You have no items in your shopping cart.

Vous êtes iciAccueil|Actus des bourlingueurs|40 jours en Inde… en MBK !
mardi, 24 mars 2026 15:09

40 jours en Inde… en MBK !

Effervescence au semi de Waï avec le club de Deepak. Effervescence au semi de Waï avec le club de Deepak.

Rappelez-vous de nous … de moi : Emilie et Davy SANCHIS (qui vous écrit). Nous avions parcouru pendant deux ans les routes du monde à vélo de France à la Nouvelle-Calédonie tout en mettant en avant l’inclusion par le sport des personnes en situation de handicap mental. Le projet Bike up & Down nous fait toujours rêver de nouveaux départs ! Et c’est prévu pour 2027 !

L’Inde… une solution à la déprime ?

Je rêve de destinations lointaines, de challenges et depuis notre retour, il y a trois ans, je n’ai pas réussi à me réintégrer pleinement dans la vie professionnelle, à l’inverse d’Emilie qui a en un mois repris le chemin d’un travail qui lui plaît et la satisfait, entourée d’une équipe soudée et de missions palpitantes mais usantes.

Professionnellement, de mon côté, deux contrats de un an en tant que coordinateur des parcs et jardins à la mairie de Blois et une démission après un an dans l’entreprise que j’avais quittée avant mon départ pour le périple à vélo. J’ai été usé moralement de ces deux années et je n’ai pas retrouvé la motivation professionnelle, je me suis même égaré dans un objectif impératif de vie important : avoir un travail motivant.

Fin Octobre, je démissionne.

Et 15 jours après… les propositions d’emplois arrivent très rapidement. De courtes nuits… des heures de réflexion nocturnes m’empêche l’apaisement mental car je ne sais pas quoi faire… accepter ou pas ces propositions ?

Une réflexion commune avec Emilie qui me dit : Il faut que tu partes, prends ton vélo et pars en Inde. C’est le résumé de la conclusion !

Une évidence : j’avais cumulé un peu d’avance financière, je n’ai pas la motivation sur les postes que l’on m’offre et Emilie a déjà visité le nord de l’Inde, c’est acté… L’Inde est ma nouvelle aventure.

Début Novembre je relance l’organisation du cyclorunnertraileursportifsvoyageursolidaire…

Avant de prendre le ticket d’avion, l’organisation… je trouve un trail du circuit UTMB : un 53 kms avec 2600 mètres de dénivelés qui a lieu dans les montagnes de l’arrière-pays de Bombay (Mumbai maintenant). Comme je suis gourmand je trouve 2 semi-marathons le long de la route à vélo à Waï et Hubli.

Après la zone géographique, le mode de voyage… à vélo bien sûr ! Mais là je le mettrai dans l’avion et je le donnerai en Inde. Le vélo ? Le MBK de plus de 30 ans de mon père avec lequel j’ai fait mon premier triathlon L, un vélo de course coloré avec un cadre alu que j’appelle « rainbow » car il a les couleurs de l’arc en ciel.

Après le choix du mode de transport, le contrôle des papiers monsieur ! Le passeport est en poche mais il me manque le visa et surtout … les vaccins.

Les vaccins… je dois absolument avoir deux vaccins : la fièvre typhoïde et l’encéphalite Japonaise… le problème ? A Blois, ou l’on réside, le RDV est pour 2027 et à Tours courant Décembre. Le voyage serait trop court si je décale ma date de départ, alors j’utilise nos contacts et j’arrive par chance à ce que l’hôpital de Blois m’accepte pour les vaccins manquants. OUF !

Tout est bouclé et je prends le billet d’avion : j’arriverai le 12 Novembre et je rentrerai pour Noël le 23 Décembre.

L’Inde m’accueille à Bombay

Une escale à Delhi et le vélo arrive dans son carton et en 20 minutes il est assemblé pour rouler.

J’ai réservé trois nuits dans un dortoir pour moins de 10€ la nuit et j’ai une vingtaine de kilomètres à rouler dans les rues de Bombay à partir de l’aéroport, pas de taxi, bus, métro, rickshaw ou stop, je suis un puriste, tout à vélo. Mais une fois les premiers kilomètres roulés, la circulation chaotique, la pollution, le manque de panneau de signalisation, mon manque de repères et mes nombreuses erreurs de route me font douter sur les moyennes kilométriques journalières que j’ai mis en place (60 à 80 kilomètres par jour).

J’arrive en plus de deux heures au dortoir près des docks, une zone non touristique, des bidonvilles le long des bâtiments portuaires mais une immersion dans un quartier envoutant : des rues bondées à la tombée de la nuit, une circulation impossible, une vie industrielle avec des micro usines de textiles et surtout les odeurs : le quartier musulman avec les boucheries en plein air et les premiers temples Indous qui diffuse l’encens vous piquent les narines.

