Namibie … et les chutes Victoria (Zimbabwe)
Après un joli vol de nuit à bord du nouvel Airbus A380, nous arrivons à Windhoek, capitale de la Namibie au milieu d’un désert chaud, sec et aride. Il fait beau et chaud, environ 30°C mais dès que le soleil se couche vers 17h30, on ressent la fraicheur, la ville est à presque 1700m d’altitude.
Ici, en ce moment c’est l’hiver. Dès le lendemain, nous prenons possession de notre petit camping car, on l’appellera Bobo Campers (c’est le nom de l’agence de location). Pour la première petite étape, nous prenons la direction du sud, 90km jusqu’à Rehobot, ça permet de s’habituer à la conduite à gauche et volant à droite. Dans le campement près du lac Oanob, chaque campeur possède son emplacement assez éloigné les uns des autres. On installe rapidement notre petit Bobo Campers. Quand la nuit tombe, on a l’impression d’être seul au monde pour contempler le ciel illuminé d’étoiles, seuls les « braii » (barbecue) donnent une petite lumière de part et d’autres dans l’obscurité.
Après Rehobot, nous quittons la route goudronnée pour de la piste caillouteuse mais assez roulante. Avant de partir, nous nous sommes bien assurés d’avoir suffisamment de carburant, d’eau et de nourriture pour cette journée car sur la piste, a part du désert, il n’y a rien, pas une ville, pas un village, pas une maison sur au moins 150km. On ne croise pas beaucoup de véhicules non plus et derrière seul un gros nuage de poussière nous suit. Au milieu de rien, si ce n’est un carrefour de quatre pistes, la localité de Solitaire porte bien son nom, on se croirait au milieu du tournage du film Bagdad Café. Des épaves de voitures des années 50 nous accueillent devant l’unique station d'essence, bureau de poste, lodges, campement, magasin et boulangerie allemande. Les 60km suivants sont toujours de la piste mais plutôt de la tôle ondulée où à 30-40km/h tout vibre dans le Bobo Campers, il faut oser passer le cap des 60-70km/h pour que les roues survolent ces petites vagues mais prudence car comme de l’aquaplaning il faut veiller à ne pas glisser.
A Sesriem, le campement est complet, on nous autorise à nous installer près de l’entrée à un point d’eau, on a accès aux sanitaires mais on n’a pas de branchement électrique, tant pis on économise les batteries en allumant une bougie et les lampes frontales. Au milieu du désert, à environ 800m d’altitude, il fait froid dès que la nuit tombe, très froid. A notre réveil, avant le lever du jour, il fait 2°C dans le Bobo Campers, évidemment dehors, c’est descendu bien en dessous de 0°C et il faut que je gratte le pare brise pour partir de bonne heure vers les dunes de Sossusvlei. Par une belle route goudronnée, nous nous enfonçons encore vers l’ouest au milieu d’une plaine aride bordée de mers de dunes. Le soleil apparaît à l’horizon dans notre dos, un renard court au bord de la route certainement attiré par la nourriture que doit leur donner les touristes. Plus loin, nous apercevons un couple d’autruches et quelques impalas. Au bout de la route de 65km, il faut prendre un 4x4 pour les 4 derniers kilomètres de sable fin jusqu’au site de Sossusvlei. Ce vaste désert de sel (salar) et d’argile apparaît au milieu des dunes rouges qui s’élèvent jusqu’à 200m au dessus du fond de la vallée blanche parsemés d’acacias ressemblant plus à des arbres morts. Par une crête, nous montons à pied sur les hautes dunes avant que le soleil ne chauffe de trop, le sable fin vole sous nos pas. Plus nous montons et plus la crête est fine, juste de quoi poser nos pieds, de chaque coté, la pente est très raide, on se demande si on y roulerait ou si on s’y enfoncerait, dans le doute, on « marche droit ».
Une grosse étape de 327 km vers l’est nous fait rejoindre la côte et l’Océan Atlantique à Walvis Bay.
Quel contraste de quitter ces étendues de déserts arides ocre et retrouver la fraîcheur et le bleu de la mer ! Au sud du port, de belles résidences secondaires bordent la plage. Une lagune de 45 000 hectares peu profonde et abritée par une baie attire un immense rassemblement de flamands et toutes sortes d’oiseaux aquatiques côtiers. Entre deux océans – l’un maritime, l’autre sablonneux - Swakopmund est considéré comme un petit bout d’Allemagne avec ses promenades le long du rivage, ses cafés bavarois, ses maisons à colombages et ses élégants bâtiments de l’époque coloniale. On se croirait dans une ville balnéaire de la Mer du Nord avec en plus quelques palmiers et les dunes de sables du désert qui entoure la ville.
Nous longeons maintenant la côte Atlantique vers le Nord qui s’appelle Skeleton Coast (la côte des squelettes). Cette côte est originellement nommée ainsi pour les carcasses de baleines laissées par les chasseurs qui jonchaient les plages mais désormais par les épaves de navires imprudents échoués sur ce littoral souvent noyé de brouillard avec des courants froids et dangereux où le sort de l’équipage était fatal au milieu de dunes et de plaines de graviers qui formaient l’un des territoires continentaux les plus inhospitaliers au monde.
Aujourd’hui, par une belle route de sel, on peut remonter jusqu’à la réserve de Cape Cross, un sanctuaire de reproduction pour les phoques, la plus importante des colonies d’otaries à fourrure de Namibie. Ici, jusqu’à 100 000 phoques sortent des eaux glacées du courant du Benguela pour venir se regrouper sur la terre ferme et se prélasser sur la plage avec une forte odeur d’excréments.
Nous quittons la côte et revenons dans les terres ou plutôt dans les cailloux, le soleil couchant vient embraser le massif de granit du Brandberg qui signifie Montagne de feu, c’est ici que se trouve le point culminant de la Namibie à 2573m connu aussi pour ses peintures rupestres. Pour nous protéger des animaux sauvages (python, cobra, lynx, léopards) présents dans ses montagnes, un guide Damara nous accompagne sur ce superbe chemin qui remonte la ravine totalement asséchée en cette période d’hiver. Autre mystère de la nature, la forêt pétrifiée est à la fois surprenant et fascinante. Preuve de la présence d’étendues boisées jadis en Namibie, ses troncs fossilisés n’ont pas poussé sur ce site inhospitalier et aride où ils se trouvent actuellement ; ils proviennent de terres fertiles et suite à de violentes inondations il y a 200 millions d’années, ces troncs ont été déracinés et charriés par les eaux jusqu’ici. A Twyfelfontein, l’eau a toujours été un problème, quand il pleut, l’eau souterraine s’accumule dans la couche de grès poreuse ne pouvant pas pénétrer dans la couche inférieure plus dure de schiste, et elle crée alors une source. Mais dans ces conditions arides, les pluies se font rares, d’où le nom de Twyfelfontein qui signifie « source improbable ». Il y a 6000 ans, cette source attirait une faune abondante et également les chasseurs qui ont laissé une trace de leur passage sur les rochers environnants en gravant de nombreuses représentations d’animaux et d’empreintes animales.
Beaucoup de gravures représentent des espèces ayant disparu aujourd’hui de la région – éléphants, rhinocéros, girafes et lions.
Le campement de Palmwag est complet, le suivant est à plus de 80km mais comme on a envie de prendre notre temps et rester cet oasis bordé de palmiers au milieu d’austères plaines et de collines rouges où viennent boire parfois les éléphants, nous abandonnons notre Bobo Campers pour une nuit et prenons un confortable et luxueux lodge, ce sera aussi l’occasion de déguster un délicieux rôti de springbok.
En fin de journée, nous randonnons dans les environs avec un guide pour découvrir la flore et la faune, nous apercevons une dizaine de koudous et 3 zèbres. Dans le soleil couchant. Des excréments proportionnels à la taille des éléphants confirment leur présence mais nous ne verrons pas d’éléphant encore aujourd’hui.
En quittant Palmwag, nous apercevons des springboks et des impalas, des girafes, des zèbres, des autruches, un gemsbok. Sesfontein (la ville aux 6 sources) possède un ancien fort militaire transformé en lodge, quelques habitations et une précieuse station-service. Et il en faudra du carburant pour franchir le Joubert Pass un peu plus loin. Après plusieurs kilomètres de tournants et de « montagnes russes », la piste monte droit devant nous comme un tremplin vers le ciel. Le Bobo Camper est balloté dans les énormes trous, il peine, puis cale au milieu de la montée à bout de souffle. Là, je me demande si nous n’aurions pas du prendre un véhicule 4x4. J’opère une prudente et lente marche arrière qui me déporte le véhicule glissant sous les cailloux jusqu’à un terrain moins pentu.
