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vendredi, 23 mars 2018 10:59

Aux sources du Mekong

François revient d'un périple en Asie du sud-est, il nous en dévoile les contours :

 Bangkok

Premier matin à Lamphu house, notre guest-house, près de Khao San Road, le quartier routard du centre de Bangkok. Nous sommes arrivés hier soir après 15h 30 de vol, dont une escale à New Delhi, et je ne sais plus combien de décalage horaire.

La cour est sympa avec des fauteuils en rotin, des buissons de fleurs et de verdure et des chats maigres, siamois évidemment. Elle est vaste cette cour, à peine occupée par quatre ou cinq mobylettes, quelques vélos, une voiture dans un coin, et ombragée. Quelques westerners sont accrochés à la Wi fi et à leur téléphone qui charge, exactement comme moi. Les tous petits enfants du personnel tournent en rond sur leurs vélos. L’odeur est chaude, moite comme tout le reste, un peu boisée aussi, c’est incroyable en centre-ville, un peu café allongé, ça c’est le bar juste à côté de moi, un peu baume du tigre, rapport au salon de massage dans le passage d’entrée. Le ronronnement incessant vient des ventilos et de la ville tout autour.

Un scooter vient de rentrer dans la cour, « Airport... airport... » annonce le gars. Un jeune couple avec deux sacs à dos conséquents l’appelle et ils le suivent. Non ce n’est pas possible, l’aéroport est bien trop loin pour le scooter... ok, il va simplement les diriger vers un bus forcément garé en dehors des rues grouillantes d’ici.

On a envie d’utiliser les navettes fluviales pour se balader dans Bangkok, on a envie du paysage de buildings au loin et de boui-boui sur pilotis tout près, du va et vient des bateaux tout fins qui filent, des trains de trois ou quatre grosses barges tirées par un petit remorqueur. Vaguelettes d’eau marron et grosses touffes vert brillant de lotus flottants. Une fois que l’on a repéré l’accès aux pontons, plutôt dissimulés dans des ruelles encombrées d’étalages de souvenirs, on n’utilise plus que les navettes et aussi beaucoup la marche à pied, largement dix kilomètres chaque jour au compteur de pas.

Le grand palais royal, What Phra Kaeo, est pas mal, à la fois kitsch et somptueux, avec de grands stupas dorés.
Le grand bouddha allongé du What Pho est vraiment sympa, on en fait le tour lentement, après s’être déchaussés bien sûr. Sourire goguenard de cet énorme bouddha lui aussi doré, que l’on voit de très près. Il est impressionnant, un peu à l’étroit dans son temple. Beaucoup de touristes, dans une ambiance respectueuse. Le cliquetis des piécettes qui tombent dans les vases d’offrandes tout le long de la galerie, on peut acheter un petit bol de piécettes pour 20 baths.

CuisineLes deux rues du quartier de Khao San Road s’animent le soir, c’est une succession de restos, de bars plus ou moins clinquants, de néons, de boutiques de fringues, de tatoueurs. La rue est pleine d’une foule de vendeurs qui interpellent gentiment, de stands de brochettes, de cuisines à roulettes de soupes de nouilles ou de brochettes, de vendeurs de scorpions grillés en mini brochette, à manger peut-être ou à garder comme trophée ?

On observe la foule des touristes, plutôt jeunes, en débardeur, une bouteille de bière à la main, souvent lourdement tatoués, barbe de quelques jours, suants. Il y en a de plus âgés, bedonnants, plus fatigués, les tatouages délavés par les années, toujours suants. Je suis content d’avoir échappé au tatouage.

On repère des groupes de chinois, qui suivent sagement leur guide. Stéphane me fait remarquer de très très jeunes filles asiatiques, chinoises ? Peut être coréennes ? proprettes et autonomes, une glace au lait de coco à la main, elles s’amusent aux portraits avec leurs portables sur manches télescopiques.

Demain départ pour Ayutthaya, d’abord traversée de Bangkok en navette fluviale, puis un ou deux kilomètres de marche sac au dos en ville, puis deux heures de train omnibus.

Lop Buri, 140 km de Bangkok.

Comme Ayutthaya hier, Lop Buri est une ancienne capitale du royaume du Siam.
C’est là qu’en 1675 a été reçu très favorablement une ambassade de Louis XIV.
Du coup cela mérite bien une petite visite au musée national de Somdet Phra Naraï, au centre de la ville historique, dans une large boucle de la rivière.
Le musée montre l’implantation humaine depuis l’époque de la pierre taillée, puis l’âge du cuivre... jusqu’aux splendides petits royaumes rivaux de cette grande plaine de culture du riz, au centre des multiples royaumes guerriers de l’ensemble de la péninsule indochinoise.
On nous explique que l’influence des khmers d’Angkor diminue au cours des siècles et que les birmans prennent de plus en plus d’influence à coup de destructions de villes.
Lop Bhuri
Beaucoup de statues de Bouddha dans le musée, en pierre, en bronze, assez grandes ou minuscules amulettes : on finit par reconnaître le sourire « Khmer » des statues : bouddha au visage carré, bouche large et chignon de lotus sur le sommet du crâne.

Les palais en ruines de Lop Buri, en briques rouges, gardent une disposition carrée, une enceinte et quelques stucs qui rappellent Angkor. L’enclos à éléphants est debout, bien restauré, un arbre énorme et magnifique au centre.

Mais la vraie attraction de Lop Buri ce sont les singes, des macaques, partout dans la ville. Un temple, en briques noirâtres et en ruine, leur est dédié. Ils sont vaguement protégés, et il parait qu’il y a un jour de fête en leur honneur, ils sont alors les enfants de la divinité et tout et tout. Bref une partie de la population leur apporte du pain ou des sacs de vieux légumes, une autre se tient bambou en main pour protéger son étalage, voire leur tire dessus des petites billes dures avec une kalachnikov en plastique quand ils s’approchent de la boutique.
Les touristes achètent des graines de courges pour les singes et on vous donne, en même temps que le ticket pour le fameux temple, une badine bien utile quand ils commencent à se poursuivre et à grincer entre eux ou s’intéressent d’un peu trop près à vous.

Ce matin dans la rue on était moins méfiants, et on s’est fait chaparder un sac plastique que Stéphane tenait à la main. C’était une vraie attaque, concertée à plusieurs, vaguement inquiétante. Pour récupérer nos mangues, il a fallu se disputer ferme avec un petit pas, sympa du tout, qui nous montrait les crocs.

