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Récits de voyage (45)

mercredi, 19 juin 2019 09:05

Équateur : immersion en plein cœur de l'Amazonie équatorienne

 

Royaume de la jungle au pied de la lettre, l’Amazonie équatorienne abrite, à n’en pas douter, la plus importante diversité biologique au monde. Randonnée nature, rafting, balade en pirogue, immersion ethnique, observations animalières d’exception… Plus que jamais, l’Amazonie équatorienne allie aventure et réjouissances culturelles à découvrir lors d’un séjour en Equateur.

L’appel irrésistible de l’Amazonie

La forêt dense et sauvage de l’Amazonie a exercé depuis des générations un incroyable pouvoir de fascination sur les touristes à l’âme d’aventurier ou d’explorateur. S’agissant de l’Amazonie équatorienne, tous les atouts du tourisme d’aventure y sont réunis : la facilité d’accès, depuis l’aéroport de Quito ; un hot spot de la biodiversité mondiale, inscrit dans le patrimoine mondial de l’Unesco ; une bonne place dans le classement de World Travel Awards, reconnaissant la conformité des services hôteliers et des infrastructures du pays aux exigences du tourisme international ; enfin, une jungle de légende qui est une éternelle appétence pour les collectionneurs, les amateurs de pleine nature ou les curieux de paysages insolites au bout du monde. Êtes-vous épris d’aventure ? Laissez la côte du Pacifique ou les îles Galápagos aux adeptes du farniente. C’est en Amazonie équatorienne, la plus grande forêt tropicale du monde, que vous passerez vos plus belles vacances.

À la découverte de quelques espèces rares et emblématiques de l’Amazonie

Amoureux de faune et de flore, vous ne reviendrez pas déçus d’un séjour en Amazonie. Vous aurez le bonheur d’y croiser les plus étranges spécimens. Par exemple, les pacaranas ne prospèrent que dans l’Amazonie et la forêt embrumée des Andes. Troisième plus gros rongeur vivant sur Terre, après le castor et le capybara, il possède à la fois l’allure furtive du rat, la fourrure brunâtre d’un paca, les oreilles et le museau effilé d’un cobaye : une véritable énigme de la nature. Autre espèce endémique que vous pourrez observer : le lamantin de l’Amazonie ou « vache de mer », un gros herbivore aquatique pesant jusqu’à 450 kg et élisant domicile dans les eaux douces ou les lagunes du bassin amazonien. Se remuant à l’aide de sa nageoire caudale de forme arrondie, il se nourrit d’une grande quantité de plantes flottantes, dont les jacinthes d’eau ou les plantules de mangroves, contribuant ainsi à l’équilibre de la biomasse au sein des lacs amazoniens. Les dauphins roses sont aussi une simple et pure attraction : émettant des sons pour sonder le milieu ambiant, ils lâchent un jet d’eau de deux mètres à travers leur narine dorsal et fondent sur leurs proies en les immobilisant entre leurs dents pointues.

Côté flore, parlons-en ! Le bassin amazonien est le domaine des essences tropicales sempervirentes, dont des palmiers, des myristicacées – plantes arbustives à parfum —, des caféiers et une gamme unique de plantes à valeur culinaire et médicinale. Et l’on vous fait grâce des milliers de variétés d’orchidées, aussi impressionnantes les unes que les autres. Ayez à portée de main un appareil photo ; vous ne pourrez pas vous en passer !

Le tourisme en Amazonie Équatorienne

puyoL’Équateur possède une portion modeste de l’Amazonie équivalant à 12 000 hectares de couvert forestier dont l’une des portes d’entrée principale est la ville de Puyo. La jungle est tellement dense qu’un kilomètre carré compte plus de 150 000 espèces de phanérogames. Oui, c’est bien le chiffre exact !

Faire le tour de l’Amazonie est une expérience plus enrichissante en Équateur qu’au Brésil et en Argentine, par son côté plus authentique et moins touristique. Des groupes ethniques se sont retranchés près des fleuves amazoniens et essaient de vivre en harmonie avec le milieu naturel.

Le contact de ces peuples vous procurera des moments riches en émotion et en partage. Vous trouverez facilement des lodges de charme à la déco locale pour vivre à fond l’aventure amazonienne.

Les destinations de trek en Équateur

Pour faire le tour des trésors de l’Amazonie équatorienne, il est indispensable de connaître les bons endroits de trek et de randonnée. En règle générale, les parcs nationaux offrent un cadre idéal avec des lodges de bon rapport qualité/prix et une équipe de guides forestiers professionnels chargés de vous accompagner et de vous expliquer le rôle vital de la forêt ainsi que les caractéristiques spécifiques des différentes espèces rencontrées.

À ceux qui veulent vivre une expérience sensationnelle en plein cœur de l’Amazonie, le pays propose un afflux de réserves naturelles : la réserve de Cuyabeno, la réserve naturelle de Limoncocha, le parc national de Yasuni et la réserve de Huaroni. Deuxième parc de l’Équateur, Cuyabeno abrite la plus vaste zone humide de l’ensemble amazonien du pays, composée d’une mosaïque de lacs, de lagunes et de plaines herbeuses inondées. La rencontre des communautés locales sera pour vous une occasion d’apprendre le pouvoir des plantes, de déguster des galettes à base de manioc et de découvrir des mœurs traditionnelles. Pour les séjours à petit prix, Cuyabeno est une bonne affaire. Les plus téméraires jetteront leur dévolu sur Limoncocha ou Huaroni.

jeudi, 06 juin 2019 10:52

Shangri La, le petit tibet du Yunnan

Celui qui a lu l’œuvre culte de James Hilton gardera un souvenir des horizons sauvages et perdus de Yunnan. Au nord-est de cette province, le bourg montagneux de Shangri La est une perle incontournable lors d’un voyage au Yunnan. Il vous ravira par ses monastères, ses dzongs et ses vestiges bouddhiques qui ne sont pas sans rappeler l’ambiance tibétaine. Le cadre champêtre à Dukezong, l’activité pastorale et la religion très vivace viennent accentuer cette impression. À présent, la vieille ville se donne des airs d’un brillant centre touristique.

> Flâner dans la vieille ville de Zhongdian
Il existe de passionnants voyages qui vous transportent d’époque en époque et vous invitent à explorer des villes lointaines en restant dans le même endroit. C’est exactement ce que l’on éprouve en arrivant à Zhongdian. Le bourg a conservé son visage d’antan, avec son dédale de rues piétonnes, ses moulins à prière et ses maisons en bois et en terre battue, conformes à l’art tibétain typique. Un important chantier de reconstruction a compensé la perte lors du feu d’incendie qui a ravagé la ville en 2014. Aller à Shangri-La, c’est partager l’ambiance unique d’un village au bout du monde, se perdre dans ses vieilles rues et rendre hommage à ses temples, où se mêlent chants, offrandes et adresses aux divinités tantriques ; c’est aussi visiter son marché animé et coloré : bijoux, objets d’artisanat et tenues traditionnelles y sont légion.
monastere songzanlin> Monastère tibétain Gedan Songzanlin

Non loin de Zhongdian, le monastère Gedan Songzanlin est une icône incontournable du Yunnan. N’hésitez pas à faire une balade émouvante et dépaysante au sein de son enceinte. Bâti en 1669 et rénové au fil des ans, le complexe comprend des locaux où vivent les leaders spirituels du bouddhisme. Les autels, les gravures, les motifs ornementaux sur la façade des portes sont absolument uniques. Attardez-vous devant le bâtiment principal, qui est un remarquable exemple du goût architectural tibétain au xviie siècle.


> Monastère de Dongzhulin

Rien de plus envoûtant qu’un tour dans le monastère de Dongzhulin pour un voyage culturel au Yunnan et au Tibet. La construction de l’édifice remonte en 1667, mais il reste jusqu’à maintenant un lieu de dévotion populaire. Vous serez surpris par le nombre écrasant de fidèles qui viennent s’y recueillir, allumant des cierges au pied des idoles et implorant la bénédiction des dieux pour leurs affaires. L’intérieur est décoré de sculptures, de peintures murales et de tangkas en tous genres. Des 4 étages qui composent le monastère, le troisième est le plus beau, qui abrite les gigantesques statues du Bouddha Maitreya et du Bouddha Sakyamuni.

À la sortie du monastère, vous pouvez explorer les villages de ferme aux environs. La beauté sauvage de Benzilan, entre rivière, champs de légumes et rhododendrons des montagnes, sera un pur bonheur pour vous.
dukezong
> Ville de Dukezong

Jaillie d’entre les rochers et des ruines d’un ancien château, la vieille ville de Dukezong, traduite dans la langue chinoise par « cité de la lune », possède une culture à dominante tibétaine. Entre les rues pavées de la ville, vous remarquerez que les habitations sont bâties comme à l’ancienne en pierre et en argile blanche, et que les portes sont d’une sculpture délicate, attestant d’un haut niveau de perfection du travail du bois. L’aspect médiéval de Dukezong vous invitera à la rêverie. D’ailleurs, c’est ici que les immigrés tibétains affluent en grand nombre dans l’espace chinois. Dans un endroit coupé du monde, perdu dans la Chine himalayenne, vous découvrirez un peuple fier de ses traditions et vivant avec simplicité des produits de la nature. Une escapade idéale pour fuir le monde du capitalisme moderne.
Balade de rêve au lac de Napa

Dans une jolie réserve naturelle, à 8 km du comté de Shangri La, le lac de Napa est une zone humide présentant différents modes d’exploitation ; à l’approche du printemps, il connaît une forte crue en s’alimentant des eaux de pluie et du dégel sur les montagnes. Un grand nombre d’oiseaux aquatiques font la migration pour y passer l’été, comme les oies à tête barrée ou les grues à cou noir, une espèce de grue rarissime qui habite les plateaux de l’Himalaya, mais qui colonise les marais et les lacs de basse altitude pour nidifier. En hiver, la rivière est à sec et se convertit en prairies herbeuses, où le pastoralisme reprend ses droits.

La balade en vélo sur les sites du lac de Napa est très appréciée pour profiter du décor himalayen, sublime derrière les nuages. Laissez-vous charmer par la beauté des sites environnants. Selon vos envies, vous pourrez aussi louer un étalon à un prix très avantageux auprès des paysans locaux et, lâché dans la nature, vous adonner aux plaisirs de l’équitation.
mercredi, 05 septembre 2018 11:12

Visiter l’ouest Américain !

Qui ne rêve pas de visiter l’Amérique ? Ce célèbre pays dont la notoriété s’est forgée à travers ces simples mots : « le rêve américain ». Assurément, ce pays n’est pas réservé seulement qu’aux rêveurs, il est aussi devenu une destination phare pour de nombreux touristes.

Il faudrait tout de même de l’énergie pour visiter le pays. Et si vous débutiez par l’ouest Américain ? C’est un vaste territoire qui regorge de beautés naturelles et qui vous fera vaguement rappeler le temps des cow-boys. Avec un visa USA pour français, vous serez entièrement satisfait de ce que ce coin du pays vous réserve. Et ce dans la limite de votre énergie !

> Le grand Canyon
On ne saurait parler de l’ouest Américain sans aborder le sujet du Grand Canyon. D’ailleurs, ce lieu est célèbre dans le monde entier et on le retrouve dans de nombreux dessins animés célèbres tels Luky Luke ou encore les Simpsons. C’est un parc national très réputé dans le pays résultant d’un phénomène géologique qui s’est étalé sur plus de deux milliards d’années.
La gorge mesure 450 km de long avec une profondeur de 1,6 kilomètre. Il est facile d’accès et vous pouvez y trouver de l’eau. C’est un lieu idéal pour entamer des randonnées mais accompagnées. Il n’est pas très indiqué de s’aventurer tout seul au risque de vous perdre car 450 km c’est long quand même si vous voulez faire un film personnel sur « comment survivre tout seul dans le Grand Canyon ».