Il ne faut pas renoncer à ce passage délicat sinon il faut faire un détour de plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre notre étape de ce soir. A la deuxième tentative, il ne faut pas caler, mettre le maximum de puissance pour affronter la grimpette mais pas trop tout de même pour garder le contrôle au passage des trous ; Le moteur entraine bruyamment notre maison roulante, faiblit à la sortie d’une bosse, se reprend en descendant un trou et après quelques secondes de secousses dans tous les sens passe enfin l’obstacle à 1600m d’altitude, brave Bobo Campers ! Opuwo signifie « la fin » en langue herero, un nom parfaitement approprié à cet ensemble de bâtiments poussiéreux entourés de cases traditionnelles. C’est la région du peuple himba, dans les rues de la ville des femmes himba déambulent le corps enduit d’une teinture rouge réalisée à base de graisse animale et de poudre d'hématite, marchant torse nu, parmi d’autre femmes herero parées de la traditionnelle robe victorienne colorée. John, guide herero, nous accompagne pour la visite d’un village traditionnel himba à une vingtaine de kilomètre au nord de la ville. Avant tout, il demande à la chef du village (tous les hommes sont partis dans un autre village pour des funérailles) l’autorisation de les rencontrer, elle accepte.
Les femmes s’occupent à garder les enfants, confectionner des bijoux de perles, préparer le repas. Un homme pauvre a une femme tandis qu’un homme riche peut posséder jusqu’à 3 femmes ; une femme peut avoir jusqu’à 10 enfants, ce qui explique le nombre considérable d’enfants dans ce village, il en sort de partout. Une jeune femme de 22 ans, qui n’a qu’un enfant nous demande de la prendre en photo devant sa maison, une hutte conique faite de bois recouvert de terre grasse et d’excrément de vache avec un toit en chaume. A l’intérieur de la maison, elle s’embaume d’un déodorant préparé à base de cendres d'herbes et de résines aromatiques. Notre visite se termine par des danses et chants rythmés de claquements de mains.
Avant de partir, j’offre les produits alimentaires (soupes, sucre, huile, riz) achetés au supermarché de la ville sur les conseils de notre guide tandis que Annie administre quelques médicaments. Les propriétaires de la ferme Otjitotongwe avaient pris au piège des guépards qui attaquaient leur bétail. Ils espéraient les réintroduire dans le parc d’Etosha mais les autorités s’y étant opposées pour des raisons administratives, ils relâchèrent les animaux dans la nature tout en gardant une portée de petits nés en captivités. Quatre guépards sont maintenant apprivoisés et gardés comme des gros chats domestiques, on peut même les caresser mais prudence la rapidité de ces félins considérés comme l'animal terrestre le plus rapide au monde, avec une vitesse pouvant atteindre 110 km/h. reste délicate. D’autres guépards restés plus sauvages vivent dans un enclos de 40 hectares, en fin d’après-midi, en pick-up, nous accompagnons le fils du propriétaire qui va distribuer un bon morceau de viande fraiche de koudou à chacune des panthères.
Avec 300km de long, le parc national d’Etosha est parmi une des plus belles réserves naturelles de la planète. En passant la porte Anderson, nous ressentons une forte sensation d’entrer dans une nature sauvage parfaitement préservée. Maintenant, interdiction absolue de descendre du véhicule pour quoique que ce soit, ni pour une photo, ni pour aller aux toilettes, ni pour réparer une crevaison. Nous ne sommes plus chez nous, nous sommes ici chez les animaux sauvages, en totale liberté, chez eux. Toutefois, au milieu de cet immense parc, les campements Okakuejo, Halali et Namutoni protégés par de grandes barrières permettent de « vivre » normalement en toute sécurité.
Durant 3 jours, nous roulons tout doucement à observer une quantité et une variété prodigieuse d’animaux sauvages. On aperçoit souvent des springboks au milieu de paysage inhospitaliers. L’impala se reconnait à sa robe couleur brun-rouge. Au point d’eau, les zèbres de Burchell, que l’on reconnait grâce à leur rayures ombrées ne semblent pas trop effrayés. Les éléphants, considérés comme les plus grands d’Afrique, ont de petites défenses qui sont cassées, résultant d’un manque de minéraux dans le sol et de la nécessité de creuser dans le sable et sous les rochers pour trouver de l’eau et des racines. Des koudous sortant des broussailles inspectent les alentours. Les cornes droites des oryx peuvent atteindre 1,20 mètre. Au détour d’une piste, le cou d’une girafe apparait au dessus de la végétation. Deux hyènes attendent la fin de journée pour sortir de la fraîcheur de leur trou. Une parfaite file indienne de gnous se déplace versun point d’eau. Un couple d’autruche gambade lourdement à notre venue, trop proche.
Les chacals rodent partout à l’affût d’un jeune égaré. Le plus impressionnant fut ce rhinocéros mangeant quelques broussailles tout au bord de la route, je déporte un peu le véhicule vers la droite de la piste pour garder une distance de sécurité et tandis qu’Annie prend les photos, je ne coupe pas le moteur et garde la première vitesse enclenché prêt à partir au cas où l’animal se manifeste. Il ne nous manquait plus qu’à voir le « roi » des animaux : le lion. Certains viennent ici et ne le voit pas. En consultant le registre des observations au campement qui indique à tel heure tel animal à tel endroit, nous avions des chances d’en apercevoir au point d’eau d’Okondeka. Des véhicules stationnés observaient déjà, nous nous y arrêtons aussi et coupons le moteur, observons, attendons silencieusement. Des springboks, des gnous et des oryx viennent s’abreuver ici, la plupart regarde dans notre direction et semblent sur leur garde. Aux jumelles, je scrute chaque détail de la végétation et ce que nous croyons être un rocher est en fait le dos rond d’un lion couché dans les herbes jaunes. Maintenant, il lève la tête, une belle crinière de mâle. Il se lève, s’étire, les autres animaux prennent un peu le large. Il marche vers nous, toute gueule ouverte. Annie me recommande de relever ma vitre, je continue à faire des photos, incroyable, sommes-nous en sécurité dans ce véhicule ? Il passe à une dizaine de mètres de notre véhicule sans prêter attention à nous. Je ne me sens pas du tout en danger. Ai-je raison ou tort ? Dans le rétroviseur, je le vois s’éloigner.
Le soir, près de notre campement, un point d’eau est éclairé, à la tombée de la nuit un défilé d’animaux s’opère devant des dizaines de spectateurs dans un silence respectueux. Chacun son tour, à leur rythme, un troupeau d’une trentaine d’éléphants, un rhinocéros, des zèbres, des girafes, et des chacals viennent s’abreuver. Quel spectacle, grandeur nature !
De retour à la capitale Windhoek, après 3400km, nous laissons notre infatigable Bobo Campers. La ville se trouve comme par hasard au centre du pays, au sein d’une vallée montagneuse.
De population restreinte (300 000 habitants), elle est toutefois une métropole cosmopolite où se brassent des cultures diverses : africaines et européennes, coloniales et traditionnelles. Cette ville moderne et dynamique a gardé l’atmosphère européenne de l’époque coloniale allemande. Les anciennes façades se blottissent sous de grands édifices de verre et d’acier, ce qui confère à l’avenue bordée d’arbres, un charme particulier et une atmosphère de détente. Tout un éventail de terrasses, de cafés, de musées et de marchés en font une ville attrayante.
Mais on ne s’est pas arrêté là. Nous avons repris un confortable bus pour 16 heures de route vers le nord puis vers l’est sur la bande de Caprivi coincée entre Angola au nord et Botswana au sud jusqu’au poste de frontière avec la Zambie, où nous franchissons le fleuve Zambèze et la mythique ville de Livingstone, puis nous arrivons aux extraordinaires chutes Victoria. Nous traversons la frontière entre Zambie et Zimbabwe par le pont routier parallèle à la ligne de chemin de fer qui enjambe le fleuve Zambèze où les amateurs de sensations fortes se jettent à l’élastique dans le vide. Là, la vue sur les chutes est grandiose, on marche sur plus d’un kilomètre en profitant de la perspective. Avec 108m de haut, ce sont les plus grandes chutes du monde. Nous ne sommes pourtant qu’en période sèche où il y a le moins de débit et pourtant en bas le tumulte et la force de l’eau font remonter des embruns si fort que nous avons l’impression parfois d’être éclabousser de bourrasque de pluie. En fin de journée, le soleil rasant offre des arcs-en-ciel au milieu des embruns.
