jeudi, 10 septembre 2009 10:18
Tourisme en milieu polaire : des voyageurs responsabilisés
Tourisme en milieu polaire : des voyageurs responsabilisés.
L'association "À Pas de Loup" (48 av. Felix Faure, 75015 Paris) a été créée en 1994 par des naturalistes comme centre de réflexion et d'information sur la faune et les zones naturelles d'intérêt écologique, notamment les régions polaires, ainsi que sur les moyens de les connaître et de les protéger. Un de nos sujets de réflexion est le tourisme polaire qui est un phénomène qui doit se développer de façon responsable et durable, sans culpabilisation excessive, afin d'optimiser cette activité pour le bien des visiteurs, ainsi que des visités et de leur environnement.
Voici un extrait des actes du 3e colloque international sur "l'Ecotourisme polaire" organisé par l'association "Étude des touristes en Antarctique" durant la saison 1993/94.
Résultats de l'enquête sociale
Fréquentation de la Péninsule et de Hannah Point (île Livingston, Shetland sud) en bateau et visiteurs. Cette année là, onze bateaux ont été enregistrés par la NSF dans les eaux de la Péninsule contre neuf l'année d'avant.
Motivations des visiteurs
Les premiers visiteurs de l'Antarctique étaient des passionnés, des naturalistes, des fous d'oiseaux. Désormais, plusieurs types de croisiéristes s'y retrouvent avec des motivations parfois inattendues.
Les uns viennent car ils ont atteint la soixantaine et ont parcouru tout le reste du monde. Ils ont regardé des brochures et ont cherché le produit original, la destination qu'ils n'ont pas encore faite. Ce sont les blasés.
D'autres, souvent plus jeunes, sont attirés par les destinations bizarres, anormales, extraordinaires et se sont décidés sur une publicité qui leur promettait de faire autre chose que les autres touristes. Ce sont les non-conformistes.
D'autres encore sont des habitués des croisières et ont choisi l'Antarctique comme ils auraient choisi les Caraïbes, où ils sont déjà allés. Ce sont les croisiéristes. Ils viennent pour le confort du type de voyage "croisière", pour la société, l'assis tance permanente et les loisirs à bord.
Observation d'un même groupe de touristes sur les sites divers
J'ai pu observer les conduites des quelque 400 passagers du "Marco Polo" de façon systématique sur des sites de débarquement divers et variés.
Répartition spatiale :
Pour les six débarquements, les principaux types de déplacement ont été de :
- se diriger vers les fortes concentrations animales;
- suivre les itinéraires recommandés et les chemins artificiels tracés;
- se disperser s'il n'y avait pas d'itinéraire visible ou recommandé. Les visiteurs allaient alors n'importe où sans comprendre et sans avoir de réflexion intelligente par rapport aux réactions animales.
Si l'itinéraire recommandé par les guides ne rapprochait pas assez les visiteurs des animaux ou si l'espace de visite autorisé obligeait à une trop grande densité de visiteurs et ne nécessitait que peu de déplacements, alors ils sortaient de l'espace recommandé et prenaient des initiatives ou s'inclinaient de façon disciplinée mais étaient vite saturés et rentraient sur le bateau. Peu restaient en groupe, mais si le guide donnait des explications, ils étaient très intéressés et avides d'informations et de conseils de conduite s'ils étaient désorientés par l'absence de direction évidente.
Y-a-t-il eu violations des codes de conduites ? :
Le comportement des visiteurs était globalement respectueux du milieu naturel qu'ils rencontraient. Ils étaient impressionnés par l'environnement et semblaient avoir en mémoire les multiples recommandations, lorsqu'ils en avaient eues. La plupart donc, observait les distances recommandées, soit par discipline, soit par sensibilité envers la nature, mais les visiteurs ne se préoccupaient pas du piétinement des lichens et des mousses, et ne réagissaient pas forcément au comportement animal. Ils semblaient parfois indifférents par inattention, souvent par méconnaissance des réactions animales.
Lorsque les distances n'étaient pas respectées, il s'agissait d'une part, des approches conscientes par les preneurs de photos et d'autre part, des transgressions inconscientes par les marcheurs aveugles et sourds à leur impact et au danger qu'ils couraient parfois avec les otaries.
Enfin, certains suivaient bêtement les silhouettes devant eux, se préoccupant plus des cailloux sur lesquels ils posaient les pieds que de l'environnement général.
Conclusion
Malgré tout, les touristes en Antarctique ont un comportement particulièrement responsable comparativement au tourisme organisé dans des régions plus clémentes. Certains comportements inadaptés peuvent être améliorés par les conférences d'information et la disponibilité de guides compétents, ainsi que par une diminution de la taille des groupes et l'augmentation de la durée des visites.
Le tourisme n'a que très peu d'impact actuellement, mais il est à risques et si des réglementations sont difficiles à mettre en place du fait du statut international de l'Antarctique, les codes de conduite des voyagistes, les labels et les chartes sont à encourager pour que la qualité et la durabilité soient les critères de développement du tourisme en Antarctique.
- L. G. (chercheur et consultante en éco-tourisme) -
L'association "À Pas de Loup" (48 av. Felix Faure, 75015 Paris) a été créée en 1994 par des naturalistes comme centre de réflexion et d'information sur la faune et les zones naturelles d'intérêt écologique, notamment les régions polaires, ainsi que sur les moyens de les connaître et de les protéger. Un de nos sujets de réflexion est le tourisme polaire qui est un phénomène qui doit se développer de façon responsable et durable, sans culpabilisation excessive, afin d'optimiser cette activité pour le bien des visiteurs, ainsi que des visités et de leur environnement.
Voici un extrait des actes du 3e colloque international sur "l'Ecotourisme polaire" organisé par l'association "Étude des touristes en Antarctique" durant la saison 1993/94.
Résultats de l'enquête sociale
Fréquentation de la Péninsule et de Hannah Point (île Livingston, Shetland sud) en bateau et visiteurs. Cette année là, onze bateaux ont été enregistrés par la NSF dans les eaux de la Péninsule contre neuf l'année d'avant.
Motivations des visiteurs
Les premiers visiteurs de l'Antarctique étaient des passionnés, des naturalistes, des fous d'oiseaux. Désormais, plusieurs types de croisiéristes s'y retrouvent avec des motivations parfois inattendues.
Les uns viennent car ils ont atteint la soixantaine et ont parcouru tout le reste du monde. Ils ont regardé des brochures et ont cherché le produit original, la destination qu'ils n'ont pas encore faite. Ce sont les blasés.
D'autres, souvent plus jeunes, sont attirés par les destinations bizarres, anormales, extraordinaires et se sont décidés sur une publicité qui leur promettait de faire autre chose que les autres touristes. Ce sont les non-conformistes.
D'autres encore sont des habitués des croisières et ont choisi l'Antarctique comme ils auraient choisi les Caraïbes, où ils sont déjà allés. Ce sont les croisiéristes. Ils viennent pour le confort du type de voyage "croisière", pour la société, l'assis tance permanente et les loisirs à bord.
Observation d'un même groupe de touristes sur les sites divers
J'ai pu observer les conduites des quelque 400 passagers du "Marco Polo" de façon systématique sur des sites de débarquement divers et variés.
Répartition spatiale :
Pour les six débarquements, les principaux types de déplacement ont été de :
- se diriger vers les fortes concentrations animales;
- suivre les itinéraires recommandés et les chemins artificiels tracés;
- se disperser s'il n'y avait pas d'itinéraire visible ou recommandé. Les visiteurs allaient alors n'importe où sans comprendre et sans avoir de réflexion intelligente par rapport aux réactions animales.
Si l'itinéraire recommandé par les guides ne rapprochait pas assez les visiteurs des animaux ou si l'espace de visite autorisé obligeait à une trop grande densité de visiteurs et ne nécessitait que peu de déplacements, alors ils sortaient de l'espace recommandé et prenaient des initiatives ou s'inclinaient de façon disciplinée mais étaient vite saturés et rentraient sur le bateau. Peu restaient en groupe, mais si le guide donnait des explications, ils étaient très intéressés et avides d'informations et de conseils de conduite s'ils étaient désorientés par l'absence de direction évidente.
Y-a-t-il eu violations des codes de conduites ? :
Le comportement des visiteurs était globalement respectueux du milieu naturel qu'ils rencontraient. Ils étaient impressionnés par l'environnement et semblaient avoir en mémoire les multiples recommandations, lorsqu'ils en avaient eues. La plupart donc, observait les distances recommandées, soit par discipline, soit par sensibilité envers la nature, mais les visiteurs ne se préoccupaient pas du piétinement des lichens et des mousses, et ne réagissaient pas forcément au comportement animal. Ils semblaient parfois indifférents par inattention, souvent par méconnaissance des réactions animales.
Lorsque les distances n'étaient pas respectées, il s'agissait d'une part, des approches conscientes par les preneurs de photos et d'autre part, des transgressions inconscientes par les marcheurs aveugles et sourds à leur impact et au danger qu'ils couraient parfois avec les otaries.
Enfin, certains suivaient bêtement les silhouettes devant eux, se préoccupant plus des cailloux sur lesquels ils posaient les pieds que de l'environnement général.
Conclusion
Malgré tout, les touristes en Antarctique ont un comportement particulièrement responsable comparativement au tourisme organisé dans des régions plus clémentes. Certains comportements inadaptés peuvent être améliorés par les conférences d'information et la disponibilité de guides compétents, ainsi que par une diminution de la taille des groupes et l'augmentation de la durée des visites.
Le tourisme n'a que très peu d'impact actuellement, mais il est à risques et si des réglementations sont difficiles à mettre en place du fait du statut international de l'Antarctique, les codes de conduite des voyagistes, les labels et les chartes sont à encourager pour que la qualité et la durabilité soient les critères de développement du tourisme en Antarctique.
- L. G. (chercheur et consultante en éco-tourisme) -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:18
Népal : savoir vivre, savoir voyager
Népal : savoir vivre, savoir voyager.
Le Népal, en 1970, recevait 46 000 visiteurs. En 1991, 300 000 touristes se rendaient dans ce pays himalayen (400 000 en 2000 NDLR). La beauté des paysages, l'accueil des habitants expliquent cet engouement justifié; mais le développement du tourisme ne va pas sans susciter des nuisances dommageables aux Népalais et à leur cadre de vie.
Vous allez découvrir un peuple dont les valeurs, les religions, les coutumes, le mode de vie sont profondément différents de notre univers et parfois déroutants pour nous, Français.
Cette rencontre soudaine entre deux cultures nous fait adopter, par ignorance ou distraction, un comportement dont les multiples conséquences n'apparaissent jamais au voyageur de passage.
Nous souhaitons vous faire profiter de notre connaissance du Népal et mettre ici en relief certains aspects de la vie népalaise. Les Népalais sont naturellement accueillants, mais l'usage de quelques règles du savoir-vivre népalais vous permettra de créer des liens privilégiés.
Pour être respecté il faut être respectable.
Il est de bon goût d'adopter des vêtements plus conforme à la "mode népalaise" qu'à un séjour estival sur la Croisette.
Dans la Vallée de Kathmandou et en trekking vous serez au contact de la population, laborieuse et amicale. Le plus grand service que vous pourrez lui rendre c'est de ne jamais rien distribuer, pas de stylos, ni de bonbons, ni de roupies... rien. Encourager la main tendue par des aumônes inopportunes, c'est bien souvent, en fin de compte, se faire plaisir et cela n'a jamais résolu les problèmes. Donner, c'est inciter les enfants à faire la manche, activité plus lucrative et plaisante que la fréquentation de l'école. Les gosses grandissent, le sourire ne fait plus recette, ils rackettent les plus petits : voie ouverte vers la délinquance... Privilégiez plutôt les dons aux écoles ou aux associations qui travaillent sur place, elles connaissent parfaitement les besoins réels de la population.
