Iles Andaman
L’archipel oublié des îles Andaman et Nicobar égrène ces 250 îles comme un chapelet de perles sur plus de 1000 km de long et se déploie au beau milieu des eaux tumultueuses du Golfe du Bengale à 1200 km des côtes de l’Inde du Sud.
Stratégiquement bien situées, ces îles font partie de l’union indienne, aussi, y trouve-t-on un déploiement impressionnant de militaires et de policiers.Elles abritent des tribus vivant encore à l’âge de pierre, sans doute les plus mystérieuses de la planète, répertoriées sous le nom de : Negritos .
Sous la pression des autorités indiennes, cette population aborigène se réduit comme une peau de chagrin et est arrivée au seuil de l’extinction.
Deux de ces tribus restent farouchement hostiles à tout contact avec l’extérieur et accueillent tout bateau étranger s’approchant de leurs côtes par une volée de flèches.
C’est de cette manière, que 350 Jarawa ont pu traverser miraculeusement l’histoire et maintenir leur vie sauvage et libre dans la forêt.
Sur une île minuscule, particulièrement isolée, protégée par un océan déchaîné et des vagues impressionnantes, survivent en autarcie totale, entre 100 et 250 Sentinele ; les informations les concernant sont très fragmentaires. Si pour les Jarawa quelques signes d’apaisement ont été enregistrés, il est tout à fait impossible de mettre le pied sur cette île et d’en ressortir vivant, comme si les Sentinele étaient intuitivement persuadés et conscients que cela signifierait leur fin.
Les eaux entourant ces îles sont des eaux interdites, particulièrement surveillées par des garde-côtes et des policiers, le gouvernement indien prétextant que c’est pour les mieux protéger.
Pendant ce temps, les tronçonneuses peuvent décapiter à leur guise la forêt des Jarawa.
Depuis longtemps, j’avais connaissance de l’existence de ces 2 tribus irréductibles. Elles me fascinaient. Aussi, depuis de nombreuses années, secrètement, j’espérais bien qu’un jour je pourrais leur rendre visite. A la mi-Février 2010, je foulais du pied les îles Andaman.
Immédiatement, je me heurte à une quantité d’interdictions difficiles à contourner, protégées par un quadrillage policier impressionnant. Même prononcer le nom de ces tribus effraie certains de mes interlocuteurs. Je cherche cependant la faille.
Je pars pour Rangat, puis Mayabunder, puis Diglipur, me retrouvant, après 3 semaines de recherches qui pourtant doivent être très discrètes, tout au nord du chapelet d’îles sans avoir avancé d’un pouce.
Retour au point de départ, convaincu que mon expédition va se terminer ainsi. Pensant que tout est raté, dans le hall de l’hôtel, je me fais moins discret et me « découvre » un peu.
Miracle ! Quelqu’un s’approche discrètement de moi et me murmure « voulez-vous rencontrer les Jarawa et les Sentinele ? Je peux vous organiser tout cela »
La première chose qui m’est imposée : changer d’hôtel ; ici les noms des tribus ont été prononcés, c’est devenu dangereux. La délation est étrangement encouragée.
Deux jours plus tard, je me retrouve en présence d’un certain YASHIM, contrebandier à ses heures, on l’est de père en fils dans la famille, lequel organise mon incursion chez les JARAWA. De part ses activités il en est à la fois l’allié et le partenaire. Ils l’autorisent à venir pêcher ces énormes coquillages protégés appelés TROCUS, remarquables par leur spirale de nacre, qui valent une « fortune » sur le marché du sud-est asiatique : En échange il leur donne la chair et parfois quelques produits du monde « civilisé ».
Afin d’échapper à la vigilance de la police et des garde-côtes, sur une frêle pirogue nous naviguons sans lumière et par une nuit d’encre sur un océan capricieux. Après 4 h de mer, nous sommes depuis longtemps en eaux interdites, avec une extrême précaution nous longeons la côte de l’île sauvage sursautant lors du frottement de la coque sur les rochers. A 40 m du rivage le moteur est stoppé. L’ancre jetée.
Yashim et son fils se mettent à l’écoute de la forêt. Quelques minutes plus tard, ils se décident à lancer les « Hou, Hou, Hou » de reconnaissance. Aucune réponse. Les appels sont renouvelés vers d’autres secteurs. La nuit est toujours sans lune. Nos recherches restent infructueuses. Comme pour la préparation à un départ, nous entamons une reculade. En fait, nous jetons l’ancre dans un lieu plus sûr. Mes deux compagnons s’allongeant dans le bateau, je comprends que nous allons passer la fin de la nuit ici.
