lundi, 11 janvier 2016 09:24
Nouveau correspondant ABM à Mulhouse
Je m’appelle Reynald. Je vis à Mulhouse en Alsace depuis quelques mois où je travaille comme logisticien.
Le voyage et les sports de montagnes sont ma passion. Dès que je le peux, je profite d’un moment de liberté pour m’échapper dans les montagnes autour de chez moi.
Originaire de Normandie, j’ai eu l’occasion de découvrir, pour les études ou pour le travail, différentes régions de France puis d’Europe, ce qui m’a donné le goût du voyage, de la découverte et du partage.
Je suis de retour d’un voyage de presque un an, où avec ma compagne, nous avons découvert l’Amérique du Nord puis l’Amérique Latine en nous rapprochant autant que possible de la culture locale.
Aujourd’hui, j’ai envie de partager ces moments et de faire découvrir à d’autres le bonheur de s’ouvrir à une nouvelle culture, de s’initier à la pratique d’une nouvelle langue ou la joie de transformer un rêve en réalité.
Je suis heureux d’être correspondant pour ABM en alsace.
Reynald VALETY http://hikearth.travellerspoint.com/
« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle ! » - Paulo Coelho
Le voyage et les sports de montagnes sont ma passion. Dès que je le peux, je profite d’un moment de liberté pour m’échapper dans les montagnes autour de chez moi.
Originaire de Normandie, j’ai eu l’occasion de découvrir, pour les études ou pour le travail, différentes régions de France puis d’Europe, ce qui m’a donné le goût du voyage, de la découverte et du partage.
Je suis de retour d’un voyage de presque un an, où avec ma compagne, nous avons découvert l’Amérique du Nord puis l’Amérique Latine en nous rapprochant autant que possible de la culture locale.
Aujourd’hui, j’ai envie de partager ces moments et de faire découvrir à d’autres le bonheur de s’ouvrir à une nouvelle culture, de s’initier à la pratique d’une nouvelle langue ou la joie de transformer un rêve en réalité.
Je suis heureux d’être correspondant pour ABM en alsace.
Reynald VALETY http://hikearth.travellerspoint.com/
« Si vous pensez que l’aventure est dangereuse, Essayez la routine… Elle est mortelle ! » - Paulo Coelho
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Dans les antennes
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vendredi, 08 janvier 2016 09:00
Transsibérien pratique
Les informations pratiques de Frédéric actuellement en tour du monde
http://fredalaventure.blogspot.jp/2014/08/russie-transsiberien.html
Mes diverses étapes ont été : Orechovo-Zuevo, Vladimir, Kazan, Iekaterinburg, Omsk, Irkutsk, l’île d'Olkhon sur le lac Baïkal (vaste comme la Belgique et profond de 1647 mètres), Ulan Ude et Vladivostok. La mésaventure de la perte de mon bagage (retrouvé et livré en 48h) durant le vol Paris-Moscou a été oubliée après quelques jours, mais j'ai été obligé de remplacer le dernier (long mais peu intéressant) tronçon du transsibérien (Irkutsk - Vladivostok) par un trajet en avion, les billets de train en ces fins de vacances scolaires russes étant presque aussi chers que l'avion.
< Quand j'y suis allé
J’y ai séjourné les 3 dernières semaines du mois d’août 2014, en pleine période de tensions internationales (et de boycott des fruits et légumes européens par la Russie) liées à la crise en Ukraine. A aucun moment je n’ai senti que mon appartenance à « l’Europe de l’ouest » puisse poser des problèmes avec les russes que j’ai rencontrés : pour eux les êtres humains sont une chose, la politique en est une autre…
< La météo que j'ai eu
Plutôt bonne dans l’ensemble, de type automnale / printanière (20 à 28 degrés environ), quelques épisodes pluvieux mais dans l’ensemble je n’ai pas eu à me plaindre. Presque aucun moustique.
< Mes coups de coeur
J'ai séjourné 4 jours sur la fameuse et très belle île d'Olkhon (excellente ambiance de globe-trotters / peace and love dans le couchsurfing (hébergement chez l’habitant) de l’assistant du prêtre orthodoxe du village, c'était l'auberge espagnole avec repas pris en commun et discussions en français/anglais/allemand/russe...) sur le non moins fameux lac Baïkal dans lequel j’ai fait trempette (je peux donc dire que je me suis baigné en Sibérie !!!).
J’ai aussi beaucoup aimé les temples bouddhistes d’Oulan Oude, ça m’a rappelé des souvenirs du Népal (qui est aussi une terre d’accueil du bouddhisme tibétain)…
Et puis, comment ne pas dire un mot de l’accueil extrêmement chaleureux et généreux des russes (que ce soit lors du logement chez l’habitant ou lors de rencontres dans la classe populaire (« platzkart ») du transsibérien), ça a été une sacrée surprise pour moi qui étais resté sur une impression de pays peuplé d’ours mal léchés lors de mon premier séjour dans ce pays (une croisière entre Saint-Pétersbourg et Moscou). L’ambiance dans les trains était très familiale, vraiment tranquille et agréable.
Le logement chez l'habitant a simplifié grandement la logistique de ce voyage en Russie (tous mes hébergeurs parlaient anglais et m’aident notamment pour l’achat des billets de train), merci donc au site couchsurfing ! Sur 22 nuits j’en ai passé 6 dans le train et 14 chez l’habitant. La convivialité des auberges de jeunesse et les échanges entre voyageurs que cela procure m’ont un peu manqué parfois mais je sais que j'aurai plein d'occasions en Asie pour en profiter.
< Ce que j'ai moins aimé
Les formalités ultra lourdes pour obtenir un visa russe (alors que les sud américains n’en ont pas besoin !), la perte de mon bagage de soute par la compagnie Air Baltic lors de l’escale à Riga entre Paris et Moscou (heureusement il a été retrouvé et livré en voiture 2 jours après à Vladimir). La monotonie des paysages de la plus grande partie du trajet en transsibérien (il faut dire que quand on vient de France ça rend exigeant au niveau des paysages !). La difficulté de se laver correctement dans le transsibérien (mais comme je n’y suis resté que 2 jours d’affilée au maximum cela n’a pas été trop embêtant).
< Ce que j'ai mangé
Sur l’île d'Olkhon du lac Baïkal j’ai bien entendu goûté à l’Omoul (sorte de truite fumée), à Ulan Ude j’ai testé les Buuz (raviolis bouriates garnis de viande de bœuf et de porc). Autres spécialités que j’ai dégusté : les blinis, le bortsch (soupe à la viande), la kasylyk (saucisse sèche de cheval), les zour balich (chaussons fourrés à la viande). J’ai bu de la bière russe Baltika, goûté au kvass (boisson fermentée à base de pain de seigle). La nourriture russe est globalement plus grasse et plus sucrée que ce que nous connaissons en France (un peu comme la cuisine turque).
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
Si j’avais prévu de passer plus de temps en Russie, j’aurais bien aimé visiter les très belles villes de Ninji Novgorod, de Tomsk et de Krasnoiarsk, explorer davantage la Bouriatie (rive Est du lac Baïkal, notamment la vallée de la Bargouzine), être au bon moment pour participer aux festivités de l’anniversaire de la naissance de la ville d’Iekaterinburg (je les ai loupées à 2 jours près), tester les saunas locaux (bania), avoir 1 ou 2 jours de plus à passer à chaque endroit. Bref si j’avais su que le couchsurfing marchait si bien en Russie j’aurais prévu une semaine de plus.
< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre dans ce pays
Pour le train : inutile d’acheter ses billets depuis la France (surtout si on voyage seul) : soit on trouve un russe anglophone qui nous aide à les acheter, soit on les achète à un distributeur automatique (en anglais) ; voyager en 3ème classe (platzkart) car c’est beaucoup plus sympa et sécurisant que la 2ème classe (où on est enfermé dans un compartiment de 4 : c’est quitte ou double, si on n’a pas de chance on tombe sur des types qui s’enferment pour se saouler à la vodka, et il n’y a personne pour surveiller vos affaires quand vous allez aux toilettes. Prenez avec vous quelques photos de vous et de votre ville en France à montrer aux gens que vous rencontrez, ça permet de briser la glace plus rapidement. Attention il y a 9 fuseaux horaires en Russie… Illustration ce jeudi 28 août vers 8h30 du matin dans une rue d’Irkutsk où un jeune globe-trotter occidental me lance en anglais « Mais pourquoi il y a tant de monde dans les rues alors qu’il n’est que 3 heures du matin ?... »… Ce voyageur avait juste oublié de prendre en compte les 5 heures de décalage horaire par rapport à Moscou… J’ai trouvé ça très amusant…
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Trains d'Asie
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jeudi, 07 janvier 2016 17:22
Tête-à-tête dans un monde hostile (Ethiopie)
Longtemps, Claude avait rêvé de ce Noël au balcon…
Un balcon de blocs instables, qui donne sur le coeur battant de l’Erta Alé, volcan perdu au nord de l’Éthiopie, dans le désert du Danakil…
Ah, décembre ! Les marchés de Noël, la course aux cadeaux, la bûche à la crème au beurre, le carnard à l’orange du 25, les huîtres du 31, et pour finir en apothéose, le vrombissement des sms au douzième coup de minuit ! Cette fois, ce sera sans moi : courage, fuyons !