Il est fréquent d'être sollicité pour des soins médicaux (médicaments pour le mal de tête, mal de ventre...). Seul un médecin pouvant assurer un diagnostic et un suivi médical peut répondre à cette demande. Il est prudent de s'abstenir de toute distribution de médicaments ("Doctor Hoïna": je ne suis pas docteur !).
Être visé et mitraillé à chaque détour de chemin par des bataillons d'étrangers n'encourage pas les relations amicales. Demandez toujours l'autorisation avant de "prendre" un Népalais en photo. Et si on vous demande un bakchich c'est la preuve que des mufles sont passés avant vous, refusez poliment et renoncez à votre cliché. Si vous promettez une photo, envoyez-la ou équipez-vous d'un Polaroïd.
La nature en Himalaya est aussi fragile que celle de nos campagnes françaises, elle n'est pas faite pour digérer les déchets. Beaucoup de Sirdar ont pris conscience des problèmes d'environnement, pas tous, aussi une attitude éducative sera certainement profitable.
Le Népal et les Népalais vous accueillent, vous vous sentirez certainement "chez vous" mais souvenez-vous que vous êtes chez eux. L'enrichissement que vous retirerez de votre voyage sera à la hauteur de votre respect de la population et de son milieu naturel environnant.
Bon voyage. !
- Brochure "Voyager au Népal" de l'association Népal-France (55 Bd de Charonne, 75011 Paris) -
Le Népal, en 1970, recevait 46 000 visiteurs. En 1991, 300 000 touristes se rendaient dans ce pays himalayen (400 000 en 2000 NDLR). La beauté des paysages, l'accueil des habitants expliquent cet engouement justifié; mais le développement du tourisme ne va pas sans susciter des nuisances dommageables aux Népalais et à leur cadre de vie.
Vous allez découvrir un peuple dont les valeurs, les religions, les coutumes, le mode de vie sont profondément différents de notre univers et parfois déroutants pour nous, Français.
Cette rencontre soudaine entre deux cultures nous fait adopter, par ignorance ou distraction, un comportement dont les multiples conséquences n'apparaissent jamais au voyageur de passage.
Nous souhaitons vous faire profiter de notre connaissance du Népal et mettre ici en relief certains aspects de la vie népalaise. Les Népalais sont naturellement accueillants, mais l'usage de quelques règles du savoir-vivre népalais vous permettra de créer des liens privilégiés.
Pour être respecté il faut être respectable.
Il est de bon goût d'adopter des vêtements plus conforme à la "mode népalaise" qu'à un séjour estival sur la Croisette.
Dans la Vallée de Kathmandou et en trekking vous serez au contact de la population, laborieuse et amicale. Le plus grand service que vous pourrez lui rendre c'est de ne jamais rien distribuer, pas de stylos, ni de bonbons, ni de roupies... rien. Encourager la main tendue par des aumônes inopportunes, c'est bien souvent, en fin de compte, se faire plaisir et cela n'a jamais résolu les problèmes. Donner, c'est inciter les enfants à faire la manche, activité plus lucrative et plaisante que la fréquentation de l'école. Les gosses grandissent, le sourire ne fait plus recette, ils rackettent les plus petits : voie ouverte vers la délinquance... Privilégiez plutôt les dons aux écoles ou aux associations qui travaillent sur place, elles connaissent parfaitement les besoins réels de la population.
Il est fréquent d'être sollicité pour des soins médicaux (médicaments pour le mal de tête, mal de ventre...). Seul un médecin pouvant assurer un diagnostic et un suivi médical peut répondre à cette demande. Il est prudent de s'abstenir de toute distribution de médicaments ("Doctor Hoïna": je ne suis pas docteur !).
Être visé et mitraillé à chaque détour de chemin par des bataillons d'étrangers n'encourage pas les relations amicales. Demandez toujours l'autorisation avant de "prendre" un Népalais en photo. Et si on vous demande un bakchich c'est la preuve que des mufles sont passés avant vous, refusez poliment et renoncez à votre cliché. Si vous promettez une photo, envoyez-la ou équipez-vous d'un Polaroïd.
La nature en Himalaya est aussi fragile que celle de nos campagnes françaises, elle n'est pas faite pour digérer les déchets. Beaucoup de Sirdar ont pris conscience des problèmes d'environnement, pas tous, aussi une attitude éducative sera certainement profitable.
Le Népal et les Népalais vous accueillent, vous vous sentirez certainement "chez vous" mais souvenez-vous que vous êtes chez eux. L'enrichissement que vous retirerez de votre voyage sera à la hauteur de votre respect de la population et de son milieu naturel environnant.
Bon voyage. !
- Brochure "Voyager au Népal" de l'association Népal-France (55 Bd de Charonne, 75011 Paris) -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:17
Voyage ethnologique : le tourisme qui tue
Voyage ethnologique : le tourisme qui tue.
Les questions, parfois inconscientes, de quelques voyageurs peuvent soulever le problème de la destruction au niveau culturel d'ethnies à cause d'un tourisme confronté à des populations dites "primitives" dans certains coins reculés de la planète.
"Tout le monde le fait" m'a répondu mon interlocuteur qui m'interrogeait sur les populations Nilotiques et Omotiques du sud de l'Éthiopie alors que je lui déconseillais un périple dans cette région. Voilà bien une réponse qu'on ne devrait pas entendre d'un vrai voyageur à qui je n'ai pas osé rappeler la légende des moutons de Panurge.
Avant d'entendre cette conclusion contestable, j'avais cherché à savoir si mon interlocuteur voyageait en organisé ou en individuel.
Je commençai par parler des premiers : "Il y a les voyages en groupe que proposent certaines agences françaises ou locales qui disent faire du tourisme ethnologique".
En quoi consiste ce type de tourisme dans cette région du sud-ouest éthiopien ? Comme le précisait une de ces agences parisiennes "c'est un voyage d'aventure et ethnologique de deux semaines. Vous faites 3 000 km en voiture confortable et un tel voyage ne demande pas d'effort". Je n'ai pas de peine, pour les avoir vues, à imaginer les 4 x 4 Toyota Landcruiser, parfois climatisées, transportant les tentes avec moustiquaire, le cuisinier et l'accompagnateur qui vont conduire dans ces "bulles" des gens souvent incapables de voyager autrement que "sans effort".
Peut-on parler de voyage et de contact pour ces Tintins en Afrique qui ne savent ni marcher ni communiquer, qui sont incapables de s'adapter un minimum pour survivre ?
On est à mille lieues dans de tels voyages de penser à la protection de ces populations. On est à mille lieues de personnes qui, comme Jean Malaurie au travers de livres, font parler les ombres et prennent la défense des minorités.
La motivation de ces voyageurs pour aller voir des populations dites primitives est souvent peu claire voire ambigüe. Le sud Soudan est en guerre civile et connaît un génocide dont personne ne parle depuis des années. Le sud ouest éthiopien est devenu depuis le départ de Mengistu un de ces zoos humains que les agences de voyages vendent sans scrupule à des touristes argentés et voyeurs. C'était en fait, derrière sa casquette de globe-trotter, le cas de mon interlocuteur.
On se rend facilement compte de l'aspect néfaste de ces publicités souvent magnifiques qui ne font qu'inciter plus de photographes ou cinéastes - amateurs ou non - et voyageurs à venir à leur tour faire des reportages.
Commentaires de plusieurs voyageurs français passant dans les villages karos du sud de l'Éthiopie visités par le Narcisse de l'aventure et son équipe début 1996 : "plusieurs millions de francs permettent de laisser beaucoup d'argent aux Karos pour qu'ils se prêtent au jeu des caméras. Cela coupe court aux traditionnels et longs palabres indispensables à toute entente et nécessaires à toute rencontre, notamment lorsque des étrangers se présentent à l'entrée d'un village."
Posons-nous la question en essayant d'être objectif : "Qu'en retirent les voyageurs et qu'en retirent les autochtones?".
Les voyageurs en rapportent au mieux des photos, (qui n'ont aucune valeur dans les agences d'illustrations), des films vidéo amateur (qui non montés à 90 % ennuieront par leurs longueurs les proches, sans parler de leur effacement au fil des ans), des expériences personnelles à raconter, le plus souvent pour se moquer ou s'apitoyer ("Les pauvres, la veille de notre passage, dans l'Omo, un crocodile a mangé un enfant" nous a raconté le guide), voire parler de choses qu'on n'a pas vues mais que l'accompagnateur raconte pour faire vibrer ses clients ("Là où on a fait notre camp, ils (?) venaient de castrer un ennemi car il y avait une guerre tribale") (entendu à l'aéroport d'Addis Abeba).
Mais qu'en retirent les autochtones ? Des inconvénients, des miettes, des microbes ou de mauvaises habitudes qui vont provoquer leur acculturation voire leur anéantissement.
Ces voyages dits ethnologiques sont organisés à partir de nos pays riches, relayés sur place par des agences locales, généralement de la capitale du pays. Celles-ci ont décelé un marché et exploitent moyennant finances les instincts voyeurs de nombre de nos contemporains sans que les populations dites primitives aient leur mot à dire.
L'argent de la mendicité devient vite alors pour les autochtones l'unique objectif et consolation du passage des Blancs. Dans le sud éthiopien et dans la vallée de l'Omo, dès que vous mettez l'oeil dans votre viseur vous entendez maintenant "Farandji give me one dollar" .
Ce genre de contact fait non seulement du voyageur un voyeur, mais transforme rapidement l'autochtone en mendiant !
Les peuplades qui à travers le monde ont disparu ces derniers siècles sont nombreuses. Faudra-t'il ajouter le tourisme comme cause de nouvelles disparitions ?
Citons pour mémoire les populations exterminées par les conquistadores espagnols, victimes autant de leur microbes que de leurs armes, les aborigènes de Tasmanie, les Indiens d'Amazonie dénoncés par Lucien Bodard et d'autres dont les massacres continuent. Dans "Nouvelles menaces sur les Indiens" (Courrier International du 14 juin 1995) parmi les menaces soulignées : maladies, déculturation, tourisme, racisme, chômage, construction de routes, manoeuvres militaires, sectes religieuses, chercheur d'or, guérilla, trafic de drogue, invasion des terres, déboisements, industries extractives, génocide, pauvreté, etc.
La liste en est dramatiquement longue.
Pour donner une image forte capable de faire réfléchir nos amis globe-trotters sur ce thème, "l'arrivée de touristes, porteurs potentiels de maladies contre lesquelles les autochtones ne sont pas immunisés est aussi grave que ces cadeaux empoisonnés ou infectés que, il n'y a pas si longtemps - et peut-être encore aujourd'hui - certains grands propriétaires brésiliens larguaient de leurs petits avions aux Indiens amazoniens pour les exterminer".
J'aimerais inciter ces voyageurs à voir et revoir avant de partir le célèbre télé-film "La controverse de Valladolid" avec le remarquable texte de J-C Carrère sur l'attitude de l'église qui s'interrogeait pour savoir si les indiens pouvaient être considérés comme humains. C'est une question toujours d'actualité tant les rapports touristes/autochtones chez des populations dites primitives sont ambigus.
Mais le problème le plus important reste celui de la maladie véhiculée par le touriste et du paludisme en particulier. Cette maladie connaît une très forte recrudescence dans le monde. Deux millions de personnes, principalement en Afrique en meurent chaque année. Dans bien des endroits, le paludisme a évolué et est devenu résistant à nos plus récents médicaments, à cause justement, paradoxe de l'histoire, du passage des touristes prenant un traitement anti-paludéen, lui-même parfois dangereux pour les touristes.