Je ne dormirai pas.
5 h du matin, le jour se lève. C’est l’heure de la délivrance. Exploration de la bande côtière. Nous apercevons quelques huttes se détachant de la frange forestière, mais les « Hou, Hou, Hou » n’obtiennent toujours pas de réponse.Après 3 h de recherches Yashim m’explique qu’ « ils » doivent être partis à la chasse au cœur de la forêt. Nous n’accosterons pas car même si Yashim est leur ami, il n’a pas le droit de le faire sans leur accord.
8 heures, c’est l’heure à laquelle les garde-côtes commencent leur surveillance.
Décision de repartir est prise. C’est la mort dans l’âme que je vois se réduire la côte de l’île sauvage, un peu comme un naufragé qui voit s’éloigner le bateau qui ne l’a pas vu.
En fin de matinée, l’embarcation s’enfonce sous le couvert de la mangrove où nous débarquons et progressons rapidement à pied afin d’échapper à la vigilance de la police. Une demi-heure plus tard nous sommes en sécurité. Je ressens cette situation comme un terrible échec.
Longue discussion. Il est décidé que le soir même, nous tenterons à nouveau notre chance. Même échec.
Cette fois-ci, il m’est donné comme explication que tous les ans, à peu près à cette époque, les Jarawa partent au cœur de la forêt à la recherche d’eau car depuis que le Tsunami de 2004 a sévit les sources côtières se tarissent.
Je reste perplexe.
Il m’est proposé, sans trop de conviction sachant que j’avais un billet d’avion pour un vol sur Calcutta dans une semaine, de retenter l’expérience plus tard.
Décision est rapidement prise, l’avion partira sans nous et la visite prévue du Bangladesh annulée. Mais pour rester aux Andaman, il faut avoir un permis et pour l’obtenir il faut posséder un billet d’avion : « départ », donc achat d’une preuve de sortie des îles pour le 22 Mars direction Chennai, cela sans être certain d’obtenir le précieux document. C’est un peu comme jouer à la roulette russe…
Le 15 Mars mon sac à dos est transporté chez Yashim à moto, la nuit pour ne pas éveiller les soupçons de qui que ce soit.
Nouvelle tentative prévue pour le surlendemain.
Avant d’embarquer, à 8 h du soir, il m’est précisé que le programme est changé. Dans le secteur des Jarawa il y a trop d’allées et venues de la part des garde-côtes. Nous nous rendrons chez les Sentinele. L’île qui les abrite est très isolée et beaucoup plus éloignée donc beaucoup moins surveillée. Devant être en accord le plus que possible avec l’état vestimentaire des indiens, je change de vêtements.
Navigation sans lumière par une nuit d’encre. Nous avons failli éperonner une autre embarcation se déplaçant dans les mêmes conditions. Rassurant.
3 h plus tard, nous jetons l’ancre en pleine mer. Sans être parvenu à trouver le sommeil, à 4 h du matin, sur une mer particulièrement agitée, la navigation reprend. A 7 h et demie apparaît enfin l’île North Sentinele. A 9h , nous sommes à 50 m du rivage, juste hors d’atteinte d’une portée de flèche. Il est désert.
Série d’appels, sans réponse. Après 10 mn d’attente, plusieurs silhouettes noires, arc et flèches à la main, courent dans tous les sens sur la plage.
Les Negritos surgissent de toutes parts. Ils sont magnifiques, totalement nus, parés de minces colliers et fibres végétales. Leurs cheveux sont habillement coupés et leur pilosité pubienne soigneusement rasée à l’aide de coquillages aux arêtes tranchantes. Certains bandent leur arc. Menace réelle ou simple intimidation ? Nous ne le saurons pas.Debout dans le bateau, nous brandissons des régimes de bananes, des noix de coco. Puis, nous les jetons à l’eau. Nous recommençons plusieurs fois cette opération et nous éloignons quelque peu, ceci pour signaler que nous avons compris qu’il ne faut pas aller trop loin, que nous devons rester sur notre domaine : l’océan, et que nous n’avons en aucune manière l’intention de violer leur terre sacrée. « On le sait, dans le cas contraire, une volée de flèches s’abattra sur nous ».
Soudain, un membre de la tribu s’avance vers nous, debout sur une pirogue à balancier on ne peut plus rudimentaire. On s’éloigne à nouveau. Je ne le souhaite pas, mais mes 2 compagnons ne sont pas téméraires, ils craignent que nous ne soyions obligés de le faire sous la contrainte.
