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jeudi, 12 décembre 2013 10:55

Week end en Europe

Les friands de soleil, plage et bonne humeur seront comblés. Barcelone dispose d’une réputation sans précédent, cela grâce à ses nuits qui font vibrer les fêtards du monde entier venus apprécier l’ambiance hors du commun dont jouissent les rues de la capitale catalane.

Une simple balade suffit pour comprendre que Barcelone est différente, spéciale.

Berceau incontesté de l’avant garde artistique, la ville a su cultiver son esprit novateur tout en conservant un côté traditionnel. En d’autre termes, des gens qui érigent la fête en coutume tout en renouvelant sans cesse leur façon de la faire...

Venez  découvrir la belle Barcelone et laissez-vous submerger par cette euphorie qui habite tous les endroits de la ville. 

Pourtant, une pratique se propage de plus en plus, rendant la fête un peu plus folle, et surtout bien plus inoubliable: mêler enterrement de vie de garçon avec la découverte d'une grande ville européenne.

Au menu de ces week-ends organisés dans les grandes villes européennes, on retrouve des soirées festives bien sûr, mais également bon nombre d'activités sportives. Les mordus de vitesse pourront s'affronter sur des circuits de karting. Certains tenteront le grand saut dans le vide, mais pour de vrai celui-là, et en parachute! Les aficionados pourront pénétrer au sein des plus grandes arènes du football européen et assister au match de leur équipe favorite, tandis que les fans de combats s'essaieront peut être au paintball ou au tir à l'arc.

Barcelone à la réputation d'être une ville festive toute l'année, vous trouverez le programme des activités .




mercredi, 11 décembre 2013 15:31

Globe Trot'art

Le projet Globe Trot’Art s’intéresse aux projets artistiques et culturels et au développement des expressions dans des contextes politiques, économiques et sociaux différents.

Hafid est Constructeur de décors métallier-serrurier, Tina Administratrice de compagnies de théâtre.

Pendant 15 mois, en passant par l'Afrique, l'Inde, l'Asie et l'Amérique Latine, nous irons à la rencontre des équipes artistiques, des lieux de création «indépendants», des politiques et des publics afin de comprendre les contextes de création au sein desquels ces artistes évoluent, les dynamiques et les synergies existantes.

Nous réaliserons des interviews photos, vidéos et audios. Nous nous impliquerons bénévolement au sein des projets artistiques rencontrés afin de contribuer à leur développement et leur pérénisation. Nous mettrons nos savoirs faire au service des équipes rencontrées dans un 
esprit d’entraide et d’enrichissement interpersonnel.

< Départ prévu le 10 janvier 2014!

Pour suivre le projet: sur fcb
mercredi, 11 décembre 2013 15:15

Achat de son camping-car en Australie


Il y a 1 an, j'avais prévu d'acheter un camping-car (Hi-Top) chez Autobarn à Darwin et étais en relation avec Hugo Callet, franco-australien qui se charge principalement des francophones chez Autobarn à Sydney.

Hugo Callet m'avait annoncé que j'aurais beaucoup plus de chance d'en trouver un à ma convenance et disponible à Sydney plutôt qu'à Darwin où j'atterrissais. 

Je lui ai demandé un contrat d'achat type, en lui décrivant la catégorie de véhicule (même Hi Top que chez Britz ou Apollo) et le montant que je souhaitais mettre.

Il m'a répondu : "qu'il n'y avait pas de contrat type de vente et qu'il verrait ça directement avec moi à Sydney. Que je n'aurai pas de problème"

Je n'étais pas très contente, mais je lui ai fait confiance.

Mon voyage fut retardé et je suis arrivée directement à Sydney fin novembre. Et c'est là que le problème, très désagréable, est arrivé !!!!!

Je préviens Hugo Callet, qu'à mon arrivée à Sydney, je viendrai chez lui pour acheter un camping-car qui me convienne.

"Pas de problème. Je serai à mon bureau toute la journée. Je t'attends !!"

 Lorsque je suis arrivée, Hugo me dit : " Ah, enfin, bonjour Benedicte !!! ... Mais, c'est la pleine saison. Tous mes camping-cars sont loués et je n'en ai aucun à vendre. Je ne sais pas quand j'en aurai un d'ailleurs".

