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Découverte d’une cérémonie qui dure trois jours pendant lesquels, dans une ambiance un peu mystérieuse, les Indiens mapuches réalisent une “danse de la pluie” et honorent la Terre Mère.

Il y a deux jours, nous nous sommes arrêtées à l’estancia Buena Suerte, “bonne chance” en français. Les propriétaires étaient là, et nous avons partagé de la viande de ñandù (sorte de petite autruche locale) avec eux. Leur peon, qui est mapuche (tribu indienne présente en Argentine et au Chili), était là lui aussi et il nous a parlé du Camaruco. Il s’agit d’une cérémonie indienne pour faire tomber la pluie. Le peon nous a dit que l’événement devait avoir lieu dans les “collines vertes” les jours suivants. Tout cela nous semblait assez magique, mais les informations étaient assez floues. Il nous a expliqué que le lieu était toujours déterminé au dernier moment et que lui ne le saurait que la veille voire le jour même...

Article de Fanny Hubinet

Retrouvez l'intégralité de cet article dans le Magazine Globe trotters n°136 !
Libye1En Libye , le changement  sera  violent: la population est clairsemée, le régime  très policier et  fermé (quasi pas de tourisme) et plus féroce (les prisonniers disparaissent purement simplement).

Il contrôle déjà très fermement les liaisons internet. J'avais eu déjà en octobre des problèmes de liaison là-bas) et routières. Il n'y a aucun simulacre d'élection («démocratie verte").

Le régime a des ressources pétrolières qui lui permettraient de lâcher du lest (comme en Algérie).

Mais le pouvoir est fragilisé du fait que Ghadafi a 68 ans (toutefois moins âgé que Ben Ali 74 ans ou Moubarak 82 ans), est au pouvoir depuis 41 ans et que se pose là comme ailleurs la question de sa succession dynastique.

Ce sont donc des points cruciaux pour ces régimes dictatoriaux.

Le pays est historiquement divisé en 2 parties distantes de plus de 1000 KM qui ont peu de points communs (ce n'est pas un hasard si les troubles ont lieu en Cyrénaïque où j'avais constaté un relatif relâchement du pouvoir de propagande), les deux voisins se sont libérés de leurs dictateurs d'où la contagion qui va jouer (comme pour l’Algérie  au temps de la décolonisation); la jeunesse connaît un fort chômage et rêve de partir.

Libye2Enfin le pouvoir tient Tripoli mais comme j'ai pu le constater a peur du souk (si ce dernier rejoint la contestation comme en Iran sous le Shah, je ne donne pas cher du régime).

Après avoir écrit ces notes, les évènements en Libye se sont accélérés. Le massacre a commencé et Tripoli a basculé. L'armée libyenne à la différence de la tunisienne et l’égyptienne, n'est pas neutre.

Le régime va l'utiliser à fond pour la répression la plus sanglante. En revanche, il semble qu'une partie de la police et des autorités bascule dans l'autre sens ...

Jean Alain Rault

Vallée de la Nam Ou, rivière du Nord Laos … De Phongsaly à Luang Prabang au fil de l’eau


La Nam Ou est une rivière qui prend sa source aux confins de la Chine avant de rejoindre le Mékong en amont de Luang Prabang au lieu dit Pak Ou (connu pour ses grottes sacrées).


LaosValle_Nam_Ou_01Pour ceux qui envisagent la descente de cette vallée vers le sud, il convient dans un premier temps, de rallier Pongsaly, bourgade perdue à l’extrême nord du Laos. On peut s’y rendre par une route étroite et sinueuse (naguère une piste défoncée) après avoir fait étape à Oudom Xay, carrefour régional incontournable. La région de Pongsaly semble idéale pour la randonnée : compter deux à trois jours à la découverte des villages ethniques dispersés dans ce massif montagneux. Les nuits, voire les matinées, sont fraiches et la pluie est habituelle en Décembre ou Janvier : le cas échéant, prévoir un vêtement chaud, de bonnes chaussures de marche et une protection du genre poncho de randonnée ou veste coupe vent. En outre, il est préférable de s’adjoindre les services d’un guide local pour ne pas s’égarer sur les pentes escarpées et boisées.


Les voyageurs peu enthousiastes à l’idée d’affronter de fortes dénivelées à travers la forêt de bambou pourront toujours profiter d’un séjour paisible à Pongsaly, lieu hors du temps, si proche de la Chine.