Il semble que les Sentinele aient renoncé à nous recevoir par les habituelles volées de flèches, cependant, la personne déléguée afin de récupérer les cadeaux s’approche vers nous sous le regard attentif et protecteur des guerriers restés sur la berge.
Ils semblent accepter nos offrandes, mais nous interdisent de dépasser les limites de ce qui peut être acceptable pour eux, de pénétrer l’intimité de leur vie au même titre que le territoire et la jungle nourricière qui depuis la nuit des temps les abrite, les fait vivre, les protège.
De cette manière, ils tiennent à distance cette civilisation qui rôde autour d’eux, eux les derniers survivants d’un monde à l’agonie.
Courbé sur sa pirogue, le petit homme couleur ébène récupère maintenant les bananes et les noix de coco. Soudainement, face à nous, il manifeste son contentement par une forte oscillation partant de la tête, se transmettant tout le long du corps pour se terminer au niveau des pieds. Etonnant langage corporel difficilement traductible par des mots.
Bien qu’à une trentaine de mètres de lui, encouragé par cette attitude, je souhaite que l’on se rapproche. A regret, mes compagnons exécutent une timide manœuvre. Notre visiteur s’éloigne immédiatement. Quelques minutes plus tard, il pose pied sur la berge.
A ce moment précis, une sorte d’agitation collective s’empare des petits hommes noirs qui, armés d’arc et de flèches, courent dans tous les sens faisant mine de bander leur arc dans notre direction.
Mes compagnons me font comprendre qu’il faut maintenant partir. L’entrevue aura duré 1 h 30. Véritable privilège quand on sait que très rares sont les personnes ayant eu la chance d’entrer en contact réel avec la tribu des Sentinele.
Maintenant, c’est l’océan courroucé qu’il nous faut affronter et la vigilance des garde-côtes qu’il faut déjouer.
Après les précautions d’usage prises à l’arrivée, je suis informé que nous avons eu la bonne intuition de changer de programme la veille, à l’origine il avait été prévu de rester une journée chez les Jarawa, car les grade-côtes ont arrêté les membres de 5 bateaux de pêche dans les eaux interdites des JARAWA et conduits ces mêmes pêcheurs menottés en prison.
Samedi 20 Mars. 3ème et dernière tentative de rencontre avec les Jarawa. Comme à l’accoutumée, on séjournera toute la nuit en mer. Après quelques heures de vague sommeil perturbées par les assauts répétés des moustiques, l’embarcation repart.
A 5 h du matin la 2ème série de « Hou, Hou » obtient enfin une réponse. Ouf. Bouffée de chaleur. Les Jarawa sont enfin revenus de leur périple au cœur de la forêt. Attente. Et puis ils apparaissent. Un, deux, trois, une dizaine, puis une quinzaine bientôt. De petits êtres tout nu, noir ébène, au visage fin et subtil courent sur la plage en lançant des cris joyeux.Les signes habituels échangés avec mes compagnons servent d’autorisation d’accès au territoire. Nous sommes des privilégiés. En général, ils accueillent les visiteurs par une volée de flèches. Les Jarawa continent de préserver leur isolement en se montrant agressifs envers les visiteurs non « introduits » et considérés comme nuisibles. Mais, ils connaissent Yashim . Il est leur allié et est autorisé à venir pêcher les énormes Trocus vivants dans les eaux interdites.
Après avoir débarqué, ils nous palpent, nous caressent, nous tiraillent et tournent autour de nous en riant aux éclats. Notre simple présence les amuse. Ils fouillent aussi dans nos poches dans lesquelles ils ne trouvent que peu de choses, ayant été averti par mes compagnons. 20 mn plus tard, ils nous conduisent dans leurs huttes, ressemblant à d’énormes perruques posées sur le sable, à l’intérieur desquelles il n’y a strictement rien. Très rudimentaires, elles sont recouvertes de feuillages de couleur ocre. A une liane tendue sont suspendus quelques crânes d’animaux. Quelques feuillages desséchés installés entre 2 rangées rapprochées de piquets de bois délimite l’endroit où les Jarawa dorment en se serrant les uns contre les autres afin de conserver leur chaleur. C’est tout.
Les Jarawa mènent une vie toute simple de semi-nomades qui n’a guère dû changer depuis des millénaires. Ils chassent, cueillent, façonnent les pointes de flèches et partent à l’assaut des cimes des arbres à la recherche du précieux miel.