Oui, mais où fuir ? Pas besoin de chercher longtemps, j’ai déjà ma petite idée : une région truffée de volcans, avec la quasi-certitude de voir du rouge ! Me voilà ainsi parti partager une quinzaine de jours avec un groupe de fondus de volcans, dans un pays qui ne fêtera
Noël que le 7 janvier. L’esprit de Noël me jette cependant une ultime embûche : l’avion surbooké, la compagnie refuse de m’enregistrer !
Mais la déesse des volcans veille sur moi : une place est dénichée in extremis dans l’avion.
Bizarreries géologiques en terre éthiopienne
Terre écartelée par le rift africain, terre de démesure.Les lèvres du rift forment des hautsplateaux où il gèle la nuit. Deux mille mètresplus bas, les dépressions arides s’enchaînent,ponctuées de gisements de sel et d’autres bizarreriesgéologiques.
Et puis, il y a les hommes. Noirs de peau, leur nez droit les différencie des autres peuples d’Afrique. L’accueil est partout chaleureux, souriant. Notre garde du corps — obligatoire pour approcher la frontière érythréenne — est un géant d’une grande douceur. Sa fonction, ainsi que les coutumes du pays, l’ont affublé d’une Kalachnikov. L’objet semble en totale contradiction avec le personnage. Nous avons aussi un cuisinier hors pair, en la personne de Salomon. Très vite, nous prenons goût à l’injera, cette grande crêpe levée et acidulée à base de teff, qui accompagne tous les repas.
Dentelles et couleurs acidulées Nous faisons route vers le nord. Sous les roues des 4x4, de vieilles coulées de basalte succèdent à un horizon de sable. À tout cela se mêlent des affleurements de sel. L’Érythrée est tout près. Sous une chaleur écrasante, nous arrivons à Dallol. L’endroit se refuse à toute description. Dentelles d’évaporites, concrétions tabulaires, vasques d’eau brûlante, couleurs acidulées… Le papier-ph plongé dans une vasque vire aussitôt au rouge foncé.
< Lire la suite dans le magazine Globe-Trotters de janvier/février 2016
Un balcon de blocs instables, qui donne sur le coeur battant de l’Erta Alé, volcan perdu au nord de l’Éthiopie, dans le désert du Danakil…
Ah, décembre ! Les marchés de Noël, la course aux cadeaux, la bûche à la crème au beurre, le carnard à l’orange du 25, les huîtres du 31, et pour finir en apothéose, le vrombissement des sms au douzième coup de minuit ! Cette fois, ce sera sans moi : courage, fuyons !
Oui, mais où fuir ? Pas besoin de chercher longtemps, j’ai déjà ma petite idée : une région truffée de volcans, avec la quasi-certitude de voir du rouge ! Me voilà ainsi parti partager une quinzaine de jours avec un groupe de fondus de volcans, dans un pays qui ne fêtera
Noël que le 7 janvier. L’esprit de Noël me jette cependant une ultime embûche : l’avion surbooké, la compagnie refuse de m’enregistrer !
Mais la déesse des volcans veille sur moi : une place est dénichée in extremis dans l’avion.
Bizarreries géologiques en terre éthiopienne
Terre écartelée par le rift africain, terre de démesure.Les lèvres du rift forment des hautsplateaux où il gèle la nuit. Deux mille mètresplus bas, les dépressions arides s’enchaînent,ponctuées de gisements de sel et d’autres bizarreriesgéologiques.
Et puis, il y a les hommes. Noirs de peau, leur nez droit les différencie des autres peuples d’Afrique. L’accueil est partout chaleureux, souriant. Notre garde du corps — obligatoire pour approcher la frontière érythréenne — est un géant d’une grande douceur. Sa fonction, ainsi que les coutumes du pays, l’ont affublé d’une Kalachnikov. L’objet semble en totale contradiction avec le personnage. Nous avons aussi un cuisinier hors pair, en la personne de Salomon. Très vite, nous prenons goût à l’injera, cette grande crêpe levée et acidulée à base de teff, qui accompagne tous les repas.
Dentelles et couleurs acidulées Nous faisons route vers le nord. Sous les roues des 4x4, de vieilles coulées de basalte succèdent à un horizon de sable. À tout cela se mêlent des affleurements de sel. L’Érythrée est tout près. Sous une chaleur écrasante, nous arrivons à Dallol. L’endroit se refuse à toute description. Dentelles d’évaporites, concrétions tabulaires, vasques d’eau brûlante, couleurs acidulées… Le papier-ph plongé dans une vasque vire aussitôt au rouge foncé.
< Lire la suite dans le magazine Globe-Trotters de janvier/février 2016
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Récits de voyage
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lundi, 04 janvier 2016 11:26
Les cyclo migrateurs
Au départ, l’idée était de partir pour un tour du monde à vélos, pour environ trois ans en prenant l’avion aussi peu que possible. Ca ne s’est pas passé du tout comme ça, ce qui fait qu’on se retrouve à tronçonner notre voyage en plusieurs « saisons ».
La Saison 1 a duré six mois (avril à octobre 2014) et nous a conduit de Bretagne en Turquie, 6 000 kilomètres de plaisir et de découvertes, de belles rencontres et des paysages fabuleux. Premier rebondissement néanmoins au bout de quelques semaines à cause d’une embolie pulmonaire pour Irène; suite à semaine à l’hôpital de Mende nous décidons de repartir tout de même (au grand dam des médecins) en montant une assistance électrique sur son vélo, que nous démonterons trois mois plus tard, à Athènes. Second rebondissement en Turquie, que nous avons dû quitter précipitamment pour des raisons familiales, alors que nous comptions poursuivre à travers l’Iran puis prendre la direction de l’Inde. Quelques semaines plus tard, on repart quand même, directement vers l’Inde car il est trop tard pour aller en Iran, l’hiver arrive.
La Saison 2 a commencé à vélos mais ça n’a pas duré longtemps, ils n’ont roulé que 20 km à Delhi avant que nous ne partions visiter le Rajasthan en voiture et que ça ne se termine par une chute de chameau près du Pakistan. Une opération des vertèbres plus tard, retour en France pour trois mois de convalescence, puis troisième rebondissement, nous repartons pour deux mois en Inde puis deux autres mois à Madagascar, mais sans les vélos.
Retour en France en juillet 2015 pour un mariage, deux baptêmes et aucun enterrement.
La Saison 3 était sensée commencer en août 2015 et nous conduire des antipodes en Asie du Sud-Est puis aux Amériques, mais le départ est reporté à une date indéterminée… Le temps qu’une bactérie, qui enflamme nos articulations cesse ses bêtises, on patiente en Bretagne. Prochain rebondissement : On reprend les vélos et on saute dans un avion pour l’Australie. Y’a pas que les kangourous qui rebondissent !
Joël & Irène CONNAULT LAVIGNE
http://cyclomigrateurs.fr
La Saison 1 a duré six mois (avril à octobre 2014) et nous a conduit de Bretagne en Turquie, 6 000 kilomètres de plaisir et de découvertes, de belles rencontres et des paysages fabuleux. Premier rebondissement néanmoins au bout de quelques semaines à cause d’une embolie pulmonaire pour Irène; suite à semaine à l’hôpital de Mende nous décidons de repartir tout de même (au grand dam des médecins) en montant une assistance électrique sur son vélo, que nous démonterons trois mois plus tard, à Athènes. Second rebondissement en Turquie, que nous avons dû quitter précipitamment pour des raisons familiales, alors que nous comptions poursuivre à travers l’Iran puis prendre la direction de l’Inde. Quelques semaines plus tard, on repart quand même, directement vers l’Inde car il est trop tard pour aller en Iran, l’hiver arrive.
La Saison 2 a commencé à vélos mais ça n’a pas duré longtemps, ils n’ont roulé que 20 km à Delhi avant que nous ne partions visiter le Rajasthan en voiture et que ça ne se termine par une chute de chameau près du Pakistan. Une opération des vertèbres plus tard, retour en France pour trois mois de convalescence, puis troisième rebondissement, nous repartons pour deux mois en Inde puis deux autres mois à Madagascar, mais sans les vélos.
Retour en France en juillet 2015 pour un mariage, deux baptêmes et aucun enterrement.