La descente de la Nam Ou en bateau ne laissera pas le voyageur indifférent. Les paysages se dévoilent au fil de l’eau : bancs de sables immaculés succédant aux roches déchiquetées ; forêt de bambou luxuriante accrochée au pied des falaises calcaires, se dressant à chaque méandre. La rivière tantôt accélère au rythme des rapides, tantôt s’étale comme un lac paisible.

 



De longues pirogues en bois propulsées au moteur assurent le transport depuis Hat Sa, minuscule village non loin de Pongsaly (extrême nord du Laos) jusqu’à Luang Prabang, la capitale du nord. Les arrêts successifs pour déposer ou embarquer des passagers offrent un spectacle coloré : pêcheurs en pirogues légères ; bétail en liberté ; villages noyés dans la végétation tropicale ; jeux des enfants dans l’eau


Chaque embarcation transporte une douzaine de personnes, bagages compris. Une bâche tendue sur une armature en bois protège de la pluie ou du soleil. Agencement rustique : on est assis sur une simple planche (un vêtement plié en guise de coussin améliore ce confort précaire). Inutile de se charger en nourriture : après un bon petit-déjeuner, des boissons et quelques fruits suffiront jusqu’à l’arrivée, en milieu d’après midi.


LaosValle_Nam_Ou_03Le transit depuis Hat Sa jusqu’à Luang Prabang se décompose en trois étapes d’une journée chacune, du nord au sud. Soit environ six heures de bateau chaque jour, mais aucune obligation d’effectuer le trajet complet. Le tarif pour les étrangers est de 100 000 Kips par étape (environ 12 $). Départ des pirogues chaque matin, habituellement vers 8h30.


Etape 1 – Départ de bon matin, en bus local, depuis Phongsaly, pour franchir les 20 Kms de route escarpée avant d’atteindre le point d’embarquement situé au village de Hat Sa, en contrebas dans la vallée. Un bon petit déjeuner pris avant le départ suffira pour l’étape, mais il sera judicieux d’emporter des boissons ou des fruits pour se rafraichir au long du trajet.


Etape 2
– Départ depuis Muang Khoua. Cette bourgade est accessible en car depuis Oudom Xaï … mais aussi par la route qui franchit la frontière du Viet Nam (Sop Houn), en provenance de Dien Bien Phu. Le charme des lieux compense le confort sommaire des guesthouses locales. Cette étape est la plus pittoresque et permet d’atteindre le village de Muang Ngoï Neua qui n’est à ce jour desservi par aucune route. La majorité des voyageurs s’arrêtent là pour deux ou trois nuits (randonnée facile alentour), avant de rejoindre Nong Khiaw, là ou un pont en béton enjambe la rivière.


LaosValle_Nam_Ou_04Etape 3 – Nong Khiaw est situé à une heure de pirogue en aval de Muang Ngoï Neua. Les voyageurs se regroupent habituellement sur la petite place du marché, en haut de l’escalier d’accès au débarcadère. Quelques gargotes permettent de se restaurer ou de se rafraichir. Cette dernière étape avant d’arriver à Luang Prabang n’est pas aussi captivante que les deux précédentes : les paysages sont moins pittoresques. La plupart des voyageurs choisissent de terminer le parcours en bus local à partir de Nong Khiaw, afin de gagner Luang Prabang au plus tôt dans l’après midi et trouver ainsi plus facilement une chambre pour la nuit.


Il faut savoir que la Nam Ou est l’une des plus belles rivières du Laos et qu’il ne s’agit pas là d’un circuit organisé par les tours operators locaux : chacun devra s’occuper de son hébergement et de ses repas (sans difficulté). Ce parcours est une alternative intéressante pour se rendre à Luang Prabang … Mais combien d’années encore la rivière sera-t-elle praticable avant la réalisation d’un projet de barrage dans la vallée ?


Franck Chauvery



Pays enclavé, sans accès à la mer, bordé sur toute sa partie occidentale par le Mékong, montagneux au nord et à l’est, le Laos ne possède, pour une superficie équivalente à celle de la Grande-Bretagne qu’une population de 6 millions d’habitants.

LaosJL_4Le Laos, malgré son dénuement, qui touche spécialement les minorités ethniques, mais pas elles seules, est un pays de diversité géographique et ethnique.