Et comment pourront être soignés et sauvés ceux qui aujourd'hui déjà n'ont pas les moyens de s'acheter les médicaments de nos trusts pharmaceutiques ? Les cyniques parleront de sélection naturelle !
Chaque année, le paludisme fait disparaître plusieurs milliers de personnes en Éthiopie...
On peut même imaginer qu'au moment où les touristes sont douillettement installés à regarder les photos de leur "aventure" des autochtones rencontrés meurent faute de médicaments appropriés.
Le fait d'avoir payé son voyage ne justifie pas tout et une telle inconscience est tout simplement criminelle.
Ma conclusion et mon point de vue : si vous n'êtes pas capable vous-même de vous faire indigène, FICHEZ-LEUR LA PAIX !
- R. -
Les questions, parfois inconscientes, de quelques voyageurs peuvent soulever le problème de la destruction au niveau culturel d'ethnies à cause d'un tourisme confronté à des populations dites "primitives" dans certains coins reculés de la planète.
"Tout le monde le fait" m'a répondu mon interlocuteur qui m'interrogeait sur les populations Nilotiques et Omotiques du sud de l'Éthiopie alors que je lui déconseillais un périple dans cette région. Voilà bien une réponse qu'on ne devrait pas entendre d'un vrai voyageur à qui je n'ai pas osé rappeler la légende des moutons de Panurge.
Avant d'entendre cette conclusion contestable, j'avais cherché à savoir si mon interlocuteur voyageait en organisé ou en individuel.
Je commençai par parler des premiers : "Il y a les voyages en groupe que proposent certaines agences françaises ou locales qui disent faire du tourisme ethnologique".
En quoi consiste ce type de tourisme dans cette région du sud-ouest éthiopien ? Comme le précisait une de ces agences parisiennes "c'est un voyage d'aventure et ethnologique de deux semaines. Vous faites 3 000 km en voiture confortable et un tel voyage ne demande pas d'effort". Je n'ai pas de peine, pour les avoir vues, à imaginer les 4 x 4 Toyota Landcruiser, parfois climatisées, transportant les tentes avec moustiquaire, le cuisinier et l'accompagnateur qui vont conduire dans ces "bulles" des gens souvent incapables de voyager autrement que "sans effort".
Peut-on parler de voyage et de contact pour ces Tintins en Afrique qui ne savent ni marcher ni communiquer, qui sont incapables de s'adapter un minimum pour survivre ?
On est à mille lieues dans de tels voyages de penser à la protection de ces populations. On est à mille lieues de personnes qui, comme Jean Malaurie au travers de livres, font parler les ombres et prennent la défense des minorités.
La motivation de ces voyageurs pour aller voir des populations dites primitives est souvent peu claire voire ambigüe. Le sud Soudan est en guerre civile et connaît un génocide dont personne ne parle depuis des années. Le sud ouest éthiopien est devenu depuis le départ de Mengistu un de ces zoos humains que les agences de voyages vendent sans scrupule à des touristes argentés et voyeurs. C'était en fait, derrière sa casquette de globe-trotter, le cas de mon interlocuteur.
On se rend facilement compte de l'aspect néfaste de ces publicités souvent magnifiques qui ne font qu'inciter plus de photographes ou cinéastes - amateurs ou non - et voyageurs à venir à leur tour faire des reportages.
Commentaires de plusieurs voyageurs français passant dans les villages karos du sud de l'Éthiopie visités par le Narcisse de l'aventure et son équipe début 1996 : "plusieurs millions de francs permettent de laisser beaucoup d'argent aux Karos pour qu'ils se prêtent au jeu des caméras. Cela coupe court aux traditionnels et longs palabres indispensables à toute entente et nécessaires à toute rencontre, notamment lorsque des étrangers se présentent à l'entrée d'un village."
Posons-nous la question en essayant d'être objectif : "Qu'en retirent les voyageurs et qu'en retirent les autochtones?".
Les voyageurs en rapportent au mieux des photos, (qui n'ont aucune valeur dans les agences d'illustrations), des films vidéo amateur (qui non montés à 90 % ennuieront par leurs longueurs les proches, sans parler de leur effacement au fil des ans), des expériences personnelles à raconter, le plus souvent pour se moquer ou s'apitoyer ("Les pauvres, la veille de notre passage, dans l'Omo, un crocodile a mangé un enfant" nous a raconté le guide), voire parler de choses qu'on n'a pas vues mais que l'accompagnateur raconte pour faire vibrer ses clients ("Là où on a fait notre camp, ils (?) venaient de castrer un ennemi car il y avait une guerre tribale") (entendu à l'aéroport d'Addis Abeba).
Mais qu'en retirent les autochtones ? Des inconvénients, des miettes, des microbes ou de mauvaises habitudes qui vont provoquer leur acculturation voire leur anéantissement.
Ces voyages dits ethnologiques sont organisés à partir de nos pays riches, relayés sur place par des agences locales, généralement de la capitale du pays. Celles-ci ont décelé un marché et exploitent moyennant finances les instincts voyeurs de nombre de nos contemporains sans que les populations dites primitives aient leur mot à dire.
L'argent de la mendicité devient vite alors pour les autochtones l'unique objectif et consolation du passage des Blancs. Dans le sud éthiopien et dans la vallée de l'Omo, dès que vous mettez l'oeil dans votre viseur vous entendez maintenant "Farandji give me one dollar" .
Ce genre de contact fait non seulement du voyageur un voyeur, mais transforme rapidement l'autochtone en mendiant !
Les peuplades qui à travers le monde ont disparu ces derniers siècles sont nombreuses. Faudra-t'il ajouter le tourisme comme cause de nouvelles disparitions ?
Citons pour mémoire les populations exterminées par les conquistadores espagnols, victimes autant de leur microbes que de leurs armes, les aborigènes de Tasmanie, les Indiens d'Amazonie dénoncés par Lucien Bodard et d'autres dont les massacres continuent. Dans "Nouvelles menaces sur les Indiens" (Courrier International du 14 juin 1995) parmi les menaces soulignées : maladies, déculturation, tourisme, racisme, chômage, construction de routes, manoeuvres militaires, sectes religieuses, chercheur d'or, guérilla, trafic de drogue, invasion des terres, déboisements, industries extractives, génocide, pauvreté, etc.
La liste en est dramatiquement longue.
Pour donner une image forte capable de faire réfléchir nos amis globe-trotters sur ce thème, "l'arrivée de touristes, porteurs potentiels de maladies contre lesquelles les autochtones ne sont pas immunisés est aussi grave que ces cadeaux empoisonnés ou infectés que, il n'y a pas si longtemps - et peut-être encore aujourd'hui - certains grands propriétaires brésiliens larguaient de leurs petits avions aux Indiens amazoniens pour les exterminer".
J'aimerais inciter ces voyageurs à voir et revoir avant de partir le célèbre télé-film "La controverse de Valladolid" avec le remarquable texte de J-C Carrère sur l'attitude de l'église qui s'interrogeait pour savoir si les indiens pouvaient être considérés comme humains. C'est une question toujours d'actualité tant les rapports touristes/autochtones chez des populations dites primitives sont ambigus.
Mais le problème le plus important reste celui de la maladie véhiculée par le touriste et du paludisme en particulier. Cette maladie connaît une très forte recrudescence dans le monde. Deux millions de personnes, principalement en Afrique en meurent chaque année. Dans bien des endroits, le paludisme a évolué et est devenu résistant à nos plus récents médicaments, à cause justement, paradoxe de l'histoire, du passage des touristes prenant un traitement anti-paludéen, lui-même parfois dangereux pour les touristes.
Et comment pourront être soignés et sauvés ceux qui aujourd'hui déjà n'ont pas les moyens de s'acheter les médicaments de nos trusts pharmaceutiques ? Les cyniques parleront de sélection naturelle !
Chaque année, le paludisme fait disparaître plusieurs milliers de personnes en Éthiopie...
On peut même imaginer qu'au moment où les touristes sont douillettement installés à regarder les photos de leur "aventure" des autochtones rencontrés meurent faute de médicaments appropriés.
Le fait d'avoir payé son voyage ne justifie pas tout et une telle inconscience est tout simplement criminelle.
Ma conclusion et mon point de vue : si vous n'êtes pas capable vous-même de vous faire indigène, FICHEZ-LEUR LA PAIX !
- R. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:17
Humeur : moins d'humanitaire, plus d'humanité
Humeur : moins d'humanitaire, plus d'humanité.
Voyageurs, méfions-nous d'être à l'égal de Séraphin Lampion qui adore raconter ses voyages à qui ne veut pas les entendre. Même pour la bonne cause, à savoir l'humanitaire où trop de paumés ont trouvé refuge pour tenter de résoudre leurs problèmes avant de pouvoir résoudre ceux des autres. Ils ignorent trop souvent que ce n'est pas en changeant de décor qu'on change de peau.
J'ai longtemps appartenu à des organismes humanitaires chargés de la défense des minorités ethniques, afin sans doute de vouloir - plus ou moins consciemment - préserver leur pureté originelle, les maintenir dans un "milieu proche du zéro de température historique", pour reprendre le langage levi-straussien. Depuis que je verse dans l'anthropologie, je sais que la notion d'ethnie est un concept flou qui permet à des bataillons de thésards de faire leurs gammes, et que les peuples dits primitifs ne sont souvent que des débris de groupes étatiques.
De retour en France après une expatriation de dix ans, je me suis alors demandé pourquoi l'altruisme se complaisait dans la distance. Voyageurs, ne sommes-nous pas plus sensibles à la misère exotique véhiculée par le petit écran qu'à celle plus immédiatement tangible ? Il y a plus de commisération pour l'autre distant que pour notre prochain quotidien.
Alors, si l'aventure porte en elle sa propre justification, force est d'admettre qu'il est difficile de se contenter de cette formule en période de vaches maigres. L'actualité télévisée nous a habitués aux actions humanitaires trop brillamment illuminées sous les salves de spots. Pourquoi alors ne pas se joindre à cet élan spontané et désintéressé ? Donnons-nous, à notre tour, bonne conscience en ajoutant à l'aventure l'épithète "utile". Conjuguons aventure et sens de l'humain. Et puis, ce sera peut-être l'occasion d'effectuer un reportage photographique bouleversant qui se vendra à prix d'or.
Toute histoire a sa morale. Le scepticisme a cette vertu qu'il exige un certain désir de ne pas s'en laisser conter. Le grand abus de l'humanitaire, c'est de prendre des convictions - sincères ou construites - pour des certitudes. C'est au nom de l'humanitaire qui n'utilisait pas encore ce mot que des missionnaires et des impérialistes ont colonisé le monde et acculturé des peuples. Les mots changent mais la vanité de l'homme perdure. Développons l'esprit critique avant d'assurer le service après-vente de la décolonisation.
- T. M. -
Voyageurs, méfions-nous d'être à l'égal de Séraphin Lampion qui adore raconter ses voyages à qui ne veut pas les entendre. Même pour la bonne cause, à savoir l'humanitaire où trop de paumés ont trouvé refuge pour tenter de résoudre leurs problèmes avant de pouvoir résoudre ceux des autres. Ils ignorent trop souvent que ce n'est pas en changeant de décor qu'on change de peau.
J'ai longtemps appartenu à des organismes humanitaires chargés de la défense des minorités ethniques, afin sans doute de vouloir - plus ou moins consciemment - préserver leur pureté originelle, les maintenir dans un "milieu proche du zéro de température historique", pour reprendre le langage levi-straussien. Depuis que je verse dans l'anthropologie, je sais que la notion d'ethnie est un concept flou qui permet à des bataillons de thésards de faire leurs gammes, et que les peuples dits primitifs ne sont souvent que des débris de groupes étatiques.