Stéphane est ravi : nos chambres ce soir donnent sur les toits où les singes gambadent. Ils viennent grimper sur les grilles de nos fenêtres et mangent du pain dans la main.
Sous la petite pluie de cet après-midi, ils arrêtent un peu de courir sur les fils électriques en couinant, de s’épouiller avec langueur et de s’enfiler chacun leur tour, furtivement, en regardant ailleurs... pour venir se blottir tendrement tête contre épaule par petits groupes de deux ou trois, les tout petits au centre.

Noom’s guest-house est une adresse à retenir, une adresse typique routard.
Nos chambres sont à 250 baths (moins de 7 €), elles donnent sur la rue et le traffic des scooters est un peu bruyant.
Chambres spartiates, murs blanc-rose, rideaux à fleurs délavés et déco absente, les matelas sont fermes, tout est ok.

Chez nous c’est escalier en bois un peu branlant et ventilo chuintant qui tourne au plafond, mais il y a des chambres avec une vraie clim, qui donnent sur une petite cour sympa encombrée de plantes en pot, de belles verdures grimpantes en liberté, de quelques totems colorés et de vieux vélos déglingués déco.

Dans la salle de resto, boiseries défraîchies et tentures, un billard tout neuf et un piano dans un coin, mais personne ne joue pour le moment. Aux murs des publicités manuscrites pour des excursions à la journée : ni la “foot print” sacrée du bouddha, marque naturelle sur le rocher, ni la grotte aux innombrables chauve-souris ne nous tentent.

Le patron, Noom, est accueillant, les serveuses, T shirt uni et jean coupé aux genoux, sont sympas et plutôt discrètes.

Il flotte dans ma tête l’idée des années 60/ 70 et des GI’s en permission... les gars qui parlent fort et américain à côté de nous seraient les fils ? imagination !!
De jeunes hommes thaï fluets, l’air très doux, nous sourient... on évoque Proust et le mot giton, dont on a un peu oublié le sens, péjoratif ou pas trop ?

Pour nous c’est “curry porc ou chicken, sauce lait de coco légèrement spicy”, il en existe plusieurs variantes, jaune rouge ou vert, un délice à chaque fois. Pour nos voisins on voit passer l’inévitable international spaghetti bolognaise et d’énormes hamburgers frits. Bières thaï bouteille ou pression de 500 ml pour tout l’monde.

On revient surtout pour la musique des années soixante-dix ou quatre-vingt : Bob Marley, Santana, Dire strait, Steppen Wolf, Pink Floyd .... Les psychédéliques qu’on avait un peu oubliés.
Stéphane reconnaît le titre et le groupe aux premières mesures, souvent le nom du leader et même l’année, il anticipe le solo de guitare et on chantonne en cœur.

On serait bien resté une nuit de plus, mais on n’a bien sûr rien réservé, et c’est complet. Allez, on va prendre un mojito pour changer de la bière !

Jusqu’à l’arrivée à Chang Raï

Lors de mon précédent voyage en Thaïlande.... en sortant d’un petit temple isolé dans la campagne, une vieille femme vendait de petits oiseaux en cage.
Elle nous avait fait comprendre qu’il s’agissait de libérer le petit oiseau en échange d’un mérite ou d’un vœu.
J’avais été ému quand elle avait accompagné Héloïse dans son geste et que l’oiseau avait disparu dans les airs vers les grands arbres.
Le don de la vie, le don de la liberté et la façon simple d’en transmettre l’idée m’avaient touché.

J’ai retrouvé cela au marché qui entoure le temple de Way Phra Si Ratana à Phitsanulok. Ici ce sont des sacs transparents de petits poissons qui sont vendus pour être relâchés dans la rivière juste à côté, en bas d’une longue série de marches. Il s’agit de demander des grâces en les libérant : les bigorneaux pour le bonheur en amour, les petites anguilles pour chasser le chagrin et les poissons argentés pour la prospérité. Je ne résiste pas à cette idée de liberté et j’ai plaisir à voir disparaître dans les herbes les petites anguilles, surtout en hommage à toutes les anguilles fumées que j’ai dégustées.

Jusqu’à Phitsanulok, nous avons voyagé en train, deux fois deux heures puis quatre heures, très facile ! Charme désuet des wagons et des gares, ambiance bon enfant et pour se distraire les vendeurs qui déambulent dans l’allée centrale panier au bras, et qui sans arrêt proposent de l’eau, des plats avec du riz, des fruits découpés ou des sucreries un peu mystérieuses que j’ai envie d’essayer.

Aujourd’hui c’était le bus jusqu’à Chang Raï, tout au nord du pays. Les heures d’attente au départ à cause de l’horaire modifié, les huit heures de bus bruyant et les derniers kilomètres agrippés stressés dans un tuk tuk parce que trop speed le gars... pour arriver enfin au centre ville, fatigués et un peu éberlués.

On découvre Chang Raï à la nuit noire, on est crevés et je trouve la ville moche et beaucoup beaucoup trop de touristes. Je regrette Phitsanulok et sa tranquillité provinciale, quand nous étions les seuls de notre espèce.

À la recherche d’une guest house, on remonte Jet Yod road où s’alignent les bars, qualifiés joliment par le guide du routard, de bars à filles. Elles nous interpellent tout le long de la rue d’une voix un peu haut perchée « hellooo... massaaage... ». Plus imposantes que jolies, il nous faut répondre d’un geste ou d’un sourire et elles nous paraissent ... je dirais encombrantes.

Je me réconcilie avec Chang Raï pendant notre balade au marché de nuit. Il y a toujours autant de bibelots et de tissus pas vilains, beaucoup de touristes mais ce n’est pas vraiment la foule et on s’y est déjà réhabitués. Le hot-pot au porc et poulet dans un brasero en terre est délicieux et la scène de musique et de danses thaïlandaises, avec la lune presque pleine au dessus, c’est très agréable.
à suivre ....

Les gorges du Mékong

On est à Pak Beng, c’est l’étape obligée à peu près au milieu du parcours de deux jours en bateau.

Petit dej sur la terrasse de la guest-house, avec vue sur le fleuve. Café noir et cigarette locale pour Stéphane, soupe au lait de coco, avec des pommes de terre, et thé vert pour moi. Le petit chat câlin de la maison nous glisse entre les mollets.

Le soleil se lève dans la brume au dessus des collines bleutées qui enserrent le Mékong marron clair. Sur la berge en face on devine deux éléphants qui traînent avec leur maître.