> Parc national de Yellowstone
Ce n’est pas une mauvaise idée d’enchainer les parcs si vous visiter l’ouest américain. Après le grand Canyon, c’est une très bonne idée de partir pour le parc national de Yellowstone. Et oui, comme son nom l’indique, vous y trouverez des pierres jaunes. Ce lieu dispose de sources d’eau chaude et de puissants geysers.
Il n’est pas vraiment facile d’accès mais il vaut largement le coup d’être visité. Avant de jouer les soldats vaillants, informez-vous sur la fréquence des geysers et de leur intensité. Le lieu dispose aussi d’une piscine naturelle nommée Grand Prismatic Spring avec des couleurs incroyables (qui vous fera vaguement rappeler la couleur de l’arc en ciel).

> La highway
Cette route est localisée en Californie et elle est connue comme étant une des plus belles routes du monde grâce à la belle vue dont elle offre quotidiennement. En sillonnant la route, vous pourrez faire des escales dans de nombreux lieux qui donnent une vue impressionnante sur les côtes sauvages, les montagnes imposantes ou encore les paysages de bord. Prenez le temps de passer par la route un bel après-midi, le paysage sera tout simplement magnifique.

> La vallée de la mort
Non, on ne parle pas ici d’un titre de film de frisson mais d’un lieu qui existe vraiment dans l’ouest avec sa température dépassant les 50°C. Ce lieu est très mythique et est devenu très culte dans de nombreux films. Il est localisé dans le désert de Mojave. Le lieu est entouré de dunes de sable et de montagnes. On y retrouve également de nombreuses espèces de plantes. Le lieu est assez impressionnant pour un nom aussi macabre mais c’est ce qui fait sa particularité après tout.

> Une virée en ville
Sans Francisco et Los Angeles au tableau, il ne faudrait surtout pas manquer de visiter les villes. On vous indique aussi Las Vegas pour ceux qui veulent essayer leur chance aux jeux. Dans tous les cas, les villes réservent des rythmes décalés mais amusants. Une occasion également de visiter quelques lieux qui mettent toujours en avant la vie des cow boys.


lundi, 30 juillet 2018 10:50

Coins de paradis : cinq magnifiques plages sauvages autour du monde

 

Nous vivons sur une planète magnifique mais de plus en plus menacée. En parlant des pollutions plastiques qui défigurent des utopies sauvages pourtant inhabitées tout comme du gaspillage de l’eau qui déstabilise des espaces naturels fragiles, Waterlogic a relevé un défi : sensibiliser l’opinion publique sur la catastrophe climatique imminente dans l’espoir d’initier un changement avant qu’il ne soit trop tard.

Si nous n’agissons pas rapidement pour freiner la surconsommation des matières plastiques jetables, nous risquons de voir nos côtes disparaître sous une mer de déchets. Dans cet article, Waterlogic vous emmène sur les plus beaux endroits de la Terre, de véritables coins de paradis que nous mettons en danger avec nos habitudes irresponsables. Nous vous ferons découvrir des jardins d’Eden inexplorés dans l’espoir de vous faire prendre conscience des trésors que nous devons protéger afin que nos enfants en profitent un jour.

Nous avons produit plus de 9 milliards de tonnes de plastique depuis 1950. La majorité de ces matières plastiques existe encore aujourd'hui, dont notamment le plastique à usage unique, véritable fléau des océans. Le Forum Économique Mondial estime que près de 8 millions de tonnes entrent dans nos mers chaque année. Si l’on suit cette estimation, on arrive à une terrible conclusion : en 2050, la mer pourrait contenir plus de plastique que de poisson.

Nous voyons déjà les premiers effets. En Europe s’échouent sur les plages des cachalots morts empoisonnés après avoir ingéré des dizaines de kilos de plastique. Mais ce n'est pas seulement la vie marine qui en souffre. De nombreuses destinations côtières célèbres ne peuvent plus résister face à la pression du tourisme de masse.

Maya Bay, magnifique plage thaïlandaise rendue célèbre par la superproduction hollywoodienne 'The Beach', a été récemment fermée temporairement par les autorités. Sa surexploitation détruisait l’écosystème local. Le tristement célèbre littoral de Kuta à Bali est depuis devenu la proie de vagues de déchets qui se déversent sur le littoral.

Cependant, la beauté existe encore ailleurs. Découvrez dans cet article la sélection opérée des cinq plus belles plages sauvages de la Terre. Ile Cook

Ile Cook> AITUTAKI, LES ÎLES COOK
Cook

Si vous cherchez une escapade à la Robinson Crusoé, vous trouverez votre bonheur sur les îles Cook.
De nombreuses îlots cachés et des archipels secrets dansent dans les eaux cristallines.
Les rives désertes enveloppent le lagon turquoise d'Aitutaki. Dans cet endroit unique au monde, vous pouvez nager seul parmi toutes sortes de poissons tropicaux. Un lac privé. Immense.
Comme l’impression d’entrer dans une publication Instagram, tant les couleurs sont paradisiaques.
Rien d’étonnant à ce que ces îles figurent dans tous les guides touristiques.
Pourtant, le site reste encore calme et tranquille.

> L’ARCHIPEL BAZARUTO, MOZAMBIQUE
mozanbique

L'Afrique a la chance de compter d’innombrables havres de paix tropicaux.
Si vous avez déjà rêvé de dîner sur une île privée, ne cherchez pas plus loin que Bazaruto.
Ici, aucune trace de vie en dehors des bruissements de la faune marine.
L'archipel regorge de brins de sable qui vous invitent à traverser des mers azur et peu profondes.
Accessible seulement par bateau, cet archipel incarne la beauté à l’état pur.
La population prend grand soin de préserver la majesté de ce que la terre leur a confié. Voilà un niveau d’engagement pour la protection d’un écosystème dont toutes les autres communautés devraient s’inspirer !

> CHAMPAGNE BEACH, DOMINIQUE
dominique

La splendeur sauvage ne se résume pas à un simple sanctuaire de sable blanc.
Alors que les Caraïbes sont réputées pour leurs îlots paradisiaques, peu se sont aventurés sur le joyau caché qu'est la Dominique. Appelée «l'île Nature», elle possède une des biodiversités les plus riches de la planète.
Glissez de la jungle verdoyante dans les eaux cristallines avec pour seul fond sonore le bruissement des flots.
Pour une expérience hors du commun, découvrez l'enclave rocheuse de Champagne Beach.
Célèbre pour ses eaux effervescentes, les plongeurs nagent au milieu des sources volcaniques comme des jets d'eau bouillante qui jaillissent pour créer une source chaude incroyable.


> L’ÎLE DE PORQUEROLLES, FRANCE
Porquerolles

Face aux côtes françaises, en pleine mer Méditerranée, découvrez une île magnifique, protégée depuis 1971 au sein du parc national de Port-Cros. Véritable petit paradis, ses plages idylliques de sable fin aux eaux turquoises et transparentes attirent des visiteurs privilégiés. Les senteurs d’eucalyptus créent une atmosphère inoubliable.
Porquerolles est la plus connue des îles d’or. Protégée par l’État français, elle est aujourd’hui le refuge de plusieurs espèces animales et végétales rares.
Sur ces sentiers tortueux que vous pouvez empruntez pour de délicieuses randonnées pédestres ou à vélo, partez explorer les nombreuses criques.Un paradis protégé si proche de nous !


> L’ÎLE DE CUMBERLAND, GÉORGIE, ETATS-UNIS
Georgie

Encore trop confidentiels, les 28 kilomètres de la côte de l'île de Cumberland offrent pourtant de nombreuses possibilités d'exploration au large de la Géorgie aux Etats-Unis. Traversez ses marais, ses bancs de boue et ses ruisseaux de marée pour arriver sur des étendues de sable blanc habitées seulement par des chevaux sauvages, de vieilles tortues de mer, des tatous et toutes sortes d'artefacts historiques.

En explorant ce littoral, on ressent un sentiment nature sauvage et inexplorée. Bien qu'il y ait eu des aménagements dans la région, aventurez-vous à quelques kilomètres pour camper au bout de sentiers pour la plupart non cartographiés.

IL EST URGENT DE PROTÉGER CES ESPACES VIERGES

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cet article, rappelez-vous que nos espaces naturels ne peuvent pas supporter autant de pression. Nous devons tous agir pour nous débarrasser du plastique. L'Union Européenne a proposé récemment des mesures importantes pour retirer de la circulation les articles à usage unique les plus dommageables comme les cotons-tiges, les pailles et les couverts jetables.

Par ailleurs, plusieurs multinationales subissent des pressions pour mettre en place leurs propres contrôles sur le plastique. Cependant, notre dépendance quotidienne au plastique est telle qu'il faudra plus que des lois pour débarrasser le monde de ces déchets toxiques. Nous devons chacun modifier notre comportement et demander aux autres de faire la même chose si nous voulons voir un véritable changement vers des modes de vie plus durables qui permettront de préserver notre merveilleuse planète. Pourquoi ne pas opter pour des pratiques respectueuses de l'environnement et réduire la pression touristique sur les destinations de vacances à travers le monde déjà si fréquentées?

CONSEILS POUR UN VOYAGE RESPECTUEUX DE L'ENVIRONNEMENT
Ne pas louer une voiture et explorer les sites locaux en bus, en train ou en vélo.
Recyclez les journaux, les magazines et réduisez le nombre d'articles à usage unique tels que les serviettes et les couverts.
Agissez à l’hôtel comme vous le feriez à la maison. Évitez de demander de nouvelles serviettes inutilement, prenez des douches courtes et limitez votre consommation en énergie.


CONSEILS POUR UN VOYAGE RESPECTUEUX DE L'ENVIRONNEMENT

Ne pas louer une voiture et explorer les sites locaux en bus, en train ou en vélo.
Recyclez les journaux, les magazines et réduisez le nombre d'articles à usage unique tels que les serviettes et les couverts.
Agissez comme vous le feriez à la maison. Évitez de demander de nouvelles serviettes inutilement dans votre hôtel, prenez des douches courtes et limitez votre consommation en énergie.
vendredi, 12 mai 2017 17:21

Le chemin de l'Inca dans les pas de l'histoire

La randonnée la plus connue du Pérou reste une expérience unique, et inoubliable.

Le sentier vagabonde parmi les broussailles, épousant de douces collines et traversant des villages où les chaumières semblent avoir été épargnées par les siècles. Au réveil, le paysage est splendide. Sur fond de cimes enneigés, quelques campesinos, paysans indiens des montagnes, à cheval ou à dos d’âne, nous laissent l’impression de bien vivre au rythme de la nature. Le deuxième campement est déjà situé à plus de 3 000 mètres. Il devient alors de plus en plus difficile de marcher avec son sac à dos, l’oxygène se fait plus rare, et c’est presque perdus dans un brouillard épais que nous rejoignons notre campement.

Nous planterons la tente, tant bien que mal, la moitié sur l’herbe et l’autre sur la caillasse. Nous sommes près des ruines de Sayamarca qui nous dominent majestueusement du haut de leur falaise. Au quatrième jour le chemin est beaucoup plus abordable, quelques tunnels creusés sous la roche ajouterons au mystère de ce parcours. Un peu plus loin, nous découvrons les ruines de Phuyupatamarca où des murailles circulaires surprennent le voyageur. En contrebas, les marches d’un escalier de pierres s’enfoncent dans la jungle sur près de 600 mètres.