Le Mékong est autant un lien qu’une barrière, le drapeau national fait référence au Mékong représenté par la bande bleue ou se réflète le cercle blanc de la plein lune qui rythme les fêtes lao.

Voyage du 1er au 22 novembre 2010 pour un circuit dans le nord du Laos.

La saison des pluies était totalement terminée, les journées étaient encore chaudes mais les nuits se rafraîchissaient. Nous avons séjourné dans des gesthouses et mangé correctement dans des petits restaurants pour un budget moyen par personne et par jour de moins de 20€.
mercredi, 09 février 2011 10:05

Festival ABM en province

Festival ABM en province
Cliquez pour voir le programme

ABM AVIGNON

ABM NIORT
affiche_festival_globe-trotters_2011 affiche_NIORT
ABM NANTESABM CAEN
aff_rencontres_de_laventure_2011 caen1
L'autre Népal mon paradis « partagé »

C'est en mai 2004 que mes pas m'ont menée pour la première fois jusqu'à Bethani dans le village de
Takurdwara, en bordure de la zone forestière de Bardia, dans la plaine du Teraï. C'est un coin de nature où l'ethnie Tharu vit simplement, loin de l'activité et du bruit de Katmandou et où l'action locale de préservation de la faune et de la nature est très présente.

Le Parc National de Bardia

À Bethani, j'ai été accueillie chaleureusement par toute l'équipe du Racy Shade Resort, petit lodge situé à proximité de l'entrée du Parc National de Bardia. L'engagement de Shreedhar Pokharel et de Christophe Bouchoux, ses directeurs, pour la protection des tigres du Bengale du parc et pour le développement économique et écologique de cette région excentrée m'a incitée à rester plus longtemps avec eux. Pas nécessaire d'être scientifique ou politicien pour participer à la protection de ces tigres, il suffit de s'y intéresser et d'agir.

Il y avait 100 000 tigres divisés en 8 sous espèces dans le monde en 1900 ; 3 500 seulement subsistent de nos jours et 3 sous espèces ont disparu. Aujourd'hui, dans le parc de Bardia, on dénombre 36 tigres reproducteurs. C'est un écrin de nature incroyablement préservé sur les anciens territoires de chasse de la famille royale népalaise. La vie animale y était abondante autrefois et la population humaine peu nombreuse en raison des épidémies de malaria. Après les années cinquante, une campagne d'éradication de la malaria permit l'établissement de populations mais la faune sauvage diminua tant qu'il fallut créer une réserve, d'abord de 350 km² puis étendue, en 1985, à près de 1 000 km².

Au travers d'excursions à pied, à dos d'éléphant, en raft et en jeep, on peut explorer la nature et découvrir un écosystème complet. Le Népal est le seul pays qui permette la marche dans la jungle en territoire de tigres et c'est dans cette région qu'on a le plus de chance d'observer la "vraie vie sauvage". Pourtant peu de voyageurs viennent jusque-là. La jungle est habitée par quatre espèces de cervidés, deux de singes, des crocodiles, des loutres, des pythons, des rhinocéros unicornes, des éléphants d'Asie, des léopards, des tigres et des centaines d'espèces d'oiseaux. Des spécialistes, natifs des villages en bordure du parc, entraînés et diplômés, nous guident dans la jungle. Ils connaissent les animaux, les signes, la flore, les territoires et tout ce qui est nécessaire pour vivre une incroyable expérience avec les meilleures garanties de sécurité. Et, lorsqu'après trois heures de traque et d'affût, vous restez "scotchés" devant un jeune tigre qui traverse la rivière, tout doucement à quelques dizaines de mètres, c'est un sentiment de "petitesse", d'humilité et d'admiration qui vous coupe le souffle !

La population, quant à elle, survit essentiellement grâce à l'agriculture. Les gens sont démunis et cherchent dans le parc national, malgré les interdictions, ce qu'ils n'ont pas les moyens d'acheter : bois, plantes, viandes, poissons. La proximité entre l'activité agricole et la présence d'animaux sauvages est génératrice de problèmes : les herbivores mangent les récoltes et les tigres tuent les animaux d'élevage.