Ce voyage en Namibie nous a fait ressentir irrésistiblement la grandeur majestueuse et la puissance unique de ses paysages. Rien ne nous préparait vraiment aux découvertes que réservait ce voyage: magie et mystère, magnificence et austérité, et par-dessus tout, une palette de couleurs infinies : en un mot un voyage spectaculaire.
< Un grand merci à Catherine Jeudy, Catherine Capron et Rolland Allard, Cécile et Alain Nierga, Marc Cossart pour leurs renseignements sur ce spectaculaire pays.
Change et devises
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Les bureaux de change doivent être enregistrés auprès de l’ACPR. Ils sont libres d’appliquer les cours et les frais de leur choix. Ils ont cependant obligation d’afficher leurs cours de vente et d’achat des devises les plus vendues ainsi que leurs frais à l’extérieur de leur magasin.
Si le prix affiché est net (sans frais ni taxe), vous pouvez faire directement le calcul de votre t!ransaction en utilisant le cours de vente ou d'achat affiché chez le bureau de change.
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C'est ainsi qu'on se retrouve avec 20 ou 30 euros de plus à payer que prévu.
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C'est à partir du fixing que chaque bureau de change va définir son cours (ou taux) de vente et d'achat (qu'il pourra changer en cours de journée si les variations sont fortes).
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Le courtage fixé dépend de la rareté de la devise et ne sera pas le même pour du dollar ou pour
du peso argentin.
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Voyage solidaire en Amérique latine
Un voyage solidaire extraordinaire en image à travers l'Amérique Latine de deux écoglobetrotteurs aventuriers et utopistes.
Un périple de 6 mois qui débute sur l'île d'Utila, au Honduras, et se termine au Chili, le tout rythmé par des missions d'écovolontariat au sein d'associations locales engagées dans la sauvegarde de la faune et de la flore.
Partir léger, respecter les lieux et les populations, s'immerger dans leurs cultures et découvrir un maximum tout en étant utile sont les objectifs principaux de ce projet.
Devenir écovolontaire prend plusieurs dimensions : être solidaire, protéger et conserver la nature via des méthodes locales, durables, alternatives et écologiques, participer et s'engager dans des causes
Départ le 4 novembre, 6 mois, 6 pays, 6 associations, beaucoup de route et surtout de belles rencontres en perspectives !
Pour que cela profite au plus grand nombre nous voulons retranscrire ce voyage au fur et à mesure à l'aide d'articles, de vidéos et de photographies que nous réaliseront et publieront sur notre blog.
Nous souhaitons faire de cette aventure un véritable reportage avec pour thème principal l'écovolontariat. "
Notre blog : http://unitedadventurers.wix.com/notrevoyagesolidaire
AVEC LES SEMI-NOMADES DANS LES « JAILOO » (Kirghizie)
< PASSAGE DE LA FRONTIERE
Ce samedi 02 Août 2014, en provenance du KAZAKHSTAN, nous envisageons de franchir la frontière pour nous rendre au KIRGHIZSTAN.
Un petit poste frontière, situé à l'extrême nord-est du pays d'accueil en permet l'accès.
Depuis KEGEN, situé à 27 km, une route défoncée difficilement praticable y conduit. Les transports publics sont inexistants. Un fermier ayant, comme à l'accoutumée, livré son lait à la bourgade, accepte de nous prendre à bord de sa veille « LADA », dont l'état nous fait douter d'une arrivée sans encombre à destination.
La vieille « Guimbarde » semble se moquer de cette situation et nous dépose à la hauteur de la ferme, soit à environ 1 km du poste frontière.
Après avoir ajusté nos sacs à dos, sacs à dos contenant le nécessaire permettant de séjourner en autonomie sur les hauts plateaux du KIRGHIZSTAN, nous nous dirigeons vers la frontière.
Les autorités présentes à la sortie du KAZAKHSTAN, surprises de voir se présenter ainsi un couple de vieux bourlingueurs, nous dévisagent d'un air interrogateur, voire même quelque peu suspicieux. Il est vrai que maintenant peu de voyageurs circulent dans ces conditions.
On s'interroge. On observe nos documents avec précision. On nous jette de temps à autre un regard appuyé, curieux. On nous prend en photo. On fouille nos sacs à dos avec minutie. Tout est en règle. Autorisation nous est enfin donnée de poursuivre notre progression.
Arrivés au poste frontière du KIRGHIZSTAN, le même scénario se reproduit. On a droit à nouveau à la fouille de nos sacs à dos !
Quelques questions nous étonnent : « un véhicule vous attend-il après la frontière ? ». La réponse est bien évidemment « non » - « 12 km de route complètement défoncée sont à parcourir, il n'y a pas de moyen de transport public et avec vos sacs sur le dos... ».
L'œil interrogateur, les autorités consentent à nous laisser pénétrer sur le territoire du KIRGHIZSTAN.
Leur regard ne se détachera de nous qu'après que nous n'ayons parcouru quelques dizaines de mètres.
D'un pas décidé, sous un soleil de plomb, nous avalons les km. Il se vérifie que la tâche n'est pas aisée, ceci, jusqu'à ce que un véhicule 4X4 s'arrête à notre hauteur. Ce sont de jeunes russes qui, aussi étonnés que les douaniers, nous proposent de monter à bord.
La partie de la route défoncée franchie, il nous sera par la suite très facile de rejoindre la ville de KARAKOL située à 70 km plus loin.
LE MARCHE AUX ANIMAUX DE KARAKOL
Incomparable marché aux animaux d'Asie centrale !
L'un des plus spectaculaires après celui de KACHGAR en CHINE.
Arrivés sur place on se retrouve face à un désordre indescriptible. Les animaux s'entassent pêle-mêle à perte de vue. On ne sait où poser les pieds, où passer, alors que pour les kirghiz tout est parfaitement ordonné, rangé, sans problème apparent, où ils retrouvent sans difficulté, l'ustensile nécessaire à la poursuite de leurs activités. Pour eux, nous sommes des gens empruntés, qui ne comprennent rien à rien.
Les animaux sont entassés dans de vieux camions, de vieilles « LADA », des remorques, tirés au bout d'une corde, attachés à un pieu, aux barreaux d'une vieille « Guimbarde », à une barre de fer, etc... Ici et là, d'immenses taureaux solidement attachés essayent d'en découdre avec leurs voisins, mais la corde tient bon. Nous sommes face à un « capharnaüm » difficilement imaginable.
Les acheteurs tâtent le flanc des animaux qui, rapidement changent de propriétaires et sont entassés à nouveau dans d'autres « LADA », d'autres camionnettes, d'autres remorques en bêlant furieusement. Les chevaux, après ruades et distributions généreuses de coups de sabots, les vaches de coups de cornes sont saisis par les pattes, la queue, l'arrière-train par 7 ou 8 hommes qui les hissent dans différents véhicules. Les animaux beuglant, hennissant se retrouvent complètement abasourdis sur le plateau des moyens de transport. Ce sont des manœuvres qui se répètent dix fois, cent fois ! Spectacle ahurissant !
A la suite de quoi, les uns après les autres, les véhicules chargés à bloc, tant pis pour les animaux, toujours ordonnés à la manière kirghiz, quittent le marché.
DANS LES « JAILOO » AVEC LES SEMI-NOMADES
Toujours en quête d'insolite, nous décidons de nous enfoncer au cœur des grands espaces, sur les pentes de collines ondulantes se situant entre 2500 et 3000 mètres d'altitude, jouxtant les contreforts de la chaîne de montagnes des TIAN SHAN.
A cette altitude se déploient de luxuriants pâturages appelés « Jailoo » où des bergers, semi-nomades, passent l'été avec leurs troupeaux.
A l'extrême est du pays, la vallée de Karkara, pas très loin de la CHINE et longeant le KAZAKHSTAN, assure la solitude au voyageur. C'est vers cette vallée que nous conduisent nos chevaux.
Nous nous déplaçons dans un paysage de vastes collines steppiques se déroulant à perte de vue. Nous côtoyons des yourtes. Nous rencontrons des chèvres, des moutons, des vaches, des yacks et bien sûr des chevaux. Les nôtres sont plutôt capricieux, difficiles à conduire. A la moindre inattention les coups de sabots pleuvent et les ruades ponctuent notre cheminement.
