perpétrés en 2006 ont marqué les esprits et une atmosphère étrange y est encore palpable. Les diversités de climats et de paysages rendent ce pays très attrayant et n’importe quel voyageur quelque soit ses goûts y trouvera un paysage magnifique. Cela sans compter les milliers d’oiseaux, d’animaux et de fleurs qui embellissent les découvertes du quotidien.
- transport: utiliser les minibus, impec rapport qualité/prix et on en trouve partout et à toutes les heures. Les trajets ne sont pas longs car le pays est assez petit (2h en moyenne entre les villes). Vous pouvez tenter aussi les « chiken bus » en ville pour faire un truc "typique"
c'est les gros bus jaunes (ancien bus scolaires américain) qui puent, polluent et roulent à 2à l'heure mais sont vraiment pas chers. Je vous déconseille de louer une voiture. On a fait un peu de stop et tombées à chaque fois sur des gens supers sympas.
- hôtels prix moyen 50 Quetzals/pers (hors période estivale bien sur).
Ville départ =) ville arrivée : durée du trajet et mode de transport / prix par personnes en Quetzal.
**Guatemala City:
Je ne conseille pas d’y rester, très grosse ville très polluée et sans intérêt. Il vaut mieux se rendre directement à Antigua qui n’est qu’à une heure de trajet (40km) et accessible même tard le soir il y a des taxis qui partent de l’aéroport.
Guatemala City =) Antigua: 1h en taxi / 160Q
Festival ABM-Le Mans Février 2012
L’antenne ABM le Mans recherche des conférenciers présentant diaporamas, films, récits de voyage pour son 13ème Festival du Voyageur Amateur.
Ce festival aura lieu les 3, 4 et 5 février 2012.
Nous disposerons de trois salles de projection.
Le dernier festival a réuni plus de 1500 visiteurs sur les trois jours.
3éme forum à Niort
3è Forum des 12 et 13 mars 2011 « Voyager autrement, mode d’emploi »
Nous avons accueilli de nombreux passionnés du voyage, à pied, à cheval, voyageurs au long cours…
Les rencontres, les échanges, et la convivialité étaient de nouveau au rendez-vous pour notre forum.
Un grand merci aux participants et visiteurs et, bien sûr, rendez-vous en 2012 pour notre 4è forum !
Concours photo festival des Globe-Trotters 2011
Concours photos Festival Globe-Trotters2011
Thème: Les modes de transport insolites.
"Vous aussi vous avez rêvé de survoler le Sahara sur le tapis d'Aladin, vous avez souhaité traverser le monde à dos d'éléphant, en montgolfière ou en paquebot comme Philéas, vous avez rejoint une famille indienne à bord d'un rickshaw ou encore circulé sur le toit du bus...
Alors, oui ce concours photos est pour vous.
Quelle que soit votre expérience, elle nous intéresse!
Faites nous découvrir par vos images les modes de transport insolites observés, ou encore mieux, empruntés lors de vos voyages!"
REGLEMENT CONCOURS PHOTOS – ABM FESTIVAL DES GLOBE-TROTTERS
A l’occasion du Festival des Globe-Trotters, les 24 et 25 septembre 2011, ABM organise un concours photos ouvert à tout adhérent à jour de sa cotisation.
Ce concours sera sur le thème suivant ; "Les transports insolites".
Modalités de participation :
Les participants devront envoyer ou déposer dans une grande enveloppe :
a) Un à trois tirages papier (taille maxi A4 ou 20 X 30) montés sur passe-partout blancs ou crème dont la taille extérieure doit être 30 X 40. Toutes les photos ne respectant pas ces conditions seront d’office refusées.
b) Chaque tirage doit comporter le nom du candidat et le titre de la photo.
c) Une note clairement écrite comportant les coordonnées, le mail du candidat, les numéros et titres des photos.
d) Un CD ou clé USB contenant les fichiers en JPEG 72 DPI – 1024 X 760.
e) Une enveloppe suffisamment affranchie à l’adresse du candidat afin de lui retourner ses images par voie postale s’il ne peut pas les récupérer à la case.
Le participant garantit qu’il est titulaire des droits liés aux images présentées et que celles-ci sont libres pour éventuelle publication sur le site d’ABM et dans le magazine Globe-Trotters.
Les envois ou dépôts se feront à l’adresse suivante :
ABM - 11 Rue de Coulmiers 75014 PARIS.
Dernier délai : 10 septembre 2011– tout retard peut être cause de non-acceptation.
L’envoi du dossier complet avant le 10 septembre vaut acceptation du présent règlement.
Un comité de sélection composé d’adhérents d’ABM et extérieur vérifie le respect des conditions de participation, retient le nombre d’images pour l’expo en rapport avec les possibilités d’accrochage.
Les critères de sélection sont : respect du thème – respect du format - qualités techniques et esthétiques – sens ou originalité.
Les photos non-retenues ne seront pas exposées et publiées mais seront remises à la disposition du candidat.
Les photos des membres du comité de sélection ne peuvent être acceptées mais peuvent être exposées hors concours.
Les trois lauréats de l’année sont désignés par le vote du public.