Une situation complexe avec d'un côté, un superbe parc national plein de merveilles qui peut disparaître si l'on n'y fait pas attention et, de l'autre, des gens avec un niveau de vie très bas.
À Bardia, on a compris que la conservation de la nature n'est envisageable qu'avec l'implication des populations locales. Et cette implication ne s'entend que si ces populations tirent un bénéfice du parc national. C'est ainsi qu'a été créé "Le système des zones tampons", système qui existe pour chaque parc national au Népal.

Le système des zones tampons, un système fait par et pour les locaux

Les villages situés directement autour du parc national sont regroupés en une association, elle-même divisée en plusieurs associations de zone, dirigées par les locaux. Ceux-ci décident et votent les projets communautaires : gestion de l'eau, de l'éducation, de l'agriculture, programmes sanitaires...
Le dispensaire du village a été financé et construit localement, ainsi que des écoles privées, des ponts, des canaux d'irrigation...
Chaque association possède une forêt communautaire où les locaux prélèvent ce dont ils ont besoin afin d'éviter qu'ils se servent à l'intérieur du parc.
Cela nécessite une gestion stricte pour l'entretien de ces forêts. La moitié des droits d'entrée du parc va à ces associations de la zone tampon. Les villages comprennent ainsi que la nature est plus bénéfique dans son intégralité que braconnée. L'autre moitié sert à la conservation de la nature et aux coûts de fonctionnement de l'administration du parc.

Là-bas, j'ai pu apprécier un retour à des valeurs simples et élémentaires, un vrai contact avec les Népalais au travers des balades, des discussions, des jeux, j'ai rencontré des enfants avides d'apprendre, des sourires permanents, des yeux curieux et rieurs, la simple envie de partager, un petit paradis, le meilleur des antistress...
D'ailleurs, j'y retourne régulièrement.

Texte et photos: Josiane Gares (95)

> Où loger
Racy Shade Resort
Takurdwara 5, Bardia, Népal
Tél. : 00977 84 690486
Compter 15 € par nuitée.
Accès en bus, depuis Katmandou (600 km vers l'ouest, compter 12 h de trajet) ou Pokara (en direction du sud, puis vers l'ouest), jusqu'au petit village d'Ambassa sur la Mahendra Higway.
Depuis Ambassa, une piste de 13 km vous mène jusqu'à Takurdwara (Bethani), à l'entrée du parc.
Plusieurs avions desservent Nepalgunj depuis Katmandou. De là, il reste 80 km pour atteindre Ambassa.
> Saisons favorables
mars/avril/mai et octobre/novembre
> Températures
Maximum en juin : 42° C
Minimum en décembre : 8° C
> Culture
Région habitée par l'ethnie Tharu, "le peuple de la forêt"
Culture artisanale très présente (maison typique, potier, tailleur...)
> Agriculture
Riz, blé, élevage, pêche
Santé
Pas de vaccin obligatoire
Traitement antipaludéen conseillé
Entrée du parc national : 10 €
www.racyshaderesort.com 



Un matin à Katmandou

L’automne dernier j’ai parcouru l’Asie, de la Chine jusqu’en Inde.

Un matin de novembre, je me suis trouvé à Katmandou, au temple de Pashupatinath. C’est l’un des lieux les plus sacrés de l’hindouisme. Il est consacré à Pashupati, une incarnation du dieu Shiva, protectrice de tous les êtres vivants.

Npal3Cet ensemble de temples en bois et en pierre est construit sur les rives de la petite rivière Bagmati. Comme Varanasi en Inde, ce lieu est imprégné d’un mysticisme et d’une transcendance que l’on éprouve rarement en Occident.

Il était sept heures du matin, le soleil s’était à peine levé. La première lumière de la journée, propre, vierge, invite la vie à se réveiller, ici plus calmement et respectueusement qu’ailleurs.

Les sons se distinguent clairement dans la sérénité environnante : les pas lourds des vaches errantes sur le pavé, les conversations matinales des oiseaux, le son lent et fort des cloches qui imposent la concentration.

J’ai suivi l’allée qui descendait à la rivière. Partout, on pouvait voir des singes qui couraient nerveusement dans toutes les directions, parfois même avec leurs bébés accrochés sur le dos. J’avais une pomme avec moi, je voulais la partager avec eux. Le singe le plus proche est devenu fou à la vue du fruit. Sans hésitations, sans négociations, il s’est dirigé vers moi et m’a enlevé la pomme avec ses mains agiles de petit voleur. Respectés comme des dieux ici, nos cousins se croient les vrais maîtres du lieu.