Après 2 jours passés au gré de formations géologiques étagées, nous pénétrons dans la vallée de Karkara.
L'hospitalité légendaire des bergers nomadisant continuant d'effectuer la transhumance annuelle n'est pas un vain mot. Au cours de notre progression, passant devant les yourtes ponctuant le paysage, chaque famille invite les voyageurs que nous sommes à boire le koumis, lait de jument fermenté.
En milieu d'après-midi nous évoluons à près de 2500 mètres d'altitude et décidons d'établir notre campement pour quelques jours auprès d'une grosse yourte totalement isolée. Un immense troupeau de moutons, de vaches, de chevaux gravitent sur les pentes environnantes. Ces animaux appartiennent à nos hôtes. Nous avons installé notre toile de tente à proximité, mais la famille d'accueil, composée d'un couple et de 2 jeunes garçons, insiste avec vigueur pour que nous passions nos nuits à l'intérieur de la yourte. Nous obtempérons.
Après la distribution de cadeaux transportés jusqu'ici afin de satisfaire au bon usage, à savoir : thé, miel, riz, pain, etc... un grignotage en guise de bienvenue nous est offert.
Après les civilités d'usage, il nous est proposé de partir à dos de cheval derrière la crête immédiate de la colline faisant face au campement. Le spectacle naturel qui nous est offert est envoûtant. Les paysages vertigineux sont d'une beauté saisissante. A perte de vue, les collines s'évanouissent au loin sur les contreforts des TIAN SHAN. Au pied de l'une d'elles une trentaine de juments, paissent au creux de la vallée sous la surveillance d'un jeune homme demeurant sur place, ceci afin de les traire à intervalles réguliers. Après la traite le lait subit un mélange permettant l'obtention du fameux koumis devenu boisson nationale.
Nous enfourchons à nouveau nos montures, remontons sur la crête d'une colline dominante et c'est alors que nous découvrons au loin, la steppe immense du KAZAKHSTAN, ondulant à perte de vue, se confondant à l'infini avec le ciel.
A la fin de la journée, à la nuit tombante, nous rejoignons la yourte pour y passer la nuit.
En matière d'habitation nomade aucune civilisation n'a jamais inventé mieux que la yourte. Elle offre un gîte idéal, spacieux, chaud en hiver, frais en été ceci étant le résultat obtenu par le feutre constituant sa carapace, les nomades utilisant les matières premières fournies par leur propre troupeau. Elle se monte, se démonte aisément et se transporte facilement par le troupeau lui-même.
Le lendemain, ainsi que les jours qui suivront, nous visiterons à dos de cheval l'immense vallée de Karkara. Notre hôte nous propose de nous faire découvrir les endroits qu'il ne faut rater sous aucun prétexte. Un soir, il nous conduit à l'entrée de la vallée de Karkara, en quelque sorte un retour sur nos pas. Juste au pied, à l'enchevêtrement des collines, là où commence cette immensité plate, se love dans un écrin de verdure un petit village kirghiz. Nous assistons à un spectacle que nul voyageur ne devrait manquer en venant au KIRGHIZSTAN.
Des milliers d'animaux de toutes sortes dévalent les collines de velours afin de rejoindre le village et ses environs. Il y en a partout, dessus, dessous, devant, derrière, sur les côtés, sur tous les flancs des pâturages, mais aussi à perte de vue sur l'immensité plate. Ils sont rassemblés ici car c'est ici, dans un gigantesque nuage de poussière, que s'effectue la traite du soir.
Nous avons sous les yeux une animalerie dont il est impossible de définir les contours, contenue par des kirghiz installés sur des chevaux qui rétablissent le bon ordre à la moindre incartade.
Sans nous en rendre compte nous venons de changer de planète !
Ce spectacle de troupeaux, qui vont, qui viennent, qui passent et repassent en bêlant, en beuglant, en hennissant durera jusqu'à la tombée de la nuit, jusqu'à ce qu'ils se diluent lentement derrière les collines ondulantes des « Jailoo ».
« JAILOO » A PLUS DE 3000 METRES
Une semaine s'étant écoulée dans ce cadre enchanteur nous souhaitons pénétrer plus profondément dans les alpages. L'entrée de la vallée elle-même étant contrôlée par des militaires auxquels il faut montrer « patte blanche » nous est interdite.
En l'absence des documents nécessaires notre hôte, arguant qu'il n'y a jamais de contrôle plus loin, nous conduit en contournant un groupe de collines.
Il nous recommande à l'un de ses amis qui très volontiers prendra soin de nous.
Désormais, les « Jailoo » que nous foulons du pied se situent à plus de 3000 mètres d'altitude.
L'air et le ciel sont couleur azur. Le jour, la température demeure assez fraîche, il gèle la nuit. Nous nous sommes rapprochés des cimes enneigées des TIAN SHAN, barre frontalière avec la CHINE.
Nous avons sous les yeux le même spectacle inoubliable que la semaine précédente sauf que l'altitude lui confère encore plus de noblesse.
Le regard rencontre toujours et encore des troupeaux d'animaux de toutes sortes, cependant moins nombreux, conduits par des hommes à cheval. Ils vont s'abreuver dans les eaux bleu turquoise d'un petit lac de montagne facilitant ainsi leur présence à cette altitude.
Quelques yourtes sont dressées sur le pourtour du plan d'eau. A notre grande surprise, nous y côtoyons un troupeau d'une vingtaine de yacks tout noir.
Parcourant le secteur à cheval il n'est pas rare de rencontrer un animal mort qui sera, nous dit-on, dévoré par les rapaces et les loups.
FIN DE LA TRANSHUMANCE
Nous sommes à la fin du mois d'Août et déjà un soleil plus timide alterne avec les giboulées. De réelles tempêtes de neige sont assénées par des vents violents. Il se confirme qu'une autre phase de la transhumance débute. Dans le but de redescendre dans la vallée, certaines familles démontent déjà les enclos et réunissent les troupeaux. Dans la même démarche, nos hôtes décident de rejoindre le campement dans lequel nous avions précédemment séjourné.
D'abord, nous traversons ce qui s'apparente à des paysages de montagnes.
Ensuite, on s'introduit dans un labyrinthe où un soleil de fin de journée inonde les deux flancs de la montagne qui se sont transformés en d'immenses mamelons veloutés aux couleurs mordorées. Il s'y crée des jeux d'ombre, mettant en relief des dentelles soyeuses et veloutées dévalant la pente par vagues étagées, terminant leur course folle au fond de la vallée en gigantesques coulées mordorées.
Spectacle grandiose !
CHASSE A L'AIGLE
Parvenus au fond de la vallée nous assistons à une des premières chasses à l'aigle de la saison.
Elégamment vêtu, les fauconniers se déplacent à cheval, aigle sur l'avant bras droit. L'attitude se veut cérémonieuse. Il est à préciser que ce genre de chasse est réservée à l'élite nomade.
« un fauconnier est toujours issu d'un clan noble » nous dit-on.
Quelques personnes à cheval parcourent le flanc de la colline toute proche quand, soudainement, un fauconnier décapuchonne son aigle qui immédiatement prend son envol et se dirige d'une rapidité fulgurante au pied de la colline. « Il a capturé un lapin », nous dit-on.
Il reste immobile sur sa proie, les ailes écartées et cède l'animal à son maître lorsque celui-ci arrive au galop et s'agenouille auprès de lui.
CONCLUSION
Cet épisode va clore notre séjour dans les « Jailoo » du KIRGHIZSTAN, pays profondément ancré dans ses traditions.
Ses vallées alpines, ses « Jailoo » veloutés, ses sommets perpétuellement enneigés ont valu à la petite république du KIRGHIZSTAN le surnom de « Suisse de l'Asie centrale ».
Mais les similitudes s'effacent devant les chasses à l'aigle, les yourtes, les nomades...
< Maurice Thiney (21)
Entretien avec Libération
Alors que se prépare la 26e édition de la manifestation, rencontre avec son organisateur Didier Jehanno. par Aurélien JOUHANNEAU de Libération
Le Festival des globe-trotters se tiendra à Massy, les 26, 27 et 28 septembre. Son but: le partage d’expériences entre les voyageurs qui parcourent le monde. Les 10 000 personnes attendues pourront rêver et s’évader devant des films d’amateurs, des conférences, des stands et des ateliers pratiques. Didier Jehanno, fondateur d’Aventure du bout du monde et organisateur du festival, explique sa vision de l’événement.
< Quelle est la philosophie du Festival des globe-trotters?
