jeudi, 12 janvier 2012 15:46
Gros succès a ABM Montpellier

Le 10 janvier dernier, ABM Montpellier organisait une grande soirée sur le Laos.
Odile et Alain Couteanceau y présentaient leurs images sur leur périple au Laos.
De Luang Prabang au plateau de Boloven, ils ont suivi le Mékong durant sept semaines.
Salle comble pour cette présentation plus de 120 personnes, organisée à la maison de quartier de Castries.
Prochain RV le mardi 3 avril sur l'Ethiopie.
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Dans les antennes
lundi, 09 janvier 2012 15:49
Un petit tour en train
"L'idée du voyage était de parcourir l'Eurasie en train. Pourquoi en train ? Car quand ce projet prenait forme, les avions ne décollaient plus (éruption d'un volcan islandais au nom improbable, grèves multiples, etc.)… et puis nous nous sommes dit que les quelques 10 000 km qui nous séparaient de notre but ultime seraient notre chemin de croix… Ou son antithèse. Au choix. Nous préférons voir le bon côté des choses. Avaler les kilomètres un à un, se poser dans chaque ville, chaque village que nous allions parcourir, aller à la rencontre de la population locale, prendre notre temps, voilà ce que nous voulions…
Un dégradé de paysages et un dépaysement graduel à travers les fuseaux horaires. Un parcours de tortues où seules les contraintes de la météo, la durée des visas et les horaires des trajets en train ont été nos potentiels accélérateurs.
14 pays, 2 continents, 6 mois seulement pour le faire. Budget serré et système D amorcé, un vrai bonheur !"
Thelittletraintour.wordpress.com
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Voyageurs au long cours
Le monde de Kabo Ana, éleveur wodaabe
Le paysage est décharné, le soleil de plomb. Les nuages de poussière signalent les troupeaux de zébus, ces vaches aux cornes en lyre originaires d'Inde, symbole de l'élevage extensif des Wodaabe. Le peuple de l'interdit, riche de nombreux tabous, fascine par sa mobilité, toujours en route pour le bonheur de son cheptel. Le pâtre devance ses bêtes, un long bâton en travers des épaules, de la voix il ordonne brièvement et le bétail suit. Accompagnés d'un garçon, les petits ruminants trottinent en bêlant.
Derrière les animaux laitiers, retardés par le démontage du campement, viennent les ânes bâtés, chargés des maigres biens des nomades. Les arceaux des huttes temporaires se balancent, improbables mâtures.
Montés par des femmes et des enfants, les ânes chenillent entre les acacias et les euphorbes, trébuchent quand la terre croule, rendue fragile par les terriers sournois des mangoustes.
Le paysage est décharné, le soleil de plomb. Les nuages de poussière signalent les troupeaux de zébus, ces vaches aux cornes en lyre originaires d'Inde, symbole de l'élevage extensif des Wodaabe. Le peuple de l'interdit, riche de nombreux tabous, fascine par sa mobilité, toujours en route pour le bonheur de son cheptel. Le pâtre devance ses bêtes, un long bâton en travers des épaules, de la voix il ordonne brièvement et le bétail suit. Accompagnés d'un garçon, les petits ruminants trottinent en bêlant. Derrière les animaux laitiers, retardés par le démontage du campement, viennent les ânes bâtés, chargés des maigres biens des nomades. Les arceaux des huttes temporaires se balancent, improbables mâtures.
Montés par des femmes et des enfants, les ânes chenillent entre les acacias et les euphorbes, trébuchent quand la terre croule, rendue fragile par les terriers sournois des mangoustes.
jeudi, 05 janvier 2012 11:34
Cyclonomas
J'ai découvert les joies du voyage à vélo en 2009 en parcourant la France pendant 10 mois à l'occasion d'un congé sabbatique. Depuis mon retour, je n'avais plus qu'un objectif en tête : économiser le plus possible pendant 2 ans pour partir, plus longtemps et plus loin.Le moment que j'attendais tant est enfin arrivé. Je vais vivre ma vie telle que je la souhaite et non plus telle que notre société essaie de nous la dicter. La liberté sera ma plus grande richesse.
Comme la plupart des voyageurs utilisant le vélo comme moyen de transport, j'aspire à une vie plus simple, proche de la nature et faite de rencontres.
Le départ est prévu le 4 mars, la date de retour ? Est-ce qu'il y en aura une au moins ? Je voyagerai tant que ma soif de découvertes ne sera pas tarie et que les finances me le permettront. Je n'ai aucun objectif de tour du monde, de kilomètres à parcourir ou du nombre de pays à visiter.
Je vais tout simplement suivre mes envies, qui sont multiples et diverses. Je n’exclue pas de faire des breaks de quelques semaines à quelques mois pour travailler et ainsi prolonger l'aventure. Ce n'est donc pas une simple parenthèse qui s'ouvre mais un véritable projet de vie qui commence."
http://www.cyclonomas.com
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Voyageurs au long cours
mardi, 03 janvier 2012 11:10
mini festival
Séance de rattrapage du 17 décembre à la Case pour les bénévoles du 23 ème Festival des Globes-Trotters
Comme chaque année le Festival des Globe-Trotters permet des rencontres, des échanges et de découvrir des projections de grande qualité suscitant de magnifiques idées de voyage.
Si les nombreux adhérents ou visiteurs voyagent pendant 3 jours au gré des présentations, les bénévoles de l’Association pris par les tâches d’accueil, de présentation, techniques, de bar et restauration… ne peuvent voir qu’un nombre très limité des films, documentaires ou projections numériques.
Tous les bénévoles qui le souhaitaient étaient conviés à un « mini Festival » le 17 décembre à la Case et comme à l’Opéra de Massy ils ont été captivés par les projections : sur le Vietnam, le trajet Dakar-Paris sans essence, l’étonnant tour du monde en bateau du facteur Maignan, les terres brûlées d’Ethiopie, et le voyage Paris-le Cap en tandem.
Après cette première partie, une pause dîner s’imposait autour d’une table bien garnie par chacun avec des conversations très denses et empreintes de bonne humeur. Un grand moment d’échanges et de convivialité immortalisé sur les photos jointes. Pour la fin de la soirée l’Asie était à l’honneur avec l’émouvant document sur le chemin du Kailash au Tibet, le Ladakh en hiver, la Route 219 au Kirghizstan.
Minuit arrivant bien trop vite, il a bien fallu terminer la soirée, mais quel bon moment nous avons passé ! Que de belles images, de contrées, de types de voyages très différents et d’émotions lors de certaines projections.
Les bénévoles peuvent dormir tranquille, devant le succès de ce 3ième mini festival à la Case et l’intérêt de cette séance, elle sera bien sûr reconduite à l’issue des prochains Festivals « Partir Autrement » et Globe-Trotters en 2012.
Bravo à Roland Tourbot pour cette initiative très appréciée par la trentaine de Participants !
Bernard Guironnet
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Comme chaque année le Festival des Globe-Trotters permet des rencontres, des échanges et de découvrir des projections de grande qualité suscitant de magnifiques idées de voyage.
Si les nombreux adhérents ou visiteurs voyagent pendant 3 jours au gré des présentations, les bénévoles de l’Association pris par les tâches d’accueil, de présentation, techniques, de bar et restauration… ne peuvent voir qu’un nombre très limité des films, documentaires ou projections numériques.
Tous les bénévoles qui le souhaitaient étaient conviés à un « mini Festival » le 17 décembre à la Case et comme à l’Opéra de Massy ils ont été captivés par les projections : sur le Vietnam, le trajet Dakar-Paris sans essence, l’étonnant tour du monde en bateau du facteur Maignan, les terres brûlées d’Ethiopie, et le voyage Paris-le Cap en tandem.
Après cette première partie, une pause dîner s’imposait autour d’une table bien garnie par chacun avec des conversations très denses et empreintes de bonne humeur. Un grand moment d’échanges et de convivialité immortalisé sur les photos jointes. Pour la fin de la soirée l’Asie était à l’honneur avec l’émouvant document sur le chemin du Kailash au Tibet, le Ladakh en hiver, la Route 219 au Kirghizstan.
Minuit arrivant bien trop vite, il a bien fallu terminer la soirée, mais quel bon moment nous avons passé ! Que de belles images, de contrées, de types de voyages très différents et d’émotions lors de certaines projections.
Les bénévoles peuvent dormir tranquille, devant le succès de ce 3ième mini festival à la Case et l’intérêt de cette séance, elle sera bien sûr reconduite à l’issue des prochains Festivals « Partir Autrement » et Globe-Trotters en 2012.
Bravo à Roland Tourbot pour cette initiative très appréciée par la trentaine de Participants !
Bernard Guironnet
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A la Case
Je rentre d'un périple d'un mois aux Philippines, et je tenais à vous faire part de la mauvaise expérience que j'ai vécue, comme bien d'autres.
A Manille, il existe une technique pour mettre les touristes en confiance et les droguer dans le but de les dépouiller de leur cash, et de se servir de leurs cartes bancaires.
Après vous avoir repéré, une personne vous accoste en plein jour, dans la rue, dans un restaurant, dans un square... Cette personne d'une quarantaine, qui se dit prof, qui a très bonne allure, qui parle très bien anglais (il peut s'agir d'un homme ou d'une femme), lors d'un échange très sympathique vous demande votre prochaine destination. Sans vous méfier, vous la lui indiquez, et là, le travail de sape commence. Cette personne prétend se rendre dans la même direction dans une voiture particulière avec des amies, et vous propose de vous emmener moyennant une participation aux frais d'essence. Après accord, le lendemain, vous vous retrouvez effectivement dans une voiture particulière, et avec des femmes qui elles aussi ont le même profil, à savoir, engageant et amical. Vous sortez de Manille, et vous arrivez bien à destination.
Vous êtes bien en confiance, et là, ils trouvent le moyen de droguer votre nourriture lors d'un repas partagé ensemble, ou votre boisson (il peut s'agir de votre propre bouteille d'eau posée sur une table, et à laquelle vous ne portez pas une attention particulière)
L'effet est immédiat.
Vous vous retrouvez dans une chambre d'hôtel plusieurs heures après, sans aucun souvenir depuis le repas, dépouillé de tout votre argent, vos photos effacées, mais avec tous vos papiers et effets personnels. Quelques jours après, vous constatez que différents retraits ont été effectués avec votre carte bancaire, alors que votre code secret n'était écrit nulle part.
Cette drogue est sans doute du GHB (drogue du violeur) ou un produit similaire. Elle vous rend docile, et depuis le moment de sa prise, efface toute votre mémoire pendant un laps de temps qui peut aller de quelques heures à une journée entière.
Cette expérience je l'ai vécue, et ai rencontré 2 autres touristes françaises qui elles aussi avaient été confrontées à ce même scénario, et avec les mêmes personnes, 4 jours après moi.
Il ne faut pas croire que ce genre de rencontre ne se fait que dans les bars ou discothèques, un soir de goguette.
Ces personnes sont des professionnels, ont le parfait savoir faire, et bien des touristes se sont déjà fait avoir. Alors si ce témoignage peut éviter à d'autres de tomber dans le piège, ça sera une consolation pour moi.
Il semblerait que cette technique tend à se répandre.
Marie Claire Lucas.
< Fiche pratique Brésil (2016)
J’ai séjourné au Brésil 5 semaines et demi, du 27 janvier au 6 mars 2016, donc essentiellement durant la haute saison touristique. Avantage : c’est la saison des vacances des brésiliens (et de leurs voisins argentins qui viennent en nombre profiter des superbes plages) et c’est aussi la saison des carnavals donc l’ambiance générale est joyeuse et festive, bref excellente. Inconvénients : il fait très chaud (c’est l’été dans l’hémisphère sud), les hébergements sont plus chers et les bus parfois complets si on s’y prend à la dernière minute.
< La météo que j'ai eu
Très bonne dans l’ensemble, un temps estival avec un soleil qui tapait souvent très fort en milieu de journée (du coup la plage c’était soit tôt le matin soit en fin d’après-midi) et très peu d’épisodes pluvieux.
< Mes coups de coeur
J’ai bien aimé le carnaval de rue de Rio avec son atmosphère très festive. Le carnaval « officiel » (défilé dans le Sambodromo) un peu moins (trop formaté, et j’étais placé loin des chars et des danseurs donc difficile d’apprécier la gestuelle de la samba). J’ai bien aimé les plages d’Isla Grande et celles de Florianopolis. J’ai beaucoup aimé les chutes d’Iguaçu (une vraie merveille de la nature). La gentillesse des brésiliens m’a beaucoup touché également : c'est un peuple vraiment très chaleureux. Dire que j'ai failli supprimer le Brésil de mon itinéraire de tour du monde ! (à cause du coût du voyage dans ce pays et à cause du temps nécessaire pour découvrir cet immense pays) J'ai été bien inspiré de persévérer dans mon idée de départ ! (j'ai cependant supprimé certaines étapes afin de simplifier un peu ce voyage)
< La descente de l’Amazone en bateau pour aller de Colombie au Brésil
J’avais deux possibilités pour rejoindre le Brésil depuis la Colombie : soit prendre un vol Bogota – Rio de Janeiro (assez cher), soit prendre un vol Bogota – Leticia (petite ville située à l’extrême sud de l’Amazonie colombienne) puis un bateau Tabatinga – Manaus puis un vol Manaus – Rio de Janeiro. Sur les conseils d’un ami, et après avoir lu des récits sur plusieurs blogs de voyageurs, j’ai choisi la seconde option, et je ne le regrette absolument pas, bien au contraire ! D’une part cela m’a permis d’économiser une cinquantaine d’euros par rapport à un trajet effectué 100% en avion, d’autre part cela m’a permis de découvrir l’Amazonie colombienne depuis le charmant village de Puerto Narino, avec observation de dauphins roses nageant dans l’Amazonie et randonnée de nuit dans la jungle pour observer toutes sortes de bestioles notamment de terrifiantes araignées... A Leticia j’ai fait une heure de shopping pour m’acheter (pour pas cher) un hamac de taille suffisante en longueur et en largeur (en effet, pour dormir à peu près à plat, il faut pouvoir se mettre légèrement en travers du hamac) ainsi que les cordes pour l’attacher.