Les résultats sont proclamés le dimanche vers 17 h dans l’amphithéâtre.
Les images des lauréats sont publiées sur le site ABM et dans le magazine Globe-trotters ; éventuellement un lot peut être remis à chaque gagnant (selon les possibilités avec les partenaires).
Rayo de sol
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Au cours de son périple elle pose son sac 6 semaines pour vivre dans un bidonville d’Aréquipa au Pérou.
Bouleversée par la misère, elle n’oubliera jamais. A son retour, l’association bambins des bidonvilles voit le jour pour venir en aide aux enfants et mamans de la misère.
Quelques mois plus tard, une cantine ouvre ses portes
• 2007 : Rayo de Sol sort de terre abritant une cantine et une crèche qui nourrit chaque jour 100 enfants de 6 mois à 14 ans.
Pour récupérer des fonds tous les moyens classiques sont mis en œuvre.
Comment leurs donner les moyens de vivre seuls ? d’atteindre l’indépendance financière ?
• 2009 les choses s’accélèrent ; un autre bâtiment se construit. avec un gîte et une boulangerie française
• Jeudi 5 mai 2011 Rayo de sol sera en fête et inaugurera la boulangerie.
Sentez vous l’odeur des petits pains Pozzo, des baguettes toutes chaudes et des croissants croustillants qui depuis 8 jours sortent du four ?
Avec votre aide et celle de tous …tifrance souhaite poursuivre sa route sur Lima pour un nouveau projet
voyages solidaires au Pérou et dans toute l’Amérique latine… pédalage autour du lac Titicaca… treks sympas dans la cordillère blanche.
Je vous attends. www.bambinsdesbidonvilles.org
marie-france coudurier (alias tifrance)
Carnet de route en Ethiopie
Ô ! ĒTHIOPIE !
DU 09 AOUT AU 09 SEPTEMBRE 2011
Terre de forts contrastes, l'Ethiopie demeure un pays fascinant. Depuis la haute antiquité elle fascine les esprits avides de découvertes. Elle abrite en son sein plus de 80 peuples distincts qui ne cessent d'étonner et d'interpeller le voyageur. Pour lui, un rude parfum d'aventure se transforme rapidement en sensations fortes. Les ethnies aux structures tribales, extrême variété de populations, perpétuent des structures sociales et des croyances ancestrales aux mystères insondables.
Un exemple d'étonnement mystérieux parmi d'autres !
A l'est du pays, la ville d'Harar s'enorgueillit d'une des attractions des plus spectaculaires d'Ethiopie : le repas servi le soir aux hyènes dès la nuit tombante.
Un homme lance un appel. Bientôt, ces redoutables carnassiers lancent des cris caractéristiques et des yeux luisants apparaissent dans la pénombre. Les animaux s'approchent avec prudence et saisissent les morceaux de viande que leur tend un homme. Chacune prend part au festin dans un concert d'os brisés et de ricanements.
Ce cérémonial se confond avec l'identité même de la ville.
S'appuyant sur des mythes et des légendes, l'Ethiopie est un pays que l'on ne comprend jamais tout à fait et qui semble s'éloigner au fur et à mesure que l'on croit s'en approcher.
Repas des Hyènes
CAP AU SUD, DANS LA VALLEE DU RIFT
Elle s'avère être un formidable terrain d'exploration conduisant vers une mosaïque ethnique saisissante.
Sur la route, ensuite sur la piste, on circule entre 2 haies de charrettes tractées par des ânes, des chevaux, des zébus, des chameaux, souvent chargées d'épineux, mais aussi de légumes et autres produits hétéroclites.
A 525 km au sud de la capitale Addis Abeba, Arba Minch propose une incursion sur le lac Chamo. On y côtoie des dizaines de crocodiles mesurant 6 à 7 m de long. Ils somnolent sur la berge dans une immobilité trompeuse. A 30 cm de la gueule de l'un d'entre eux ne reste que la paire de tongs d'un pêcheur imprudent. L'an dernier, sur la même embarcation que la nôtre une femme a été happée.
Pour ce genre de voyage, il n'existe pas d'assurance « tous risques ».
Dans une anse, se concentre une importante colonie d'hippopotames qui, éberlués, nous regardent passer.
→ LES KONSO
Plus au Sud vit l'ethnie des Konso. Pour les rencontrer une autorisation doit être obtenue auprès d'un des dignitaires du village. Ils vivent dans des enclos fortifiés par des entrelacis de troncs d'arbres et de branchages, ce qui témoigne des relations conflictuelles qu'ils entretiennent avec leurs voisins Borana. A l'abri de ces remparts chaque famille dispose d'un lopin de terre délimité par des troncs dressés. A l'intérieur y vivent pêle-mêle les hommes et les animaux. Leur vie, de système clanique, est exogame et patrilinéaire.
→ LES BORANA
Presque à la frontière du Kenya, après Yabelo, sont installés les Borana. Ce sont d'authentiques guerriers. Ils considèrent toutes les autres ethnies comme ennemies et défendent avec acharnement leurs puits et leurs terrains de pâture contre toute intrusion.