Un bateau de transport descendant fait de lentes manœuvres pour accoster au port face au courant. Le port... ce sont une douzaine de longs bateaux de passagers qui paraissent accrochés en grappe, une autre grappe de transports où des hommes déchargent à l’épaule des sacs de ciment, et une large route en béton gris qui remonte dans le village.
Un minuscule speed boat aux couleurs fluos file, suivi d’une gerbe d’écume, les cinq ou six passagers portent curieusement un casque intégral, pas très rassurant.

Les brochettes fumantes et les étals des échoppes nous attirent, c’est vrai qu’il nous faut des provisions pour la journée en bateau. Saucisses et cuisses de poulet enveloppées dans une feuille de bananier, baguettes de pain héritage français, en fait plutôt une brioche allongée et spongieuse. Dans un sac plastique, une petite soupe d’épinards au gingembre, à moins que ce soit une salade, on verra bien, et des petites bananes. On s’y perd avec la monnaie laotienne, cent mille kips valent dix euros.

On est en saison sèche, la marque des plus hautes eaux est parfois huit-dix mètres au dessus. Le Mékong n’est souvent pas très large, 100 mètres à peine, mais quelquefois beaucoup plus. Les énormes remous et les contre-courants derrière chaque rocher sont impressionnants. Des amas de roches noires aiguës sont alignées dans le sens du courant, des écueils pointus à fleur d’eau. Le bateau louvoie dans le courant principal, roule un peu dans les vagues, hier je trouvais cela un peu inquiétant mais aujourd’hui ça va.

Avec le vent de la route il fait froid, pull et coupe-vent suffisent à peine. La petite fille laotienne assise à côté de moi, est enroulée dans sa couverture rose hello-kitty, elle mange des springles, elle s’ennuie. Aujourd’hui on s’est prudemment installés à l’avant du bateau, loin du moteur assourdissant et on profite bien plus du paysage.

Le fleuve tourne entre des collines escarpées couvertes de jungle un peu brumeuse, la plupart du temps c’est désert et sauvage, on suit le trajet sur la carte. On distingue des bananiers, quelques plantations d’hévéas, droits et bien alignés, déplumés à cause de la sécheresse.

Rarement un village, aux toits de tôles rouillées et murs de bambous, un marché de quelques toiles sur une plage avec les petits bateaux fins amarrés et les gamins qui font des signes. Des jardins, entourés d’une palissade de bambous entrelacés, descendent sur les dunes.

Loin des villages, on voit des orpailleuses, dans l’eau jusqu’aux cuisses, qui tournent leur battée, des vaches, des buffles blancs et des chèvres en liberté le long de la berge.

Le Mékong, paraît-il le 5 -ème plus long fleuve du monde, traverse ici un mélange de collines escarpées couvertes de jungle et de campagne perdue.

Les collines s’adoucissent, le fleuve s’élargit, et c’est toujours autant campagnard. Il est 17 h et on arrive à Luang Prabang.

Luang Prabang

Assis au pied du stupa au sommet de la petite colline de Phousi on voit bien le site de la ville : le Mékong, doré, majestueux et le méandre de la rivière Nam Kham qui enserre la ville ancienne. De la verdure partout, quelques palmiers qui flottent, de vastes temples avec leurs cours blanches et leurs toits à étages et, à perte de vue...aucun immeuble.

Sur les marches en descendant la colline je retrouve les petits oiseaux à vendre. Au plumage des ailes légèrement différent je comprends qu’ils sont « boy and girl » comme le précise la vendeuse. Aussitôt libérés les petits oiseaux s’appellent frénétiquement d’une branche à l’autre, ils se cherchent !

À Luang Prabang, quasiment pas de construction de plus d’un étage, des rues droites et des maisons coloniales françaises bien restaurées. Pour la frime, une traction avant flambante, comme neuve, est garée devant l’ancienne maison du district. Sur le fronton, à gauche le drapeau laotien, à droite le drapeau rouge faucille et marteau.

Le Palais Royal, vieillot, actuellement un musée, est fermé. Le jardin avec ses palmiers maigres, ses allées et ses massifs à peu près taillés est digne d’un film nostalgique.
Nombreux temples un peu tous identiques : la cour, le ticket d’entrée, les dragons accueillants, les logements des bonzes derrière sous des arbres, le panneau “take off your shoes “ celui avec « donation for monks ».

J’aime entrer pieds nus dans la pagode, son plafond sombre rouge et doré, ses colonnes et la forêt de bouddhas de toutes tailles debout ou assis, de chapelles, de cierges et d’offrandes, le tout surmonté par un grand bouddha d’or au sourire tranquille.

Il fait froid ici, ciel couvert, 15-18 degré, on a tous nos habits sur le dos et c’est un peu juste. On n’est pas seuls à avoir froid, sur le pas de leurs maisons les laotiennes sont accroupies ou assises sur de petits tabourets groupés autour des feux de bois, en ville autour des braseros, et les petits enfants dorment sur des nattes près des feux, enroulés dans une couverture.
Les bonzes, un bonnet safran enfoncé sur la tête, sont assis devant leur cellule autour d’un petit tas de braises, un chat s’y réchauffe aussi. Il flotte dans toute la ville une odeur de feu de bois.

On prend la pirogue passager pour passer sur la rive droite et c’est tout de suite la pleine campagne, les maisons de bois et les routes de terre. Balade dans les sous bois jusqu’à la grotte sacrée de Sakarindh : il n’y a plus d’électricité et un petit garçon nous prête des torches en plastique et nous accompagne. Temple de Wat Long Khoun, Bouddha en ciment doré et escalier qui descend droit jusqu’à la berge du Mékong. On cherche et on finit par deviner sur le mur du temple les anciennes fresques aux femmes opulentes « qui témoignent de l’illusion du monde avant l’arrivée de Bouddha dans la vie réelle » (dixit le guide).

Sur le chemin du retour on déjeune d’une omelette aux herbes dans une gargote. Odeur du feu qui couve et odeur du bois coupé travaillé : juste en dessous, des hommes scient et rabotent, ils assemblent le fond d’une pirogue.

Coucher de soleil sur les collines bleues, le Mékong et les rochers, on apprécie les sympathiques et frêles passerelles de bambou.

À peine la nuit tombée, le marché de nuit s’installe, impeccablement aligné dans la rue principale. Les étalages de souvenirs, de bibelots, d’étoffes, de cartes. On cherche quelques petites choses qui pourraient faire plaisir au retour, sans beaucoup d’énergie. Discuter, diviser le prix par deux, tout ça nous fatigue à l’avance. On aperçoit des chinoises bien plus habiles que nous, qui marchandent, s’éloignent, sont rappelées, reviennent ... et font affaire.
Les prix qui varient, les billets qu’il faut soigneusement recompter, les petites taxes à chaque entrée de temple finissent par nous agacer.