Ensuite j’ai pris un taxi pour effectuer rapidement les formalités douanières (un coup de tampon à l’aéroport de Leticia et un autre à la préfecture de Tabatinga) puis pour relier l’embarcadère de Tabatinga où m’attendait un gros ferry (600 personnes dont seulement 10 touristes ! ambiance très locale donc...) pour descendre le fleuve Amazone durant 3 jours et 3 nuits et en dormant sur des hamacs... Au final, ce fut une expérience très intéressante (bien que les paysages depuis le bateau soient un peu monotones... monotones comme le furent les paysages de la Sibérie à bord du transsibérien), un long trajet qui m’a permis de rencontrer quelques touristes français très sympathiques avec qui j’ai d’ailleurs voyagé quelques jours de plus... et tout ça pour un prix imbattable : 200 Reals (50 euros) nourri-logé-transporté en bateau pendant 3 jours ! Qui dit mieux ?...
< Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio n'était pas prévu dans mon tour du monde, c'est un concours de circonstances qui a fait que je me suis trouvé à Rio au moment de cet événement (notamment le fait que je sois resté plus longtemps que prévu en Colombie), mais je ne regrette pas de l'avoir vécu ! Le carnaval de Rio est plus populaire et sympa dans les quartiers (le « carnaval de rue ») que les défilés officiels du Sambodrome qui sont très formatés et très chers surtout si on veut une place près des chars et des danseurs de samba. Voici 2 petites vidéos de mon bloco préféré "Simpatia é quase amor" (bloco est le nom donné pour désigner un groupe musical de carnaval de rue) : d'abord les percussions et la samba puis c'est une marée humaine de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui dansent en suivant le cortège au bord de la plage d'Ipanema... Un truc à vivre...
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< Le Brésil, un pays en crise...
Le Brésil en ce moment (fin 2015 / début 2016) traverse à la fois une crise politique (corruption), une crise économique (récession), une crise environnementale (la catastrophe écologique du barrage qui a explosé en novembre 2015), une crise footballistique (défaites lors de la coupe du monde de 2014 puis lors de la Copa America 2015) et, cerise sur le gâteau (si on peut dire...), une crise sanitaire (le virus Zica). Bref, tout va bien...
Catastrophe écologique au Brésil après une coulée de boue toxique
Début novembre 2015 est survenu un évènement tragique : un barrage qui retenait des déchets miniers a sauté dans l’Etat du Minas Gerais, répandant l'équivalent de 20 000 piscines olympique de boue toxique dans le 5ème fleuve du pays : le Rio Doce. Cette vague de boue, en plus d'avoir fait 13 morts sur son passage, a privé 280 000 personnes d'eau potable et le fleuve est maintenant considéré comme mort par les scientifiques. Après avoir tué toute la faune sur son passage, la boue toxique a atteint l'océan Atlantique, 650 km plus loin. Cette catastrophe écologique est déjà considérée comme la plus importante de l'histoire du Brésil. Des négligences humaines au niveau des contrôles de sécurité du barrage sont à l’origine de cette catastrophe.
< Ce que j'ai moins aimé
Ce pays est moins dépaysant (pour un européen) que la Colombie ou le Mexique. Cela m’a empêché de ressentir un gros coup de cœur pour le Brésil. Donc je pourrais dire que j’ai moins aimé son côté très « européen » (surtout au fur et à mesure qu’on s’approche du sud du pays : il y a même des villages peuplés en majorité d’immigrés allemands qui organisent chaque année la fête de la bière !).
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< Ce que j'ai mangé
La nourriture au Brésil est assez proche de la nourriture colombienne mais avec des influences portugaises (colonisation oblige), italiennes et japonaises (à cause de la forte immigration en provenance de ces deux pays). Les amateurs de pizzas et de sushis seront donc comblés, en particulier à Sao Paulo, capitale gastronomique du Brésil. On trouve aussi de temps en temps des boulangeries françaises (par exemple celle de Copacabana qui est très connue), et on peut déguster de délicieux ceviche péruviens (mon nouveau péché mignon...).
Au Brésil on peut manger équilibré en allant dans des resto au kilo : ce sont des self-service où on paie au poids avec un choix élargi de plats. Sinon, on sert à tous les coins de rue de délicieux jus à partir de fruits que l’on choisit à l'étalage. Le Brésil est un pays où on mange bien et beaucoup, d’ailleurs l’obésité se développe ici comme presque partout ailleurs dans le monde (le Japon et Cuba faisant exception à cette triste évolution).
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
J’ai décidé de faire l’impasse sur le fameux Nordeste (Belem, Sao Luis et son désert du Parc national des Lençóis Maranhenses, Recife, Salvador de Bahia), car cela m’aurait obligé à rallonger mon séjour et à prendre d’autres avions internes à cause des très longues distances : compliqué car je ne pouvais pas trop retarder mon arrivée en Patagonie (météo défavorable après mars) et au niveau budget cela coûtait cher de prendre 2 avions supplémentaires. J’ai renoncé aussi à aller visiter l’Etat du Minas Gerais avec ses villes à l’architecture coloniale (notamment Ouro Preto, Tiradentes et Mariana) à cause de la canicule et surtout à cause de la fatigue des longs trajets en bus (depuis Rio cela me faisait remonter vers le nord alors que mon itinéraire vers l’Argentine me commandait de mettre le cap au sud). Je ne suis pas allé admirer l’architecture futuriste (œuvre du fameux architecte brésilien Oscar Niemeyer) de la capitale Brasilia car là encore cela nécessitait de prendre un avion et cette ville n’était pas une priorité pour moi. Quant au fameux Pantanal, c’est une région très excentrée qui est loin de tout, et y aller et y séjourner coûte très cher.
< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre dans ce pays
Le Brésil est un pays immense, imaginez : c’est presque 3 fois plus grand que l’Inde !!! Pour ceux qui connaissent l’Inde, cela donne une idée de l’immensité du pays, sachant qu’une très grande partie est constituée de la forêt amazonienne et est donc quasi inhabitée. Le Brésil possède au nord des frontières avec la Guyane française, le Suriname, le Guyana et le Venezuela, à l’est avec la Colombie, le Pérou, la Bolivie et le Paraguay, et au sud avec l’Argentine et l’Uruguay. Concernant les formalités d'immigration : il n’y a pas d’obligation de visa pour un français pour entrer au Brésil. Le passeport est bien entendu obligatoire.
Le Brésil est un pays facile à visiter en mode sac à dos (mais assez cher à cause des longues distances qui nécessitent de prendre des avions internes, à moins de se limiter à une petite partie du pays ou d’avoir beaucoup de temps pour faire de très longs trajets en bus). Concernant la sécurité, comme dans toutes les grandes villes d’Amérique latine il faut faire attention et ne pas montrer qu’on possède des objets de valeur quand on marche dans la rue.
Pour les transports, en haute saison touristique il faut penser à acheter ses billets de bus (et parfois de bateau) au moins un jour à l’avance si on ne veut pas se retrouver coincé (j’ai eu un peu de mal à quitter la station balnéaire de Paraty pour cette raison).
On trouve des hébergements pour tous les budgets, il y a aussi des auberges de jeunesse avec dortoirs et des pousadas (petits hôtels) qui permettent de se loger à prix raisonnable. Le couchsurfing a moyennement fonctionné pour moi dans ce pays. Attention, en période de carnaval le prix des hébergements à Rio double ou triple...
Pour téléphoner, on peut acheter pour pas très cher une carte SIM brésilienne prépayée, à condition bien sûr d’avoir un téléphone débloqué.
Concernant les passages de frontière terrestres depuis / vers la Colombie et l’Argentine : cela se fait très facilement (pour les français en tous cas), un coup de tampon sur le passeport à la douane du pays de sortie, un autre tampon à la douane du pays d’entrée et le tour est joué !
< Le mot de la fin...
J’ai beaucoup aimé le Brésil, même si ce pays est moins dépaysant pour un européen que le Mexique et la Colombie (je précise que je parle de la partie sud du Brésil (entre Rio et Florianopolis), car je n’avais pas le temps ni le budget avion pour aller visiter le Nordeste ou le Pantanal qui sont certainement des coins plus dépaysants). La partie sud du Brésil est moins dépaysante que le nord car elle est très européanisée au niveau du style de vie.
Mon seul (petit) problème dans ce pays a été la communication car je ne parle pas portugais, mais ici beaucoup de gens comprennent le "portugnol" (mélange entre portugais et espagnol qui facilite la communication entre argentins, paraguayens et brésiliens)... Je vais probablement repasser quelques jours au Brésil tout à la fin de mon périple car les vols pour la France y sont les moins chers d’Amérique latine.
< http://fredalaventure.blogspot.fr/
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< Olinda et les origines du carnaval brésilien
Bien loin de la débauche d’argent et de décibels des défilés-concours du carnaval de Rio, les Nordestins se pressent par centaines de milliers dans les ruelles d’Olinda, l’ancienne capitale du Brésil hollandais.
Le rituel du carnaval consiste à suivre les grosses têtes en papier mâché des idoles de l’année. Au son du frévo, enchaîné par les orchestres de fanfares, l’ambiance est toujours aussi chaude mais moins électrique qu’à Salvador, plus authentique aussi.
Les origines du carnaval : le maracatu Pour fêter mardi gras, les coupeurs de canne de l’arrière-pays abandonnent leurs verts bosquets et troquent leurs haillons pour des costumes royaux empruntés aux anciens maîtres hollandais des domaines sucriers. C’est l’occasion, comme à
Santiago de Cuba ou La Nouvelle Orléans, de reconstituer l’ordre social africain avec féticheurs et danseurs, rois et reines. De tous les mélanges que seul le Brésil a su orchestrer, est né le maracatu, une fusion syncopée de rythmes endiablés, empruntés aux mondes indien et noir peuplés des divinités et petits génies des rites du candomblé.
Venus des bourgades agricoles voisines, les caboclos des plantations affrètent des minibus pour se déplacer avec habits brodés, plumes et flèches. Le grand ordonnateur des cérémonies, Mestre Salustiano, a disparu mais sa maison de Cidade Tabajara accueille toujours un rassemblement des meilleurs groupes de maracatu rural. Ce sont eux les rois du carnaval. Armés de leurs lances, le sifflet rivé aux lèvres, ils enchaînent les abordages, drapés dans leur costume dégoulinant de raphias multicolores. Sous des cotes de maille cousues de milliers de perles scintillantes, les plus courageux dissimulent de volumineuses cloches métalliques, les gongués, qui rythment avec les maracas, taillés dans de la noix de coco, les assauts.
La fleur fichée dans la bouche permet aux danseurs de conserver la divinité qui décuple leur force. Sous le cagnard, les lunettes de soleil masquent des yeux injectés de sang. Chaque bourg de l’arrière-pays accueille ces troupes qui enchaînent les simulacres savants de bataille entre rasades de rhum, gâteaux de tapioca et autres substances énergisantes. Au milieu des groupes, certains détonnent avec leurs corps peints à la mode indienne brandissant flèches et haches de pacotille.
D’autres impressionnent avec leur coiffe démesurée en plumes de paon ! Quelle équipée hétéroclite où se côtoient personnages de la cour empâtés, jeunes filles élancées et dames corsetées !
À la nuit tombée, ces héros fatigués, comme illuminés par la grâce, regagnent leur masure. Les tenues carnavalesques retomberont dans l’oubli jusqu’au prochain carême. Demain, les machettes seront de sortie pour une nouvelle journée de labeur dans les champs incendiés durant la nuit. Le patron surveillera comme à l’accoutumé la bonne exécution de la tâche par les forçats de la canne.
Texte et photo Alain Basset (42)
Le train de la mort
En Amérique latine, peu de trains roulent, mais chacun recèle plus que sa part de surprises.
Achevant mon périple péruvien, j’emprunte le rail pour descendre des Andes boliviennes vers les plaines brésiliennes, plus exactement de Santa Cruz à Puerto Quijarro. Ce sera le Train de la Mort ! Cette rame tire son curieux nom de longues décennies de voyages clandestins sur son toit, évitant ainsi le contrôleur honni. Une alternative originale à nos lâches fraudeurs des toilettes de TGV ! — et une réminiscence des fameux surfeurs carioca à peine pubères, qui s’entraînent sur la voûte des tramways et y trouvent la mort sous les caténaires avant même de connaître l’ivresse des vagues.
Nous traversons d’abord quelques minimissions de mennonites, ces émigrants germains aux costumes et coiffes inchangés depuis des siècles. Ils sont anabaptistes, c’est à- dire que chacun effectue son cheminement religieux à son rythme, et choisit le moment de son baptême. Cela va de pair avec un mode de vie agricole et autarcique qui, bien qu’empreint de rigueur, de discipline et de travail communautaire, se voit quasi-exempt de toute technologie ou appareil moderne—ce qui n’empêche pas leurs produits laitiers de se voir reconnus comme les meilleurs du pays.