La piste rectiligne s'étire au cœur de terres rouges arides où l'on circule sous un soleil de plomb. La végétation clairsemée est dominée par de très hautes termitières. Des caravanes de chameaux transportent du sel.
C'est dans cette région que l'on découvre les puits Borana, curiosité unique en Ethiopie dont on parle peu mais qui, à eux seuls, valent le déplacement. Si certains, de structures modestes se situent à proximité du voyageur classique, il faut s'enfoncer beaucoup plus loin dans les terres et déjà côtoyer les hommes armés de Kalachnikov pour découvrir des installations de structures que je qualifierai de travaux pharaoniques au regard des moyens employés pour édifier ces puits.
La quête de l'eau en ce milieu hostile reste la clé de voûte de la survie des Borana.
Ces puits impressionnent par leur profondeur et semblent se perdre dans les entrailles de la terre. C'est un système étonnant de génie. De longs corridors d'une centaine de mètres en pente raide ont été aménagés afin d'y acheminer les troupeaux. Un réservoir se situe à une quarantaine de mètres de dénivelée, contre la paroi abrupte. Au pied de l'abreuvoir a été creusé un puits de 20 à 25 mètres de profondeur. A l'intérieur le long de la paroi, ont été aménagées des niches en paliers dans lesquelles des hommes en équilibre se passent de mains en mains, depuis le fond, des récipients remplis d'eau qu'ils déversent de réservoir en réservoir, ceci jusqu'à ce que l'abreuvoir soit atteint.
Inutile de préciser qu'il n'y a pas de lumière à l'intérieur du puits...
Ce travail exténuant est rythmé par des chants. Ici, règne une atmosphère de cathédrale !
Dure est la leçon pour nos sociétés en état de pléthore en tout genre !
Troupeau pénétrant dans le corridor.
Autre curiosité étonnante : les lacs alcalins situés au fond des cratères.
Dans une eau noire et glaciale, les forçats du sel plongent nus jusqu'à 5 m de profondeur et refont surface avec une brassée de boue noire leur dégoulinant le long du corps. Gorgée de sel, elle servira à l'alimentation du bétail.
Ils sont frigorifiés. Après quelques minutes passées sous les rayons ardents du soleil, se répète l'opération. Sans protection, aucune, rongés par le sel, leur état physique se dégrade rapidement.
CAP A L'OUEST AU CŒUR DES PEUPLES DE LA BASSE VALLEE DE L'OMO.
Ici se concentre plus de 20 peuples distincts qui se contestent des parts de territoire. Depuis toujours, semble-t-il, les rapports entre les différents groupes sont tendus.
Installées dans une région des plus sauvages et des plus reculées du continent, ces ethnies vivent en marge de l'histoire éthiopienne. Elles continuent de perpétuer leurs rites ancestraux auxquels elles ont hélas ajouté la violence. La Kalachnikov fait aujourd'hui partie de la panoplie d'une majorité des hommes de la région.
Bien souvent en provenance du Soudan voisin, mais aussi des actes de piraterie des côtes de Somalie, les armes se sont répandues de façon alarmante. Les conflits sont devenus plus sanglants. Elles favorisent un sentiment de puissance et ravivent l'instinct de preuves de courage et de bravoure.
Brigandage, vol, racket se développent. Il est aisé de comprendre que pour leur rendre visite il est bien sûr recommandé de ne pas jouer au cow-boy...
La kalachnikov fait hélas partie de la panoplie
C'est l'un des peuples des plus fascinants de la région. Ils expriment leur sens esthétique dans la parure et les décorations corporelles. Les hommes sont ceints par un pagne à carreaux très court bien souvent retenu par une cartouchière garnie. Ils ont les cuisses et les mollets enduits de peinture blanche.
Pour cacher leur nudité les femmes sont vêtues de peaux de bêtes, bien souvent de chèvres ou de vaches, une devant, une derrière, incrustées de perles et de cauris. Les parties nues du corps laissent apparaître larges cicatrices et saillantes scarifications.
Les jeunes filles démontrent qu'elles sont dignes de courage vis-à-vis de leur futur mari en se faisant fouetter le dos jusqu'au sang, ce qui, par la suite, provoque de magnifiques scarifications. Leur chevelure, mise en ordre par d'innombrables petites nattes, est enduite de beurre auquel on a ajouté de la poudre de couleur ocre. Les rayons ardents du soleil font s'écouler le mélange sur leur cou et leur dos scarifié.
Ils vivent dans l'une des régions des plus arides de la savane du sud-ouest éthiopien. Ici, seules les termitières de plusieurs mètres de haut brisent la ligne d'horizon. Aussi, arme sur l'épaule, les hommes partent pendant plusieurs mois avec leur troupeau afin de trouver de quoi nourrir le bétail.
C'est dans cette ethnie que le passage de l'enfance à l'âge adulte, pour les garçons, se symbolise par ce qu'ils appellent « le saut des taureaux ». Ils doivent sauter sur l'échine du premier et parcourir sans trébucher la rangée de 30 dos, puis recommencer en sens inverse.
Gare à celui qui échoue !!!