Vers six heures du matin, nous entamons une dernière étape jusqu’au col d’Intipunka, « les portes du soleil ». Puis c’est l’apothéose… Arrivant de la même façon que les Incas, le voyageur amorce la descente finale vers le Machu Picchu, http://whc.unesco.org/fr/list/274/ mettant ses pas dans les pas de l’histoire.

La cité de granit noir étagée sur plusieurs terrasses et surplombant les gorges de l’Urubamba du sommet d’une montagne abrupte a toujours été nimbée de mystère. La précision avec laquelle les pierres des édifices furent taillées et ajustées étonne encore. Le destin des habitants de cette ville demeure inconnu. Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la disparition de ses habitants. Et si vous n’êtes pas encore épuisés, tout près de ces ruines, un sentier abrupt grimpe jusqu’au sommet du Huayna Picchu. L’ascension est aventureuse par endroits mais là-haut est extraordinaire.

De nombreuses agences proposent de vous accompagner sur ce circuit dont Terres magiques https://www.terresmagiques.com qui depuis 13 ans, propose d’organiser votre séjour au Pérou avec son équipe francophone.
mercredi, 22 février 2017 15:54

GLOBE-TROTTERS MAGAZINE N°172 ARRIVE!

Le nouveau numéro du magazine Globe-Trotters est en cours d'impression, il sera envoyé sous peu à tous les adhérents !

Mars / Avril 2017 : Les nouveaux #voyageurs

La nouvelle génération de voyageurs se jette corps et âme dans des #mondes où personne ne l’attend.

Qu’importent les doutes ou les mystères qui hantent leurs esprits, l’audace l’emportera toujours sur la peur ! Seul en plein désert à tout juste 20 ans : rien n’arrête ces voyageurs chevronnés qui osent relever tous les défis.

Plutôt que l’ambition ou la reconnaissance que cherchaient nos ancêtres explorateurs, c’est l’humilité et l’altruisme qui les animent. Conscients que la réalité du monde est préoccupante, les nouveaux voyageurs 2.0 se préparent à vivre des expériences profondes. Sensibilisés très tôt par les médias aux problèmes environnementaux ou géopolitiques, ils osent se heurter au pire comme au meilleur. Quels que soient les moyens matériels dont ils disposent, rien ne pourra les détourner de l’essentiel. Ni l’épuisement, ni l’imprévisible!

Victimes des emprises superficielles de la société, ils ont le courage de renoncer à leur univers. Ils veulent comprendre ce qui les entoure et y puiser une énergie nouvelle. De culture ou de langue différente, ils réalisent que peu de mots suffisent pour créer une véritable communion. Avec intégrité, ils partagent sans complexe le quotidien des communautés.

À travers ce numéro, vous verrez où leur liberté d’esprit les a menés. Du Japon cosmopolite à Prague multiculturelle, en passant par une traversée unique en cargo : venez partager leurs périples étonnants. Découvrez les enjeux écologiques uruguayens pour protéger la nature et laissez-vous enivrer par l’élégance de l’Estonie traditionnelle. Vous présentez leurs aventures, c’est ne vouloir rien oublier de ces visages et paysages rencontrés. À votre tour d’avancer vers l’inconnu. L’aventure n’attend que vous. Place à la hardiesse !
Sandrine Noël (75)


vendredi, 10 février 2017 17:13

Le crépuscule des glaces

Voilà déjà 2 semaines que nous sommes au Groenland. Nous avons réalisé une superbe virée en kayak le long de la baie de Disko, haut lieu de la civilisation SAQQAQ, frôlant des icebergs millénaires resplendissants. Mais un autre projet nous tient à cœur; la région des fjords de l'ouest, près de la ville de NUUK, a été habitée jusqu'aux environs du 14° siècle, par des colons vikings audacieux. Leur disparition mystérieuse nous pousse à aller explorer cette région méconnue et tenter d'en savoir un peu plus sur leur mode de vie, essayant de retrouver, notamment, les restes des fermes isolées dont il doit bien rester quelques vestiges...

Nous ne disposons que d'une carte au 100 millièmes mais cela nous semble suffisant. L'équipe se connait bien et on est prêt à affronter toutes les situations, en autonomie totale pour une dizaine de jours.

Nous affrétons une vedette digne de tourner dans un prochain James Bond et nous sommes déposés au village de KAPISSILIT en 2 heures de temps. Il a beaucoup plu avant notre arrivée et les sols sont trempés. Aucun chemin de tracé; nous devons faire notre propre itinéraire en suivant les courbes de niveau. Heureusement, la région est bordée par la rivière KAPISSILIT ( littéralement "la rivière aux saumons") et nous suivons son cours sans soucis sur la carte. De nombreux lacs jalonnent le parcours. Nous sommes assez chargé avec notre matériel vidéo et photo et les arrêts sont fréquents pour réaliser notre documentaire. Il fait grand beau, et, chose étonnante pour l'endroit, même plutôt chaud ! Notre thermomètre ira jusqu'à afficher 24°, un 13 août !Mais du coup, tous nos vêtements prévus pour affronter de la neige et du blizzard, même s'ils sont "techniques," alourdissent le poids des sacs. Notre vitesse de progression n'est que de 3 Km/h. Mais que c'est beau !

Le soir, la brume recouvre les lacs et au matin, le reflet des montagnes est sublime. Nous sommes seuls, heureux. Un bivouac dans ces conditions, c'est mieux qu'un hôtel 5 étoiles. Et c'est le vrai luxe !

Pour couronner le tout, nous avons emmené notre matériel de pêche afin d'accroître notre autonomie alimentaire...et nous ne sommes pas déçus....les ombles arctiques affluent de l'océan tout proche et remontent cette belle rivière que nous longeons depuis le début de notre randonnée. La pêche est parfois miraculeuse, et nous faisons de véritables festins, en cuisinant comme ont dû le faire les scandinaves installés dans les environs à l'époque.

Nous cuisons nos poissons sur un pierre chauffée après avoir réalisé un imposant feu de broussailles et de racines sèches ( il n'y a pas d'arbres au Groenland). Les repas sont exquis; le poisson frais est succulent; la graisse savoureuse dégouline quand nous mordons à pleine dent dans leur chair au goût subtil et du coup, légèrement fumé.

Nous pensons bien que les vikings ont dû faire pareil banquet à cette époque de l'année. Et nous repartons justement pour localiser les restes d'une première ferme que nous ne tardons pas à découvrir, au 3° jour de notre départ, le long d'un joli lac poissonneux.

L'herbe est un peu plus verte que le reste de la zone plus sèche et rocailleuse Nous filmons ces murs en pierre sèche ou ce qu'il en reste, suffisamment en tous cas pour distinguer chaque pièce, malgré les broussailles envahissantes. Et nous imaginons facilement la vie qu'ont dû endurer ces populations courageuses et isolées, installées ici pendant plusieurs générations!

Et soudain, c'est LA découverte ! Le long d'un muret effondré et entouré de terre, lavé par les pluies incessantes, je remarque une pierre différente. Pas de doute, cette pierre a été travaillée, sculptée, pour servir de plat, d'assiette ou de bol; des traces de feu attestent même de son usage en cuisine. Les coups de burin sont très marqués, un peu grossiers, mais il y a une belle petite anse arrondie de réalisée. Un travail très proche des sculptures Inuit que nous avons déjà observé aux îles Belcher ( Nunavut/ Canada)/ Je me met à imaginer que cette pierre, transformée en bol, a peut-être été offerte par un "Inuit chasseur" à un "viking paysan"...

Plus tard, nous verrons au musée de Nuuk, que ces objets en pierre étaient également fabriqués par les scandinaves qui ont dû copier la même technique que leurs voisins.

En poursuivant l'exploration du site, et en surplomb, nous découvrirons avec émotion, plusieurs tombes; manifestement, le cimetière de cette ferme isolée.

Nous repartons dans l'idée de découvrir d'autres sites.

Alors que nous marchons depuis plusieurs heures, 3 détonations assez proches nous surprennent...

Un peu plus tard, nous tombons presque nez à nez avec un groupe de chasseurs groenlandais en tenue de combat. Et visiblement, ils ne sont pas là pour la galinette cendrée !

Deux d'entre eux portent sur leur dos chacun la moitié d'un renne qu'ils viennent de tirer. Leurs vestes sont maculées de sang. Je me met à penser que plusieurs siècles auparavant, les colons scandinaves ont dû réaliser les mêmes gestes pour leur survie. Surtout qu'ils feront sécher leurs quartiers de viande au bord du fjord qui, ce soir là, avait repris son aspect "historique"! Nous aurons droit à une interview mais pas à un morceau de viande ! ( juste un petit bout de gras). Dommage ! On est toujours affamé en randonnée !

Le lendemain, un épais brouillard recouvre tout le fjord... On est dans la patouille !…

Texte: Pierre-Marie HUBERT
Photos: Bernard TRUMLER et Philippe BEAUMOIS
www.nescope.fr       
dimanche, 25 septembre 2016 11:44

A l’assaut du lac de Churup (Pérou)

Arrivés depuis plusieurs jours à Huaraz, au cœur de la cordillère des Andes péruviennes, nous prenons nos marques et surtout notre souffle avant l’ascension qui nous mènera au lac de Churup. Huaraz est le point de départ de nombreux trecks dans la région. La ville est également réputée dans le pays pour sa douceur de vivre à près de 3 080 mètres d’altitude !

  Après un réveil toujours difficile à cette altitude, nous nous préparons pour la randonnée à travers les Andes. Le temps est parfait puisque le soleil est au beau fixe en plein mois de septembre. Les sacs à dos étant remplis, nous prenons alors un taxi afin de nous conduire au départ d’un des sentiers du parc national du Huascaran. Le dénivelé de la route nous met tout de suite dans le bain, et nous promet une ascension longue et difficile ! Il faut compter 3 heures pour monter, un peu moins pour redescendre. A peine quelques pas d’effectués, je ressens déjà l’altitude ! Nous sommes à plus de 3 900 mètres au-dessus du niveau de la mer. Je comprends à cet instant qu’il me faudra beaucoup de courage et de persévérance pour atteindre notre but. Mon frère, mon beau-père et sa belle-sœur, originaire de la région, ne souffrent pas du « Soroche » (ou le mal des montagnes). Ils me conseillent d’aller doucement, à mon rythme et de ne pas m’arrêter, mais comment faire quand on manque d’air ?

La longue et interminable ascension.

Sous prétexte d’admirer le magnifique paysage, après dix petits mètres d’efforts, je me pose quelques instants afin de reprendre mon souffle et surtout des forces ! Au loin, le mont enneigé du Huascaran surplombe la vallée. Je laisse mes trois compères partirent devant, tout en ayant un œil sur eux. Je reprends la marche pour quelques mètres avant de m’arrêter à nouveau ! Les jambes suivent, mais la respiration se fait plus difficile ! Toutes les deux-trois minutes, la pause s’impose à mon corps. Après un sursaut de courage, je persévère à marcher pendant dix longues et interminables minutes. Ma première heure de marche fut des plus éprouvantes. La suite du treck se fera uniquement au mental avec pour objectif : arriver au lac de Churup. Au détour d’un chemin, nous rencontrons une paysanne guidant ses moutons à travers la montagne. Notre guide parlant quechua, entame la conversation. Voyant ma tête essoufflée de « gringo », elle ne donne pas cher de ma peau en affirmant que je n’y arriverai jamais ! Mais impossible n’est pas français ! Ce sursaut d’orgueil me motive encore plus. Nous reprenons alors notre route, et mes chers amis reprennent également leurs distances.