Des hommes au visage pâle, en salopette noire, les proposent d’ailleurs tout au long du trajet, partageant l’étroit passage central avec des ambulants, tenant dans leurs mains des plats boliviens plus traditionnels. Ainsi se succèdent selon l’ordre logique du repas les entrées (salteñas, brochettes), les plats de résistance (poisson frit entier posé d’emblée sur les genoux du client stupéfait, poulet frit), les desserts (gélatines, confitures et miel mennonite) ainsi qu’un choix de différents thermos de café (noir, au lait, au chocolat, etc.). Le paroxysme est atteint lors d’un arrêt en plein marché de ville, juste à l’heure du dîner ; on sent le cheminot redémarrer sa locomotive bien doucement, comme à regret !
Au fur et à mesure de la descente, de magnifiques colibris viennent voleter aux alentours des fenêtres, quêtant une miette des bombances dînatoires.
D’irrésistibles enfants vendeurs de douceurs se réunissent sur une banquette pour observer ces oiseaux, les désignant joyeusement puis tentant gravement de les attirer à l’aide d’un appât viandeux. Une fois l’apprivoisement (ou le piège ?) compromis, ils s’égaillent vivement, zigzaguant avec agilité dans la forêt de jambes des voyageurs.
Le Brésil approche ! La transition entre la Bolivie et le Brésil se fait vestimentairement parlant de manière spectaculaire : les manches remontent, laissant naître de ronds et mignons bras nus ; les tissus s’allègent, suggérant d’attirantes formes ; les orteils effectuent une hardie apparition. On murmure même qu’une poignée de nombrils aurait été autorisée à se montrer à la lumière du jour. Pas de doute, le Brésil approche !
Pêle-mêle : grands-mères s’en retournant de la Grande Ville, chefs de famille boliviens allant chercher le pain de leurs enfants dans le BTP brésilien, fraîches adolescentes décolletées apprenant à jouer de leurs charmes en s’allongeant lascivement sur les minuscules banquettes, cheminots au nez couleur de vin et à la langue bien pendue, placides protestants glissant tels des fantômes entre ces silhouettes truculentes.
Au milieu de cette pagaille, petite angoisse familière : le “moment frontière”, le petit stress qu’un souci surgisse tant pour quitter un pays A que pour pénétrer dans une nation B. Lors du poinçonnage de mon billet par une sorte de Mr Loyal, accompagné d’un militaire de petite taille au visage de bouledogue, je songe avec amusement aux fameux “frais d’émission de billet à bord” de la SNCF : je dois être le seul du wagon à avoir acheté mon billet avant le départ !
Tiré de mes pensées “comptables”, j’aperçois, placardées bien en vue de toutes et de tous, les
Cinq Règles Fondatrices de ces vingtquatre heures quotidiennes de trajet :
• Ne PAS fumer ni boire
• Ne RIEN jeter par la fenêtre
• Ne PAS passer la tête par la fenêtre
• Ne PAS s’allonger dans le couloir
• Demi-tarif jusqu’à 11 ans révolus.
Elles sont bien entendu toutes allégrement bafouées, et par moi le premier, ne réussissant à apaiser mes longues jambes qu’en allongeant le reste de mon corps à terre, encadré par un morveux épuisé et une vieillarde au regard aussi fixe que borgne.
Le chant du coq est assuré par les vendeurs de café, achevant de déclore les paupières des dormeurs d’un irrésistible fumet d’empanadas (pommes de terre fourrées) toutes chaudes.
Une employée taiseuse des douanes boliviennes alourdit encore mon passeport, un jovial et moustachu policier brésilien me souhaite la bienvenue d’un retentissant coup de tampon.
Bonjour Brésil... et bonjour Pantanal !
Texte : Louis
Elise et William sont partis autour du monde à la découverte des cinémas...
Le CINÉ SANTA TERESA
Nous avons beaucoup aimé le quartier Santa Teresa qui est souvent considéré comme une sorte de « Montmartre carioca ». Santa Teresa est « village » qui surplombe le quartier animé de Lapa. Galeries d’art, bars et petites boutiques habitent les lieux et un esprit bohême enveloppe le quartier.
Situé sur la place principale où se croisaient les mythiques bondes (tramways qui ne circulent plus depuis un tragique accident, en août dernier), le Ciné Santa Teresa, ouvert le 23 juin 2003, propose un film par jour, dans une salle de 60 sièges.
Ce cinéma à un rôle primordial dans la culture alternative, sociale et éducative du quartier car il propose des séances pour les cinéphiles, les écoles, les institutions, les ONG… et une partie de la vente du billet est reversé à des œuvres sociales. Des projections publiques et gratuites ont été organisées par le cinéma à destination des enfants défavorisés et des jeunes qui n’avaient jamais vu de film dans une salle de cinéma et qui ont été transportés par la magie du lieu et du cinéma.
A partir de 2006, le Ciné Santa Teresa diffuse plusieurs séances par jour, en élargissant ses programmes afin de développer des méthodes socio-culturelles et éducatives à destination de toutes classes sociales.
Le Ciné Santa Teresa n'a pas de parrainage ou d’aide financière extérieure. Il maintient ses activités uniquement par la vente de billets. Ces diverses ventes permettent l’organisation de séances gratuites pour les enfants, les étudiants, les jeunes et les moins jeunes
Une galerie d’art et d’exposition est installée dans le hall du cinéma (Galerie Ciné) : les artistes étendant ainsi leur public et amenant de nouveaux admirateurs au cinéma.
Le Ciné de Santa Teresa a remporté pendant trois années consécutives (en 2008, 2009 et 2010) le prix du "plus grand diffuseur de films Brésilien" donnée par l’Ancine (l’organisme fédéral de réglementation du film) : il semble avoir plus de titres brésiliens en exploitation que tout autre cinéma au Brésil. Cette victoire place le Ciné Santa Teresa comme le plus grand admirateur et défenseur de l'œuvre de réalisateurs, acteurs et techniciens au Brésil.
Le Ciné Santa Teresa entre dans sa neuvième année d'exploitation complète en enregistrant d’encourageants résultats.
En septembre 2010, il a ouvert sa première succursale, le Ciné Art Macae, où sera créé le concept, utilisé au Ciné Santa Teresa. Le modèle d'affaires développé par ces deux salles représente une révolution sur le marché de l’exploitation cinématographique au Brésil.
Les salles de cinéma sont en interaction avec la vie culturelle, sociale, politique et artistique du quartier dans lequel ils opèrent.
L'intention d'élargir leurs actions (projections gratuites, en plein air, pour des publics défavorisés, …) contribue à réduire les inégalités et permet d’offrir des loisirs sains et éducatifs à leurs publics, tout en maintenant une conscience sociale et culturelle.
http://www.asso-cinemap.fr/
J’ai séjourné au Brésil 5 semaines et demi, du 27 janvier au 6 mars 2016, donc essentiellement durant la haute saison touristique. Avantage : c’est la saison des vacances des brésiliens (et de leurs voisins argentins qui viennent en nombre profiter des superbes plages) et c’est aussi la saison des carnavals donc l’ambiance générale est joyeuse et festive, bref excellente. Inconvénients : il fait très chaud (c’est l’été dans l’hémisphère sud), les hébergements sont plus chers et les bus parfois complets si on s’y prend à la dernière minute.
< La météo que j'ai eu
Très bonne dans l’ensemble, un temps estival avec un soleil qui tapait souvent très fort en milieu de journée (du coup la plage c’était soit tôt le matin soit en fin d’après-midi) et très peu d’épisodes pluvieux.
< Mes coups de coeur
J’ai bien aimé le carnaval de rue de Rio avec son atmosphère très festive. Le carnaval « officiel » (défilé dans le Sambodromo) un peu moins (trop formaté, et j’étais placé loin des chars et des danseurs donc difficile d’apprécier la gestuelle de la samba). J’ai bien aimé les plages d’Isla Grande et celles de Florianopolis. J’ai beaucoup aimé les chutes d’Iguaçu (une vraie merveille de la nature). La gentillesse des brésiliens m’a beaucoup touché également : c'est un peuple vraiment très chaleureux. Dire que j'ai failli supprimer le Brésil de mon itinéraire de tour du monde ! (à cause du coût du voyage dans ce pays et à cause du temps nécessaire pour découvrir cet immense pays) J'ai été bien inspiré de persévérer dans mon idée de départ ! (j'ai cependant supprimé certaines étapes afin de simplifier un peu ce voyage)
< La descente de l’Amazone en bateau pour aller de Colombie au Brésil
J’avais deux possibilités pour rejoindre le Brésil depuis la Colombie : soit prendre un vol Bogota – Rio de Janeiro (assez cher), soit prendre un vol Bogota – Leticia (petite ville située à l’extrême sud de l’Amazonie colombienne) puis un bateau Tabatinga – Manaus puis un vol Manaus – Rio de Janeiro. Sur les conseils d’un ami, et après avoir lu des récits sur plusieurs blogs de voyageurs, j’ai choisi la seconde option, et je ne le regrette absolument pas, bien au contraire ! D’une part cela m’a permis d’économiser une cinquantaine d’euros par rapport à un trajet effectué 100% en avion, d’autre part cela m’a permis de découvrir l’Amazonie colombienne depuis le charmant village de Puerto Narino, avec observation de dauphins roses nageant dans l’Amazonie et randonnée de nuit dans la jungle pour observer toutes sortes de bestioles notamment de terrifiantes araignées... A Leticia j’ai fait une heure de shopping pour m’acheter (pour pas cher) un hamac de taille suffisante en longueur et en largeur (en effet, pour dormir à peu près à plat, il faut pouvoir se mettre légèrement en travers du hamac) ainsi que les cordes pour l’attacher.
Ensuite j’ai pris un taxi pour effectuer rapidement les formalités douanières (un coup de tampon à l’aéroport de Leticia et un autre à la préfecture de Tabatinga) puis pour relier l’embarcadère de Tabatinga où m’attendait un gros ferry (600 personnes dont seulement 10 touristes ! ambiance très locale donc...) pour descendre le fleuve Amazone durant 3 jours et 3 nuits et en dormant sur des hamacs... Au final, ce fut une expérience très intéressante (bien que les paysages depuis le bateau soient un peu monotones... monotones comme le furent les paysages de la Sibérie à bord du transsibérien), un long trajet qui m’a permis de rencontrer quelques touristes français très sympathiques avec qui j’ai d’ailleurs voyagé quelques jours de plus... et tout ça pour un prix imbattable : 200 Reals (50 euros) nourri-logé-transporté en bateau pendant 3 jours ! Qui dit mieux ?...
< Le carnaval de Rio
Le carnaval de Rio n'était pas prévu dans mon tour du monde, c'est un concours de circonstances qui a fait que je me suis trouvé à Rio au moment de cet événement (notamment le fait que je sois resté plus longtemps que prévu en Colombie), mais je ne regrette pas de l'avoir vécu ! Le carnaval de Rio est plus populaire et sympa dans les quartiers (le « carnaval de rue ») que les défilés officiels du Sambodrome qui sont très formatés et très chers surtout si on veut une place près des chars et des danseurs de samba. Voici 2 petites vidéos de mon bloco préféré "Simpatia é quase amor" (bloco est le nom donné pour désigner un groupe musical de carnaval de rue) : d'abord les percussions et la samba puis c'est une marée humaine de plusieurs dizaines de milliers de personnes qui dansent en suivant le cortège au bord de la plage d'Ipanema... Un truc à vivre...
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< Le Brésil, un pays en crise...
Le Brésil en ce moment (fin 2015 / début 2016) traverse à la fois une crise politique (corruption), une crise économique (récession), une crise environnementale (la catastrophe écologique du barrage qui a explosé en novembre 2015), une crise footballistique (défaites lors de la coupe du monde de 2014 puis lors de la Copa America 2015) et, cerise sur le gâteau (si on peut dire...), une crise sanitaire (le virus Zica). Bref, tout va bien...
Catastrophe écologique au Brésil après une coulée de boue toxique
Début novembre 2015 est survenu un évènement tragique : un barrage qui retenait des déchets miniers a sauté dans l’Etat du Minas Gerais, répandant l'équivalent de 20 000 piscines olympique de boue toxique dans le 5ème fleuve du pays : le Rio Doce. Cette vague de boue, en plus d'avoir fait 13 morts sur son passage, a privé 280 000 personnes d'eau potable et le fleuve est maintenant considéré comme mort par les scientifiques. Après avoir tué toute la faune sur son passage, la boue toxique a atteint l'océan Atlantique, 650 km plus loin. Cette catastrophe écologique est déjà considérée comme la plus importante de l'histoire du Brésil. Des négligences humaines au niveau des contrôles de sécurité du barrage sont à l’origine de cette catastrophe.
< Ce que j'ai moins aimé
Ce pays est moins dépaysant (pour un européen) que la Colombie ou le Mexique. Cela m’a empêché de ressentir un gros coup de cœur pour le Brésil. Donc je pourrais dire que j’ai moins aimé son côté très « européen » (surtout au fur et à mesure qu’on s’approche du sud du pays : il y a même des villages peuplés en majorité d’immigrés allemands qui organisent chaque année la fête de la bière !).
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< Ce que j'ai mangé
La nourriture au Brésil est assez proche de la nourriture colombienne mais avec des influences portugaises (colonisation oblige), italiennes et japonaises (à cause de la forte immigration en provenance de ces deux pays). Les amateurs de pizzas et de sushis seront donc comblés, en particulier à Sao Paulo, capitale gastronomique du Brésil. On trouve aussi de temps en temps des boulangeries françaises (par exemple celle de Copacabana qui est très connue), et on peut déguster de délicieux ceviche péruviens (mon nouveau péché mignon...).