La culture des Hamer semble impénétrable à toute influence extérieure.
Après avoir soigné quelques plaies purulentes, nous obtenons l'autorisation de dresser notre toile de tente dans l'enceinte de l'un de leur village.
→ LES DASSANETCH
Quelques jours plus tard il est décidé de rendre visite aux membres des Dassanetch. Ils se répartissent sur les 2 berges de la rivière Omo, juste après la minuscule localité d'Omorate, ainsi que sur une partie du territoire Kényan, occupant la partie la plus méridionale du delta de l'Omo. Ethnie belliqueuse, ils n'hésitent pas, armés de la devenue traditionnelle Kalachnikov, d'entreprendre des razzias de bétail chez leurs voisins.
L'authenticité la plus marquante se situe de l'autre côté du fleuve Omo, aussi, pour le traverser devons-nous nous contenter d'un simple tronc d'arbre aménagé en pirogue. Pour pénétrer à l'intérieur, il est indispensable de se présenter le corps en travers, le notre étant trop large pour s'infiltrer normalement dans l'échancrure. Il est facile de comprendre que le retournement de notre ustensile de navigation nous serait fatal !
Bien que l'Omo coule à proximité des villages, après avoir établi un contact respectueux : tel que par exemple la mise d'un genou au sol, nous constatons que les gens rencontrés sont crasseux et dégagent une odeur âcre et désagréable.
Ils logent dans des huttes ogivales de branchage savamment enchevêtré qui résistent aux forts vents de sable.
Les femmes sont décorées d'attributs hétéroclites. Les hommes se déplacent, chassent, gardent leur troupeau portant négligemment leur arme en bandoulière.
La personne qui nous accompagne part dans un éclat de rire significatif. Il vient de lui être précisé que, depuis que les chinois effectuent des recherches pétrolières dans la région, tous les chiens ont disparu ...
Particularité étonnante : un petit trou a été percé sous la lèvre inférieure de chaque membre du clan par lequel ils évacuent l'eau contenue dans la bouche pour se laver les mains.
En cas de maladie, ils sont alimentés par cet orifice.
→ LES NYANGATOM
Ce petit peuple vit dans la même région. C'est peu dire qu'ils sont également coupés du monde. Nomades, ils suivent leurs troupeaux. Parmi eux, des jeunes hommes armés assurent la sécurité du groupe. Les femmes, recouvertes de peaux de chèvres jusqu'aux talons, portent des colliers de perles multicolores pesant plus d'un kilo. Les hommes se déplacent avec un petit repose-tête dont ils se servent quand ils s'allongent sur le sol, et avec un minuscule trépied pour s'asseoir.
La dote de l'attribution d'une épouse s'élève à environ 100 vaches ou encore 300 chèvres. En cas de décès du mari, le père de celui-ci peut exiger à son tour une dote de la même valeur.
→ LES KARO
Après avoir butté contre la frontière du Soudan, cap tout au nord. Contrairement aux autres tribus les Karo se sont sédentarisés. Ils ont installés leur village en surplomb de 50 mètres au dessus du fleuve Omo. Ils exhibent des peintures corporelles multicolores, un art dans lequel ils excellent, ce qui leur confère parfois des silhouettes hallucinantes. Ils cultivent le tef, le sorgho qu'ils pilent entre 2 pierres. D'abord moins farouche que les autres tribus, ils nous autorisent à dresser notre toile de tente dans l'enceinte du village. Nous sommes invités à passer la soirée avec le chef.
Le repas des tribus ne varie guère.
Dans une sorte de calbasse, un mélange a été préparé à base de petits fruits, de feuilles, de sorgho écrasé et d'un alcool local, le tout en légère fermentation. Chacun boit tour à tour dans le récipient.
Le bétail est, également le pivot socio-économique et culturel des Karo.
Aussi, chaque soir, sous la couleur mordorée du soleil couchant les troupeaux d'environ 300 têtes reviennent au village autour duquel ils s'installent pour y passer la nuit.
Repas classique
→ LES MURSI
Dernière étape. Encore plus au nord, dans le parc national du Mago. Ici vit une des plus fascinantes ethnies d'Afrique : les Mursi, dont les femmes portent des plateaux labiaux, parfois de 15 à 18 cm de diamètre, à la lèvre inférieure.
Plus de 300 km de pistes sillonnent d'abord des escarpements vallonnés, puis une vaste plaine couverte d'étendues broussailleuses et de savane semi-aride. C'est à cet endroit que vivent les Mursi. En restant dans le circuit traditionnel on est immédiatement happés par eux, cherchant à négocier leur image pour quelques birrs, ce qui favorisent des comportements désagréables, voire agressifs, influencés par l'argent qui reste malheureusement le seul lien entre les Mursi et les visiteurs.
Nous privilégions des villages plus reculés ce qui implique d'endurer des pistes particulièrement chaotiques.
La récompense sera à la hauteur des difficultés rencontrées.
De traditions belliqueuses et agressives l'approche des Mursi impose encore plus de prudence, plus de tact, plus d'attitude respectueuse.
Les hommes arborent l'incontournable Kalachnikov. L'erreur pourrait être fatale.