De retour en France après une expatriation de dix ans, je me suis alors demandé pourquoi l'altruisme se complaisait dans la distance. Voyageurs, ne sommes-nous pas plus sensibles à la misère exotique véhiculée par le petit écran qu'à celle plus immédiatement tangible ? Il y a plus de commisération pour l'autre distant que pour notre prochain quotidien.
Alors, si l'aventure porte en elle sa propre justification, force est d'admettre qu'il est difficile de se contenter de cette formule en période de vaches maigres. L'actualité télévisée nous a habitués aux actions humanitaires trop brillamment illuminées sous les salves de spots. Pourquoi alors ne pas se joindre à cet élan spontané et désintéressé ? Donnons-nous, à notre tour, bonne conscience en ajoutant à l'aventure l'épithète "utile". Conjuguons aventure et sens de l'humain. Et puis, ce sera peut-être l'occasion d'effectuer un reportage photographique bouleversant qui se vendra à prix d'or.
Toute histoire a sa morale. Le scepticisme a cette vertu qu'il exige un certain désir de ne pas s'en laisser conter. Le grand abus de l'humanitaire, c'est de prendre des convictions - sincères ou construites - pour des certitudes. C'est au nom de l'humanitaire qui n'utilisait pas encore ce mot que des missionnaires et des impérialistes ont colonisé le monde et acculturé des peuples. Les mots changent mais la vanité de l'homme perdure. Développons l'esprit critique avant d'assurer le service après-vente de la décolonisation.
- T. M. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:15
Birmanie, l'éveil au tourisme
Birmanie, l'éveil au tourisme.
La Birmanie (Myanmar) est un cas particulier mais intéressant car on ne peut pas à proprement parler de méfaits du tourisme dans ce pays.
Et pour cause, avec un accès en avion obligatoire, un visa de deux semaines maxi, un circuit restreint et extrêmement balisé, les touristes furent si peu nombreux jusqu'en 1994 que le pays a été relativement épargné.
Pourtant 1996, l'année du tourisme en Birmanie qui débute le 18 novembre nous dévoile une réalité a priori sordide.
En effet, le pouvoir en place prépare le terrain au tourisme international. Cela n'est pas compliqué, il suffit de regarder les autres pays touristiques pour comprendre ce que désire le tourisme de masse. Et le peuple birman subissant déjà une dictature redoutable doit maintenant subir une nouvelle forme d'autorité, de domination : offrir sa force de travail afin que l'état et les gros investisseurs engrangent les alléchantes recettes touristiques.
Les citations suivantes sont extraites des brochures :
- Birmanie : le guide alternatif (Association Transverses : 7 rue Heyrault, 92100 Boulogne)
- Peuples en marche numéro115 (10 rue Lanterne, 69001 Lyon)
- Info Birmanie (14 passage Dubail, 75010 Paris)
"Les investissements massifs consacrés aux infrastructures touristiques entraînent un manque à gagner incalculable pour les autres secteurs de l'économie. À commencer par la population birmane elle-même."
"Par exemple, à Rangoon, les nouveaux hôtels sont dotés d'eau courante chaude et froide et d'électricité 24 heures sur 24, alors que la population doit s'approvisionner dans des puits publics et que l'électricité reste un luxe. À cela, il faut ajouter que jusqu'à 60 % des revenus liés au tourisme quittent le pays pour financer l'importation de produits nécessaires aux besoins et habitudes de consommation des touristes. Et bien entendu, ce sont les grandes chaînes hôtelières et les grandes compagnies aériennes qui tirent les plus grands profits de l'industrie du tourisme, non le pays et encore moins la population".
"Autre conséquence, des atteintes aux sources de revenus des populations. Par exemple, dans l'État Shan, la junte s'apprête à construire un barrage sur le fleuve Biluchaung pour offrir aux touristes un paysage vert et alléchant, même en saison sèche. Dès lors, les minorités résidentes Intha et Pa-Oh craignent de voir leur récolte de riz se réduire comme peau de chagrin".
"Déjà en avril 1990, les 5 200 habitants de Pagan, l'un des plus grands centres d'intérêt de l'Asie du Sud-Est qui vivaient depuis des générations autour des pagodes et stupas historiques, furent obligés d'empaqueter leurs maigres biens et de déménager à une trentaine de kilomètres de la ville, dans une zone de terre aride dépourvue d'abris ou d'équipements élémentaires. Le SLORC* se borna à verser à chaque famille la somme de 250 Kyats (2,50 US $) en guise de dédommagement".
"C'est la même politique qui est appliquée à Rangoon ou dans des villages se trouvant à proximité de sites historiques, comme à Mandalay, Taungyi ou à Maymo. À ces déplacements de population s'ajoute une politique systématique d'assainissement de sites destinés au tourisme. La population est donc appelée à fournir du travail "volontaire" pour réparer les routes, en construire des nouvelles ou pour ravaler les façades des palais..."
"La population est d'ailleurs "invitée" à la mise en place d'infrastructures qui serviront de manière indirecte aux touristes. L'un des projets les plus tristement célèbres est celui de la construction d'une ligne de chemin de fer de 170 km de long reliant Ye à Tavoy, entreprise depuis octobre 1993. Ce projet facilitera l'accès des touristes à la pointe méridionale de la Birmanie, mais il fait aussi partie de la construction d'un gazoduc, sous la responsabilité de Total. Sur ce chantier, 120 000 personnes furent recrutées de force. Un article du Sunday Telegraph du 27 juillet 1994 estime qu'entre 200 et 300 personnes y sont mortes de maladies et d'épuisement".
"Aung Sang Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, faisait part à des journalistes thaïlandais de sa désapprobation face aux hôtels qu'elle voit se construire où qu'elle aille. Et d'ajouter qu'elle préférerait voir de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux, de nouvelles crèches, de nouvelles bibliothèques. Selon elle, c'est au développement de l'Homme qu'il faut penser, et non pas uniquement à l'économie dans son sens restreint qui ne s'exprime qu'en termes d'investissements, d'hôtels et de nombre de touristes".
"En mai 1995, le National Coalition of the Union of Burma (NCGUB), le "gouvernement en exil" installé à Washington, a clairement exprimé sa position à l'égard de l'année du tourisme. Il estime que lorsque la démocratie sera à nouveau instaurée et que les gens seront libres, les forces démocratiques de Birmanie accueilleront les visiteurs étrangers à bras ouverts. Pour l'instant, il est trop tôt pour se précipiter en Birmanie".
Entre une junte militaire qui s'accroche au pouvoir toutes griffes dehors, une opposition valablement élue bafouée par les militaires et des lobbies industriels et commerciaux étrangers se servant de l'une ou de l'autre comme levier en vue de conquérir ce nouveau marché, le peuple birman est sévèrement tourmenté.
Cela dit, d'un point de vue strictement touristique, si les Birmans voulaient ouvrir leur pays au tourisme international, avec ou sans gants, avec une carotte ou un bâton, il fallait en arriver là, hélas !
Car ce sont nos exigences de touristes qui imposent cette réalité. La Birmanie sera victime de la mode occidentale qui nous pousse ouvertement ou implicitement à nous y précipiter.
D'une certaine manière nous, touristes, en sommes également victimes par notre disponibilité à la manipulation, notre manque de discernement, notre versatilité. Et maintenant on nous explique que nous tenons la clé de la réussite ou de la catastrophe ! Quelle responsabilité d'un seul coup !
Et bien prenons-là : évitons les phénomènes de masse, de mode, de précipitation hystérique, apprenons à comprendre les différences culturelles et à nous satisfaire des structures ordinaires du pays visité. L'échange humain en sera d'autant plus grand et les souvenirs aussi.
- D. W. -
* Le SLORC : organe dirigeant de la junte militaire au pouvoir, malgré la victoire de la ligue démocratique de Aung San Suu Kyi qui remporta 82 % des sièges lors des élections générales en 1990.
La Birmanie (Myanmar) est un cas particulier mais intéressant car on ne peut pas à proprement parler de méfaits du tourisme dans ce pays.
Et pour cause, avec un accès en avion obligatoire, un visa de deux semaines maxi, un circuit restreint et extrêmement balisé, les touristes furent si peu nombreux jusqu'en 1994 que le pays a été relativement épargné.
Pourtant 1996, l'année du tourisme en Birmanie qui débute le 18 novembre nous dévoile une réalité a priori sordide.
En effet, le pouvoir en place prépare le terrain au tourisme international. Cela n'est pas compliqué, il suffit de regarder les autres pays touristiques pour comprendre ce que désire le tourisme de masse. Et le peuple birman subissant déjà une dictature redoutable doit maintenant subir une nouvelle forme d'autorité, de domination : offrir sa force de travail afin que l'état et les gros investisseurs engrangent les alléchantes recettes touristiques.
Les citations suivantes sont extraites des brochures :
- Birmanie : le guide alternatif (Association Transverses : 7 rue Heyrault, 92100 Boulogne)
- Peuples en marche numéro115 (10 rue Lanterne, 69001 Lyon)
- Info Birmanie (14 passage Dubail, 75010 Paris)
"Les investissements massifs consacrés aux infrastructures touristiques entraînent un manque à gagner incalculable pour les autres secteurs de l'économie. À commencer par la population birmane elle-même."
"Par exemple, à Rangoon, les nouveaux hôtels sont dotés d'eau courante chaude et froide et d'électricité 24 heures sur 24, alors que la population doit s'approvisionner dans des puits publics et que l'électricité reste un luxe. À cela, il faut ajouter que jusqu'à 60 % des revenus liés au tourisme quittent le pays pour financer l'importation de produits nécessaires aux besoins et habitudes de consommation des touristes. Et bien entendu, ce sont les grandes chaînes hôtelières et les grandes compagnies aériennes qui tirent les plus grands profits de l'industrie du tourisme, non le pays et encore moins la population".
"Autre conséquence, des atteintes aux sources de revenus des populations. Par exemple, dans l'État Shan, la junte s'apprête à construire un barrage sur le fleuve Biluchaung pour offrir aux touristes un paysage vert et alléchant, même en saison sèche. Dès lors, les minorités résidentes Intha et Pa-Oh craignent de voir leur récolte de riz se réduire comme peau de chagrin".
"Déjà en avril 1990, les 5 200 habitants de Pagan, l'un des plus grands centres d'intérêt de l'Asie du Sud-Est qui vivaient depuis des générations autour des pagodes et stupas historiques, furent obligés d'empaqueter leurs maigres biens et de déménager à une trentaine de kilomètres de la ville, dans une zone de terre aride dépourvue d'abris ou d'équipements élémentaires. Le SLORC* se borna à verser à chaque famille la somme de 250 Kyats (2,50 US $) en guise de dédommagement".
"C'est la même politique qui est appliquée à Rangoon ou dans des villages se trouvant à proximité de sites historiques, comme à Mandalay, Taungyi ou à Maymo. À ces déplacements de population s'ajoute une politique systématique d'assainissement de sites destinés au tourisme. La population est donc appelée à fournir du travail "volontaire" pour réparer les routes, en construire des nouvelles ou pour ravaler les façades des palais..."
"La population est d'ailleurs "invitée" à la mise en place d'infrastructures qui serviront de manière indirecte aux touristes. L'un des projets les plus tristement célèbres est celui de la construction d'une ligne de chemin de fer de 170 km de long reliant Ye à Tavoy, entreprise depuis octobre 1993. Ce projet facilitera l'accès des touristes à la pointe méridionale de la Birmanie, mais il fait aussi partie de la construction d'un gazoduc, sous la responsabilité de Total. Sur ce chantier, 120 000 personnes furent recrutées de force. Un article du Sunday Telegraph du 27 juillet 1994 estime qu'entre 200 et 300 personnes y sont mortes de maladies et d'épuisement".