On ne connaît que peu de choses de leur histoire, de leur langage, de leurs traditions.
Au cours de ce contact, je les sens extrêmement intuitifs, les sens à fleur de peau, passant d’un instant à l’autre de la tendresse à l’indifférence la plus déconcertante, voire même à l’agressivité.
Vers 8 h, mes compagnons se font de plus en plus inquiets, regardant au loin sur la mer. Ils craignent les garde-côtes. Après un dernier signe de la main nous embarquons et entamons rapidement notre retour.
4 h plus tard, après quelques échanges téléphoniques avec la terre, nous pénétrons au cœur de la Mangrove.
Cette étrange rencontre n’entrebâille même pas le portail de la connaissance de l’autre.
La suite de l’histoire, on la connaît.
Dès que les Jarawa et les Sentinele abandonneront leur hostilité, toute la chaîne de la destruction lente de ces petits peuples va se mettre en place.
Ils n’auront alors, pas d’autre choix que celui de disparaître, ce qui à terme semble inéluctable, ou de s’adapter au prix de la mort de leur âme et de leur dignité.
Maurice Thiney (Avril 2010)
Rencontres du Bout du Monde 2010
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Le 6ème festival des globe-trotters, les « Rencontres du Bout du Monde », qui s’est tenu à Caen le 27 mars dernier a connu une vif succès : 350 entrées, 180 repas vendus, une programmation de qualité, une superbe soirée musicale (45 choristes sur scène !) et aventureuse (« La Marche Indienne », d’Eric et Amandine Chapuis), une équipe de bénévoles soudée, enthousiaste et souriante, même dans les moments « chauds », que peut demander de plus un heureux président comme moi ?
Pleins d autres images et même un petit film de 3 minutes sont visibles sur notre site http://www.abm14.fr/Allez y faire un tour !
Nos prochains rendez-vous :
◊ vendredi 7 mai : dîner exotique au restaurant « L’Escargot entêté » à Caen
◊ vendredi 11 juin pour une soirée thématique (contenu à déterminer) dans notre salle de réunion habituelle
◊ dimanche 27 juin pour une sortie bateau + rando sur l’archipel de Chausey
Alain Decker.
Photo Népal

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Afrique de l'ouest en Camping Car
Récapitulatif pratique de notre petit tour d’Afrique de l’ouest en camping-car mi-Septembre /mi-décembre 2009 (3 mois)
Pays traversés : Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Ghana, Togo, Bénin, Niger 20 000 km
Equipage : Annie, Stéphane et Léo (notre fils de 12 ans). Nos filles (15 et 17 ans) se sont gérées seules à la maison…
Particularité : Annie avait des médicaments à conserver à moins de 25° (elle a des poussées de SEP). Nous avons acheté une glacière électrique et nous avons dû trouver des bivouacs avec électricité. Ce qui n’était pas dans nos habitudes…
Maroc :
- bateau Espagne/Maroc :
la traversée Algéciras/Tanger semble la moins chère. Durée 2h. Formalités police sur le bateau. Nous avons payé à l’aller : 93 euros (CCar + passagers)
- Parking gardé au port (mais cher). Possibilité de bivouac à l’endroit de l’embarquement. Le mieux reste la rue de l’agence Gutierrez à Palmones (nous, on aime bien se présenter et demander la permission…)
- Bivouacs :
Il y a des campings pas trop chers dans toutes les villes.
Dernier bivouac à la station à 80 km de la frontière mauritanienne.
- Le no man’s land de 4km n’est pas compliqué pour un camping-car. Nous, on préfère le faire seuls, Stéphane étudiant à pied ma trajectoire pour éviter les quelques endroits de sable mou.
Mauritanie :
- frontière : faire le visa à Rabat ou en France (en septembre 2009, on pouvait encore prendre un visa de transit à la frontière). Ca bouge beaucoup, se renseigner à Rabat.
Faire le passavant pour le véhicule : 10 euros
Prendre l’assurance : 17 euros
Faire éventuellement du change.
- On a commencé le traitement antipaludéen à Nouadhibou. (Doxipalu)
- Bivouacs :
premier bivouac à Nouadhibou (camping Baie du Lévrier) puis à Nouakchott (auberge du Sahara wifi).
Ne jamais rouler la nuit dans toute l’Afrique.
Nombreux contrôles policiers depuis les derniers enlèvements.
Prévoir des fiches de police en grand nombre.
