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mercredi, 09 juillet 2014 12:32

Olivier Grunewald invité au festival des Globe-Trotters

OLIVIER GRUNEWALD ET RÉGIS ETIENNE

fILM DIFFUSE LE SAMEDI 27 SEPTEMBRE 2014


Tout a commencé d’une manière finalement assez simple, c’était à l’automne 2008.
J’étais chez Régis Etienne un ami passionné comme moi par les volcans et Président de la Société de Volcanologie de Genève, la SVG.

Il rentrait tout juste d’un voyage sur les volcans de l’Île de Java en Indonésie. Il me raconte son périple et me parle de quelque chose d’étrange dans le cratère du Kawah Ijen, connu pour son immense lac d’acide et ses mineurs de soufre.

Ingrid la guide de leur petit groupe leur propose de descendre en pleine nuit dans le cratère de ce volcan pour voir un phénomène particulier. Le groupe fatigué préfère se coucher mais Régis, toujours motivé, décide de l’accompagner. La surprise est grande de découvrir dans la zone ou les mineurs travaillent des flammes dansantes d’un bleu électrique, incandescence totalement inhabituelle pour un volcan, produite par la combustion de l’acide sulfurique. Et en plus des mineurs en pleine obscurité s’activent pour récolter le minerai !
Il n’aurait pu imaginer ce que ses photos, prise la nuit, sur laquelle on distinguait des lueurs bleutées et la silhouette de personnages en contre jour sur les lumières orangées de leurs torches, allaient déclencher …..

J’ai tout de suite imaginé me lancer dans un projet de reportage sur cette « vie nocturne » du Kawah Ijen. Un angle différent pour un sujet déjà mainte fois réalisé.

Des recherches sur internet sur ce phénomène n’ont apporté aucune réponse : les flammes sont-elles présentes tout le temps? Les mineurs travaillent-ils régulièrement en pleine nuit ?

Seul moyen d’en savoir plus ….. y aller !


mardi, 08 juillet 2014 13:31

Voyage au bout du blog

Nous sommes un couple de français (enfin une française et un franco-uruguayen!) et nous vivons à Montevideo depuis septembre 2013.

Suite à un voyage aux Etats Unis où nous avons pour la première fois fait du woofing, nous avons eu très envie d'écrire sur notre expérience et nous avons alors lancé ce blog!

Après avoir écrit un premier article sur Détroit, nous ne voulions pas nous arrêter là et nous avons décidé de poursuivre et de raconter nos voyages et notre vie d'expatriés en Uruguay à travers des photos notamment.  

Notre blog  se veut en dehors de l'instantanéité et nous privilégions un autre regard sur nos expériences, regard qui se voudrait informatif et drôle (enfin on essaye!). 

L'année prochaine, un voyage nous mènera de la Patagonie à l'Alaska en stop, bus et peut être vélo!

Suivez nous par ici!!!: http://voyageauboutdublog.fr/







mardi, 08 juillet 2014 10:07

Les mystérieuses cités d'or

Au cœur des traditions sur le lac Titicaca

Le Pérou est le 4ème des 6 pays de notre voyage et c'est pour nous une certaine énigme. Mis à part le mythique Machu Picchu, nous ne savons pas vraiment ce que nous allons y trouver. Pour l'heure, nous quittons la Bolivie avec nos vélos en direction des rives du lac Titicaca (situé à 3 700 mètres d'altitude) et plus précisément de la ville côtière de Puno. Au premier abord, nous ne voyons pas vraiment de différence avec la Bolivie. La frontière entre les deux pays est plus politique que culturelle puisque les deux ont fait partie de l'Empire Inca et partageaient déjà auparavant des origines communes.

Un peu d'Histoire ?
Vous apprendrez que plusieurs civilisations se sont succédées sur les bords du lac, chacune d'elles chassant la précédente. Ainsi, le peuple des Uros s'est vu mettre en esclavage par la civilisation de Tiwanaku vers l'an 500. Ils se seraient alors enfuis et afin de trouver refuge auraient eu l'idée de construire des îles flottantes sur le lac. Cette situation dura un certain temps jusqu'à ce que les Incas, au XVème siècle, étendent leur domination sur la région et fassent tomber Tiwanaku. La légende veut d'ailleurs que Manco Capac, premier chef des Incas et personnage dont on n'est toujours pas sûr de l'existence réelle, soit né en sortant des eaux du lac Titicaca. Ce lieu est donc important pour tout ce beau monde!

Pendant ce temps les Uros vivaient sur leurs îles et leur dernier représentant ne s'est éteint qu'en 1959. Leur mode de vie traditionnel ne s'est pourtant pas perdu puisque les Aymaras (autre peuple d'origine pré-Inca et toujours existant) l'ont progressivement adopté et se considèrent aujourd'hui comme Uros ! Ils vivent donc 365 jours par an sur des îles flottantes amarrées dans la baie de Puno, à une dizaine de km au large dans la partie Ouest du lac. Nous en avons profité, comme tant d'autres touristes avant nous, pour leur rendre visite. En fait notre excursion a concerné 2 des nombreuses attractions présentes sur ou aux abords du lac : les îles Uros et l'île de Taquile (prononcer Taquilé).