Comme d’habitude on s’inquiète de savoir où manger seulement quand on commence à avoir faim. On discute un peu du lendemain, très très peu de ce qu’on fera dans deux jours. Stéphane, guide du routard bien en main, est le maitre? de la route.

Demain matin, trois heures de minibus pour le village de Nong Khiaw au bord de la Nam Ou.
à suivre...

Treks à Noung Noï

Ce matin une heure de bateau, accroupis, serrés avec d’autres touristes, pour débarquer à Noung Noï, encore plus au nord, un peu plus en montagne. C’est la seule façon d’y arriver, même si sur la carte il existe une piste que j’évalue à 40-50 km.

Une seule rue, alternativement poussiéreuse et boueuse, beaucoup de guest-houses et d’échoppes mais pas grand chose à vendre. Le routard, toujours dans la catégorie “très bon marché”, nous guide vers chez Nickas. Un bungalow pour nous, avec balcon au dessus de la rivière, feuilles des bananiers à toucher et paysage de collines escarpées couvertes de jungle.

Grandioses ces hautes collines karstiques, avec plusieurs plans de gris bleu dans la brume. Des rochers, des pans de falaises, de grands arbres dépassent de la forêt moussue. Au pied d’une falaise on visitera la grotte où les habitants se réfugiaient pendant les bombardements américains en 67-72.

C’est exactement la couleur vert bleu et les crêtes déchiquetées des paysages d’estampes chinoises et japonaises, le symbole de la montagne. Juste devant, il ne manque ni la cabane isolée au milieu des rizières, actuellement toutes sèches, ni la famille de buffles. Une mobylette devant la cabane et un jeune homme ahuri confirme de la main quand je lui demande notre chemin.

Après la grotte, on poursuit la balade une dizaine de kilomètres jusqu’à Ban Nan. Sur la route, à chaque personne que l’on croise : « sabaïdee... » (bonjour-ça va) en trainant sur la fin, c’est notre seul mot en laotien.

Ban Nan, village Hmong aux maisons de bois sur pilotis, les murs sont en tressage de bambou. Coqs qui chantent, volailles qui grattent, chiens allongés et cochons noirs en liberté qui fouillent les ordures. Les enfants courent dans la poussière rouge et nous regardent du coin de l’œil, de loin. Deux femmes enveloppées dans leur sarong se lavent les cheveux au robinet entre les maisons.

Une bière dans la première petite échoppe. L’échoppe, c’est un volet relevé sur trois étagères, de l’eau, des cigarettes, des sachets de soupe chinoise, des rubans de dosettes de shampooing et de lessive et quantité de biscuits salés en sachet. Le vieil homme est ravi, sympa, il va nous chercher des verres dans sa maison et s’assoie avec nous. En anglais à peu près et avec les mains, on échange les informations essentielles sur la vie : nos noms, notre âge et combien d’enfants nous avons ?

Enhardis, on repart le lendemain pour une balade plus longue vers le village de Houay Bo, une autre ethnie. Marrant de traverser la rivière (petite ?) sur un pont d’un gros tronc abattu, chemin qui zigzague sur les murets des rizières à sec... on manque se perdre, sans l’aide de maps.me puisque mon portable est déchargé.

On rentre à la maison juste à la nuit tombante. Une douche bien agréable, en fait un filet d’eau un peu chaude, et on se retrouve sur la terrasse au dessus de la rivière Nam Ou, bière pour Stéphane et Lao whisky pour moi. Jeu de mémoire entre nous sur les innombrables BD, de quêtes et de luttes dans la jungle humide et hostile ; Tiger Jo, Jungle Jim, Kim Brazil.... Ceux qui savent sauront.

Van Vieng,

Van Vieng, c’est une toute petite ville entourée de belles collines déchiquetées, karstiques, couvertes de jungle, avec à peu près au centre, une large chaussée gravillonnée de 1,5 km de long, une ancienne piste d’aviation secrète de la CIA.

Il y a aussi une belle petite rivière courante, la Nam Song. Sur une de ses rives des hôtels et sur l’autre une longue plage de galets. Une ribambelle de mini terrasses de bois les pieds dans l’eau : des restos où les gens du coin viennent déguster des grillades, assis en tailleur autour d’une petite table et aussi lâcher des lanternes dans le ciel de la nuit, pour porter bonheur, bien sûr.

Ce sont peut-être nos soirées tranquilles tout près de la rivière qui nous ont fait bien apprécier Van Vieng, et rigoler de la foule de touristes.

Les jeunes touristes coréens adorent les buggys, ces petites voitures bruyantes. Ils sont sympas ces coréens, ils nous font des petits signes et des sourires malgré leur masque médical. À vélo sur les routes en terre, on arrive à leur pardonner le nuage de poussière des buggys qui nous dépassent.

Pour nous ce sont balades à vélo, grimpettes au sommet de la colline d’où la vue sur la vallée est magnifique, grottes vastes et intéressantes... et le « blue lagoon », piscine naturelle où nos amis coréens sautent et plongent en riant aux éclats, prudemment ou ridiculement équipés de brassières de sauvetage et de caleçons anti UV.

La descente de la rivière en kayak semble minable. On est un moment tenté par le tubing : descendre la rivière, doucement allongé sur une chambre à air de camion. Trop sage maintenant, me dit Stéphane, qui raconte les années folles de Van Vieng en 2005, où le tubing, arrosé de beaucoup d’alcool le long du parcours, était une attraction dangereuse ! (« I survived Van Vieng tubing ! » était la devise).

Le comble est à venir : de grands panneaux annoncent l’ouverture bientôt d’un parc aux dinosaures ? Soon opening c’est marqué !... mais personne ne sait ni quoi ni où.

*****

Mais je n’ai pas présenté « sérieusement » le Laos, et cela doit vous manquer ?

Petit pays de 7 millions d’habitants, à 70 % rural.

Petit pays arrosé par les bombardiers US. Il reste des millions de bombes à fragmentation non explosées, (UXO) toujours enfouies, plutôt du côté Viêt Nam, dans la plaine des jarres et le long de la piste Ho Chi Minh.

Petit pays enclavé entre deux puissants voisins, la Thaïlande et le Viêt Nam, chacun dix ou quinze fois plus peuplés. L’ensemble étant surmonté de l’énorme Chine bienveillante et redoutée.

