vendredi, 12 février 2016 13:52
Ispahan, la rose de l’Iran
Esfahan nesf-e jahan, dit un célèbre dicton iranien, c’est-à-dire « Ispahan est la moitié du monde ». Déjà Pierre Loti, le grand voyageur, s’émerveillait à la vue de la cité enchantée créée à la fin du XVI è siècle par Shah Abbas Ier : « C’est un bois et c’est une ville », écrivait-il. A quelques trois cent kilomètres au sud de Téhéran, Ispahan semble jaillie d’un morne désert de roc et d’argile.
Un riche passé
Largement baignée par les eaux de la Zayandeh Rud que le grand roi sut répartir dans tout l’oasis par un ingénieux système de canaux, Ispahan, la rose de l’Orient et la cité des roses, s’étale dans une vaste cuvette cernée par deux pans de montagnes. Déjà connue au Xe siècle, sous les Bouyides, puis durant les deux siècles suivants sous les Seldjioukides, la ville fut ravagée par les armée mongoles et timourides, jusqu’à ce que Shah Abbas décide de la relever et d’en faire sa capitale, une image du paradis sur terre. Toujours florissante et comptant jusqu’à 600 000 habitants au XVIIe siècle, elle fut ensuite saccagée par les Afghans, puis par les rois Qajars qui lui préférèrent Téhéran.
Un essor donné par le dernier shah
Pour son bonheur, Ispahan enchanta le dernier shah, Reza Pahlavi, qui voulut la relever en en faisant un centre industriel et universitaire comptant aujourd’hui deux millions d’habitants. Peu à peu, ses ruines somptueuses, toutes émaillées de bleu, ont été restaurées, même si bien des jardins ont disparu. Par exemple, Chahar Baq, la principale avenue de la ville, si elle est toujours ombragée de platanes, n’est plus bordée que d’un seul jardin, celui des Rossignols, au lieu des quatre existant jadis. Ce jardin sert d’écrin au pavillon des Huit-Paradis, édifié en 1670 par Shah Suleyman et représentant les huit ciels de la cosmologie persane. Ici, les voûtes découpées de petites niches sont peintes de motifs floraux sur fond d’or, piqués d’éclats de miroirs censés captés l’essence immatérielle de la lumière. A côté, les jardins de l’hôtel Abbassi, un ancien caravansérail très bien rénové, abritent un joli pavillon de thé où prendre un verre le soir.
Au centre de la ville, la mosquée de l’Imam
On visite la vieille ville en s’orientant à partir de la place de l’Imam, vaste quadrilatère flanqué de quatre iwans, grands porches voûtés et de la mosquée du même nom au sud. Edifiée bien sûr sur les ordres de Shah Abbas Ier par le grand architecte Ali Akbar Esfahani, cette mosquée et les iwans forment une immensité de mosaïques déclinant tous les tons de bleu. L’ensemble est presque achevé de restaurer. La mosquée est dédiée au douzième Imam, le Mahdi qui, selon la croyance chi’ite, est entré enfant « en occultation » pour revenir en vainqueur à la fin des temps. L’immense cour à quatre iwans comprend un pavillon central accoté à l’iwan sud, véritable bulbe turquoise flanqué de deux minarets.
De part et d’autres, des médersas ou écoles coraniques symétriques sont également pourvues de cours intérieures. L’immensité de cette cour ponctuée de jets d’eau et de bassins où se mirent les divers monuments, de jardins fleuris offre une sensation d’espace et de liberté. Ses dimensions parfaites, dignes d’un disciple de Pythagore, déclinent à l’infini le nombre douze, celui du Madhi auquel la mosquée est dédiée. Une claustra perce les murs de la salle à coupoles prolongeant l’iwan ouest, formant, lorsque le soleil est à son zénith, cinq portes d’ombres et de lumières, les étapes de l’initiation religieuse, car Shah Abbas Ier était avant tout un monarque mystique suivant une philosophie de la nature basée sur les nombres.
Les féeriques mosaïques des iwans, allant du bleu clair au turquoise et au cobalt, travail le plus abouti sans doute de l’art iranien de la faïence, quand elles sont animées par l’eau et la lumière, deviennent les miroirs reflétant l’existence divine. Elles incarnent la transparence de Dieu, thème de prédilection du soufisme.
Le palais d’Ali Qapu et ses niches acoustiques
Son nom de Porte d’Ali lui vient de sa porte, objet de toutes les vénérations, car issue du mausolée d’Ali à Najaf, en Irak. Ce gendre du Prophète fut en effet le l er imam. Shah Abbas Ier fit bâtir son palais sur les restes d’un ancien pavillon timouride en 1610. Il comporte toujours six niveaux dans les ailes et trois dans le bâtiment central, les volumes s’allégeant au fur et à mesure de leur élévation. Dans la salle du trône aux délicates fresques florales, le shah recevait ses hôtes, assis autour d’un bassin à jets d’eau. Les grandes réceptions se donnaient dans le salon de musique, au troisième niveau central. Les murs sont doublés de panneaux de stuc découpés aux formes des divers plats, flacons et aiguières constituant la collection de porcelaines chinoises du shah, ce qui permettaient une résonance parfaite pour écouter le jeu des musiciens.
Le palais Chehel Sotun et ses fresques délicates
A gauche d’Ali Qapu et niché dans un joli jardin, ce palais, dit des Quarante Colonnes, fut édifié par Shah Abbas II à partir de 1647. Le palais ne possède en réalité que vingt piliers de platane, reflétés et doublés par l’eau d’un bassin, ce chiffre de quarante étant le symbole de l’abondance et de la maturité, Mahomet étant devenu le Prophète à l’âge de quarante ans.
La salle du trône ou talar est surmontée d’un admirable plafond en marqueterie de bois. Au fond d’un iwan à stalactites étincelant d’or et de miroirs, le roi prenait place sur son trône et discutait avec ses courtisans. Dans la salle d’audience, où il recevait les ambassadeurs étrangers tandis que des danseuses réjouissaient ses hôtes en musique, les murs sont couverts de peintures représentant ses exploits guerriers, ceux de son père et de leurs ancêtres avec le réalisme et la précision des miniatures persanes.
L’ambiance du vieux bazar
Tout le lacis de ruelles auxquelles on accède par le portail de Qeyssariyeh datant du XVII è siècle, pourvu d’une horloge commémorant la victoire de Shah Abbas Ier contre les Portugais en 1614. Une allée voûtée longue de 2 km le relie à la mosquée du Vendredi, tandis que le coupe une série d’allées latérales flanquées de mosquées, médersas, caravansérails ou hammams. De grandes cours l’aèrent et sont remplies d’une multitude d’ateliers, la plupart étant dédiés à la confection des tapis, aux dessins des faïences émaillées, au travail des métaux ou à l’exécution de miniatures sur papier ou os de chameau. L’ambiance est bon enfant et le marchandage toujours admis.
La mosquée du Vendredi, la quintessence de l’art iranien
En suivant donc cette longue allée voûtée, on parvient, plus au sud de la ville, à cette fameuse mosquée du Vendredi s’élevant près d’un vaste chantier destiné à l’agrandir. Elle résume elle seule dix siècles d’art sacré iranien. Elle aussi s’organise autour d’une vaste cour pourvue d’un bassin aux ablutions et flanquée de quatre iwans. La foule y est toujours très dense, avec cet étrange mélange de ferveur et de bonne humeur propre aux mosquées iraniennes. Derrière les arcades entourant cette cour se déploient diverses salles de briques de terre cuite couvertes de petites coupoles. On en compte 474, dont pas une n’est semblable !
Le soir au bord de la Zayandeh Rud
Situés au sud de la vieille ville, deux ponts datant du XVII è siècle, Si-o-Seh Pol et Pol-e Khaju, attirent le soir les habitants d’Ispahan. On s’assied sur les berges pour pique-niquer en famille en contemplant le coucher du soleil ou l’on regarde juste la rivière d’où Ispahan la belle tira sa prospérité. Certains chantent au son d’une guitare ou d’un harmonica, le chant est repris en chœur. Quelques hommes esquissent un pas de danse. On se promène gaîment d’une rive à l’autre en dégustant la bière iranienne, sans alcool bien sûr.
Isaure de Saint Pierre (75)
Un riche passé
Largement baignée par les eaux de la Zayandeh Rud que le grand roi sut répartir dans tout l’oasis par un ingénieux système de canaux, Ispahan, la rose de l’Orient et la cité des roses, s’étale dans une vaste cuvette cernée par deux pans de montagnes. Déjà connue au Xe siècle, sous les Bouyides, puis durant les deux siècles suivants sous les Seldjioukides, la ville fut ravagée par les armée mongoles et timourides, jusqu’à ce que Shah Abbas décide de la relever et d’en faire sa capitale, une image du paradis sur terre. Toujours florissante et comptant jusqu’à 600 000 habitants au XVIIe siècle, elle fut ensuite saccagée par les Afghans, puis par les rois Qajars qui lui préférèrent Téhéran.
Un essor donné par le dernier shah
Pour son bonheur, Ispahan enchanta le dernier shah, Reza Pahlavi, qui voulut la relever en en faisant un centre industriel et universitaire comptant aujourd’hui deux millions d’habitants. Peu à peu, ses ruines somptueuses, toutes émaillées de bleu, ont été restaurées, même si bien des jardins ont disparu. Par exemple, Chahar Baq, la principale avenue de la ville, si elle est toujours ombragée de platanes, n’est plus bordée que d’un seul jardin, celui des Rossignols, au lieu des quatre existant jadis. Ce jardin sert d’écrin au pavillon des Huit-Paradis, édifié en 1670 par Shah Suleyman et représentant les huit ciels de la cosmologie persane. Ici, les voûtes découpées de petites niches sont peintes de motifs floraux sur fond d’or, piqués d’éclats de miroirs censés captés l’essence immatérielle de la lumière. A côté, les jardins de l’hôtel Abbassi, un ancien caravansérail très bien rénové, abritent un joli pavillon de thé où prendre un verre le soir.
Au centre de la ville, la mosquée de l’Imam
On visite la vieille ville en s’orientant à partir de la place de l’Imam, vaste quadrilatère flanqué de quatre iwans, grands porches voûtés et de la mosquée du même nom au sud. Edifiée bien sûr sur les ordres de Shah Abbas Ier par le grand architecte Ali Akbar Esfahani, cette mosquée et les iwans forment une immensité de mosaïques déclinant tous les tons de bleu. L’ensemble est presque achevé de restaurer. La mosquée est dédiée au douzième Imam, le Mahdi qui, selon la croyance chi’ite, est entré enfant « en occultation » pour revenir en vainqueur à la fin des temps. L’immense cour à quatre iwans comprend un pavillon central accoté à l’iwan sud, véritable bulbe turquoise flanqué de deux minarets.
De part et d’autres, des médersas ou écoles coraniques symétriques sont également pourvues de cours intérieures. L’immensité de cette cour ponctuée de jets d’eau et de bassins où se mirent les divers monuments, de jardins fleuris offre une sensation d’espace et de liberté. Ses dimensions parfaites, dignes d’un disciple de Pythagore, déclinent à l’infini le nombre douze, celui du Madhi auquel la mosquée est dédiée. Une claustra perce les murs de la salle à coupoles prolongeant l’iwan ouest, formant, lorsque le soleil est à son zénith, cinq portes d’ombres et de lumières, les étapes de l’initiation religieuse, car Shah Abbas Ier était avant tout un monarque mystique suivant une philosophie de la nature basée sur les nombres.
Les féeriques mosaïques des iwans, allant du bleu clair au turquoise et au cobalt, travail le plus abouti sans doute de l’art iranien de la faïence, quand elles sont animées par l’eau et la lumière, deviennent les miroirs reflétant l’existence divine. Elles incarnent la transparence de Dieu, thème de prédilection du soufisme.