Au Brésil on peut manger équilibré en allant dans des resto au kilo : ce sont des self-service où on paie au poids avec un choix élargi de plats. Sinon, on sert à tous les coins de rue de délicieux jus à partir de fruits que l’on choisit à l'étalage. Le Brésil est un pays où on mange bien et beaucoup, d’ailleurs l’obésité se développe ici comme presque partout ailleurs dans le monde (le Japon et Cuba faisant exception à cette triste évolution).
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
J’ai décidé de faire l’impasse sur le fameux Nordeste (Belem, Sao Luis et son désert du Parc national des Lençóis Maranhenses, Recife, Salvador de Bahia), car cela m’aurait obligé à rallonger mon séjour et à prendre d’autres avions internes à cause des très longues distances : compliqué car je ne pouvais pas trop retarder mon arrivée en Patagonie (météo défavorable après mars) et au niveau budget cela coûtait cher de prendre 2 avions supplémentaires. J’ai renoncé aussi à aller visiter l’Etat du Minas Gerais avec ses villes à l’architecture coloniale (notamment Ouro Preto, Tiradentes et Mariana) à cause de la canicule et surtout à cause de la fatigue des longs trajets en bus (depuis Rio cela me faisait remonter vers le nord alors que mon itinéraire vers l’Argentine me commandait de mettre le cap au sud). Je ne suis pas allé admirer l’architecture futuriste (œuvre du fameux architecte brésilien Oscar Niemeyer) de la capitale Brasilia car là encore cela nécessitait de prendre un avion et cette ville n’était pas une priorité pour moi. Quant au fameux Pantanal, c’est une région très excentrée qui est loin de tout, et y aller et y séjourner coûte très cher.
< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre dans ce pays
Le Brésil est un pays immense, imaginez : c’est presque 3 fois plus grand que l’Inde !!! Pour ceux qui connaissent l’Inde, cela donne une idée de l’immensité du pays, sachant qu’une très grande partie est constituée de la forêt amazonienne et est donc quasi inhabitée. Le Brésil possède au nord des frontières avec la Guyane française, le Suriname, le Guyana et le Venezuela, à l’est avec la Colombie, le Pérou, la Bolivie et le Paraguay, et au sud avec l’Argentine et l’Uruguay. Concernant les formalités d'immigration : il n’y a pas d’obligation de visa pour un français pour entrer au Brésil. Le passeport est bien entendu obligatoire.
Le Brésil est un pays facile à visiter en mode sac à dos (mais assez cher à cause des longues distances qui nécessitent de prendre des avions internes, à moins de se limiter à une petite partie du pays ou d’avoir beaucoup de temps pour faire de très longs trajets en bus). Concernant la sécurité, comme dans toutes les grandes villes d’Amérique latine il faut faire attention et ne pas montrer qu’on possède des objets de valeur quand on marche dans la rue.
Pour les transports, en haute saison touristique il faut penser à acheter ses billets de bus (et parfois de bateau) au moins un jour à l’avance si on ne veut pas se retrouver coincé (j’ai eu un peu de mal à quitter la station balnéaire de Paraty pour cette raison).
On trouve des hébergements pour tous les budgets, il y a aussi des auberges de jeunesse avec dortoirs et des pousadas (petits hôtels) qui permettent de se loger à prix raisonnable. Le couchsurfing a moyennement fonctionné pour moi dans ce pays. Attention, en période de carnaval le prix des hébergements à Rio double ou triple...
Pour téléphoner, on peut acheter pour pas très cher une carte SIM brésilienne prépayée, à condition bien sûr d’avoir un téléphone débloqué.
Concernant les passages de frontière terrestres depuis / vers la Colombie et l’Argentine : cela se fait très facilement (pour les français en tous cas), un coup de tampon sur le passeport à la douane du pays de sortie, un autre tampon à la douane du pays d’entrée et le tour est joué !
< Le mot de la fin...
J’ai beaucoup aimé le Brésil, même si ce pays est moins dépaysant pour un européen que le Mexique et la Colombie (je précise que je parle de la partie sud du Brésil (entre Rio et Florianopolis), car je n’avais pas le temps ni le budget avion pour aller visiter le Nordeste ou le Pantanal qui sont certainement des coins plus dépaysants). La partie sud du Brésil est moins dépaysante que le nord car elle est très européanisée au niveau du style de vie.
Mon seul (petit) problème dans ce pays a été la communication car je ne parle pas portugais, mais ici beaucoup de gens comprennent le "portugnol" (mélange entre portugais et espagnol qui facilite la communication entre argentins, paraguayens et brésiliens)... Je vais probablement repasser quelques jours au Brésil tout à la fin de mon périple car les vols pour la France y sont les moins chers d’Amérique latine.
< http://fredalaventure.blogspot.fr/
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< Olinda et les origines du carnaval brésilien
Bien loin de la débauche d’argent et de décibels des défilés-concours du carnaval de Rio, les Nordestins se pressent par centaines de milliers dans les ruelles d’Olinda, l’ancienne capitale du Brésil hollandais.
Le rituel du carnaval consiste à suivre les grosses têtes en papier mâché des idoles de l’année. Au son du frévo, enchaîné par les orchestres de fanfares, l’ambiance est toujours aussi chaude mais moins électrique qu’à Salvador, plus authentique aussi.Les origines du carnaval : le maracatu Pour fêter mardi gras, les coupeurs de canne de l’arrière-pays abandonnent leurs verts bosquets et troquent leurs haillons pour des costumes royaux empruntés aux anciens maîtres hollandais des domaines sucriers. C’est l’occasion, comme à
Santiago de Cuba ou La Nouvelle Orléans, de reconstituer l’ordre social africain avec féticheurs et danseurs, rois et reines. De tous les mélanges que seul le Brésil a su orchestrer, est né le maracatu, une fusion syncopée de rythmes endiablés, empruntés aux mondes indien et noir peuplés des divinités et petits génies des rites du candomblé.
Venus des bourgades agricoles voisines, les caboclos des plantations affrètent des minibus pour se déplacer avec habits brodés, plumes et flèches. Le grand ordonnateur des cérémonies, Mestre Salustiano, a disparu mais sa maison de Cidade Tabajara accueille toujours un rassemblement des meilleurs groupes de maracatu rural. Ce sont eux les rois du carnaval. Armés de leurs lances, le sifflet rivé aux lèvres, ils enchaînent les abordages, drapés dans leur costume dégoulinant de raphias multicolores. Sous des cotes de maille cousues de milliers de perles scintillantes, les plus courageux dissimulent de volumineuses cloches métalliques, les gongués, qui rythment avec les maracas, taillés dans de la noix de coco, les assauts.
La fleur fichée dans la bouche permet aux danseurs de conserver la divinité qui décuple leur force. Sous le cagnard, les lunettes de soleil masquent des yeux injectés de sang. Chaque bourg de l’arrière-pays accueille ces troupes qui enchaînent les simulacres savants de bataille entre rasades de rhum, gâteaux de tapioca et autres substances énergisantes. Au milieu des groupes, certains détonnent avec leurs corps peints à la mode indienne brandissant flèches et haches de pacotille.
D’autres impressionnent avec leur coiffe démesurée en plumes de paon ! Quelle équipée hétéroclite où se côtoient personnages de la cour empâtés, jeunes filles élancées et dames corsetées !
À la nuit tombée, ces héros fatigués, comme illuminés par la grâce, regagnent leur masure. Les tenues carnavalesques retomberont dans l’oubli jusqu’au prochain carême. Demain, les machettes seront de sortie pour une nouvelle journée de labeur dans les champs incendiés durant la nuit. Le patron surveillera comme à l’accoutumé la bonne exécution de la tâche par les forçats de la canne.
Texte et photo Alain Basset (42)
Le train de la mort
En Amérique latine, peu de trains roulent, mais chacun recèle plus que sa part de surprises.
Achevant mon périple péruvien, j’emprunte le rail pour descendre des Andes boliviennes vers les plaines brésiliennes, plus exactement de Santa Cruz à Puerto Quijarro. Ce sera le Train de la Mort ! Cette rame tire son curieux nom de longues décennies de voyages clandestins sur son toit, évitant ainsi le contrôleur honni. Une alternative originale à nos lâches fraudeurs des toilettes de TGV ! — et une réminiscence des fameux surfeurs carioca à peine pubères, qui s’entraînent sur la voûte des tramways et y trouvent la mort sous les caténaires avant même de connaître l’ivresse des vagues.Nous traversons d’abord quelques minimissions de mennonites, ces émigrants germains aux costumes et coiffes inchangés depuis des siècles. Ils sont anabaptistes, c’est à- dire que chacun effectue son cheminement religieux à son rythme, et choisit le moment de son baptême. Cela va de pair avec un mode de vie agricole et autarcique qui, bien qu’empreint de rigueur, de discipline et de travail communautaire, se voit quasi-exempt de toute technologie ou appareil moderne—ce qui n’empêche pas leurs produits laitiers de se voir reconnus comme les meilleurs du pays.
Des hommes au visage pâle, en salopette noire, les proposent d’ailleurs tout au long du trajet, partageant l’étroit passage central avec des ambulants, tenant dans leurs mains des plats boliviens plus traditionnels. Ainsi se succèdent selon l’ordre logique du repas les entrées (salteñas, brochettes), les plats de résistance (poisson frit entier posé d’emblée sur les genoux du client stupéfait, poulet frit), les desserts (gélatines, confitures et miel mennonite) ainsi qu’un choix de différents thermos de café (noir, au lait, au chocolat, etc.). Le paroxysme est atteint lors d’un arrêt en plein marché de ville, juste à l’heure du dîner ; on sent le cheminot redémarrer sa locomotive bien doucement, comme à regret !
Au fur et à mesure de la descente, de magnifiques colibris viennent voleter aux alentours des fenêtres, quêtant une miette des bombances dînatoires.
D’irrésistibles enfants vendeurs de douceurs se réunissent sur une banquette pour observer ces oiseaux, les désignant joyeusement puis tentant gravement de les attirer à l’aide d’un appât viandeux. Une fois l’apprivoisement (ou le piège ?) compromis, ils s’égaillent vivement, zigzaguant avec agilité dans la forêt de jambes des voyageurs.Le Brésil approche ! La transition entre la Bolivie et le Brésil se fait vestimentairement parlant de manière spectaculaire : les manches remontent, laissant naître de ronds et mignons bras nus ; les tissus s’allègent, suggérant d’attirantes formes ; les orteils effectuent une hardie apparition. On murmure même qu’une poignée de nombrils aurait été autorisée à se montrer à la lumière du jour. Pas de doute, le Brésil approche !
Pêle-mêle : grands-mères s’en retournant de la Grande Ville, chefs de famille boliviens allant chercher le pain de leurs enfants dans le BTP brésilien, fraîches adolescentes décolletées apprenant à jouer de leurs charmes en s’allongeant lascivement sur les minuscules banquettes, cheminots au nez couleur de vin et à la langue bien pendue, placides protestants glissant tels des fantômes entre ces silhouettes truculentes.
Au milieu de cette pagaille, petite angoisse familière : le “moment frontière”, le petit stress qu’un souci surgisse tant pour quitter un pays A que pour pénétrer dans une nation B. Lors du poinçonnage de mon billet par une sorte de Mr Loyal, accompagné d’un militaire de petite taille au visage de bouledogue, je songe avec amusement aux fameux “frais d’émission de billet à bord” de la SNCF : je dois être le seul du wagon à avoir acheté mon billet avant le départ !
Tiré de mes pensées “comptables”, j’aperçois, placardées bien en vue de toutes et de tous, les
Cinq Règles Fondatrices de ces vingtquatre heures quotidiennes de trajet :
• Ne PAS fumer ni boire
• Ne RIEN jeter par la fenêtre
• Ne PAS passer la tête par la fenêtre
• Ne PAS s’allonger dans le couloir
• Demi-tarif jusqu’à 11 ans révolus.
Elles sont bien entendu toutes allégrement bafouées, et par moi le premier, ne réussissant à apaiser mes longues jambes qu’en allongeant le reste de mon corps à terre, encadré par un morveux épuisé et une vieillarde au regard aussi fixe que borgne.Le chant du coq est assuré par les vendeurs de café, achevant de déclore les paupières des dormeurs d’un irrésistible fumet d’empanadas (pommes de terre fourrées) toutes chaudes.
Une employée taiseuse des douanes boliviennes alourdit encore mon passeport, un jovial et moustachu policier brésilien me souhaite la bienvenue d’un retentissant coup de tampon.
Bonjour Brésil... et bonjour Pantanal !
Texte : Louis
Elise et William sont partis autour du monde à la découverte des cinémas...
Le CINÉ SANTA TERESA
Nous avons beaucoup aimé le quartier Santa Teresa qui est souvent considéré comme une sorte de « Montmartre carioca ». Santa Teresa est « village » qui surplombe le quartier animé de Lapa. Galeries d’art, bars et petites boutiques habitent les lieux et un esprit bohême enveloppe le quartier. Situé sur la place principale où se croisaient les mythiques bondes (tramways qui ne circulent plus depuis un tragique accident, en août dernier), le Ciné Santa Teresa, ouvert le 23 juin 2003, propose un film par jour, dans une salle de 60 sièges.
Ce cinéma à un rôle primordial dans la culture alternative, sociale et éducative du quartier car il propose des séances pour les cinéphiles, les écoles, les institutions, les ONG… et une partie de la vente du billet est reversé à des œuvres sociales. Des projections publiques et gratuites ont été organisées par le cinéma à destination des enfants défavorisés et des jeunes qui n’avaient jamais vu de film dans une salle de cinéma et qui ont été transportés par la magie du lieu et du cinéma.