Le festival est à l’initiative de l’association d’Aventure du bout du monde (ABM) depuis vingt-six ans. Les voyageurs échangent leurs connaissances et font connaître leurs bons plans. Ceux qui veulent préparer leur voyage, mais qui hésitent encore, viennent se nourrir d’expériences diverses et variées. Plus de 100 voyageurs présenteront leurs périples sur les stands avec leurs guides, photos et vidéos. Des ateliers pratiques donnent les clés pour partir à pas cher. Que cela se fasse avec les enfants, en solitaire ou en duo. Chacun trouvera des réponses à ses questions. C’est également un point de rencontres entre les adhérents d’ABM qui se connaissent depuis longtemps, et qui chaque année reviennent.
Ce sont avant tout des rencontres entre individus. Celles-ci provoquent très souvent un déclic chez les personnes qui hésitent encore à partir vers de nouveaux horizons. C’est aussi l’occasion de mûrir l’idée de voyager autrement. Le festival suscite l’envie de vivre ce que d’autres ne vivent pas. Nous démontrons qu’il n’existe pas seulement les agences de voyages pour partir. Après l’événement, je souhaite que ces personnes prennent le temps de trouver la destination qui leur correspond, tout en restant fidèles à leurs idées.
< Comment sont choisis les films projetés?
Nous recherchons en premier lieu le côté authentique et proche des gens. Ce sont de magnifiques films emplis d’humanité, d’émotions et de découvertes. Ils sont réalisés par des non-professionnels. Ces films montrent qu’il existe de multiples formes pour voyager: à pied, à vélo ou encore à moto.
< Quelle est la clé du succès de ce festival?
Nous sommes un élément déclencheur pour pousser les individus à franchir le pas vers l’inconnu afin que leur réflexion intérieure puisse un jour se concrétiser. L’année suivante, ils reviennent plus ouverts et plus tolérants avec le monde qui les entoure. Ils savent où se cachent les éléments essentiels de la vie.
< Parlez-nous de votre association.
ABM est née de la rencontre de trois personnes qui se sont rencontrées au Tibet. Suite à ce voyage, elles ont voulu garder contact. Dès lors est née l’idée de créer un magazine papier. Aujourd’hui l’association compte 4000 adhérents à travers la France. Et le magazine existe toujours. Il est réalisé par ses adhérents. Chaque année nous organisons plusieurs événements sur le territoire à travers des activités diverses.
< En tant que globe-trotter, quelle destination reste à vos yeux, le meilleur souvenir?
C’est sans nul doute la Mongolie. Je l’ai parcouru à vélo pendant deux mois et demi. Ce pays des steppes offre une liberté intense avec des paysages à 360° degrés. J’ai pris le temps de découvrir et d’échanger avec les habitants. Le plus souvent nomades, ils se contentent de peu. Je me suis senti indépendant et libre.
< 26e édition du Festival des globe-trotters, Opéra de Paris-sud, place de France, 91300 Massy.
Quand Ma Tête Perd Les Pédales
Ce voyage de 3 ans n’était au départ qu’un rêve d'enfant, celui de Bruno...
Fort de son premier voyage à vélo, ralliant la France au Portugal, avec le projet « Un Vélo dans la tête », il revient cette fois, accompagné de Ludivine, passionnée de voyage elle aussi, avec un second opus des plus ambitieux...
Le rêve prend forme, et l’association « Quand Ma Tête Perd Les Pédales » voit le jour , elle a pour but de promouvoir la solidarité, l'intégration et la mobilité durable sous toutes leurs formes.
Il est donc question d'un voyage en tandem mixte de trois ans autour du monde. Un défi sportif de plus de 50 000 Kms à vélo, 50 pays traversés et de multiples rencontres prévues à travers le projet. Un projet qui porte sur trois principaux grand axe, le handicap, la mobilité durable, et une en-quête d'origine.
Parce que Bruno s’est engagée depuis son premier voyage jusqu’au Portugal, il y a huit ans de ça, auprès de l’association « Handi-cap prévention » ; association de récolte de bouchons sur l’Île-de-France, venant en aide dans le domaine du handicap sportif et moteur.
Il nous a paru logique d’avancer comme un argument majeur, celui de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduites. Basé sur une interrogation personnelle profonde, sur l'origine de ses racines, de sa double culture, et de ses influences...
Concernant plus spécifiquement Bruno, il est question d'aller à la recherche, mettre en lumière et/ou retracer le fil historique du Portugal dans le monde.
Parce que Ludivine s’est passionnée pour la langue des signes et qu’elle s’est engagée auprès de l’association EFLS (École de la Langue des Signes Française), partenaire de son voyage et projet.
Grâce à l’apprentissage de la langue et à l’expérience requise grâce à l’association, elle fera la promotion de la langue des signes pendant ce voyage et sensibilisera les personnes rencontrées à l’intégration des sourds et muets dans la société et dans le monde du travail.
Pendant ce voyage Bruno et Ludivine seront amené à faire divers rencontres qui leurs seront bénéfique pour leurs projet (rencontres d'associations de langue des signes et/ou handicaps moteurs, rencontres culturelles et linguistique sur une "en-quête" d'origines portugaise, etc).
La Gran Sabana et la Chute Angel (Vénézuela)
Entre savane et forêt tropicale humide, une invitation à percer les mystères du Monde Perdu de Conan Doyle, des tepuis au Salto Angel, cascade la plus haute du monde.
Des paysages époustouflants qui se méritent !
Nous quittons le Brésil par le nord, soit 1 000 km de bonne route depuis Manaus pour entrer au Venezuela par Santa Helena de Uairen, seule “ville” du coin qui s’est développée, il y a une vingtaine d’années, lors du raccordement routier. Nous sommes dans La Gran Sabana. Immense territoire jouxtant la frontière avec le Guyana, préservé pour le moment dans le cadre du Parc de Canaima. Ce sont les indigènes Pemon qui occupent La Gran Sabana, vivant dans de toutes petites communautés très éparpillées.
Les géants du Monde Perdu Vastes horizons, solitude, nature foisonnante et originale avec ces étonnants reliefs à perte de vue : les tepuis.
Il y en aurait une centaine. Montagnes plates, tabulaires, comme autant de chapeaux hautsde- forme posés çà et là. Restes rocheux qui ont résisté à l’érosion, émergeant ainsi, isolés les uns des autres. Le plateau supérieur étonne les chercheurs ; on y observe une végétation endémique, unique en son genre. L’accès n’est pas aisé sauf pour le Roraima, l’un des plus hauts, culminant à 2 700 m. Site de référence, il est le premier à avoir été exploré par les naturalistes, il y a plus de cent ans. Le dépaysement est total dans La Gran Sabana. Les canyons, rivières et cascades sont nombreux, variés, les roches polies par l’eau sont parfois rouge vif, comme à la Quebrada de Jaspe. Les oiseaux sont aussi de la partie. Le territoire de Gran Sabana ne se laisse pas facilement découvrir, même avec son propre véhicule ! Sans doute est-ce la meilleure garantie de préservation. Pas de pistes latérales, de rares sentiers permettant d’accéder aux chutes proches de l’axe nord-sud. Mais pas question de rejoindre la chute Angel, pourtant si proche à vol d’oiseau ! Ce sera une expédition en tant que telle et nécessitant de remonter jusqu’à Ciudad Bolivar, soit 600 km depuis Santa Helena.
Sous le règne de l’humide Une envie de grandes eaux ? Voir la chute Angel ? Un must comme celles du Niagara, d’Iguazú ou de Victoria à la frontière Zimbabwe-Zambie ?
Une curiosité de la nature ? En effet ! Angel n’a rien à voir avec les Anges ! C’est le nom du pilote qui s’échoua en pleine brousse avec son petit avion de quatre places. C’était en 1937.
Jimmy Angel, sa femme et deux compères cherchaient de l’or. Sains et saufs mais perdus, sans balise ni moyens de communication, ils marchèrent onze jours pour rejoindre âme qui vive et finalement revenir “à la civilisation”.
Les chutes découvertes à proximité porteront le nom de Jimmy. Ce sont les plus hautes du monde : 979 m, presqu’un kilomètre d’eau tombée du sommet de ce tepui devenu célèbre, l’Auyantepui.
Rejoindre ces chutes requiert l’usage de plusieurs moyens de transport : un coucou décolle de Ciudad Bolivar vers Canaima, dans le parc éponyme. Pas de sentier, il faut prendre la pirogue. Une communauté indigène gère la suite du périple : quatre heures de pirogue pour remonter la rivière au fort débit. Le paysage sauvage est splendide, la végétation intense.