"Aung Sang Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, faisait part à des journalistes thaïlandais de sa désapprobation face aux hôtels qu'elle voit se construire où qu'elle aille. Et d'ajouter qu'elle préférerait voir de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux, de nouvelles crèches, de nouvelles bibliothèques. Selon elle, c'est au développement de l'Homme qu'il faut penser, et non pas uniquement à l'économie dans son sens restreint qui ne s'exprime qu'en termes d'investissements, d'hôtels et de nombre de touristes".
"En mai 1995, le National Coalition of the Union of Burma (NCGUB), le "gouvernement en exil" installé à Washington, a clairement exprimé sa position à l'égard de l'année du tourisme. Il estime que lorsque la démocratie sera à nouveau instaurée et que les gens seront libres, les forces démocratiques de Birmanie accueilleront les visiteurs étrangers à bras ouverts. Pour l'instant, il est trop tôt pour se précipiter en Birmanie".
Entre une junte militaire qui s'accroche au pouvoir toutes griffes dehors, une opposition valablement élue bafouée par les militaires et des lobbies industriels et commerciaux étrangers se servant de l'une ou de l'autre comme levier en vue de conquérir ce nouveau marché, le peuple birman est sévèrement tourmenté.
Cela dit, d'un point de vue strictement touristique, si les Birmans voulaient ouvrir leur pays au tourisme international, avec ou sans gants, avec une carotte ou un bâton, il fallait en arriver là, hélas !
Car ce sont nos exigences de touristes qui imposent cette réalité. La Birmanie sera victime de la mode occidentale qui nous pousse ouvertement ou implicitement à nous y précipiter.
D'une certaine manière nous, touristes, en sommes également victimes par notre disponibilité à la manipulation, notre manque de discernement, notre versatilité. Et maintenant on nous explique que nous tenons la clé de la réussite ou de la catastrophe ! Quelle responsabilité d'un seul coup !
Et bien prenons-là : évitons les phénomènes de masse, de mode, de précipitation hystérique, apprenons à comprendre les différences culturelles et à nous satisfaire des structures ordinaires du pays visité. L'échange humain en sera d'autant plus grand et les souvenirs aussi.
- D. W. -
* Le SLORC : organe dirigeant de la junte militaire au pouvoir, malgré la victoire de la ligue démocratique de Aung San Suu Kyi qui remporta 82 % des sièges lors des élections générales en 1990.
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:15
France-Inde : l'effet miroir
France-Inde : l'effet miroir.
France-Inde : l'effet miroir
L'Inde : multi-culturelle, pluri-religieuse, étonnamment bien ancrée dans la démocratie, admirée pour ses contrastes de traditions et de modernité, ouverte au tourisme, attire le voyageur. L'Inde, comme la France, fait partie des grandes destinations touristiques enrichissantes.
Bénares (Varanasi) est située sur la rive gauche du Gange. Chaque hindou désire, au moins une fois dans sa vie, pouvoir se laver de ses péchés dans ce fleuve sacré ou mieux encore : terminer son existence et être incinéré sur les bords du fleuve.
Les Ghats : sorte de grands quais en escaliers bordant le fleuve. Il s'en dégage une atmosphère étonnante, une étrange fascination qui vous conduit à observer toutes ces pratiques de purification par l'eau et par le feu. Nombre de voyageurs, bardés d'appareils photos et camescopes s'approchent au plus près pour immortaliser ces instants.
Des bateaux chargés de touristes mitraillent les ablutions rituelles. Des groupes ou touristes isolés déambulent sur les ghats et font des gros plans sur le bûcher, le défunt ou les familles dans le recueillement.
Portraits typiques de femmes et d'hommes aux visages sereins malgré la douleur.
Parfois un rictus saisi au hasard ou l'expression d'un visage plus sensible, plus émotif et l'on sait à l'avance que cela fera une bonne photo.
La France : multi-culturelle, pluri-religieuse, étonnamment bien ancrée dans la démocratie, admirée pour ses contrastes de traditions et de modernité, ouverte au tourisme, attire le voyageur.
Notre pays fait partie des grandes destinations touristiques enrichissantes.
Notre ville, notre quartier fait partie d'un circuit touristique. Des bus de touristes viennent d'Asie, d'Afrique même pour flâner quelques instants avant d'assister à l'attraction principale : une cérémonie particulière qui se déroule lors d'un enterrement. Bardés d'appareils photos et de camescopes, ils font de gros plans sur les visages des familles endeuillées. Le cercueil est mitraillé par les flashes qui crépitent. L'activité économique tourne bien grâce à cet apport de devises. Les touristes sont généreux et donnent même de l'argent aux enfants qui font la manche (depuis qu'ils ont cessé d'aller à l'école pour préférer l'argent facile). De nombreux artisans se sont reconvertis dans cette nouvelle économie touristique en organisant (en relation avec les tours-opérateurs) des simulacres de funérailles, des spectacles aussi réalistes que possible malgré tout.
Tout se passerait bien s'il n'y avait quelques incidents avec des adolescents qui rackettent les plus jeunes en les obligeant à voler certains touristes, un peu trop crédules et tête en l'air, il est vrai. On espère que ce n'est pas le prélude à de futures luttes mafieuses dans la région.
Certains experts prédisent que dans dix ans, vingt ans, trente ans peut-être, le tourisme, lassé de cette attraction devenue folklorique, se détournera de notre ville et laissera une économie en ruine car il n'y aura plus d'artisans ni d'industrie... à moins que les étrangers n'investissent de gros capitaux et dirigent l'économie locale.
Rassurez-vous, relaxez-vous. Aucun bus asiatique ou africain ne vient dans notre ville. Ce n'était qu'une fiction stupide, une plaisanterie de mauvais goût. Nos funérailles n'ont rien de particulier, notre économie locale se porte bien et tous nos enfants sont scolarisés.
Au fait, vous pouvez me rappeler où vous partez en vacances cette année ?
- D. W. -
France-Inde : l'effet miroir
L'Inde : multi-culturelle, pluri-religieuse, étonnamment bien ancrée dans la démocratie, admirée pour ses contrastes de traditions et de modernité, ouverte au tourisme, attire le voyageur. L'Inde, comme la France, fait partie des grandes destinations touristiques enrichissantes.
Bénares (Varanasi) est située sur la rive gauche du Gange. Chaque hindou désire, au moins une fois dans sa vie, pouvoir se laver de ses péchés dans ce fleuve sacré ou mieux encore : terminer son existence et être incinéré sur les bords du fleuve.
Les Ghats : sorte de grands quais en escaliers bordant le fleuve. Il s'en dégage une atmosphère étonnante, une étrange fascination qui vous conduit à observer toutes ces pratiques de purification par l'eau et par le feu. Nombre de voyageurs, bardés d'appareils photos et camescopes s'approchent au plus près pour immortaliser ces instants.
Des bateaux chargés de touristes mitraillent les ablutions rituelles. Des groupes ou touristes isolés déambulent sur les ghats et font des gros plans sur le bûcher, le défunt ou les familles dans le recueillement.
Portraits typiques de femmes et d'hommes aux visages sereins malgré la douleur.
Parfois un rictus saisi au hasard ou l'expression d'un visage plus sensible, plus émotif et l'on sait à l'avance que cela fera une bonne photo.
La France : multi-culturelle, pluri-religieuse, étonnamment bien ancrée dans la démocratie, admirée pour ses contrastes de traditions et de modernité, ouverte au tourisme, attire le voyageur.
Notre pays fait partie des grandes destinations touristiques enrichissantes.
Notre ville, notre quartier fait partie d'un circuit touristique. Des bus de touristes viennent d'Asie, d'Afrique même pour flâner quelques instants avant d'assister à l'attraction principale : une cérémonie particulière qui se déroule lors d'un enterrement. Bardés d'appareils photos et de camescopes, ils font de gros plans sur les visages des familles endeuillées. Le cercueil est mitraillé par les flashes qui crépitent. L'activité économique tourne bien grâce à cet apport de devises. Les touristes sont généreux et donnent même de l'argent aux enfants qui font la manche (depuis qu'ils ont cessé d'aller à l'école pour préférer l'argent facile). De nombreux artisans se sont reconvertis dans cette nouvelle économie touristique en organisant (en relation avec les tours-opérateurs) des simulacres de funérailles, des spectacles aussi réalistes que possible malgré tout.
Tout se passerait bien s'il n'y avait quelques incidents avec des adolescents qui rackettent les plus jeunes en les obligeant à voler certains touristes, un peu trop crédules et tête en l'air, il est vrai. On espère que ce n'est pas le prélude à de futures luttes mafieuses dans la région.
Certains experts prédisent que dans dix ans, vingt ans, trente ans peut-être, le tourisme, lassé de cette attraction devenue folklorique, se détournera de notre ville et laissera une économie en ruine car il n'y aura plus d'artisans ni d'industrie... à moins que les étrangers n'investissent de gros capitaux et dirigent l'économie locale.
Rassurez-vous, relaxez-vous. Aucun bus asiatique ou africain ne vient dans notre ville. Ce n'était qu'une fiction stupide, une plaisanterie de mauvais goût. Nos funérailles n'ont rien de particulier, notre économie locale se porte bien et tous nos enfants sont scolarisés.
Au fait, vous pouvez me rappeler où vous partez en vacances cette année ?
- D. W. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:14
Pérou : la vie tranquille des Taquiles
Pérou : la vie tranquille des Taquiles.
Lors d'un voyage au Pérou, j'ai visité l'île de Taquiles sur le lac Titicaca. Son organisation touristique me semble intéressante au regard d'autres exemples d'îles touristiques dans le monde.
Depuis 1970, les Indiens Taquiles gèrent les activités économiques et touristiques de leur île afin de sauvegarder leurs traditions face à l'afflux des visiteurs.
Le tourisme a été introduit à Taquiles par les habitants de Puno qui, dotés d'un sens du commerce développé, ont commencé à amener des visiteurs sur l'île. Les insulaires ont alors mis en place un système exclusif de navettes de manière à contrôler le nombre de touristes qui débarquaient chaque jour dans l'île ainsi que leurs activités.
Une fois arrivés, les touristes sont pris en charge par la coopérative qui leur octroie une chambre chez l'habitant. Le nombre de touristes est donc limité au nombre de chambres disponibles.
Les habitants de l'île ont refusé avec beaucoup de bon sens la construction d'un hôtel de luxe sur l'île sachant que cela signifierait très vite la mort de leur esprit communautaire.
Ils ont pu conserver leur mode de vie, bénéficier de l'apport touristique malgré ou grâce aux conditions de confort rudimentaire : pas d'eau courante, pas d'électricité, pas d'auto, même pas de vélo : le rêve !
- D. W. -
Lors d'un voyage au Pérou, j'ai visité l'île de Taquiles sur le lac Titicaca. Son organisation touristique me semble intéressante au regard d'autres exemples d'îles touristiques dans le monde.
Depuis 1970, les Indiens Taquiles gèrent les activités économiques et touristiques de leur île afin de sauvegarder leurs traditions face à l'afflux des visiteurs.
Le tourisme a été introduit à Taquiles par les habitants de Puno qui, dotés d'un sens du commerce développé, ont commencé à amener des visiteurs sur l'île. Les insulaires ont alors mis en place un système exclusif de navettes de manière à contrôler le nombre de touristes qui débarquaient chaque jour dans l'île ainsi que leurs activités.
Une fois arrivés, les touristes sont pris en charge par la coopérative qui leur octroie une chambre chez l'habitant. Le nombre de touristes est donc limité au nombre de chambres disponibles.