Le palais d’Ali Qapu et ses niches acoustiques
Son nom de Porte d’Ali lui vient de sa porte, objet de toutes les vénérations, car issue du mausolée d’Ali à Najaf, en Irak. Ce gendre du Prophète fut en effet le l er imam. Shah Abbas Ier fit bâtir son palais sur les restes d’un ancien pavillon timouride en 1610. Il comporte toujours six niveaux dans les ailes et trois dans le bâtiment central, les volumes s’allégeant au fur et à mesure de leur élévation. Dans la salle du trône aux délicates fresques florales, le shah recevait ses hôtes, assis autour d’un bassin à jets d’eau. Les grandes réceptions se donnaient dans le salon de musique, au troisième niveau central. Les murs sont doublés de panneaux de stuc découpés aux formes des divers plats, flacons et aiguières constituant la collection de porcelaines chinoises du shah, ce qui permettaient une résonance parfaite pour écouter le jeu des musiciens.
Le palais Chehel Sotun et ses fresques délicates
A gauche d’Ali Qapu et niché dans un joli jardin, ce palais, dit des Quarante Colonnes, fut édifié par Shah Abbas II à partir de 1647. Le palais ne possède en réalité que vingt piliers de platane, reflétés et doublés par l’eau d’un bassin, ce chiffre de quarante étant le symbole de l’abondance et de la maturité, Mahomet étant devenu le Prophète à l’âge de quarante ans.
La salle du trône ou talar est surmontée d’un admirable plafond en marqueterie de bois. Au fond d’un iwan à stalactites étincelant d’or et de miroirs, le roi prenait place sur son trône et discutait avec ses courtisans. Dans la salle d’audience, où il recevait les ambassadeurs étrangers tandis que des danseuses réjouissaient ses hôtes en musique, les murs sont couverts de peintures représentant ses exploits guerriers, ceux de son père et de leurs ancêtres avec le réalisme et la précision des miniatures persanes.
L’ambiance du vieux bazar
Tout le lacis de ruelles auxquelles on accède par le portail de Qeyssariyeh datant du XVII è siècle, pourvu d’une horloge commémorant la victoire de Shah Abbas Ier contre les Portugais en 1614. Une allée voûtée longue de 2 km le relie à la mosquée du Vendredi, tandis que le coupe une série d’allées latérales flanquées de mosquées, médersas, caravansérails ou hammams. De grandes cours l’aèrent et sont remplies d’une multitude d’ateliers, la plupart étant dédiés à la confection des tapis, aux dessins des faïences émaillées, au travail des métaux ou à l’exécution de miniatures sur papier ou os de chameau. L’ambiance est bon enfant et le marchandage toujours admis.
La mosquée du Vendredi, la quintessence de l’art iranien
En suivant donc cette longue allée voûtée, on parvient, plus au sud de la ville, à cette fameuse mosquée du Vendredi s’élevant près d’un vaste chantier destiné à l’agrandir. Elle résume elle seule dix siècles d’art sacré iranien. Elle aussi s’organise autour d’une vaste cour pourvue d’un bassin aux ablutions et flanquée de quatre iwans. La foule y est toujours très dense, avec cet étrange mélange de ferveur et de bonne humeur propre aux mosquées iraniennes. Derrière les arcades entourant cette cour se déploient diverses salles de briques de terre cuite couvertes de petites coupoles. On en compte 474, dont pas une n’est semblable !
Le soir au bord de la Zayandeh Rud
Situés au sud de la vieille ville, deux ponts datant du XVII è siècle, Si-o-Seh Pol et Pol-e Khaju, attirent le soir les habitants d’Ispahan. On s’assied sur les berges pour pique-niquer en famille en contemplant le coucher du soleil ou l’on regarde juste la rivière d’où Ispahan la belle tira sa prospérité. Certains chantent au son d’une guitare ou d’un harmonica, le chant est repris en chœur. Quelques hommes esquissent un pas de danse. On se promène gaîment d’une rive à l’autre en dégustant la bière iranienne, sans alcool bien sûr.
Isaure de Saint Pierre (75)
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Récits de voyage
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jeudi, 11 février 2016 15:54
COULEURS DE COLOMBIE
Quand Gabriel Garcia Marquez nous quitte en avril 2014, il laisse derrière lui une œuvre littéraire immense où des chapitres entiers sont consacrés à sa Colombie natale. Lors de notre voyage en novembre 2013, je me suis replongée avec bonheur dans « Cent ans de solitude » et « L’amour au temps du choléra ».
La Colombie est une terre littéraire. Des écrivains nous accompagneront dans ce voyage et nous aideront à découvrir ce pays où la violence existe mais pas que... où les trafics existent mais pas que...
Car depuis plus de dix ans déjà, crimes et poudre blanche ne sont plus les mots qui définissent la Colombie.
Nous découvrirons des paysages à couper le souffle, des villages anciens préservés, des villes où le tourbillon urbain affirme et revendique que l’Amérique est aussi Sud américaine... Bien de nombreux atouts pour séduire un voyageur curieux d’ailleurs !
BOGOTA : VILLE CAPITALE AMERICAINE
A 4000 m d’altitude, le pilote avertit les passagers que l’avion entame la descente. Cliquetis des ceintures, excitation de l’arrivée... 3500 m, tout va bien. 3000 m, on attend toujours. 2640 m, un choc ! Pas violent mais sourd et qui s’accompagne d’un bruit de roulement pneumatique. En fait, ça y est, on est arrivé à Bogota.
Capitale perchée en haut des Andes, Bogota est une des trois capitales les plus hautes du monde et la plus grande ville de Colombie. Elle a enfanté dans ces trente dernières années une zone urbaine tentaculaire de près de sept millions d’habitants.
Peu de temps à Bogota. La température est indéfinissable, un entre-deux de printemps et d’automne.
Juan Gabriel Vasquez écrit dans Le bruit des choses qui tombent : « La petite averse aux gouttes épaisses a bientôt cédé la place à une pluie violente : en quelques secondes, le ciel est devenu aussi sombre et bombé que le ventre d’un âne et avant même que nous ayons eu le temps d’aller nous abriter, nos chemises étaient trempées. »
Centre historique de Bogota, la Candelaria exhibe une belle architecture autour de la place Bolivar. Souvenir d’une époque récente explosive, l’architecture moderne fricote avec le classique. Et Bolivar qui n’a toujours pas retrouvé son épée...
VILLA DE LEYVA ET BARRICHARA : VILLES COLONIALES ESPAGNOLES
Ville espagnole totalement préservée, Villa de Leyva a pour toile de fond des collines arides et pour cœur de ville une place Mayor de plus d’un hectare harmonieuse et flanquée de bâtiments coloniaux ordonnés.
A quelques kilomètres, le monastère de Ecce Homo réserve des surprises... statues de saints privés de leurs atours formant happening !
Sur le chemin du retour, nous traversons un lieu cérémoniel avec un observatoire astronomique et d’autres cailloux aux formes pleines de promesse !
Autre beauté coloniale espagnole, Barichara compte parmi les plus belles de Colombie. Ruelles pavées bordées de maisons traditionnelles, la ville se love dans un site enchanteur.
Epousant le relief montagneux, l’ancien chemin royal indigène nous mène au petit village de Guane.
LA MER DES CARAIBES
Nous arrivons plein Nord sur la mer des Caraïbes avec ses villes colorées et ses paradis perdus.
Quelques kilomètres dans la jungle du parc national naturel de Tayrona
et nous voici arrivés au Chaiama pueblito, village d’indiens constitué de 250 terrasses organisées entre cercle autour d’un espace de rencontre.
La descente nous mène aux plages, image de carte postale et baignade interdite !
Nous sommes sur les terres de Gabriel Garcia Marquez. Il écrit dans Cent ans de solitude : « Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques. »
CARTHAGENE DES INDES : LE NOUVEAU MONDE
Première ville fondée par les espagnols sur le continent sud-américain, Carthagène des Indes fut un des principaux ports de commerce du Nouveau Monde.
Vieille ville fortifiée, château bastion, quartier colonial, extension en gratte-ciel à Bocagrande... Comme horizon, le ciel chauffé à blanc se fond dans la mer des Caraïbes.
Tout est fait pour s’y plaire : l’histoire s’y raconte sur chaque pierre, le soleil s’apprivoise sous des terrasses ombragées, chaque coin de rue est une incitation à flâner. Le centre historique est offert aux piétons et aux calèches.
On retrouve alors avec bonheur Gabriel Garcia Marquez dans l’Amour au temps du choléra :
« Elle (Fermina Daza) ne prêta aucune attention à l’insistance des charlatans qui lui offraient le sirop de l’amour éternel, ni aux suppliques des mendiants couchés sous les porches avec leurs plaies suintantes, ni au faux Indien qui tentait de lui vendre un caïman apprivoisé. Elle se laissa aller à une longue et minutieuse promenade, sans but précis, s’accordant des pauses qui n’avaient d’autre motif que de savourer sans hâte l’esprit des choses. Elle entrait sous chaque porche où il y avait quelque chose à vendre et partout elle trouvait quelque chose qui argumentait son envie de vivre. Elle s’enivra de la senteur de vétiver des étoffes dans les malles, elle s’enveloppa dans des soies imprimées, rit de son propre rire en se voyant déguisée en gitane avec une peineta et un éventail de fleurs peintes, devant le miroir en pied de l’Alambre de oro.
...
Chez le marchand d’épices, pour le pur plaisir de l’odorat, elle froissa des feuilles de sauge et d’origan dans les paumes de ses mains et acheta une poignée de clous de girofle, une autre d’anis étoilé, une de gingembre et une de genièvre, et sortit en riant aux larmes à force d’avoir éternué sous l’effet du piment de Cayenne. »
SAN AUGUSTIN : PARC ARCHEOLOGIQUE
Nous remontons le fleuve Magdalena plein Sud pour arriver à San Augustin. Dans toute la haute vallée, le site archéologique est exceptionnel mais les hommes ont oublié leur histoire précolombienne. Le site archéologique aurait été occupé de – 3300 à + 800 après JC.
Préservées sur des terrains qui pourraient être des « green » les statues, appelées chinas sont vraisemblablement toutes liées à des rites funéraires.
Taillées dans des blocs de tuf, leur taille peut avoisiner les 6 m.
Humain ou animal, l’expression n’est pas toujours aimable. L’attitude est parfois violente. La fascination est intacte.
Un poème de Borges me revient en mémoire :
« Nous voilà devenus l’oubli que nous serons.
La poussière élémentaire qui nous ignore,
qui fut le rouge Adam, qui est maintenant
tous les hommes, et que nous ne verrons.
Nous sommes en tombe les deux dates
du début et du terme. La caisse,
l’obscène corruption et le linceul,
triomphes de la mort et complaintes.
Je ne suis l’insensé qui s’accroche
Au son magique de son nom.
Je pense avec espoir à cet homme
qui ne saura qui je fus ici-bas.
Sous le bleu indifférent du Ciel
cette pensée ma console. »
Entre chaque site, les hommes s’activent dans les vallées escarpées.
POPAYAN : VILLE BLANCHE
Située au cœur de la vallée verdoyante de la Cauca, la blanche Popayan a conservé le charme désuet des villes coloniales. Chaque regard se tourne vers une église à la façade sculptée ou une casa aux balcons de fer forgé abritant une cour carrée fleurie.
SALENTO : VILLE COULEUR
Salento joue avec les couleurs et elle se veut la plus belle ville de l’Antioquia. Murs blancs et menuiseries de couleurs vives. Toutes les audaces sont permises.
Aux alentours, les plantations de café se visitent.