Ne pas perdre de vue également que, comme au sein de toutes les populations d'Ethiopie, ici aussi le Khat fait des ravages et rend leurs réactions imprévisibles.
Les femmes portent aux oreilles de larges disques et d'encore plus impressionnants labrets de terre cuite insérés dans la lèvre inférieure.
Le percement a été effectué à l'aide d'une pointe rougie au feu. Ensuite la lèvre a reçu des labrets de plus en plus importants, le plus grand pouvant atteindre 18 cm de diamètre. A n'en pas croire ses yeux ! Cette coutume aurait été destinée à décourager les esclavagistes lors des razzias...
Les hommes, parmi lesquels se trouvent les derniers guerriers nus d'Afrique, arborent d'importantes scarifications et des peintures corporelles purement esthétiques. Ils règnent en maîtres sur cette région reculée d'Ethiopie.
Très élancés, ils couvrent rarement leur soyeuse et imberbe peau noire ébène qui porte les cicatrices des combats qu'ils ont livrés, preuves de leur vaillance.
Les Mursi ont la réputation, de par leur instinct guerrier, d'être en permanence en conflits larvés avec leurs proches voisins. Ils se querellent régulièrement avec les Hamer, desquels ils sont pourtant séparés par un grand territoire de broussaille aride. Pour s'aguerrir, ils pratiquent des duels au bâton d'une rare violence !
D'abord réticents, ensuite acceptant notre venue nous passerons un séjour agréable en leur compagnie.
Je suis fasciné par tous ces petits peuples vivant sur notre belle planète. Ma vie sera si éphémère que je n'en rencontrerai qu'une infime partie et, uniquement pour ceci, je le regrette.
Cela peut paraître désuet mais reste sans importance face à la beauté du Monde ! Puissent un jour s'en rendre compte les hommes de notre monde dit « civilisé ».
Dans ce cycle de vie il est probablement déjà trop tard mais, à l'évidence, il y en aura d'autres car, au regard de l'existence de « Lucy » le futur se décline, lui aussi, en millions d'années...
Maurice Thiney
- MEMBRE DE LA SOCIETE DES EXPLORATEURS FRANÇAIS
Un voyage au pays de Pount, de la reine de Saba, et du mythique prêtre Jean.
Je n’ai pas choisi d’aller en Afrique, je suis un touriste de pays froids. Seulement voilà, les hasards d’Internet m’ont mis en contact avec Serge, ancien militaire français, ayant créé une agence de voyages à Addis-Abeba. Même si j’avais vu de belles images d’Ethiopie lors de festivals ABM, pour moi ce pays était surtout lié à la famine, et à la chanson des « chanteurs pour l’Ethiopie ». Et puis il y eu plusieurs lectures glanées au hasard de mes abonnements et de fouilles dans une librairie Grenobloise. Et c’est ainsi que je me suis retrouvé à m’intéresser à ce pays et à y envisager un séjour.Je n’ai pas non plus choisi la durée. Elle est apparue « comme cela » entre le programme que m’avais prévu Serge, mon souhait d’y ajouter des journées de repos,et quelques jours pour m’acclimater. Finalement une dernière modification effectuée pour ne pas arriver le jour du noël éthiopien fera que je partirai quarante jours. Mais pouvait-il en être autrement dans un pays aussi lié à la Bible ?
Impressions de voyage
En Libye , le changement sera violent: la population est clairsemée, le régime très policier et fermé (quasi pas de tourisme) et plus féroce (les prisonniers disparaissent purement simplement). Il contrôle déjà très fermement les liaisons internet. J'avais eu déjà en octobre des problèmes de liaison là-bas) et routières. Il n'y a aucun simulacre d'élection («démocratie verte").
Le régime a des ressources pétrolières qui lui permettraient de lâcher du lest (comme en Algérie).
Mais le pouvoir est fragilisé du fait que Ghadafi a 68 ans (toutefois moins âgé que Ben Ali 74 ans ou Moubarak 82 ans), est au pouvoir depuis 41 ans et que se pose là comme ailleurs la question de sa succession dynastique.
Ce sont donc des points cruciaux pour ces régimes dictatoriaux.
Le pays est historiquement divisé en 2 parties distantes de plus de 1000 KM qui ont peu de points communs (ce n'est pas un hasard si les troubles ont lieu en Cyrénaïque où j'avais constaté un relatif relâchement du pouvoir de propagande), les deux voisins se sont libérés de leurs dictateurs d'où la contagion qui va jouer (comme pour l’Algérie au temps de la décolonisation); la jeunesse connaît un fort chômage et rêve de partir.
Enfin le pouvoir tient Tripoli mais comme j'ai pu le constater a peur du souk (si ce dernier rejoint la contestation comme en Iran sous le Shah, je ne donne pas cher du régime).Après avoir écrit ces notes, les évènements en Libye se sont accélérés. Le massacre a commencé et Tripoli a basculé. L'armée libyenne à la différence de la tunisienne et l’égyptienne, n'est pas neutre.
Le régime va l'utiliser à fond pour la répression la plus sanglante. En revanche, il semble qu'une partie de la police et des autorités bascule dans l'autre sens ...