Iles Uros îles flottantesLes Uros donc (ou « Aymaras du lac »), ont cette particularité de vivre sur ces embarcations artificielles dont ils maitrisent la construction. Ces dernières sont au nombre de 43 et sont faites en totora, une plante qui ressemble à une grande tige d'herbe ou de roseau de 2 mètres de long et dont ils font absolument tout ! Ils vivent sur de la totora, en font également leurs maisons, mangent de la totora, se chauffent à la totora, naviguent sur des embarcations en totora... tout on vous dit ! Et d'ailleurs pour y avoir goûté, on comprend que certains ne supportent plus ce mode de vie et aillent vendre leurs compétences de tisseurs à Lima où la gastronomie est réputée autrement plus variée.

Nous aurons entre autres eu droit à une démonstration miniature et ludique de la construction d'une île flottante. Une première couche épaisse de racines de totora et de terre entremêlées, puis plusieurs couches de pousses de totora sur lesquelles nous marchons, puis les maisons, bateaux, etc. 5 minutes pour la démo, un an pour une île grandeur nature.

La visite continue vers Taquile.
Cette « véritable » île est habitée par un peuple qui a eu relativement peu de contacts avec le continent au cours de l'Histoire. Ils ont ainsi pu conserver un certain nombre de leurs coutumes et sont notamment reconnus dans tout le pays comme des tisseurs hors pairs. De plus ils ont une codification bien spécifique des relations hommes / femmes. Ces dernières filent la laine (de lama) tandis que les hommes tricotent ! C'est probablement un des seuls endroits au monde où les hommes savent tous, sans exception, tricoter ! Et pour ce qui est des jeux de séduction, pas d'erreur possible puisque la couleur de leur bonnet indique si un homme est célibataire ou marié, tout comme celle de la coiffe des femmes. Pratique ! Sauf que j'ai mis les pieds dans le plat en demandant à un homme d'un certain âge pourquoi il arborait un chapeau de célibataire... sa réponse me laisse penser qu'il est veuf... tout en tact, bravo Jul !

Après la pause déjeuner notre groupe bénéficie d'un « quartier libre » sur la place centrale du seul village de l'île. L'occasion de tenter d'approcher les locaux. Pas une tâche facile entre ceux qui réclament une pièce pour être pris en photo et les autres qui, au contraire, fuient l'objectif...

Revenus sur le plancher des vaches, nous passons une seconde nuit dans notre petit hôtel de Puno avant de reprendre la route le lendemain matin.

Puno – Cusco : 4 jours / 400 km
Avant d'en arriver à Cusco et notre recherche des cités d'or, j'aimerais évoquer ce et ceux que l'on croise sur les routes péruviennes. Car avec les 7 à 8 heures de vélo que nous faisons par jour en moyenne, nous avons le loisir d'en voir de belles ! Et il y a de tout. Du drôle au sérieux, du triste au joyeux. On apprend avec le temps que c'est de toute façon notre interprétation qui est le plus important. Greg et moi ne sommes pas toujours sensibles aux mêmes choses et il n'est pas rare que lorsque nous débriefons, l'un s'enthousiasme pour une chose que l'autre n'a parfois même pas remarquée du tout. Mais on vous rassure on reste témoins des mêmes scènes qui sont tour à tour :

- surprenantes: les moutons et lamas transportés vivants, ligotés sur le toit des voitures, les taxis péruviens identiques aux « tuc-tuc » indiens
- amusantes: les enfants qui aimeraient nous suivre ou parfois faire la course avec nous.
- touchantes: longs échanges de regards avec des personnes prises en stop à l'arrière de camionnettes et qui nous doublent lentement... pas une parole échangée, eux comme nous savons qu'un monde nous sépare pourtant nous avons les mêmes rêves.

- ou qui donnent à penser à notre société occidentale ô combien plus individualiste: prise en stop des cholitas en bord de route qui n'ont pas de voitures, ou employés se rendant sur leur lieu de travail à 12 à l'arrière d'une bétaillère.

Au risque de surfer sur des clichés « naturalistes », « zen » ou que sais-je encore, ce temps passé sur nos vélos donne à réfléchir. On a même tout le temps du monde pour ça ! Au final c'est le spectre des émotions par lesquelles nous passons qui est intéressant. La pratique du vélo à forte dose devient une sorte de méditation. L'effort nous fait plonger dans une rêverie dont nous sommes acteurs et spectateurs. Et ce que nous croisons sur la route vient invariablement entrer en choc avec ce que nous avons à l'esprit à l'instant « t », créant ainsi une nouvelle dynamique qui nous amène à autre chose, etc. Un éternel renouvellement ? Un sport de rêveurs ? Bien possible. Par conséquent la liste de nos « résolutions » de voyageurs n'en finit plus de s'accroître... Au débotté : apprendre à « vraiment » savoir cuisiner, prendre des cours de menuiserie, prendre part à un marathon, ne plus avoir de TV, entamer l'ascension des « 7 sommets », entamer une nouvelle démarche artistique... La liste est longue !

Faute de pouvoir communiquer nos pensées, c'est au moment de nos haltes que peuvent se produire les vrais échanges avec la population locale. Ainsi deux bons moments d'échange nous attendent en ces premiers jours de route péruvienne.

Le premier soir nous sommes au milieu de nulle part à la tombée de la nuit et allons demander l'hospitalité dans une ferme afin de pouvoir planter tentes à l'abri du vent. Tous les animaux de la ferme sont là (seul le coq manque à l'appel!) et nous éprouvons un plaisir ludique à passer la nuit dans cette joyeuse ambiance. Puis au réveil nous discutons gaiement avec Mercedes, la soixantaine, qui vit et travaille ici depuis des temps probablement immémoriaux. Elle nous offrira un fromage en guise d'au revoir et la confirmation, une fois de plus, que les touristes en bus ne se procureront jamais ce genre d'expériences.