La Saison 3 était sensée commencer en août 2015 et nous conduire des antipodes en Asie du Sud-Est puis aux Amériques, mais le départ est reporté à une date indéterminée… Le temps qu’une bactérie, qui enflamme nos articulations cesse ses bêtises, on patiente en Bretagne. Prochain rebondissement : On reprend les vélos et on saute dans un avion pour l’Australie. Y’a pas que les kangourous qui rebondissent !
Joël & Irène CONNAULT LAVIGNE
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Voyageurs au long cours
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mardi, 15 décembre 2015 16:35
L’électronique en voyage
Lors d’un voyage au long cours, on peut soit choisir de partir à la « Robinson Crusoé », c’est-à-dire avec pas grand-chose dans son sac et en particulier pas d’appareils électroniques (ce qui laisse plus de place à l'imprévu), soit décider d’accepter l’aide apportée par les nouvelles technologies pour s'informer et communiquer efficacement. C’est ce deuxième choix qu’a fait Fréderic pour ces deux années autour du monde.
Je vais ici évoquer plus en détail tout ce qui concerne l’électronique en voyage, notamment mon équipement en informatique, en photographie et en téléphonie.
< Informatique
J’ai acheté un mois avant mon départ un ordinateur Asus Transformer T100TA-DK005H.
J’avais besoin d’un ordinateur pour gérer mon blog de tour du monde (une tablette aurait pu suffire, mais c’est beaucoup moins pratique notamment pour gérer les photos et les vidéos) et pour accéder plus facilement à internet (à cause du développement du WI-FI, de nombreux cyber-cafés disparaissent).
J’ai choisi ce modèle à cause de son prix modéré (372 euros) et de l’excellente autonomie de sa batterie (autonomie réelle constatée : 7 heures, contre 2 à 4 heures pour les modèles concurrents du même prix). J’aime bien son écran tactile amovible de 10 pouces, même si ce n’est pas un critère essentiel pour moi. Son poids de 1,2 kg est un poil trop lourd (j’aurais préféré 1 kg maximum) et son disque dur de 500 Go permet de stocker des films, de la musique, mes photos et vidéos de voyage. Pour le protéger des chocs, de la poussière et de l’humidité j’ai acheté une housse de protection.
En cours de route (en Inde), je me suis acheté une carte micro SDHC UHS-1 de 32 GB « Transcend Premium 200x » de classe 10 (vitesse maximale d’écriture, surtout conseillé pour faire des photos avec un reflex ou des vidéos, mais comme elle ne coûtait que 150 roupies (2 euros) de plus que la classe 4, j’ai pris la classe 10). Cela donne plus de capacité mémoire à la partie tablette de mon ordinateur.
J’ai aussi emporté un minidisque dur externe de 500 Go (pas indispensable dans mon cas mais je l’ai pris quand même) et une grosse clé USB de 64 Go OTG (avec port micro USB). Cela me permet de faire des sauvegardes de fichiers et de photos et vidéos.
Pour ma deuxième année de tour du monde, je me suis équipé d'une antenne USB WI-FI pour PC portable (un accessoire léger et pas cher qui permet d'augmenter la puissance de la réception WI-FI dans les endroits où la qualité de réception est faible). Au départ je pensais que c'était un gadget, mais en fait c'est super utile ! Je recommande absolument cet accessoire ! Plusieurs fois je me suis retrouvé dans un hôtel avec un WI-FI pourri, et cela m'a permis de me connecter depuis ma chambre d'hôtel au WI-FI du bar ou de l'hôtel d'à côté (bien entendu cela suppose au préalable d'aller prendre un café au bar ou à l'hôtel d'à côté afin de demander le code du WI-FI)...
< Photo
J’ai acheté un mois avant mon départ un appareil photo numérique Olympus TG-2.
Ce très bon modèle compact de 12 mégapixels m’avait été conseillé par un ami et une collègue passionnés de photographie. Je l’ai acheté d’occasion (mais jamais utilisé) sur internet. La qualité de la photo et de la vidéo est très correcte pour un appareil qui tient dans la poche (c’était un critère essentiel pour moi). Il a la particularité d’être waterproof (donc aucune inquiétude s’il tombe à l’eau ou s’il prend la pluie ; possibilité de faire des photos en plongée sous-marine) et résistant aux chocs, bref c’est l’appareil idéal du baroudeur ! J’ai aussi acheté deux cartes mémoire SD (16 Go et 8 Go).
< Téléphonie
J’ai emporté un smartphone Samsung Galaxy S2
C’était le modèle star de l’année 2011, le principal concurrent de l’iPhone 4. Je l’ai acheté pour pas cher quelques mois avant le départ (139 euros sur internet avec quelques mois de garantie) car je ne voulais pas investir 600 euros dans un modèle récent que je risquais de perdre, de casser ou de me faire voler (c’est incroyable le nombre de voyageurs que j’ai croisés qui ont perdu ou se sont fait voler leur smartphone !). Tous les jours je me réjouis de cet achat car cet appareil me simplifie vraiment la vie. Il me sert aussi de réveil, d’appareil photo d’appoint (8 mégapixels), il est très utile pour le GPS grâce à l’application Maps.Me qui m'offre les cartes de la terre entière pour 50 centimes d'euro (même au milieu des rizières en Chine ce GPS me retrouve le sentier du village !), pour la messagerie instantanée de type WhatsApp, pour relever mes e-mails sans avoir à sortir mon ordinateur, pour traduire des mots en langues étrangères lorsque mon interlocuteur ne comprend pas ce que je veux lui dire, pour écouter de la musique durant les longs trajets et pour plein d’autres choses, bref c’est un objet indispensable. Sa seule petite faiblesse est son manque de puissance et de vitesse par rapport aux modèles plus récents, du coup j’ai dû me limiter à la version d’Androïd 2.3.5 pour ne pas perdre en autonomie, la conséquence est que les applis d’agenda (ex. : Google Agenda) ne fonctionnent pas et que je ne bénéficie pas des innovations des dernières versions du système d’exploitation Android. Mais tout cela n’est que du détail et je suis pleinement satisfait de cet achat.
J’ai aussi acheté une batterie de secours (me sert rarement car il faut arrêter et ouvrir le téléphone) et surtout une batterie externe Power Bank 5600 mAh (très utile pour recharger la batterie du smartphone quand il n’y a pas de prise électrique à proximité).
Sur les conseils d'autres voyageurs, j'ai souscrit un mini abonnement (2 euros par mois) chez Free Mobile, afin de pouvoir recevoir par SMS les codes 3D Secure lorsque je fais des achats sur internet (billets d'avion notamment) : cela a parfaitement fonctionné avec mes deux banques en lignes (carte Visa Premier chez Boursorama et carte Gold Mastercard chez Fortuneo). Et cela me permet aussi de conserver le même numéro WhatsApp pendant tout mon tour du monde !
Sinon, j’achète presque toujours une carte SIM prépayée avec de la 3G dans chaque pays traversé pour avoir un numéro local sur lequel on peut me joindre (très pratique lorsque l’on se fait quelques amis dans un pays ou pour contacter des hôtels, ou lorsque le WI-FI ne marche pas). Quand on ne fait que du Whatsapp ou équivalent, quand on ne charge ni photos ni vidéos, inutile d'acheter un forfait 3G de 1 GB : 0,3 GB (300 Mo) suffisent.
< Autres matériels
A la place de prendre beaucoup de livres (un roman, un livre pour améliorer son niveau d’anglais, un livre de psychologie, 2 guides de voyage) ce qui finit par peser un certain poids, j’aurais pu emporter une liseuse de type Kindle à la place, car cela permet d'avoir autant de livres et magazines qu’on le souhaite, sans prendre de place ou de poids. Du coup, j’envisage peut-être d’en acheter une pour la deuxième année de mon tour du monde, avec rétro-éclairage pour pouvoir lire la nuit…
< Le mot de la fin...
Toute cette électronique représente un petit investissement financier et pèse un poids certain dans le sac à dos, et cela représente un stress concernant le risque de vol (surtout quand on loge dans un dortoir qui ne comporte pas de box avec cadenas). Mais c’est le prix à payer pour s’informer et communiquer efficacement. Je déconseille quand même de s’équiper avec du matériel trop coûteux (par exemple un MacBook ou un iPhone dernier modèle) car les risques de vol, de perte ou de casse sont importants dans ce type de voyage.
Enfin, l'ordinateur et le smartphone sont à utiliser avec modération, pour laisser toute sa place à la communication directe avec les habitants et les autres voyageurs rencontrés en chemin. L'addiction aux nouvelles technologies que nous connaissons bien dans nos pays développés n'est jamais très loin...
< Frederic
http://fredalaventure.blogspot.fr
Je vais ici évoquer plus en détail tout ce qui concerne l’électronique en voyage, notamment mon équipement en informatique, en photographie et en téléphonie.