Et le Mékong qui parcourt le pays du nord au sud, le plus souvent il est la frontière avec la Thaïlande. L’eau du Mékong est un enjeu régional bien sûr,

On nous parle des gigantesques chantiers d’autoroutes et de TGV qui vont traverser le Laos, joindre Kunming au Yunnan en Chine avec Bangkok et même Singapour. Ils ont démarré, capitaux chinois et chantiers chinois bien sûr, l’inauguration serait même prévue pour 2021... Il y a aussi une autoroute en projet vers Hanoï, un train et un accès à la mer avec les Viêt Namiens. Le long des routes, on voit de grands chantiers et des barrages avec d’immenses panneaux bilingues, chinois-Lao.

Notre interlocuteur, Philippe, un français installé ici depuis dix ans insiste : « cette semaine, vous allez voir, avec le nouvel an chinois... des gros 4x4 qui se suivent, avec des plaques bleues, c’est les chinois, ils viennent ici en vacances ! la frontière n’est qu’à 450 km, c’est rien !»

Ça reste très très paisible ici, et je vous souhaite à tous un très bon nouvel an chinois, avec les tambours, les dragons de papiers qui ondulent, et les lanternes rouges dans les rues.

Vientiane, la fin du voyage

Je suis à Vientiane depuis hier.
J’ai toujours bien aimé la sonorité douce et charmante, féminine, de “Vientiane”. D’ailleurs, ils écrivent « Vientiane-Capitale » sur les panneaux, pour faire un peu sérieux.

Stéphane a préféré rester plus au nord, dans la campagne, sortir du guide du routard, découvrir un bac improbable, explorer les zones les plus blanches de la carte du Laos.

Ma première visite est pour notre fil conducteur, le Mékong sur la belle promenade du centre ville. À part quelques jolis jeux d’eau, c’est un marché de nuit comme les autres, des gens du coin aussi à en juger par l’immense parking à mobylettes. Je suis un peu déçu, on est séparé du fleuve par une bande de terre herbue de 500 m de largeur au moins et l’eau est à peine visible, sans aucune activité vue d’ici.

Les noms des rues sont écrits aussi en français, c’est touchant. Des rues larges et ombragées, peu de circulation, quelques maisons du début du vingtième. J’ai lu que Vientiane est la capitale la plus tranquille d’Asie, ce doit être vrai !

Visite au Pha That Luang, grand stupa doré de carte postale, emblème national visible sur chaque billet de banque, puis au temple Wat Sisakhet, seul temple très ancien, 16ème siècle, bien restauré, et du Wat Ho Phra avec ses rangées de bouddha de bronze et de pierre aux beaux visages patinés par les caresses des fidèles.

Visite d’émotion au centre COPE qui s’occupe des victimes des bombes à fragmentation, en fait surtout du déminage des villages. Penser que des enfants, en grattant le sol pour récupérer le métal, sautent sur des bombes qui ont été larguées alors que leurs parents n’étaient pas encore nés.

Pour éviter les restos à touristes, je déjeune dans une gargote un peu sombre sur une rue transversale, ma deuxième soupe de nouilles de riz, après celle du petit déjeuner.

Agréable massage des pieds, mais j’ai beau être averti, ça fait rudement mal quand elle appuie sur la plante du pied avec une espèce de petit bâton rond...
Et la masseuse se moque de moi.

J’achète deux bouteilles d’eau et une grappe de petites bananes pour la route : ce soir je prends le train de nuit pour Bangkok... ça sent la fin du voyage.

> François Brun (Paris)
lundi, 19 mars 2018 15:02

Partir en voyage pour se ressourcer

Le temps passe et les journées se ressemblent. Entre le travail, la famille, les activités extra-professionnelles et les tâches ménagères, les foyers n’arrivent parfois plus à suivre le rythme. Leur cerveau travaille en permanence et ils ne trouvent pas le moyen de se reposer, se détendre et se ressourcer. Prendre quelques jours de congé peut faire un bien fou, mais partir en voyage reste le meilleur moyen de décrocher complètement de leurs habitudes.

Sortir du train-train habituel pour découvrir le monde

L’été, les individus pensent qu’il suffit d’inviter des amis, sortir son barbecue à gaz et préparer une soirée grillades pour pouvoir se détendre. Pourtant cela ne permet pas de décrocher complètement. Vous allez, certes, passer une bonne soirée, mais indéniablement, vos proches vous poseront des questions sur votre vie, votre travail et vos activités. Vous restez donc connectés à votre train-train, sans issue possible.

Les voyages sont présents pour casser ces habitudes et aider le cerveau à se reconstruire et à s’ouvrir aux autres cultures. En parcourant le Monde, les individus peuvent ainsi découvrir une nouvelle culture et revoir leurs idées. Le voyage est parfait pour l’ouverture d’esprit et la remise à question. En partant, les citoyens peuvent se rendre plus facilement compte de leur quotidien, de leur manière de vivre et de la façon dont ils peuvent casser les habitudes.

Durant un voyage, il est préférable de se couper des autres

Nous avons tous la fâcheuse tendance à garder tous nos équipements électroniques branchés. Entre les différents amis à qui nous souhaitons correspondre, les emails du travail qui arrivent directement sur notre téléphone et nos différents comptes sociaux qui restent allumés, il n’est pas toujours évident de pouvoir se ressourcer.

Pourtant, le cerveau a vraiment besoin de se reposer et de penser à autre chose. Se concentrer sur vous-même et votre famille doit être la seule chose à laquelle concentrer vos efforts durant ce voyage. Il est alors intéressant de prévenir votre entourage professionnel (voire personnel) que vous ne serez pas joignable durant ces quelques jours / semaines. Si des urgences sont à gérer, une autre personne pourra les gérer à votre place.

Prendre son temps pour faire ce qui nous plaît

Les voyages ne sont pas faits que pour passer du temps avec votre famille. Durant ce périple, vous devez pouvoir faire ce qui vous intéresse, quand vous le désirez. Alors, oui, cela peut être compliqué en fonction des personnes avec qui vous vous rendez, mais il est important que votre voyage ne se transforme pas en source de stress pour vous.

Les compromis existent dans toutes les situations. Si vous n’êtes pas d’accord pour vous rendre à tel ou tel endroit, alors n’y allez pas et essayez d’expliquer les raisons de votre refus à votre entourage. En parlant, cela peut être un grand pas et vous aider à faire comprendre aux autres que vous avez besoin d’espace et de vous détendre.

Les vacances doivent être du repos pour tout le monde. Respirer, regarder ce qui se passe autour de nous, découvrir des cultures que nous n’avons pas l’habitude de découvrir, converser avec les locaux nous aide à reprendre du poil de la bête. Grâce à des séjours comme ces derniers, chaque personne peut se détendre.