Puis le lendemain midi nous avons eu la chance de tomber sur une fête d'école incroyablement festive et chaleureuse. Alors que nos vélos subissaient une petite réparation chez un spécialiste, nous nous baladions et avons été attirés par la musique. La suite a été géniale puisqu'une française travaillant au sein d'une ONG locale nous a fait le plaisir d'une petite visite guidée. Nous nous sommes pliés avec plaisir au jeu des photos. Les enfants et leurs parents étant trop contents d'avoir un souvenir avec des « gringos ». Et nous étions très heureux de capturer ces scènes de vie locale, joyeuses, surtout que pour les 40 ans de l'école tous les enfants étaient mis à contribution dans des danses traditionnelles représentants des scènes de vie locale (vie paysanne, pratiques guerrières, etc.). Un vrai bon moment hors de la route, du vent, des côtes « andines »...

De retour en selle, le lendemain nous offre une belle côte dès le matin en guise d'échauffement bien poussé. C'est en fait le point culminant de cette région, Abra La Raya, qui atteint 4338m et dont le secret nous a été donné par les « colocs » de La Paz: plusieurs thermes sont situés juste après. Quoi de mieux pour détendre nos cuisses éprouvées par le vent de face de ces derniers jours?! Alors il a beau être 9h du matin on y fonce et on n'est pas déçus!

Cusco capitale
Jeudi 13 heures ! Tout juste le temps de me réveiller de ma dernière rêverie (sûrement une histoire à dormir debout, ou assis en pédalant...), nous arrivons à Cusco!
Toujours selon la légende, Manco Capac, le premier chef Inca sorti des eaux du Titicaca vers l'an 540, se devait de fonder sa ville à l'endroit où son bâton d'or s'enfoncerait complètement dans le sol. Des suites des succès militaires de ses successeurs cet emplacement est devenu de plus en plus important, de plus en plus influent, pour se transformer en la capitale de l'Empire Inca : Cusco.

La ville est donc chargée en Histoire. Dans son architecture, dans ses nombreux musées, son héritage culturel et bien sûr puisqu'elle est la porte d'entrée de la Vallée Sacrée. Pour les raisons évoquées ci-dessus il est impossible de résumer Cusco à « la ville du Machu Picchu », ce serait même plutôt l'inverse car au temps des Incas Machu Picchu était très probablement bien moins importante que la Capitale. Seulement voilà, la colonisation espagnole est passée par l'une et non par l'autre. Ainsi à Cusco tous les temples Incas ont été transformés en églises. La plupart du temps seules les fondations d'origines furent conservées, ne laissant apparaître des murs anciens que d'un mètre de haut dans de nombreux quartiers de la ville, mais aucun bâtiment entier Inca n'a survécu à cette acculturation en masse. Nous faisons donc appel à notre imagination en visitant l'excellent musée d'art pré-colombien où de nombreux objets de la vie quotidienne nous donnent une idée de très haut niveau de raffinement qu'avaient atteint les Incas.
Dans l'ensemble l'architecture actuelle de Cusco est donc clairement coloniale avec des touches Incas qui lui donnent une touche métissée vraiment belle. Tout le centre historique est magnifique et superbement entretenu!
Mais pour se faire une idée de ce que les Incas pouvaient produire en leur temps, il faut aller s'aventurer dans la Vallée Sacrée qui referme une douzaine de sites.

A la recherche des cités d'or: 80km à pied / 3 jours
En effet il s'agit bien d'une recherche puisque, si l'on ne fait comme nous pas appel à une agence de voyage qui propose une package incluant un tour guidé, s'y retrouver dans la multitude de possibilités de visites devient vite compliqué. Chaque personne rencontrée vous dira que sa façon de faire est la mieux pensée, arguments à l'appui, mais le problème est que tout le monde semble avoir raison. Comment trouver ces mystérieuses cités d'or ? Nous avons opté pour la méthode « coqs en selle » qui a déjà porté ses fruits par le passé : l'improvisation.

Nous quittons la capitale Inca samedi aux aurores pour prendre un bus vers Pisac. Là-bas se trouvent les ruines d'une ancienne petite ville inca. Ayant pour but de défendre l'accès de la vallée, ses habitants étaient principalement des agriculteurs mais elle n'en était pas moins fortifiée et difficilement prenable. C'est très impressionnant de voir comment les pentes extrêmement raides de la montagne sur laquelle elle est bâtie ont été transformées, grâce à un système de terrassement, en zone agricole. Très joli et belle entrée en matière mais pas d'or en vue.

Pas découragés nous nous orientons vers le site de Moray où se trouve une zone d'expérimentation agricole Inca. Hé oui ce peuple ingénieux tentait manifestement d'acclimater des plantes exotiques au climat local. Ils pouvaient également tenter de faire des prévisions de rendement agricole ici. Comment ? Grâce au système de terrasses concentriques du site qui simulaient différents microclimats. Dit comme ça on a un peu de mal à y croire mais en tout cas c'est vraiment impressionnant et particulièrement esthétique ! On en a fait tous les coins et recoins, toujours pas d'or.