  Plus loin, des silhouettes se forment devant moi ; il s’agit de mes compagnons de route qui m’attendent avant d’escalader des rochers pour atteindre le lac. Par chance, il n’a pas plu. Nous pouvons donc escalader sans trop glisser. Autrefois, une corde était installée pour permettre aux visiteurs de monter avec plus d’assurance. A notre arrivée, nous constatons à notre plus grand regret l’absence de corde. L’escalade se fera donc à « l’ancienne », du temps des explorateurs ! Cet ultime effort est récompensé par l’arrivée au somptueux lac d’altitude de Churup, culminant à 4 450 mètres. Cette étendue d’eau cristalline et ce mont enneigé sont d’une beauté incroyable, qui nous fait oublier toutes nos galères de la matinée. Je ne peux m’empêcher de goûter à cette eau, en provenance direct des glaciers ! Nos bouteilles d’eau étant vides, ce rafraîchissement arrive donc à point nommé. Nous en profitons pour nous ravitailler et pour nous reposer de longues minutes.

  La rapide et douloureuse descente.

L’heure tourne et les nuages gris arrivent. Il est temps pour nous de quitter cet endroit majestueux qui m’aura tant fait souffrir. Nous entamons donc la descente par le même passage d’escalade. Il est plus difficile de descendre ces rochers que de les monter. Nous prenons notre temps afin d’éviter toute chute qui pourrait fortement contrarier notre retour. Le fort dénivelé du chemin met à rudes épreuves les genoux. Malgré le souffle retrouvé, c’est à présent le corps qui souffre. Nous prenons ensuite un autre chemin pour redescendre plus vite en coupant à travers la montagne. Les petites pierres du sentier rendent la descente difficile. L’instabilité du sol provoque quelques glissades, mais pas de chute forte heureusement.

  Après deux heures de marche, nous arrivons à l’entrée du parc. Nous nous retrouvons seuls, sans moyen de locomotion pour rentre sur Huaraz ! L’aventure continue sans que nous le voulions ! Nous poursuivons alors notre descente en traversant les villages à la recherche de taxi ou de minibus. Après une recherche infructueuse, nous décidons de nous arrêter à une boutique pour nous ravitailler en Inca Kola, célèbre cola péruvien au goût de chewing-gum. Cette désaltération nous requinque. Plusieurs mètres plus bas, nous croisons le chemin du dernier minibus rentrant sur Huaraz. Notre sauveur est enfin arrivé. Le retour à la ville se fera donc motorisé pour le bonheur de nos jambes qui nous ont supportées tout au long de la journée ! Nous arrivons alors à Huaraz, il fait déjà nuit…

  Mickaël Méloni

 



mardi, 20 septembre 2016 15:21

L’univers de Cobá (Mexique)

Bien loin des sites archéologiques les plus visités du Mexique, Cobá offre une formidable promenade au cœur de la jungle et de l’histoire maya.

Après une rafraichissante baignade dans un cenote à proximité, nous décidons de partir à la découverte de la cité de Cobá. Moins connue que ses rivales Teotihuacan, Chichen Itza ou encore Tulum, elle essaie de résister aux sirènes du tourisme de masse, que connaît la péninsule du Yucatan. Aucuns vendeurs de bibelots à l’intérieur du site, seul un service de location de bicyclettes et de taxis-triporteurs proposent leurs services pour découvrir cet immense site de près de 80 km² ! Solution parfaite pour nous, nous décidons donc de prendre deux triporteurs avec nos deux enfants. Nous grimpons sur le devant des engins, et partons à la découverte du site sans trop se fatiguer…

Le site s’étend sur une immense surface. Toutefois, seule une petite partie est ouverte au public. Des fouilles sont toujours en cours et prendront encore de nombreuses années, tout comme les travaux de restauration. Abandonné au XVIe siècle, ce n’est qu’à partir de 1920 que les archéologues débutèrent leurs premières importantes fouilles du site. La concurrence avec le célèbre Chichen itza fait retomber Cobá dans l’oubli jusque dans les années 1970 ; date à laquelle le développement touristique de la région connait une expansion fulgurante. Le tourisme a donc eu comme point positif la construction d’une route, facilitant ainsi l’accès aux nombreux visiteurs avides de découvertes.

Le départ est lancé, nous partons avec nos deux triporteurs. Les chauffeurs de taxis (comme ils se le disent !) font également office de guides touristiques ! Ils agrémentent notre balade d’explications sur l’histoire de ce lieu. Le nom de Cobá ferait ainsi référence au Dieu du Soleil maya. En effet, certains archéologues affirment qu’à l’époque, ce site devait s’appeler « Kinchil Cobá » ; origine toujours en cours de débat ! L’influence importante de ce site sur la région serait lié à sa situation géographique ; au croisement entre les cités de la péninsule et les côtes de la Mer des Caraïbes. Il a ainsi pu bénéficier des avantages que procure cette route commerciale. A son apogée, la population de Cobá se serait élevée à plus de 50 000 habitants.

Après ces quelques parenthèses historiques relatées par nos guides d’un jour, nous arrivons sur le premier point de visite où se trouvent d’impressionnantes stèles gravées datant du VIIe siècle. Nous voilà ainsi face à la riche histoire de cette nation. Nous commençons à laisser aller notre imagination… Beaucoup de questions s’entrecroisent dans nos têtes : Comment vivaient-ils ? Comment ce site était à leur époque ? Que s’est-il passé pour qu’ils abandonnent ce magnifique lieu, si serein à première vue ? ….

Les interrogations persistent, mais il est temps pour nous de continuer notre chemin. Nous nous rendons au « Conjunto Pinturas », première construction maya que nous découvrons à Cobá ! La plupart des édifices sont datés entre 500 et 900 après J-C ! Néanmoins, des traces plus anciennes ont été relevées. A chaque détour, il est possible d’apercevoir des ruines cachées dans la végétation. Cette situation au cœur de la forêt tropicale rend ce lieu unique et incomparable face aux autres sites archéologiques ouverts au public dans la région. Les visiteurs sont dispersés sur tout le site. Nous avons dû en croiser qu’une petite vingtaine. Cette particularité environnementale permet donc aux voyageurs de s’évader et surtout de se prendre au jeu de l’exploration !

Sous l’écrasante chaleur du mois de juin, et accompagnés de nos bouteilles d’eau si précieuses, nous poursuivons notre découverte jusqu’à « Xaibe ». Il s’agirait d’un observatoire du ciel remarquablement bien conservé et bien restauré. Nous nous rendons ensuite à la célèbre pyramide haute de 43 mètres [« Nohoch Mul »], où tout le monde veut son selfie ! Toujours très peu de visiteurs, nous en profitons donc pour grimper tranquillement jusqu’à son sommet. La pente est accès difficile, surtout avec la moiteur ambiante. La récompense est au bout : vue panoramique à 360° sur toute la forêt ! Le point de vue est magnifique, mais attention tout de même au vide ! Après quelques photos, nous entamons la descente sous haute sécurité. Il nous faut plusieurs minutes pour redescendre, et de nombreuses gorgées pour nous hydrater !
En rentrant, nous commençons à apercevoir de plus en plus de groupes de visiteurs. Le retour à la réalité touristique est difficile. Il est temps pour nous de plier bagages…

Mickaël Méloni
lundi, 02 mai 2016 13:52

Et si c'était mieux là-bas ?

Dans les années 90, Lionel Cieciura s’envole pour l’Asie.

C’est le début d’un voyage extraordinaire qui durera une quinzaine d’années.

Il découvre les derniers hippies en Inde, les hauts plateaux tibétains, les rudes trekkings au Népal… la vie simple sur des îles paradisiaques, et celle plus dangereuse dans les jungles birmanes et laotiennes, au milieu de tribus primitives, de rebelles aux combats oubliés et de trafics en tout genre.

Lionel échappe à un accident d'avion en Indonésie, à une attaque à main armée au Cambodge, il négocie un contrat de trois millions de dollars en Inde, joue dans un film de guerre au Vietnam…

Bref, il apprit à s’adapter à tout, y compris à déjouer les pièges de la corruption et de la violence dans certains pays.

Vous retrouvez toutes les aventures de Lionel dans son dernier ouvrage "Et si c'était mieux là-bas" en vente sur son site www.conseils-de-voyages.com
mercredi, 06 avril 2016 11:00

Amazonie colombienne

En cette fin de matinée du 1er Février 2016, nous volons en direction de la Colombie, pays s’étalant sur 1,14 million de km2.

Pendant de longues années, la Colombie a été évitée par les voyageurs en raison d’un conflit intérieur complexe et d’une guerre de la drogue internationale qui ont compliqués à outrance la vie quotidienne des habitants.

Malgré des efforts importants pour corriger son image, la Colombie présente encore bon nombre de zones dangereuses. Même à Bogota certains quartiers restent non fréquentables. Le quartier Barrio Egypto est à éviter. Les agressions au couteau et le trafic de drogue sont courants à l’extrémité nord du Parque de los Periodistas. Il est préférable d’éviter la route entre l’Universidad de Los Andes et Montserrate. La liste n’est pas exhaustive.

Nous ne serons pas concernés par les problèmes de sécurité de Bogota, notre destination se situant tout au sud du pays, au cœur du bassin amazonien. A cette pensée, immédiatement surgissent des visions de forêt vierge, de vie sauvage exubérante, de l’immense fleuve Amazone.

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VOL POUR LA FORET AMAZONIENNE

Pour avoir le privilège de s’y introduire, en flirtant avec le fleuve Amazone, une seule solution : emprunter l’avion pour se rendre à Leticia, trônant au confluent amazonien de la Colombie, du Brésil et du Pérou. Il n’y a pas de route pour s’y rendre. Leticia est distante de quelque 800 Km. de la route colombienne la plus proche. Il faut savoir que la région amazonienne couvre tout le sud-est de la Colombie et s’étale sur un tiers du pays.Le 03 Février, nous quittons Bogota.

L’avion s’élève lentement.

La végétation, d’abord clairsemée, devient plus dense, puis la forêt entre en scène, épaisse, sans route, sans village, sans signe de vie, sans faille, écrasante. Nous avons sous les ailes de l’avion un océan de verdure, cette forêt mythique fournissant la moitié de l’oxygène de la planète. Elle s’étale à perte de vue. L’image que notre esprit s’en était forgé correspond presque à la réalité. L’idée que nous allons fouler du pied le sol de cette mer perpétuellement verte nous impressionne.

L’annonce d’un atterrissage tout proche coupe court à notre imagination vagabonde. Le train d’atterrissage touche le sol, la porte s’ouvre, une chaleur accablante nous enveloppe.

Nous sommes à pied d’œuvre.

Naviguer sur le fleuve Amazone procure un étrange sentiment d’euphorie difficilement descriptible. Savoir que l’humanité n’a pas encore domestiqué le plus grand fleuve du continent est enivrant.

Il prend naissance dans les andes péruviennes et se déverse, au terme d’un périple de 6570 km, par un immense delta de 330 km. de large dans l’Atlantique à Macapa au Brésil, infiltrant l’eau de la mer jusqu’à 100 km au large.

