En résidence aux antipodes. Ecrire en Nouvelle-Zélande
Voyager et écrire… le rêve !
Un rêve devenu réalité pour moi cette année. Lauréate d’une résidence d’écriture appelée Villa Antipode, au Randell cottage, à Wellington, j’ai la chance de passer quatre mois en Nouvelle-Zélande pour me consacrer entièrement à un projet d’écriture.
Il existe en effet dans le monde plusieurs résidences artistiques mises en place par l’Institut français. La Villa Antipode comprend quatre résidences qui ont pour objectif de renforcer les liens culturels avec la France. L’une est consacrée à l’écriture et existe depuis 2002, au Randell cottage, où je séjourne. Deux autres existent à Wellington, l’une autour des arts visuels, l’autre autour du cinéma, et la dernière, à Auckland, est dédié aux technologies créatives.
Pour l’écriture, la sélection, réalisée par un jury composé pour moitié de professionnels néozélandais et pour moitié de Français, est basée sur le cv de l’écrivain et surtout sur le projet présenté, qui doit nécessairement être en lien avec la Nouvelle-Zélande. J’ai soumis une thématique autour d’une peintre et exploratrice anglaise, Marianne North, qui a fait le tour du monde au milieu du XIXe siècle pour peindre des plantes. Sa vie a été incroyable et particulièrement inspirante. Elle est partie seule, à la mort de son père, voyager dans le but de témoigner de la beauté du monde vivant. Elle s’est aventurée au Canada, aux Etats-Unis, en Jamaïque, à Ténérife, au Japon, à Bornéo, à Java, à Ceylan et en Inde. Charles Darwin lui conseilla de découvrir l’Australie et la Nouvelle-Zélande, où tout est entièrement différent. C’est ainsi qu’elle repartit quelque temps et se trouva en 1881 dans ce dernier pays, avant de visiter l’Afrique du Sud, les Seychelles et le Chili. Vingt ans de voyages en solo pour peindre plus de 800 œuvres ! Des tableaux où les espèces sont représentées dans leur milieu naturel, pour montrer, dans la galerie qu’elle fera construire à ses frais à Londres, l’incroyable diversité végétale à ceux qui n’ont pas la possibilité de partir, et repousser les limites du voyage et de la connaissance. Une véritable pionnière, qui savait allier art, science et audace.
Je vais donc suivre ses traces, essentiellement dans l’île du Sud, où elle a débarqué par bateau dans la région de Bluff.
Je suis logée à Wellington dans un charmant cottage historique, datant de 1867, l’une des plus vieilles maisons de la ville. En dehors de rencontres avec le public, dans les différentes Alliances françaises du pays, je consacre mon temps à effectuer des recherches sur la flore de Nouvelle-Zélande, sur l’histoire du pays au XIXe siècle, sur celle des artistes naturalistes femmes de l’époque. Idéalement situé entre le merveilleux jardin botanique de Wellington et la bibliothèque nationale, le cottage est le lieu parfait pour écrire sur mon personnage à la vie hors du commun, dans une atmosphère très british. Bien sûr, du temps est aussi consacré à la découverte du pays, et mon itinéraire est basé sur celui de Marianne North, qui a laissé des écrits de son périple, où elle évoque ses multiples surprises dans un environnement unique.
A peine mes pieds ont-ils touché le sol - et même avant, depuis le fabuleux spectacle offert par l’avion luttant contre le vent pour atterrir ! - que j’ai été immédiatement conquise, tout comme elle.
Pour en savoir plus : https://www.katia-astafieff.fr/