Jean Alain Rault
Carnet de route au Laos
Vallée de la Nam Ou, rivière du Nord Laos … De Phongsaly à Luang Prabang au fil de l’eau
La Nam Ou est une rivière qui prend sa source aux confins de la Chine avant de rejoindre le Mékong en amont de Luang Prabang au lieu dit Pak Ou (connu pour ses grottes sacrées).
Pour ceux qui envisagent la descente de cette vallée vers le sud, il convient dans un premier temps, de rallier Pongsaly, bourgade perdue à l’extrême nord du Laos. On peut s’y rendre par une route étroite et sinueuse (naguère une piste défoncée) après avoir fait étape à Oudom Xay, carrefour régional incontournable. La région de Pongsaly semble idéale pour la randonnée : compter deux à trois jours à la découverte des villages ethniques dispersés dans ce massif montagneux. Les nuits, voire les matinées, sont fraiches et la pluie est habituelle en Décembre ou Janvier : le cas échéant, prévoir un vêtement chaud, de bonnes chaussures de marche et une protection du genre poncho de randonnée ou veste coupe vent. En outre, il est préférable de s’adjoindre les services d’un guide local pour ne pas s’égarer sur les pentes escarpées et boisées.
Les voyageurs peu enthousiastes à l’idée d’affronter de fortes dénivelées à travers la forêt de bambou pourront toujours profiter d’un séjour paisible à Pongsaly, lieu hors du temps, si proche de la Chine.
La descente de la Nam Ou en bateau ne laissera pas le voyageur indifférent. Les paysages se dévoilent au fil de l’eau : bancs de sables immaculés succédant aux roches déchiquetées ; forêt de bambou luxuriante accrochée au pied des falaises calcaires, se dressant à chaque méandre. La rivière tantôt accélère au rythme des rapides, tantôt s’étale comme un lac paisible.
De longues pirogues en bois propulsées au moteur assurent le transport depuis Hat Sa, minuscule village non loin de Pongsaly (extrême nord du Laos) jusqu’à Luang Prabang, la capitale du nord. Les arrêts successifs pour déposer ou embarquer des passagers offrent un spectacle coloré : pêcheurs en pirogues légères ; bétail en liberté ; villages noyés dans la végétation tropicale ; jeux des enfants dans l’eau
Chaque embarcation transporte une douzaine de personnes, bagages compris. Une bâche tendue sur une armature en bois protège de la pluie ou du soleil. Agencement rustique : on est assis sur une simple planche (un vêtement plié en guise de coussin améliore ce confort précaire). Inutile de se charger en nourriture : après un bon petit-déjeuner, des boissons et quelques fruits suffiront jusqu’à l’arrivée, en milieu d’après midi.
Le transit depuis Hat Sa jusqu’à Luang Prabang se décompose en trois étapes d’une journée chacune, du nord au sud. Soit environ six heures de bateau chaque jour, mais aucune obligation d’effectuer le trajet complet. Le tarif pour les étrangers est de 100 000 Kips par étape (environ 12 $). Départ des pirogues chaque matin, habituellement vers 8h30.
Etape 1 – Départ de bon matin, en bus local, depuis Phongsaly, pour franchir les 20 Kms de route escarpée avant d’atteindre le point d’embarquement situé au village de Hat Sa, en contrebas dans la vallée. Un bon petit déjeuner pris avant le départ suffira pour l’étape, mais il sera judicieux d’emporter des boissons ou des fruits pour se rafraichir au long du trajet.
Etape 2 – Départ depuis Muang Khoua. Cette bourgade est accessible en car depuis Oudom Xaï … mais aussi par la route qui franchit la frontière du Viet Nam (Sop Houn), en provenance de Dien Bien Phu. Le charme des lieux compense le confort sommaire des guesthouses locales. Cette étape est la plus pittoresque et permet d’atteindre le village de Muang Ngoï Neua qui n’est à ce jour desservi par aucune route. La majorité des voyageurs s’arrêtent là pour deux ou trois nuits (randonnée facile alentour), avant de rejoindre Nong Khiaw, là ou un pont en béton enjambe la rivière.
Etape 3 – Nong Khiaw est situé à une heure de pirogue en aval de Muang Ngoï Neua. Les voyageurs se regroupent habituellement sur la petite place du marché, en haut de l’escalier d’accès au débarcadère. Quelques gargotes permettent de se restaurer ou de se rafraichir. Cette dernière étape avant d’arriver à Luang Prabang n’est pas aussi captivante que les deux précédentes : les paysages sont moins pittoresques. La plupart des voyageurs choisissent de terminer le parcours en bus local à partir de Nong Khiaw, afin de gagner Luang Prabang au plus tôt dans l’après midi et trouver ainsi plus facilement une chambre pour la nuit.
Il faut savoir que la Nam Ou est l’une des plus belles rivières du Laos et qu’il ne s’agit pas là d’un circuit organisé par les tours operators locaux : chacun devra s’occuper de son hébergement et de ses repas (sans difficulté). Ce parcours est une alternative intéressante pour se rendre à Luang Prabang … Mais combien d’années encore la rivière sera-t-elle praticable avant la réalisation d’un projet de barrage dans la vallée ?