Dans Un bel morir, Alvaro Mutis écrit que :« Lorsqu'ils parvinrent aux caféiers, il éprouva une nouvelle fois la fascination intacte de cette atmosphère tiède, accueillante et pleine de cette végétation soignée aux tons incomparables, qui semblait choisie exprès pour ses effets de beauté naturelle et ordonnée à la fois ».
Près de Salento et à plus de 2000 m d’altitude dans la Vallée del Cocora, les derniers palmiers à cire se dressent fièrement vers le ciel.
MEDELLIN : LE PRINTEMPS ETERNEL
Medellin est une ville moderne et cosmopolite. Ancienne capitale mondiale de la cocaïne, la ville pleurait ses morts par milliers dans les années 80.
La littérature est fortement marquée par cette époque. Dans un livre écrit en hommage à son père, Hector Abad raconte: « Quelques dix jours après le crime, je dus me rendre à la morgue pour réclamer les vêtements et les objets personnels de mon père. On me les remit dans un sac en plastique et je les emportai à son bureau, sur la carrera Chile. Je défis le tout dans la cour : les vêtements ensanglantés, la chemise tâchée de sang, avec les déchirures des balles, la cravate, les souliers. Du col du veston sauta quelque chose qui rebondit avec force sur le sol. Je regardai bien : c’était une balle. Les juges n’avaient même pas pris la peine de fouiller ses vêtements. Le lendemain, je portai cette balle au tribunal, tout en sachant que cela non plus ne servirait à rien. »
La phrase est plus crue dans « La Vierge des tueurs » de Fernando Vallejo : « ...Dieu est le Diable. Les deux sont un, la thèse et son antithèse. Bien sûr que Dieu existe, partout je trouve des signes de sa méchanceté. Devant le Salón Versalles qui est une cafétéria, il y avait l'autre soir un gamin en train de renifler du sacol, une colle de cordonnier hallucinogène. Et d'hallucination en hallucination elle finit par t'empoisser les poumons jusqu'à te débarrasser de l'agitation et des déboires de cette vie et t'éviter de continuer à respirer le smog. Pour ça le sacol est très bien. Quand j'ai vu le petit humer le flacon je l'ai salué d'un sourire. Ses yeux, terribles, se sont plantés dans les miens, et j'ai vu qu'il me voyait jusqu'à l'âme. Sûr que Dieu existe. »
Au début des années 90, la ville s’offre une renaissance en désenclavant les quartiers défavorisés par un maillage de câbles en complément du réseau métropolitain.
Effacés tueurs, sicaires, Pablo Escobar... En 2000, le maire Sergio Fajardo Valderrama dirige la ville avec comme slogan « De la peur à l’espoir ». Medellin devient alors une métropole prospère. La colombe de la paix retrouve sa silhouette.
Ville mère de Botero, Medellin est une galerie d’art à ciel ouvert. A quelques encablures du centre ville, le peintre muraliste Pedro Nel Gomez a fait quelques adeptes dans le quartier. Non loin, le cimetière San Pedro abrite des pleureuses dont l’émotion est palpable.
< Véronique Gauthier
ABM Nantes
La Colombie est une terre littéraire. Des écrivains nous accompagneront dans ce voyage et nous aideront à découvrir ce pays où la violence existe mais pas que... où les trafics existent mais pas que...
Car depuis plus de dix ans déjà, crimes et poudre blanche ne sont plus les mots qui définissent la Colombie.
Nous découvrirons des paysages à couper le souffle, des villages anciens préservés, des villes où le tourbillon urbain affirme et revendique que l’Amérique est aussi Sud américaine... Bien de nombreux atouts pour séduire un voyageur curieux d’ailleurs !
BOGOTA : VILLE CAPITALE AMERICAINE
A 4000 m d’altitude, le pilote avertit les passagers que l’avion entame la descente. Cliquetis des ceintures, excitation de l’arrivée... 3500 m, tout va bien. 3000 m, on attend toujours. 2640 m, un choc ! Pas violent mais sourd et qui s’accompagne d’un bruit de roulement pneumatique. En fait, ça y est, on est arrivé à Bogota.
Capitale perchée en haut des Andes, Bogota est une des trois capitales les plus hautes du monde et la plus grande ville de Colombie. Elle a enfanté dans ces trente dernières années une zone urbaine tentaculaire de près de sept millions d’habitants.
Peu de temps à Bogota. La température est indéfinissable, un entre-deux de printemps et d’automne.
Juan Gabriel Vasquez écrit dans Le bruit des choses qui tombent : « La petite averse aux gouttes épaisses a bientôt cédé la place à une pluie violente : en quelques secondes, le ciel est devenu aussi sombre et bombé que le ventre d’un âne et avant même que nous ayons eu le temps d’aller nous abriter, nos chemises étaient trempées. »
Centre historique de Bogota, la Candelaria exhibe une belle architecture autour de la place Bolivar. Souvenir d’une époque récente explosive, l’architecture moderne fricote avec le classique. Et Bolivar qui n’a toujours pas retrouvé son épée...
VILLA DE LEYVA ET BARRICHARA : VILLES COLONIALES ESPAGNOLES
Ville espagnole totalement préservée, Villa de Leyva a pour toile de fond des collines arides et pour cœur de ville une place Mayor de plus d’un hectare harmonieuse et flanquée de bâtiments coloniaux ordonnés.
A quelques kilomètres, le monastère de Ecce Homo réserve des surprises... statues de saints privés de leurs atours formant happening !
Sur le chemin du retour, nous traversons un lieu cérémoniel avec un observatoire astronomique et d’autres cailloux aux formes pleines de promesse !
Autre beauté coloniale espagnole, Barichara compte parmi les plus belles de Colombie. Ruelles pavées bordées de maisons traditionnelles, la ville se love dans un site enchanteur.
Epousant le relief montagneux, l’ancien chemin royal indigène nous mène au petit village de Guane.
LA MER DES CARAIBES
Nous arrivons plein Nord sur la mer des Caraïbes avec ses villes colorées et ses paradis perdus.
Quelques kilomètres dans la jungle du parc national naturel de Tayrona
et nous voici arrivés au Chaiama pueblito, village d’indiens constitué de 250 terrasses organisées entre cercle autour d’un espace de rencontre.
La descente nous mène aux plages, image de carte postale et baignade interdite !
Nous sommes sur les terres de Gabriel Garcia Marquez. Il écrit dans Cent ans de solitude : « Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques. »
CARTHAGENE DES INDES : LE NOUVEAU MONDEPremière ville fondée par les espagnols sur le continent sud-américain, Carthagène des Indes fut un des principaux ports de commerce du Nouveau Monde.
Vieille ville fortifiée, château bastion, quartier colonial, extension en gratte-ciel à Bocagrande... Comme horizon, le ciel chauffé à blanc se fond dans la mer des Caraïbes.
Tout est fait pour s’y plaire : l’histoire s’y raconte sur chaque pierre, le soleil s’apprivoise sous des terrasses ombragées, chaque coin de rue est une incitation à flâner. Le centre historique est offert aux piétons et aux calèches.
On retrouve alors avec bonheur Gabriel Garcia Marquez dans l’Amour au temps du choléra :
« Elle (Fermina Daza) ne prêta aucune attention à l’insistance des charlatans qui lui offraient le sirop de l’amour éternel, ni aux suppliques des mendiants couchés sous les porches avec leurs plaies suintantes, ni au faux Indien qui tentait de lui vendre un caïman apprivoisé. Elle se laissa aller à une longue et minutieuse promenade, sans but précis, s’accordant des pauses qui n’avaient d’autre motif que de savourer sans hâte l’esprit des choses. Elle entrait sous chaque porche où il y avait quelque chose à vendre et partout elle trouvait quelque chose qui argumentait son envie de vivre. Elle s’enivra de la senteur de vétiver des étoffes dans les malles, elle s’enveloppa dans des soies imprimées, rit de son propre rire en se voyant déguisée en gitane avec une peineta et un éventail de fleurs peintes, devant le miroir en pied de l’Alambre de oro.
...
Chez le marchand d’épices, pour le pur plaisir de l’odorat, elle froissa des feuilles de sauge et d’origan dans les paumes de ses mains et acheta une poignée de clous de girofle, une autre d’anis étoilé, une de gingembre et une de genièvre, et sortit en riant aux larmes à force d’avoir éternué sous l’effet du piment de Cayenne. »
SAN AUGUSTIN : PARC ARCHEOLOGIQUENous remontons le fleuve Magdalena plein Sud pour arriver à San Augustin. Dans toute la haute vallée, le site archéologique est exceptionnel mais les hommes ont oublié leur histoire précolombienne. Le site archéologique aurait été occupé de – 3300 à + 800 après JC.
Préservées sur des terrains qui pourraient être des « green » les statues, appelées chinas sont vraisemblablement toutes liées à des rites funéraires.
Taillées dans des blocs de tuf, leur taille peut avoisiner les 6 m.
Humain ou animal, l’expression n’est pas toujours aimable. L’attitude est parfois violente. La fascination est intacte.
Un poème de Borges me revient en mémoire :
« Nous voilà devenus l’oubli que nous serons.
La poussière élémentaire qui nous ignore,
qui fut le rouge Adam, qui est maintenant
tous les hommes, et que nous ne verrons.
Nous sommes en tombe les deux dates
du début et du terme. La caisse,
l’obscène corruption et le linceul,
triomphes de la mort et complaintes.
Je ne suis l’insensé qui s’accroche
Au son magique de son nom.
Je pense avec espoir à cet homme
qui ne saura qui je fus ici-bas.
Sous le bleu indifférent du Ciel
cette pensée ma console. »
Entre chaque site, les hommes s’activent dans les vallées escarpées.
POPAYAN : VILLE BLANCHE
Située au cœur de la vallée verdoyante de la Cauca, la blanche Popayan a conservé le charme désuet des villes coloniales. Chaque regard se tourne vers une église à la façade sculptée ou une casa aux balcons de fer forgé abritant une cour carrée fleurie.
SALENTO : VILLE COULEURSalento joue avec les couleurs et elle se veut la plus belle ville de l’Antioquia. Murs blancs et menuiseries de couleurs vives. Toutes les audaces sont permises.
Aux alentours, les plantations de café se visitent.
Dans Un bel morir, Alvaro Mutis écrit que :« Lorsqu'ils parvinrent aux caféiers, il éprouva une nouvelle fois la fascination intacte de cette atmosphère tiède, accueillante et pleine de cette végétation soignée aux tons incomparables, qui semblait choisie exprès pour ses effets de beauté naturelle et ordonnée à la fois ».
Près de Salento et à plus de 2000 m d’altitude dans la Vallée del Cocora, les derniers palmiers à cire se dressent fièrement vers le ciel.
MEDELLIN : LE PRINTEMPS ETERNEL
Medellin est une ville moderne et cosmopolite. Ancienne capitale mondiale de la cocaïne, la ville pleurait ses morts par milliers dans les années 80.