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Au terme de 2 heures de navigation en direction du nord, sur un fleuve couleur ocre charriant une quantité inimaginable d’arbres entiers arrachés à la forêt, sur lesquels, à proximité de la rive ralentissant considérablement le courant, des enfants se laissent lentement dériver, nous pénétrons sur les eaux de la rivière Matamata dans le village de Macasua.

C’est à cet endroit que nous avons envisagé de rencontrer plusieurs communautés d’amérindiens. Nous sommes accueillis par le chef du village nommé Rapito. Cette communauté, aux manières douces et agréables, s’avère très accueillante. Nous sommes chez les Huitotos. Pendant tout notre séjour nous serons aux bons soins de la population.

Nous avons à notre disposition un guide et quasiment en permanence une embarcation à moteur nous permettant de remonter la rivière Matamata, mais aussi de faire quelques incursions au Pérou, sur l’autre rive de l’Amazone. Si du côté Colombie nous n’avons rien remarqué, au Pérou on nous parle avec aisance de trafic en tout genre, y compris de la prostitution et de la cocaïne.

Pour l’heure, on nous parle surtout du cacao.

Le trafic à cours surtout la nuit, tous phares éteints. La valeur de l’argent étant 5 à 6 fois plus forte du côté colombien, ce trafic s’avère très lucratif pour les péruviens.

< LES HUITOTOS

La communauté Huitoto, très tolérante, nous permet de participer à toutes leurs activités. La chasse aux caïmans se pratique la nuit. On nous aménage une petite place sur l’embarcation. Notre canot quitte la rivière Matamata pour s’engager sur l’un de ses affluents, la rivière Caliga. C’est un cours d’eau étroit au faible courant. Une épaisse végétation aquatique dissimule ses rives. Les caïmans y sont nombreux et très facilement repérables. A l’aide d’une lampe frontale, dont le faisceau de lumière balaie les rives, les yeux rouges des caïmans brillent dans l’obscurité. A l’extrémité d’une grande perche en bois pend un fil de nylon au bout duquel un nœud coulant est aménagé. Il est délicatement passé autour de la gueule du caïman. De la même manière qu’un pêcheur ferre le poisson, le même geste permet de capturer le caïman qui se débat avec force, difficilement contrôlable, au bout de la ligne.

Le piège est imparable !

J’ai souvent entendu parler les membres de la communauté d’un chamane et de sa Maloca. Aussi je brûlais, sans vouloir griller les étapes, de le rencontrer. Ce qui me fût accordé.

La Maloca, immense bâtisse en bois dans laquelle ont lieu diverses manifestations, se situe à quelques km. du village.

Trois personnes se trouvent à l’intérieur, dont le chamane Hitoma Sofiama. On perçoit le respect manifesté à son égard. C’est un homme grand mais aussi, semble-t-il, un Grand Homme, dégageant une prestance certaine qui, après les présentations d’usage, se réinstalla dans son hamac afin d’y trouver le repos. L’entrevue se résuma à ces présentations. Je suis cependant satisfait car, sans y être introduit, il ne m’aurait pas été permis de le rencontrer.

Les 2 autres personnes s’affairent autour d’une activité dont je ne perçois pas immédiatement la portée. En réalité, ils préparaient de la poudre de coca nécessaire à leur consommation. Dans un grand plateau de fer incurvé posé à même un foyer embrasé, les feuilles de coca sont remuées de manière permanente de façon à ce qu’elles ne se consument pas. Ensuite, elles sont émiettées à l’aide d’un pilon dans un cylindre en bois, pour être enfin mélangée à de la cendre de bois. La coca, ainsi préparée, est destinée à la consommation. Les Huitotos en ingurgitent tellement qu’ils sont surnommés : le peuple de la coca.

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SUR LE LIEU DES ANCETRES HUITOTOS

D’après quelques récits quelque peu nostalgiques de la part de nos hôtes, il semblerait qu’ils auraient été attirés, il y a quelques années, sur le bord de l’Amazone sans avoir manifesté de résistance. Parce qu’il leur était promis une vie plus facile, ils seraient venus s’installer sur le bord du fleuve. D’après eux, tous les améridiens situés à plusieurs dizaines de km. à la ronde, voire des centaines, auraient réagi de manière semblable. J’ai souhaité m’enfoncer dans la forêt afin de me rendre compte de la réalité de ces paroles.

Nous nous engageons pour plusieurs jours en pirogue à moteur sur la rivière Matamata et par la suite sur son affluent Bacaba. Au cœur de la forêt amazonienne, l’enfer vert à des allures de paradis oublié. Nous naviguons entre 2 rives d’où jaillit une végétation dense de laquelle s’échappent à grandes envolées de nombreux oiseaux. Nous nous introduisons dans une pénombre étrange, où, sous la voûte des branches la rivière se mélange à la végétation et regorge de piranhas avec leur fameux sourire carnassier, et autres poissons.

A un moment du voyage, je perçois une attitude très particulière de l’améridien qui conduit la pirogue. Il scrute avec insistance quelque chose sur la rive.

Le moteur arrêté, il laisse glisser l’embarcation dans son élan jusqu’à approcher à quelques mètres un énorme anaconda.

A cet instant, comme notre compagnon de voyage, la jungle amazonienne semble retenir son souffle.

Lové sur la rive, l’animal digère une proie récemment engloutie. Il ne semble pas se soucier de notre présence quand, soudain, il se dresse sur 2 à 3 mètres de hauteur pour plonger très rapidement entre la rive et notre pirogue, provoquant une vague inquiétante pour notre embarcation.

Impressionnant, quand on sait qu’un anaconda peut mesurer 8 mètres et peser 230 kg.

Notre progression reprend. Le soir, nous installons notre campement au cœur de la forêt.

Dès que la nuit tombe, la jungle s’éveille. Tout une symphonie musicale se met en place. Des crissements, des croassements, des hululements, des hurlements, des beuglements, des froissements de la végétation, tout cela contribue au tintamarre de la vie nocturne de la jungle. C’est enivrant, envoûtant. C’est un émerveillement.

Au loin, un groupe de singes hurleurs mêlent leurs cris à cette symphonie.

Très tard dans la nuit le silence revient, tout aussi envoûtant que la symphonie qui le précédait et je finis par m’endormir.

Le temps s’écoule au rythme de la navigation sur la rivière et, de temps à autre, des incursions dans la jungle.

En forêt, m’explique mon guide amérindien, le risque ce ne sont pas les jaguars, les serpents, les araignées, c’est de se perdre.

Au cours de cette incursion au cœur de l’Amazonie colombienne force est de constater, qu’en dehors de quelques mygales rencontrées et des traces laissées par les jaguars, ne subsistent que les vestiges d’anciens villages amérindiens. Ceci semble confirmer les paroles des Huitotos affirmant que les amérindiens ont tous été aspirés, par différents artifices, au bord de l’Amazone. Cette migration a débuté il y a une quinzaine d’années. Au regard de tous les amérindiens que j’ai côtoyé au cours de ce séjour, doux, accueillants, dociles, il ne semble pas que la tâche ait pu être compliquée.

Ils sont maintenant installés au bord de l’Amazone, mais ici, il n’y a ni bûcherons, ni paramilitaires, ni orpailleurs à la gâchette facile, ce qui est loin d’être le cas en d’autres endroits préoccupants de la Colombie.

< Maurice Thiney (21)







 

vendredi, 12 février 2016 13:52

Ispahan, la rose de l’Iran

Esfahan nesf-e jahan, dit un célèbre dicton iranien, c’est-à-dire « Ispahan est la moitié du monde ». Déjà Pierre Loti, le grand voyageur, s’émerveillait à la vue de la cité enchantée créée à la fin du XVI è siècle par Shah Abbas Ier : « C’est un bois et c’est une ville », écrivait-il. A quelques trois cent kilomètres au sud de Téhéran, Ispahan semble jaillie d’un morne désert de roc et d’argile.

Un riche passé

Largement baignée par les eaux de la Zayandeh Rud que le grand roi sut répartir dans tout l’oasis par un ingénieux système de canaux, Ispahan, la rose de l’Orient et la cité des roses, s’étale dans une vaste cuvette cernée par deux pans de montagnes. Déjà connue au Xe siècle, sous les Bouyides, puis durant les deux siècles suivants sous les Seldjioukides, la ville fut ravagée par les armée mongoles et timourides, jusqu’à ce que Shah Abbas décide de la relever et d’en faire sa capitale, une image du paradis sur terre. Toujours florissante et comptant jusqu’à 600 000 habitants au XVIIe siècle, elle fut ensuite saccagée par les Afghans, puis par les rois Qajars qui lui préférèrent Téhéran.

Un essor donné par le dernier shah

Pour son bonheur, Ispahan enchanta le dernier shah, Reza Pahlavi, qui voulut la relever en en faisant un centre industriel et universitaire comptant aujourd’hui deux millions d’habitants. Peu à peu, ses ruines somptueuses, toutes émaillées de bleu, ont été restaurées, même si bien des jardins ont disparu. Par exemple, Chahar Baq, la principale avenue de la ville, si elle est toujours ombragée de platanes, n’est plus bordée que d’un seul jardin, celui des Rossignols, au lieu des quatre existant jadis. Ce jardin sert d’écrin au pavillon des Huit-Paradis, édifié en 1670 par Shah Suleyman et représentant les huit ciels de la cosmologie persane. Ici, les voûtes découpées de petites niches sont peintes de motifs floraux sur fond d’or, piqués d’éclats de miroirs censés captés l’essence immatérielle de la lumière. A côté, les jardins de l’hôtel Abbassi, un ancien caravansérail très bien rénové, abritent un joli pavillon de thé où prendre un verre le soir.

Au centre de la ville, la mosquée de l’Imam

On visite la vieille ville en s’orientant à partir de la place de l’Imam, vaste quadrilatère flanqué de quatre iwans, grands porches voûtés et de la mosquée du même nom au sud. Edifiée bien sûr sur les ordres de Shah Abbas Ier par le grand architecte Ali Akbar Esfahani, cette mosquée et les iwans forment une immensité de mosaïques déclinant tous les tons de bleu. L’ensemble est presque achevé de restaurer. La mosquée est dédiée au douzième Imam, le Mahdi qui, selon la croyance chi’ite, est entré enfant « en occultation » pour revenir en vainqueur à la fin des temps. L’immense cour à quatre iwans comprend un pavillon central accoté à l’iwan sud, véritable bulbe turquoise flanqué de deux minarets.

De part et d’autres, des médersas ou écoles coraniques symétriques sont également pourvues de cours intérieures. L’immensité de cette cour ponctuée de jets d’eau et de bassins où se mirent les divers monuments, de jardins fleuris offre une sensation d’espace et de liberté. Ses dimensions parfaites, dignes d’un disciple de Pythagore, déclinent à l’infini le nombre douze, celui du Madhi auquel la mosquée est dédiée. Une claustra perce les murs de la salle à coupoles prolongeant l’iwan ouest, formant, lorsque le soleil est à son zénith, cinq portes d’ombres et de lumières, les étapes de l’initiation religieuse, car Shah Abbas Ier était avant tout un monarque mystique suivant une philosophie de la nature basée sur les nombres.

Les féeriques mosaïques des iwans, allant du bleu clair au turquoise et au cobalt, travail le plus abouti sans doute de l’art iranien de la faïence, quand elles sont animées par l’eau et la lumière, deviennent les miroirs reflétant l’existence divine. Elles incarnent la transparence de Dieu, thème de prédilection du soufisme.