Franck Chauvery
Pays enclavé, sans accès à la mer, bordé sur toute sa partie occidentale par le Mékong, montagneux au nord et à l’est, le Laos ne possède, pour une superficie équivalente à celle de la Grande-Bretagne qu’une population de 6 millions d’habitants.
Le Laos, malgré son dénuement, qui touche spécialement les minorités ethniques, mais pas elles seules, est un pays de diversité géographique et ethnique.Le Mékong est autant un lien qu’une barrière, le drapeau national fait référence au Mékong représenté par la bande bleue ou se réflète le cercle blanc de la plein lune qui rythme les fêtes lao.
Voyage du 1er au 22 novembre 2010 pour un circuit dans le nord du Laos.
La saison des pluies était totalement terminée, les journées étaient encore chaudes mais les nuits se rafraîchissaient. Nous avons séjourné dans des gesthouses et mangé correctement dans des petits restaurants pour un budget moyen par personne et par jour de moins de 20€.
Festival ABM en province
Carnet de route au Népal
C'est en mai 2004 que mes pas m'ont menée pour la première fois jusqu'à Bethani dans le village de
Takurdwara, en bordure de la zone forestière de Bardia, dans la plaine du Teraï. C'est un coin de nature où l'ethnie Tharu vit simplement, loin de l'activité et du bruit de Katmandou et où l'action locale de préservation de la faune et de la nature est très présente.
Le Parc National de Bardia
Il y avait 100 000 tigres divisés en 8 sous espèces dans le monde en 1900 ; 3 500 seulement subsistent de nos jours et 3 sous espèces ont disparu. Aujourd'hui, dans le parc de Bardia, on dénombre 36 tigres reproducteurs. C'est un écrin de nature incroyablement préservé sur les anciens territoires de chasse de la famille royale népalaise. La vie animale y était abondante autrefois et la population humaine peu nombreuse en raison des épidémies de malaria. Après les années cinquante, une campagne d'éradication de la malaria permit l'établissement de populations mais la faune sauvage diminua tant qu'il fallut créer une réserve, d'abord de 350 km² puis étendue, en 1985, à près de 1 000 km².
Au travers d'excursions à pied, à dos d'éléphant, en raft et en jeep, on peut explorer la nature et découvrir un écosystème complet. Le Népal est le seul pays qui permette la marche dans la jungle en territoire de tigres et c'est dans cette région qu'on a le plus de chance d'observer la "vraie vie sauvage". Pourtant peu de voyageurs viennent jusque-là. La jungle est habitée par quatre espèces de cervidés, deux de singes, des crocodiles, des loutres, des pythons, des rhinocéros unicornes, des éléphants d'Asie, des léopards, des tigres et des centaines d'espèces d'oiseaux. Des spécialistes, natifs des villages en bordure du parc, entraînés et diplômés, nous guident dans la jungle. Ils connaissent les animaux, les signes, la flore, les territoires et tout ce qui est nécessaire pour vivre une incroyable expérience avec les meilleures garanties de sécurité. Et, lorsqu'après trois heures de traque et d'affût, vous restez "scotchés" devant un jeune tigre qui traverse la rivière, tout doucement à quelques dizaines de mètres, c'est un sentiment de "petitesse", d'humilité et d'admiration qui vous coupe le souffle !
La population, quant à elle, survit essentiellement grâce à l'agriculture. Les gens sont démunis et cherchent dans le parc national, malgré les interdictions, ce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter : bois, plantes, viandes, poissons. La proximité entre l'activité agricole et la présence d'animaux sauvages est génératrice de problèmes : les herbivores mangent les récoltes et les tigres tuent les animaux d'élevage.
Une situation complexe avec d'un côté, un superbe parc national plein de merveilles qui peut disparaître si l'on n'y fait pas attention et, de l'autre, des gens avec un niveau de vie très bas.
À Bardia, on a compris que la conservation de la nature n'est envisageable qu'avec l'implication des populations locales. Et cette implication ne s'entend que si ces populations tirent un bénéfice du parc national. C'est ainsi qu'a été créé "Le système des zones tampons", système qui existe pour chaque parc national au Népal.
Le système des zones tampons, un système fait par et pour les locaux
Les villages situés directement autour du parc national sont regroupés en une association, elle-même divisée en plusieurs associations de zone, dirigées par les locaux. Ceux-ci décident et votent les projets communautaires : gestion de l'eau, de l'éducation, de l'agriculture, programmes sanitaires...
Le dispensaire du village a été financé et construit localement, ainsi que des écoles privées, des ponts, des canaux d'irrigation...
Chaque association possède une forêt communautaire où les locaux prélèvent ce dont ils ont besoin afin d'éviter qu'ils se servent à l'intérieur du parc.
Cela nécessite une gestion stricte pour l'entretien de ces forêts. La moitié des droits d'entrée du parc va à ces associations de la zone tampon. Les villages comprennent ainsi que la nature est plus bénéfique dans son intégralité que braconnée. L'autre moitié sert à la conservation de la nature et aux coûts de fonctionnement de l'administration du parc.