< Informatique J’ai acheté un mois avant mon départ un ordinateur Asus Transformer T100TA-DK005H.
J’avais besoin d’un ordinateur pour gérer mon blog de tour du monde (une tablette aurait pu suffire, mais c’est beaucoup moins pratique notamment pour gérer les photos et les vidéos) et pour accéder plus facilement à internet (à cause du développement du WI-FI, de nombreux cyber-cafés disparaissent).
J’ai choisi ce modèle à cause de son prix modéré (372 euros) et de l’excellente autonomie de sa batterie (autonomie réelle constatée : 7 heures, contre 2 à 4 heures pour les modèles concurrents du même prix). J’aime bien son écran tactile amovible de 10 pouces, même si ce n’est pas un critère essentiel pour moi. Son poids de 1,2 kg est un poil trop lourd (j’aurais préféré 1 kg maximum) et son disque dur de 500 Go permet de stocker des films, de la musique, mes photos et vidéos de voyage. Pour le protéger des chocs, de la poussière et de l’humidité j’ai acheté une housse de protection.
En cours de route (en Inde), je me suis acheté une carte micro SDHC UHS-1 de 32 GB « Transcend Premium 200x » de classe 10 (vitesse maximale d’écriture, surtout conseillé pour faire des photos avec un reflex ou des vidéos, mais comme elle ne coûtait que 150 roupies (2 euros) de plus que la classe 4, j’ai pris la classe 10). Cela donne plus de capacité mémoire à la partie tablette de mon ordinateur.
J’ai aussi emporté un minidisque dur externe de 500 Go (pas indispensable dans mon cas mais je l’ai pris quand même) et une grosse clé USB de 64 Go OTG (avec port micro USB). Cela me permet de faire des sauvegardes de fichiers et de photos et vidéos.
Pour ma deuxième année de tour du monde, je me suis équipé d'une antenne USB WI-FI pour PC portable (un accessoire léger et pas cher qui permet d'augmenter la puissance de la réception WI-FI dans les endroits où la qualité de réception est faible). Au départ je pensais que c'était un gadget, mais en fait c'est super utile ! Je recommande absolument cet accessoire ! Plusieurs fois je me suis retrouvé dans un hôtel avec un WI-FI pourri, et cela m'a permis de me connecter depuis ma chambre d'hôtel au WI-FI du bar ou de l'hôtel d'à côté (bien entendu cela suppose au préalable d'aller prendre un café au bar ou à l'hôtel d'à côté afin de demander le code du WI-FI)...
< PhotoJ’ai acheté un mois avant mon départ un appareil photo numérique Olympus TG-2.
Ce très bon modèle compact de 12 mégapixels m’avait été conseillé par un ami et une collègue passionnés de photographie. Je l’ai acheté d’occasion (mais jamais utilisé) sur internet. La qualité de la photo et de la vidéo est très correcte pour un appareil qui tient dans la poche (c’était un critère essentiel pour moi). Il a la particularité d’être waterproof (donc aucune inquiétude s’il tombe à l’eau ou s’il prend la pluie ; possibilité de faire des photos en plongée sous-marine) et résistant aux chocs, bref c’est l’appareil idéal du baroudeur ! J’ai aussi acheté deux cartes mémoire SD (16 Go et 8 Go).
< Téléphonie
J’ai emporté un smartphone Samsung Galaxy S2C’était le modèle star de l’année 2011, le principal concurrent de l’iPhone 4. Je l’ai acheté pour pas cher quelques mois avant le départ (139 euros sur internet avec quelques mois de garantie) car je ne voulais pas investir 600 euros dans un modèle récent que je risquais de perdre, de casser ou de me faire voler (c’est incroyable le nombre de voyageurs que j’ai croisés qui ont perdu ou se sont fait voler leur smartphone !). Tous les jours je me réjouis de cet achat car cet appareil me simplifie vraiment la vie. Il me sert aussi de réveil, d’appareil photo d’appoint (8 mégapixels), il est très utile pour le GPS grâce à l’application Maps.Me qui m'offre les cartes de la terre entière pour 50 centimes d'euro (même au milieu des rizières en Chine ce GPS me retrouve le sentier du village !), pour la messagerie instantanée de type WhatsApp, pour relever mes e-mails sans avoir à sortir mon ordinateur, pour traduire des mots en langues étrangères lorsque mon interlocuteur ne comprend pas ce que je veux lui dire, pour écouter de la musique durant les longs trajets et pour plein d’autres choses, bref c’est un objet indispensable. Sa seule petite faiblesse est son manque de puissance et de vitesse par rapport aux modèles plus récents, du coup j’ai dû me limiter à la version d’Androïd 2.3.5 pour ne pas perdre en autonomie, la conséquence est que les applis d’agenda (ex. : Google Agenda) ne fonctionnent pas et que je ne bénéficie pas des innovations des dernières versions du système d’exploitation Android. Mais tout cela n’est que du détail et je suis pleinement satisfait de cet achat.
J’ai aussi acheté une batterie de secours (me sert rarement car il faut arrêter et ouvrir le téléphone) et surtout une batterie externe Power Bank 5600 mAh (très utile pour recharger la batterie du smartphone quand il n’y a pas de prise électrique à proximité).
Sur les conseils d'autres voyageurs, j'ai souscrit un mini abonnement (2 euros par mois) chez Free Mobile, afin de pouvoir recevoir par SMS les codes 3D Secure lorsque je fais des achats sur internet (billets d'avion notamment) : cela a parfaitement fonctionné avec mes deux banques en lignes (carte Visa Premier chez Boursorama et carte Gold Mastercard chez Fortuneo). Et cela me permet aussi de conserver le même numéro WhatsApp pendant tout mon tour du monde !
Sinon, j’achète presque toujours une carte SIM prépayée avec de la 3G dans chaque pays traversé pour avoir un numéro local sur lequel on peut me joindre (très pratique lorsque l’on se fait quelques amis dans un pays ou pour contacter des hôtels, ou lorsque le WI-FI ne marche pas). Quand on ne fait que du Whatsapp ou équivalent, quand on ne charge ni photos ni vidéos, inutile d'acheter un forfait 3G de 1 GB : 0,3 GB (300 Mo) suffisent.
< Autres matériels
A la place de prendre beaucoup de livres (un roman, un livre pour améliorer son niveau d’anglais, un livre de psychologie, 2 guides de voyage) ce qui finit par peser un certain poids, j’aurais pu emporter une liseuse de type Kindle à la place, car cela permet d'avoir autant de livres et magazines qu’on le souhaite, sans prendre de place ou de poids. Du coup, j’envisage peut-être d’en acheter une pour la deuxième année de mon tour du monde, avec rétro-éclairage pour pouvoir lire la nuit…
< Le mot de la fin...Toute cette électronique représente un petit investissement financier et pèse un poids certain dans le sac à dos, et cela représente un stress concernant le risque de vol (surtout quand on loge dans un dortoir qui ne comporte pas de box avec cadenas). Mais c’est le prix à payer pour s’informer et communiquer efficacement. Je déconseille quand même de s’équiper avec du matériel trop coûteux (par exemple un MacBook ou un iPhone dernier modèle) car les risques de vol, de perte ou de casse sont importants dans ce type de voyage.
Enfin, l'ordinateur et le smartphone sont à utiliser avec modération, pour laisser toute sa place à la communication directe avec les habitants et les autres voyageurs rencontrés en chemin. L'addiction aux nouvelles technologies que nous connaissons bien dans nos pays développés n'est jamais très loin...
< Frederic
http://fredalaventure.blogspot.fr
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vendredi, 11 décembre 2015 15:36
Masaï-Mara : Adieu les Big Five !
Deux lions mâles à belles crinières noires somnolent paresseusement à l'ombre d'un acacia ! Tout autour, la savane blonde, infinie, brûlée d'un soleil ardent, danse sous la brise légère. Quelques véhicules tout-terrain défilent cycliquement devant les patriarches. Les touristes en mal de belles photographies et de sensations fortes s'impatientent un peu mais réalisent toutefois quelques clichés. Il faut bien rentabiliser le très cher coût du safari. Lorsqu'ils interrogent leur chauffeur, c'est la même question, sempiternelle, qui revient systématiquement : "Ils vont dormir encore longtemps" ?
- "Cà dépend, on ne peut pas savoir. Les lions sont vraiment actifs et chassent surtout de nuit. Aux heures chaudes, la savane se fige. Ils vont sans doute dormir comme ça, toute la journée. "
La culture Massaï a sans doute contribuée, jusqu'à il y a peu, à la conservation de l'écosystème du Masaï Mara, le parc mythique, théâtre de la grande migration des gnous et de ses spectaculaires "crossing", qui attiraient, jusqu'à il y a peu, des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier. Le Masaï-Mara, le plus célèbre, le plus somptueux et le plus riche sanctuaire sauvage d'Afrique, permettait d'observer, en une unique journée de safari, les fameux big five (lion, rhinocéros, éléphant, léopard et buffle) les espèces que les premiers colons blancs tuaient plus volontiers, "avec noblesse", lors de chasses imbéciles.