Bombay me verra cinq jours à l’arrivée et cinq jours au départ, période pendant laquelle je serai en dortoir étudiant ou de travailleurs. Une période qui me mènera vers les musées, les temples Indous ou les mosquées musulmanes… et oui je suis surpris de voir une communauté musulmane en Inde aussi importante.

Direction le semi-marathon de Waï

Je quitte Bombay sans regret. Et oui je suis un rouleur et les gambettes réclament de rouler. Je prends le ferry au lever du soleil pour arriver au sud deux heures après pour trouver des plages, des forts datant de l’époque de la colonisation comme celui de Janjira, le fort Boyard Indien. On y va par un bateau bondé d’Indien à 99% … et oui je suis le seul Européen. C’est un incontournable de l’Inde et de l’époque Marathe, un héros Indien de cette région : le Maharashtra.

Après l’escale balnéaire je traverse les montagnes pour arriver à Mahabaleshwar, une cité de montagne perchée à 1350 mètres. Un village aussi très fréquenté par le tourisme Indien. Je trouve une belle chambre d’hôte toujours aussi peu chère, dans les 12 euros et je flâne durant trois jours dans les quartiers, les points de vue et je croise mes premiers singes dans leur milieu de vie naturel.

Après 10 jours, j’ai rendez-vous à Waï pour mon premier semi-marathon dans une ville à taille plus humaine : 36 000 habitants pour les 21 millions de Bombay.

Grosse effervescence au départ de la course lorsque j’arrive avec mon vélo au départ de la course, mes sacoches et ma couleur blanche d’Européen. Les Indiens sont heureux et fiers que je participe avec eux à une course ; j’ai le droit à une interview sur la scène.

En arrivant 3éme de ma catégorie l’effervescence monte encore, j’ai le droit à d’interminables photos et, hasard de la vie je monte sur le podium pour récupérer un chèque de 50 euros. Oui, en Inde on gagne de l’argent, pas mal d’argent quand on court mais il faut avoir un compte bancaire en Inde.

N’ayant pas de domiciliation bancaire en Inde, je donne l’argent à l’association organisatrice mais pour une hypothétique prochaine victoire, je récupère les coordonnées bancaires d’un Indien pour lui transférer l’argent.

Une fois les 21 kilomètres bouclés, je monte sur la selle pour rouler 60 kilomètres pour arriver le plus tôt possible à Hubli ou m’attends le second semi-marathon.

La route est agréable et rouler à gauche ne me pose aucun problème. Je prends de grands axes et je me sens en sécurité avec les conducteurs Indiens, les vaches qui traversent la route à leur souhait ou encore les nombreux tracteurs avec deux remorques transportant de la canne à sucre.

En cinq jours, je roule 350 bornes en faisant escale à Kolaphur, une cité incontournable de par son temple Mahalaxmi dédié à la femme du dieu Vishnu. Je reste deux nuits dans cette cité par grand plaisir car c’est ce genre de ville que j’aime : culture, gastronomie riche et surtout je suis isolé… pas de touristes étrangers à l’horizon.

HUBLI, le second semi…

Après un dernier arrêt dans un temple, et une dernière portion de quatre voies en travaux ou j’en prends plein les narines, je rentre dans l’état du KARNATAKA. Je tourne deux heures pour trouver un hôtel dans cette grande ville, peu touristique. La course est le lendemain matin, je dois aller chercher mon dossard dès mon arrivée.

Le dossard est à récupérer au décathlon, ah tiens coïncidence… un symbole Français… Autre hasard de la vie, je rencontre Vivitt, un Indien fort impliqué dans les événements sportifs running et cycling qui me propose le week-end d’après un extra : courir un semi-marathon de plus à Bijapur. Tout cela 15 jours avant le gros trail de 53 kilomètres. La réponse est sans attente ! Non impossible, j’arrive à Hubli déjà bien entamé physiquement et je ne veux pas risquer la blessure.

Le lendemain matin, le soleil n’est pas levé quand le départ du semi-marathon est lancé, je m’élance, toujours seul touriste sur de grands axes, entourés d’Indien, venu de loin pour gagner de belles sommes de roupies. Ma foulée se fait plus lourde, et je dépasse l’heure 30 de course alors qu’à Waï j’étais en dessous d’1h30.

Un parcours sans grand miracle, Waï était bien plus joli de par ses paysages plus verdoyants, la proximité d’un barrage et de petits villages.

Mon chrono est moins bon, mais je finis second de ma catégorie et cette fois, c’est 100 euros que je vais réussir à récupérer, non sans difficultés, puisque j’attends plus de trois heures la remise des lots et surtout la validation du compte bancaire Indien que j’ai. Je repars avec une grosse liasse de roupies équivalent aux 100 euros.