Les passagers sont déposés à deux reprises pour effectuer un trajet à pied évitant ainsi deux rapides dangereux. L’accès au campement nocturne se poursuit à pied. La forêt bruisse d’animation et dégoutte d’humidité.
Les arbres sont très hauts, les racines enchevêtrées et glissantes. Une vraie sensation de forêt primaire. Trois ou quatre zones sont dédiées à l’accueil des groupes. Coin cantine, coin dodo, tout est sommaire, humide, peu de lumière filtre entre les arbres. Les uns accrochent leur hamac tandis que les autres chercheront le sommeil sur les couchages en planches. Au petit matin, abandonnant le hamac ou la planche, un casse-croûte vite avalé, direction le sentier d’accès aux chutes. Le trajet n’est pas long : en moins d’une heure, il amène près des chutes, pas à leur pied. Les voir en entier nécessite du recul et un cou souple ! C’est une coulée centrale sertie d’une brume légère, une tranchée blanche dans un écrin de verdure intense, un jet continu dans l’immobilité de la forêt. Les nuages jouent à cache-cache, masquant parfois le haut de la chute, seule la base reste enflée, continue, indifférente à l’amont.
Suivre une goutte ? Observer les rebonds ? Deviner la vitesse de l’eau ainsi libérée ?
Accompagner du regard ? Fermer les yeux ? La chute ne chute pas, elle dévale en continu.
La fascination est au rendez-vous. Les lieux vous enveloppent. On se sent tout petit, accroupi au pied des arbres, faisant face à la falaise aux eaux jaillissantes. La bruine vient vous rappeler le règne de l’humide. Le bruit de l’eau semble isoler cet endroit du reste de la forêt. Est-on, ici encore, au “bout du monde” ? Difficile de repartir.
La magie de ces lieux perdus en pleine nature opère au plus profond de soi.
Abasourdis par les éléments Sur le chemin du retour, la pirogue profitera du courant descendant.
Sécurité oblige, les deux passages dangereux sont à nouveau franchis à pied. Retour à Canaima, zone déboisée, terre sèche ocre, minicabanons en guise de magasins, à proximité de la piste d’atterrissage. Plaisir de retrouver l’eau et de s’approcher de la chute El Sapo à quelques encablures du bord de la rivière.
La petite pirogue vous dépose sur les rochers bordant la chute, un sentier permet d’accéder au sommet et de passer derrière le rideau d’eau ! Ici, pas de hauteur vertigineuse mais la sensation vrombissante du volume d’eau qui déferle devant vos yeux. On reste accolé à l’abri du rocher, à chercher une posture stable ou à viser l’issue du sentier, un peu abasourdi par les éléments. Ne pas glisser, ne pas perdre ses lunettes, les basiques du moment, on se sèchera plus tard ! Ce n’est pas courant de passer derrière des chutes d’eau, alors profitons-en pleinement avant de reprendre le petit avion en direction de Ciudad Bolivar. Les quarante-cinq minutes du trajet donnent un bel aperçu de l’immensité du Parc et de la diversité des reliefs : canyons, tepuis, rivières, cascades…
Heureux d’y être allés. Cela fera partie de nos coups de coeur au Venezuela, loin, bien loin de l’agitation du Nord et de la côte Caraïbe.
< Texte et photos Élisabeth Roch (69)
6 mois en famille
Nous avons commencé depuis fin juillet un voyage en famille d'un peu plus de 6 mois afin de découvrir l'Amérique du Sud et l'Océanie.
Nous sommes une famille avec deux enfants âgés de 23 mois et 4 ans et demi.
C'est un projet qui mûrit depuis un peu plus de 4 ans : choix des pays, saison, organisation du voyage mais aussi de notre maison en notre absence.
Après avoir découvert l'Equateur avec notamment l'exceptionnel archipel des Galapagos, nous sommes actuellement au Brésil.
Vous pouvez suivre nos aventures sur http://6moisenfamille.fr.
Voyage longue durée
Partis en couple avec un #véhicule, sans échéance, en VDI, voyage à durée indéterminée, nous avons vécu en #nomade plus de 6 années à travers 4 #continents. Bivouacs, rencontres, #explorations, chocs culturels, immersion en pleine nature, ... le voyage au quotidien.
Rester, partir, revenir... autant de questions ouvertes à la réflexion et à la discussion.
L'envie de partager cette tranche de vie et de faciliter les #projets de voyage des uns et des autres, avec simplicité et enthousiasme.
Visiter le site : www.touthorizon.com
< VENEZ RENCONTRER ELISABETH AU FESTIVAL DES GLOBE-TROTTERS
http://festivaldesglobetrotters.fr/programme/stands.html
Voyage en stop aux Amériques !
Parti du Québec, j'espère rejoindre Santiago du Chili en octobre. Le projet c'est de voyager en stop, découvrir certains parc nationaux aux USA, faire un peu de surf au Nicaragua, randonner et faire un peu de bénévolat dans les Andes.
Pourquoi le stop? Cela me permet tout d'abord d'avoir un contact privilégié avec la population locale, ensuite c'est une aventure de chaque matin quand je prends la route...Qui vais-je rencontrer? Où est-ce que je vais finir ce soir? Combien de véhicules? Chaque expérience reste ainsi unique. C'est aussi un moyen écologique et économique de voyager. Il est arrivé plusieurs fois en Amérique Centrale qu'on me demande de participer aux frais d'essence, ce que j'ai bien sûr accepté tant que la participation était au prix local.
J'ai visité des parcs nationaux aux USA en voyageant plus ou moins d'est en ouest. Les paysages sont autant impressionnants que divers. J'ai beaucoup aimé faire du stop aux USA, c'est légèrement plus difficile qu'en France mais avec un peu de patience ça marche quand même. Je dirais que ça dépend des Etats également.
Lorsque les américains vous prennent en stop, ils sont très généreux, on m'a souvent offert à boire, parfois à manger et à dormir et on m'a même offert de faire de l'escalade, du VTT et de la rando... De supers expériences et rencontres.
J'ai été conduit par des population très différentes à chaque fois, des noirs, des blanc navajos, des immigrés mexicains, des russes, des allemands... des républicains, des démocrates, des bikers, des agriculteurs, quelques routiers, des protestants, des mormons, quelques athées, des expériences et rencontres incroyables même si j'étais pas toujours d'accord avec leurs discours!...
Après les USA, je suis passé par le Mexique et me voici en Amérique Centrale. Ici c'est vraiment facile de faire du stop (au Costa Rica, c'est un peu plus dur, au Panama encore plus), le temps d'attente est généralement court. Je me retrouve souvent à l'arrière de picks-up avec parfois d'autres auto-stoppeur locaux (surtout au Guatemala). La population est très agréable et très serviable mais je suis confronté au problème de la langue: j'ai un espagnol encore trop basique pour pouvoir approfondir les conversations, ce qui est parfois frustrant et mène à certaines incompréhensions, mais en général j'arrive à m'en sortir.
Tout au long de mon chemin, j'ai dormi dans différents lieux : chez des amis locaux, souvent sous tente aux USA , chez des "couch surfers", ou encore en auberge de jeunesse. Je demande aussi parfois à dormir chez l'habitant en échange d'une contribution et occasionnellement dans des casernes de pompier. Ça permet de faire quelques économies.
Prochaine mission : trouver un bateau stop pour passer du Panama à la Colombie.
< Yann Wintenberger
Plus...
Festival de la Vallée de Baliem en Papouasie occidentale
Dans les montagnes, au centre de la Papouasie occidentale indonésienne, se déroule chaque année pendant 3 jours en août, le Festival culturel de la Vallée de Baliem. Le seul accès à cette région est l’aéroport de la petite ville de Wamena.
Le festival met en valeur les traditions et costumes des tribus papous Dani, Yali et Lani qui vivent aux alentours. Plusieurs districts y participent en constituant leur groupe d’acteurs-danseurs.
Après une heure de piste dans un bus public sans âge et rempli au maximum, toit inclus, j’arrive au village de Wosilimo. L’entrée est payante pour les touristes qui sont venus nombreux. Mais les spectateurs papous eux, n’ont pas accès aux estrades et ils se mélangent peu aux étrangers.
Sur un vaste terrain, les groupes se succèdent simulant des attaques, présentant des danses rituelles et des jeux. Les tribus se distinguent par leurs « kotekas » (étuis péniens), leurs coiffures et leurs maquillages.