Les habitants de l'île ont refusé avec beaucoup de bon sens la construction d'un hôtel de luxe sur l'île sachant que cela signifierait très vite la mort de leur esprit communautaire.
Ils ont pu conserver leur mode de vie, bénéficier de l'apport touristique malgré ou grâce aux conditions de confort rudimentaire : pas d'eau courante, pas d'électricité, pas d'auto, même pas de vélo : le rêve !
- D. W. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:14
Bretagne : Iles contre "Ils"
Bretagne : Iles contre "Ils".
Ou quand les touristes perturbent gravement la vie des îles bretonnes.
En tant que professionnel du développement économique du tourisme en Bretagne, j'en mesure aussi les retombées néfastes. Bien qu'il m'ait été plus souvent demandé d'exprimer les aspects positifs du tourisme que ses effets pervers, je ne me dérobe pas à la réflexion en prenant l'exemple des îles bretonnes autour desquelles je navigue régulièrement.
Sauvées du dépérissement par l'essor du tourisme estival, les îles du Ponant (d'Aix à l'archipel de Chausey) risquent aujourd'hui de sombrer corps et biens sous la pression des spéculateurs et des excursionnistes de tous bords !
Nécessairement concentrée sur un espace limité et stupidement restreinte dans le temps, la fréquentation touristique de nos îles engendre à peu près toutes les nuisances qu'on trouve ailleurs sur le monde.
Faudra-t'il instaurer un numerus clausus comme à l'université ? Va-t'on sélectionner (par l'argent ?) l'invité sur l'île ? Faudra-t'il aussi un visa de débarquement ? Que sais-je encore... Les îles bretonnes ont perdu presque complètement leur activité agricole et de pêche. L'explosion du tourisme a tellement dopé le marché foncier et immobilier que les îliens ne peuvent plus construire ni se loger à un prix raisonnable. Le coût de la vie, au large, se trouve majoré de 10 à 20 % selon les produits.
Voilà des conséquences néfastes du tourisme qui accélèrent encore l'exode insulaire. Le travail saisonnier perturbe l'économie et l'équilibre social des îles et l'on spécule sur tout : le climat, la main-d'oeuvre, les stocks de marchandises
L'élimination des déchets ménagers, comme l'alimentation en eau potable posent des problèmes graves. Il faut surdimensionner les équipements publics : poste, transformateurs électriques, etc. Certes les îliens s'accommodent assez facilement de la fréquentation des baigneuses en culotte ficelle portée même au marché le dimanche matin... Les rues étroites de Palais à Belle-île, laissent tout juste passer les grosses berlines allemandes... Nos crêperies ouessantines garnissent les galettes de sarrasin avec une "jelly" made in England... Si tel est le goût de l'estivant....
Justement, parlons-en des relations entre l'autochtone et le visiteur : certains se comportent en fieffés colonialistes qui appliquent sans vergogne le précepte des navigateurs arabes qui bourlinguaient entre la Négritie et la Chine : voyager, c'est vaincre !
Or, c'est oublier un peu vite que si la civilisation des îles bretonnes remonte au moins à l'âge de pierre, leur population engendre aussi des ingénieurs et des agrégés, comme ailleurs. Aussi se fatigue-t'elle vite de la désinvolture ostentatoire des excursionnistes d'un jour, vêtus d'un tricot marin pour faire couleur locale.
La pollution morale, directe ou réactive, me semble plus grave encore que l'inflation qui pèse sur la bouteille d'eau minérale.
Les îliens que je connais et que j'aime finissent par demander de conduire chez eux des voyageurs éveillés et donc respectueux. Pas des masses de tou-tou-ristes profanateurs.
Bien que le tourisme ait été désiré par les îliens et ait sauvé l'économie locale chancelante, aujourd'hui la réalité fait basculer cet essor économique en crise culturelle et morale dont personne ne voit l'issue.
Pour nous, tourisme de masse et tourisme de qualité sont antinomiques. Une fois de plus c'est l'excès qui est nuisible tant du côté de l'offre que de la demande.
- F. M. -
Ou quand les touristes perturbent gravement la vie des îles bretonnes.
En tant que professionnel du développement économique du tourisme en Bretagne, j'en mesure aussi les retombées néfastes. Bien qu'il m'ait été plus souvent demandé d'exprimer les aspects positifs du tourisme que ses effets pervers, je ne me dérobe pas à la réflexion en prenant l'exemple des îles bretonnes autour desquelles je navigue régulièrement.
Sauvées du dépérissement par l'essor du tourisme estival, les îles du Ponant (d'Aix à l'archipel de Chausey) risquent aujourd'hui de sombrer corps et biens sous la pression des spéculateurs et des excursionnistes de tous bords !
Nécessairement concentrée sur un espace limité et stupidement restreinte dans le temps, la fréquentation touristique de nos îles engendre à peu près toutes les nuisances qu'on trouve ailleurs sur le monde.
Faudra-t'il instaurer un numerus clausus comme à l'université ? Va-t'on sélectionner (par l'argent ?) l'invité sur l'île ? Faudra-t'il aussi un visa de débarquement ? Que sais-je encore... Les îles bretonnes ont perdu presque complètement leur activité agricole et de pêche. L'explosion du tourisme a tellement dopé le marché foncier et immobilier que les îliens ne peuvent plus construire ni se loger à un prix raisonnable. Le coût de la vie, au large, se trouve majoré de 10 à 20 % selon les produits.
Voilà des conséquences néfastes du tourisme qui accélèrent encore l'exode insulaire. Le travail saisonnier perturbe l'économie et l'équilibre social des îles et l'on spécule sur tout : le climat, la main-d'oeuvre, les stocks de marchandises
L'élimination des déchets ménagers, comme l'alimentation en eau potable posent des problèmes graves. Il faut surdimensionner les équipements publics : poste, transformateurs électriques, etc. Certes les îliens s'accommodent assez facilement de la fréquentation des baigneuses en culotte ficelle portée même au marché le dimanche matin... Les rues étroites de Palais à Belle-île, laissent tout juste passer les grosses berlines allemandes... Nos crêperies ouessantines garnissent les galettes de sarrasin avec une "jelly" made in England... Si tel est le goût de l'estivant....
Justement, parlons-en des relations entre l'autochtone et le visiteur : certains se comportent en fieffés colonialistes qui appliquent sans vergogne le précepte des navigateurs arabes qui bourlinguaient entre la Négritie et la Chine : voyager, c'est vaincre !
Or, c'est oublier un peu vite que si la civilisation des îles bretonnes remonte au moins à l'âge de pierre, leur population engendre aussi des ingénieurs et des agrégés, comme ailleurs. Aussi se fatigue-t'elle vite de la désinvolture ostentatoire des excursionnistes d'un jour, vêtus d'un tricot marin pour faire couleur locale.
La pollution morale, directe ou réactive, me semble plus grave encore que l'inflation qui pèse sur la bouteille d'eau minérale.
Les îliens que je connais et que j'aime finissent par demander de conduire chez eux des voyageurs éveillés et donc respectueux. Pas des masses de tou-tou-ristes profanateurs.
Bien que le tourisme ait été désiré par les îliens et ait sauvé l'économie locale chancelante, aujourd'hui la réalité fait basculer cet essor économique en crise culturelle et morale dont personne ne voit l'issue.
Pour nous, tourisme de masse et tourisme de qualité sont antinomiques. Une fois de plus c'est l'excès qui est nuisible tant du côté de l'offre que de la demande.
- F. M. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:14
Réunion : si les touristes volaient...
Réunion : si les touristes volaient...
Parmi les reportages que propose la télévision, nous pouvons apprécier les superbes vues aériennes de volcans, lacs de montagnes ou lacs de cratères tournées par l'équipe d'Okavango. Même si nous déplorons le côté voyeur, frimeur, envahisseur, nouveau colon.
Que penseriez-vous si des centaines, des milliers d'adeptes de ce genre de reportage, poussés par le désir irrésistible du mimétisme, se métamorphosaient l'espace de quelques instants en petits Nicolas Hulot de pacotille ? Si des dizaines d'hélicoptères tournaient, vrombissaient chaque jour dans le ciel autour de ces sites merveilleux ?
Je reviens d'un voyage à l'île de la Réunion.
Un matin, au réveil, j'ai ouvert la fenêtre de ma chambre d'hôtel pour admirer l'Océan Indien. À mon grand étonnement, j'ai découvert un océan vide. J'ai eu beau scruter l'horizon : rien en vue.
Aucune embarcation digne de ce nom hormis les coques de noix plastifiées des rares plagistes barbotant dans un lagon miniature. Dans une petite crique abrupte au fond couvert de sable volcanique gris, j'aperçus quand même une dizaine de modestes barques de pêche. C'est tout. Aucun cargo au large traçant sa route maritime, aucune silhouette lointaine se dirigeant vers l'Afrique orientale, Madagascar, les Indes ou l'Australie. Nulle voile blanche gonflée par les alizés, rien : un désert liquide je vous dis. Un océan sans bateaux, c'est comme un désert sans vie. Où sont passés les capitaines, les flibustiers, les écumeurs de mer d'antan ? Volatilisés dans les abysses de l'histoire.
Si l'océan Indien autour de la Réunion est bel et bien dépeuplé, le ciel de l'île en revanche est devenu le dernier salon où l'on cause. Chaque jour des ribambelles d'hélicoptères embarquent des flots de touristes réjouis de survoler les trois grands cirques montagneux - Mafate, Cilaos et Salazie - qui forment les plus somptueux paysages du centre de l'île. Les hélicos achèvent généralement leur zap aérien par un virage magistral au-dessus du Piton de la Fournaise, monstre sacré culminant à 2 632 m, puis reviennent à leur point de départ. Cette balade de 45 mn coûte environ 1 300 F par personne.
Voir les cirques et les volcans de la Réunion d'une cabine d'hélico a quelque chose de grandiose. C'est indéniable. Mais personne n'a encore songé aux nuisances sonores qu'entraînent ces survols intempestifs.
Ce jour-là, je buvais un café chez un réunionnais rencontré par hasard au bord de mon chemin. Nous avions sympathisé et il m'avait cordialement invité à faire une pause dans sa case en tôle, en lisière de forêt. Il était 6 heures du matin. En une heure, plus de 20 hélicoptères sont passés au-dessus de nos têtes. Apocalypse now ? Non, un jour ordinaire ici dans les Hauts (nom usuel donné par les réunionnais pour désigner tout ce qui n'est pas littoral).
"Ce n'est rien, déplore mon hôte. En novembre 1995, j'ai compté plus de soixante passages d'hélicos en une seule matinée. Y compris les samedis et dimanches. Le premier vrombissement commence à 5h30 du matin et le vacarme dure jusqu'à midi. L'hélicoptère est une fatalité, on ne peut l'interdire. Mais nous commençons à en avoir marre".
À Mafate, avant le développement du tourisme aérien et l'invasion des hélicos, les cultivateurs cachés dans leurs champs de maïs, à 300 mètres de distance pouvaient se parler. Ils avaient l'impression d'être seuls au monde, inaccessibles, protégés des turpitudes de la "civilisation". C'était naguère le royaume du silence. Aujourd'hui, c'est le salon du Bourget dans un champ de canne à sucre. Les mêmes cultivateurs ne peuvent guère s'entendre à plus de 3 mètres ! Tristes tropiques !
Une pétition a pourtant été signée par les habitants de la région, victimes des nuisances sonores. Mais les autorités locales font la sourde oreille, n'osant pas intervenir dans ce commerce aérien pratiqué par une poignée de petites sociétés. Alors qu'il suffirait de fixer quelques règles très simples de survol, pour mettre un terme à ce tohu-bohu.