En arrivant à la rivière, j’ai contemplé la vue des pagodes en bois qui s’élèvent sur la rive droite, interdite aux non-hindous. Au milieu, le toit doré du grand temple Pashupatinath, quel bel équilibre entre mesure et majesté ! En bas de ces édifices, se dressent les ghats, les escaliers qui amènent le croyant à la purification des eaux sacrées de la Bagmati. Cet endroit, ces gestes sont investis d’une importance que nous, on ne saurait peut-être jamais sentir vraiment. Cette petite rivière, sale, verte, coule là au milieu, comme une barrière à la fois réelle et symbolique imposée aux esprits qui ne sont pas prêts à comprendre.

J’essaie de la franchir avec l’œil. Assis sous une chapelle, j’observe l’autre côté, un autre monde, tout nouveau et séduisant, et pourtant avec des sens familiers. Je me perds et je me retrouve dans cette étrange scène de l’existence.

Les fidèles qui s’approchent pieusement de la rivière pour remercier pour l’eulogie de la vie. L’eau qui bénit, qui donne la vie, qui amène aux dieux les prières et les offrandes.

Npal1Les sadhus, ces figures ascétiques, vêtus en rouge et orange, à la recherche d’une existence au-delà du présent.

Juste à côté, un corps, enveloppé dans un tissu blanc, posé sur le ghat, les pieds dans l’eau. Ses proches le préparent minutieusement pour son départ de ce monde.

Ils le couvrent de colliers de fleurs et de mantras, des prières pour la suite de son voyage dans le temps.

Néanmoins, la mort prend le visage de sa veuve dévastée, qui en larmes, lui caresse le visage pour la dernière fois.

C’est elle qui allume le bûcher funéraire. C’est la fin.

L’eau emportera les cendres du défunt vers une autre vie.

Et le monde continuera son cycle en sérénité, comme le cours de la Bagmati…

Nikos Thomopoulos


Jumin haut plateau péruvien

Cela fait bientôt un an que Célia et Simon ont entamé leur traversée à pied de l'ancien et vaste Empire inca "Tahuantinsuyu".
Ils nous invitent sur le Qhapaq Ñan qui longe le lac Chinchaycocha.

Juillet 2012, il fait - 15 °C. Notre tente est givrée aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur, mais nous venons de vivre l'un des plus beaux bivouacs de notre traversée à pied du Pérou.

Spectacle magique

Nous nous trouvons sur une rive du lac Junín — Chinchaycocha en quechua — et la brume envahit les lieux.
Lorsqu'elle se dissipe, elle laisse filtrer les rayons du soleil qui viennent réchauffer les nombreux flamants roses, dépliant leurs ailes, à la recherche d'un peu de chaleur. C'est un spectacle magique qui s'opère sur les eaux.
Frigorifiés, nous sommes invités par l'éleveur d'alpagas du coin à boire un café dans sa maison en adobe. Près du poêle alimenté au crottin, nos mains reprennent vie...
Perché à 4 100 mètres d'altitude, le lac Junín, deuxième plus important du Pérou, abrite de nombreuses populations d'oiseaux essentiellement marins tels le Bueyera Bleu, leYanavico ou le Zambullidor Blanquillo qui lui ont valu d'être classé en 1974 réserve nationale.

Avec ses 530 kilomètres carrés de superficie (équivalent au lac Léman en France), il ne représente pourtant que la partie Sud de l'immense plateau de Junín, situé au coeur du pays.

Une pollution minière dangereuse pour l'environnement et la santé

Pour atteindre les rives du lac, nous sommes entrés par le nord du plateau à travers de grandes étendues herbeuses. Dans cette pampa découpée en centaines de parcelles, seuls des lamas et des alpagas pâturent en toute quiétude. Pendant deux jours, nous enjambons barbelés après barbelés pour la traverser, à distance des routes et des zones minières. Malgré cet écart, la mine de Pacoyan, tellement imposante, reste ancrée dans le paysage.