Partir pour se ressourcer ne résume pas à s’offrir un séjour dans un autre pays. C’est la manière dont nous vivons ce voyage qui fera que nous nous ressourcerons.
mercredi, 07 mars 2018 10:58

Bac Ha se mérite !

En effet, partis de Sapa, à 13h30 nous y arrivons vers 17 h.

Vous nous direz . Tout ça pour un marché ! Ah oui mais quel marché !

La veille, pratiquement personne dans les rues et le matin dès 6h, ils sont tous là avec toutes sortes de marchandises !

Les épices embaumante, le curcuma, les poivres noirs, gris, blancs, l’anis étoilé enivrant, et puis tant d’autres ignorées de nous, les piments par centaines de kilos. Le gingembre frais ...On n’a pas pu résisté...

Les cannes à sucre débitées à la demande ...

Les herbes fraîche, menthe, basilic......Les sacs de thé, les plantes médicinales...

Les orchidées avec leurs racines nues pour les jardins futurs.

Tous les légumes possibles! La patate douce si goûteus. Les champignons qui sont à toutes les sauces dans ce pays si extraordinaire, et les choux, matière première avec le riz pour confectionner le repas.

Deux mètres plus loin, le chanvre indigo est prêt pour les futures tisseuses ...

Vous voulez une aiguille à coudre? Regardez bien la grosseur du chat, madame!

Quelques boutons du fil ?

Et tous les vêtements et costumes possibles sont là aussi ...

Les étals de viande fraîche rapidement dégustée, aussi, sous le marché couvert, de bonne heure, le matin avec une bonne soupe...par les vendeurs de tous les horizons ....

Oui les représentants des différentes ethnies des environs sont là : les Hmong fleuris, les Dzao...

Ce sont les femmes principalement qui vendent leurs productions pendant que les hommes plus haut sont au marché aux bestiaux !

Un buffle se négocie à 25 000 000 de Dôngs (plus de mille dollars) pendant qu’un vendeur de flûte joue sans discontinuité, ignorant la foule qui l’entoure... Moment magique...


Quand on sait que le revenu minimum est de 150 euros environ, on se dit que ce n’est pas à la portée de toutes les bourses ...

Pas loin de là, dans des nasses de bambou ce sont les chiens et encore la volaille ...

Les hommes s’empressent autour du stand des araires en bois et des bâtons à accrocher aux buffles.

De grands récipients à piler, taillés dans des troncs attendent l’acheteur ....

Et puis surtout ces couleurs chatoyantes, ces tissus si particuliers, tissés, brodés ... Ces familles vacants à leurs tâches diverses et cet accueil si chaleureux...


Yes, we LOVE VIETNAM ....

                                     

>  Marie-Claire Dupont
ABM MONTPELLIER

mardi, 06 mars 2018 09:58

Bilan du festival d'ABM Le Mans !

 

Le rideau vient de tomber sur ce 19ème festival sarthois épargné de peu par l'épisode neigeux.
Aventure, émotion, découvertes et partage étaient au rendez-vous. Embarqué tour à tour dans des défis fous, des voyages ordinaires ou singuliers, des rencontres du bout du monde dans des grands espaces, dans des villages ou dans des villes atypiques, le public a été pris dans un tourbillon d'images et de musique et s'est montré très curieux lors des échanges avec les réalisateurs.

Le forum, pris d'assaut entre les modules, a permis aux festivaliers de butiner de stand en stand à la recherche d'informations. D'autres ont pu se laisser tenter par des objets d'artisanat sénégalais hauts en couleurs proposés par l'association Ci Kanam, ou bien encore ont pu faire une pause à la cafeteria pour étancher une soif ou régaler les papilles.

Sans oublier un arrêt à l'exposition "Aquarelles d'ici, carnets de voyage d'ailleurs" pour apprécier le talent de Daniel Moreau.

Un grand merci à tous les bénévoles et conférenciers qui ont permis la réalisation de cette manifestation, qui s'est déroulée dans la convivialité.

Nous donnons rendez-vous à tous en 2019 pour la 20ème édition à laquelle nous souhaitons réserver un bon lot de surprises.


> Sylvie Rabeau

mardi, 20 février 2018 18:10

Voyage en Ethiopie, berceau de l’humanité

C'était décidé, nous étions fin prêts à partir pour un voyage en Ethiopie, en plein cœur de la Corne de l'Afrique. L'Ethiopie, c'est l’ancienne Abyssinie, “le pays des visages brûlés” si l’on traduit son nom actuel. Le plus fabuleux, mythique, extraordinaire, incroyable, le plus beau de tous nos voyages. Voyageurs attirés par ces terres africaines, découvrez notre retour d'expérience en un article.

5 destinations touristiques éthiopiennes à ne pas manquer

Voici d'abord les 5 destinations à ne pas rater pour faire le tour des visites incontournables, ainsi que quelques conseils utiles :
 
>Addis-Abeba, capitale de l'Ethiopie

Le Merkato (marché principal) vaut la visite, ainsi que le musée national et le musée d’anthropologie (situé dans l’Université). Un tour à Entoto est aussi à effectuer. Prévoir la journée en prenant de la nourriture pour cela. J’ai logé dans différents hôtels, tous dans le même quartier.
Pour acheter de beaux souvenirs, et en plus équitables, on peut aller à Abysinnia Kraft. On y trouve des tissus, des poteries, etc. produits localement. Il se trouve à proximité de l’ambassade d’Irlande (c’est fléché depuis l’ambassade). Le centre a été créé par un Français, installé à Addis depuis plus de quarante ans.

> Gondar, ville perchée à 2 200 m

Visiter le site des châteaux. On va surtout à Gondar pour Timkat. Il faut alors impérativement réserver très à l’avance. La fête de l'Epiphanie du Timkat se déroule sur deux jours. Habituellement les touristes assistent au départ de la procession depuis la terrasse du Quara Hotel. Mais juste en face se trouve une autre terrasse, dont l’accès est gratuit. Le lendemain matin on assiste aux bains (réellement accessibles, en jouant des coudes, qu’à partir de 10 h). Ou alors venir très tôt (5 h) pour espérer un accès avec les premiers fidèles.

> Simien, paysage spectaculaire

Attention, les montagnes du Simien ont beau être de la “montagne à vaches”, nous sommes en haute altitude (3 500 à 4 500 m). Si le mal des montagnes n’est pas à craindre car Debark est à 2 800 m, il faut néanmoins prévoir une journée d’acclimatation pour adapter son rythme de marche et sa respiration. Le campement de Chenek permet de voir les ibex qui se promènent le long de la falaise voisine.