Le palais d’Ali Qapu et ses niches acoustiques

Son nom de Porte d’Ali lui vient de sa porte, objet de toutes les vénérations, car issue du mausolée d’Ali à Najaf, en Irak. Ce gendre du Prophète fut en effet le l er imam. Shah Abbas Ier fit bâtir son palais sur les restes d’un ancien pavillon timouride en 1610. Il comporte toujours six niveaux dans les ailes et trois dans le bâtiment central, les volumes s’allégeant au fur et à mesure de leur élévation. Dans la salle du trône aux délicates fresques florales, le shah recevait ses hôtes, assis autour d’un bassin à jets d’eau. Les grandes réceptions se donnaient dans le salon de musique, au troisième niveau central. Les murs sont doublés de panneaux de stuc découpés aux formes des divers plats, flacons et aiguières constituant la collection de porcelaines chinoises du shah, ce qui permettaient une résonance parfaite pour écouter le jeu des musiciens.

Le palais Chehel Sotun et ses fresques délicates

A gauche d’Ali Qapu et niché dans un joli jardin, ce palais, dit des Quarante Colonnes, fut édifié par Shah Abbas II à partir de 1647. Le palais ne possède en réalité que vingt piliers de platane, reflétés et doublés par l’eau d’un bassin, ce chiffre de quarante étant le symbole de l’abondance et de la maturité, Mahomet étant devenu le Prophète à l’âge de quarante ans.

La salle du trône ou talar est surmontée d’un admirable plafond en marqueterie de bois. Au fond d’un iwan à stalactites étincelant d’or et de miroirs, le roi prenait place sur son trône et discutait avec ses courtisans. Dans la salle d’audience, où il recevait les ambassadeurs étrangers tandis que des danseuses réjouissaient ses hôtes en musique, les murs sont couverts de peintures représentant ses exploits guerriers, ceux de son père et de leurs ancêtres avec le réalisme et la précision des miniatures persanes.

L’ambiance du vieux bazar

Tout le lacis de ruelles auxquelles on accède par le portail de Qeyssariyeh datant du XVII è siècle, pourvu d’une horloge commémorant la victoire de Shah Abbas Ier contre les Portugais en 1614. Une allée voûtée longue de 2 km le relie à la mosquée du Vendredi, tandis que le coupe une série d’allées latérales flanquées de mosquées, médersas, caravansérails ou hammams. De grandes cours l’aèrent et sont remplies d’une multitude d’ateliers, la plupart étant dédiés à la confection des tapis, aux dessins des faïences émaillées, au travail des métaux ou à l’exécution de miniatures sur papier ou os de chameau. L’ambiance est bon enfant et le marchandage toujours admis.

 

La mosquée du Vendredi, la quintessence de l’art iranien

En suivant donc cette longue allée voûtée, on parvient, plus au sud de la ville, à cette fameuse mosquée du Vendredi s’élevant près d’un vaste chantier destiné à l’agrandir. Elle résume elle seule dix siècles d’art sacré iranien. Elle aussi s’organise autour d’une vaste cour pourvue d’un bassin aux ablutions et flanquée de quatre iwans. La foule y est toujours très dense, avec cet étrange mélange de ferveur et de bonne humeur propre aux mosquées iraniennes. Derrière les arcades entourant cette cour se déploient diverses salles de briques de terre cuite couvertes de petites coupoles. On en compte 474, dont pas une n’est semblable !

Le soir au bord de la Zayandeh Rud

Situés au sud de la vieille ville, deux ponts datant du XVII è siècle, Si-o-Seh Pol et Pol-e Khaju, attirent le soir les habitants d’Ispahan. On s’assied sur les berges pour pique-niquer en famille en contemplant le coucher du soleil ou l’on regarde juste la rivière d’où Ispahan la belle tira sa prospérité. Certains chantent au son d’une guitare ou d’un harmonica, le chant est repris en chœur. Quelques hommes esquissent un pas de danse. On se promène gaîment d’une rive à l’autre en dégustant la bière iranienne, sans alcool bien sûr.

Isaure de Saint Pierre (75)



jeudi, 11 février 2016 15:54

COULEURS DE COLOMBIE

Quand Gabriel Garcia Marquez nous quitte en avril 2014, il laisse derrière lui une œuvre littéraire immense où des chapitres entiers sont consacrés à sa Colombie natale. Lors de notre voyage en novembre 2013, je me suis replongée avec bonheur dans « Cent ans de solitude » et « L’amour au temps du choléra ».

La Colombie est une terre littéraire. Des écrivains nous accompagneront dans ce voyage et nous aideront à découvrir ce pays où la violence existe mais pas que... où les trafics existent mais pas que...
Car depuis plus de dix ans déjà, crimes et poudre blanche ne sont plus les mots qui définissent la Colombie.

Nous découvrirons des paysages à couper le souffle, des villages anciens préservés, des villes où le tourbillon urbain affirme et revendique que l’Amérique est aussi Sud américaine... Bien de nombreux atouts pour séduire un voyageur curieux d’ailleurs !

BOGOTA : VILLE CAPITALE AMERICAINE
A 4000 m d’altitude, le pilote avertit les passagers que l’avion entame la descente. Cliquetis des ceintures, excitation de l’arrivée... 3500 m, tout va bien. 3000 m, on attend toujours. 2640 m, un choc ! Pas violent mais sourd et qui s’accompagne d’un bruit de roulement pneumatique. En fait, ça y est, on est arrivé à Bogota.
Capitale perchée en haut des Andes, Bogota est une des trois capitales les plus hautes du monde et la plus grande ville de Colombie. Elle a enfanté dans ces trente dernières années une zone urbaine tentaculaire de près de sept millions d’habitants.

Peu de temps à Bogota. La température est indéfinissable, un entre-deux de printemps et d’automne.
Juan Gabriel Vasquez écrit dans Le bruit des choses qui tombent : « La petite averse aux gouttes épaisses a bientôt cédé la place à une pluie violente : en quelques secondes, le ciel est devenu aussi sombre et bombé que le ventre d’un âne et avant même que nous ayons eu le temps d’aller nous abriter, nos chemises étaient trempées. »

Centre historique de Bogota, la Candelaria exhibe une belle architecture autour de la place Bolivar. Souvenir d’une époque récente explosive, l’architecture moderne fricote avec le classique. Et Bolivar qui n’a toujours pas retrouvé son épée...

VILLA DE LEYVA ET BARRICHARA : VILLES COLONIALES ESPAGNOLES
Ville espagnole totalement préservée, Villa de Leyva a pour toile de fond des collines arides et pour cœur de ville une place Mayor de plus d’un hectare harmonieuse et flanquée de bâtiments coloniaux ordonnés.
A quelques kilomètres, le monastère de Ecce Homo réserve des surprises... statues de saints privés de leurs atours formant happening !
Sur le chemin du retour, nous traversons un lieu cérémoniel avec un observatoire astronomique et d’autres cailloux aux formes pleines de promesse !

Autre beauté coloniale espagnole, Barichara compte parmi les plus belles de Colombie. Ruelles pavées bordées de maisons traditionnelles, la ville se love dans un site enchanteur.
Epousant le relief montagneux, l’ancien chemin royal indigène nous mène au petit village de Guane.

LA MER DES CARAIBES
Nous arrivons plein Nord sur la mer des Caraïbes avec ses villes colorées et ses paradis perdus.
Quelques kilomètres dans la jungle du parc national naturel de Tayrona
et nous voici arrivés au Chaiama pueblito, village d’indiens constitué de 250 terrasses organisées entre cercle autour d’un espace de rencontre.
La descente nous mène aux plages, image de carte postale et baignade interdite !

Nous sommes sur les terres de Gabriel Garcia Marquez. Il écrit dans Cent ans de solitude : « Bien des années plus tard, face au peloton d'exécution, le colonel Aureliano Bendia devait se rappeler ce lointain après-midi au cours duquel son père l'emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d'une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d'une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques. »

Carthagene 2CARTHAGENE DES INDES : LE NOUVEAU MONDE
Première ville fondée par les espagnols sur le continent sud-américain, Carthagène des Indes fut un des principaux ports de commerce du Nouveau Monde.
Vieille ville fortifiée, château bastion, quartier colonial, extension en gratte-ciel à Bocagrande... Comme horizon, le ciel chauffé à blanc se fond dans la mer des Caraïbes.
Tout est fait pour s’y plaire : l’histoire s’y raconte sur chaque pierre, le soleil s’apprivoise sous des terrasses ombragées, chaque coin de rue est une incitation à flâner. Le centre historique est offert aux piétons et aux calèches.

On retrouve alors avec bonheur Gabriel Garcia Marquez dans l’Amour au temps du choléra :
« Elle (Fermina Daza) ne prêta aucune attention à l’insistance des charlatans qui lui offraient le sirop de l’amour éternel, ni aux suppliques des mendiants couchés sous les porches avec leurs plaies suintantes, ni au faux Indien qui tentait de lui vendre un caïman apprivoisé. Elle se laissa aller à une longue et minutieuse promenade, sans but précis, s’accordant des pauses qui n’avaient d’autre motif que de savourer sans hâte l’esprit des choses. Elle entrait sous chaque porche où il y avait quelque chose à vendre et partout elle trouvait quelque chose qui argumentait son envie de vivre. Elle s’enivra de la senteur de vétiver des étoffes dans les malles, elle s’enveloppa dans des soies imprimées, rit de son propre rire en se voyant déguisée en gitane avec une peineta et un éventail de fleurs peintes, devant le miroir en pied de l’Alambre de oro.
...
Chez le marchand d’épices, pour le pur plaisir de l’odorat, elle froissa des feuilles de sauge et d’origan dans les paumes de ses mains et acheta une poignée de clous de girofle, une autre d’anis étoilé, une de gingembre et une de genièvre, et sortit en riant aux larmes à force d’avoir éternué sous l’effet du piment de Cayenne. »

San Augustin 2SAN AUGUSTIN : PARC ARCHEOLOGIQUE
Nous remontons le fleuve Magdalena plein Sud pour arriver à San Augustin. Dans toute la haute vallée, le site archéologique est exceptionnel mais les hommes ont oublié leur histoire précolombienne. Le site archéologique aurait été occupé de – 3300 à + 800 après JC.
Préservées sur des terrains qui pourraient être des « green » les statues, appelées chinas sont vraisemblablement toutes liées à des rites funéraires.
Taillées dans des blocs de tuf, leur taille peut avoisiner les 6 m.
Humain ou animal, l’expression n’est pas toujours aimable. L’attitude est parfois violente. La fascination est intacte.

Un poème de Borges me revient en mémoire :
« Nous voilà devenus l’oubli que nous serons.
La poussière élémentaire qui nous ignore,
qui fut le rouge Adam, qui est maintenant
tous les hommes, et que nous ne verrons.

Nous sommes en tombe les deux dates
du début et du terme. La caisse,
l’obscène corruption et le linceul,
triomphes de la mort et complaintes.

Je ne suis l’insensé qui s’accroche
Au son magique de son nom.
Je pense avec espoir à cet homme

qui ne saura qui je fus ici-bas.
Sous le bleu indifférent du Ciel
cette pensée ma console. »

Entre chaque site, les hommes s’activent dans les vallées escarpées.

POPAYAN : VILLE BLANCHE
Située au cœur de la vallée verdoyante de la Cauca, la blanche Popayan a conservé le charme désuet des villes coloniales. Chaque regard se tourne vers une église à la façade sculptée ou une casa aux balcons de fer forgé abritant une cour carrée fleurie.

Salento 2SALENTO : VILLE COULEUR
Salento joue avec les couleurs et elle se veut la plus belle ville de l’Antioquia. Murs blancs et menuiseries de couleurs vives. Toutes les audaces sont permises.