La douche froide " je vous avais prévenu de mon passage pour l'achat d'un camping-car. Vous m'aviez dit qu'il n'y avait pas de problème !!! Je ne peux pas attendre. Je ne peux pas rester à Sydney !!!"

 Finalement, Hugo me propose de me vendre un Toyota, 430000 km, actuellement aménagé pour des handicapés, sans hi-top, en faisant faire des aménagements pour le transformer, plus ou moins bien, en camping-car, pour la modique somme de 13650 $, hors assurance et documents, disponible dans un délai de 15 jours.

" Mais Benedicte, il faut me verser des arrhes, car il pourrait être vendu par mon collaborateur dans l'après-midi !!!"

Complètement déçue, angoissée et, sous l'effet du jet lag, j'ai eu le tort de payer 500 $ d'arrhes le vendredi soir. J'ai annulé ma commande le dimanche matin suivant, mais Hugo Callet a refusé de me les rembourser. C'était écrit sur le contrat de vente !!!!

Moralité : je fus trop confiante, certainement trop crédule, mais Hugo Callet a manqué totalement de fiabilité et il n'a pas été franchement honnête. Ne vous précipitez donc pas et méfiez-vous de lui !!!!

 J'avais annulé ma commande, ayant trouvé chez Britz, pour 7 mois de location et pour moins de 13400 $ un camping-car hi-top, confortable, bien équipé, bien assuré et comprenant bien plus de choses que j'aurais dû payer en supplément pour mon camping-car aménagé acheté chez Autobarn.

 Bien sûr, je ne récupèrerai pas l'argent d'une revente, mais au final combien m'aurait coûté ce camping-car acheté !!! Et combien moins de tranquillité que dans ma formule choisie.

Benedicte.

 

 
mardi, 10 décembre 2013 15:19

Les lions du Pendjab

Le climat est agréable au printemps dans la région du Pendjab, située au nord ouest de l'Inde. C'est la période choisie par la communauté Sikh pour célébrer leur dernier guru, Gobind Singh.

Le sikhisme est né au XVe siècle et est représenté comme la synthèse de l'hindouisme et de l'islam. Pendant deux siècles des gurus se sont succédés pour transmettre la bonne parole aux fidèles. Au XVIIe siècle, le 10ème et dernier guru Gobind Singh a marqué son époque par des faits d'armes et par la promulgation de préceptes pour conserver l'originalité du sikhisme:

Les cinq K : Le Kesh, les cheveux et les poils qui ne doivent, si possible, jamais être coupés. Le Kachcha, port d'un caleçon long, Le kara, un bracelet d'acier au poignet droit. Le Kangha, un peigne retenant les cheveux sous le turban. Le kirpan, un poignard ou une épée.

Cela différencie les Sikhs du reste de la population indienne. Parallèlement à l'apparence, il a été développé la pratique des arts martiaux, l'un des plus connus est le gatka qui repose sur la manipulation d'armes blanches dont l'efficacité dépend de la concentration mentale. Les  dix vertus qu'ils proposent sont les suivantes : La compassion, la charité, le pardon, la propreté, le contrôle de l'esprit,la vérité, la pureté,l'accomplissement spirituel, la témérité et la dévotion à leur dieu unique.

Depuis cette époque les Sikhs ont formé une communauté militante dont un des rôles est de se battre avec acharnement pour défendre leur foi.

Au début de chaque printemps a lieu un grand festival religieux, le Hola Mohalla à Anandpur Sahib située près des contreforts de l'Himalaya à l'est de Amritsar la capitale du Pendjab.

Le temple d'or, lieu sacré du sikhisme est situé à Amritsar. Rappelons qu'en 1984 Indira Gandhi alors premier ministre, déclancha une opération militaire pour déloger des indépendantistes Sikhs réfugiés dans le temple. Plus de quatre cents furent tués dont cent cinquante femmes et enfants. Quatre mois plus tard, Indira Gandhi est assassinée par ses gardes du corps qui étaient des Sikhs. Cela montre le côté extrémiste de ces derniers qui n'hésitent pas à sacrifier leur vie pour la cause commune.

Tassinarri 3C'est en consultant une revue, il y a quelques années, que j'ai découvert tout à fait par hasard l'existence du Hola Mohalla. L'originalité des costumes, la beauté des turbans et l'allure des personnages m'ont fasciné. Cette année j'ai réussi à combiner un voyage en Inde à la période du festival. Un guide, Sahota Rajpal, un chauffeur Singh Charanjit, une voiture et un hôtel situé à une soixantaine de kms ainsi que le matériel nécessaire pour tourner un film. Il n'en faut pas plus pour que je sois impatient d'être sur place.