La littérature est fortement marquée par cette époque. Dans un livre écrit en hommage à son père, Hector Abad raconte: « Quelques dix jours après le crime, je dus me rendre à la morgue pour réclamer les vêtements et les objets personnels de mon père. On me les remit dans un sac en plastique et je les emportai à son bureau, sur la carrera Chile. Je défis le tout dans la cour : les vêtements ensanglantés, la chemise tâchée de sang, avec les déchirures des balles, la cravate, les souliers. Du col du veston sauta quelque chose qui rebondit avec force sur le sol. Je regardai bien : c’était une balle. Les juges n’avaient même pas pris la peine de fouiller ses vêtements. Le lendemain, je portai cette balle au tribunal, tout en sachant que cela non plus ne servirait à rien. »
La phrase est plus crue dans « La Vierge des tueurs » de Fernando Vallejo : « ...Dieu est le Diable. Les deux sont un, la thèse et son antithèse. Bien sûr que Dieu existe, partout je trouve des signes de sa méchanceté. Devant le Salón Versalles qui est une cafétéria, il y avait l'autre soir un gamin en train de renifler du sacol, une colle de cordonnier hallucinogène. Et d'hallucination en hallucination elle finit par t'empoisser les poumons jusqu'à te débarrasser de l'agitation et des déboires de cette vie et t'éviter de continuer à respirer le smog. Pour ça le sacol est très bien. Quand j'ai vu le petit humer le flacon je l'ai salué d'un sourire. Ses yeux, terribles, se sont plantés dans les miens, et j'ai vu qu'il me voyait jusqu'à l'âme. Sûr que Dieu existe. »
Au début des années 90, la ville s’offre une renaissance en désenclavant les quartiers défavorisés par un maillage de câbles en complément du réseau métropolitain.
Effacés tueurs, sicaires, Pablo Escobar... En 2000, le maire Sergio Fajardo Valderrama dirige la ville avec comme slogan « De la peur à l’espoir ». Medellin devient alors une métropole prospère. La colombe de la paix retrouve sa silhouette.
Ville mère de Botero, Medellin est une galerie d’art à ciel ouvert. A quelques encablures du centre ville, le peintre muraliste Pedro Nel Gomez a fait quelques adeptes dans le quartier. Non loin, le cimetière San Pedro abrite des pleureuses dont l’émotion est palpable.
< Véronique Gauthier
ABM Nantes
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mardi, 09 février 2016 18:28
L’Iran, de grands paradoxes
Comme chaque année, je conduisais ce printemps un groupe de touristes français en Iran. Je sentais comme d’habitude une certaine appréhension pour aborder ce pays « diabolisé ».
Pour participer à ce séjour, il faut être muni d’une forte motivation en ce temps de crise au Moyen Orient où l’Iran se trouve plus que jamais impliqué.
Il aura fallu vaincre les réticences des familles ou des amis « comment ? tu vas en Iran !... mais c’est très dangereux » ou « mais tu ne nous aimes pas !... » quand il s’agit des enfants à leurs parents ou la vieille mère à qui l’on cache la vraie destination….
Oui, le gap entre les impressions vues de France est si grand que beaucoup se sentaient bien téméraires.
Bien sûr, on est venu voir les vestiges prestigieux de la Grande Perse mais on est aussi très curieux de l’accueil dans ce pays dit « Islamiste ». Avant on disait « musulman » et du temps de Louis XIV, on disait « Mahometan », question de mode et d’opportunité politique.
Ce fut donc la surprise de découvrir un patrimoine historique et architectural entretenu et bien restauré. Etonnés par la compétence et les connaissances des jeunes femmes guides parfaitement francophones sur les sites visités.
Ce qui frappe dès l’arrivée, c’est l’impression d’un développement rapide et important : autoroutes, villes encombrées de voitures, installation industrielles et centrales de production d’énergie ainsi que de très nombreuses liaisons aériennes entre les villes du territoire. Et d’apprendre que le territoire serait maillé de fibre optique.
Le grand étonnement de ce séjour fut cette population spontanément très accueillante. On ne s’attendrait pas à ces remarques de sympathie, aux demandes de photos partagées, aux conversations passionnées et questionnements variés durant tout le séjour.
Etonnement donc de l’accueil dans les familles, qu’il s’agisse de nomades, de citadins de condition moyenne et de personnalités du milieu médical à Ispahan. Variétés de réceptions qui ont été l’objet d’échanges permettant de mieux comprendre la vie quotidienne. D’autant plus étonnés que nous étions nombreux !...Etonnés surtout de remarquer les manifestations de la Foi populaire. Contrairement à ce que l’on imaginait, ce ne sont pas dans les mosquées qu’elle semble s’exprimer mais dans les Mausolées. Dans le moindre petit village visité (Abiané) le tombeau d’un Saint est l’objet de visites.
On y vient pour solliciter son intercession concernant des difficultés personnelles ou familiales, obtenir une guérison ou réussir un examen !...
Ce qui expliquerait pourquoi les rares appels à la prière entendus dans ce voyage semblent ne pas concerner la population. Contrairement à certains pays musulmans, on ne voit personne se précipiter à la Mosquée.
Bien que les Mollah rarement vus en dehors de la ville de Qom, certains du groupe ont été invités par 2 fois à discuter. Bien sûr les réponses aux questionnements étaient sans surprise sur le rôle politique que jouaient les Religieux.
Sur ce terrain de la religion, la population Iranienne semble très marquée par le Zoroastrisme. La principale fête nationale est Nourouz, l’arrivée du Printemps et le 1er jour de l’année iranienne. Notre guide rencontré dans la cité de Yazd, en quelque sorte la capitale du Zoroastrisme fut très apprécié pour comprendre cette marque séculaire.
Surpris aussi de rencontrer dans les grandes villes des femmes particulièrement élégantes, une jeunesse féminine très visible qui a su adapter les exigences officielles en mode. Vêtements colorés, ajustés et moulants, maquillages provoquants, la tête couverte d’un foulard laissant le plus souvent apparaître une chevelure abondante, parfois même colorée d’une mèche blonde. Un grand nombre par coquetterie se sont fait refaire un nez jugé trop proéminant !...
Ainsi par ce séjour aux observations variées et inattendues, on aura constaté que le régime doit avoir de plus en plus de mal à gérer la contradiction entre une forme de pouvoir religieux et le développement d’une société moderne, fortement et très rapidement urbanisée et une jeunesse tournée vers l’Occident.
Cette jeunesse très instruite et nombreuse n’est pas sans provoquer de fortes tensions dans un pays aux traditions encore très prégnantes.
Ce séjour aura suscité bien des interrogations et il aidera à comprendre comment cette Perse renaissante peu causer un problème d’Hégémonie régionale.
Comme certains ont dit : « il faut visiter ce pays parce que c’est un pays attachant avec une population très accueillante ».
< Michel Percot (30)
Pour participer à ce séjour, il faut être muni d’une forte motivation en ce temps de crise au Moyen Orient où l’Iran se trouve plus que jamais impliqué.
Il aura fallu vaincre les réticences des familles ou des amis « comment ? tu vas en Iran !... mais c’est très dangereux » ou « mais tu ne nous aimes pas !... » quand il s’agit des enfants à leurs parents ou la vieille mère à qui l’on cache la vraie destination….
Oui, le gap entre les impressions vues de France est si grand que beaucoup se sentaient bien téméraires.
Bien sûr, on est venu voir les vestiges prestigieux de la Grande Perse mais on est aussi très curieux de l’accueil dans ce pays dit « Islamiste ». Avant on disait « musulman » et du temps de Louis XIV, on disait « Mahometan », question de mode et d’opportunité politique.
Ce fut donc la surprise de découvrir un patrimoine historique et architectural entretenu et bien restauré. Etonnés par la compétence et les connaissances des jeunes femmes guides parfaitement francophones sur les sites visités.
Ce qui frappe dès l’arrivée, c’est l’impression d’un développement rapide et important : autoroutes, villes encombrées de voitures, installation industrielles et centrales de production d’énergie ainsi que de très nombreuses liaisons aériennes entre les villes du territoire. Et d’apprendre que le territoire serait maillé de fibre optique.
Le grand étonnement de ce séjour fut cette population spontanément très accueillante. On ne s’attendrait pas à ces remarques de sympathie, aux demandes de photos partagées, aux conversations passionnées et questionnements variés durant tout le séjour.Etonnement donc de l’accueil dans les familles, qu’il s’agisse de nomades, de citadins de condition moyenne et de personnalités du milieu médical à Ispahan. Variétés de réceptions qui ont été l’objet d’échanges permettant de mieux comprendre la vie quotidienne. D’autant plus étonnés que nous étions nombreux !...Etonnés surtout de remarquer les manifestations de la Foi populaire. Contrairement à ce que l’on imaginait, ce ne sont pas dans les mosquées qu’elle semble s’exprimer mais dans les Mausolées. Dans le moindre petit village visité (Abiané) le tombeau d’un Saint est l’objet de visites.
On y vient pour solliciter son intercession concernant des difficultés personnelles ou familiales, obtenir une guérison ou réussir un examen !...
Ce qui expliquerait pourquoi les rares appels à la prière entendus dans ce voyage semblent ne pas concerner la population. Contrairement à certains pays musulmans, on ne voit personne se précipiter à la Mosquée.
Bien que les Mollah rarement vus en dehors de la ville de Qom, certains du groupe ont été invités par 2 fois à discuter. Bien sûr les réponses aux questionnements étaient sans surprise sur le rôle politique que jouaient les Religieux.
Sur ce terrain de la religion, la population Iranienne semble très marquée par le Zoroastrisme. La principale fête nationale est Nourouz, l’arrivée du Printemps et le 1er jour de l’année iranienne. Notre guide rencontré dans la cité de Yazd, en quelque sorte la capitale du Zoroastrisme fut très apprécié pour comprendre cette marque séculaire.
Surpris aussi de rencontrer dans les grandes villes des femmes particulièrement élégantes, une jeunesse féminine très visible qui a su adapter les exigences officielles en mode. Vêtements colorés, ajustés et moulants, maquillages provoquants, la tête couverte d’un foulard laissant le plus souvent apparaître une chevelure abondante, parfois même colorée d’une mèche blonde. Un grand nombre par coquetterie se sont fait refaire un nez jugé trop proéminant !...
Ainsi par ce séjour aux observations variées et inattendues, on aura constaté que le régime doit avoir de plus en plus de mal à gérer la contradiction entre une forme de pouvoir religieux et le développement d’une société moderne, fortement et très rapidement urbanisée et une jeunesse tournée vers l’Occident.
Cette jeunesse très instruite et nombreuse n’est pas sans provoquer de fortes tensions dans un pays aux traditions encore très prégnantes.
Ce séjour aura suscité bien des interrogations et il aidera à comprendre comment cette Perse renaissante peu causer un problème d’Hégémonie régionale.
Comme certains ont dit : « il faut visiter ce pays parce que c’est un pays attachant avec une population très accueillante ».
< Michel Percot (30)
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vendredi, 05 février 2016 18:50
Journée du voyage et de l'aventure
A peine rentrée de Cuba, l'aventure me titille encore et me voici campée sur mon siège, sur la Scène du Canal Saint Martin, les pas plantés dans ceux d'un pèlerin de Compostelle peu ordinaire : Antoine Bertrandy n'a jamais randonné, il a l'humour grinçant, l'œil prompt à cerner les porteurs de conque et il a vite appris le mot de passe prononcé par tous à l'entrée de chaque gîte espagnol : "Tienes wifi ?". Car le pèlerin veut bien sortir de ce monde-ci, mais jamais sans son wifi. Antoine a trouvé l'illumination, et la petite graine qui n'arrivait pas à germer depuis des années d'infertilité a elle aussi trouvé son chemin : Capucine est née neuf mois et une semaine après son retour de Compostelle.
Après avoir quitté Antoine, nous avons enfourché la petite reine avec Cécile, Grégory et leurs trois enfants sur les routes d'Afrique. Inconscience ou innocence ? Leurs pédaliers les ont conduits jusqu'à des contrées peu cotées à l'argus du Ministère des Affaires Etrangères : Soudan, Ethiopie, Mozambique, d'où ils ont fini expulsés. Ils vivent d'une "frugalité heureuse" avec une seule devise : "faisons ce qu'on a dans la tête car après, on va l'avoir dans le cul".