En route donc pour le site des salines de Maras. Il paraît que ça brille... peut-être serons-nous plus chanceux là-bas ? Nous y allons à pied, croisons quelques ânes sur le chemin et notamment un berger qui, apprenant que nous sommes français, nous demande « un bonbon s'il vous plaît? » Le spectacle des salines, ces piscines accrochées au flanc de la montagne, est vraiment superbe. Le mélange du blanc du sel avec l'ocre de la terre, qui s'étend sous nos pieds et qui brille avec la réflexion du Soleil est plutôt inattendu! Ça brille certes, mais toujours pas d'or en vue... Au suivant!

Ollantaytambo, où nous arrivons pris en stop à l'arrière de la camionnette de locaux et où nous passerons la nuit, est un charmant village à l'activité touristique débordante. Et pour cause, à seulement 300 mètres de la place centrale se trouve l'imposante citadelle militaire. Prise par l'armée de conquistadors de Pizarro alors qu'elle n'était pas complètement finie, la forteresse avait pour but de protéger la ville de Cusco. Comme à Pisac et Moray il s'agit principalement de terrasses mais cette fois bien plus hautes car non pas destinées à l'agriculture mais à bloquer l'avancée de ses ennemis. Encore une fois on a eu beau chercher nous n'avons pas trouvé de trésor secret caché par les troupes avant leur fuite du site.

Thermes dAguas CalientesAlors aux grands maux les grands remèdes, nous décidons de tenter notre vatou. Nous avons entendu dire que 28km plus loin, en longeant une voie ferrée, nous pouvions atteindre une ville qui serait située au pied de « la cité perdue des Incas ». Plus rien à perdre donc allons-y! Nous commençons notre marche et effectivement 5h30 plus tard nous arrivons à la petite ville d'Aguas Calientes, également appelée Machu Picchu village, et nous sentons que nous approchons du but. Après une bonne mais courte nuit de sommeil c'est parti pour une ascension d'une heure qui grimpe fortement. Nous empruntons des escaliers Incas qui attisent notre impatience et une fois arrivés en haut nous voyons poindre le Graal. Seul point d'ombre au tableau, nous avons été devancés par environ 200 autres « chercheurs d'or » qui se pressent à l'entrée du site. 6h00, nous pouvons tous entrer, tous à l'affût du meilleur chemin à prendre pour dénicher la ou les fameuses pépites.
Les stratégies divergent. Tandis que beaucoup se jettent sur le site principal pour en inspecter les moindres recoins en détail avant les autres, Greg et moi choisissons de prendre de la hauteur. Nous nous mettons en tête de gravir la montagne Machu Picchu (vieux sommet en Aymara). Elle fait face à sa petite sœur Wayna Picchu (jeune sommet) et à elles deux elles encerclent la cité perdue. Depuis les hauteurs les nuages sont épais mais avec un peu (beaucoup) de patience (près de 5h!) ils finissent par se dissiper et nous laisser découvrir ce que les autres en bas ne peuvent pas voir: la beauté du site dans son ensemble. La voilà LA pépite tant attendue!

Nos pérégrinations des jours précédents, loin de nous avoir fait perdre du temps, nous ont plutôt préparés à ce que nous allions voir ici. Selon les spécialistes, petite précision pour mon père, le site était un lieu de culte ainsi qu'une possible résidence secondaire possible pour l'empereur de l'époque qui en a d'ailleurs ordonné la construction en 1440: Pachacùtec.

Tout à la joie de notre découverte nous restons sur place un moment avant de redescendre de notre perchoir et d'aller voir les ruines de plus près. Puis nous reprenons la route au plus vite afin de pouvoir regagner Cusco le soir-même. Au programme 12km de marche, à nouveau le long des voies ferrées avant d'enchainer avec 6h de bus. Le retour au confort de notre petit hôtel nous fait du bien et c'est exténués mais ô combien satisfaits que nous nous effondrons de sommeil. Ces 3 derniers jours nous nous sommes levés à 6h deux fois puis à 4h30 le 3ème jour, avons marché en moyenne 6h par jour pour une distance totale d'environ 80km et gravi 5 000 marches très raides.
Vive le sport!

< Textes & Photos par Greg & Jul alias « Les coqs en selle »

NB : Les coqs en selle, c'est l'histoire de 2 amis de longue date, Greg & Jul, qui au cap de la trentaine se sont lancé un défi incroyable : traverser la Cordillère des Andes à vélo! Partis en octobre 2013 d'Ushuaïa (Argentine), ils sillonnent depuis les routes d'Amérique du Sud et espèrent rejoindre Carthagène des Indes (Colombie).
 www.lescoqsenselle.com  !
mardi, 08 juillet 2014 09:55

La Ribambelle : festival de musique à Marseille

La Ribambelle organise son premier festival de musique : Festi’belle, le 19 juillet au Théâtre Silvain à Marseille

De 17h à 19h Festi'belle sera consacrée aux enfants de 5 à 105 ans !

< Le voyage et l’imagination avec l'atelier Jorus Mabiala, conteur africainhttps://www.facebook.com/jorus.mabiala

< Venez danser et chanter avec le groupe d'Ibou Sarrhttp://www.ibousarr-danse.com/

A partir de 19h jusqu’à 23h le son prendra le relais des rires

  • SAMBA REGGAE                                        
Ce groupe résolument festif a signé son premier album « Coup de Force ». 

Il est déjà salué par la critique avec des passages en radio et des programmations dans les festivals.
http://www.sambareggae.org

  • Cyril Benhamou dit CYRIL B        
Ce jeune musicien surdoué et touche-à-tout, issu du jazz et des musiques actuelles, est devenu un pilier de la scène marseillaise ces dernières années. Il nous présentera aussi son tout nouvel album.http://cyrilb.fr/index.html

Aurélie Vaneck, marraine de l’association, présentera la soirée !