> Axoum, centres religieux de l'Église éthiopienne

La visite des champs de stèles et du palais de la reine de Saba s’effectue avec un guide local. Il faut avoir un véhicule car il y a deux sites à visiter qui sont éloignés les uns des autres de quelques kilomètres. Par contre la visite de la cathédrale et du petit musée attenant n’apporte pas grand-chose. Attention aux guides “rapaces” du musée dont le but consiste à obtenir un maximum de pourboires.

> Lalibella, connue pour ses églises uniques, taillées dans la roche, qui datent des XIIe et XIIIe siècles
La visite du site Labibella nécessite de prendre un sac pour y mettre les chaussures pour entrer dans les églises. Sans sac, on est obligé de prendre un gardien certifié (2 birrs par église, donc 24 birrs pour la totalité de la visite). La route d’accès à l’église d’Ymrane Christos (à 40 km de Lalibella) n’est plus praticable en minibus. Seuls les 4x4 peuvent encore facilement passer.
Wendogenet : ancienne résidence de l’empereur Haïlé Sélassiée, transformée en hôtel confortable. À la sortie de l’hôtel, juste en face, se trouve une piscine thermale accessible gratuitement aux clients de l’hôtel, en montrant la clef de la chambre. On peut s’y baigner dès le lever du jour.

Conseil : Pour les voyageurs pas vraiment téméraires, il est à noter que des agences avec guides locaux proposent des circuits pour emmener les touristes dans ces endroits magiques. En effet, voyager en Ethiopie, au cœur de la Corne de l'Afrique ne s'improvise pas. Huwans clubaventure fait partie des voyagistes spécialisés dans les voyages d'aventure qui pourront vous proposer des séjours en petits groupes hors des sentiers battus en territoire abyssin.

> La gastronomie éthiopienne

Dans les villes, on trouve facilement des restaurants où l’on mange bien. Le repas de base est l’injera (galette à base de farine de teff) qu’on mange toujours avec la main droite. Les mercredis et vendredis, elles sont habituellement garnies uniquement de légumes. Les autres jours, elles sont garnies de viande ou de poisson. Les restaurants proposent souvent des pâtes ou des pizzas. En dehors des villes, l’hygiène est souvent insuffisante. Manger des aliments bien cuits est important. Les fruits sont présents partout (bananes, mangues, etc.) et pour des prix ridicules. Manger au restaurant coûte en général entre 50 et 100 birrs. De 20 à 50 birrs si l’on mange local, une bière coûte 7 birrs, une chèvre de 180 à 220 birrs.

> Hébergements lors d'un voyage en Ethiopie

On trouve de nombreux hôtels partout dans le pays entre 30 et 400 birrs la nuit. Avant d’accepter la chambre, il est important de toujours vérifier le bon fonctionnement de l’électricité et de l’eau car souvent une partie de la plomberie ne fonctionne pas. Il y a alors un broc avec un grand seau d’eau pour remplacer la salle d'eau. Dans le Sud, les douches chaudes restent un luxe, et le chauffe-eau prometteur fonctionne rarement... lorsque l’eau n’est pas coupée pour toute la ville juste quand vous arrivez !

> Coup de cœur
Les marchés de Konso, Weito, Diméka en région des Dassanech. À Omoraté, marché tous les jours.
Visite des villages Konsos. Pour 20 B, un enfant m’a fait visiter son village traditionnel en dehors des circuits touristiques.
Visite du village Dorzé de Chenchua et de son marché avec un guide officiel pour 100 à 150 B l’après-midi.
Cérémonie de l’ukuli chez les Hamers (jumping bull). Pour passer à l’âge adulte, le garçon doit courir sur un alignement de vaches et les filles montrent leur courage en se faisant fouetter (!).
Mieux vaut aller dans les villages éloignés de Turmi pour éviter les mises en scènes pour touristes. artout vous devrez payer une taxe de 200 B à la famille pour participer aux frais et de 100 B pour le guide qui vous accompagnera.
→ Thierry P.
mardi, 20 février 2018 12:54

Le camping, une nouvelle tendance à la mode

Des campings, il y a en pour tous les goûts : à la ferme, chez des particuliers, terrains des plus rudimentaires avec quelques aménagements à ceux plus hauts de gamme avec parc aquatique, restaurant et autres animations pour tous. Il y a en France près de 10 000 campings, qui sont devenus une des solutions d’hébergement les plus en vogue ces dernières années.

La vie en plein air permet de reprendre contact avec la nature et de fuir la ville et ses méfaits quelques jours, voire quelques semaines. De plus, les relations entre les campeurs sont en général plus décontractées et on se retrouve dans de meilleures conditions pour rencontrer de nouvelles personnes. Pour le voyageur le camping est, il est vrai, un moyen de s’imprégner d’un paysage, d’une atmosphère, d’être dans un environnement différent.

Le Glamping : du camping de luxe abordable

Le camping a évolué et propose maintenant à prix toujours avantageux des services qui le révolutionnent et satisfont pleinement ses utilisateurs. Cottage, jacuzzi, piscine, logement insolite, chalets, etc. Le camping de luxe permet de passer d'agréables moments au contact de la nature, en plein air et en plein confort, et ce à moindre coût.


Il faut dire que les responsables de ces campings ont su investir pour proposer de nouvelles attractions à leurs clientèles, comme les Yelloh! Village. Avec des tarifs à partir de 35 €/nuit pour une famille, ils peuvent vous proposer des offres d’hébergement confortables comme les cottages plus ou moins luxueux qui se situent en France à la mer, à la montagne ou à la campagne.

D’ailleurs, vous pouvez tenter de gagner un séjour de deux nuits dans l’uns des campings en répondant au questionnaire, dans un superbe cottage pour 4 personnes.

mardi, 20 février 2018 12:32

Iran air déménage.

A partir du 27 mars 2018 la compagnie nationale iranienne Iran Air va déménager à Roissy CDG.

Certes il y aura toujours 2 vols hebdomadaire (mardi et vendredi) pour l'aéroport IKA de Téhéran, mais la plate-forme ne sera plus à Orly Sud.

De nouvelles fréquences et un plus grand nombre de passagers sont en vue pour le futur, ce qui était difficilement commode à Orly. 

Pour ceux qui ont réservé ou veulent réserver leur voyage pour l'Iran après cette date, bien vérifier l'aéroport de départ sur leur e-billet.

lundi, 12 février 2018 09:58

Latitudes Food, un an déjà !