A partir de 2006, le Ciné Santa Teresa diffuse plusieurs séances par jour, en élargissant ses programmes afin de développer des méthodes socio-culturelles et éducatives à destination de toutes classes sociales.
Le Ciné Santa Teresa n'a pas de parrainage ou d’aide financière extérieure. Il maintient ses activités uniquement par la vente de billets. Ces diverses ventes permettent l’organisation de séances gratuites pour les enfants, les étudiants, les jeunes et les moins jeunes
Une galerie d’art et d’exposition est installée dans le hall du cinéma (Galerie Ciné) : les artistes étendant ainsi leur public et amenant de nouveaux admirateurs au cinéma.Le Ciné de Santa Teresa a remporté pendant trois années consécutives (en 2008, 2009 et 2010) le prix du "plus grand diffuseur de films Brésilien" donnée par l’Ancine (l’organisme fédéral de réglementation du film) : il semble avoir plus de titres brésiliens en exploitation que tout autre cinéma au Brésil. Cette victoire place le Ciné Santa Teresa comme le plus grand admirateur et défenseur de l'œuvre de réalisateurs, acteurs et techniciens au Brésil.
Le Ciné Santa Teresa entre dans sa neuvième année d'exploitation complète en enregistrant d’encourageants résultats.
En septembre 2010, il a ouvert sa première succursale, le Ciné Art Macae, où sera créé le concept, utilisé au Ciné Santa Teresa. Le modèle d'affaires développé par ces deux salles représente une révolution sur le marché de l’exploitation cinématographique au Brésil.
Les salles de cinéma sont en interaction avec la vie culturelle, sociale, politique et artistique du quartier dans lequel ils opèrent.
L'intention d'élargir leurs actions (projections gratuites, en plein air, pour des publics défavorisés, …) contribue à réduire les inégalités et permet d’offrir des loisirs sains et éducatifs à leurs publics, tout en maintenant une conscience sociale et culturelle.
http://www.asso-cinemap.fr/
mardi, 13 décembre 2011 14:34
Aventure familiale en Asie
Une aventure familiale dans les pays d’Asie du Sud-Est (décembre 2011 – Juin 2012)Rêve depuis plus de 10 ans, nous devions partir à deux et le temps a fait que ce périple se fera, pour le plus grand bonheur, à quatre avec nos 2 enfants Hugo 7 ans et Lisa 4 ans, pour faire le tour de l’Asie du Sud-est pendant 7 mois. Les pays traversés sont : Vietnam, Cambodge, Laos, Cambodge, Thaïlande, Malaisie et Indonésie.
L’objectif de ce périple n’est pas de fuir notre vie, mais de découvrir et faire découvrir à nos enfants d’autres traditions et cultures différentes de la notre. Nous espérons apprendre de nous même mais également aider certaines personnes en Asie grâce à notre association ASH (Aventure sociale et Humaine) créée essentiellement pour ce périple. La perception de nos valeurs changera immanquablement dans la vie de tous les jours.
Nous savons que tout le monde n’a pas la chance de pouvoir vivre une telle expérience enrichissante, et nous souhaitons vivement partager et faire partager notre aventure à celles et ceux qui le souhaitent via notre blog : http://familledufs.over-blog.com/
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Voyageurs au long cours
lundi, 12 décembre 2011 11:18
Le Machu Picchu, élu premier site à voir avant de mourir
Lors d'une compétition organisée par le journal en ligne américain « The Huffington Post », la principale attraction touristique du Pérou, le Machu Picchu, a été élu 1ère destination à voir avant de mourir.Il remporte ainsi le vote final des électeurs face aux pyramides de Guizèh de l'Egypte. Le jury composé par les lecteurs du journal ont eu à choisir entre les 16 destinations tirées des « 1000 lieux qu'il faut avoir vus dans sa vie » de l'auteure Patricia Schultz.
Le Machu Picchu sorti victorieux de cette compétition avait comme adversaire en finale la Place Rouge de Moscou, les Iles Galápagos de l'Equateur, le Parc National de Yellowstone aux Etats-Unis et les pyramides de Guizèh.
L'année 2011 marque le centenaire de Machu Picchu.
En juillet 1911, l'historien américain Hiram Bingham de l'Université de Yale découvre le Machu Picchu et en annonce la découverte le 24 juillet.
http://www.peru.travel/
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Actualités de l'aérien
Gorilles dans la brune
À la recherche des grands primates noirs, dans les pas des « trackers ».
A l'arrière d'un pick-up 4x4 en compagnie des rangers armés qui vont nous escorter, nous avalons une demi-heure de piste pour atteindre le point de départ de la randonnée.
Pendant la première heure de marche nous traversons des champs de pommes de terre et de pyrèthre qui ont envahi ces dernières années les flancs des volcans et réduit d'autant l'habitat des gorilles des montagnes. À l'époque de Diane Fossey, il était possible de les voir là où les 4x4 se sont arrêtés. Aujourd'hui il nous faudra près de trois heures pour les rencontrer.
Partout des paysans, souvent des femmes avec un bébé dans le dos, travaillent la terre pendant que nous passons entre les rangées de fleurs.
Nous arrivons à la lisière de la forêt de bambous, là où les cultures s'arrêtent. C'est le moment du briefing, où toutes les consignes de comportement face aux gorilles nous sont données. Il est question de sécurité bien sûr, mais également de la protection des gorilles face aux microbes dont nous sommes porteurs : il ne faut pas tousser, ni éternuer et respecter une distance minimale de sept mètres.
L'approche. Mais avant de les voir, nous avons encore beaucoup d'efforts à fournir. Nous grimpons sur le flanc du volcan à travers la forêt de bambous géants. Il fait très chaud et l'ascension est pénible. Suivant les allées et venues des gorilles, on peut mettre de une à trois heures pour les rejoindre.
Nous avançons groupés, encadrés par les rangers lourdement armés qui nous protègent des rebelles et des braconniers qui peuvent rôder dans les environs.
La montée à travers les bambous n'en finit pas mais nous ne nous plaignons pas car il ne pleut pas et nous échappons à la boue et aux glissades. Après avoir transpiré toute notre eau, nous atteignons enfin le groupe de trackers, les éclaireurs qui ont localisé les gorilles. Ceux-ci ne sont pas loin et nous nous mettons en tenue d'observation : nous laissons nos sacs et nos bâtons de marche qui peuvent être confondus avec une arme. Pour les gorilles nous devons ressembler à des touristes et pas à des braconniers.
Nous progressons sur un sol instable constitué d'un tapis de fougères, d'orties et de divers arbustes dont les gorilles raffolent mais qui se révèlent être autant de pièges pour nous autres humains.
La rencontre. Puis soudain, au détour d'un bosquet d'épineux, une grosse masse noire nous regarde. Il nous examine et nous scrute attentivement de son regard très humain. Nous avons rejoint le groupe Suza qui comprend 36 gorilles. Ils sont éparpillés par petits groupes et nous les suivons à distance au fur et à mesure de leurs mouvements. Un calme étrange règne et nous ne nous sentons pas du tout en danger. C'est fascinant. Toute la fatigue accumulée pendant la montée disparaît comme par miracle et nous observons les jeux des jeunes gorilles, les femelles avec leurs petits, les démonstrations des trois mâles à dos argenté, les chefs. Les guides nous donnent doucement des indications sur leur comportement, tout en veillant à nous placer de manière à assurer notre sécurité et à respecter le bien-être des gorilles.
La durée d'observation est limitée à une heure par jour et pour le seul groupe de huit touristes maximum que nous sommes afin de diminuer l'impact négatif de la rencontre. Cette heure défile à toute allure, il est déjà temps de redescendre. Le lendemain, nous partons à la rencontre du groupe Sabinyo constitué d'une quinzaine de gorilles. Le paysage est assez différent : moins abrupt, plus vallonné et couvert d'une forêt de bambous plus petits mais plus denses. Beaucoup plus de boue aussi, le bâton nous évite la glissade à plusieurs reprises.
Nous atteignons le groupe de gorilles relativement facilement mais les conditions d'observation sont plus difficiles. Ils se sont réfugiés dans la forêt et nous devons progresser en écartant les lianes et les cannes de bambou, nous accroupir pour passer en dessous des branches basses. Mais les gorilles sont bien là. Par moment la distance de sécurité est difficile à maintenir car ce sont les gorilles qui viennent vers nous et nous ne pouvons pas reculer, coincés par la végétation. Nous ne pouvons rien faire d'autre que les laisser passer à trois mètres de nous.
Les guides émettent des grognements d'apaisement et effectivement les gorilles semblent être rassurés. Seul un grand mâle se montre plus nerveux et nous l'évitons soigneusement en faisant profil bas.
Spectacle magique dans le cratère. Le jour suivant, pour notre dernière visite nous allons rencontrer le groupe Amahoro sur les flancs du volcan Visoke. Il a plu fortement durant une bonne partie de la nuit et du matin, annonçant une ascension plutôt boueuse. Nous partons confiants, mais les nouvelles des trackers ne sont pas très bonnes : les gorilles s'éloignent et grimpent de plus en plus haut sur les flancs du volcan. La montée paraît interminable mais nous finissons par arriver tout en haut du cratère. Les gorilles se sont réfugiés à l'intérieur, pour les voir il nous faut à notre tour descendre dans le cratère.
Heureusement ils ne sont pas loin. Ils se sont enfin arrêtés et, une fois installés en équilibre précaire, nous pouvons commencer à les observer. Ils nous enchantent par leur comportement et leurs attitudes. La brume et le brouillard qui montent dans le cratère ajoutent une note magique dans ce spectacle résolument sauvage.
Une fois de plus, nous les quittons à regret, les laissant dans leur royaume encore préservé.
Le seul lieu au monde où il est encore possible de trouver des gorilles des montagnes en liberté est partagé entre trois états parmi les plus pauvres de la planète : le Rwanda, le Zaïre et l'Ouganda. S'ils survivent aujourd'hui c'est uniquement parce que l'argent des touristes les rend plus précieux vivants que morts. Grâce à cette nouvelle activité des centaines de personnes ont trouvé du travail et le nombre de braconniers diminue. Mais les conflits récents et l'augmentation régulière de la population humaine sont autant de menaces pour l'avenir.
Jusqu'à quand y aura-t-il de la place pour les gorilles ?
Textes et photos Vincent Brahamcha
À la recherche des grands primates noirs, dans les pas des « trackers ».
A l'arrière d'un pick-up 4x4 en compagnie des rangers armés qui vont nous escorter, nous avalons une demi-heure de piste pour atteindre le point de départ de la randonnée.
Pendant la première heure de marche nous traversons des champs de pommes de terre et de pyrèthre qui ont envahi ces dernières années les flancs des volcans et réduit d'autant l'habitat des gorilles des montagnes. À l'époque de Diane Fossey, il était possible de les voir là où les 4x4 se sont arrêtés. Aujourd'hui il nous faudra près de trois heures pour les rencontrer.Partout des paysans, souvent des femmes avec un bébé dans le dos, travaillent la terre pendant que nous passons entre les rangées de fleurs.
Nous arrivons à la lisière de la forêt de bambous, là où les cultures s'arrêtent. C'est le moment du briefing, où toutes les consignes de comportement face aux gorilles nous sont données. Il est question de sécurité bien sûr, mais également de la protection des gorilles face aux microbes dont nous sommes porteurs : il ne faut pas tousser, ni éternuer et respecter une distance minimale de sept mètres.
L'approche. Mais avant de les voir, nous avons encore beaucoup d'efforts à fournir. Nous grimpons sur le flanc du volcan à travers la forêt de bambous géants. Il fait très chaud et l'ascension est pénible. Suivant les allées et venues des gorilles, on peut mettre de une à trois heures pour les rejoindre.
Nous avançons groupés, encadrés par les rangers lourdement armés qui nous protègent des rebelles et des braconniers qui peuvent rôder dans les environs.
La montée à travers les bambous n'en finit pas mais nous ne nous plaignons pas car il ne pleut pas et nous échappons à la boue et aux glissades. Après avoir transpiré toute notre eau, nous atteignons enfin le groupe de trackers, les éclaireurs qui ont localisé les gorilles. Ceux-ci ne sont pas loin et nous nous mettons en tenue d'observation : nous laissons nos sacs et nos bâtons de marche qui peuvent être confondus avec une arme. Pour les gorilles nous devons ressembler à des touristes et pas à des braconniers.
Nous progressons sur un sol instable constitué d'un tapis de fougères, d'orties et de divers arbustes dont les gorilles raffolent mais qui se révèlent être autant de pièges pour nous autres humains.
La rencontre. Puis soudain, au détour d'un bosquet d'épineux, une grosse masse noire nous regarde. Il nous examine et nous scrute attentivement de son regard très humain. Nous avons rejoint le groupe Suza qui comprend 36 gorilles. Ils sont éparpillés par petits groupes et nous les suivons à distance au fur et à mesure de leurs mouvements. Un calme étrange règne et nous ne nous sentons pas du tout en danger. C'est fascinant. Toute la fatigue accumulée pendant la montée disparaît comme par miracle et nous observons les jeux des jeunes gorilles, les femelles avec leurs petits, les démonstrations des trois mâles à dos argenté, les chefs. Les guides nous donnent doucement des indications sur leur comportement, tout en veillant à nous placer de manière à assurer notre sécurité et à respecter le bien-être des gorilles.La durée d'observation est limitée à une heure par jour et pour le seul groupe de huit touristes maximum que nous sommes afin de diminuer l'impact négatif de la rencontre. Cette heure défile à toute allure, il est déjà temps de redescendre. Le lendemain, nous partons à la rencontre du groupe Sabinyo constitué d'une quinzaine de gorilles. Le paysage est assez différent : moins abrupt, plus vallonné et couvert d'une forêt de bambous plus petits mais plus denses. Beaucoup plus de boue aussi, le bâton nous évite la glissade à plusieurs reprises.