Entrée 5€ / gratuit -12 ans
Suivez notre actu sur la page Facebook https://www.facebook.com/pages/Festibelle









vendredi, 04 juillet 2014 09:30

15 000 km à vélo, d’Ushuaïa (Argentine) à Carthagène des Indes (Colombie)

Les coqs en selle c’est avant tout l’histoire de 2 amis de longue date, Greg & Jul, qui au cap de la trentaine se sont lancé un défi incroyable : traverser la Cordillère des Andes à vélo!

Depuis octobre 2013, ils sillonnent les routes d’Amérique du Sud et ont déjà traversé 5 pays et autant de climats, de cultures et de paysages différents…

Des plaines venteuses de Patagonie aux sommets de l’Altiplano, en passant par le Désert de Sel d’Uyuni ou la cité Inca du Machu Picchu.

Une invitation au voyage et à réaliser son rêve, « avec ambition et humilité ».

Suivez leur périple en temps réel sur www.lescoqsenselle.com

lundi, 30 juin 2014 11:42

La réserve nationale d'Orlu (Ariège)


France : La réserve nationale d'Orlu (Ariège)

Extrémité sud-est de l'Ariège : la Réserve nationale de chasse et de faune sauvage d'Orlu. Née d'une initiative privée en 1947, cette réserve de 4 250 ha a été rachetée en 1981 par la Commune d'Orlu qui a misé sur la préservation de son patrimoine naturel comme moteur de développement économique. La réserve d'Orlu est aujourd'hui un territoire géré par l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), où la faune sauvage cohabite à la belle saison avec les troupeaux à l'estive... et les randonneurs.

< Y venir et y randonner :

Depuis Ax-les-thermes, prendre la direction d'Andorre et bifurquer juste avant le pont sur la D22. Après environ 8km, vous aurez traversé les villages d'Orgeix et d'Orlu et vous arriverez au hameau des Forges d'Orlu. Juste avant le hameau, une route monte sur la gauche. 4km plus loin, vous serez « au bout » : le parking du Fanguil (1 130 m) vous attend (payant en juillet-août mais très abordable).
De là part le sentier qui mène au cœur de la réserve d'Orlu. Compter 3/4h depuis le parking pour atteindre la jasse d'En Gaudu, vaste prairie au milieu de laquelle coule l'Oriège. Au bout de la jasse, le sentier reprend son ascension vers le refuge d'En Beys, situé à 1 970 m.
Vous pouvez également démarrer votre randonnée depuis le hameau des Forges d'Orlu (parking aménagé, gratuit en toute saison), notamment si vous envisagez de revenir en faisant une boucle sur 2 jours par l'étang de Naguille. Depuis les Forges, un sentier rejoint le parking du Fanguil en une petite heure de marche. Le retour par l'étang de Naguille se fait à partir du refuge, en franchissant la couillade d'En Beys (2 370 m) et en redescendant par l'autre versant. Cet itinéraire de retour demande environ 6 heures de marche et est un peu plus « sportif » que l'itinéraire Fanguil – Gaudu – En Beys.
Pour ceux qui souhaitent séjourner peu plus longtemps en montagne, plusieurs itinéraires sont accessibles à partir du refuge d'En Beys : GR 7, HRP, Tour des montagnes d'Ax, variante GR 107... Il est possible d'emprunter ces sentiers pour des virées à la journée, en étoile à partir du refuge, ou bien de rejoindre en itinérance vers d'autres contrées pyrénéennes...

< Le refuge d'En Beys :
Ouvert de début mai à fin septembre (variable selon conditions météo et enneigement).
3h de marche depuis le parking du Fanguil. Vous serez accueillis avec chaleur par Julien et/ou Sylvain, les deux gardiens. Nuitée : 16€, repas du soir : 12€ (menu unique). Appeler à l'avance pour prévenir de son arrivée, téléphone : 05 61 64 24 24.
Hors-saison, une partie du refuge reste ouverte aux randonneurs de passage ; un poste de secours est à l'intérieur.

< Qu'observer dans la réserve ?
Un cri strident et une masse qui se glisse entre deux rochers, c'est une marmotte. Nombreuses et peu farouches, elles se laissent observer facilement... à condition de les discerner ! Si vous avez des jumelles, portez le regard du côté des cônes en rive gauche de l'Oriège : les isards y sont fréquents (ils font d'ailleurs l'objet de suivis scientifiques réguliers). Au printemps, il arrive même de les voir descendre dans la jasse. Vous pourrez aussi les observer autour du refuge d'En Beys, de préférence tôt le matin et en fin d'après-midi.
Et en levant encore un peu les yeux, vous distinguerez peut-être des vautours fauves ou, avec de la chance, un gypaète barbu, rare et emblématique rapace des Pyrénées.

< Autres activités dans la Vallée d'Orlu :
Il est possible de prolonger la découverte de la réserve par la visite de l'Observatoire de la Montagne situé aux Forges. L'Observatoire de la Montagne organise d'ailleurs des sorties guidées dans la réserve. Contact de l'Observatoire de la Montagne : 05 61 03 06 06 ; www.observatoire-montagne.com
Ce hameau abrite aussi une poterie, la Maison des Loups, un parc d'accro-branche et une « Forêt des sons » récemment ouverte.