Quant à moi, j'ai toujours refusé ce genre de balade pour touriste fortuné, zappeur de grands espaces, pollueur par le bruit mécanique artificiel de leurs bulles à hélices tournoyant à la queue leu-leu dans un même et unique périmètre.
C'est à pied que les cirques de la Réunion doivent être explorés pour mieux apprécier les sons naturels ou le silence profond de ce site en osmose avec l'immensité de l'Océan Indien.
- F. N. -
Parmi les reportages que propose la télévision, nous pouvons apprécier les superbes vues aériennes de volcans, lacs de montagnes ou lacs de cratères tournées par l'équipe d'Okavango. Même si nous déplorons le côté voyeur, frimeur, envahisseur, nouveau colon.
Que penseriez-vous si des centaines, des milliers d'adeptes de ce genre de reportage, poussés par le désir irrésistible du mimétisme, se métamorphosaient l'espace de quelques instants en petits Nicolas Hulot de pacotille ? Si des dizaines d'hélicoptères tournaient, vrombissaient chaque jour dans le ciel autour de ces sites merveilleux ?
Je reviens d'un voyage à l'île de la Réunion.
Un matin, au réveil, j'ai ouvert la fenêtre de ma chambre d'hôtel pour admirer l'Océan Indien. À mon grand étonnement, j'ai découvert un océan vide. J'ai eu beau scruter l'horizon : rien en vue.
Aucune embarcation digne de ce nom hormis les coques de noix plastifiées des rares plagistes barbotant dans un lagon miniature. Dans une petite crique abrupte au fond couvert de sable volcanique gris, j'aperçus quand même une dizaine de modestes barques de pêche. C'est tout. Aucun cargo au large traçant sa route maritime, aucune silhouette lointaine se dirigeant vers l'Afrique orientale, Madagascar, les Indes ou l'Australie. Nulle voile blanche gonflée par les alizés, rien : un désert liquide je vous dis. Un océan sans bateaux, c'est comme un désert sans vie. Où sont passés les capitaines, les flibustiers, les écumeurs de mer d'antan ? Volatilisés dans les abysses de l'histoire.
Si l'océan Indien autour de la Réunion est bel et bien dépeuplé, le ciel de l'île en revanche est devenu le dernier salon où l'on cause. Chaque jour des ribambelles d'hélicoptères embarquent des flots de touristes réjouis de survoler les trois grands cirques montagneux - Mafate, Cilaos et Salazie - qui forment les plus somptueux paysages du centre de l'île. Les hélicos achèvent généralement leur zap aérien par un virage magistral au-dessus du Piton de la Fournaise, monstre sacré culminant à 2 632 m, puis reviennent à leur point de départ. Cette balade de 45 mn coûte environ 1 300 F par personne.
Voir les cirques et les volcans de la Réunion d'une cabine d'hélico a quelque chose de grandiose. C'est indéniable. Mais personne n'a encore songé aux nuisances sonores qu'entraînent ces survols intempestifs.
Ce jour-là, je buvais un café chez un réunionnais rencontré par hasard au bord de mon chemin. Nous avions sympathisé et il m'avait cordialement invité à faire une pause dans sa case en tôle, en lisière de forêt. Il était 6 heures du matin. En une heure, plus de 20 hélicoptères sont passés au-dessus de nos têtes. Apocalypse now ? Non, un jour ordinaire ici dans les Hauts (nom usuel donné par les réunionnais pour désigner tout ce qui n'est pas littoral).
"Ce n'est rien, déplore mon hôte. En novembre 1995, j'ai compté plus de soixante passages d'hélicos en une seule matinée. Y compris les samedis et dimanches. Le premier vrombissement commence à 5h30 du matin et le vacarme dure jusqu'à midi. L'hélicoptère est une fatalité, on ne peut l'interdire. Mais nous commençons à en avoir marre".
À Mafate, avant le développement du tourisme aérien et l'invasion des hélicos, les cultivateurs cachés dans leurs champs de maïs, à 300 mètres de distance pouvaient se parler. Ils avaient l'impression d'être seuls au monde, inaccessibles, protégés des turpitudes de la "civilisation". C'était naguère le royaume du silence. Aujourd'hui, c'est le salon du Bourget dans un champ de canne à sucre. Les mêmes cultivateurs ne peuvent guère s'entendre à plus de 3 mètres ! Tristes tropiques !
Une pétition a pourtant été signée par les habitants de la région, victimes des nuisances sonores. Mais les autorités locales font la sourde oreille, n'osant pas intervenir dans ce commerce aérien pratiqué par une poignée de petites sociétés. Alors qu'il suffirait de fixer quelques règles très simples de survol, pour mettre un terme à ce tohu-bohu.
Quant à moi, j'ai toujours refusé ce genre de balade pour touriste fortuné, zappeur de grands espaces, pollueur par le bruit mécanique artificiel de leurs bulles à hélices tournoyant à la queue leu-leu dans un même et unique périmètre.
C'est à pied que les cirques de la Réunion doivent être explorés pour mieux apprécier les sons naturels ou le silence profond de ce site en osmose avec l'immensité de l'Océan Indien.
- F. N. -
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Tourisme responsable
jeudi, 10 septembre 2009 10:13
Voyager à l'Est : des échanges pas d'assistance
Le verrouillage géographique qui a duré 70 ans pour l'ex-URSS et 50 ans pour les ex-démocraties populaires, a profondément marqué plusieurs générations, qui ont tendance aujourd'hui encore, à avoir une vision complètement déformée et idyllique de "l'Ouest" : les USA sont le paradis, où chaque famille possède une maison ultramoderne, une piscine, plusieurs voitures. L'Europe de l'Ouest est une terre d'asile toute proche, où l'on peut sans problème trouver un travail bien rémunéré et des conditions de vie idéales.
Le résultat de tout ceci est que beaucoup d'habitants des Pays de l'Est cherchent :
- soit à émigrer pour toujours dans l'une de ces régions riches dont ils refusent de voir les défauts (crise économique, chômage, exclus du système, services sociaux débordés, difficultés administratives insurmontables, etc.).
- soit à "grappiller" le plus possible tout et n'importe quoi, auprès des étrangers qui viennent chez eux : dollars, médicaments, parfums, vêtements, produits alimentaires...
Les voyageurs sont donc assaillis de demandes en tous genres et y répondent souvent de la plus mauvaise façon qui soit, en aggravant la situation. Certes, le tourisme n'est pas responsable de toutes les absurdités du monde, mais il peut facilement contribuer à les entretenir par de mauvais réflexes.
Quelques exemples :
Au fil de vos rencontres, vous serez sollicités dans un premier temps pour laisser votre adresse, puis pour envoyer une invitation en France (certificat d'hébergement de complaisance). Mais sous couvert de grands élans de générosité, faut-il donner de faux espoirs à des gens qui risquent fort de venir grossir les rangs des SDF ?
Faut-il priver les Pays de l'Est de leurs "cerveaux" dont ils ont tant besoin ? Lesquels seront d'ailleurs souvent employés à l'Ouest au-dessous de leur niveau de qualification : je connais plusieurs cas de médecins de l'Est, employés comme simples infirmiers ou ambulanciers dans les hôpitaux français.
On arrive ainsi à des situations absurdes; en 1991, dans un grand hôpital de la région du delta du Danube, il n'y avait plus un seul médecin roumain, ils étaient tous partis en Europe de l'Ouest ou aux USA. C'étaient des médecins belges et français venus avec des associations humanitaires qui soignaient les malades ! Cependant, si vous voulez aider quelqu'un, vous pouvez par exemple faciliter l'obtention d'une bourse d'études ou d'un stage de formation en faisant les démarches administratives pour lui, s'il souhaite acquérir des connaissances nouvelles, en vue de les utiliser dans son pays.
Faut-il donner des médicaments ?
C'est l'un des pires "services" que l'on peut rendre à quelqu'un en Europe de l'Est. Remplir son sac à dos avec le contenu de son armoire à pharmacie en se disant : "ça pourra toujours servir là-bas" est un acte d'inconscience, d'autant plus que vos médicaments ont toutes les chances de passer en marché noir et d'être utilisés n'importe comment. J'ai vu encore récemment sur un marché polonais, une femme qui vendait des médicaments présentés en vrac dans une caisse : antibiotiques, antidépresseurs, calmants .... sans notice, sans date de validité...
Que faire si l'on vous demande la charité ?
C'est le grand dilemme que nous retrouvons un peu partout dans le monde, y compris dans les Pays de l'Est, là où règne une misère noire. Il faut comprendre qu'il est des cas où on peut laisser parler son coeur sans porter atteinte à la dignité de l'autre. Mais si vous traitez les gens en "sous-développés", vous en ferez des assistés, qui n'auront plus avec les étrangers qu'une attitude de "main tendue" lorsqu'ils les verront arriver.
Ces différentes considérations amènent à poser le problème, beaucoup plus vaste, de ce qu'on appelle généralement "l'aide humanitaire". Il est vrai que lorsque l'on aime un pays, lorsqu'il vous apporte de multiples bonheurs en voyage, on a envie de faire quelque chose d'efficace pour l'aider, tout en le respectant.
Mais à qui donner pour espérer une bonne redistribution et comment insérer un voyage à travers l'humanitaire ?
Ma préférence va aux associations :
- qui affichent la plus grande transparence. Celles qui ont obtenu le "Prix Cristal de la Transparence" par exemple décerné chaque année à une grande association humanitaire par la Compagnie des Commissaires aux comptes. Ce prix donne des garanties bien plus importantes que le label "d'utilité publique".
- qui invitent les donateurs-voyageurs à passer voir comment l'action est menée sur le terrain. Il est parfois possible d'y rester quelques jours et de partager la vie du groupe, ce qui est mille fois mieux qu'une visite rapide.
- qui, de taille modeste en général, ont tissé des liens avec une collectivité dans le pays étranger, liens basés sur l'aide, bien sûr, mais dans une optique d'échange, de partage, de respect de l'autre et d'amitié mutuelle en donnant toujours une place importante à l'aspect culturel.
En guise de conclusion, et quitte à m'éloigner un peu de l'Europe de l'Est, je voudrais aborder un point qui me tient à coeur : la conception du voyage.
Nous sommes regroupés à ABM parce que nous refusons la logique des voyages organisés qui mettent des oeillères aux touristes pour qu'ils ne voient que ce qui enchante et jamais ce qui dérange.
Pourtant, j'ai parfois l'impression qu'il existe encore (chez le voyageur individuel NDLR) une conception "boulimique" du voyage, imprégnée de l'idée qu'il faut en faire le plus possible dans un minimum de temps et surtout, "ne rien rater".
Je crois que l'objectif du voyage n'est pas de courir pour tout voir, mais de prendre le temps de regarder, d'écouter, de comprendre. Pourquoi tant d'idées toutes faites circulent-elles sur tel ou tel pays ? Justement parce que ceux qui en sont à l'origine sont passés trop vite, n'ont retenu que des choses aperçues de façon fugitive, qu'ils ont "théorisées" ensuite, y compris dans des articles, des conférences...
Un voyage n'est pas une course contre la montre, ça ne se consomme pas, ça se construit. Voyager, c'est le contraire du Paris-Dakar, c'est savoir s'arrêter, parler avec les gens, leur dire qui nous sommes et pourquoi nous sommes venus. Bref, il faut créer l'échange et non pas venir en voleurs (d'images, de sensations...) ou en "bienfaiteurs" (en distribuant de l'argent et des cadeaux à tort et à travers).
Le voyage n'est pas une performance. C'est une aventure, que chacun peut vivre à sa façon (y compris en restant un an comme instituteur dans un village isolé en Haïti ou en passant Noël avec les enfants d'un orphelinat roumain). Aventure qui, pour avoir le droit de s'appeler VOYAGE, doit rester humaine.