Le peuple des fiers guerriers Massaï, autrefois nomade, vivait en symbiose avec la grande faune charismatique des savanes d'Afrique de l'Est. Et si un jeune "morane" tuait parfois, tradition oblige, un lion à la sagaie pour prouver son courage et devenir un homme aux yeux de sa communauté, cela n'impactait nullement l'équilibre séculaire qui régissait les savanes d'Afrique de l'Est depuis la nuit des temps.
Les temps ont changé ! La sédentarisation, la démographie galopante que connaît le Kenya aujourd'hui, la pression humaine ont bouleversé le fragile équilibre de la réserve ! Aujourd'hui, le constat est aussi alarmant que désespérant.
Les feux de brousse, allumés cycliquement sans aucun contrôle, ont anéanti toute une frange de petits animaux, reptiles, insectes, oiseaux. Qui peut se vanter aujourd'hui d'avoir observé une tortue lors d'un safari à Masaï-Mara ? Les lycaons, tués jusqu'au dernier, ont disparu depuis belle lurette. La petite trentaine (vingtaine ?) des derniers représentants du rhinocéros noir ne se reproduit plus (un vaste complexe hôtelier fut édifié tout récemment au cœur de leur dernier sanctuaire forestier de reproduction). Ils sont liquidés par les braconniers, les uns après les autres, lentement mais sûrement. Les guépards, l'une des espèces les plus emblématiques et attractives pour les touristes, ne se comptent plus que par quelques dizaines d'individus. Cette espèce erratique, sans territoire, à la biologie fragile, se trouve bien trop à l'étroit sur les derniers 1500 kilomètres carrés du parc, chaque jour davantage grignotés. En compétition avec les grands prédateurs, elle ne fait pas le poids : près de 95% de ses petits sont décimés par la destruction (lions) prédation (hyènes, chacals et babouins...) et le trafic (google-isez Dubaï cheetah par exemple sur votre clavier d'ordinateur pour vous en convaincre...) sans que cela ne semble émouvoir les rangers du parc !
Les éléphants tombent comme jamais auparavant sous les balles ou les flèches empoisonnées des braconniers partout au Kenya : les conteneurs d'ivoire à Mombasa et l'orphelinat des éléphanteaux à Nairobi ne désemplissent plus !
Le nombre de lions est en diminution constante depuis plus de 20 ans. Révolu le temps, jusque dans les années 90, où l'on pouvait encore observer des clans de plus de 40 individus, voire davantage. Les jeunes lions mâles, lorsqu'ils atteignent l'âge de deux ans, sont chassés des troupes et doivent conquérir un territoire, pour s'y établir et fonder leur propre clan ; la biologie de l'espèce l'exige ! Mais de nouveaux territoires, il n'y en a plus ! Le parc est désormais cerné de toute part par les activités humaines, le pastoralisme, l'agriculture... Et quand bien même ces jeunes lions oseraient s'aventurer, en désespoir de cause, dans les zones limitrophes pourtant dites de "conservation", ils n'y trouvent que la pointe d'une sagaie et les balles. Qu'ils aient l'outrecuidance de dévorer une vache qu'on leur apporte pourtant sous leur nez, la sentence est sans appel : le poison et la mort...
Pour couronner le tout, chaque nuit, des milliers de têtes de bétail investissent illégalement la réserve, jusqu'en son cœur le plus profond. Les autorités gestionnaires du parc et les rangers ferment les yeux ! Les Bomas sont d'ailleurs stratégiquement positionnés sur sa frontière même ! Outre le dérangement permanent, les vaches sont accompagnées de chiens qui errent librement dans la réserve et détruisent les jeunes gazelles ou les portées de guépardeaux ! Ces intrusions constituent sans nul doute le plus grave fléau pour la réserve. Imaginez ce que serait devenu le Masaï-Mara si sa frontière Sud avec le Serengeti tanzanien ne lui permettait pas d'échapper totalement à l'étouffement. Nous n'en parlerions même plus aujourd'hui !
Bilashaka et le marais de Musiara n'appartiennent plus désormais au clan de la Marsh Pride, les lions les plus célèbres d'Afrique, starisés par les documentaires de la BBC : ils en sont chassés chaque nuit par les éleveurs de bétail et n'y reviennent finalement plus ! D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, la Marsh Pride, empoisonnée, mutilée, n'est plus que l'ombre que de ce qu'elle était jadis...
Les safaris kenyans ne font plus rêver depuis bien longtemps ! Ebola et le terrorisme y ont sans aucun doute leur sinistre part, mais pas que...
Le pays est aujourd'hui à la croisée des chemins : il devra relever un difficile défi : sauver ce qui peut encore l'être, sauvegarder à tous prix son unique et merveilleux héritage. La culture Masaï doit s'adapter, entrer résolument dans le monde moderne... ou dire adieu aux temps heureux des safaris et à sa manne financière, pourtant indispensable facteur de développement. Cela est possible, la gestion exemplaire du Trans-Mara (rive droite de la rivière Mara) est là pour le prouver.
En laissant mourir le Masai-Mara, le Kenya est en train de perdre son plus beau fleuron, sa plus belle carte postale, sa vitrine, son meilleur atout...
Mais, manifestement, il ne l'a pas encore compris !
< Texte et photos deTony Crocetta
- "Cà dépend, on ne peut pas savoir. Les lions sont vraiment actifs et chassent surtout de nuit. Aux heures chaudes, la savane se fige. Ils vont sans doute dormir comme ça, toute la journée. "
La culture Massaï a sans doute contribuée, jusqu'à il y a peu, à la conservation de l'écosystème du Masaï Mara, le parc mythique, théâtre de la grande migration des gnous et de ses spectaculaires "crossing", qui attiraient, jusqu'à il y a peu, des dizaines de milliers de visiteurs du monde entier. Le Masaï-Mara, le plus célèbre, le plus somptueux et le plus riche sanctuaire sauvage d'Afrique, permettait d'observer, en une unique journée de safari, les fameux big five (lion, rhinocéros, éléphant, léopard et buffle) les espèces que les premiers colons blancs tuaient plus volontiers, "avec noblesse", lors de chasses imbéciles.
Le peuple des fiers guerriers Massaï, autrefois nomade, vivait en symbiose avec la grande faune charismatique des savanes d'Afrique de l'Est. Et si un jeune "morane" tuait parfois, tradition oblige, un lion à la sagaie pour prouver son courage et devenir un homme aux yeux de sa communauté, cela n'impactait nullement l'équilibre séculaire qui régissait les savanes d'Afrique de l'Est depuis la nuit des temps.
Les temps ont changé ! La sédentarisation, la démographie galopante que connaît le Kenya aujourd'hui, la pression humaine ont bouleversé le fragile équilibre de la réserve ! Aujourd'hui, le constat est aussi alarmant que désespérant.
Les feux de brousse, allumés cycliquement sans aucun contrôle, ont anéanti toute une frange de petits animaux, reptiles, insectes, oiseaux. Qui peut se vanter aujourd'hui d'avoir observé une tortue lors d'un safari à Masaï-Mara ? Les lycaons, tués jusqu'au dernier, ont disparu depuis belle lurette. La petite trentaine (vingtaine ?) des derniers représentants du rhinocéros noir ne se reproduit plus (un vaste complexe hôtelier fut édifié tout récemment au cœur de leur dernier sanctuaire forestier de reproduction). Ils sont liquidés par les braconniers, les uns après les autres, lentement mais sûrement. Les guépards, l'une des espèces les plus emblématiques et attractives pour les touristes, ne se comptent plus que par quelques dizaines d'individus. Cette espèce erratique, sans territoire, à la biologie fragile, se trouve bien trop à l'étroit sur les derniers 1500 kilomètres carrés du parc, chaque jour davantage grignotés. En compétition avec les grands prédateurs, elle ne fait pas le poids : près de 95% de ses petits sont décimés par la destruction (lions) prédation (hyènes, chacals et babouins...) et le trafic (google-isez Dubaï cheetah par exemple sur votre clavier d'ordinateur pour vous en convaincre...) sans que cela ne semble émouvoir les rangers du parc !
Les éléphants tombent comme jamais auparavant sous les balles ou les flèches empoisonnées des braconniers partout au Kenya : les conteneurs d'ivoire à Mombasa et l'orphelinat des éléphanteaux à Nairobi ne désemplissent plus !