Montagne découpée en pyramide à étages, elle pourrait facilement être confondue avec un temple monumental pré-inca. À l'inverse, la mine à ciel ouvert de la ville de Cerro de Pasco, qui fut un temps l'une des plus importantes mines d'argent du pays, est un trou béant au pied des maisons, obligeant la population à déplacer leurs habitations toujours plus loin. Néfastes pour la santé des habitants, en raison de la pollution qu'elles engendrent, ces mines attirent pourtant toujours plus de Péruviens, à la recherche d'un emploi et de nouveaux villages en parpaing voient le jour.

D'autres sont abandonnés et reconstruits au plus près des routes et des mines comme celui de Cochamarca, vivant mais sans âme.
Le vieux village désuet, lui, mais plein de charme, avec ses maisons en adobe, abrite une des plus belles églises coloniales bordant le lac Junín. Au XVIIe siècle, ces églises furent implantées par les conquistadors pour affirmer leur présence le long de l'ancien chemin royal inca, le Qhapaq Ñan.

Un plateau à part, un climat rude

Réchauffés, nous quittons la bergerie rustique, entourés d'une centaine d'alpagas, de lamas et de brebis.
Un agneau est mort durant cette nuit glaciale.
Le climat froid et humide rend la vie encore plus difficile dans ces pampas isolées...

Non loin de là, dans le brouillard, nous découvrons le vaste site de Pumpu. Ces ruines, constituées d'une large esplanade, avec un Ushnu, cernée par une centaine de bâtisses, étaient un centre administratif et cérémonial très important à l'époque inca. Implanté sur le Qhapaq Ñan, ce centre a connu une période glorieuse, mais il ne reste aujourd'hui que des tas de pierres laissés à l'abandon, comme tant d'autres au Pérou. Notre route se poursuit sur le Qhapaq Ñan, le long du lac. Parfois, celui-ci se retrouve immergé sous les eaux, laissant apparaître par transparence un magnifique chemin bordé de pierres.

Le niveau du lac a la réputation de grignoter les terres environnantes au fil du temps ; ainsi, le village de San Pedro a dû être déplacé à un kilomètre des berges. Au bout du lac, dans un dernier morceau de pampa, se dresse un mémorial. Ici s'est jouée la bataille, conduite par Simon Bolivar, qui marqua définitivement l'indépendance du Pérou vis-à-vis de la couronne d'Espagne en 1924.

Junín, un plateau à part dans les Andes péruviennes, boudé par le tourisme, reste un endroit contrasté et unique. Un lieu haut en couleurs : vert par sa pampa, bleu par ses eaux, rose par ses flamants, ocre par sa mine... Et si l'hiver nous a glacé les os, l'accueil de ses habitants nous a réchauffés.

Texte et photos: Celia Dandonneau et Simon Dubuis (75)
http://www.inca.dubuis.net




Yanqué, village authentique (Pérou)

yanque1La vallée de Colca est connue pour sa faune majestueuse, et ses grands espaces.

Cette vallée abrite aussi des villages authentiques, qui trouvent leur âme dans leur origine

Dans la vallée de Colca, au Pérou, il est des canyons au bord desquels on peut se laisser bercer par le tournoiement des condors, remontant des profondeurs à l’aide des courants d’air chaud. Leur ballet s’opère lentement, jusqu’à ce que l’objectif les perde dans l’immensité du ciel.

Mais les grands moments d’émotion se vivent déjà dans la traversée de l’altiplano…

Lorsque vous quittez Aréquipa, les volcans Mismi, Chachani et Pichupichu n’en finissent pas de vous accompagner. À près de 6 000 mètres d’altitude, leurs sommets semblent proches tout au long de votre route.

lundi, 24 janvier 2011 15:27

Instinct voyageur

Volcans, plongée et cités indiennes 
 
FabriceCe seront les principaux centres d’intérêts lors de ce voyage.

Pour mon prochain voyage au long cours, je pars en mars 2011 pour l’Amérique du sud.

Je commencerais en Colombie ou j’envisage de séjourner quelques temps. Puis, je poursuivrais par le Vénézuela, l’Equateur, le Pérou, la Bolivie, et les pays d’Amérique Centrale !

La durée du voyage est fixée entre 8 et 10 mois.
 
Vous pourrez me suivre sur mon blog sur lequel je partage ma passion des voyages depuis quelques temps déjà.


logoInstinctVous y trouverez aussi des infos pratiques !
http://www.instinct-voyageur.fr/
lundi, 24 janvier 2011 10:32

Brunch du 23 janvier 2011

Près de 30 personnes se sont retrouvés ce dimanche à l'occasion du brunch organisé par Jacqueline et Francine.