Pour moi, le vrai spectacle se produit auprès des grandes cases attribuées aux groupes. Malgré la nuée de photographes, je peux assister au plus près à quelques exhibitions, écouter chants et instruments de musique et admirer les parures.
< voir le diaporama
https://www.youtube.com/watch?v=JsZZHD-zrqk&feature=youtu.be
< Catherine Jeudy (44)
Les plateaux repas en avion
Pour beaucoup le seul et unique critère exprimé pour l'achat d'un billet se limite à son coût easyvols est un comparateur pour trouver les prix les plus bas sur le marché, l'objectif étant bien entendu de trouver le tarif affiché le moins cher possible.
On ne cherche pas un billet pour partir une semaine aux Baléares de la même manière que lorsque l'on souhaite passer six mois en Amérique du Sud.
C’est pourquoi pour les billets d’avions et les prestations des compagnies, Easyvoyage, propose de répondre à un sondage sur les plateaux repas servis dans les avions.
En répondant à ce sondage, vous pouvez également gagné deux billets d’avions pour New York , au tirage au sort.
Explo monde
11 ans que nous sommes rentrés de notre 1er tour du monde. 11 ans pendant lesquels nous avons donné naissance à 4 nos enfants.
11 ans que nous rêvons de repartir en famille sur les routes du monde.
Le 7 septembre prochain, notre projet va enfin voir le jour.
Australie, Asie du sud-est, Amérique latine et Amérique du nord : camping car pour les pays à budget élevé, transports locaux pour les autres et quelques vols pour relier les différents continents.
Nous partons sac au dos avec l'envie de découvrir de nouveaux paysages, de cheminer au fil de nos rencontres, de nous perfectionner en anglais et en espagnol ; mais également d'offrir à nos enfants une expérience de vie riche et inoubliable et peut-être leur transmettre le goût du voyage et de l'aventure.
Mathieu Le Lay invité au festival des Globe-Trotters
En tant que réalisateur, je me suis efforcé de comprendre la démarche et la personnalité d’Alexandre pour que le public puisse au mieux entrer en immersion dans son univers qu'il qualifie d'éthéré. Mon travail a été de retranscrire en vidéo les ambiances que l’on peut retrouver dans son travail photo, des ambiances sombres, dramatiques, parfois mélancoliques. Le film s’articule autour de la quête de l’image éthérée, cette recherche constante d’inspiration, en évoquant aussi les pertes d’énergie dues à l’épuisement, aux remises en question, à la nécessité de renouveler son art. C’est tout ce travail autour de l'image en nature dans des conditions parfois difficiles (températures très basses, vents violents) que j'ai souhaité restranscrire au mieux au travers du film.
Tous mes sujets de film émanent de fascinations personnelles. J’ai moi-même été séduit pas le travail et l’univers de ce photographe que j’ai découvert en 2011. Alexandre ne fait pas seulement de belles images, il sait aussi y mettre de sa personne dans son travail. C’est un être solitaire qui se connaît intérieurement, s’est découvert très jeune. Un artiste dans l'âme. Il s’inspire de musiques et autres artistes comme des peintres qui nourrissent ses visions pour composer et sublimer les scènes de paysage dans la nature.
Dans l’élaboration de ce projet, il a fallu dès le début mettre par écrit l’idée du film et mes intentions au travers de sa réalisation. Il était en revanche plus difficile de développer un réel séquencier précisant le déroulement des événements en fonction des lieux que nous allions explorer. En documentaire, la part d’inattendu intervient toujours avec force et constance; le hasard et l’incontrôlable font partie intégrale du scénario et c’est aussi, selon moi, ce qui en fait toute la magie.
Les principales scènes du film se déroulent dans les Alpes (près de chez Alexandre en Haute-Savoie) et en Patagonie car nous avons vécu une immersion d’un mois dans ces contrées lointaines d’Amérique du Sud. D’autres scènes ont été filmées à l’occasion d’un voyage photo en Islande et en Bretagne sur un tournage plus ponctuel sur l'île d'Ouessant, une île que j’affectionne particulièrement (je suis originaire de Bretagne). Mise à part la Bretagne, les destinations et lieux spécifiques ont été choisi par Alexandre car lui-même les avait déjà grandement exploré. Dans les Alpes, ce sont des endroits qu’il connaissait parfaitement à la suite de ses nombreuses explorations solitaires. Pour la Patagonie et l’Islande, Alexandre avait déjà réalisé des séjours photogra- phiques auparavant. Pour les tournages, la Patagonie faisait notamment l’objet d’une expédition inédite de 8 jours, qu’il avait longtemps réfléchi auparavant, autour du Mont Fitz Roy, une montagne mythique située dans le parc national Los Glaciares côté argentin.
Ce projet a été l’occasion de tester du nouveau matériel dans lequel j’avais investi : le glidecam HD 2000, un steadycam qui permet de réaliser des images stabilisées tout en mouvement. C’était l’outil idéal et indispensable pour suivre un personnage évoluant dans les grands espaces sauvages. J’ai aussi expérimenté les rails de travelling aussi bien en vidéo qu’en photo. Enfin, à l'occasion de ce tournage, j'ai pu cadrer mes premières images aériennes avec le pilote de drone Yoann Périé, un bel outil pour rechercher des angles nouveaux depuis le ciel. Cela apporte un plus au niveau du dynamisme et de grandeur aux paysages traversés.
Au niveau des conditions de tournage, nous avons porté des charges de plus de 30 kg pendant l'immersion d'un mois en Patagonie. C'est trop. Beaucoup trop. Les lanières des sacs cisaillaient nos épaules, on boitait à la fin de chaque journée. C’était assez fou de notre part de penser que nous pourrions amener tout ce matériel sur les hauteurs, en traversant pierrier et glacier. De ces expériences, nous en avons tiré les leçons par la suite.
J’ai travaillé de nombreuses heures pour trier la quantité d’images ramenées des tournages, puis pour prendre certaines décisions que nous avions l’habitude de prendre à deux devant le banc de montage. Le film monté comme il nous convenait durait 55 minutes, soit trois minutes de trop pour la livraison d’un 52 minutes aux diffuseurs télé. Enlever trois minutes à ce moment-là fut très difficile... L’enregistrement de la voix-off par Alexandre était aussi un exercice peu évident pour quelqu’un qui n’est pas habitué à poser sa voix en studio.
Il me semble aussi important de préciser que la réalisation de ce film s’est effectuée avec très peu de moyens en production. Il y a une part d’investissement personnel qui n’est pas négligeable pour pouvoir réaliser ce film.
Les nombreux retours autour du film que nous avons reçu sont très agréables. On sent que le public est transporté dans l'univers éthéré du photographe, dans sa quête de l'image, avec toutes les difficultés rencontrées, et que cette notion d'inspiration parle à chacun d'entre nous, peu importe finalement si nous sommes photographes ou pas.
Carnet de terrain dans les contrées sauvages d'Amérique du Sud.
Nombreuses sont les personnes à s'imaginer la Patagonie comme étant de vastes contrées sauvages aux couleurs éclatantes et resplendissantes, notamment à l'automne lorsque les feuilles des arbres virent du vert au rouge avant de faner. Ces paysages, nous avons eu la chance de les côtoyer pendant un mois. Au cours de ce voyage à l'autre bout du monde, la Patagonie aura toujours suscité en moi de vives émotions... J'en ressors encore bouleversé.
Nous avons ainsi choisi l'automne pour explorer la Patagonie, avec ses terres de tous les extrêmes. Un mois pour se donner le temps d'errer sur les sentiers autour du Mont Fitz Roy (Argentine) et ceux des Cuernos à Torres del Paine (Chili), deux lieux stratégiques dans la quête d'Inspiration d'Alexandre Deschaumes. J'espérais un déclic pour le photographe pendant ce séjour dans le renouvellement de son art et ses récentes remises en question. Je pense qu'à plusieurs reprises, il a pu être inspiré comme je l'imaginais, malgré parfois aussi des passages plus délicats à vivre qui font partis de l'aventure.
Du côté d'El Chalten (Argentine), nous envisagions le tour du Fitz Roy en se donnant 8 jours, notre objectif numéro 1 car ce tour est très engagé et nous permettrait de découvrir des lieux insolites pour les prises de vue vers cette montagne géante qu'est le Fitz Roy. Nous sommes partis chargés, trop chargés. Pas moins de 30 kg répartis sur le dos et autour de la taille dans les sacoches photo. Dès la première étape, nous ressentons la douleur provoquée par cette charge irraisonnable, les bretelles des sacs nous cisaillent les épaules... Les pauses sont courtes mais agréables. Nous essayons au mieux de contempler le paysage que nous traversons mais les charges trop importantes gâchent un peu ce plaisir. Dès la seconde étape, le tour s'avère décisif puisque nous devons franchir le col du Paso Marconi, terrible glacier avec un total de 1200m de dénivelé sur l'étape. Nous pensons arriver en fin de journée...