Les renseignements sont difficiles à obtenir. J'ai l'impression que le festival ne se déroule pas en respectant une organisation et un programme biens définis. Afin de faire un repérage, je demande au chauffeur si l'on peut se rendre sur place la veille. Le guide Sahota participe à la fête pour la première fois et est tout à fait d'accord. Nous prenons la route le lendemain de notre arrivée vers huit heures. Après une circulation normale pendant la moitié du parcours, le trafic se densifie et finit par se bloquer. Impossible d'aller plus loin. La foule est énorme. Je prends conscience tout d'un coup de l'importance de la population de l'Inde. Les Sikhs sont les organisateurs du festival et en même temps les participants. Ils ne représentent que 2% de la population du pays mais ils sont néanmoins deux millions dont la moitié est attendue pour le festival.

Les cars sont bondés et leurs galeries aux bagages débordent de passagers. La route est recouverte d'une multitude de véhicules divers mais ce sont les tracteurs et leurs remorques qui ralentissent le trafic. Presque tous les cultivateurs du Pendjab sont présents, leur famille sur les remorques ainsi que le matériel nécessaire pour vivre et coucher pendant trois ou quatre jours. Devant l'impossibilité d'aller plus loin nous décidons de faire demi tour. Le repérage sera pour une autre année.

Méfiants, le  lendemain nous partons plus tôt et surprise nous arrivons au but assez facilement, la plupart des participants ont fait le voyage la veille en prévision des encombrements. Seul petit problème sur la route, un groupe de jeunes a barré la route avec des branches d'arbre. Ils arrêtent les voitures et demandent de l'argent pour je ne sais quelle cause plus ou moins avouable. A défaut de satisfaire leur demande ils aspergent copieusement les passagers de poudres de toutes les teintes. La fête des couleurs et du printemps le holi battait son plein il y a deux jours et c'est un bon moyen pour eux d'épuiser le stock de poudre non utilisé. Singh et Sahota parlementent, donnent une pièce et la voiture repart. Nous l'avons échappé belle.

Après avoir garé la voiture sur un des immenses parkings situés à deux km d' Anandpur Sahib, nous sommes au milieu d'une foule impressionnante dans la rue principale. Sahota se renseigne au fur et à mesure que nous avançons. Depuis un moment  je cherche à comprendre où vont les groupes qui parcourent la rue principale dans les deux sens. Deux rivières humaines qui se rencontrent formant des remous empêchant toute progression normale. Après avoir évalué les risques de tournage en raison de l'importance de la foule, j'ai laissé une partie de mon matériel de cinéma dans le coffre, notamment le pied. Je me contenterai de la crosse d'épaule comme stabilisateur. Erreur ! La crosse fait 50 cm de long alors que je ne dispose que un ou deux cm avec la personne qui me précède. Remarquant les efforts que je fais pour filmer un sikh me fait signe de le suivre et je me retrouve au balcon du premier étage de son immeuble au milieu d'une dizaine de personnes qui s'empressent de s'écarter pour me laisser de la place. Je vais être aidé plusieurs fois au cours de la journée par des Sikhs dont la surprenante prévenance contraste avec leur effrayante réputation et dont le regard semble transpercer l'âme de celui qu'ils regardent.
lundi, 09 décembre 2013 18:34

Babel Car'Amaz'Andes

Babel Car'Amaz'Andes est une caravane culturelle d'artistes solidaires venus de France, accompagnés de créateurs sud américains.
L'équipée partira de la côte caraïbe colombienne, traversera l'Equateur et le Pérou, et parviendra au lac Titicaca, côté bolivien, en mars 2014, après plus de 6 000 kilomètres de rencontres culturelles solidaires, d’étapes de créations collectives, de partages et de réflexion autour de l’idée de la construction d'un monde nouveau.
La caravane colportera ainsi d’étape en étape, les formes de vie qui présagent d’un monde plus humain, dans ses modes de production, de représentation, de vivre ensemble, dans ses formes culturelles et ses choix énergétiques, dans son rapport à l’environnement et à l’avenir.
Elle en recueillera de manière consentie les expressions les plus réjouissantes, et s'en fera l'écho en Amérique Latine et en Europe, à travers une plateforme audiovisuelle multimedia d'envergure.
Marcho Doryila assurera la coordination générale du projet et la production transmedia baptisée "Chroniques d'un nouveau monde".