Un rendez-vous mensuel qui connait de plus en plus de succès.

Brunch Brunch1

Gili Gede, un coin de paradis.

Gili2Non loin de Lombok, la voisine de Bali, découverte heureuse d’un havre de simplicité préservée.

À l’issue d’un trek de trois jours sur le volcan Rinjani à Lombok, j’avais besoin d’un endroit où me reposer.

La plus grande des îles du sud-ouest de Lombok, peu touristiques pour le moment, me semblait tout à fait indiquée pour cela.

Ce trek, bien que peu technique, est très physique, les dénivelés sont importants, la chaleur la journée et le froid la nuit ajoutant à la fatigue. Cependant, l’effort en vaut la peine : la vue depuis le sommet couvre toute l’île de Lombok, depuis le volcan Gunung Agung à Bali à l’ouest jusqu’au volcan Tambora sur l’île de Sumbawa à l’est. L’ombre conique du Rinjani s’étend jusqu’à Bali pour se réduire progressivement au fur et à mesure que le soleil se lève. Les îles au large de Lombok semblent de petits cailloux jetés dans l’eau ; les trois îles Gili du nord-ouest —Air, Meno et Trawangan — forment un chapelet, comme un gué vers l’Agung qui est dans le prolongement…

À la fin du trek, je suis revenu à mon point de départ au village de Sapit sur le versant sud-est du volcan. Sapit est entouré de champs en terrasse.

Il y règne une ambiance de vie rurale traditionnelle.

Très peu de touristes viennent jusqu’ici et pourtant cela vaut bien le village plus connu de Tetebatu à Lombok ou encore les villages du centre de Bali. La culture du tabac prédomine depuis quelques années, rapportant le double de revenu de la culture du riz.

Il y a cependant une alternance entre tabac et riz, chacune des plantes poussant en trois mois.

Le tabac nécessitant moins d’eau est privilégié à la saison sèche.

Parmi les destinations encore authentiques et préservées du tourisme de masse figure le Nicaragua et particulièrement sa Côte des Caraïbes.

Situé entre le Honduras -célèbre grâce à ses sites Mayas et ses sites de plongée- et le Costa Rica -le paradis touristique central américain-, le Nicaragua est beaucoup moins connu du grand public. Son rang de deuxième pays le plus pauvre du continent américain (après Haïti) et une décennie de guerres civiles dans les années 80 lui ont donné une image peu flatteuse, bien qu'éloignée de la réalité actuelle.

Pour comprendre le Nicaragua, il faut d'abord se souvenir que ce petit pays de moins de 6 millions d'habitants est divisé en deux historiquement, culturellement et politiquement : cette division marque d'un côté la partie occidentale appelée el Pacifico, et de l'autre la partie orientale (la Costa), sur la Côte Caraïbe. Cette division est d'abord historique : contrairement à la Côte Pacifique, à l'Ouest, qui s'est développée sous le giron espagnol, la Côte Caraïbe a été sous influence du protectorat britannique jusqu'à la fin du XIXème siècle. Une des conséquences est l'usage très répandu de l'anglais créole sur la Côte Caraïbe. Culturellement, la Côte Caraïbe est aussi beaucoup plus hétérogène, avec la présence de différentes ethnies indiennes et d'origine africaine : créole, rama, sumo, garifuna, miskito,...).
Ces différences ont abouti, en 1987, à l'autonomisation politique de la Côte Caraïbe, et à sa division en deux régions : les Régions Autonomes Atlantiques Nord et Sud (respectivement RAAN et RAAS).

Ces différences sont également visibles du point de vue des infrastructures existantes : les villes du Pacifique sont beaucoup plus développées que celles des Caraïbes, et les routes sont très rares à l'est : les déplacements s'y font essentiellement par bateau.

Il est possible pour le voyageur de découvrir le pays, de partager le mode de vie des habitants, tout en les aidant. C'est ce que nous avons fait en passant nos congés à Bluefields, capitale de la RAAS (50 000 habitants), en participant bénévolement aux activités de l'association blueEnergy.
Nous avons travaillé à la réalisation de sanitaires, de filtres à eau pour la consommation personnelle, au forage de puits baptistes et également à l'installation d'éclairage solaire.