Sénégal :
- frontière : passage frontière à Rosso. Nous avons payé un gars qui nous a aidé mais on peut faire seul.
Sortie Mauritanie : 30 euros, bac compris.
Entrée Sénégal : passavant : 7 euros, assurance 20 euros. Attention, les douaniers prennent leur temps pour déjeuner… parking payant.
- Quelques contrôles policiers avant St Louis. La police est pénible autour de cette ville.
- La route Kaolack-Tambacounda était presque finie en octobre 2009.
- Assurance carte brune (elle couvre presque tous les pays d’Afrique de l’ouest) prise à Tamba : 25000 FCFA pour 3 mois. Pas valable pour la Mauritanie.
- Bivouacs :
Saint-Louis (camping de l’océan), Dakar (dans la rue mais il y a un grand parking gardé près de la cathédrale), Kaolack (mission catholique), Tambacounda (parking hôtel Oasis Oriental club piscine Wifi)
Mali :
- frontière : visas faits à Dakar : (1 an multiples entrées 100 euros) Sûrement moins chers à Nouakchott.
Passavant (environ 6000 FCFA dans tous les pays sauf le Ghana)
- routes : relativement bonnes Bamako/Ségou/BF
- Bivouacs :
Kayes (maison des jeunes très bruyant), Didiéni (petit campement à l’entrée…pas d’électricité dans la ville), Bamako (mission catholique), Ségou (parking hôtel Delta)
Burkina-Faso :
- frontière : visa d’une semaine à la frontière. Prolongeable à Ouaga.
Passavant
Possibilité de faire le visa de l’entente à Ouaga. Pas valable pour le Ghana. Alors nous le ferons plus tard car puisque nous passons par le Ghana, le visa s’arrête.
- Bivouacs :
Bobo (parking hôtel Casafrica), Ouaga (jardin OK Inn), Fada N’Gourna (mission SIN)
Ghana :
- frontière : visa fait à Ouaga.
Sans carnet de passage en douane, il faut négocier avec un agent (les douaniers ne veulent pas s’en occuper) un document d’importation provisoire de véhicule. Garder son calme et prendre le temps. Négocié 60 euros, 3 h d’attente.
Surprise, à la sortie du pays direction Lomé (mais ça dépendrait des points de sortie), il a fallu un document d’exportation du véhicule ! Négocié 8 euros en un après-midi… Il parait que c’est un véritable racket dans l’autre sens.
- routes : elles sont souvent en réfection.
- Bivouacs :
postes de police, Tamale (mission catholique), Kumasi (pension presbytérienne), Cape Coast (oasis guest house)
Togo :
- frontière : visa à la frontière puis visa de l’entente à Lomé (bureau des passeports dans le nord de la ville) : 25000 FCFA pour 3 mois.
passavant
Le visa de l’entente est valable pour la CI, le Togo, le Bénin, le Niger et le Burkina Faso.
- Bivouacs :
Lomé (parking hôtel Le Galion)
Bénin :
- frontière : visa de l’entente
passavant
- Attention, les parcs nationaux du nord n’ouvraient que début décembre.
- Bivouacs :
Popoville (Auberge de Popoville), Ouidah (jardin hôtel Eldeweiss), Abomey (Auberge d’Abomey)
Niger :
- frontière : visa de l’entente
passavant
- routes : on a pris la route Niamey-Gao qui est toute neuve. Attention aux problèmes de sécurité actuellement. Bien se renseigner avant surtout si on est en véhicule.
- Bivouacs :
Niamey éviter le camping touristique, musique toute la nuit…Il y a un petit hôtel où on peut se garer en face de l’information touristique.
Retour Mali : route Gao-Mopti pas terrible…
- Bivouacs :
Douenza (campement chez Gilbert), Sévaré (parking hôtel Via-Via), Bandiagara (jardin hôtel du cheval blanc), Ségou (parking hôtel de l’indépendance)
Retour Mauritanie : visa pris à Bamako.
La route de l’espoir est bien abîmée, surtout entre Aioun et Kiffa. Tintane est inondée mais on a pu passer en demandant conseil à un Mauritanien, la déviation est très sableuse.
En raison de l’insécurité, prévoir ses bivouacs. (les policiers sont accueillants…)
Retour Maroc :
Traversée : 55 euros. (Ccar + passagers)
Attention : on a eu un clandestin qui s’était enfermé dans les WC du camping-car. Heureusement pour nous (et pour lui), les douaniers espagnols ont mal contrôlé.
Quoi faire pour éviter cela ? rester dans le véhicule pendant la traversée ?