Le nombre de lions est en diminution constante depuis plus de 20 ans. Révolu le temps, jusque dans les années 90, où l'on pouvait encore observer des clans de plus de 40 individus, voire davantage. Les jeunes lions mâles, lorsqu'ils atteignent l'âge de deux ans, sont chassés des troupes et doivent conquérir un territoire, pour s'y établir et fonder leur propre clan ; la biologie de l'espèce l'exige ! Mais de nouveaux territoires, il n'y en a plus ! Le parc est désormais cerné de toute part par les activités humaines, le pastoralisme, l'agriculture... Et quand bien même ces jeunes lions oseraient s'aventurer, en désespoir de cause, dans les zones limitrophes pourtant dites de "conservation", ils n'y trouvent que la pointe d'une sagaie et les balles. Qu'ils aient l'outrecuidance de dévorer une vache qu'on leur apporte pourtant sous leur nez, la sentence est sans appel : le poison et la mort...
Pour couronner le tout, chaque nuit, des milliers de têtes de bétail investissent illégalement la réserve, jusqu'en son cœur le plus profond. Les autorités gestionnaires du parc et les rangers ferment les yeux ! Les Bomas sont d'ailleurs stratégiquement positionnés sur sa frontière même ! Outre le dérangement permanent, les vaches sont accompagnées de chiens qui errent librement dans la réserve et détruisent les jeunes gazelles ou les portées de guépardeaux ! Ces intrusions constituent sans nul doute le plus grave fléau pour la réserve. Imaginez ce que serait devenu le Masaï-Mara si sa frontière Sud avec le Serengeti tanzanien ne lui permettait pas d'échapper totalement à l'étouffement. Nous n'en parlerions même plus aujourd'hui !
Bilashaka et le marais de Musiara n'appartiennent plus désormais au clan de la Marsh Pride, les lions les plus célèbres d'Afrique, starisés par les documentaires de la BBC : ils en sont chassés chaque nuit par les éleveurs de bétail et n'y reviennent finalement plus ! D'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, la Marsh Pride, empoisonnée, mutilée, n'est plus que l'ombre que de ce qu'elle était jadis...
Les safaris kenyans ne font plus rêver depuis bien longtemps ! Ebola et le terrorisme y ont sans aucun doute leur sinistre part, mais pas que...
Le pays est aujourd'hui à la croisée des chemins : il devra relever un difficile défi : sauver ce qui peut encore l'être, sauvegarder à tous prix son unique et merveilleux héritage. La culture Masaï doit s'adapter, entrer résolument dans le monde moderne... ou dire adieu aux temps heureux des safaris et à sa manne financière, pourtant indispensable facteur de développement. Cela est possible, la gestion exemplaire du Trans-Mara (rive droite de la rivière Mara) est là pour le prouver.
En laissant mourir le Masai-Mara, le Kenya est en train de perdre son plus beau fleuron, sa plus belle carte postale, sa vitrine, son meilleur atout...
Mais, manifestement, il ne l'a pas encore compris !
< Texte et photos deTony Crocetta
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vendredi, 11 décembre 2015 09:15
ABM LYON FESTIVAL : LES ILES EN ARCHIPEL
Cette année, le thème de rencontre de notre festival annuel, était : « Les Iles » !
Depuis le matin, adhérents et bénévoles ont préparé le terrain, avec films , photos, journaux et restauration à l'appui, afin d'accueillir dignement les participants !
Le choix étant par définition immense, la sélection des organisateurs s'était finalement portée sur cinq îles ou archipels dont la diversité physique, humaine, climatique, était telle que nous ne pouvions nous ennuyer !!...
Ainsi, de 14h à 22 h, nous avons pu admirer tour à tour : la diversité des îles volcaniques du Cap Vert, la magie des terres sauvages et si proches d'Irlande, la richesse des paysages et de la flore du Sud de Madagascar, la beauté des oiseaux et des terres glacées d'Islande... Nous avons pu également embarquer à bord du navire « Marion Dufresnes » qui relie et ravitaille les scientifiques des Terres Australes et Antartiques Françaises.
Tout ceci étant bien entendu suivi d'entretiens avec nos grands voyageurs…
Nous remercions donc tous ceux qui ont participé par l'intérêt de leurs reportages à la réussite de cette journée, à savoir : Bernadette Couillandeau pour les îles du Cap Vert, Georges et Claudette Eichinger pour l'Irlande; Bernadette Couillandeau, Monique Marques et Suzanne Caruel pour Madagascar, Alain Gomez et Michelle Charrondière, pour l'Islande et Moniques Adamo pour les T.A.A.F. .
Merci aussi à Josiane Boussac et à tous ceux qui ont préparé les salles et la restauration pour faire de cette rencontre un moment très convivial !
Depuis le matin, adhérents et bénévoles ont préparé le terrain, avec films , photos, journaux et restauration à l'appui, afin d'accueillir dignement les participants !
Le choix étant par définition immense, la sélection des organisateurs s'était finalement portée sur cinq îles ou archipels dont la diversité physique, humaine, climatique, était telle que nous ne pouvions nous ennuyer !!...
Ainsi, de 14h à 22 h, nous avons pu admirer tour à tour : la diversité des îles volcaniques du Cap Vert, la magie des terres sauvages et si proches d'Irlande, la richesse des paysages et de la flore du Sud de Madagascar, la beauté des oiseaux et des terres glacées d'Islande... Nous avons pu également embarquer à bord du navire « Marion Dufresnes » qui relie et ravitaille les scientifiques des Terres Australes et Antartiques Françaises.
Tout ceci étant bien entendu suivi d'entretiens avec nos grands voyageurs…
Nous remercions donc tous ceux qui ont participé par l'intérêt de leurs reportages à la réussite de cette journée, à savoir : Bernadette Couillandeau pour les îles du Cap Vert, Georges et Claudette Eichinger pour l'Irlande; Bernadette Couillandeau, Monique Marques et Suzanne Caruel pour Madagascar, Alain Gomez et Michelle Charrondière, pour l'Islande et Moniques Adamo pour les T.A.A.F. .
Merci aussi à Josiane Boussac et à tous ceux qui ont préparé les salles et la restauration pour faire de cette rencontre un moment très convivial !
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Dans les antennes
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mercredi, 09 décembre 2015 14:29
Retour au Sénégal
Entre villes coloniales et villages de brousse, mer et fleuves, une douceur de vivre balayée par l’harmattan
Dix ans se sont écoulés depuis notre précédent voyage au Sénégal. Le retour en taxi brousse de Banjul, en
Gambie, à Dakar, au Sénégal, nous avait donné l’envie de continuer jusqu’à la frontière mauritanienne. En 2012, Macky Sall est élu président du Sénégal. Élection démocratique qui montre qu’une passation de pouvoir africaine peut se dérouler dans le calme. Cet événement sera le déclencheur de notre voyage, en janvier 2013.
L’idée première était de longer le fleuve Sénégal de Saint-Louis, au nord, jusqu’à Kidira, à la frontière malienne, puis de descendre plein sud dans le parc national du Niokolo Koba. Entretemps, la guerre s’est installée au Mali. Les territoires frontaliers sont devenus sensibles et les touristes ont boudé le Sénégal. Alors, notre route s’est adaptée.
Saint-Louis, ville à deux vitesses À la frontière de la Mauritanie, Saint-Louis s’étend sur trois territoires dans un site exceptionnel et l’embouchure du fleuve bute sur une langue de terre et une île centrale, en guise de centre-ville.
Fierté sénégalaise inscrite au patrimoine mondial. Saint-Louis est une ville à deux vitesses.
La ville coloniale, à l’organisation urbaine planifiée, centre géographique et résiduel, où le patrimoine se délite et se raconte sur guide touristique. N’est pas belle endormie qui veut ! Passé glorieux de ville capitale du XIXe où les femmes métisses et aristocrates, les signares, recevaient dans leur belle maison au patio fleuri. Depuis, les maisons se sont vidées. Certaines sont devenues hôtels, locations pour Européens en manque de soleil. La population active est blanche, si ce n’est l’armée de balayeurs qui repousse imperturbablement saletés et sacs plastiques au-delà des zones visitées. La protection de l’environnement n’est pas une priorité sénégalaise. Dans cette ville économique de près de 200 000 habitants, la vie africaine s’est déplacée hors du centre historique. Deux poilus, un blanc et un noir, veillent sur le pont qui relie les deux quartiers.
À l’est, côté langue de Barbarie, c’est le joyeux bazar d’un quartier surpeuplé où se pratique la pêche jour et nuit, où les enfants se mêlent aux chèvres et les camions aux charrettes. Vêtus de cirés plus ou moins étanches et pieds nus dans des bottes en caoutchouc, les pêcheurs partent et reviennent sans cesse par quinzaine dans les bateaux. Le travail est ingrat mais le geste est beau. Les hommes chantent pour garder les cadences.
À l’ouest, le continent. La ville moderne prend ses aises, tourne dos à la mer et s’arrête brutalement sur une rocade dans un océan de poubelles.