En attendant suivez nous sur facebook
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< Étapes :

carte banderolelogo ombreDépart de Carthagène des Indes, sur la côte Caraïbe colombienne. Un évènement en hommage à la mixité sociale et ethnique.
La ville fut le plus grand port négrier du continent. Aujourd'hui très prisée par des « étrangers » de tout bord, elle rejette en périphérie les populations natives. Nos partenaires : deux associations, Ciudad Movil et Metropoli, qui oeuvrent pour préserver la mixité sociale et ethnique, un des fondements de la ville.

Dans la Sierra Nevada de Santa Marta, une communauté d'Indiens Arhuacos (à Nausimaque), propose de nouvelles façons d'appréhender la santé. Les Indiens y gèrent une Entreprise Publique de Santé mêlant médecines traditionnelle et occidentale.
Troisième escale à Maria La Baja dans une communauté de Noirs-Marrons. Une étape dédiée aux femmes et à la transmission. Les Noirs-Marrons sont les descendants des esclaves qui ont fui pour fonder des villages libres. Notre partenaire sur place : le Centre culturel Eulalia Gonzalez où Pabla Flores Gonzalez, chanteuse et troubadoure, transmet la force de l'africanité et de la liberté aux jeunes et très jeunes, à travers le bullerengue.

À Cali, située dans la vallée du Cauca, une étape sur la Culture urbaine avec les « éducateurs » très particuliers du Collège Multi-Proposito, situé au pied du quartier populaire de Siloe. Pour lutter contre le haut niveau de violence du quartier, on y développe un projet d'éducation par la lecture, "Lectura al piso" (lecture à fond !).
En Amazonie Équatorienne, une étape dédiée aux énergies, au cœur d'une communauté du Front de Défense de l'Amazonie – le Front regroupe des communautés Indiennes Cofan et des associations paysannes qui ont gagné après presque 20 ans de lutte un procès contre une multinationale pétrolière, la Texaco. Une première mondiale.
Dans le nord du Pérou, un site archéologique nous en apprend d'avantage sur les formes sociales des Incas et nous permet de réfléchir à la démocratie moderne.
A la Merced, au Pérou toujours, immersion dans une coopérative d'agriculteurs, la Florida,pour une étape dédiée aux modes de production alimentaire et à l'économie solidaire. Florissante, la coopérative a développé une école syndicale et une organisation de femmes.

Dernière étape en Bolivie, consacrée aux nouvelles formes de leadership et représentations politiques. Rencontres sur les rives du lac Titicaca - situé à plus de 3500 mètres d'altitude ! - et autour de La Paz, avec les acteurs de N.I.N.A, qui forme des leaders populaires, et stimule l’organisation des mouvements paysans et indigènes, et leur participation politique et citoyenne.


vendredi, 06 décembre 2013 11:39

Mon eden (Laos)


De l’autre côté du monde, un paradis où la douceur de vivre vous emporte entre rêve et réalité

Il existe au nord du Laos une région couverte de jungle et peu fréquentée car difficilement accessible. Du moins il y a quelques années, lorsque je l’ai découverte. Découverte, car, quand on débarque dans un endroit comme celui-ci, on se prendrait presque pour un pionnier, un aventurier des siècles passés… Nous sommes arrivés en pirogue et avons accosté sur les rives du village. Les quelques habitations se fondaient parfaitement dans leur environnement : des cases en bambou sur pilotis, un temple bouddhiste... et tout autour l’eau, l’air, la terre, la nature brute.

Le paradis ? Après un long trajet sur la rivière, les fesses endolories, les yeux aveuglés de soleil, le coeur bercé par les flots, poser le pied sur la terre ferme dans cet endroit du bout du monde, avait quelque chose d’irréel. Et pourtant, paradoxalement, je ne me suis jamais sentie aussi présente, “ici et maintenant”.

Un sentiment trouble d’être “arrivée”, comme si tous mes voyages n’avaient existé que pour m’amener là. Nous avons marché le long de la “rue principale” faite de terre battue, et nous avons trouvé une cabane où dormir : une échelle de bambou, un matelas, une moustiquaire, et au-dehors un glacis avec un réservoir d’eau et un arrosoir en guise de douche.