Impressions :
Trois mois, ça passe vite, mais nous voulions retrouver nos deux grandes pour noël.
Néanmoins, nous avons aimé la douceur de vie africaine, apprécié le français parlé un peu partout (sauf au Ghana) qui facilite les échanges, adoré la nourriture, les bières, les paysages, la chaleur et les Africains.
Bref, l’Afrique où tout semble possible est une région facile pour les voyageurs en véhicule.
Plus de photos sur notre site : periple.org
photo venezuela

Jacqueline Bizet
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Photo Syrie

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Carnet de voyage
Difficile en quelques lignes de relater ce superbe voyage de trois semaines, dans un pays grand comme deux fois et demie la France. Mon choix va donc aller aux populations indiennes : peuples vivant essentiellement du fleuve et de la forêt, témoins authentiques d’un monde encore préservé… pour combien de temps ?
Ce qui caractérise ces populations, c’est avant tout leur mode de vie en profonde relation avec l’EAU. Nous allons entrer sur le territoire des Indiens Piaroas, Panarés, Pémons et Waraos.
Nous quittons les villes, oublions les Andes, les Llanos et leurs multiples oiseaux et… c’est à bord d’une pirogue que nous remontons un rio pendant plusieurs heures pour arriver à notre premier campement chez une famille piaroa. Le lieu est paisible ; les enfants nous observent avec tout notre attirail et le lendemain matin, en visitant la maison nous les retrouverons installés devant… la télé ! évolution technologique oblige. Un peu de forêt brûlée et c’est un champ de manioc qui voit le jour. Ananas et bananiers poussent à l’état sauvage sans oublier une superbe fleur qui répond au joli nom de « lèvres d’indienne »
C’est notre première sortie nocturne en pirogue mais les animaux seront-ils au rendez-vous ? ... encore faut-il savoir les trouver !
Comme la nuit tout est tranquille, les animaux s’approchent de la rivière pour boire. Les caïmans sortent de leurs cachettes et il est plus facile de voir leurs yeux briller à la lueur de la lampe frontale.
Jonathan, notre guide accompagnateur, recherchera avec énergie et connaîtra un franc succès après avoir attrapé un anaconda et de nombreux caïmans ! Mieux vaut être amie avec ces bêbêtes-là alors je me hasarde à caresser la peau de ces reptiles…
En plein air, sous un toit de palmes, je m’endors dans un hamac recouvert d’une moustiquaire : un silence « touffu » quelques chants de cigales et une humidité permanente me rappellent la proximité de la forêt.
Mais ce ne sera véritablement que lors d’une petite randonnée, que je mesurerai ô combien cette forêt amazonienne est omniprésente car nous pénétrons dans un milieu beaucoup plus hostile. D’abord d’affreux moustiques répondant au nom de « pourri pourri » et ignorant totalement nos bombes anti-moustiques prennent un malin plaisir à décorer toute partie du corps non protégée ! Ensuite l’humidité ambiante (95%) nous accompagnera tout au long de la balade et enfin la dernière montée par une chaleur orageuse et sans aucune ombre découragera une bonne partie du groupe… ceux qui préfèrent rechercher les belles fougères, les lianes, la fleur qui permettra à une femme enceinte de savoir si elle attend un garçon ou une fille et surtout l’animal devant qui je ne fais pas la fière, je veux dire la tarentule ! charmante bestiole aux poils urticants et qui peut vous cracher une poudre blanchâtre en visant … les yeux ! La forêt est difficile à décrire tant les végétaux s’enchevêtrent. Multiples orchidées accrochées aux troncs d’arbres géants qui eux, peuvent atteindre 50 m de hauteur.
Le soir, le chaman prépare le YOPO sorte de poudre à priser qui, insufflée, produira en plus d’une extrême fatigue, quelques hallucinations virtuelles parmi certains membres de notre groupe : l’un se voit transformé en singe et l’autre en perroquet… Qui dit mieux ?
En réalité, cette cérémonie a lieu lors des fêtes ou pour demander une guérison. Le chant du chaman éloignant les mauvais esprits, j’ai parfaitement dormi dans mon hamac… une fois n’est pas coutume !
Par la route nous rejoignons un village panaré et, à notre arrivée, femmes et jeunes filles disparaissent comme une envolée de moineaux … pour mieux se cacher. A la nuit tombée, elles réapparaîtront devant la maison. Plutôt fermées au premier abord, elles retrouveront rapidement le sourire. Etonnantes ces attitudes car nous ne sommes pas les premiers étrangers à venir dans ce village.