Nous atteignons le groupe de gorilles relativement facilement mais les conditions d'observation sont plus difficiles. Ils se sont réfugiés dans la forêt et nous devons progresser en écartant les lianes et les cannes de bambou, nous accroupir pour passer en dessous des branches basses. Mais les gorilles sont bien là. Par moment la distance de sécurité est difficile à maintenir car ce sont les gorilles qui viennent vers nous et nous ne pouvons pas reculer, coincés par la végétation. Nous ne pouvons rien faire d'autre que les laisser passer à trois mètres de nous.
Les guides émettent des grognements d'apaisement et effectivement les gorilles semblent être rassurés. Seul un grand mâle se montre plus nerveux et nous l'évitons soigneusement en faisant profil bas.
Spectacle magique dans le cratère. Le jour suivant, pour notre dernière visite nous allons rencontrer le groupe Amahoro sur les flancs du volcan Visoke. Il a plu fortement durant une bonne partie de la nuit et du matin, annonçant une ascension plutôt boueuse. Nous partons confiants, mais les nouvelles des trackers ne sont pas très bonnes : les gorilles s'éloignent et grimpent de plus en plus haut sur les flancs du volcan. La montée paraît interminable mais nous finissons par arriver tout en haut du cratère. Les gorilles se sont réfugiés à l'intérieur, pour les voir il nous faut à notre tour descendre dans le cratère.
Heureusement ils ne sont pas loin. Ils se sont enfin arrêtés et, une fois installés en équilibre précaire, nous pouvons commencer à les observer. Ils nous enchantent par leur comportement et leurs attitudes. La brume et le brouillard qui montent dans le cratère ajoutent une note magique dans ce spectacle résolument sauvage.
Une fois de plus, nous les quittons à regret, les laissant dans leur royaume encore préservé.
Le seul lieu au monde où il est encore possible de trouver des gorilles des montagnes en liberté est partagé entre trois états parmi les plus pauvres de la planète : le Rwanda, le Zaïre et l'Ouganda. S'ils survivent aujourd'hui c'est uniquement parce que l'argent des touristes les rend plus précieux vivants que morts. Grâce à cette nouvelle activité des centaines de personnes ont trouvé du travail et le nombre de braconniers diminue. Mais les conflits récents et l'augmentation régulière de la population humaine sont autant de menaces pour l'avenir.
Jusqu'à quand y aura-t-il de la place pour les gorilles ?
Textes et photos Vincent Brahamcha
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mercredi, 07 décembre 2011 11:37
Balade en chanson en forêt de Fontainebleau
Les Claudettes
Chanson sur l’air de « Viens à la Maison voir les Oiseaux qui Chantent », de Claude François
Viens à Coquibus, y’a une douche pour quarante,
Viens à Coquibus où la douche est payante,
En sortant des WC, on ne s’est pas lavés,
Cà ne gêne pas Gégé, car il préfère les lingettes.
Après la rando, on a mal aux gambettes,
Cà n’empêche pas certains de faire la fête,
Nous avons bien mangé, c’était bien arrosé,
On a tout partagé, même les bruits pendant la nuit.
Près des Trois Pignons, on cueille des champignons,
Une fricassée, ce sera bon pour dîner,
On a fait des photos de toutes les flaques d’eau,
On était tout crottés, et il fallait s’en retourner …
La, la la la la ……….
Sylvie Peignaux et Françoise Deschoux
Chanson sur l’air de « Viens à la Maison voir les Oiseaux qui Chantent », de Claude FrançoisViens à Coquibus, y’a une douche pour quarante,
Viens à Coquibus où la douche est payante,
En sortant des WC, on ne s’est pas lavés,
Cà ne gêne pas Gégé, car il préfère les lingettes.
Après la rando, on a mal aux gambettes,
Cà n’empêche pas certains de faire la fête,
Nous avons bien mangé, c’était bien arrosé,
On a tout partagé, même les bruits pendant la nuit.
Près des Trois Pignons, on cueille des champignons,
Une fricassée, ce sera bon pour dîner,
On a fait des photos de toutes les flaques d’eau,
On était tout crottés, et il fallait s’en retourner …
La, la la la la ……….
Sylvie Peignaux et Françoise Deschoux
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Randonnées et week-ends
mardi, 06 décembre 2011 19:15
Amazigh – Les montagnes des "hommes libres"
Amazigh – Les montagnes des "hommes libres"
Pour cette nouvelle expédition, c'est en nomade que Lilian a décidé d'aller observer les vallées et traverser intégralement l'Atlas Marocain, à pied. Le voyage commencera au Nord du Moyen-Atlas avant de s'achever plusieurs semaines plus tard sur une plage de l'Atlantique. Lilian profitera de cette traversée pour faire l'ascension des trois plus hauts sommets d'Afrique du Nord. (Jbel Toubkal 4167m, Jbel Ouanourakrim 4089m et le le Ighil M'Goun culminant à 4071 m d'altitude).
Profitant de cette avancée en solitaire, il livrera un témoignage inédit de son aventure avec un matériel audiovisuel léger, qui lui permettra d’avoir un rapport beaucoup plus naturel avec les populations rencontrées, et surtout accéder à des endroits encore jamais explorés par les grosses équipes de tournage. Tout au long du périple, il rencontrera des gens qui lui feront part de leur culture et de l'idée du Maroc d’aujourd’hui.
Ce projet mettra l'accent sur le côté aventure, mais il donnera avant tout la parole aux Berbères, à ces hommes libres des vallées, aux bergers semi-nomades qui peuples l'Atlas. Lilian désire avant tout dresser un portrait original de ce territoire montagnard et de la culture berbère en profonde mutation.
Pour suivre l'aventure ou retrouver les précédentes expéditions:
http://editions-ventdularge.e-monsite.com/
Pour cette nouvelle expédition, c'est en nomade que Lilian a décidé d'aller observer les vallées et traverser intégralement l'Atlas Marocain, à pied. Le voyage commencera au Nord du Moyen-Atlas avant de s'achever plusieurs semaines plus tard sur une plage de l'Atlantique. Lilian profitera de cette traversée pour faire l'ascension des trois plus hauts sommets d'Afrique du Nord. (Jbel Toubkal 4167m, Jbel Ouanourakrim 4089m et le le Ighil M'Goun culminant à 4071 m d'altitude).Profitant de cette avancée en solitaire, il livrera un témoignage inédit de son aventure avec un matériel audiovisuel léger, qui lui permettra d’avoir un rapport beaucoup plus naturel avec les populations rencontrées, et surtout accéder à des endroits encore jamais explorés par les grosses équipes de tournage. Tout au long du périple, il rencontrera des gens qui lui feront part de leur culture et de l'idée du Maroc d’aujourd’hui.
Ce projet mettra l'accent sur le côté aventure, mais il donnera avant tout la parole aux Berbères, à ces hommes libres des vallées, aux bergers semi-nomades qui peuples l'Atlas. Lilian désire avant tout dresser un portrait original de ce territoire montagnard et de la culture berbère en profonde mutation.
Pour suivre l'aventure ou retrouver les précédentes expéditions:
http://editions-ventdularge.e-monsite.com/
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Le coin des bourlingueurs
" Comment suis-je arrivé là ?
Devant ce monument de 700 ans. Beauté d'architecture Timouride commandé par Tamerlan lui-même qui n'en verra pas l'achèvement. Personne d'ailleurs car les travaux ont cessé lorsque la peste l'emporta en 1404.
Ce mausolée à la mémoire du grand mystique Soufi Ahmed Yasawi à survécu jusqu'à ce jour traversant les affres du temps avec l'appui de quelques millions en restauration. Il s'offre dans la lumière déclinante du soleil ce soir de juillet. Sa couleur qui ce confond avec le sable des steppes évolue avec la luminosité.
Voilà 16 mois que je pérégrine et je me retrouve ici à crapahuter sur le rempart construit autour du mausolée pour prendre en photo se coucher de soleil qui fait se détacher la silhouette sombre et bientôt sans couleur du monument.
Après la désintégration de la Horde d'Or des descendants de Gengis Khan au XVe siècle, le territoire du Kazakhstan était occupé par des Mongols islamisés, les Uzbeks. Ça a merdé à un moment donné, les Uzbeks du sud étaient dans ce qui deviendra l'Ouzbékistan, quant à ceux du nord restés nomades... eh bien ce sont les Kazakhs ! C'est un mot qui vient du turc qui signifie cavalier libre ou aventurier ou hors-la-loi, ça en jette non ?
Je mets le pied sur le sol Kazakh à Almaty. J'aperçois une ravissante « hors-la-loi »... heu non, ça marche pas, elle est d'origine russe.
Jusqu'en 1980, les Russes constituaient l'ethnie majoritaire, ceci étant dû aux migrations massives du temps de la Russie tsariste ainsi qu'aux déportations des indignes de confiances sous le communisme, qui se retrouvaient au milieu des steppes.
Elle attend ses bagages avec sa mère, je lui demande si elle peut m'indiquer un endroit où dormir ou alors le bus pour le centre-ville. Elena est affolée de savoir que je suis arrivé sans connaître personne ni un seul mot de russe :
- Tu as au moins un dictionnaire russe avec toi ?
- Heu... non.
- Alors ça va être très dur pour toi, il y a très peu de gens qui parlent anglais ici, tu sais !
- Heu...non.
- Et tu veux traverser le Kazakhstan en stop ? Je n'ai jamais entendu ça !
- Heu...oui.
Son visage grave et son ton n'invitent pas aux réjouissances pourtant je suis plié de rire. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne vois rien d'exceptionnel à faire une balade le pouce tendu !
Elena sera d'une grande aide pour le choix de mon futur parcours, elle m'emmène à l'ambassade de Russie où, prenant très à cœur mes affaires, elle se met à pleurer car je n'obtiens pas mon visa. Je lui en suis très reconnaissant.
Étude des diverses possibilités de sorties dont la traversée en bateau de la mer Caspienne jusqu'en Azerbaïdjan qui me plaisait beaucoup.
Mais cela impliquait de faire un détour pour le visa à Astana qui est à plus de 1000 kilomètres au nord. Je choisis donc l'option « stop à travers les steppes », visa de transit russe à Ouralsk (situé au nord-ouest du Kazakhstan) et train jusqu'en Ukraine. Des voyageurs anglais que je croise dans l'hôtel de la gare me donnent leur carte du Kazakhstan. Ca me sera très utile.
Me voilà sur la route qui va me mener je ne sais où. Avec un panneau indiquant « Auto-stop dans la direction d'Ouralsk » en cyrillique que m'a traduit Elena. Au dos, elle m'a également traduit une rapide présentation de ce que je fais et qui je suis pour mes chauffeurs temporaires, avec son numéro de téléphone en cas de problème. Car je suis au Kazakhstan comme un anglais serait en France, perdu au milieu d'une foule qui capte que dalle à toutes langues autres que la sienne.
Je souhaite qu'Elena ne m'ait pas fait une blague en traduisant un truc du genre : « Bonjour je suis un dangereux psychopathe, veuillez m'emmener de toute urgence dans l'hôpital psychiatrique le plus proche, merci ». Quoique, si l'hôpital est à Ouralsk cela me convient ! La traduction semble correcte bien que parfois, à la vue de la tête de certains, j'ai pu me poser la question.
Un couple d'étudiants me fera mon premier trajet :
- Touriste ? S'interrogent-ils, mais qu'est-ce qu'il y a à voir au Kazakhstan ? Et faire du stop au Kazakhstan, j'ai jamais vu ça. Tu sais en dehors de Almaty, il n'y a rien, c'est que de la campagne et de la steppe ! Me dira l'un d'eux.
Sa vision, quoiqu'extrême, n'est pas si loin de la vérité. Almaty, l'ancienne capitale est la plus peuplée et toujours un centre au style de vie occidentalisé. En 1997, la capitale change de localisation pour Astana un bled paumé au milieu des steppes dont le président Nazarbayev a fait coïncider la date anniversaire de la capitale avec son propre anniversaire. Dans quelques jours, se fêtent les dix ans d'Astana comme capitale.
- Si tu veux tu viens avec nous, on peut te déposer à cinq cents kilomètres d'Astana ? me proposent les deux étudiants.
La proposition est sincère mais je préfère ne pas faire de bon en arrière pour traverser le Kazakhstan d'une traite. Je décline l'offre.
La seconde voiture est celle d'un hors-la-loi, un vrai celui-là, il est kazakh d'origine et agent de police ! Le hors-la-loi me convie à un repas dans un village où il est invité.
Repas traditionnel. Assis sur des tapis, kazakhs bien entendu. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Un homme en bout de table, le doyen, prend alors la parole. Il est question de religion dans son soliloque car je saisis plusieurs fois le terme « islam », le seul mot que je comprenne avec les pays qu'il énumère : Turquie, Kazakhstan, Ouzbek. Vient ensuite un chant, puis un discours de ce que je suppose être le fils. L'ancien reprend la parole, tout le monde a les mains en supination devant soi. J'en fais de même, et la prière prend fin, on se passe alors les mains sur le visage comme pour intégrer au corps ce qui a été dit.