Et bien sûr des hamacs d’où nous pouvions voir les gosses jouer dans la rivière au milieu des buffles.

Et puis… finalement nous sommes allés nous baigner avec eux !

Et puis nous avons goûté des mets improbables puisque nous ne pouvions communiquer avec nos hôtes que par gestes.

Et puis nous sommes allés marcher dans les rizières aux alentours, et visiter les grottes, le coeur frais des montagnes.

Le mot doux... Et puis nous avons pénétré comme des voleurs dans la salle d’une l’école ouverte à tous les vents. Je me suis assise sur un banc d’écolier, j’ai ressenti l’ambiance de la classe, entendu les rires, vu l’application, la langue tirée… et j’ai trouvé sous mon banc un cadeau : un mot doux d’enfant amoureux, un mot avec un alphabet que je ne comprenais pas mais avec des coeurs aussi, langage universel…

Et puis nous avons eu la visite d’une petite fille aux grands yeux noirs, qui se balançait gracieusement dans notre hamac, et qui faisait des dessins et des guirlandes pour décorer notre cabane, et qui faisait aussi des bulles avec un morceau de paille enroulé, et qui restait là avec nous, et qui riait, qui riait…

Et puis cette gamine est venue accompagnée d’un bébé qu’elle m’a mis dans les bras pour jouer, et que j’ai cajolé. Et la gamine aux grands yeux noirs est repartie en sautillant, légère, et me laissant le bébé dans les bras, jusqu’à ce qu’une dame vienne le récupérer le plus naturellement du monde avec un grand sourire et un salut les mains jointes !

Et puis il y avait le calme, le silence, les sourires bienveillants, les gazouillis des oiseaux, les rires des enfants, et le balancement des corps dans les hamacs, quand la chaleur est si lourde et moite qu’elle vous enveloppe et vous paralyse, et la fraîcheur du soir dans les montagnes, quand les corps enfin se réveillent et revivent, et les discussions entendues au vol, dans cette langue inconnue mais devenue familière au fil des semaines et dans cette position accroupie toujours aussi inconfortable pour nos pauvres articulations occidentales !

Et puis une évidence : notre modèle de vie n’est peut-être pas le meilleur. En tous cas il n’est pas le seul : il y d’autres vérités, d’autres façons d’exister, d’autres valeurs, d’autres manières d’être heureux.

Et puis, et puis…

Il y a ce bout du monde, tellement loin, tellement différent, tellement inimaginable… et où l’on se sent pourtant chez soi, à sa place.

Une force ou plutôt une douceur nous empêche de quitter cet endroit où nous ne comptions que passer.

Nous pourrions tout aussi bien poser notre sac et rester là. Mais nous ne le faisons pas.

Alors finalement nous repartons, et de la pirogue qui m’enlève, mon regard embrasse ce bout de monde si spécial pour ne jamais l’oublier, pour le garder dans mon coeur pour toujours, comme un autre “chez moi”.

Parfois aujourd’hui, je me demande si je n’ai pas rêvé. Mais non, puisque j’ai au creux de la main ce bout de papier chiffonné, ce mot doux d’un enfant amoureux à l’autre bout du monde…

< Texte et photos Sylvie Dupont (26)

http://ailleurs-land.net/

_“Bamako Terminus, histoire d’un tour du monde raté”

mercredi, 04 décembre 2013 11:33

Le marché de l'amour


Une tradition se perd chez les Hmongs dans les montagnes du nord au Vietnam.

C’est en 1990 que j’ai découvert le marché de l’amour. Un jour par an, les minorités ethniques qui vivent dans les montagnes du nord du Vietnam se rassemblent pour chanter, danser, faire la cour et plus si affinités.

L’amour y est libre, totalement, sans mensonge ni tabou, le temps de l’équinoxe de printemps.

Selon les ethnologues avec lesquels j’ai travaillé, c’est le seul endroit au monde où la femme est l’égale de l’homme sur le plan de l’amour et du sexe.

Le Marché de l’amour traite d’un sujet apparemment léger, mais en arrière-plan se trame la disparition d’une tradition.

En arrivant à Sapa, nous apprenons que le marché n’a plus rien à voir avec celui que j’avais connu. Effectivement, depuis que le Vietnam s’est ouvert au tourisme de masse, le marché se déroulait sous le regard des touristes venus du monde entier.