A l’école, le lendemain matin, l’accueil par le maître est chaleureux. C’est le gouvernement de Hugo Chavez qui a développé l’enseignement pour les enfants indiens prenant en charge :
- le salaire et la formation du maître (issu de cette communauté indienne)
- le local et le mobilier
- l’uniforme
- les fournitures scolaires individuelles
L’enseignement se fait dans les deux langues : panaréen et espagnol.Nous reprenons la route et notre minibus s’arrête… devant quatre grosses tortues suspendues à côté d’un régime de bananes. Il s’agit de tortues charbonnières qui ont été capturées pour être vendues puis mangées lors de la semaine sainte. Les vénézuéliens en raffolent et les considèrent comme du poisson. Ce n’est pas vraiment de notre goût et nous nous cotisons pour acheter ces malheureuses bêtes que nous relâcherons beaucoup plus loin.
Le lendemain, nous survolons la chute la plus haute du monde (979m) ainsi que les fameux « tepuys » étranges montagnes tubulaires façonnées par l’érosion. Nous atterrissons dans le parc national de Canaïma, domaine des indiens pémons qui, aujourd’hui, vivent surtout du tourisme. Le terme pémon signifie en fait « être humain » Attention ! demander à un indien s’il est un pémon revient à lui demander s’il est un être humain… de quoi le vexer !
A l’origine, ce sont des hommes de la savane, des agriculteurs qui pratiquent la culture sur brûlis dont les conséquences écologiques risquent d’être graves. Ils ont bénéficié des programmes du gouvernement et vivent dans des maisons moins traditionnelles certainement plus confortables avec, au centre du village : écoles, crêche et église.
Notre dernière halte nous conduit chez les Waraos, où nous vivrons au rythme du fleuve Orenoque et de son delta (25 000 km² et plus de 300 canaux formant un véritable labyrinthe fluvial). Toute la vie humaine se déroule le long de ses rives et l’unique moyen de transport est la pirogue. Nous laissons aux singes, reptiles et oiseaux de toutes sortes l’immense forêt.
Les Waraos (littéralement « peuples des pirogues » une des ethnies les plus anciennes du Delta) seraient environ 24 000. De passage, nous n’aurons guère le temps d’approfondir leur mode de pensée : une délicate harmonie entre l’homme, la nature et les êtres surnaturels qui régirait le monde. Peuple de pêcheurs et de chasseurs, ils vivent sur les rives inondées quotidiennement par le flux des marées dans des maisons construites sur pilotis à environ deux mètres du sol. Pas de murs seulement un toit couvert de palmes et un sol constitué de troncs posés les uns à côté des autres. Excepté une cuvette en plastique, quelques vêtements et des hamacs, les waraos ne possèdent rien. Ici, pas de superflu !
Dans ce petit coin perdu, la nuit est loin d’être silencieuse mais bruit d’une multitude de rumeurs indéfinies : outre le murmure de la rivière, la forêt qui nous entoure nous imprègne de mille chants et d’odeurs, de multiples sons… à croire que les animaux ne dorment jamais !
Vers 4h du matin, un hurlement d’abord sourd puis de plus en plus fort et rauque se fait entendre, bientôt repris en écho… ce sont des singes hurleurs !!! alors, au petit matin, nous voilà partis en pirogue à la recherche de ces primates qui, comme par hasard, seront muets et bien cachés dans les feuillages !!!
Nos regards se porteront sur un superbe plumage noir sur le corps, blanc dans le cou et avec ce bec orange et noir si caractéristique…
vous l’avez reconnu, c’est le toucan !
Il n’est pas de Warao sans sa pirogue en bois construite à partir d’un tronc unique creusé et incendié à l’intérieur afin de l’ouvrir et d’en étirer les côtés. Avec sa pagaie en bois, le warao fait glisser silencieusement sa pirogue. Derrière un premier front de palétuviers mi-arbres, mi-roseaux, une rangée de palmiers ondule et craque au gré des brises. Au delà, c’est l’univers du flasque, du visqueux et de l’évanescent, c’est la mangrove. Equipés de bottes, nous pénétrons à nouveau dans cette jungle luxuriante avec Julian, notre guide warao, pour apprendre à reconnaître et utiliser certaines plantes … des fois qu’abandonnés, on en aurait besoin pour survivre ! Surtout pas de panique si nos bottes s’enfoncent dans ces terres regorgeant d’eau et de végétaux en putréfaction … et bonjour les odeurs nauséabondes !!! Au passage, ne jamais prendre appui sur une branche, certaines sont couvertes d’épines qui enfoncées dans la peau, se casseront, avec infection garantie… . C’est ça l’hospitalité tropicale!