Et puis la Vallée d'Orlu, c'est certes la réserve pour sa partie amont, mais cela engloble également toute la vallée de l'Oriège jusqu'à Ax-les-hermes. C'est un bel endroit pour qui veut se ressourcer dans un coin de bout du monde et profiter de la nature : escalade sur la Dent d'Orlu ou équitation de pleine nature et éthologique à l'éCrin des Cîmes (Orgeix) pour compléter le séjour ?
Contact de la ferme équestre l'éCrin des Cîmes : 06 08 52 32 29

Le site de la destination Vallée d'Orlu : www.vallee-orlu.com

< Hébergements et restauration dans la Vallée d'Orlu :
Un gîte-restaurant et un camping à Orlu, et des gîtes d'étape à Orgeix.

< Cartes IGN :
- au 1/50000 n°7 : Haute-Ariège, Vicdessos – Orlu.
- au 1/25000 : la réserve d'Orlu se retrouve à cheval sur quatre cartes ! Cependant la Top 25 n°2249ET couvre la majeure partie de la réserve et notamment l'itinéraire balisé jusqu'au refuge d'En Beys.

< Guides :
La réserve d'Orlu est mentionnée dans les principaux guides sur l'Ariège : topo-guide L'Ariège à pied de la FFRP, Ariège (Couserans – Vicdessos – Haute-Ariège) de Jean-Pierre Siréjol chez Rando Editions, et Les Sentiers d'Emilie en Ariège (T.2) Vallée de l'Ariège et Pays d'Olmes chez Rando Editions également.

N.B. : Le portable ne passe pas dans la réserve, ni même aux Forges d'Orlu (sauf exceptions !).

< Julie Bousquet
vendredi, 27 juin 2014 11:24

Parties de jeu autour du monde

Passionnés par les jeux de société, Sophie et Rémi ont créé un jeu expérimental et universel pour partager en chemin et découvrir les jeux du cru.
Une philosophie de voyage qui leur ouvre de nombreuses possibilités de rencontres et d'échanges, comme ici dans une famille de Oulan-Bator...

Jeudi 1er octobre, 17 h, nous rencontrons Begz pour la première fois. Nulle nécessité de nous présenter, il sait déjà tout de nous, du moins a-t'il retenu l'essentiel : notre âge, notre itinéraire de voyage, notre projet et même nos professions. Il nous annonce la couleur : s'il a souhaité nous rencontrer, c'est parce qu'il sait que nous avons des choses à partager, des connaissances à échanger et qu'il est persuadé que notre présence sera bénéfique pour ses enfants.

"Avez-vous lu les règles de ma maison ?" Le code familial est strict, et Begz semble mettre un point d'honneur à ce que ses hôtes n'y dérogent pas. Nous acquiesçons. Une fois passé le seuil de la yourte, ces règles de vie prennent tout leur sens. Nous découvrons un foyer familial où chaque meuble, chaque élément aide à définir les espaces.

Traditions mongoles sous la yourte Mungun Soymbo, son épouse, nous accueille. Elle s'assure que nous laissons bien nos chaussures dans l'entrée que nous devons enjamber avec agilité pour enfiler les sandales qu'elle nous présente. Émerveillés, nous observons la yourte s'animer ; les enfants se défont de leurs cartables et de leurs vêtements d'hiver, et s'installent rapidement dans leur univers tandis que Mungun Soymbo se rassoit près du poêle. Begz nous invite à nous asseoir sur un tapis de feutre. Tandis que Manajin, la plus grande des quatre enfants, nous apporte une tasse de thé, nous tendons l'oreille. Begz nous présente sa ludothèque, nous parle du projet familial. En quelques minutes, la table se remplit de jeux traditionnels, de casse-tête, de jeux originaux venus du monde entier, sous nos yeux éblouis.
Il nous explique : "Il y a quelques années, je ne connaissais que les "ankle bones". En 2005, je me suis rendu au Danemark et j'ai découvert toutes sortes de jeux extraordinaires. J'ai aussitôt pensé à ma famille, à ma ville, à mon pays qui méritaient d'en découvrir autant. À cette époque, j'ai ramené deux casse-tête en bois, les deux seuls que vous pourrez trouver aujourd'hui en Mongolie. L'un se trouve chez moi, l'autre au musée national d'Oulan-Bator.

Puis, j'ai créé mes propres "casse-tête métal". J'ai même acheté une machine à coudre pour fabriquer des plateaux de jeux. Avec mes frères, nous avons fait des expositions et nous donnions la possibilité aux gens de les essayer. Avec le temps, mes amis couchsurfers m'en ont offerts de nouveaux !" La ludothèque de Begz est à proprement parler internationale. Même Sophie en reste époustouflée. À chaque nouveau jeu, nous échangeons un regard complice, incrédule et admiratif. La joie nous transporte dans un univers que seuls connaissent les chercheurs de trésor.

À l'heure du jeu Begz dépose dans les mains de Rémi une tortue en bois. "Tu sais pourquoi cet objet est un jeu pour moi ? Parce que tu dois d'abord le découvrir, l'observer attentivement pour comprendre. Ensuite seulement, tu peux le manipuler et ainsi tenter de trouver la solution.

C'est tout un art." Rémi suit les conseils, manipule l'objet avec minutie, en silence, et prouve à Begz, en quelques minutes, que lui aussi est un vrai joueur. La tortue est démontée aussi vite que remontée. Begz est enchanté.