< Véronique Gauthier
Extrait du magazine Globe-Trotters N° 157
Dix ans se sont écoulés depuis notre précédent voyage au Sénégal. Le retour en taxi brousse de Banjul, en
Gambie, à Dakar, au Sénégal, nous avait donné l’envie de continuer jusqu’à la frontière mauritanienne. En 2012, Macky Sall est élu président du Sénégal. Élection démocratique qui montre qu’une passation de pouvoir africaine peut se dérouler dans le calme. Cet événement sera le déclencheur de notre voyage, en janvier 2013.
L’idée première était de longer le fleuve Sénégal de Saint-Louis, au nord, jusqu’à Kidira, à la frontière malienne, puis de descendre plein sud dans le parc national du Niokolo Koba. Entretemps, la guerre s’est installée au Mali. Les territoires frontaliers sont devenus sensibles et les touristes ont boudé le Sénégal. Alors, notre route s’est adaptée.
Saint-Louis, ville à deux vitesses À la frontière de la Mauritanie, Saint-Louis s’étend sur trois territoires dans un site exceptionnel et l’embouchure du fleuve bute sur une langue de terre et une île centrale, en guise de centre-ville.
Fierté sénégalaise inscrite au patrimoine mondial. Saint-Louis est une ville à deux vitesses.
La ville coloniale, à l’organisation urbaine planifiée, centre géographique et résiduel, où le patrimoine se délite et se raconte sur guide touristique. N’est pas belle endormie qui veut ! Passé glorieux de ville capitale du XIXe où les femmes métisses et aristocrates, les signares, recevaient dans leur belle maison au patio fleuri. Depuis, les maisons se sont vidées. Certaines sont devenues hôtels, locations pour Européens en manque de soleil. La population active est blanche, si ce n’est l’armée de balayeurs qui repousse imperturbablement saletés et sacs plastiques au-delà des zones visitées. La protection de l’environnement n’est pas une priorité sénégalaise. Dans cette ville économique de près de 200 000 habitants, la vie africaine s’est déplacée hors du centre historique. Deux poilus, un blanc et un noir, veillent sur le pont qui relie les deux quartiers.
À l’est, côté langue de Barbarie, c’est le joyeux bazar d’un quartier surpeuplé où se pratique la pêche jour et nuit, où les enfants se mêlent aux chèvres et les camions aux charrettes. Vêtus de cirés plus ou moins étanches et pieds nus dans des bottes en caoutchouc, les pêcheurs partent et reviennent sans cesse par quinzaine dans les bateaux. Le travail est ingrat mais le geste est beau. Les hommes chantent pour garder les cadences.
À l’ouest, le continent. La ville moderne prend ses aises, tourne dos à la mer et s’arrête brutalement sur une rocade dans un océan de poubelles.
< Véronique Gauthier
Extrait du magazine Globe-Trotters N° 157
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mardi, 08 décembre 2015 10:43
Sur la route sacrée du centre du monde
En Asie circulait la légende du mont Meru, centre du monde, et d’un lac, auprès duquel quatre des plus grands fleuves d’Asie prennent leur source.
Cette légende fut ridiculisée par les Occidentaux jusqu’en 1908, quand l’explorateur Sven Hedin découvre le mont Kailash et le lac Manasarovar, lieux de mythique pélerinage.
Juillet, je suis au Tibet depuis deux semaines. Après un trek de quelques jours jusqu’au camp de base de l’Everest, je reprends la route vers l’ouest accompagnée de Ngima, mon chauffeur. Lorsque nous quittons le goudron de la Friendship Highway qui continue vers Katmandou, c’est pour prendre une piste de qualité variable qui longe le versant nord de la chaîne himalayenne. De nombreuses jeeps venues du Népal et remplies de pèlerins hindous nous accompagnent au coeur de paysages de steppes, de lacs aux eaux turquoise, de collines verdoyantes comme arides. Nous sommes sur la route qui mène au centre du monde : le mythique mont Kailash.
Pour une réincarnation positive Faire la khora, tour du mont Kailash (6 714 m) est le but de toute une vie à la fois pour les bouddhistes, les hindous, les bön-po (adeptes de la religion animiste et chamanique qui prédominait au Tibet avant l’arrivée du bouddhisme) et les jaïns.
Pour tous, effectuer le tour du mont Kailash efface les péchés et permet de se rapprocher du nirvana, état d’esprit où l’être humain n’est plus sujet à la souffrance et qui permet de s’affranchir du cycle des vies. N’ayant pas de guide, je m’immisce au sein d’un groupe de pèlerins hindous pour passer les nombreux postes de contrôle chinois. Venus des quatre coins du monde, certains ont déjà fait le pèlerinage plus de dix fois, pour d’autres c’est la découverte.
Lorsqu’au détour d’un virage, le sommet de leurs rêves apparaît enfin, les jeeps s’arrêtent le long de la route et tous descendent.
Ils se prennent dans les bras et plusieurs sont en pleurs : la demeure de Shiva est devant leurs yeux et l’émotion est forte.
Bivouac sur les rives du lac Manasarovar Au petit matin, les pèlerins sont rassemblés pour la puja, cérémonie religieuse. Une petite tente est installée où les plus courageux peuvent se changer avant d’aller se purifier dans les eaux sacrées du lac. Pourtant, je n’en vois aucun les pieds dans l’eau !
Une longue ascension Une heure de route plus tard nous atteignons le village de Darchen, point de départ de la khora. Le lendemain matin, je m’élance gaiement sur le sentier, prête à parcourir les 52 kilomètres autour de la montagne sacrée en trois jours. Ngima, qui a déjà fait la khora une quinzaine de fois, m’attendra au village. Les deux premières heures, je ne croise qu’un troupeau de barhals, moutons bleus, où sont donc les pèlerins ? Je comprends vite : en contrebas du sentier, une piste s’avance au-delà de Tarboche, et les pèlerins hindous y vont en jeep, évitant les huit premiers kilomètres. Marquant l’entrée de la vallée glaciaire de la Lha-chu que l’on remonte jusqu’au Drölma-la, le plus haut col du circuit, Tarboche se repère de loin grâce à son immense mât à prières d’une hauteur de vingt mètres. Tous les ans au printemps, lors de la fête de Saga Dawa commémorant l’illumination de Bouddha, le mât est descendu et les drapeaux de prières sont renouvelés. Il est ensuite redressé avec une attention extrême, car il faut le positionner de manière parfaitement droite afin que l’année s’annonce heureuse.
S’il venait à pencher vers le Kailash, ce serait signe de grands malheurs.
< Angélique Pairault
Extrait du magazine Globe-Trotters de mai-juin 2015 N° 161
Cette légende fut ridiculisée par les Occidentaux jusqu’en 1908, quand l’explorateur Sven Hedin découvre le mont Kailash et le lac Manasarovar, lieux de mythique pélerinage.
Juillet, je suis au Tibet depuis deux semaines. Après un trek de quelques jours jusqu’au camp de base de l’Everest, je reprends la route vers l’ouest accompagnée de Ngima, mon chauffeur. Lorsque nous quittons le goudron de la Friendship Highway qui continue vers Katmandou, c’est pour prendre une piste de qualité variable qui longe le versant nord de la chaîne himalayenne. De nombreuses jeeps venues du Népal et remplies de pèlerins hindous nous accompagnent au coeur de paysages de steppes, de lacs aux eaux turquoise, de collines verdoyantes comme arides. Nous sommes sur la route qui mène au centre du monde : le mythique mont Kailash.
Pour une réincarnation positive Faire la khora, tour du mont Kailash (6 714 m) est le but de toute une vie à la fois pour les bouddhistes, les hindous, les bön-po (adeptes de la religion animiste et chamanique qui prédominait au Tibet avant l’arrivée du bouddhisme) et les jaïns.
Pour tous, effectuer le tour du mont Kailash efface les péchés et permet de se rapprocher du nirvana, état d’esprit où l’être humain n’est plus sujet à la souffrance et qui permet de s’affranchir du cycle des vies. N’ayant pas de guide, je m’immisce au sein d’un groupe de pèlerins hindous pour passer les nombreux postes de contrôle chinois. Venus des quatre coins du monde, certains ont déjà fait le pèlerinage plus de dix fois, pour d’autres c’est la découverte.
Lorsqu’au détour d’un virage, le sommet de leurs rêves apparaît enfin, les jeeps s’arrêtent le long de la route et tous descendent.
Ils se prennent dans les bras et plusieurs sont en pleurs : la demeure de Shiva est devant leurs yeux et l’émotion est forte.
Bivouac sur les rives du lac Manasarovar Au petit matin, les pèlerins sont rassemblés pour la puja, cérémonie religieuse. Une petite tente est installée où les plus courageux peuvent se changer avant d’aller se purifier dans les eaux sacrées du lac. Pourtant, je n’en vois aucun les pieds dans l’eau !