Là-bas, j'ai pu apprécier un retour à des valeurs simples et élémentaires, un vrai contact avec les Népalais au travers des balades, des discussions, des jeux, j'ai rencontré des enfants avides d'apprendre, des sourires permanents, des yeux curieux et rieurs, la simple envie de partager, un petit paradis, le meilleur des antistress...
D'ailleurs, j'y retourne régulièrement.
Texte et photos: Josiane Gares (95)
> Où loger
Racy Shade Resort
Takurdwara 5, Bardia, Népal
Tél. : 00977 84 690486
Compter 15 € par nuitée.
Accès en bus, depuis Katmandou (600 km vers l'ouest, compter 12 h de trajet) ou Pokara (en direction du sud, puis vers l'ouest), jusqu'au petit village d'Ambassa sur la Mahendra Higway.
Depuis Ambassa, une piste de 13 km vous mène jusqu'à Takurdwara (Bethani), à l'entrée du parc.
Plusieurs avions desservent Nepalgunj depuis Katmandou. De là, il reste 80 km pour atteindre Ambassa.
> Saisons favorables
mars/avril/mai et octobre/novembre
> Températures
Maximum en juin : 42° C
Minimum en décembre : 8° C
> Culture
Région habitée par l'ethnie Tharu, "le peuple de la forêt"
Culture artisanale très présente (maison typique, potier, tailleur...)
> Agriculture
Riz, blé, élevage, pêche
> Santé
Pas de vaccin obligatoire
Traitement antipaludéen conseillé
Entrée du parc national : 10 €
www.racyshaderesort.com
L’automne dernier j’ai parcouru l’Asie, de la Chine jusqu’en Inde.
Un matin de novembre, je me suis trouvé à Katmandou, au temple de Pashupatinath. C’est l’un des lieux les plus sacrés de l’hindouisme. Il est consacré à Pashupati, une incarnation du dieu Shiva, protectrice de tous les êtres vivants.
Cet ensemble de temples en bois et en pierre est construit sur les rives de la petite rivière Bagmati. Comme Varanasi en Inde, ce lieu est imprégné d’un mysticisme et d’une transcendance que l’on éprouve rarement en Occident.Il était sept heures du matin, le soleil s’était à peine levé. La première lumière de la journée, propre, vierge, invite la vie à se réveiller, ici plus calmement et respectueusement qu’ailleurs.
Les sons se distinguent clairement dans la sérénité environnante : les pas lourds des vaches errantes sur le pavé, les conversations matinales des oiseaux, le son lent et fort des cloches qui imposent la concentration.
J’ai suivi l’allée qui descendait à la rivière. Partout, on pouvait voir des singes qui couraient nerveusement dans toutes les directions, parfois même avec leurs bébés accrochés sur le dos. J’avais une pomme avec moi, je voulais la partager avec eux. Le singe le plus proche est devenu fou à la vue du fruit. Sans hésitations, sans négociations, il s’est dirigé vers moi et m’a enlevé la pomme avec ses mains agiles de petit voleur. Respectés comme des dieux ici, nos cousins se croient les vrais maîtres du lieu.
En arrivant à la rivière, j’ai contemplé la vue des pagodes en bois qui s’élèvent sur la rive droite, interdite aux non-hindous. Au milieu, le toit doré du grand temple Pashupatinath, quel bel équilibre entre mesure et majesté ! En bas de ces édifices, se dressent les ghats, les escaliers qui amènent le croyant à la purification des eaux sacrées de la Bagmati. Cet endroit, ces gestes sont investis d’une importance que nous, on ne saurait peut-être jamais sentir vraiment. Cette petite rivière, sale, verte, coule là au milieu, comme une barrière à la fois réelle et symbolique imposée aux esprits qui ne sont pas prêts à comprendre.
J’essaie de la franchir avec l’œil. Assis sous une chapelle, j’observe l’autre côté, un autre monde, tout nouveau et séduisant, et pourtant avec des sens familiers. Je me perds et je me retrouve dans cette étrange scène de l’existence.
Les fidèles qui s’approchent pieusement de la rivière pour remercier pour l’eulogie de la vie. L’eau qui bénit, qui donne la vie, qui amène aux dieux les prières et les offrandes.
Les sadhus, ces figures ascétiques, vêtus en rouge et orange, à la recherche d’une existence au-delà du présent.Juste à côté, un corps, enveloppé dans un tissu blanc, posé sur le ghat, les pieds dans l’eau. Ses proches le préparent minutieusement pour son départ de ce monde.
Ils le couvrent de colliers de fleurs et de mantras, des prières pour la suite de son voyage dans le temps.
Néanmoins, la mort prend le visage de sa veuve dévastée, qui en larmes, lui caresse le visage pour la dernière fois.
C’est elle qui allume le bûcher funéraire. C’est la fin.
L’eau emportera les cendres du défunt vers une autre vie.
Et le monde continuera son cycle en sérénité, comme le cours de la Bagmati…
Nikos Thomopoulos






