Changer la caméra d’épaule
Ce que je voyais était pathétique. Je me devais de filmer une tradition en voie de disparition... Parmi les couples présentés, il y avait un couple d’amants que j’ai suivi pendant plusieurs jours avant de comprendre qu’ils étaient mari et femme. Je les ai donc abandonnés en cours de tournage. De cette expérience, j’ai appris qu’il ne fallait pas se fier uniquement aux témoignages des protagonistes et qu’il faut conduire une enquête parallèle de façon rigoureuse.

J’ai contacté un couple de musiciens hmongs.

Après plus de 3 h d’escalade depuis le village au milieu de rizières en terrasse, nous sommes arrivés chez eux épuisés. Il était 5 heures et il ne nous restait plus que 45 minutes de lumière au grand dam du chef-opérateur. J’ai pris la décision de rester en immersion dans cette famille pendant trois semaines. Aujourd’hui, je me dis que sans ce contact de proximité, je n’aurais jamais obtenu de telles confidences de leur part, parfois triviales, souvent émouvantes !

Je n’oublierai jamais le sourire et la voix de Lyman May, notre héroïne, au bonnet rouge de l’ethnie Dao. Elle nous parlait d’amour et de sexe, devant son mari. C’était ensuite cocasse de rencontrer son amant ainsi que l’épouse de celui-ci. Situation digne d’un vaudeville de chez nous. Mais là-bas on en parle sans aucune hypocrisie.

Filmer le marché de l’amour, c’est capter une journée éphémère, mais aussi une coutume en voie de disparition. En effet depuis le début des années quatre-vingts, les Hmongs subissent une “extermination” en Thaïlande et au Laos dans l’indifférence totale de la communauté internationale. Dans cette région du monde, le Vietnam est le seul à protéger ses minorités ethniques. À l’heure où les pays développés s’intéressent enfin à la protection de l’environnement, les Hmongs, qui vivent en totale harmonie et respect avec la nature, vivent là une bien tragique ironie. Devons-nous ignorer la mort annoncée de cette ethnie et de leurs traditions ?

< Texte et photo Philippe Rostan
lundi, 02 décembre 2013 12:42

Petits Bouts D'ailleurs

Petits Bouts D'ailleurs est un blog des voyages de Joanna et Julien. 

A la base, ce blog devait servir à les suivre lors de lors prochain périple en février 2014 (4 mois en Nouvelle-Zélande avec le PVT, 1 mois aux Iles Cook et 1 mois en Malaisie).

Au final, vous retrouvez des conseils, des adresses et quelques bons plans de leurs précédentes aventures ici et là.

Voir le blog.

jeudi, 28 novembre 2013 15:14

Découvrir le monde à pied

Parti le jour de son 45e anniversaire de Montréal, au Canada, Jean Béliveau a réalisé en solitaire la plus longue marche autour du monde.
Son odyssée de 11 ans, qui l'a mené dans 64 pays, s'est achevée après un périple hors du commun de plus de 75 000 kilomètres.
Morceaux choisis.

< Vivre libre

Est-ce que j'avais déjà, à l'époque, ces rêves de grands voyages, ce désir de partir ?
C'est une question que l'on me pose souvent, comme si le goût de l'ailleurs ou la soif d'aventures étaient inscrits quelque part dans les gènes, dès avant la naissance. Les gens semblent parfois déçus lorsque je réponds que non, l'idée ne m'avait jamais traversé l'esprit. J'aimais ma terre, ma famille, ma vie. Mais j'étais convaincu d'une chose : je devais en rester le maître, à tout prix. Enfant, une année de pensionnat avait marqué mon âme d'un souvenir atroce. Il fallait se brosser les dents à la file indienne, faire son lit à heure fixe, entrer dans des cases. Les soeurs qui m'hébergeaient avaient imaginé un système de tableau pour classer les enfants : en face de votre nom, une fleur jaune indiquait que vous étiez un excellent élève.
Il y avait la renoncule bleue, l'oeillet rouge... Et la marguerite mauve. La marguerite désignait les médiocres. Chaque semaine je consultais ce tableau un frisson dans la gorge, certain de trouver mon nom dans le club des incapables. Une entreprise fait-elle autre chose ? J'ai toujours pensé que je devais rester mon propre patron. Au moins je n'aurai jamais à rendre de comptes. C'est devant ce tableau que s'est ancré en moi ce sentiment profond : vivre libre est la seule façon digne de vivre. La liberté est plus importante que la vie.