Latitude 15° Sud – Un an, déjà…


Lac Titicaca, Pérou. Madre mia ! Puno et le lac Titicaca sont là, juste derrière cette colline. Mais pour y arriver… Cette montée… Je ne l’avais pas vu venir… Car, en effet, depuis le départ de Cusco – ville sacrée et capitale des Incas – il y a trois jours, c’était plutôt roulant. Et pour cause, à près de 3 800m d’altitude, nous entamons l’ « altiplano » (plaine d’altitude en espagnol), second plateau le plus haut du monde niché au cœur de la Cordillère des Andes.

Enfin, l’étendue d’eau se révèle sous mes yeux d’enfants retrouvés. A la vue de ce lac mythique et au nom connu de tout enfant, me revient aussi en mémoire les aventures de Tintin ou encore la légende du trésor des Incas, lequel se trouverait d’ailleurs encore dans ses profondeurs. Que d’histoires pour un seul lieu. Pour ajouter à la magie de l’instant, mon arrivée sur ses rives se fait à vélo… Il est un de ces moments où je réalise la folie de ce projet dans lequel je me suis embarqué il y a près d’un an.

Mais oui ! Un an ! Cela fait exactement un an que j’ai quitté la place de Jaude à Clermont-Fd avec mon vélo Histoire n°177. Un an, déjà ?! Et pourtant, s’entremêlent la sensation de n’avoir vécu que quelques semaines hors de l’hexagone avec le souvenir lointain du départ. Tant de choses vues, tant de choses apprises, une rupture telle, que je pourrais dire qu’une vie entière s’est écoulée durant cette année. Là se trouve sans doute l’explication à ces étranges impressions contradictoires.

Une chose est sûre, en voyage – et sûrement plus encore à vélo – le temps s’écoule de manière différente. On a la joie de ne plus le compter. De croire qu’il nous appartient. De le laisser filer, sans contrainte, de profiter des moments présents, de se laisser guider au fil des rencontres. Ces rencontres qui font la richesse d’un voyage et de la découverte d’une autre culture, ne peuvent précisément se faire qu’en accordant le temps nécessaire. Impensable si tout est planifié, impossible si tout est chronométré.

Car il s’agit bien avant tout d’un état d’esprit. Avoir le temps ou le prendre, permet de garder l’esprit ouvert. Ouvert au champ des possibles, à ces mêmes rencontres, aux imprévus, aux opportunités qui s’offrent à nous.

Combien de personnes ai-je croisé qui, en groupe organisé et/ou dans une course avec leur planning ne voient même pas les autres et les possibilités qui s’offrent à eux. Être seul et avoir le temps permet justement d’être à l’écoute. Des autres, de soi, du champ des possibles.

Quel délice c’est pour moi depuis un an, de donner du temps à ces possibles, grâce à ce rapport à l’horloge dénudé de contrainte. Et ainsi prendre conscience que l’on n’arrive à obtenir les meilleures choses que lorsque l’on prend le temps nécessaire.

Si l’agriculture paysanne respectueuse des cycles naturels de la vie et le déplacement à vélo à la force unique de ses mollets (et de son mental), qui sont les deux axes de mon voyage contribuent sans nul doute pour moi à reconsidérer mon rapport au temps, je ne vous exhorte pas pour autant à prendre votre vélo pour y cultiver des plantes aromatiques dans le panier en osier du guidon tout en allant à votre travail. Mais je vous conseille par contre d’essayer de retrouver la maîtrise du temps. De réduire l’allure – écrire ça au moment où l’on passe à 80km/h sur les routes françaises est une pure coïncidence, je vous l’assure !

Que l’on s’impose soi-même un rythme de dingue ou que l’on conditionne sa vie en fonction des « obligations » que nous impose la société, qu’elle qu’en soit la raison nous ne prenons pas suffisamment le temps, non seulement d’être à l’écoute des autres mais simplement de nous-même. De nos envies réelles. De nos désirs profonds. Vite… Cherchez le bouton « pause »…

> Anthony Marque
www.latitudesfood.org

vendredi, 09 février 2018 13:33

WE raquette à ABM Lyon !

14 adhérents d’ABM Lyon ont participé au week-end de raquettes les 3 et 4 février 2018 au Poizat (Ain) à 10 km de Nantua.

Installation au Gîte La Fruitière vers 11 h et pique-nique avant de se lancer sur les pistes à 15 km par route légèrement enneigée et par beau temps.

Bernard nous a guidés à travers la forêt, hors-piste, dans un cadre à couper le souffle.
Les branches d’arbres se courbaient sous le poids de la neige fraichement tombée.
Nous avons assisté à des courses de traîneaux avec des meutes de deux à dix chiens, une merveille !

Le soir, le délicieux repas concocté par Hélène, la propriétaire du gîte a été fort apprécié. Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, départ sur le plateau du Revermont. Vers 11 h,  nous avons suivi la piste balisée n° 9 pendant trois heures avec une halte à la Chapelle du Revermont. Vue imprenable sur le massif enneigé.
Ce fut un ravissement général.
Retour au gîte pour le pique-nique avec ambiance chaleureuse et dégustation de crêpes et gaufres préparées par les adhérents.
A renouveler sans faute.  

> Marie-Thérèse

vendredi, 09 février 2018 10:19

Aux source du thé à vélo

Nouveau projet pour Marcel Lefebvre, qui va s’élancer fin mars pour un périple en Chine, aux sources du Thé à vélo.

Il va parcourir à vélo et en solo les 3 000 kilomètres qui conduisent de Pu'er, dans la province du Yunnan, au plateau Tibétain en longeant les contreforts de l'Himalaya et en suivant au plus près la route ouverte en l’an 640 de notre ère.
Elle a permis l’introduction du bouddhisme et du thé au Tibet, mais aussi la diffusion du thé et l’échange d’hommes et de cultures entre l’Asie et l’occident pendant des siècles.

> Son projet vise un triple objectif :

  • • culturel : découvrir les pratiques fondamentales du thé, telle qu’à l’origine. Le thé est la boisson du quotidien. Il est consommé suivant les rites originels de préparation épicée.
  • • Historique : rechercher les traces encore visibles de cette route (route empierrée, balises, porches...) dont on ne dispose que de très rares clichés et que la modernisation des routes met en péril.
  • • Sportif : parcourir seul à vélo les 3000 km qui depuis la province du Yunnan en Chine mènent au plus haut plateau du monde à près de 4000 mètres d'altitude dans la ville de Lhassa.
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