Une longue ascension Une heure de route plus tard nous atteignons le village de Darchen, point de départ de la khora. Le lendemain matin, je m’élance gaiement sur le sentier, prête à parcourir les 52 kilomètres autour de la montagne sacrée en trois jours. Ngima, qui a déjà fait la khora une quinzaine de fois, m’attendra au village. Les deux premières heures, je ne croise qu’un troupeau de barhals, moutons bleus, où sont donc les pèlerins ? Je comprends vite : en contrebas du sentier, une piste s’avance au-delà de Tarboche, et les pèlerins hindous y vont en jeep, évitant les huit premiers kilomètres. Marquant l’entrée de la vallée glaciaire de la Lha-chu que l’on remonte jusqu’au Drölma-la, le plus haut col du circuit, Tarboche se repère de loin grâce à son immense mât à prières d’une hauteur de vingt mètres. Tous les ans au printemps, lors de la fête de Saga Dawa commémorant l’illumination de Bouddha, le mât est descendu et les drapeaux de prières sont renouvelés. Il est ensuite redressé avec une attention extrême, car il faut le positionner de manière parfaitement droite afin que l’année s’annonce heureuse.
S’il venait à pencher vers le Kailash, ce serait signe de grands malheurs.
< Angélique Pairault
Extrait du magazine Globe-Trotters de mai-juin 2015 N° 161
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vendredi, 04 décembre 2015 09:19
Le chocolat de Baracoa (Cuba)
Développement culturel et économique autour de la richesse de ce coin de paradis atypique et reculé ignoré des circuits classiques.
Baracoa est une ville moyenne au charme rural et colonial avec ses vieilles demeures et ses trois forts. Elle peut de prime abord paraître en ruine, surtout si l’on se contente de parcourir le Malecón, promenade de front de mer, essuyant toutes les tempêtes et cyclones.
Mais située au cœur d’une nature extraordinairement généreuse, le café et le cacao y ont trouvé un terrain idéal pour se développer.
Trois semaines, trois mois, trois ans… C’est en1688 que le cacao arriva à Baracoa, autour de la baie de Porto Santo, car le climat s’y montrait favorable. Au cours du XIXe siècle. la cacaoculture est même devenue plus rentable que la caféiculture. C’est au-dessus de Baracoa en direction de la Farola que Yosmani, un paysan local, m’accueille dans sa modeste casita (maisonnette en bois) entourée de cacaoyers, arbres de 4 à 8 mètres de haut qui peuvent atteindre près de 10 mètres en forêt.
Le cacaoyer est caractérisé par une tige droite, un bois clair et une écorce brune, fine et lisse.
Le fruit, la cabosse, est long de 10 à 35 centimètres et contient entre 20 et 50 graines de cacao, nourries et protégées par une pulpe blanche appelée mucilage qui fait le délice des singes et des perroquets. Quand un guajiro comme Yosmani plante une graine, on dit qu’il lui faudra attendre trois semaines pour voir une tige sortir du sol, trois mois pour voir la tige se convertir en arbuste et trois ans pour que l’arbre produise son fruit.
Cosecha et lucha Yosmani me raconte qu’il porte le cacao tous les sept jours à la coopérative locale où les graines vont fermenter pendant une semaine avant de sécher entre huit et dix jours au soleil. La récolte bat son plein (cosechafuerte) entre mars et mai et se poursuit de juin à août (cosecha chiquita). Malgré un comptage fait au mètre carré de plantation pour estimer la production théorique, Yosmani avoue ne remettre qu’environ 60 % de sa récolte à l’Etat, et garder le reste pour la consommation familiale mais surtout pour fabriquer des boules de cacao revendues aux touristes.
C’est la lucha, mot désignant souvent le travail au noir, véritable soupape de sécurité de l’économie cubaine.
Sentez, frottez, grattez ! Les fameuses boules de cacao sont fabriquées et moulées à la main à partir de pâte de cacao pur obtenue après que les fèves aient été moulues à l’aide d’un moulin artisanal. Mais toutes les boules ne se valent pas car souvent de la farine est mélangée au cacao ! Méfiance donc à l’achat : sentez, frottez, grattez ! Ici les habitants préparent le chorote (chocolat chaud ou froid) en râpant les boules et en mélangeant le cacao avec de la farine, de l’eau, du sucre et de la cannelle.
Avec ces boules, le voyageur peut ramener chez lui un produit inaltérable et facile à transporter pour l’accommoder à son goût.
Des projets de diversification de la production existent et la négociation avec la Belgique devrait aboutir à un accord d’exportation de trois tonnes de fèves de Baracoa. Une exception, car la stratégie de Cuba est de garder ses fèves afin de privilégier les onze microfabriques artisanales locales, sans compter la fameuse usine de chocolat de Baracoa inaugurée en 1963 par Che Guevara Ministre de l’Économie de l’époque. Derrière ce protectionnisme, le caractère culturel, voire émotionnel, du chocolat explique la valeur quasi sacrée qu’on lui prête ici, résumée par Alejandro Hartmann, historiador (historien) de la ville : “le chocolat est l’esprit de Baracoa”.
< Texte et photos Jean-Marc Fiton (64)
Extrait du magazine Globe-Trotters N° 162
Baracoa est une ville moyenne au charme rural et colonial avec ses vieilles demeures et ses trois forts. Elle peut de prime abord paraître en ruine, surtout si l’on se contente de parcourir le Malecón, promenade de front de mer, essuyant toutes les tempêtes et cyclones.
Mais située au cœur d’une nature extraordinairement généreuse, le café et le cacao y ont trouvé un terrain idéal pour se développer.
Trois semaines, trois mois, trois ans… C’est en1688 que le cacao arriva à Baracoa, autour de la baie de Porto Santo, car le climat s’y montrait favorable. Au cours du XIXe siècle. la cacaoculture est même devenue plus rentable que la caféiculture. C’est au-dessus de Baracoa en direction de la Farola que Yosmani, un paysan local, m’accueille dans sa modeste casita (maisonnette en bois) entourée de cacaoyers, arbres de 4 à 8 mètres de haut qui peuvent atteindre près de 10 mètres en forêt.Le cacaoyer est caractérisé par une tige droite, un bois clair et une écorce brune, fine et lisse.
Le fruit, la cabosse, est long de 10 à 35 centimètres et contient entre 20 et 50 graines de cacao, nourries et protégées par une pulpe blanche appelée mucilage qui fait le délice des singes et des perroquets. Quand un guajiro comme Yosmani plante une graine, on dit qu’il lui faudra attendre trois semaines pour voir une tige sortir du sol, trois mois pour voir la tige se convertir en arbuste et trois ans pour que l’arbre produise son fruit.
Cosecha et lucha Yosmani me raconte qu’il porte le cacao tous les sept jours à la coopérative locale où les graines vont fermenter pendant une semaine avant de sécher entre huit et dix jours au soleil. La récolte bat son plein (cosechafuerte) entre mars et mai et se poursuit de juin à août (cosecha chiquita). Malgré un comptage fait au mètre carré de plantation pour estimer la production théorique, Yosmani avoue ne remettre qu’environ 60 % de sa récolte à l’Etat, et garder le reste pour la consommation familiale mais surtout pour fabriquer des boules de cacao revendues aux touristes.
C’est la lucha, mot désignant souvent le travail au noir, véritable soupape de sécurité de l’économie cubaine.
Sentez, frottez, grattez ! Les fameuses boules de cacao sont fabriquées et moulées à la main à partir de pâte de cacao pur obtenue après que les fèves aient été moulues à l’aide d’un moulin artisanal. Mais toutes les boules ne se valent pas car souvent de la farine est mélangée au cacao ! Méfiance donc à l’achat : sentez, frottez, grattez ! Ici les habitants préparent le chorote (chocolat chaud ou froid) en râpant les boules et en mélangeant le cacao avec de la farine, de l’eau, du sucre et de la cannelle.
Avec ces boules, le voyageur peut ramener chez lui un produit inaltérable et facile à transporter pour l’accommoder à son goût.
Des projets de diversification de la production existent et la négociation avec la Belgique devrait aboutir à un accord d’exportation de trois tonnes de fèves de Baracoa. Une exception, car la stratégie de Cuba est de garder ses fèves afin de privilégier les onze microfabriques artisanales locales, sans compter la fameuse usine de chocolat de Baracoa inaugurée en 1963 par Che Guevara Ministre de l’Économie de l’époque. Derrière ce protectionnisme, le caractère culturel, voire émotionnel, du chocolat explique la valeur quasi sacrée qu’on lui prête ici, résumée par Alejandro Hartmann, historiador (historien) de la ville : “le chocolat est l’esprit de Baracoa”.
< Texte et photos Jean-Marc Fiton (64)
Extrait du magazine Globe-Trotters N° 162
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Récits de voyage
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