Toujours la même effervescence de voir un Européen de bon niveau briguer un podium et se mélanger aux coutumes Indiennes. J’assiste à chaque course à des spectacles et je prononce toujours un petit mot sur la scène en Anglais lors de la remise de la récompense.

13h30 passé, j’enfourche le vélo et je me dirige de nouveau pour plus de 60 kilomètres vers la prochaine étape.

HAMPI, UNESCO et retrouvailles du tourisme international.

Deux jours de route plus tard, j’arrive à Hampi, ancienne capitale du royaume Vijayanâgara fondée en 1336. Je resterai deux nuits à rouler à travers tous ses temples, dont celui d’Anuman, haut lieu de pèlerinage de la religion Hindouiste.

D’une superficie de plus de 40 kilomètres carrés, c’est un gros tour à vélo qui me prendra toute une journée ; pour le repos ce sera encore plus tard.

Je rencontre un couple de Français, soixantenaire, Véronique et Boubou, avec qui je sympathise. Véronique vient en Inde depuis les années 1980, elle me raconte beaucoup de choses sur l’évolution de l’Inde et est étonnée de la prise de poids des Indiens depuis ces dernières années !

10 ou 21 kilomètres de plus à Bijapur ?

Je quitte Hampi, ce lieu envoutant mais qui ne me correspond pas. Trop touristique !

Je traverse le fleuve Tungabhadrâ en mettant mon vélo sur une barque dès le lever du soleil au milieu des locaux et de centaines de moines venus faire leurs besoins matinaux sur les berges du fleuve. Ceux-ci sont en pèlerinage et marchent des dizaines de kilomètres pieds nus le long des routes goudronnées.

15h30 et après 110 kilomètres de vélo, j’arrive à Badami, nouvelle ville qui me touchera de par ses temples grottes datant du 6éme siècle. Je retrouve Véronique et Boubou qui le même jour on prit un bus et mettront plus de temps que moi à vélo ! Incroyable.

Après cette escale de deux jours dans une super maison d’hôte pour 18 euros la nuit, je roule vers Bijapur ou je tombe amoureux de cette ville, de par son mausolée incontournable dans le monde : le Gol Gumbaz, datant de 1650, c’est une prouesse architecturale avec son dôme de 38 mètres de diamètre ; j’en ai le tournis une fois arrivé en haut. C’est le second plus gros dôme au monde.

La journée me plonge dans une réflexion difficile et j’opte donc pour une réponse raisonnable : je ferai 10 kilomètres et non pas les 21 kilomètres à Bijapur, cette ville est tellement belle que je veux traverser le Gol Gumbaz et avoir une photo souvenir. Ce sera chose faite.

Je contacte Vivitt, l’Indien qui m’avait invité et que j’ai rencontré à Hubli. Je le retrouve pour récupérer un dossard pour 10 kilomètres. Il a été surpris de mon exploit à Hubli et honoré, il souhaite m’offrir le dossard. Chose faite, il me propose de monter sur la scène devant un public d’une centaine de personnes pour raconter mon expérience de touriste sportif, au milieu de trois autres Indiens, spécialisés dans le sport et le dépassement de soi même. Quelle expérience incroyable, merci Vivitt !

Cerise sur le gâteau cette course est organisée par le ministre de l’Industrie Indienne Doctor Patil, que je rencontrerai furtivement au milieu d’une foule locale et surtout de dizaines de policiers.

Je ne regrette pas de faire ce nouveau challenge et le lendemain, nouvel exploit… je passe sous les quatres minutes du kilomètre sur ce 10 kilomètres et je finis second de ma catégorie, je n’y crois pas ! Mon corps a trouvé des ressources incroyables. Cette fois-ci je gagne les 100 euros mais ceux-ci seront virés sur le compte bancaire de la famille Indienne.

DIRECTION le trail dans les forts Maharatis : la SRT ULTRA

400 kilomètres de route à vélo pour arriver au départ du trail. Je roule principalement sur des quatre voies pour ne pas arriver trop épuisé à ce trail, je traverse des petites villes inconnues des guides touristiques mais avec une vie locale trépidante, des marchés, des temples, des fleuves chargés de rites, Pandharpur sera une belle étape, avec un souvenir impérissable : cette odeur d’encens dégagées dans les rues qui me coupe l’appétit jusqu’à me donner la nausée.

Le dilemme pour ma part, après avoir roulé de nombreux jours sur cette plaine du Deccan, est de faire deux à trois jours de récupération rapide et efficace avant ce gros rendez-vous trail international.

Coup de chance je trouve une retraite ayurvédique dans le centre thermal Indien l’Atmabodh wellness center très réputé dans le pays. Le forfait proposé se fait sur deux nuits et trois jours tout compris pour 150 euros. L’impératif est d’arriver le mercredi avant 16h. J’arriverai pour 15h30 et le responsable n’en croit pas ses yeux de voir un Européen venir s’essayer à la médecine Ayurvédique.