Impossible en un court paragraphe de conter toutes les aventures qui ont suivi, du grand Nord au Sénégal, de la galette des rois à Lassa avec Gérard et sa bande, et enfin, retour en Afrique avec Claire l'artiste, sur les traces de la débrouille : "un pas de côté et le reste suivra". Grand cru d'aventure en ce mois de janvier 2016. Merci ABM.
< Patricia Gotlib
Après avoir quitté Antoine, nous avons enfourché la petite reine avec Cécile, Grégory et leurs trois enfants sur les routes d'Afrique. Inconscience ou innocence ? Leurs pédaliers les ont conduits jusqu'à des contrées peu cotées à l'argus du Ministère des Affaires Etrangères : Soudan, Ethiopie, Mozambique, d'où ils ont fini expulsés. Ils vivent d'une "frugalité heureuse" avec une seule devise : "faisons ce qu'on a dans la tête car après, on va l'avoir dans le cul".
Impossible en un court paragraphe de conter toutes les aventures qui ont suivi, du grand Nord au Sénégal, de la galette des rois à Lassa avec Gérard et sa bande, et enfin, retour en Afrique avec Claire l'artiste, sur les traces de la débrouille : "un pas de côté et le reste suivra". Grand cru d'aventure en ce mois de janvier 2016. Merci ABM.
< Patricia Gotlib
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jeudi, 04 février 2016 15:21
Iran
- L’Iran… ? ce n’est pas un peu craignos, susurre la pharmacienne…
- L’Iran !... Tu ne pouvais pas trouver autre chose ? cingle un ami globe-trotter.
- L’Iran !! (Éclat de rire) Tu veux te faire enlever par les djihadistes ! explose le Stewart…
- Me voiler ? comme les femmes là-bas ! Pour rien au monde !! s’insurge ma cousine.
- J’ai dit à ma mère que j’allais à Marrakech… chuchote Brigitte qui va faire le voyage avec nous
Voilà. Tancés par tous les augures, les vaticinations de tous les bien-intentionnés qui nous entourent, nous nous envolons pour Téhéran - en Iranien : Tehran - à la mi-avril. La réalité est autre que ce dont les sirènes de l’intelligentsia française, des médias, de la télé nous assourdissent.
La visite débute de façon classique à Tehran, ses musées, ses bazars, au trésors ahurissant du Shah barricadé dans une banque. Mais ce qui nous laisse pantois, en fin de journée, c’est un tour au Parc voisin de l’Université, où nous voyons les étudiantes, en jeans, le voile dégagé le plus en arrière possible sur le chignon, tenir amoureusement la main de leur chéri, les couples flirter sur les bancs, les filles abandonner un instant leur dossier sur leurs genoux pour nous héler, se laisser photographier. Un couple vient vers nous, le garçon me tend la main.
- Vous êtes Français ! Nous sommes si heureux de vous voir ici, nous espérons que vous allez passer un très bon séjour ! Pas l’ombre d’obséquiosité ni calcul.
Dix pas plus loin, une femme prend une rose du bouquet qu’elle tient et la tend en passant à ma collègue.
- L’Iran !... Tu ne pouvais pas trouver autre chose ? cingle un ami globe-trotter.
- L’Iran !! (Éclat de rire) Tu veux te faire enlever par les djihadistes ! explose le Stewart…
- Me voiler ? comme les femmes là-bas ! Pour rien au monde !! s’insurge ma cousine.
- J’ai dit à ma mère que j’allais à Marrakech… chuchote Brigitte qui va faire le voyage avec nous
Voilà. Tancés par tous les augures, les vaticinations de tous les bien-intentionnés qui nous entourent, nous nous envolons pour Téhéran - en Iranien : Tehran - à la mi-avril. La réalité est autre que ce dont les sirènes de l’intelligentsia française, des médias, de la télé nous assourdissent.
La visite débute de façon classique à Tehran, ses musées, ses bazars, au trésors ahurissant du Shah barricadé dans une banque. Mais ce qui nous laisse pantois, en fin de journée, c’est un tour au Parc voisin de l’Université, où nous voyons les étudiantes, en jeans, le voile dégagé le plus en arrière possible sur le chignon, tenir amoureusement la main de leur chéri, les couples flirter sur les bancs, les filles abandonner un instant leur dossier sur leurs genoux pour nous héler, se laisser photographier. Un couple vient vers nous, le garçon me tend la main.
- Vous êtes Français ! Nous sommes si heureux de vous voir ici, nous espérons que vous allez passer un très bon séjour ! Pas l’ombre d’obséquiosité ni calcul.
Dix pas plus loin, une femme prend une rose du bouquet qu’elle tient et la tend en passant à ma collègue.
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Récits de voyage
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vendredi, 29 janvier 2016 14:19
Népal Kathmandou
Excuse me, can you take me in picture ?
Dis-je avec un grand sourire à une passante, choisie au hasard, à Durbar Square (Katmandou, Népal).
Hasard ? Jamais en voyage !
Elle s’appelle Katrin, elle est bénévole dans une association népalaise :Local women’s handicrafts.
La fondatrice, Nasreen, n’est autre que son amie d’enfance…
Le lien est créé.
Et hop ! Me voilà l’après-midi-même en selle sur un VTT de location, aux côtés de Katrin, afin de découvrir le plus motivant des chantiers actuellement en cours pour l’association, à quelques kilomètres de là !
Le chantier Je vous épargne mon périple en VTT avec sa selle trop basse, les rues gorgées de nids-de-poule… Je découvre enfin le chantier : une maison édifiée en vue d’accueillir des femmes népalaises défavorisées, ayant besoin d’un abri, d’un soutien, d’une formation afin de rebondir dans la vie.
Dis-je avec un grand sourire à une passante, choisie au hasard, à Durbar Square (Katmandou, Népal).
Hasard ? Jamais en voyage !
Elle s’appelle Katrin, elle est bénévole dans une association népalaise :Local women’s handicrafts.
La fondatrice, Nasreen, n’est autre que son amie d’enfance…
Le lien est créé.
Et hop ! Me voilà l’après-midi-même en selle sur un VTT de location, aux côtés de Katrin, afin de découvrir le plus motivant des chantiers actuellement en cours pour l’association, à quelques kilomètres de là !
Le chantier Je vous épargne mon périple en VTT avec sa selle trop basse, les rues gorgées de nids-de-poule… Je découvre enfin le chantier : une maison édifiée en vue d’accueillir des femmes népalaises défavorisées, ayant besoin d’un abri, d’un soutien, d’une formation afin de rebondir dans la vie.
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Le coin des bourlingueurs
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jeudi, 28 janvier 2016 10:17
Comment y aller
< Patagonie (2016)
< C’est quoi et c’est où la Patagonie ?
Comme beaucoup de français, la Patagonie ne m’évoquait pas grand-chose de précis avant que j’y aille, à part quelques clichés comme le fait de savoir que le chanteur Florent Pagny (que je ne supporte pas, désolé pour ses fans !) y vive une partie de l’année et que Nicolas Hulot réalise une émission qui s’appelle Ushuaïa Nature. D’ailleurs j’en profite pour dire tout de suite que, comme par hasard, plein de français se précipitent à Ushuaïa en pensant que c’est un lieu merveilleux alors qu’en fait cet endroit ne vaut pas grand-chose (j’en parle plus loin dans cet article).
La Patagonie est une terre habitée depuis plus de 35 000 ans et dont la première découverte par un Européen est l’œuvre de Fernand de Magellan en 1520.
La Patagonie désigne une région géographique située dans la partie méridionale de l'Amérique du Sud et partagée entre une partie chilienne à l'ouest et une partie argentine à l'est. Elle est faite de steppes arides à l'infini, avec des routes solitaires donnant sur quelques-uns des massifs les plus spectaculaires de la planète, comme ceux du Torres del Paine et du Fitz Roy, des calottes glaciaires aux langues bleutées se jetant dans des lacs, tel le glacier Perito Moreno…
La Patagonie comprend donc principalement le sud de l’Argentine, sur 1 140 532 km2, et le sud du Chili sur 256 093 km2. Ces deux régions, séparées par la cordillère des Andes, abritent des paysages de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d'îles et d'archipels. Avec une densité de 3,8 habitants au km2 (3 habitants au km2 en Sibérie, 0,46 habitant en Alaska), la Patagonie est une des régions les moins peuplées au monde. Ses terres sont exploitées pour l'élevage de bétail en d'immenses fermes appelées estancias.
La cordillère des Andes crée deux types de climat de part et d'autre de la chaîne : humide et frais sur l'étroit versant pacifique (côté chilien), sec et venteux sur le versant atlantique (côté argentin).
L'importante superficie de la Patagonie et son relief contrasté expliquent la grande diversité des paysages, des lacs aux forêts andines, en passant par les glaciers et les steppes balayées par les vents.
< Quand j'y suis allé
J’y suis allé en mars 2016, donc juste après la haute saison touristique (décembre à février), une période où il fait en principe moins beau (c’est le début de l’automne puisque dans l’hémisphère sud les saisons sont inversées) mais dans la pratique je n’ai eu pratiquement que du beau temps (peut-être que cela est dû au réchauffement climatique et au phénomène climatique El Nino particulièrement actif en Amérique du sud). Avantage : j’ai payé 20% moins cher mes hébergements et il y avait moins de monde sur les sites touristiques et sur les sentiers de rando…
< La météo que j'ai eu
Très bonne dans l’ensemble, un temps automnal globalement ensoleillé et très peu d’épisodes pluvieux.
< Mes coups de coeur
Le glacier Perito Moreno, avec ses couleurs bleues, ses 5 000 mètres de front et ses 60 mètres de hauteur, est vraiment une splendeur, un seigneur. En comparaison, la plupart des glaciers que j’avais vus auparavant (en France, en Islande, en Nouvelle-Zélande ou au Canada) ne valent pas grand-chose… Le glacier Perito Moreno se visite en une journée depuis El Calafate (50 km). Les steppes de Patagonie situées entre la petite ville El Calafate et le glacier Perito Moreno sont elles aussi sublimes : des étendues arides à perte de vue ponctuées de quelques montagnes et avec de superbes nuances de couleurs… c’est vraiment très beau… ça m’a rappelé les paysages fantastiques de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, mais en plus étendu (attention je n’ai pas dit en plus beau !). Comme je suis allé en stop au glacier Perito Moreno, j’ai pu profiter des nombreux arrêts du conducteur pour prendre de splendides photos ! idem au retour, et en plus la voiture a fait un crochet par rapport à l’itinéraire classique, alors j’en ai encore profité pour faire des photos de dingue !...
Autre coup de coeur, la montagne Fitz Roy est fidèle à sa réputation : majestueuse, très photogénique avec ses sommets enneigés en forme de tours…
< Ce que j'ai moins aimé
Les prix (transports, hébergement, restaurants, magasins) sont environ 30% plus élevés en Patagonie que dans le reste du pays. Du coup la Patagonie attire un tourisme plutôt fortuné, et on a parfois l’impression d’être dans une station des Alpes suisses...
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
A cause des tarifs élevés et de mon équipement un peu juste pour le froid et la pluie (et du fait qu’il me fallait louer tente, sac de couchage et réchaud à gaz), j’ai renoncé à faire le fameux trek W dans le célèbre massif de montagnes chilien Torres del Paine. J’ai peut-être eu tort de ne pas prendre ce risque (car il est semble-t-il facile de louer du matériel pas trop cher à Puerto Natales), mais du coup j’ai eu plus de temps pour profiter du reste… J’ai fait le choix de ne pas aller non plus faire de randonnées à Bariloche et à El Bolson car il paraît que ça ressemble énormément aux Alpes suisses et que donc ce n’est pas très dépaysant pour un européen. J’ai renoncé à aller à Ushuaya car d'après les échos que j'en ai eu il n’y a pas grand-chose à y faire et à y voir, sauf à dire fièrement « je suis allé au bout du monde ! ». Ushuaia est le point de départ de bateaux qui se rendent en Antarctique pour des croisières paraît-il très belles mais hors de prix. Je n’ai pas fait la classique croisière de plusieurs jours avec la compagnie Navimag de Puerto Natales Puerto Montt car apparemment c’est assez cher pour ce que c’est et les fjords chiliens ne sont pas fantastiques… Je ne suis pas allé dans la péninsule Valdes (Puerto Madryn) car l’époque d’observation des baleines, des éléphants de mer et autres animaux était déjà passée.
< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre en Patagonie
Il faut prévoir au moins 2 semaines pour bien profiter de la Patagonie (j’ai même croisé des touristes qui en étaient à leur 3ème mois en Patagonie !).
Attention, séjourner en Patagonie durant l'été austral c'est à dire entre décembre et février (ce que je n’ai pas fait) signifie : parcs nationaux bondés, campings pleins à craquer, sentiers sur-fréquentés... Si vous souhaitez éviter cette cohue touristique, il est tout à fait possible d’y venir un peu plus tard en mars-avril (ce que j'ai fait), voire même durant l'hiver austral (notre été), avec comme avantages : une météo certes plus fraîche qu'en été mais beaucoup plus stable et tout à fait supportable ; des parcs nationaux que vous n'aurez pas à partager avec des milliers d'autres touristes ; une expérience unique (d’après ceux qui l’ont vécu, un peu comme aller au Canada en plein hiver…).
Au niveau des transports, les bus coûtent quasiment 3 fois moins cher au Chili qu’en Argentine.
Enfin, n’hésitez pas à goûter aux vins argentins et chiliens, qui sont très bons et pas cher ! On trouve aussi du très bon chocolat en Patagonie, avis aux amateurs ! (dont je fais partie)
< Le mot de la fin…
La Patagonie c’est très beau mais c’est cher. Bon, honnêtement ça fait partie des plus beaux paysages que j’ai vus durant mon tour du monde (à égalité avec la Nouvelle-Zélande et avec les Rocheuses du Canada) donc c’est une destination que je recommande aux amoureux de la nature.
Frédéric http://fredalaventure.blogspot.fr/
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PATAGONIE Chilienne et Argentine.
Voyage effectué à 2 du 28/10 au 16/12 2015.
Guides : Guide du Routard : toujours un peu limite en ce qui concerne la cartographie mais indispensable pour bien d’autres informations.
Lonely Planet : donne de moins en moins satisfaction, proposant de plus en plus des « tours clé en main » pour les visites un peu plus compliquées et non des informations sur des moyens de transport plus personnalisés. Nous nous sommes beaucoup informés sur place ( gares de bus, offices de tourisme, internet…) afin de tout gérer par nous-mêmes.
Vols :
Aller : Paris/Santiago/Puerto Montt : avec LAN/TAM
Retour : Santiago/Paris
Billets achetés via internet mais difficultés pour payer et j’ai finalisé le paiement par téléphone.
1211€/pers.Le fait d’acheter le vol intérieur avec le vol international permet de changer de navette si on a du retard sur le vol international. Ceci dit on a largement le temps de changer d’avion à Santiago si pas de retard.
De Puerto Montt, on a, le lendemain, pris le ferry Navimag, pour Puerto Natales ,767€ / 2pers et pour 4 jours et 3 nuits. Nous avions une cabine pour 2 avec salle de b. Nous avons eu de la chance avec la météo et la traversée a été formidable : les paysages, les échanges entre voyageurs sur le bateau (nous avons retrouvé beaucoup de ces amis plus tard dans le W ou ailleurs), les conférences et aussi un peu de temps pour peaufiner notre voyage. La nourriture était très correcte, voire bonne, mieux que ce que l’on imaginait, d’après nos lectures des forums.
A Puerto Montt : beaucoup d’hospedajes à côté du terminal de bus, donc très bien situés car tout près de Navimag aussi et du marché d’Angelmo où on peut aller manger de délicieux fruits de mer en attendant le ferry. On peut aussi, après avoir déposé ses bagages le matin prendre un bus pour Puerto Varas, ce que nous avons fait car le ferry part le soir tard.
Cette ville est très agréable pour une journée avec le volcan Osorno en toile de fond si le ciel est dégagé.
Partisans forcenés du voyage en toute liberté, donc sans réservations d’aucune sorte, nous avions tout de même réservé le ferry en août pour fin octobre. Billets achetés sur le site de Navimag, et là aussi quelques difficultés pour payer mais il faut le signaler et ils vous envoient un mail et par Paypal nous avons alors réussi. Rien à dire, que du bien, de Navimag.
Change : Nous conseillons d’amener surtout du cash. On ne peut retirer que très peu d’argent aux DAB et les frais sont importants. Les € et les US$ en cash se négocient très bien partout. A noter qu’en Argentine particulièrement, l’usage de la carte est très pénalisant. On a 15 pesos pour 1 euro cash, dans les casas de cambio ou ailleurs, restaurants, hôtels, et seulement 10,6 pesos au DAB ou en paiement carte. Si on est à court de cash, on peut tirer des pesos au DAB au Chili et les changer ensuite en pesos argentins.
Budget :57€/jour/pers ;tout compris sauf le vol international et le vol intérieur jusqu’à Puerto Montt.
Chili et Argentine ne sont pas des pays bon marché et les prix sont presque comparables à ceux de l’Europe.
Ces prix comprennent : nuit en chambre double souvent avec sdb ; le petit déj presque tjrs inclus ; repas du soir au restaurant ou préparé par nous même dans les cuisines communes ; les transports en bus ; location de voiture pour 2 jours ;un vol intérieur Ushuaia- El Calafate, le ferry Navimag, et bien sûr les entrées parcs, musées….et même nos petits cadeaux ; pas grand-chose car l’artisanat n’a rien à voir avec ce que l’on connaît ailleurs en Amérique latine.
Les prix pratiqués sont très supérieurs à ceux indiqués par les guides, pourtant récents.
Logement : Nous n’avons jamais réservé mais sélectionné après 3 ou 4 visites en arrivant. A cette époque de l’année, c’est possible. On trouve souvent de meilleures adresses que celles indiquées dans les guides.
Transport : bus très nombreux tant au Chili qu’en Argentine ; les réserver la veille suffit en général sauf sur la Carretera Austral au Chili.
Langue : je parle espagnol, ce qui fut très agréable. Mais on peut parler anglais. Ne pas compter sur le français.
Santé : a contrario de tous les autres pays d’Amérique latine que nous avions visités, nous n’avons pris aucune précaution par rapport à la consommation de crudités et sur 7 semaines, aucun problème ; pas plus qu’avec l’eau du robinet que nous avons bue, partout, en mettant tout de même un micropur, par précaution.
Météo : nous avions prévu beaucoup de vent et de pluie, du froid aussi. Sur 7 semaines nous avons eu un jour de pluie ; du vent oui. Du froid, bien sûr mais supportable.
Sécurité : nous n’avons jamais eu un quelconque sentiment d’insécurité. Nous avons pris les précautions élémentaires.
Internet :WiFi, quasiment partout ( connexion souvent très lente) mais ne pas compter sur un ordinateur. Il vaut mieux avoir son matériel. Aucune connexion d’aucune sorte sur le ferry Navimag.
< Jeanine Sartor (47)
→ Lire la suite dans la rubrique Infos des voyageurs accessible aux adhérents de l'association
< C’est quoi et c’est où la Patagonie ?
Comme beaucoup de français, la Patagonie ne m’évoquait pas grand-chose de précis avant que j’y aille, à part quelques clichés comme le fait de savoir que le chanteur Florent Pagny (que je ne supporte pas, désolé pour ses fans !) y vive une partie de l’année et que Nicolas Hulot réalise une émission qui s’appelle Ushuaïa Nature. D’ailleurs j’en profite pour dire tout de suite que, comme par hasard, plein de français se précipitent à Ushuaïa en pensant que c’est un lieu merveilleux alors qu’en fait cet endroit ne vaut pas grand-chose (j’en parle plus loin dans cet article).
La Patagonie est une terre habitée depuis plus de 35 000 ans et dont la première découverte par un Européen est l’œuvre de Fernand de Magellan en 1520.
La Patagonie désigne une région géographique située dans la partie méridionale de l'Amérique du Sud et partagée entre une partie chilienne à l'ouest et une partie argentine à l'est. Elle est faite de steppes arides à l'infini, avec des routes solitaires donnant sur quelques-uns des massifs les plus spectaculaires de la planète, comme ceux du Torres del Paine et du Fitz Roy, des calottes glaciaires aux langues bleutées se jetant dans des lacs, tel le glacier Perito Moreno…
La Patagonie comprend donc principalement le sud de l’Argentine, sur 1 140 532 km2, et le sud du Chili sur 256 093 km2. Ces deux régions, séparées par la cordillère des Andes, abritent des paysages de montagnes, de glaciers, de pampa, de forêts subpolaires, de littoraux, d'îles et d'archipels. Avec une densité de 3,8 habitants au km2 (3 habitants au km2 en Sibérie, 0,46 habitant en Alaska), la Patagonie est une des régions les moins peuplées au monde. Ses terres sont exploitées pour l'élevage de bétail en d'immenses fermes appelées estancias.
La cordillère des Andes crée deux types de climat de part et d'autre de la chaîne : humide et frais sur l'étroit versant pacifique (côté chilien), sec et venteux sur le versant atlantique (côté argentin).
L'importante superficie de la Patagonie et son relief contrasté expliquent la grande diversité des paysages, des lacs aux forêts andines, en passant par les glaciers et les steppes balayées par les vents.
< Quand j'y suis allé
J’y suis allé en mars 2016, donc juste après la haute saison touristique (décembre à février), une période où il fait en principe moins beau (c’est le début de l’automne puisque dans l’hémisphère sud les saisons sont inversées) mais dans la pratique je n’ai eu pratiquement que du beau temps (peut-être que cela est dû au réchauffement climatique et au phénomène climatique El Nino particulièrement actif en Amérique du sud). Avantage : j’ai payé 20% moins cher mes hébergements et il y avait moins de monde sur les sites touristiques et sur les sentiers de rando…
< La météo que j'ai eu
Très bonne dans l’ensemble, un temps automnal globalement ensoleillé et très peu d’épisodes pluvieux.
< Mes coups de coeur
Le glacier Perito Moreno, avec ses couleurs bleues, ses 5 000 mètres de front et ses 60 mètres de hauteur, est vraiment une splendeur, un seigneur. En comparaison, la plupart des glaciers que j’avais vus auparavant (en France, en Islande, en Nouvelle-Zélande ou au Canada) ne valent pas grand-chose… Le glacier Perito Moreno se visite en une journée depuis El Calafate (50 km). Les steppes de Patagonie situées entre la petite ville El Calafate et le glacier Perito Moreno sont elles aussi sublimes : des étendues arides à perte de vue ponctuées de quelques montagnes et avec de superbes nuances de couleurs… c’est vraiment très beau… ça m’a rappelé les paysages fantastiques de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, mais en plus étendu (attention je n’ai pas dit en plus beau !). Comme je suis allé en stop au glacier Perito Moreno, j’ai pu profiter des nombreux arrêts du conducteur pour prendre de splendides photos ! idem au retour, et en plus la voiture a fait un crochet par rapport à l’itinéraire classique, alors j’en ai encore profité pour faire des photos de dingue !...
Autre coup de coeur, la montagne Fitz Roy est fidèle à sa réputation : majestueuse, très photogénique avec ses sommets enneigés en forme de tours…
< Ce que j'ai moins aimé
Les prix (transports, hébergement, restaurants, magasins) sont environ 30% plus élevés en Patagonie que dans le reste du pays. Du coup la Patagonie attire un tourisme plutôt fortuné, et on a parfois l’impression d’être dans une station des Alpes suisses...