Je refuse très cordialement la côte de mouton qui m'est présentée et me dirige vers les spaghettis qui en font l'accompagnement. À la fin du repas, nouvelle prière les mains devant soi.
En partant, on passe voir d'autres cavaliers libres dans une yourte et ils me déposent ensuite à un poste de police en laissant à des collègues l'instruction d'arrêter une voiture pour ma destination. Je ne pouvais espérer mieux. La corruption est très répandue au Kazakhstan donc quand un flic, à la démarche de cowboy pour montrer sa toute puissance, demande à un automobiliste de prendre quelqu'un, la réponse est quasi assurée. Je trouve cela inacceptable et honteux, la corruption ! Mais quand elle me sert, je suis déjà moins ferme sur cette position. Ce gentil couple me déposera à un autre poste de police où les « cowboys » arrêteront un bus de touristes. Dans le bus, je m'assoie à côté d'un Kazakh qui m'invitera chez lui.
Malgré l'absence de langue commune, on arrive à communiquer. Avec des gestes et de la bonne volonté, c'est tout à fait possible. Cela devient plus difficile quand cette bonne volonté est absente. Il arrive assez régulièrement, quand je demande ma direction dans la rue, que l'on me lance un « Niet, niet ! » et un non de la tête sans même prendre le temps d'essayer de comprendre quoi que ce soit. C'est quelque peu irritant et j'arrive au point où j'essaie de faire en demandant le moins possible.
Depuis la Chine, je suis avec un chariot, type grand-mère, pour me soulager de mon sac à dos. Le fait d'avoir un ordinateur depuis le Kosovo et un appareil photo depuis Hong-Kong m'a alourdi considérablement. Je n'ai pas vraiment une gueule d'aventurier avec ça, mais je trouve que le style grand-mère me sied à merveille.
« Regarde c'qui arrive, là-bas», ce genre de réflexion, je ne l'entends pas mais je le lis régulièrement sur les visages des personnes qui croisent mon chemin. Et là, ce qu'ils voient arriver c'est un mec avec un chapeau de cowboy Marlboro (Elena m'a offert ce chapeau en remplacement du foulard khmer rouge qui à glissé dans l'eau sur la plage à Qapshagay), deux sacs sur le dos traînant derrière lui un chariot de grand-mère avec un t-shirt à l'effigie des J.O. de Pékin. Je me doute que cela ne doit pas être fréquent.
Un automobiliste me dépose dans la ville de Turkestan, me voici devant le mausolée Ahmet Yasawi. Ce poète mystique Soufi fût un acteur important de la propagation de l'islam dans le monde des steppes. Il est à l'origine d'une secte portant son nom qui à influencée nombre de ces successeurs.
Son écrit principal, le Divan-i Hikmet ou Recueil de la Sagesses est l'origine d'un nouveau mode d'expression en Turc dans l'Asie centrale.
« ... j'ai renoncé au moi, puis j'ai cherché et trouvé la Bien-aimée [Dieu] » Sa doctrine « d'abandon du monde » a été sujette à de multiples interprétations au fil de l'histoire. « N'accorde aucun intérêt au monde, n'invoque pas un autre que Dieu ». Vivre seul à l'écart de la société et de sa famille, vivre comme un vagabond. Voilà de quoi me lier à cet homme, à ce bâtiment. Est-ce donc cela qui me fascine tant dans ces briques ? dans ces agencements géométriques de tuiles vernissés azurs dont la simplicité apparente n'est en fait que le reflet d'une philosophie profonde qui apparait qu'après une étude minutieuse de ses formes. Je reste de longs instants à fixer cette beauté. Méditation.
Massif, ce mausolée fait sur un plan rectangulaire impressionne par son homogénéité. Préservé des affres du temps et de l'histoire il nous relie aujourd'hui à l'époque de Tamerlan qui en a demandé la construction sur le précédent en 1389. Des innovations architecturales furent expérimentées par les architectes perses, ce prototype servi de base à la construction de Samarkand la capitale de l'empire Timuride.
Le bâtiment est flanqué de deux tours, qui avec des découpes au sommet de type créneaux le font apparaitre comme une forteresse. Gardienne des reliques sacrées les protégeant de la chaleur lourde et sèche des steppes d'Asie centrale autant que du temps. Citadelle de briques qui nous contemple du haut de ces 700 ans et nous plonge dans l'histoire ambivalente de ce souverain, guerrier sanguinaire qui à fait construire le plus grand dôme d'Asie centrale pour un homme de paix un mystique épris de dieu. Bon d'accord, c'était un choix politique aussi, les tribus nomades étaient soufis et en construisant ce mausolée à la mémoire de celui qui à eu une grande influence dans le monde Turcophone de l'époque, Tamerlan s'octroyait le soutien de ces communautés.
L'Iwan, ce portique monumental reste inachevé. De multiples barres de bois en sortent des parties latérales éventrant les murs de gantch, ces briques de mortier et d'argile.
L'Intérieur est tout aussi impressionnant, la modestie des parois blanches, nues qui s'élèvent au ciel s'accorde avec la simplicité que prône le soufisme tout en s'opposant à la majesté de leur taille image de l'influence du souffisme.
Le soleil n'est plus qu'un souvenir, c'est alors qu'un éclairage artificiel illumine le bâtiment sacré. Détachant ce radeau de terre qui navigue en une mer végétal quasi stérile mais brassant un flot de dévotion. Durant la nuit je suis le témoin d'une brume qui survole le sépulcre comme un drap sous lequel il se serait glissé pour la nuit.
Un terrain vague au sud me sert de chambre.
Au matin le levé du soleil est un instant magique. Combien de fois cette sépulture à –t'elle vue ce balais incessant de cet astre ? C'est la première fois pour mes yeux. Emotion.
J'ai demandé la force
Et Dieu m'a donné des épreuves pour me rendre plus fort J'ai demandé la sagesse Et Dieu m'a donné des problèmes à résoudre J'ai demandé la prospérité Et Dieu m'a donné un cerveau et des muscles pour travailler J'ai demandé du courage Et Dieu m'a donné des gens à vaincre J'ai demandé de l'amour Et Dieu m'a donné des gens à aider J'ai demandé des faveurs Et Dieu m'a donné des occasions Je n'ai rien reçu de ce que je désirais... J'ai reçu tout ce dont j'avais besoin.
Poême Soufi, Auteur Inconnu. "
Julien Bory
http://globaldenture.free.fr
Devant ce monument de 700 ans. Beauté d'architecture Timouride commandé par Tamerlan lui-même qui n'en verra pas l'achèvement. Personne d'ailleurs car les travaux ont cessé lorsque la peste l'emporta en 1404.Ce mausolée à la mémoire du grand mystique Soufi Ahmed Yasawi à survécu jusqu'à ce jour traversant les affres du temps avec l'appui de quelques millions en restauration. Il s'offre dans la lumière déclinante du soleil ce soir de juillet. Sa couleur qui ce confond avec le sable des steppes évolue avec la luminosité.
Voilà 16 mois que je pérégrine et je me retrouve ici à crapahuter sur le rempart construit autour du mausolée pour prendre en photo se coucher de soleil qui fait se détacher la silhouette sombre et bientôt sans couleur du monument.
Après la désintégration de la Horde d'Or des descendants de Gengis Khan au XVe siècle, le territoire du Kazakhstan était occupé par des Mongols islamisés, les Uzbeks. Ça a merdé à un moment donné, les Uzbeks du sud étaient dans ce qui deviendra l'Ouzbékistan, quant à ceux du nord restés nomades... eh bien ce sont les Kazakhs ! C'est un mot qui vient du turc qui signifie cavalier libre ou aventurier ou hors-la-loi, ça en jette non ?
Je mets le pied sur le sol Kazakh à Almaty. J'aperçois une ravissante « hors-la-loi »... heu non, ça marche pas, elle est d'origine russe.
Jusqu'en 1980, les Russes constituaient l'ethnie majoritaire, ceci étant dû aux migrations massives du temps de la Russie tsariste ainsi qu'aux déportations des indignes de confiances sous le communisme, qui se retrouvaient au milieu des steppes.
Elle attend ses bagages avec sa mère, je lui demande si elle peut m'indiquer un endroit où dormir ou alors le bus pour le centre-ville. Elena est affolée de savoir que je suis arrivé sans connaître personne ni un seul mot de russe :
- Tu as au moins un dictionnaire russe avec toi ?
- Heu... non.
- Alors ça va être très dur pour toi, il y a très peu de gens qui parlent anglais ici, tu sais !
- Heu...non.
- Et tu veux traverser le Kazakhstan en stop ? Je n'ai jamais entendu ça !
- Heu...oui.
Son visage grave et son ton n'invitent pas aux réjouissances pourtant je suis plié de rire. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne vois rien d'exceptionnel à faire une balade le pouce tendu !
Elena sera d'une grande aide pour le choix de mon futur parcours, elle m'emmène à l'ambassade de Russie où, prenant très à cœur mes affaires, elle se met à pleurer car je n'obtiens pas mon visa. Je lui en suis très reconnaissant.
Étude des diverses possibilités de sorties dont la traversée en bateau de la mer Caspienne jusqu'en Azerbaïdjan qui me plaisait beaucoup.
Mais cela impliquait de faire un détour pour le visa à Astana qui est à plus de 1000 kilomètres au nord. Je choisis donc l'option « stop à travers les steppes », visa de transit russe à Ouralsk (situé au nord-ouest du Kazakhstan) et train jusqu'en Ukraine. Des voyageurs anglais que je croise dans l'hôtel de la gare me donnent leur carte du Kazakhstan. Ca me sera très utile.
Me voilà sur la route qui va me mener je ne sais où. Avec un panneau indiquant « Auto-stop dans la direction d'Ouralsk » en cyrillique que m'a traduit Elena. Au dos, elle m'a également traduit une rapide présentation de ce que je fais et qui je suis pour mes chauffeurs temporaires, avec son numéro de téléphone en cas de problème. Car je suis au Kazakhstan comme un anglais serait en France, perdu au milieu d'une foule qui capte que dalle à toutes langues autres que la sienne.Je souhaite qu'Elena ne m'ait pas fait une blague en traduisant un truc du genre : « Bonjour je suis un dangereux psychopathe, veuillez m'emmener de toute urgence dans l'hôpital psychiatrique le plus proche, merci ». Quoique, si l'hôpital est à Ouralsk cela me convient ! La traduction semble correcte bien que parfois, à la vue de la tête de certains, j'ai pu me poser la question.
Un couple d'étudiants me fera mon premier trajet :
- Touriste ? S'interrogent-ils, mais qu'est-ce qu'il y a à voir au Kazakhstan ? Et faire du stop au Kazakhstan, j'ai jamais vu ça. Tu sais en dehors de Almaty, il n'y a rien, c'est que de la campagne et de la steppe ! Me dira l'un d'eux.
Sa vision, quoiqu'extrême, n'est pas si loin de la vérité. Almaty, l'ancienne capitale est la plus peuplée et toujours un centre au style de vie occidentalisé. En 1997, la capitale change de localisation pour Astana un bled paumé au milieu des steppes dont le président Nazarbayev a fait coïncider la date anniversaire de la capitale avec son propre anniversaire. Dans quelques jours, se fêtent les dix ans d'Astana comme capitale.
- Si tu veux tu viens avec nous, on peut te déposer à cinq cents kilomètres d'Astana ? me proposent les deux étudiants.
La proposition est sincère mais je préfère ne pas faire de bon en arrière pour traverser le Kazakhstan d'une traite. Je décline l'offre.
La seconde voiture est celle d'un hors-la-loi, un vrai celui-là, il est kazakh d'origine et agent de police ! Le hors-la-loi me convie à un repas dans un village où il est invité.
Repas traditionnel. Assis sur des tapis, kazakhs bien entendu. Les hommes d'un côté, les femmes de l'autre. Un homme en bout de table, le doyen, prend alors la parole. Il est question de religion dans son soliloque car je saisis plusieurs fois le terme « islam », le seul mot que je comprenne avec les pays qu'il énumère : Turquie, Kazakhstan, Ouzbek. Vient ensuite un chant, puis un discours de ce que je suppose être le fils. L'ancien reprend la parole, tout le monde a les mains en supination devant soi. J'en fais de même, et la prière prend fin, on se passe alors les mains sur le visage comme pour intégrer au corps ce qui a été dit.
Je refuse très cordialement la côte de mouton qui m'est présentée et me dirige vers les spaghettis qui en font l'accompagnement. À la fin du repas, nouvelle prière les mains devant soi.
En partant, on passe voir d'autres cavaliers libres dans une yourte et ils me déposent ensuite à un poste de police en laissant à des collègues l'instruction d'arrêter une voiture pour ma destination. Je ne pouvais espérer mieux. La corruption est très répandue au Kazakhstan donc quand un flic, à la démarche de cowboy pour montrer sa toute puissance, demande à un automobiliste de prendre quelqu'un, la réponse est quasi assurée. Je trouve cela inacceptable et honteux, la corruption ! Mais quand elle me sert, je suis déjà moins ferme sur cette position. Ce gentil couple me déposera à un autre poste de police où les « cowboys » arrêteront un bus de touristes. Dans le bus, je m'assoie à côté d'un Kazakh qui m'invitera chez lui.
Malgré l'absence de langue commune, on arrive à communiquer. Avec des gestes et de la bonne volonté, c'est tout à fait possible. Cela devient plus difficile quand cette bonne volonté est absente. Il arrive assez régulièrement, quand je demande ma direction dans la rue, que l'on me lance un « Niet, niet ! » et un non de la tête sans même prendre le temps d'essayer de comprendre quoi que ce soit. C'est quelque peu irritant et j'arrive au point où j'essaie de faire en demandant le moins possible.