Alors que nous avons entamé l'ascension sur le glacier, un des crampons d'Alexandre cède et vient nous stopper net dans la montée alors que nous approchons enfin du col à franchir. Le franchissement du col est redoutable et François, notre guide, parti en repérage ne peut que constater l'impossibilité d'assurer un total de 5 personnes à lui seul. Le constat est dur à encaisser : un crampon brisé en deux, des charges trop lourdes, un seul guide pour un passage aussi délicat... C'est déjà la fin de l'expédition. Depuis des mois que nous y pensions... nous devons déjà faire demi-tour et retourné au camp précédent avant que la nuit tombe et que nous restions coincé au milieu de cette nature extrême qui ne cesse de se déchaîner par ces vents violents qui soufflent en rafales. Dans la noirceur extrême de la Playita, Alexandre parle dans son dictaphone, se confie et raconte l'échec du tour du Fitz Roy; il essaye de comprendre ce qu'il s'est réellement passé et surtout pourquoi les événements ont tourné ainsi.
Malgré cet échec sur le tour du Fitz Roy, nous avons planifié d'autres treks, moins engagés, mais tout de même... De longues heures de marche nous attendaient à nouveau, un peu moins chargés que sur le tour. C'est donc l'esprit plus léger et avec des fourmis dans les jambes que nous avons repris la marche dans ces immensités désolés. Je ressens très vite l'excitation d'explorer des endroits hostiles et impressionnants, même si dans un coin de la tête je redoute un retour précoce d'une douleur au genou gauche survenue dès les premiers jours de l'aventure. J'essaye de ne pas y penser pour profiter pleinement de ces instants qui s'offrent à nous.
Les forêts et couleurs d'automne sont merveilleuses. Les paysages devant nous sont d'une extrême beauté. Aussi bien les Cuernos que le Mont Fitz Roy se dressent au-dessus de nous tout long du parcours et nous marquons quelques pauses pour contempler ces montagnes agressives et oppressantes. Drôle de sensations et de sentiments lorsqu'on se retrouve seul, juste en-dessous de ces montagnes. Des nuages les recouvrent très souvent entièrement, mais lorsque le ciel se dégage, le spectacle est grandiose. A l'aube et au crépuscule, nous avons pu vivre des moments où la lumière était magique, presque irréelle. Je crois que c'est ce retour à l'essentiel au cours de ces tournages qui m'aura le plus marqué.
Tout au long de cette aventure d'un mois en Patagonie, mon travail consistait à tourner des séquences pour le film. Je me suis donc focalisé sur Alexandre et son interaction avec la force des éléments. Nul doute, la Patagonie est l'un des endroits rêvés pour évoquer l'homme face à la puissance des éléments naturels. Des rafales de vent soufflaient en permanence accompagnées de pluies quasi torrentielles.
On a souvent vécu des moments magiques, presque irréels, où la stimulation qui entraîne la création prenait de plus en plus d'ampleur. Depuis le mode Live View de mon boîtier, je me laisse souvent guidé par la lumière, attiré par la force des éléments, bercé par le moindre mouvement, fasciné par l'homme évoluant dans ces environnements hostiles.
On a aussi frôlé des images rêvées. Il ne manquait parfois pas grand chose et un rien nous échappait. Le soleil se lève sur les Cuernos. C'est l'excitation de part et d'autre avec Alexandre. Il a fallu faire vite, surtout ne pas traîner. Assurer au moins une prise de vue, une séquence filmée, au moins un plan de cet instant où la lumière fut magique. Alors on se dépêche, la magie des lumières ne dure jamais bien longtemps. Nous savions éperdument qu'à cet instant précis du voyage, nous étions en train de vivre un des moments les plus marquants,
Chaos.
Tout élément terrifiant est, au plus profond, une chose impuissante qui réclame notre aide. Source de vie, le chaos est rempli d'espoir parce qu'il annonce une renaissance. On dit aussi paraît-il que du chaos naît une étoile...
Mais imaginez-vous, un instant, plongé dans ce néant tumultueux, un espèce de vortex incompréhensible, le désordre général au point de perdre tout repère, affrontant les vents tempétueux soufflant à plus de 100km/h, avoisinant même les 150km/h... Constamment déséquilibré et balancé de plein fouet, chaque pas devient alors un effort considérable pour lutter et avancer face à ce déchaînement.
Nous sommes dans la montée vers le Lago de Los Très (Patagonie, Argentine) où nous espérons passer la nuit juste devant le Mont Fitz Roy. Mais ici, dans la montée vers le lac, les quarantièmes rugissants se faisaient de plus en plus violents, s'abattant sur nous avec force et constance. Quasi surnaturel... Parfois même, cette effroyable sensation de lâcher prise avec le sol... Il arrive que les pierres se mettent à rouler, la neige se soulève avec furie, les visages s'engourdissent... C'est assez terrifiant.
Dans cette montée inoubliable, je voulais surtout à tout prix filmer Alexandre dans des conditions chaotiques. Il arrive heureusement que les rafales se calment. A l'abri derrière un rocher, j'ai pu sortir le matériel vidéo, puis tourner quelques images... trop rapidement, voilà déjà la prochaine déferlante de vent et de neige qui arrive droit sur nous....... C'est le chaos.
Alexandre est un artiste, aussi bien bon musicien, qu'excellent photographe. Il dépeint les paysages du monde avec une vision onirique et artistique.
On découvre dans ce documentaire son travail et sa personnalité atypique. Ce qui m'a touché et ce que j'ai trouvé le plus frappant de ce qu'il en ressort de ses images, c'est l'atmosphère et l'ambiance que chacune d'entre elles révèlent. La composition, la lumière, l'angle de prise de vue, tout a été réfléchi avec minutie. L'image est sublimée à sa manière. Et pourtant, une fois qu'on l'observe sur le terrain, le temps d'exécution d'une photo est parfois très rapide. On le voit courir partout, dans tous les sens, les lacets défaits, sur les crêtes des sommets, à la recherche de la belle lumière qui, on le sait tous quand nous faisons un peu de photographie de paysage, ne dure jamais longtemps.
Une vraie collaboration avec un photographe
L'avantage dans les tournages de ce film, c'est que nous avons tous les deux utilisé exactement le même matériel pour filmer (boîtiers photo Canon 5D Mark II & III). Alexandre a activement participé au cadrage des images sur le terrain, travaillant ensemble sur les ambiances obscures et la lumière. L'idée était d'obtenir le rendu photo de ses images en vidéo. Pour cela, il a fallu que j'adapte certains procédés techniques pour parvenir à ce rendu d'images propre à Alexandre. Il fallait prendre le temps de concevoir quelques mises en scène, il était très sollicité et disposait en conséquence de moins de temps pour photographier. Si ce film est aujourd'hui ainsi, c'est grâce à cette collaboration entreprise tout au long d'une année intense de travail. C'est sans doute cette alliance qui fait aujourd'hui toute la force de ce projet.
"La Quête d'Inspiration" offre ainsi un mélange de nos deux regards sur la nature et particulièrement la montagne, notre terre de prédilection. Une année intense de passion et de dévouement, un travail quasi-quotidien pour que ce film puisse enfin aboutir et voir le jour. De la Bretagne, ma région natale, à la Patagonie, en passant par l'Islande et les Alpes, on aimerait toujours aller encore plus loin, plus haut, poursuivre encore un peu plus l'aventure… mais… comme tout, il a bien fallu s'arrêter. Nous nous sommes consacrés corps et âme à celui-ci et espérons ainsi à l'avenir renouveler cette expérience depuis nos évolutions respectives. Les idées nouvelles d'explorations ne manquent pas…
< Un DVD et un téléchargement HD du film
Un coffret double-DVD est en vente sur nos sites Internet respectifs (rubrique films). Le contenu est relativement important (près de 300 minutes de vidéo). On a souhaité montrer tous les à-côtés avec les coulisses de la réalisation du film, les moments de galères, les chutes, les moments de partage en équipe et bien d’autres aspects encore.
http://www.mathieulelay.com/films/alexandre-deschaumes-quete-inspiration/