< Ce que je n'ai pas eu le temps de faire
A cause des tarifs élevés et de mon équipement un peu juste pour le froid et la pluie (et du fait qu’il me fallait louer tente, sac de couchage et réchaud à gaz), j’ai renoncé à faire le fameux trek W dans le célèbre massif de montagnes chilien Torres del Paine. J’ai peut-être eu tort de ne pas prendre ce risque (car il est semble-t-il facile de louer du matériel pas trop cher à Puerto Natales), mais du coup j’ai eu plus de temps pour profiter du reste… J’ai fait le choix de ne pas aller non plus faire de randonnées à Bariloche et à El Bolson car il paraît que ça ressemble énormément aux Alpes suisses et que donc ce n’est pas très dépaysant pour un européen. J’ai renoncé à aller à Ushuaya car d'après les échos que j'en ai eu il n’y a pas grand-chose à y faire et à y voir, sauf à dire fièrement « je suis allé au bout du monde ! ». Ushuaia est le point de départ de bateaux qui se rendent en Antarctique pour des croisières paraît-il très belles mais hors de prix. Je n’ai pas fait la classique croisière de plusieurs jours avec la compagnie Navimag de Puerto Natales Puerto Montt car apparemment c’est assez cher pour ce que c’est et les fjords chiliens ne sont pas fantastiques… Je ne suis pas allé dans la péninsule Valdes (Puerto Madryn) car l’époque d’observation des baleines, des éléphants de mer et autres animaux était déjà passée.
< Mes conseils aux voyageurs qui souhaitent se rendre en Patagonie
Il faut prévoir au moins 2 semaines pour bien profiter de la Patagonie (j’ai même croisé des touristes qui en étaient à leur 3ème mois en Patagonie !).
Attention, séjourner en Patagonie durant l'été austral c'est à dire entre décembre et février (ce que je n’ai pas fait) signifie : parcs nationaux bondés, campings pleins à craquer, sentiers sur-fréquentés... Si vous souhaitez éviter cette cohue touristique, il est tout à fait possible d’y venir un peu plus tard en mars-avril (ce que j'ai fait), voire même durant l'hiver austral (notre été), avec comme avantages : une météo certes plus fraîche qu'en été mais beaucoup plus stable et tout à fait supportable ; des parcs nationaux que vous n'aurez pas à partager avec des milliers d'autres touristes ; une expérience unique (d’après ceux qui l’ont vécu, un peu comme aller au Canada en plein hiver…).
Au niveau des transports, les bus coûtent quasiment 3 fois moins cher au Chili qu’en Argentine.
Enfin, n’hésitez pas à goûter aux vins argentins et chiliens, qui sont très bons et pas cher ! On trouve aussi du très bon chocolat en Patagonie, avis aux amateurs ! (dont je fais partie)
< Le mot de la fin…
La Patagonie c’est très beau mais c’est cher. Bon, honnêtement ça fait partie des plus beaux paysages que j’ai vus durant mon tour du monde (à égalité avec la Nouvelle-Zélande et avec les Rocheuses du Canada) donc c’est une destination que je recommande aux amoureux de la nature.
Frédéric http://fredalaventure.blogspot.fr/
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PATAGONIE Chilienne et Argentine.
Voyage effectué à 2 du 28/10 au 16/12 2015.
Guides : Guide du Routard : toujours un peu limite en ce qui concerne la cartographie mais indispensable pour bien d’autres informations.
Lonely Planet : donne de moins en moins satisfaction, proposant de plus en plus des « tours clé en main » pour les visites un peu plus compliquées et non des informations sur des moyens de transport plus personnalisés. Nous nous sommes beaucoup informés sur place ( gares de bus, offices de tourisme, internet…) afin de tout gérer par nous-mêmes.
Vols :
Aller : Paris/Santiago/Puerto Montt : avec LAN/TAM
Retour : Santiago/Paris
Billets achetés via internet mais difficultés pour payer et j’ai finalisé le paiement par téléphone.
1211€/pers.Le fait d’acheter le vol intérieur avec le vol international permet de changer de navette si on a du retard sur le vol international. Ceci dit on a largement le temps de changer d’avion à Santiago si pas de retard.
De Puerto Montt, on a, le lendemain, pris le ferry Navimag, pour Puerto Natales ,767€ / 2pers et pour 4 jours et 3 nuits. Nous avions une cabine pour 2 avec salle de b. Nous avons eu de la chance avec la météo et la traversée a été formidable : les paysages, les échanges entre voyageurs sur le bateau (nous avons retrouvé beaucoup de ces amis plus tard dans le W ou ailleurs), les conférences et aussi un peu de temps pour peaufiner notre voyage. La nourriture était très correcte, voire bonne, mieux que ce que l’on imaginait, d’après nos lectures des forums.
A Puerto Montt : beaucoup d’hospedajes à côté du terminal de bus, donc très bien situés car tout près de Navimag aussi et du marché d’Angelmo où on peut aller manger de délicieux fruits de mer en attendant le ferry. On peut aussi, après avoir déposé ses bagages le matin prendre un bus pour Puerto Varas, ce que nous avons fait car le ferry part le soir tard.
Cette ville est très agréable pour une journée avec le volcan Osorno en toile de fond si le ciel est dégagé.
Partisans forcenés du voyage en toute liberté, donc sans réservations d’aucune sorte, nous avions tout de même réservé le ferry en août pour fin octobre. Billets achetés sur le site de Navimag, et là aussi quelques difficultés pour payer mais il faut le signaler et ils vous envoient un mail et par Paypal nous avons alors réussi. Rien à dire, que du bien, de Navimag.
Change : Nous conseillons d’amener surtout du cash. On ne peut retirer que très peu d’argent aux DAB et les frais sont importants. Les € et les US$ en cash se négocient très bien partout. A noter qu’en Argentine particulièrement, l’usage de la carte est très pénalisant. On a 15 pesos pour 1 euro cash, dans les casas de cambio ou ailleurs, restaurants, hôtels, et seulement 10,6 pesos au DAB ou en paiement carte. Si on est à court de cash, on peut tirer des pesos au DAB au Chili et les changer ensuite en pesos argentins.
Budget :57€/jour/pers ;tout compris sauf le vol international et le vol intérieur jusqu’à Puerto Montt.
Chili et Argentine ne sont pas des pays bon marché et les prix sont presque comparables à ceux de l’Europe.
Ces prix comprennent : nuit en chambre double souvent avec sdb ; le petit déj presque tjrs inclus ; repas du soir au restaurant ou préparé par nous même dans les cuisines communes ; les transports en bus ; location de voiture pour 2 jours ;un vol intérieur Ushuaia- El Calafate, le ferry Navimag, et bien sûr les entrées parcs, musées….et même nos petits cadeaux ; pas grand-chose car l’artisanat n’a rien à voir avec ce que l’on connaît ailleurs en Amérique latine.
Les prix pratiqués sont très supérieurs à ceux indiqués par les guides, pourtant récents.
Logement : Nous n’avons jamais réservé mais sélectionné après 3 ou 4 visites en arrivant. A cette époque de l’année, c’est possible. On trouve souvent de meilleures adresses que celles indiquées dans les guides.
Transport : bus très nombreux tant au Chili qu’en Argentine ; les réserver la veille suffit en général sauf sur la Carretera Austral au Chili.
Langue : je parle espagnol, ce qui fut très agréable. Mais on peut parler anglais. Ne pas compter sur le français.
Santé : a contrario de tous les autres pays d’Amérique latine que nous avions visités, nous n’avons pris aucune précaution par rapport à la consommation de crudités et sur 7 semaines, aucun problème ; pas plus qu’avec l’eau du robinet que nous avons bue, partout, en mettant tout de même un micropur, par précaution.
Météo : nous avions prévu beaucoup de vent et de pluie, du froid aussi. Sur 7 semaines nous avons eu un jour de pluie ; du vent oui. Du froid, bien sûr mais supportable.
Sécurité : nous n’avons jamais eu un quelconque sentiment d’insécurité. Nous avons pris les précautions élémentaires.
Internet :WiFi, quasiment partout ( connexion souvent très lente) mais ne pas compter sur un ordinateur. Il vaut mieux avoir son matériel. Aucune connexion d’aucune sorte sur le ferry Navimag.
< Jeanine Sartor (47)
→ Lire la suite dans la rubrique Infos des voyageurs accessible aux adhérents de l'association
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Patagonie
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mercredi, 27 janvier 2016 08:54
Il gusto dell’Italia !
Le voyage est synonyme de rencontres, tant humaines que gustatives ! La gastronomie peut influencer l’image d’un pays, sans pour autant le réduire à cela. Le goût est une notion très subjective propre à chacun. Il est donc important de se faire sa propre opinion ; d’autant plus que le voyage se fait aussi dans l’assiette ! Il n’est pourtant pas nécessaire d’aller à l’autre bout du monde pour découvrir de nouvelles saveurs ou de nouvelles textures. L’Europe, et en particulier l’Italie, est propice à de succulentes découvertes…
Notre séjour à Rome commence par l’inévitable passage au restaurant ! Il nous est proposé différentes spécialités transalpines pour notre plus grand bonheur. A l’instar de la France, chaque région dispose de ses propres plats selon ses produits locaux. Sa grande diversité offre un formidable panel de saveurs. En effet, la gastronomie italienne ne se limite pas aux célèbres pâtes ! Sa cuisine est ensoleillée, influencée et parfumée par son mélange d’arômes. Le couscous de Trapani « made in Sicile » sera ravir les plus sceptiques, la polenta du nord sera réconforter les plus frileux, et la pizza de Naples sera rassurer les plus traditionnels ! Face à ce dilemme, pour notre premier jour, nous avons opté pour la pizza de Naples même si nous sommes à Rome..., et pour des lazagnes aux épinards. Par la suite, au cours de notre voyage, nous savourerons un plat différent à chaque repas pour mieux apprécier cette gastronomie.
Outre les plats « salés », la cuisine italienne regorge d’innombrables desserts délicieux, qui nous font saliver à leurs simples évocations. Le tiramisu figure en tête de gondole… Cet incontournable, qui allie l’onctuosité de la crème mascarpone et la douceur du biscuit imbibé de café, est un véritable régal ! La panna cotta, ce dessert si crémeux accompagné d’un colis de fruit, est aussi un grand classique italien. Le panettone, gâteau traditionnel à base de vanille et de raisons secs, est reconnu également au-delà de ses frontières. Il garnit généralement les tables de Noël. Et pour finir un bon repas, le meilleur accompagnement d’un expresso reste tout de même l’amaretti ; cet exquis petit macaron à l’amande est si croquant et si moelleux ! La liste est longue et le plaisir intense…
On comprend donc mieux pourquoi la gastronomie italienne figure parmi les meilleurs au monde. La diversité des saveurs lui octroie toutes ses lettres de noblesse. La riche histoire du pays et sa succulente cuisine font de l’Italie l’une des destinations les plus prisées.
« Le tiramisu »
Ingrédients (8 personnes)
< 3 œufs
< 24 biscuits à la cuillère, ou boudoirs
< 1 sachet de sucre vanillé
< 100 g de sucre roux
< 250 g de mascarpone
< 1/2 litre de café noir (sans y ajouter de sucre)
< 30 g de poudre de cacao
Préparation
< Préparer le café noir
< Séparer les jaunes des blancs d’œufs
< Mélanger les jaunes avec le sucre vanillé et les 100g de sucre roux
< Incorporer le mascarpone dans le mélange et fouetter le tout
< Monter les blancs en neige et les incorporer délicatement au mélange
< Tremper les biscuits dans le café noir (sans sucre)
< Recouvrir le fond du moule avec les biscuits imbibés de café
< Tapisser ensuite le moule d'une couche de crème au mascarpone puis recouvrir d’une couche de biscuits. Renouveler ces opérations plusieurs fois. La dernière couche sera celle de crème mascarpone.