C'est à Rocky Point, une communauté proche de Bluefields, que les installations de panneaux solaires pour l'éclairage se concentrent actuellement. L'éclairage solaire allonge la durée d'activité des habitants, qui peuvent améliorer leurs revenus et faire étudier les enfants après l'école. C'est aussi un moyen de limiter l'utilisation d'hydrocarbures de plus en plus chers pour un éclairage plus que limité.

Pour se rendre à Rocky Point, il faut prendre un panga (sorte de hors-bord local) au port de Bluefields, car les routes sont inexistantes. Ce bateau peut transporter une bonne vingtaine de personnes et offre l'avantage de faire profiter du grand air à une vitesse suffisamment décoiffante pour atteindre Rocky Point en moins d'une heure. Lorsque la pluie tombe, les gouttes sur le visage sont de véritables petites gifles. Les passagers s'en protègent en déroulant, tout en naviguant, une simple bâche noire qui empêche toute visibilité pendant environ vingt minutes, durée moyenne d'une pluie tropicale.

installation solaireInstaller des panneaux solaires permet en général de passer la nuit chez l'habitant, de partager leur quotidien et leur joie quand la lumière s'allume à la tombée de la nuit, si l'installation est terminée à temps. Au cours d'une installation dans une maison de cinq personnes, Ricky, responsable du programme « Eau » de blueEnergy et moi-même avons pu vivre une ambiance tout à fait différente de celle de Bluefields.
Le contraste était saisissant entre le calme de la campagne et l'activité de la ville (dont les chants nocturnes des coqs), le chant des prières avant le coucher et la musique reggae des bars de Bluefields...
La famille nous a très bien accueillis et a mis à notre disposition des chambres avec lit et matelas. Quel confort, comparé aux hamacs avec moustiquaire intégrée que nous avions l'habitude d'utiliser ! La famille nous a également chaleureusement remerciés, et offert des ananas au goût incomparable avec ce que l'on connaît en Europe. D'une manière générale, la population se montre très accueillante envers les « Chélés » (Lait en espagnol et en verlan pour désignés les « blancs »).

Pendant ces deux semaines passées auprès de blueEnergy, nous avons pu rencontrer différentes cultures : créoles, rama... Hormis les activités de terrain, le travail à l'association est également très enrichissant, autant pour connaitre le développement durable que d'échanger avec les nicaraguayens et les volontaires permanents de tous horizons (USA, France, Belgique...). Les repas se partagent le midi avec l'ensemble du personnel.
Le soir, les volontaires s'organisent entre eux et nous avons pu ainsi profiter des pêches fraiches de poissons, de crabes voire de queues de homard -mais pour ces dernières, il faut s'armer de patience et trouver le commerce qui acceptera de vous les vendre plutôt que de l'exporter.

La vie est donc très agréable à Bluefields et s'il ya des risques de maladies, la ville est très bien équipée : J'ai pu en faire l'expérience lors d'une otite, très bien soignée dans le petit centre de soin de la ville.

> Christian Hérault




NICARAGUA
(48 USD - 36 € par jour en août 2010) 


nicaraguaweb
C.Garand
Quelques informations sur le NICARAGUA où je suis allée ce mois d'août 2010 : un excellent séjour ; je conseille fortement ce pays, peu fréquenté par les touristes en dépit de ses nombreuses richesses architecturales et naturelles ; une population ouverte et accueillante, bonnes conditions de sécurité... C'est un grand dépaysement dans une atmosphère détendue.

Etant donné que le NICARAGUA n'a pas d'office de tourisme, ce sont les hôtels et les musées qui donnent l'information (souvent très bien). En revanche, il est souvent un peu difficile de connaître les horaires des bus, notamment sur l'île d'Ometepe. Ainsi dans mon hostal à Ometepe, certains employés ne connaissaient que la moitié sud de leur île car ils ne prenaient jamais le bus. Pour eux, le nord d'Ometepe était déjà le début de l'inconnu.

Pour les excursions, les Nicaraguayens exagèrent le niveau de difficulté et la durée des randonnées, pour encourager les gens à prendre des guides locaux. En réalité, les randonnées sont toujours plus faciles que ce qui est annoncé. Certains sentiers ne sont pas balisés volontairement pour aussi encourager le recours aux guides.

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