Aux alentours, les plantations de café se visitent.
Dans Un bel morir, Alvaro Mutis écrit que :« Lorsqu'ils parvinrent aux caféiers, il éprouva une nouvelle fois la fascination intacte de cette atmosphère tiède, accueillante et pleine de cette végétation soignée aux tons incomparables, qui semblait choisie exprès pour ses effets de beauté naturelle et ordonnée à la fois ».

Près de Salento et à plus de 2000 m d’altitude dans la Vallée del Cocora, les derniers palmiers à cire se dressent fièrement vers le ciel.

MEDELLIN : LE PRINTEMPS ETERNEL
Medellin est une ville moderne et cosmopolite. Ancienne capitale mondiale de la cocaïne, la ville pleurait ses morts par milliers dans les années 80.
La littérature est fortement marquée par cette époque. Dans un livre écrit en hommage à son père, Hector Abad raconte: « Quelques dix jours après le crime, je dus me rendre à la morgue pour réclamer les vêtements et les objets personnels de mon père. On me les remit dans un sac en plastique et je les emportai à son bureau, sur la carrera Chile. Je défis le tout dans la cour : les vêtements ensanglantés, la chemise tâchée de sang, avec les déchirures des balles, la cravate, les souliers. Du col du veston sauta quelque chose qui rebondit avec force sur le sol. Je regardai bien : c’était une balle. Les juges n’avaient même pas pris la peine de fouiller ses vêtements. Le lendemain, je portai cette balle au tribunal, tout en sachant que cela non plus ne servirait à rien. »

La phrase est plus crue dans « La Vierge des tueurs » de Fernando Vallejo : « ...Dieu est le Diable. Les deux sont un, la thèse et son antithèse. Bien sûr que Dieu existe, partout je trouve des signes de sa méchanceté. Devant le Salón Versalles qui est une cafétéria, il y avait l'autre soir un gamin en train de renifler du sacol, une colle de cordonnier hallucinogène. Et d'hallucination en hallucination elle finit par t'empoisser les poumons jusqu'à te débarrasser de l'agitation et des déboires de cette vie et t'éviter de continuer à respirer le smog. Pour ça le sacol est très bien. Quand j'ai vu le petit humer le flacon je l'ai salué d'un sourire. Ses yeux, terribles, se sont plantés dans les miens, et j'ai vu qu'il me voyait jusqu'à l'âme. Sûr que Dieu existe. »

Au début des années 90, la ville s’offre une renaissance en désenclavant les quartiers défavorisés par un maillage de câbles en complément du réseau métropolitain.
Effacés tueurs, sicaires, Pablo Escobar... En 2000, le maire Sergio Fajardo Valderrama dirige la ville avec comme slogan « De la peur à l’espoir ». Medellin devient alors une métropole prospère. La colombe de la paix retrouve sa silhouette.
Ville mère de Botero, Medellin est une galerie d’art à ciel ouvert. A quelques encablures du centre ville, le peintre muraliste Pedro Nel Gomez a fait quelques adeptes dans le quartier. Non loin, le cimetière San Pedro abrite des pleureuses dont l’émotion est palpable.

< Véronique Gauthier
ABM Nantes


mardi, 09 février 2016 18:28

L’Iran, de grands paradoxes

Comme chaque année, je conduisais ce printemps un groupe de touristes français en Iran. Je sentais comme d’habitude une certaine appréhension pour aborder ce pays « diabolisé ».

Pour participer à ce séjour, il faut être muni d’une forte motivation en ce temps de crise au Moyen Orient où l’Iran se trouve plus que jamais impliqué.

Il aura fallu vaincre les réticences des familles ou des amis « comment ? tu vas en Iran !... mais c’est très dangereux » ou « mais tu ne nous aimes pas !... » quand il s’agit des enfants à leurs parents ou la vieille mère à qui l’on cache la vraie destination….

Oui, le gap entre les impressions vues de France est si grand que beaucoup se sentaient bien téméraires.

Bien sûr, on est venu voir les vestiges prestigieux de la Grande Perse mais on est aussi très curieux de l’accueil dans ce pays dit « Islamiste ». Avant on disait « musulman » et du temps de Louis XIV, on disait « Mahometan », question de mode et d’opportunité politique.

Ce fut donc la surprise de découvrir un patrimoine historique et architectural entretenu et bien restauré. Etonnés par la compétence et les connaissances des jeunes femmes guides parfaitement francophones sur les sites visités.

Ce qui frappe dès l’arrivée, c’est l’impression d’un développement rapide et important : autoroutes, villes encombrées de voitures, installation industrielles et centrales de production d’énergie ainsi que de très nombreuses liaisons aériennes entre les villes du territoire. Et d’apprendre que le territoire serait maillé de fibre optique.

basketteuses a YazdLe grand étonnement de ce séjour fut cette population spontanément très accueillante. On ne s’attendrait pas à ces remarques de sympathie, aux demandes de photos partagées, aux conversations passionnées et questionnements variés durant tout le séjour.

Etonnement donc de l’accueil dans les familles, qu’il s’agisse de nomades, de citadins de condition moyenne et de personnalités du milieu médical à Ispahan. Variétés de réceptions qui ont été l’objet d’échanges permettant de mieux comprendre la vie quotidienne. D’autant plus étonnés que nous étions nombreux !...Etonnés surtout de remarquer les manifestations de la Foi populaire. Contrairement à ce que l’on imaginait, ce ne sont pas dans les mosquées qu’elle semble s’exprimer mais dans les Mausolées. Dans le moindre petit village visité (Abiané) le tombeau d’un Saint est l’objet de visites.

On y vient pour solliciter son intercession concernant des difficultés personnelles ou familiales, obtenir une guérison ou réussir un examen !...

Ce qui expliquerait pourquoi les rares appels à la prière entendus dans ce voyage semblent ne pas concerner la population. Contrairement à certains pays musulmans, on ne voit personne se précipiter à la Mosquée.

Bien que les Mollah rarement vus en dehors de la ville de Qom, certains du groupe ont été invités par 2 fois à discuter. Bien sûr les réponses aux questionnements étaient sans surprise sur le rôle politique que jouaient les Religieux.

Sur ce terrain de la religion, la population Iranienne semble très marquée par le Zoroastrisme. La principale fête nationale est Nourouz, l’arrivée du Printemps et le 1er jour de l’année iranienne. Notre guide rencontré dans la cité de Yazd, en quelque sorte la capitale du Zoroastrisme fut très apprécié pour comprendre cette marque séculaire.

Surpris aussi de rencontrer dans les grandes villes des femmes particulièrement élégantes, une jeunesse féminine très visible qui a su adapter les exigences officielles en mode. Vêtements colorés, ajustés et moulants, maquillages provoquants, la tête couverte d’un foulard laissant le plus souvent apparaître une chevelure abondante, parfois même colorée d’une mèche blonde. Un grand nombre par coquetterie se sont fait refaire un nez jugé trop proéminant !...

Ainsi par ce séjour aux observations variées et inattendues, on aura constaté que le régime doit avoir de plus en plus de mal à gérer la contradiction entre une forme de pouvoir religieux et le développement d’une société moderne, fortement et très rapidement urbanisée et une jeunesse tournée vers l’Occident.

Cette jeunesse très instruite et nombreuse n’est pas sans provoquer de fortes tensions dans un pays aux traditions encore très prégnantes.

Ce séjour aura suscité bien des interrogations et il aidera à comprendre comment cette Perse renaissante peu causer un problème d’Hégémonie régionale.

Comme certains ont dit : « il faut visiter ce pays parce que c’est un pays attachant avec une population très accueillante ».

< Michel Percot (30)






jeudi, 04 février 2016 15:21

Iran

- L’Iran… ? ce n’est pas un peu craignos, susurre la pharmacienne…                  
- L’Iran !... Tu ne pouvais pas trouver autre chose ? cingle un ami globe-trotter.
- L’Iran !! (Éclat de rire) Tu veux te faire enlever par les djihadistes ! explose le Stewart…                                                                                                                
- Me voiler ? comme les femmes là-bas ! Pour rien au monde !! s’insurge ma cousine.                                                                                                                   
- J’ai dit à ma mère que j’allais à Marrakech… chuchote Brigitte qui va faire le voyage avec nous 

Voilà. Tancés par tous les augures, les vaticinations de tous les bien-intentionnés qui nous entourent, nous nous envolons pour Téhéran - en Iranien : Tehran - à la mi-avril. La réalité est autre que ce dont les sirènes de l’intelligentsia française, des médias, de la télé nous assourdissent.

La visite débute de façon classique à Tehran, ses musées, ses bazars, au trésors ahurissant du Shah barricadé dans une banque. Mais ce qui nous laisse pantois, en fin de journée, c’est un tour au Parc voisin de l’Université, où nous voyons les étudiantes, en jeans, le voile dégagé le plus en arrière possible sur le chignon, tenir amoureusement la main de leur chéri, les couples flirter sur les bancs, les filles abandonner un instant leur dossier sur leurs genoux pour nous héler, se laisser photographier. Un couple vient vers nous, le garçon me tend la main.

- Vous êtes Français ! Nous sommes si heureux de vous voir ici, nous espérons que vous allez passer un très bon séjour ! Pas l’ombre d’obséquiosité ni calcul.

Dix pas plus loin, une femme prend une rose du bouquet qu’elle tient et la tend en passant à ma collègue.
lundi, 25 janvier 2016 09:25

Les seigneurs de la steppe (Mongolie)

Grand comme cinq fois la France, mais peuplée de moins de deux millions d’habitants, la Mongolie reste un pays d’éleveurs. Dans les monts Khangaï, à quatre cents kilomètres au sud-ouest d’Ulaan Baatar les nomades vivent de leurs troupeaux de yacks, chevaux, chèvres et moutons.

Le nom de “parc national du Khangaï” reste symbolique, car seuls des nomades vivent dans ces contrées montagneuses de steppes et de forêts.
L’entrée est défendue par une barrière devant laquelle on paie un droit de passage de mille tougriks, moins d’un euro.

Les nomades ont monté leur camp d’été dans une vallée d’altitude, la Har Buureg (pommeau d’une selle), arrosée par la rivière Songhi. Là sont plantées cinq yourtes où les quatre chefs de familles, Monkhor, Enebish, Bold et Togtoh achèvent de choisir les chevaux et les yacks qui vont partir avec eux vers le marché de Karakorum, pour y vendre laine, viande salée, beurre, fromages et lait.

Pour fêter leur prochain départ, ils décident de sacrifier un mouton et nous convient au festin. Il faut malheureusement assister à l’exécution.
Monkhor prend un large coutelas pendant qu’Enebish et Togtoh immobilisent l’animal.

D’un mouvement sec, Monkhor lui ouvre la poitrine, y plonge la main et comprime les artères menant au cœur. La bête meurt en un clin d’œil. Pendant ce temps, Bold s’occupe du feu et les femmes mijotent de l’horhog, plat traditionnel mongol. Une fois le mouton grillé et dépecé, on jette dans la marmite des morceaux de viande recouverts d’eau, surmontés de pierres rondes, on ajoute de l’eau et une nouvelle couche de viande. On laisse frémir vingt minutes. Le résultat n’est guère convaincant : c’est dur, gras, imprégné d’une odeur de suint… Ensuite, il faut encore se passer sur le visage, les mains, les pieds ces pierres chaudes baignées de graisse pour bien huiler la peau… L’odeur s’avérera tenace…

Une outre de chèvre pleine de shimiin arkhi, ou alcool de yaourt, circule à la ronde. Tortoï !
À votre santé ! La nuit tombée, les loups hurlent à la lune et les nomades nous apprendront au matin que les chiens n’ont pu empêcher une louve d’égorger une brebis.