Sur la demande de son père, Mungulun traîne avec difficulté un lourd sac qu'elle dépose sur la table. Begz nous dévoile alors son trésor : des centaines d'osselets. On dit que la prospérité d'une famille se mesure au nombre d'osselets qu'elle possède. Chaque osselet comporte quatre faces, chacune représentant un animal : le cheval, le chameau, le mouton et la chèvre, le cheval étant le plus fort. Sa collection est complète. Pour notre plus grand bonheur, lorsque vient le moment de jouer, il nous explique chacun de ses jeux avec patience, ne laissant aucune subtilité échapper, offrant les règles ancestrales dans leur intégralité.

Lorsque, le lendemain, nous déposons à notre tour, notre trésor sur la table, tous les curieux s'approchent, impatients de rencontrer notre jeu expérimental. Ce qui en sort les émerveille.

Chacun s'approprie une partie de son contenu. Todo et Manajin se projettent déjà sur notre jeu de cartes et proposent une partie de uno ou de jungle speed. Pendant ce temps, Mungulun et Gaadma montent une pyramide avant de pitcher chaque pion aux quatre coins de la yourte. À chaque nouveau jeu, Begz se
retourne vers sa femme, aussi excité que ses enfants. À présent, nous sommes tous hilares, certainement davantage par la magie de l'instant que par le jeu en lui-même. Nous avons le sentiment de nous offrir mutuellement des heures de jeux à venir.

Star Académie Un soir, autour de nous, les quatre enfants s'activent, aidés de leur maman.
Un grand moment se prépare. Les filles, excitées, enfilent leurs robes de soirée, puis enchaînent les clips et copient les mouvements de leurs danseuses préférées ; de la plus grande à la plus petite, toutes aussi appliquées. Vient le tour de Todo. Devant son instrument, nous restons sans voix : il s'agit d'un morin khuur
traditionnel, une vielle à tête de cheval, dont les deux cordes et l'archet sont faits de crin de cheval. Nous écoutons, charmés, découvrant une musique nouvelle dans ce foyer si accueillant.

Il présente ses morceaux comme un vrai professionnel, gardant toujours son sérieux.
Nous sommes tous profondément absorbés par le charme de ses mélodies. Avant de laisser la scène à Gaadma qui souhaite nous offrir quelques chansons, Begz intervient : "Vous savez, les Mongols sont très fiers de ce qu'ils savent faire. Il est donc important pour chacun de mes enfants de vous montrer leurs talents."
La fierté transparaît sur son propre visage.

Bonné nouit... Il va être temps de préparer notre "lit". De grands draps sont tirés pour fermer notre "chambre". Nous installons notre tapis de feutre tel que Mungun Soymbo nous l'a appris et y déposons nos duvets. Seul un drap nous sépare de la petite famille qui n'a pas l'intention pour autant de nous laisser dormir. "Bonne nouit, Bouné nuit...", répètentils à tour de rôle, parents et enfants, amusés par nos prononciations particulières à leurs oreilles. Toute la famille est allongée à nos côtés, murmurant, ricanant. Nous ne comprenons pas un mot, mais la gaieté emplit la yourte. Enfin nous nous endormons, l'odeur du petit déjeuner flottant sous nos narines, laissant présager un doux lendemain.

< Texte et photos : Rémi Cailloux et Sophie Etronnier (45)
jeudi, 26 juin 2014 13:27

Voyager le monde

Annie a parcouru depuis l'enfance divers pays d'Europe, d'Afrique du Nord, mais aussi l'Afrique du Sud et le grand Ouest américain avec son mari, et plus récemment l'Ukraine, le Maroc et Madagascar avec leurs 2 enfants.

Ces périples ont été l'occasion du premier partage des émotions, d'une approche en profondeur de la vie quotidienne, de rencontres.

Vous trouverez sur son site des récits pour découvrir notre planète et ses différentes cultures, des astuces pour garder les traces indélébiles de ces échanges à travers les carnets de voyage, récits et photos, des conseils pour construire ses propres voyages sans tomber dans les pièges à touristes et découvrir qu'il est possible de voyager autrement.

http://voyagerlemonde.com/
jeudi, 26 juin 2014 09:58

PVT en Nouvelle-Zélande

En février 2014, Camille et Pierre-Jean  décolle pour la Nouvelle-Zélande.

Objectif ? Découvrir ce pays, grâce au PVT Nouvelle-Zélande qui leur permet de voyager et travailler dans ce pays pendant un an. Mais les paysages ne sont pas la seule raison du voyage.

En effet, ils ont aussi une véritable envie de découvrir toutes les facettes de ce pays, dont l'aspect culturel unique : l'un des seuls à reconnaitre deux cultures très différentes, dont la culture Maori.

Depuis plusieurs années, ce peuple mène un combat pacifique pour faire renaître et reconnaitre leur culture tant auprès de la Nouvelle-Zélande que du reste du monde.

Breizh-Zelande est donc un projet qui pose des questions sur l'identité culturelle, le rapport à l'Autre et ses différences...

A travers des reportages photos et vidéos, des interviews de Maori et de Pakeha, ils chercheront à comprendre comment la Nouvelle-Zélande tire profit de ce multiculturalisme, quelle place accorde-t-elle à ses différentes cultures, comment envisage-t-elle le futur de ces peuples.

Enfin, leur blog  vous procurera conseils et astuces pour bien préparer et bien vivre son PVT en Nouvelle-Zélande.



mercredi, 25 juin 2014 14:34

Améliorer la condition des femmes en Inde

Nettapakam, Tamil Nadu, Inde, petite ville de 25 503 âmes à 25 kilomètres de Pondichéry. Milka a choisi d’y passer un mois pour apporter son soutien à la Karunalayam Rural Welfare Society, ONG de défense des droits des femmes.