Je passe tous les détails, mais j’ai été séduit par le programme entre le réveil à 5h30 ou bain de boue et surtout la colon thérapie … Je n’en raconte pas plus à vous de découvrir cette pratique… C’était une aventure dans l’aventure, j’en ressors exténué mais si allégé !

SRT ULTRA 53 kilomètres et 2500 mètres de Dénivelé positif.

Je ne vais pas revenir sur tous les détails de cette course technique, mais à nouveau, je retrouve des coureurs rencontrés sur les semi précédents, c’est ça la communauté des traileurs. J’assiste à un superbe spectacle autour de combats de sabre ou j’échange avec de nombreux Indiens qui sont surpris de voir un Français à vélo.

De nouveau, le soleil n’attendra pas le départ… 6h les 270 coureurs du 53 kilomètres s’élancent pour le premier fort : le SINHAGAD. La montée est longue, brute, pleine de marches désunies, et de blocs de pierre qui roulent. Le premier fort est l’entrée, une mise en bouche légère mais le second, le plat de résistance va sacrément entamer mes forces. Le fort de RAJGAD a une montée longue et chaotique et la descente est usante et semée de risques car on traverse des parties sauvages ou certains rencontrent des serpents ou de gros scorpions noirs… par chance lors de mes deux chutes je n’en croise pas.

Le dernier fort : le TORNA… le dessert indigeste… me coupe le souffle et les jambes, déjà la montée est technique, avec de la grimpe sur une échelle, des cordes ou des voies à flanc de ravin. Je suis ravi de cette partie skyrunning mais sur la descente vers le 40éme kilomètre, ma tête me tourne et mes muscles commencent à faillir.

Une pause de 10 minutes, un arrêt collation salée et surtout un peu d’apaisement me fera repartir en bonne forme pour finir ce trail sans embuches.

J’arrive enfin et le résultat annoncé m’étonne encore : 4éme sur 270 partants et uniquement 120 arrivants. Ce voyage en Inde m’aurait fait prendre conscience que mon corps et ma force mentale sont toujours là malgré mes 46 ans. Je peux continuer à me fixer des objectifs sportifs !

Retour à BOMBAY

Voilà… plus que deux jours de vélo et la fin du voyage sonnera. Je prendrai un grand plaisir à retourner à Bombay par de petites routes de montagnes et reprendre le ferry comme au départ.

Une fois arrivé à Bombay je trouverai un nouveau quartier pour mes derniers jours, un quartier proche de l’alliance Française ou j’ai proposé une conférence sur l’acceptation des différences.

Comme souvent j’échange avec les étudiants de notre langue et je suis heureux de ce partage commun.

Pour finir en beauté, je rencontrerai Firoza, une femme d’une cinquantaine d’années, passionnée de vélo et de sport à qui je donnerai mon vélo pour son association.

Je passerai une soirée avec elle dans un bar fréquenté par la sphère bollywoodienne où je gouterai mes deux seules bières Indiennes. Firoza me fera découvrir le côté occidental de l’Inde qui mérite d’être vu.

Bilan des 40 jours à vélo en INDE

Je suis parti pour me retrouver grâce à la vie Indienne.

Aujourd’hui, 3 mois après mon retour c’est une réussite. J’ai trouvé de nouveaux objectifs professionnels dans ma vie, les seuls objectifs que je n’avais plus.

Mon travail ? Être moniteur adjoint dans un foyer de vie pour autistes adultes en incapacité de travailler : le foyer des rêveries à Vineuil dans le Loir et Cher. Je n’ai pas le diplôme, mais j’ai prouvé lors de l’entretien d’embauche que j’avais la motivation, le mental et l’envie. J’ai enfin réussi après plus de cinq ans à rentrer dans ce domaine, le monde du handicap mental ou j’ai envie de me sentir utile et d’apporter mes forces à des personnes qui ne demandent rien.

Avec Emilie, nous avons toujours une belle vie et des envies communes de voyages, de projets et surtout nous sommes heureux.

Alors rendez-vous en 2027 pour une nouvelle page du projet Bike up & Down. Vous voulez nous aider ? Contactez-nous :

 

 

 

 

 

 
Lu 70 fois
Plus dans cette catégorie : « À la rencontre des nomades Kirghizes

Derniers adhérents en ligne

fingold   jlapeyre   adhabm   parousset   pmartin   belecom   fjourdain   eallain   hfleys   jrevertegat   helmadelaine   lireboul   dzoleyn   jpgarrec   gmabboux  
Copyright © 2026 Aventure du Bout du Monde - Tous droits réservés
Joomla! est un Logiciel Libre diffusé sous licence GNU General Public