Depuis la Chine, je suis avec un chariot, type grand-mère, pour me soulager de mon sac à dos. Le fait d'avoir un ordinateur depuis le Kosovo et un appareil photo depuis Hong-Kong m'a alourdi considérablement. Je n'ai pas vraiment une gueule d'aventurier avec ça, mais je trouve que le style grand-mère me sied à merveille.
« Regarde c'qui arrive, là-bas», ce genre de réflexion, je ne l'entends pas mais je le lis régulièrement sur les visages des personnes qui croisent mon chemin. Et là, ce qu'ils voient arriver c'est un mec avec un chapeau de cowboy Marlboro (Elena m'a offert ce chapeau en remplacement du foulard khmer rouge qui à glissé dans l'eau sur la plage à Qapshagay), deux sacs sur le dos traînant derrière lui un chariot de grand-mère avec un t-shirt à l'effigie des J.O. de Pékin. Je me doute que cela ne doit pas être fréquent.
Un automobiliste me dépose dans la ville de Turkestan, me voici devant le mausolée Ahmet Yasawi. Ce poète mystique Soufi fût un acteur important de la propagation de l'islam dans le monde des steppes. Il est à l'origine d'une secte portant son nom qui à influencée nombre de ces successeurs.
Son écrit principal, le Divan-i Hikmet ou Recueil de la Sagesses est l'origine d'un nouveau mode d'expression en Turc dans l'Asie centrale.« ... j'ai renoncé au moi, puis j'ai cherché et trouvé la Bien-aimée [Dieu] » Sa doctrine « d'abandon du monde » a été sujette à de multiples interprétations au fil de l'histoire. « N'accorde aucun intérêt au monde, n'invoque pas un autre que Dieu ». Vivre seul à l'écart de la société et de sa famille, vivre comme un vagabond. Voilà de quoi me lier à cet homme, à ce bâtiment. Est-ce donc cela qui me fascine tant dans ces briques ? dans ces agencements géométriques de tuiles vernissés azurs dont la simplicité apparente n'est en fait que le reflet d'une philosophie profonde qui apparait qu'après une étude minutieuse de ses formes. Je reste de longs instants à fixer cette beauté. Méditation.
Massif, ce mausolée fait sur un plan rectangulaire impressionne par son homogénéité. Préservé des affres du temps et de l'histoire il nous relie aujourd'hui à l'époque de Tamerlan qui en a demandé la construction sur le précédent en 1389. Des innovations architecturales furent expérimentées par les architectes perses, ce prototype servi de base à la construction de Samarkand la capitale de l'empire Timuride.
Le bâtiment est flanqué de deux tours, qui avec des découpes au sommet de type créneaux le font apparaitre comme une forteresse. Gardienne des reliques sacrées les protégeant de la chaleur lourde et sèche des steppes d'Asie centrale autant que du temps. Citadelle de briques qui nous contemple du haut de ces 700 ans et nous plonge dans l'histoire ambivalente de ce souverain, guerrier sanguinaire qui à fait construire le plus grand dôme d'Asie centrale pour un homme de paix un mystique épris de dieu. Bon d'accord, c'était un choix politique aussi, les tribus nomades étaient soufis et en construisant ce mausolée à la mémoire de celui qui à eu une grande influence dans le monde Turcophone de l'époque, Tamerlan s'octroyait le soutien de ces communautés.
L'Iwan, ce portique monumental reste inachevé. De multiples barres de bois en sortent des parties latérales éventrant les murs de gantch, ces briques de mortier et d'argile.
L'Intérieur est tout aussi impressionnant, la modestie des parois blanches, nues qui s'élèvent au ciel s'accorde avec la simplicité que prône le soufisme tout en s'opposant à la majesté de leur taille image de l'influence du souffisme.Le soleil n'est plus qu'un souvenir, c'est alors qu'un éclairage artificiel illumine le bâtiment sacré. Détachant ce radeau de terre qui navigue en une mer végétal quasi stérile mais brassant un flot de dévotion. Durant la nuit je suis le témoin d'une brume qui survole le sépulcre comme un drap sous lequel il se serait glissé pour la nuit.
Un terrain vague au sud me sert de chambre.
Au matin le levé du soleil est un instant magique. Combien de fois cette sépulture à –t'elle vue ce balais incessant de cet astre ? C'est la première fois pour mes yeux. Emotion.
J'ai demandé la force
Et Dieu m'a donné des épreuves pour me rendre plus fort J'ai demandé la sagesse Et Dieu m'a donné des problèmes à résoudre J'ai demandé la prospérité Et Dieu m'a donné un cerveau et des muscles pour travailler J'ai demandé du courage Et Dieu m'a donné des gens à vaincre J'ai demandé de l'amour Et Dieu m'a donné des gens à aider J'ai demandé des faveurs Et Dieu m'a donné des occasions Je n'ai rien reçu de ce que je désirais... J'ai reçu tout ce dont j'avais besoin.
Poême Soufi, Auteur Inconnu. "
Julien Bory
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J'ai garé ma semi-remorque sur le port de pêche d'Almeria . De ma cabine je vois, à flanc de colline, des grottes fermées par des tôles. Ce doit être des demeures de clandestins. Je pars à pied à la recherche de mon hôtel. Je traverse un quartier populaire composé de petites maisons cubiques dominées par l'importante forteresse d'Alcazabar. Construit par les sarrasins, pris par les chrétiens, le château offre une belle vue sur la ville et ses toits en terrasse qui me rappellent un peu le Maroc.
Nous sommes vendredi, Valérie arrivera en train dimanche soir. J'ai quitté la maison samedi dernier. J'ai récupéré mon camion à Taragone où mon collègue me l'avait amené. Il y a 5ans, je ne voulais pas de cette cuisine d'exposition pour professionnels. Maintenant ma femme et moi sommes fiers de cette semi-remorque unique en Europe. Grâce à elle nous avons sillonné la France dans tous les sens. Puis un jour les Espagnols en ont entendu parler. Après un voyage avorté aux Antilles et en Grande-Bretagne, nous avons commencé à rêver lorsqu'ils ont signé un contrat de deux mois. En traînant dans les rues d'Almeria je dégotte des restaurants populaires où pour moins de 10 euros je découvre la cuisine locale. Je m'en méfie parfois un peu depuis que j'ai vu toute une tablée se régaler de bottes de poireaux grillés à Tarragone. Il n'y a pas vraiment d'entrée mais plutôt un premier plat puis un deuxième. Le dessert n'a pas vraiment d'importance et peut être remplacé par un café assez fort pour remettre sur pied un agonisant.A son arrivée j'ai emmené Valérie dîner dans un bar où les clients commentent bruyamment le match de football. Quelques tapas et un plat combiné feront l'affaire. Il est tard et demain nous devons mettre en place notre camion sur le port, près du terminal minéralier construit par des disciples d'Eiffel. Je vais aussi présenter Valérie à l'équipe espagnole avec qui nous allons travailler : Surtout Andréa, le directeur commercial italien et Joan, le cuisinier catalan. Celui-ci va enseigner à Valérie ses premiers mots de castillan : « puta madre » et « ostia ». Mais après tout dans les menus on trouve des « albondigas de la abuela ». Ce qui signifie : « couilles de grand-mère » .C'est à déguster au même titre que la queue de taureau et le flamenquin.
L'opération d'Alméria terminée nous partons pour Cordoue. Ma coéquipière s'est endormie lorsqu'en traversant la Sierra Nevada la neige limite la visibilité. Je roule prudemment sur la route glissante. Il y a deux fourgons au fossé. Deux heures plus tard nous voilà attablés devant une soupe chaude dans un restaurant routier. Le soleil réapparait avec des oliviers à perte de vue.
L'hôtel est dans le vieux Cordoue. Un dédale de ruelles bordées de portes ouvertes sur des patios nous émerveille. Celui de l'hostal del Antiguo Convento n'est pas en reste. Marilou, la patronne va se mettre en quatre pour nous être agréable durant notre séjour. Elle sera l'une des premières à apprendre la grossesse de Valérie. Ce qui créera des liens encore plus forts. Pendant quatre jours nous déambulons dans la ville sans omettre la célèbre mosquée cathédrale et le quartier juif. Une glace pas très fraîche va indisposer ma femme. Mais le médecin, au lieu de la gaver de médicaments va lui prescrire un régime tout aussi efficace arrosé d'Aquarius, eau gazeuse locale.
A Séville nous admirons comme à Cordoue les vitrines de magasins qui regorgent de châles et de robes andalouses dont le prix n'entre pas dans notre budget. Mais à l'entrée de la cathédrale nous avons le plaisir de voir des sévillanes arborer leurs magnifiques toilettes en attendant une future mariée. Et l'une des plus âgées, dont la chevelure était ornée d'une mantille n'était pas la moins photographiée. Par contre les prix des restaurants sont aussi élevés que le nombre de touristes et en regardant l'assiette des voisins nous comprenons qu'il vaut mieux aller ailleurs pour commander une paëlla. Heureusement, en s'éloignant un peu du centre, nous retrouvons les petits restaurants où nous pouvons nous régaler de « larmes de poulets » et autre « salmorejo ».
Le matin nous prenons notre petit déjeuner dans un bar : un chocolat tellement épais que je m'amuse à y faire tenir ma cuillère debout et du pain grillé beurré ou huilé accompagné de jambon Ibérique. D'ailleurs nous voyons parfois des espagnols frotter une tomate sur leur pain avant d'y laisser également couler de l'huile. Inutile de préciser qu'elle est à base d'olive. On ne semble pas connaître d'autre type d'oléagineux ce que Joan nous confirme.Nous quittons la quatrième ville d'Espagne. Valérie n'est pas rassurée dans la circulation. Les taxis que nous avons parfois emprunté ne respectent les feux et les limites de vitesse que modérément. Heureusement nous sommes vite sur l'autoroute et trois heures plus tard, nous apercevons la mer à Malaga. Encore quelques kilomètres pour Torremolinos où la ville a élevé un monument au tourisme. Nous nous attablons dans un restaurant ouvrier où pour moins de 8 euros chacun nous avons un repas complet, boisson et sourire compris. C'est un prix courant ici mais tous les estaminets ne se valent pas : si un midi les frites sont visiblement issues du congélateur, le soir nous nous régalons d'un délicieux « tocino de cielo », sorte de crème caramel offerte par le patron de l'établissement voisin. Mais la qualité du petit déjeuner est inversement proportionnelle à la classe de l'hôtel.
Il n'y a pas grand-chose à voir à Torremolinos à part la plage bordée de bar tenus et fréquentés par des néerlandais.
Heureusement un restaurant à l'écart nous servira une délicieuse paëlla bien garnie.
Après quelques jours à déguster omelette aux crevettes, filet mignon, calmars, seiche etc...
Nous partons pour Albacete. La ville est aussi moche que Torremolinos, la mer en moins.
Le musée du couteau nous émerveillera quand même. La cité étant renommée dans cet artisanat. Les restaurants utilisent d'ailleurs des couverts fabriqués sur place. L'un d'eux nous offrira même les canifs que nous avons utilisés au cours du repas.
D'Albacete nous traversons la Manche de castille .Dans la plaine des constructions circulaires assez larges, et au toit de lauze m'intrigue : un genre de borie. Plus loin un berger surveille son troupeau au bord de la route. Des collines apparaissent en s'approchant de Tolède. Des moulins juchés aux sommets semblent attendre le héros local : Don Quichotte. Son père, Miguel de Cervantès Saavedra prince des génies a son buste dans toutes les villes. Quant à El Quijote, comme on dit ici, on le retrouve un peu par tout en effigie : sur les murs ou au fond des assiettes surtout à Talavera de la Reina où nous allons passer une petite semaine.
Les ateliers de porcelaine qui ont fait la gloire de la ville nous attirent. Mais Joan nous a conseillé de ne pas oublier d'acheter un jambon ibérique à 50 euros pour 6 ou 7 kilos. La vieille ville n'a pas beaucoup d'attrait hormis la muraille et le pont romain. Mais c'est dans le cabinet vieillot du gynécologue que Valérie et moi voyons pour la première fois le foetus de 11mm dont le cœur bat en elle. Nous sommes aussi émus l'un que l'autre. Dehors une cigogne plane et nous fait un clin d'œil avant d'aller rejoindre ses consoeurs sur clochers et toits des églises voisines. Nous les entendons claquer du bec. Un prêtre croisé à l'entrée d'un couvent bénit le fruit de notre union. Derrière la porte les clarisses entonnent un chœur...
Sur la route qui mène à Cadix, nous apercevons des cochons gris sur un chemin. Le paysage est rocailleux. Nous traversons peu de village. Nous n'aurons pas le temps de visiter la ville la plus au sud de notre périple. Il nous faut arriver à Valence avant samedi soir puisque nous ne devons pas rouler le dimanche. Dans cette province la langue n'est plus le Castillan ni le Catalan mais un mélange des deux. De toutes manières de nombreux commerçants sont francophones. Notre mission en Espagne touche à sa fin. Une dernière étape à Tarragone, nous permet de visiter la ville et ses murailles romaines.
Avant de rentrer en France nous achetons sur la route des sacs d'oranges gorgées de soleil entre 50 et 80 centimes le kilo pour compléter le Turron et le jambon qui pendra au plafond de notre maison et qui nous permettront ainsi de garder quelques saveurs d'Espagne et surtout d'en faire profiter nos proches.
Jean Michel Paoletti