Créée en 1994, la Karunalayam Rural Welfare Society (KRWS) a  pour but d’améliorer la vie des femmes rurales à travers des formations, des programmes de sensibilisation et un projet de micro-crédit. Les locaux de l’association abritent, outre les bureaux des employés, une pièce dédiée aux cours de couture, une salle informatique et même une petite crèche. L’association développe avant tout une mission de médiation familiale.

Les couples et les adolescents viennent y exposer leurs problèmes - souvent en rapport avec l’alcoolisme et les violences conjugales – et chercher une oreille attentive auprès des deux travailleuses sociales de l’association.

Des sessions de sensibilisation pour lutter contre l’avortement sélectif

Dans les villagesenvironnants, l’association dispense égalementdes programmes de sensibilisation sur unevaste gamme de sujets : responsabilisation desfemmes, méfaits de l’alcool, prévention du suicideou de la malnutrition, importance de l’hygiènepersonnelle, etc. J’ai participé à ces programmes,aux côtés de deux autres volontairesfrançaise et belge. Nous avions pour missiond’encourager ces femmes à donner une bonneéducation et des soins de santé de qualité àleurs enfants, notamment aux petites filles.

En effet, l’un des problèmes majeurs en Inde reste l’avortement sélectif et la préférence pour les bébés de sexe masculin, les filles étant considérées comme une charge en raison de la dot que devra payer la famille au moment de son mariage.

Au cours des dernières années, de nouveaux appareils chinois permettant de réaliser des échographies à moindre coût ont fait leur apparition sur le marché indien. Ce phénomène, qui a permis de démocratiser l’accès aux soins, a entraîné dans le même temps une augmentation importante du nombre d’avortements sélectifs.

Les familles peuvent désormais connaître le sexe du foetus à l’avance... et donc choisir de poursuivre la grossesse ou de l’interrompre en toute connaissance de cause. Résultat : les hommes en Inde sont aujourd’hui beaucoup plus nombreux que les femmes. Dans certaines régions, celles-ci font même l’objet de trafics car les célibataires ne trouvent plus d’épouses.

Inde 1Mariages arrangés et violences conjugales

À peine arrivées au village, nous sommes observées avec curiosité par les femmes.

Certaines rient même quand nous les saluons. Il faut dire qu’être “blanc” demeure objet de curiosité ! Ces femmes sont fascinées par notre peau claire, synonyme de beauté en Inde. Il n’y a qu’à voir toutes les publicités à la télévision où des Indiennes à la peau extrêmement pâle vantent les bienfaits de tel savon ou de tel yaourt.

Elles nous font asseoir sur des chaises, tandis qu’elles-mêmes sont assises à même le sol. Un sentiment gênant de post-colonialisme m’envahit, mais je ne peux pas aller à l’encontre de la tradition d’hospitalité indienne. Ces femmes sont belles, drapées dans leurs saris colorés et leur dignité : malgré leur vie souvent difficile, elles savent se montrer fortes et profiter de chaque bonheur de la vie.

Et pourtant, les problèmes demeurent nombreux : violence domestique et mariages arrangés sont encore le lot quotidien de beaucoup de femmes. Rani est mariée à un homme alcoolique et violent qu’elle a décidé de quitter.

Mais les choses ne sont pas si simples. Une femme indienne qui quitte le domicile conjugal est condamnée à subir l’opprobre de la société. Nous rencontrons également Barathi. À seulement 21 ans, elle vient de réussir un concours de tailleuse-couturière dans la fonction publique. Mais ses parents en ont décidé autrement : elle doit renoncer à son projet et à sa carrière pour se marier. Elle qui aspirait à une

vie différente, plus indépendante

Même les salariées de l’association, qui défend pourtant le droit des femmes, ne sont pas épargnées : un matin, l’une d’elles arrive avec une grande balafre sur le visage. Quand nous lui demandons ce lui qui est arrivé, elle nous raconte son histoire : Bouvana est mariée et mère de deux enfants - une fille et un garçon.

Son mari a quitté le domicile conjugal pour une autre femme, emmenant avec lui son fils, qu’elle ne revoit plus qu’occasionnellement au moment des vacances scolaires. La veille, son fils est allé dîner chez son oncle paternel.

Lorsque Bouvana a voulu le récupérer, l’oncle paternel et une partie de la famille s’y sont opposés et l’ont frappée à coups de bâton.

Abirami travaille elle aussi pour la KRWS, en tant que travailleuse sociale. Elle a suivi cinq années d’études supérieures, elle est indépendante, mais elle va tout de même se marier avec l’homme que ses parents ont choisi pour elle. Quand nous lui demandons pourquoi, elle nous répond simplement, dans un large sourire : “Si c’est le choix que mes parents ontfait pour moi, ce sera forcément le meilleur”.

Le mariage arrangé semble donc encore très ancré dans les esprits, malgré une évolution certaine illustrée par l’apparition récente d’un Meetic indien. Les aspirants candidats au mariage remplissent une fiche en ligne décrivant leur profession et caste à destination des… parents qui choisiront in fine le candidat idéal pour leur progéniture. Un usage symptomatique de l’Inde qui reste un pays profondément attaché à ses traditions mais malgré tout ouvert à la modernité.

< Texte et photos Milka Kahn (30)
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