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mercredi, 11 juillet 2018 16:47

L'infini mongol

Prendre le bon chemin .....
Voilà bien un choix crucial dans ce pays sans route, sans poteau indicateur, sans GPS, sans téléphone portable.

Coupés du monde, oui, nous le sommes avec à l’horizon des monts de quartz et de granit. La voiture roule vite, au moins

50 km/h sur cette piste caillouteuse et poussiéreuse.

Pas le moindre signe de vie animale ou humaine, juste une végétation rase, sèche et éparse. Ces montagnes au loin nous semblent inatteignables. Nous roulons tout l’après-midi.

Elles ne se rapprochent que lentement, très lentement. Parfois la piste se sépare en deux.

Notre chauffeur n’hésite jamais sur le chemin à prendre. Il paraît que toutes les pistes mènent quelque part...

En fin de journée, nous arrivons à destination.

Un petit campement, quelques vestiges d’un monastère. Nous faisons connaissance avec ce qui deviendra notre habitat pendant dix jours. Nous poussons une porte d’un mètre de haut — c’est ainsi que nous nous “assommerons” régulièrement — et c’est l’émerveillement.

La yourte baigne dans une couleur orangée, deux lits en bois, peints de couleurs vives, orange, bleu, rouge ; une table basse, deux tabourets, un tapis, un poêle au milieu.

Mon enthousiasme ne connaît plus de borne.

C’est un espace douillet, un vrai cocon. Nous installons nos affaires. Le camp est implanté au pied d’une rivière, pour l’heure, asséchée.

Un petit rongeur passe entre mes pieds... tiens, le cocon n’est pas hermétique. Il faut refermer les sacs à dos dans lesquels nous avons des provisions de bouche. Par prudence, car nous ne savons pas à quoi ressemblera la nourriture pendant ce séjour loin de tout, nous avons emporté des barres de céréales, des fruits séchés, du chocolat...

Nous visitons le monastère d’Ongiin, qui fut un site important malgré son isolement. Il abritait une centaine de moines au XIVe siècle.

Complètement détruit sous l’ère communiste, il renaît lentement. Un seul bâtiment a été reconstruit.

Un office a lieu. Une vingtaine de fidèles attentifs et recueillis, un vieux moine, quelques moinillons un peu dissipés et perdus dans les rites. Le moine interrompt souvent sa litanie pour leur donner des consignes. C’est un temple modeste et très pauvre, ici pas de Bouddha couvert d’or mais un petit portrait du Dalaï Lama. À la fin de l’office, tout le monde part en procession dans la montagne, formant un long ruban coloré.

La soirée s’écoule. Assis devant notre yourte, nous écoutons la vie, les aboiements des chiens, les cris des enfants et les voix des adultes venant du campement de nomades installé sur la colline, face à nous, sur l’autre rive de la rivière. Dans le lointain, on entend le bourdonnement des chèvres et des moutons qui ruminent, parqués dans leurs enclos.

Soudain, sans bruit, un troupeau de chevaux passe à quelques mètres de nous. Le lit asséché de la rivière amortit le martèlement de leurs sabots. Puis des cavaliers arrivent, rassemblent les animaux et s’éloignent.

Le soleil se couche, un vent tiède se lève.

C’est une nuit paisible et sans doute très vieille.” (Citation de Galsan Tschinag)

 

> Annick Glentzlin (45)
Article paru dans Globe-Trotters magazine n°176

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