En quelques coups de machette très précis Julian arrache l’écorce d’un palmier MORICHE, véritable arbre de vie pour les waraos : du cœur on extrait la farine pour faire le pain, les troncs servent à l’armature des cases, les feuilles sont tissées en hamacs ou en toits. Julian recueille très délicatement de gros vers blancs (larves pondues par des scarabées) incrustés dans le bois et que j’avale tout vivants… que des protéines dit-on, mais sans aucun goût! Une vraie gourmandise de luxe pour les waraos. Je laisserai à d’autres le plaisir de déguster des termites toutes crues. En revanche, s’en frotter le corps est le seul anti-moustiques vraiment efficace ! Quelques mètres plus loin, Julian abat un jeune palmier et l’éventre pour en extraire le cœur. Je me régale. Rien à voir avec ce que l’on nous vend en France !
Le séjour touche à sa fin. Nous repartons avec les images de ces milliers d’espèces végétales et animales. Nous n’oublierons pas toutes ces rencontres et comprenons mieux l’importance de la forêt tropicale, les difficultés auxquelles sont confrontés les Indiens pour garder intacte leur authenticité, préserver leur mode de vie, leurs coutumes et leurs croyances.
Harmonie, émotion, mystère : trois mots qui pour moi, caractérisent ce voyage.
Jacqueline Bizet, mars 2010
Photo île de Pâques

Gérard Rastello
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Carnet de voyage
Le sachant un mois avant mon départ je m'empressai de réserver une place dans un avion sur Lan Chili qui a le monopole des vols. (L'île de Pâques fait partie du Chili).Après cinq heures de vol on atterrit sur une grande piste (faite par la Nasa en cas de problème de décollage de la navette).
Je découvre un tout petit aéroport en bois avec déjà des motifs tout le long de la piste qui mène à l'embarquement et je retarde l'arrivée pour le plaisir.
On ne contrôle pas mes billets et on m'accueille en souriant. On voit que l’on a changé totalement de la cité de Santiago et de sa vie à toute allure pour arriver dans le calme d'une île.
Accoudés au comptoir d'enregistrement des pascuans hommes et femmes (les femmes ont des fleurs dans les cheveux) avec des noms de personnes qu'ils attendent.
J'avais réservé chez Pantu Tepano qui m'attendait dehors. Il était avec une petite fille qui avait un collier de fleurs qu’elle a mis autour de mon cou.
Pantu est un colosse bien plus grand que moi qui fait 1,80 m avec des mains très larges et un seul mot « holà ». Il m'emmène chez lui où j'avais réservé une semaine en demi-pension. Là-bas pas de route que de la piste, chez Pantu, c'est à 20 minutes à pied du centre d'Hanga Roa, la seule bourgade de l'île avec des statues tout le long.
Il 'y a 3 grandes chambres dans trois petites constructions en bois autour d'un corral où tous les matins j'allais voir Pantu qui regroupait ses chevaux (il en a 60) pour la promenade.
Gérard Rastello.
Festival Voyager aurement à Niort
28 mars 2010, à Magné, près de Niort (79)
Notre 2è forum s’est déroulé dans l’enthousiasme et la convivialité.De nombreuses personnes sont venues avec une envie de connaître notre démarche et association. Nous avons de nouvelles adhésions ou bien d’autres personnes ayant le désir, dans un premier temps, d’être informés de nos activités…
Les discussions ont été passionnées : de riches échanges aux différents stands des voyageurs, de nombreux conseils aux futurs voyageurs les encourageant à partir avec « leur sac à dos ».
Les projections ont fait salle comble et toujours suivies de débats intéressants :
Les visiteurs ont pu ainsi voyager sur différents continents, donnant envie à certains de prendre bientôt les chemins du voyage… Argentine, Asie Centrale, Birmanie, Ecosse, Géorgie, Himalaya, Inde, Indonésie, Japon, Polynésie étaient au rendez-vous…
Le Forum des voyages « Voyager autrement, mode d’emploi »
d’ABM Poitou-Charentes commence à prendre ses marques, nous pensons déjà au prochain forum !

Nous avions un invité de marque : « Un Trishaw de Birmanie » !
Nicole Wurtz

