- E. O. -
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jeudi, 10 septembre 2009 10:13
Qu'est-ce que le tourisme pour nous, pour les autres, au quotidien ?
Qu'est-ce que le tourisme pour nous, pour les autres, au quotidien ?
Partir en voyage nous apporte beaucoup de bienfaits. En est-il de même pour les populations visitées.... bon gré mal gré ?
Nos motivations touristiques sont infinies. Pour la plupart d'entre nous, elles naissent souvent de la nécessité de vivre bien ce que l'on vit mal (ou pas) chez soi parce que sa vie est parasitée, polluée par des contraintes morales, sociales, professionnelles ou domestiques. Certains voudraient s'en échapper afin de retrouver des valeurs personnelles souvent brimées ou refoulées. On voudrait reconstituer tout ce qui est émietté le reste de l'année, dans un cadre où n'interféreraient plus ces contraintes quotidiennes et où nous serions notre propre chef d'orchestre. Être responsable de ses propres contraintes pour oublier tout ce qu'on a mal vécu pendant un an (ou une vie ?) et se reconstruire, se réapproprier la partie bafouée de son identité de "sédentaire", de "travailleur".
Le but du voyage est aussi la rencontre, l'échange, l'intersection de deux trajectoires entre notre personnage-voyageur et l'Autre, différent (qui ne veut pas dire inférieur) avec une inévitable et même souhaitable influence réciproque dans le cadre de l'échange culturel. Cela implique donc une bonne, une meilleure connaissance des autres et de soi-même.
Si nous ne faisons pas cet effort, le risque de pollution touristique et d'acculturation par le tourisme auprès des populations les plus fragiles sera d'autant plus important.
Ce n'est généralement pas le sujet individuel "touriste" qui provoque un choc culturel, un choc économique. C'est l'effet de masse du voyage d'agrément qui provoque ce choc. Insistons bien sur le fait que l'effet de masse inclut non seulement tous les groupes de voyageurs organisés mais aussi tous les voyageurs individuels qui, additionnés, composent la même masse que les tours organisés.
La masse induit directement une inflation économique du fait de la demande quotidienne massive (nourriture, boisson, électricité, logement) y compris dans les îles bretonnes du Ponant. Sans oublier les pénuries (dont l'eau douce est la plus grave) pour les populations locales les plus défavorisées ainsi que tous les déchets polluants inhérents à notre consommation de masse.
En fin de compte cela entraîne parfois la domination d'une culture par une autre alors que le but du voyage devrait être l'enrichissement réciproque dans la diversité.
Cette limite entre échange culturel et pollution touristique est allègrement franchie par ces voyagistes sans aucune déontologie (qu'ils soient basés dans les pays riches ou pauvres), corrompus jusqu'à la moelle par l'appât du gain facile avec ces touristes ordinaires, fabriqués en série, bardés de travelers-chèques, de dollars, de caméras et de bonbons-souvenirs.
Corruption qui n'a rien à envier au comportement de touristes individuels, désoeuvrés, irrespectueux et méprisants de la dignité des peuples visités et de la sauvegarde de leur environnement, négligés, profiteurs, pique-assiettes, radins au possible et même voleurs à l'égard de leurs congénères. Qualifiables de délinquants, ils engendrent et drainent par leur mauvais exemple la délinquance locale et entraînent l'irrespect de part et d'autre des deux mondes.
Vous ne faites pas partie de ces caricatures ? Nous non plus, du moins je le pense.
Pourtant nous pouvons véhiculer inconsciemment une incroyable entreprise de pollution touristique nous aussi.
Parce qu'on nous fait croire dans un premier temps que le voyage est un produit de consommation comme un autre, parce qu'on part en voyage comme on va au supermarché : rayon Afrique, Asie, Amérique Latine... parce qu'on est loin de chez soi et qu'il est difficile de respecter les différences que l'on connaît mal (ou pas), parce qu'on "chosifie" les peuples visités, il ne sont plus que : vêtements traditionnels et coutumes indigènes, danses rituelles et vieillards pittoresques, hospitalité légendaire et meilleur rapport prix-service, sourires exotiques et sexes disponibles, colliers à fleurs et youcou-lé-lé...
La marchandisation du produit "voyage" est là, nous avons mis le pied dedans.
Espérons simplement que chacun d'entre nous aura la volonté, le courage de se pencher sur ses propres travers et autres méfaits éventuels et prendra dès lors conscience des conséquences que peuvent entraîner ses actes à court, moyen ou long terme.
Mais que cela ne vous coupe pas l'appétit du voyage, il fait partie de l'avenir de l'humanité. Envisageons donc cet avenir avec intelligence et humanisme.
- D. W. -
Partir en voyage nous apporte beaucoup de bienfaits. En est-il de même pour les populations visitées.... bon gré mal gré ?
Nos motivations touristiques sont infinies. Pour la plupart d'entre nous, elles naissent souvent de la nécessité de vivre bien ce que l'on vit mal (ou pas) chez soi parce que sa vie est parasitée, polluée par des contraintes morales, sociales, professionnelles ou domestiques. Certains voudraient s'en échapper afin de retrouver des valeurs personnelles souvent brimées ou refoulées. On voudrait reconstituer tout ce qui est émietté le reste de l'année, dans un cadre où n'interféreraient plus ces contraintes quotidiennes et où nous serions notre propre chef d'orchestre. Être responsable de ses propres contraintes pour oublier tout ce qu'on a mal vécu pendant un an (ou une vie ?) et se reconstruire, se réapproprier la partie bafouée de son identité de "sédentaire", de "travailleur".
Le but du voyage est aussi la rencontre, l'échange, l'intersection de deux trajectoires entre notre personnage-voyageur et l'Autre, différent (qui ne veut pas dire inférieur) avec une inévitable et même souhaitable influence réciproque dans le cadre de l'échange culturel. Cela implique donc une bonne, une meilleure connaissance des autres et de soi-même.
Si nous ne faisons pas cet effort, le risque de pollution touristique et d'acculturation par le tourisme auprès des populations les plus fragiles sera d'autant plus important.
Ce n'est généralement pas le sujet individuel "touriste" qui provoque un choc culturel, un choc économique. C'est l'effet de masse du voyage d'agrément qui provoque ce choc. Insistons bien sur le fait que l'effet de masse inclut non seulement tous les groupes de voyageurs organisés mais aussi tous les voyageurs individuels qui, additionnés, composent la même masse que les tours organisés.
La masse induit directement une inflation économique du fait de la demande quotidienne massive (nourriture, boisson, électricité, logement) y compris dans les îles bretonnes du Ponant. Sans oublier les pénuries (dont l'eau douce est la plus grave) pour les populations locales les plus défavorisées ainsi que tous les déchets polluants inhérents à notre consommation de masse.
En fin de compte cela entraîne parfois la domination d'une culture par une autre alors que le but du voyage devrait être l'enrichissement réciproque dans la diversité.
Cette limite entre échange culturel et pollution touristique est allègrement franchie par ces voyagistes sans aucune déontologie (qu'ils soient basés dans les pays riches ou pauvres), corrompus jusqu'à la moelle par l'appât du gain facile avec ces touristes ordinaires, fabriqués en série, bardés de travelers-chèques, de dollars, de caméras et de bonbons-souvenirs.
Corruption qui n'a rien à envier au comportement de touristes individuels, désoeuvrés, irrespectueux et méprisants de la dignité des peuples visités et de la sauvegarde de leur environnement, négligés, profiteurs, pique-assiettes, radins au possible et même voleurs à l'égard de leurs congénères. Qualifiables de délinquants, ils engendrent et drainent par leur mauvais exemple la délinquance locale et entraînent l'irrespect de part et d'autre des deux mondes.
Vous ne faites pas partie de ces caricatures ? Nous non plus, du moins je le pense.
Pourtant nous pouvons véhiculer inconsciemment une incroyable entreprise de pollution touristique nous aussi.
Parce qu'on nous fait croire dans un premier temps que le voyage est un produit de consommation comme un autre, parce qu'on part en voyage comme on va au supermarché : rayon Afrique, Asie, Amérique Latine... parce qu'on est loin de chez soi et qu'il est difficile de respecter les différences que l'on connaît mal (ou pas), parce qu'on "chosifie" les peuples visités, il ne sont plus que : vêtements traditionnels et coutumes indigènes, danses rituelles et vieillards pittoresques, hospitalité légendaire et meilleur rapport prix-service, sourires exotiques et sexes disponibles, colliers à fleurs et youcou-lé-lé...
La marchandisation du produit "voyage" est là, nous avons mis le pied dedans.
Espérons simplement que chacun d'entre nous aura la volonté, le courage de se pencher sur ses propres travers et autres méfaits éventuels et prendra dès lors conscience des conséquences que peuvent entraîner ses actes à court, moyen ou long terme.
Mais que cela ne vous coupe pas l'appétit du voyage, il fait partie de l'avenir de l'humanité. Envisageons donc cet avenir avec intelligence et humanisme.
- D. W. -
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Tourisme responsable
C'est en bordures des lacs que sont situés les lieux intéressants de la région, tous axés sur les paysages et une nature rude et sauvage.
Quant aux villes, hormis Chicago et éventuellement St Paul/Minneapolis, elles ne présentent quasiment aucun intérêt. L'intérieur des terres annonçant les "Grandes plaines" ne mérite pas non plus le détour.
Principaux centres d'intérêt
**** : à ne pas manquer
*** : très bien
** : à voir
* : éventuellement
• Ohio *
Cincinnati * (ville)
Colombus * (ville)
Cleveland * (ville)
Lake Erie Islands ** (nature)
Région Nord-ouest * (communautés Ammish)
• Michigan **
Detroit * (ville, Ford museum)
Lake Michigan ** (paysages dunaires, stations balnéaires)
Mackinac island et pointe Nord ** (paysages, activités nature)
Lac Supérieur ** (paysages sauvages)
• Indiana *
Indianapolis * (ville)
Dune Nat. Lakeshore ** (lac et paysages dunaires)
• Illinois **
Chicago **** (ville)
Springfield * (ville - historique - de Lincoln)
Galena ** (ville historique sur le Mississipi)
• Wisconsin **
Milwaukee * (ville)
Door County ** (lac Michigan)
Apostle Islands ** (rando, nature)
Spring Green * (architecture F. Wright)
• Minnessota **
Minneapolis/St Paul ** (villes)
Lac Supérieur *** (paysages, activités nature)
Voyageur Nat. Park ** (lac, nature)
Sud du Minnessota * (petites villes, Mississipi)
Hébergements
Comme souvent aux Etats-Unis les motels offrent le meilleur rapport qualité-prix même si l'on peut trouver aussi dans les villes des hôtels abordables.
A signaler les nombreuses possibilités de campings économiques en été en bordure des lacs.
Gastronomies
En dehors de la "cuisine américaine", pas mal de restos et plats ethniques vu l'origine diverse des populations. Egalement poissons et fruits de mer parmi les spécialistés près des lacs dans la partie nord.
Transports terrestres
Très bons réseaux de bus et de trains pour l'ensemble de la partie est des Grands lacs. Par contre pour le nord, et notamment le Lac Supérieur, mieux vaut être autonome (on peut d'ailleurs choisir de s'y balader à vélo). Ferries vers les différentes îles des lacs.
Il existe un métro à Chicago (et un à Détroit) qui est une ville que l'on peut d'ailleurs facilement visiter à pied.
Vols intérieurs
Hormis pour aller d'une extrêmité à l'autre e la région, autant privilégier les transports terrestres.