< Un mzungu en terre kenyane

Un soir, au bord de l'épuisement, je demande mon chemin à des villageois s'en revenant des champs. L'un d'eux me couve d'un regard inquiet. "Tu n'es pas en état de continuer, dit-il, viens chez moi. Je t'invite pour la nuit." Mais je le regarde à peine, répète que je dois partir, que je dois sortir d'ici, je suis incohérent, je me suis ridiculisé et je vois que ça parle, entre ces braves gens, de cet enragé de mzungu [NDLR : une personne à la peau blanche] aux yeux exorbités, mais dont les jambes vacillent. Soudain l'homme hausse la voix : "Ça suffit ! Tu restes." Et tandis que j'écoute enfin cet étranger s'adresser à moi comme s'il n'ignorait rien de ma minable situation, je fonds en pleurs.
J'accepte de le suivre jusqu'à sa modeste demeure où nous partageons, en famille, un maigre repas de riz, de tomates et d'oignons. Je chante et m'amuse avec les enfants à la lueur d'une chandelle, puis ensemble nous sortons admirer une éclipse de lune. En contemplant la voûte étoilée, la pénible route de gravier et de sable me revient en mémoire. Cette route bordée d'acacias et d'herbes rudes que broutent quelques chèvres étiques. Cette route où les paysans ont reçu avec tant de chaleur le mzungu que je suis. Des gens simples qui savent que les objets, même les plus nécessaires, sont des fardeaux qui pèsent sur le dos d'une vie. Des gens limpides comme des cristaux que la moindre imperfection briserait en morceaux. Leur simplicité, leur amour me nettoient comme un feu brûlant le pêché. J'aimerais apprendre le secret de leur richesse...
Je les quitte le lendemain avec le sentiment d'abandonner mes frères.

< Comme à la maison

Ce 14 avril, en traversant au soir tombant le village de Lézan, blotti entre de vertes collines recouvertes de
vignes, de pins et d'oliviers, j'aperçois un homme en train de bricoler dans sa remise. Yves Michel répond à mon sourire, simplement.
Le Canada ? Il connaît. Dormir ? Il y a une chambre aménagée dans la remise. "Mais avant cela, tu vas souper", et tandis qu'il m'attrape le coude, son fort accent du Midi m'entraîne comme dans une danse. Il me prévient que sa femme est de nature farouche, mais en passant la porte j'ai l'impression d'entrer dans une maison où j'étais attendu. Nous passons la soirée en discussions légères. Michel me raconte l'histoire des huguenots qui résistèrent ici à l'oppression catholique, celle de la vigne qui donne une "piquette" fameuse, m'avertit de l'accent "pointu" des Français du Nord...
Pendant que Renée, son épouse, tranche mon pain avec un sourire permanent, veillant à ce que mon assiette soit constamment remplie de cette excellente soupe aux choux qui mijote sur le poêle dans un solide chaudron. Je me sens peu à peu glisser dans le bien-être, comme si ce couple de retraités me poussait gentiment à me réconcilier avec ma culture, du bout de sa louche. J'attendais cet instant depuis si longtemps... Il aura fallu quatre mois de marche à travers cette Europe fébrile, efficace et high-tech pour que je parvienne enfin à briser la glace qui me séparait des miens. Je pense à l'origine du mot "indigènes", qui signifie "originaire du pays", les gens de la terre... Dans tous les pays que j'ai traversés, c'est auprès d'eux que j'ai retrouvé les valeurs les plus proches des miennes. En reposant ma cuillère sur la toile cirée de la cuisine, pour la première fois, je me sens réellement bien.

http://wwwalk.org/fr/  
lundi, 25 novembre 2013 10:06

sacs à deux

Sacadeux est un projet de voyage à deux pour aller à la découverte du monde.

Retrouvez astuces, conseils et anecdotes sur des moments vécus aux quatre coins du globe.

Des articles pour mettre en avant les initiatives positives : protection de l'environnement, respect des animaux, agriculture biologique, etc.

Ce blog a également pour but d'inciter les lecteurs à voyager pour éventuellement rejoindre l'équipe de Sac à deux sur la route 

Voir le blog
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