< Saupoudrer le tout de cacao
< Mettre au réfrigérateur 4 heures minimum
< Déguster !
Par Mickaël MELONI (75) Janvier 2016
Notre séjour à Rome commence par l’inévitable passage au restaurant ! Il nous est proposé différentes spécialités transalpines pour notre plus grand bonheur. A l’instar de la France, chaque région dispose de ses propres plats selon ses produits locaux. Sa grande diversité offre un formidable panel de saveurs. En effet, la gastronomie italienne ne se limite pas aux célèbres pâtes ! Sa cuisine est ensoleillée, influencée et parfumée par son mélange d’arômes. Le couscous de Trapani « made in Sicile » sera ravir les plus sceptiques, la polenta du nord sera réconforter les plus frileux, et la pizza de Naples sera rassurer les plus traditionnels ! Face à ce dilemme, pour notre premier jour, nous avons opté pour la pizza de Naples même si nous sommes à Rome..., et pour des lazagnes aux épinards. Par la suite, au cours de notre voyage, nous savourerons un plat différent à chaque repas pour mieux apprécier cette gastronomie.
Outre les plats « salés », la cuisine italienne regorge d’innombrables desserts délicieux, qui nous font saliver à leurs simples évocations. Le tiramisu figure en tête de gondole… Cet incontournable, qui allie l’onctuosité de la crème mascarpone et la douceur du biscuit imbibé de café, est un véritable régal ! La panna cotta, ce dessert si crémeux accompagné d’un colis de fruit, est aussi un grand classique italien. Le panettone, gâteau traditionnel à base de vanille et de raisons secs, est reconnu également au-delà de ses frontières. Il garnit généralement les tables de Noël. Et pour finir un bon repas, le meilleur accompagnement d’un expresso reste tout de même l’amaretti ; cet exquis petit macaron à l’amande est si croquant et si moelleux ! La liste est longue et le plaisir intense…
On comprend donc mieux pourquoi la gastronomie italienne figure parmi les meilleurs au monde. La diversité des saveurs lui octroie toutes ses lettres de noblesse. La riche histoire du pays et sa succulente cuisine font de l’Italie l’une des destinations les plus prisées.
« Le tiramisu »
Ingrédients (8 personnes)
< 3 œufs
< 24 biscuits à la cuillère, ou boudoirs
< 1 sachet de sucre vanillé
< 100 g de sucre roux
< 250 g de mascarpone
< 1/2 litre de café noir (sans y ajouter de sucre)
< 30 g de poudre de cacao
Préparation
< Préparer le café noir
< Séparer les jaunes des blancs d’œufs
< Mélanger les jaunes avec le sucre vanillé et les 100g de sucre roux
< Incorporer le mascarpone dans le mélange et fouetter le tout
< Monter les blancs en neige et les incorporer délicatement au mélange
< Tremper les biscuits dans le café noir (sans sucre)
< Recouvrir le fond du moule avec les biscuits imbibés de café
< Tapisser ensuite le moule d'une couche de crème au mascarpone puis recouvrir d’une couche de biscuits. Renouveler ces opérations plusieurs fois. La dernière couche sera celle de crème mascarpone.
< Saupoudrer le tout de cacao
< Mettre au réfrigérateur 4 heures minimum
< Déguster !
Par Mickaël MELONI (75) Janvier 2016
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Cuisine du monde
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mardi, 26 janvier 2016 16:30
Concours photos d'ABM Lyon
En cette soirée de décembre, plus d’une vingtaine d’ABMistes se sont retrouvés à la MJC de Sainte Foy-lès-Lyon :
- d’abord pour feuilleter des albums-photos et ainsi flâner à Oléron, visiter Milan, découvrir la Laponie, la Mongolie ou s’extasier devant les aurores boréales… et même, une photo devinette qui s’avèrera être une bulle de savon face au soleil.
- et participer au concours photos : le thème, cette année, « photos de nuit » nous a permis, notamment, d’admirer le nouveau pont Raymond Barre, tout illuminé, se mirant dans les eaux sombres du Rhône, le clocher de la Charité dressé fièrement derrière la Grande Roue (attraction saisonnière installée place Bellecour), les petites rues joliment pavées du Vieux Lyon…
< Les photos lauréates cette année :
1er prix : les tours Petronas à Kuala Lumpur de Sylvie Frachet

2e prix : le Sony-Center à Berlin de Dominique Lallement

3e prix : la baie de Rio de Bernard Frachet

Lors de cette soirée, nous pensions très fort à Gérard Trautmann, fidèle ABMiste, qui, plusieurs fois, a gagné ce concours-photos et qui nous a quittés depuis peu. Aussi, au moment de l’apéritif, avec Arlette, son épouse, nous avons levé nos verres à son souvenir.
Étaient aussi bien présents par la pensée avec nous Dorota et Darek, (les amis polonais de Mijo et Guy) qui ont plusieurs fois participé aux activités ABM lors de leurs séjours en France. Ils nous avaient envoyé tout un carton de gourmandises polonaises.
La soirée s’est prolongée par un repas, constitué des spécialités de chacun et du chariot de desserts d’Arlette.
Le temps a passé bien vite et il était déjà demain quand chacun est rentré dans ses foyers.
Bernadette (ABM Lyon)
- d’abord pour feuilleter des albums-photos et ainsi flâner à Oléron, visiter Milan, découvrir la Laponie, la Mongolie ou s’extasier devant les aurores boréales… et même, une photo devinette qui s’avèrera être une bulle de savon face au soleil.
- et participer au concours photos : le thème, cette année, « photos de nuit » nous a permis, notamment, d’admirer le nouveau pont Raymond Barre, tout illuminé, se mirant dans les eaux sombres du Rhône, le clocher de la Charité dressé fièrement derrière la Grande Roue (attraction saisonnière installée place Bellecour), les petites rues joliment pavées du Vieux Lyon…
< Les photos lauréates cette année :
1er prix : les tours Petronas à Kuala Lumpur de Sylvie Frachet

2e prix : le Sony-Center à Berlin de Dominique Lallement

3e prix : la baie de Rio de Bernard Frachet

Lors de cette soirée, nous pensions très fort à Gérard Trautmann, fidèle ABMiste, qui, plusieurs fois, a gagné ce concours-photos et qui nous a quittés depuis peu. Aussi, au moment de l’apéritif, avec Arlette, son épouse, nous avons levé nos verres à son souvenir.
Étaient aussi bien présents par la pensée avec nous Dorota et Darek, (les amis polonais de Mijo et Guy) qui ont plusieurs fois participé aux activités ABM lors de leurs séjours en France. Ils nous avaient envoyé tout un carton de gourmandises polonaises.
La soirée s’est prolongée par un repas, constitué des spécialités de chacun et du chariot de desserts d’Arlette.
Le temps a passé bien vite et il était déjà demain quand chacun est rentré dans ses foyers.
Bernadette (ABM Lyon)
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lundi, 25 janvier 2016 09:25
Les seigneurs de la steppe (Mongolie)
Grand comme cinq fois la France, mais peuplée de moins de deux millions d’habitants, la Mongolie reste un pays d’éleveurs. Dans les monts Khangaï, à quatre cents kilomètres au sud-ouest d’Ulaan Baatar les nomades vivent de leurs troupeaux de yacks, chevaux, chèvres et moutons.
Le nom de “parc national du Khangaï” reste symbolique, car seuls des nomades vivent dans ces contrées montagneuses de steppes et de forêts.
L’entrée est défendue par une barrière devant laquelle on paie un droit de passage de mille tougriks, moins d’un euro.
Les nomades ont monté leur camp d’été dans une vallée d’altitude, la Har Buureg (pommeau d’une selle), arrosée par la rivière Songhi. Là sont plantées cinq yourtes où les quatre chefs de familles, Monkhor, Enebish, Bold et Togtoh achèvent de choisir les chevaux et les yacks qui vont partir avec eux vers le marché de Karakorum, pour y vendre laine, viande salée, beurre, fromages et lait.
Pour fêter leur prochain départ, ils décident de sacrifier un mouton et nous convient au festin. Il faut malheureusement assister à l’exécution.
Monkhor prend un large coutelas pendant qu’Enebish et Togtoh immobilisent l’animal.
D’un mouvement sec, Monkhor lui ouvre la poitrine, y plonge la main et comprime les artères menant au cœur. La bête meurt en un clin d’œil. Pendant ce temps, Bold s’occupe du feu et les femmes mijotent de l’horhog, plat traditionnel mongol. Une fois le mouton grillé et dépecé, on jette dans la marmite des morceaux de viande recouverts d’eau, surmontés de pierres rondes, on ajoute de l’eau et une nouvelle couche de viande. On laisse frémir vingt minutes. Le résultat n’est guère convaincant : c’est dur, gras, imprégné d’une odeur de suint… Ensuite, il faut encore se passer sur le visage, les mains, les pieds ces pierres chaudes baignées de graisse pour bien huiler la peau… L’odeur s’avérera tenace…
Une outre de chèvre pleine de shimiin arkhi, ou alcool de yaourt, circule à la ronde. Tortoï !
À votre santé ! La nuit tombée, les loups hurlent à la lune et les nomades nous apprendront au matin que les chiens n’ont pu empêcher une louve d’égorger une brebis.
< Extrait du magazine Globe-Trotters N° 164
Acheter le magazine
Le nom de “parc national du Khangaï” reste symbolique, car seuls des nomades vivent dans ces contrées montagneuses de steppes et de forêts.
L’entrée est défendue par une barrière devant laquelle on paie un droit de passage de mille tougriks, moins d’un euro.
Les nomades ont monté leur camp d’été dans une vallée d’altitude, la Har Buureg (pommeau d’une selle), arrosée par la rivière Songhi. Là sont plantées cinq yourtes où les quatre chefs de familles, Monkhor, Enebish, Bold et Togtoh achèvent de choisir les chevaux et les yacks qui vont partir avec eux vers le marché de Karakorum, pour y vendre laine, viande salée, beurre, fromages et lait.
Pour fêter leur prochain départ, ils décident de sacrifier un mouton et nous convient au festin. Il faut malheureusement assister à l’exécution.
Monkhor prend un large coutelas pendant qu’Enebish et Togtoh immobilisent l’animal.
D’un mouvement sec, Monkhor lui ouvre la poitrine, y plonge la main et comprime les artères menant au cœur. La bête meurt en un clin d’œil. Pendant ce temps, Bold s’occupe du feu et les femmes mijotent de l’horhog, plat traditionnel mongol. Une fois le mouton grillé et dépecé, on jette dans la marmite des morceaux de viande recouverts d’eau, surmontés de pierres rondes, on ajoute de l’eau et une nouvelle couche de viande. On laisse frémir vingt minutes. Le résultat n’est guère convaincant : c’est dur, gras, imprégné d’une odeur de suint… Ensuite, il faut encore se passer sur le visage, les mains, les pieds ces pierres chaudes baignées de graisse pour bien huiler la peau… L’odeur s’avérera tenace…
Une outre de chèvre pleine de shimiin arkhi, ou alcool de yaourt, circule à la ronde. Tortoï !
À votre santé ! La nuit tombée, les loups hurlent à la lune et les nomades nous apprendront au matin que les chiens n’ont pu empêcher une louve d’égorger une brebis.
< Extrait du magazine Globe-Trotters N° 164
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