< Extrait du magazine Globe-Trotters N° 164
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vendredi, 15 janvier 2016 12:03

L'eden africain en Namibie

Coincés entre l’Angola et l’Afrique du sud, bordés à l’est par le Botswana et le désert du Kalahari, se trouvent les plus beaux paysages africains en Namibie. Impressionnants de diversité : montagnes couvertes d’une végétation clairsemée, plaines pierreuses se fondant dans l’infini minéral, dunes couleur abricot ou réserves animalières paradisiaques. Tout procure immédiatement au randonneur un indescriptible sentiment de liberté. Et parfois, pourtant, au milieu du désert on se surprend à parler à voix basse pour ne pas perturber l’équilibre divin de cette époustouflante beauté.

Ce véritable Eden pour animaux sauvages et oiseaux multicolores, cette Arche de Noé humaine dont 20% de la population est d’origine allemande, abrite des ethnies très diverses, comme les Bushmans ou les Himbas. Les voyageurs désireux de vivre une expérience originale de “grande aventure” ne peuvent qu’être subjugués par une destination aussi magnifique, à peine découverte par le tourisme de masse.

Pour un premier voyage un parcours organisé est vivement recommandé et l’on peut, par exemple, aborder la Namibie, par ce qu’elle a de meilleur : le désert de Namib. On peut découvrir la Namibie avec Nomade Aventure mais aussi avec d’autres agences locales qui sauront vous concocter un programme de qualité. Toute la splendeur du pays est en effet concentrée dans le Namib-Naukluft Park, l’un des plus grands parcs nationaux au monde.

Lorsque le soleil se couche, le spectacle est extraordinaire, la lumière joue sur les arêtes et le soleil tel un magicien transfigure les nuances.

Pour les voyageurs expérimentés un circuit en voiture de location peut être envisage. Néanmoins se rappeler que le code de la route local doit être scrupuleusement respecté, que la conduit se fit à gauche, que le hors-piste est interdit et que lors de l’établissement de l’itinéraire, la grandeur du pays ne doit pas être sous-estimée (prévoir ravitaillement car les distances sont longues)

Tout est exceptionnel que Dieu, dit-on, l’a crée un jour de colère…

jeudi, 07 janvier 2016 17:22

Tête-à-tête dans un monde hostile (Ethiopie)

Longtemps, Claude avait rêvé de ce Noël au balcon…
Un balcon de blocs instables, qui donne sur le coeur battant de l’Erta Alé, volcan perdu au nord de l’Éthiopie, dans le désert du Danakil…

Ah, décembre ! Les marchés de Noël, la course aux cadeaux, la bûche à la crème au beurre, le carnard à l’orange du 25, les huîtres du 31, et pour finir en apothéose, le vrombissement des sms au douzième coup de minuit ! Cette fois, ce sera sans moi : courage, fuyons !

Oui, mais où fuir ? Pas besoin de chercher longtemps, j’ai déjà ma petite idée : une région truffée de volcans, avec la quasi-certitude de voir du rouge ! Me voilà ainsi parti partager une quinzaine de jours avec un groupe de fondus de volcans, dans un pays qui ne fêtera

Noël que le 7 janvier. L’esprit de Noël me jette cependant une ultime embûche : l’avion surbooké, la compagnie refuse de m’enregistrer !

Mais la déesse des volcans veille sur moi : une place est dénichée in extremis dans l’avion.

Bizarreries géologiques en terre éthiopienne

Terre écartelée par le rift africain, terre de démesure.Les lèvres du rift forment des hautsplateaux où il gèle la nuit. Deux mille mètresplus bas, les dépressions arides s’enchaînent,ponctuées de gisements de sel et d’autres bizarreriesgéologiques.

Et puis, il y a les hommes. Noirs de peau, leur nez droit les différencie des autres peuples d’Afrique. L’accueil est partout chaleureux, souriant. Notre garde du corps — obligatoire pour approcher la frontière érythréenne — est un géant d’une grande douceur. Sa fonction, ainsi que les coutumes du pays, l’ont affublé d’une Kalachnikov. L’objet semble en totale contradiction avec le personnage. Nous avons aussi un cuisinier hors pair, en la personne de Salomon. Très vite, nous prenons goût à l’injera, cette grande crêpe levée et acidulée à base de teff, qui accompagne tous les repas.

Dentelles et couleurs acidulées Nous faisons route vers le nord. Sous les roues des 4x4, de vieilles coulées de basalte succèdent à un horizon de sable. À tout cela se mêlent des affleurements de sel. L’Érythrée est tout près. Sous une chaleur écrasante, nous arrivons à Dallol. L’endroit se refuse à toute description. Dentelles d’évaporites, concrétions tabulaires, vasques d’eau brûlante, couleurs acidulées… Le papier-ph plongé dans une vasque vire aussitôt au rouge foncé.

< Lire la suite dans le magazine Globe-Trotters de janvier/février 2016

mercredi, 09 décembre 2015 14:29

Retour au Sénégal

Entre villes coloniales et villages de brousse, mer et fleuves, une douceur de vivre balayée par l’harmattan

Dix ans se sont écoulés depuis notre précédent voyage au Sénégal. Le retour en taxi brousse de Banjul, en

Gambie, à Dakar, au Sénégal, nous avait donné l’envie de continuer jusqu’à la frontière mauritanienne. En 2012, Macky Sall est élu président du Sénégal. Élection démocratique qui montre qu’une passation de pouvoir africaine peut se dérouler dans le calme. Cet événement sera le déclencheur de notre voyage, en janvier 2013.

L’idée première était de longer le fleuve Sénégal de Saint-Louis, au nord, jusqu’à Kidira, à la frontière malienne, puis de descendre plein sud dans le parc national du Niokolo Koba. Entretemps, la guerre s’est installée au Mali. Les territoires frontaliers sont devenus sensibles et les touristes ont boudé le Sénégal. Alors, notre route s’est adaptée.

Saint-Louis, ville à deux vitesses À la frontière de la Mauritanie, Saint-Louis s’étend sur trois territoires dans un site exceptionnel et l’embouchure du fleuve bute sur une langue de terre et une île centrale, en guise de centre-ville.

Fierté sénégalaise inscrite au patrimoine mondial. Saint-Louis est une ville à deux vitesses.

La ville coloniale, à l’organisation urbaine planifiée, centre géographique et résiduel, où le patrimoine se délite et se raconte sur guide touristique. N’est pas belle endormie qui veut ! Passé glorieux de ville capitale du XIXe où les femmes métisses et aristocrates, les signares, recevaient dans leur belle maison au patio fleuri. Depuis, les maisons se sont vidées. Certaines sont devenues hôtels, locations pour Européens en manque de soleil. La population active est blanche, si ce n’est l’armée de balayeurs qui repousse imperturbablement saletés et sacs plastiques au-delà des zones visitées. La protection de l’environnement n’est pas une priorité sénégalaise. Dans cette ville économique de près de 200 000 habitants, la vie africaine s’est déplacée hors du centre historique. Deux poilus, un blanc et un noir, veillent sur le pont qui relie les deux quartiers.

À l’est, côté langue de Barbarie, c’est le joyeux bazar d’un quartier surpeuplé où se pratique la pêche jour et nuit, où les enfants se mêlent aux chèvres et les camions aux charrettes. Vêtus de cirés plus ou moins étanches et pieds nus dans des bottes en caoutchouc, les pêcheurs partent et reviennent sans cesse par quinzaine dans les bateaux. Le travail est ingrat mais le geste est beau. Les hommes chantent pour garder les cadences.

À l’ouest, le continent. La ville moderne prend ses aises, tourne dos à la mer et s’arrête brutalement sur une rocade dans un océan de poubelles.

< Véronique Gauthier

Extrait du magazine Globe-Trotters N° 157

mardi, 08 décembre 2015 10:43

Sur la route sacrée du centre du monde

En Asie circulait la légende du mont Meru, centre du monde, et d’un lac, auprès duquel quatre des plus grands fleuves d’Asie prennent leur source.
Cette légende fut ridiculisée par les Occidentaux jusqu’en 1908, quand l’explorateur Sven Hedin découvre le mont Kailash et le lac Manasarovar, lieux de mythique pélerinage.

Juillet, je suis au Tibet depuis deux semaines. Après un trek de quelques jours jusqu’au camp de base de l’Everest, je reprends la route vers l’ouest accompagnée de Ngima, mon chauffeur. Lorsque nous quittons le goudron de la Friendship Highway qui continue vers Katmandou, c’est pour prendre une piste de qualité variable qui longe le versant nord de la chaîne himalayenne. De nombreuses jeeps venues du Népal et remplies de pèlerins hindous nous accompagnent au coeur de paysages de steppes, de lacs aux eaux turquoise, de collines verdoyantes comme arides. Nous sommes sur la route qui mène au centre du monde : le mythique mont Kailash.

Pour une réincarnation positive Faire la khora, tour du mont Kailash (6 714 m) est le but de toute une vie à la fois pour les bouddhistes, les hindous, les bön-po (adeptes de la religion animiste et chamanique qui prédominait au Tibet avant l’arrivée du bouddhisme) et les jaïns.

Pour tous, effectuer le tour du mont Kailash efface les péchés et permet de se rapprocher du nirvana, état d’esprit où l’être humain n’est plus sujet à la souffrance et qui permet de s’affranchir du cycle des vies. N’ayant pas de guide, je m’immisce au sein d’un groupe de pèlerins hindous pour passer les nombreux postes de contrôle chinois. Venus des quatre coins du monde, certains ont déjà fait le pèlerinage plus de dix fois, pour d’autres c’est la découverte.

Lorsqu’au détour d’un virage, le sommet de leurs rêves apparaît enfin, les jeeps s’arrêtent le long de la route et tous descendent.
Ils se prennent dans les bras et plusieurs sont en pleurs : la demeure de Shiva est devant leurs yeux et l’émotion est forte.
Bivouac sur les rives du lac Manasarovar Au petit matin, les pèlerins sont rassemblés pour la puja, cérémonie religieuse. Une petite tente est installée où les plus courageux peuvent se changer avant d’aller se purifier dans les eaux sacrées du lac. Pourtant, je n’en vois aucun les pieds dans l’eau !

Une longue ascension Une heure de route plus tard nous atteignons le village de Darchen, point de départ de la khora. Le lendemain matin, je m’élance gaiement sur le sentier, prête à parcourir les 52 kilomètres autour de la montagne sacrée en trois jours. Ngima, qui a déjà fait la khora une quinzaine de fois, m’attendra au village. Les deux premières heures, je ne croise qu’un troupeau de barhals, moutons bleus, où sont donc les pèlerins ? Je comprends vite : en contrebas du sentier, une piste s’avance au-delà de Tarboche, et les pèlerins hindous y vont en jeep, évitant les huit premiers kilomètres. Marquant l’entrée de la vallée glaciaire de la Lha-chu que l’on remonte jusqu’au Drölma-la, le plus haut col du circuit, Tarboche se repère de loin grâce à son immense mât à prières d’une hauteur de vingt mètres. Tous les ans au printemps, lors de la fête de Saga Dawa commémorant l’illumination de Bouddha, le mât est descendu et les drapeaux de prières sont renouvelés. Il est ensuite redressé avec une attention extrême, car il faut le positionner de manière parfaitement droite afin que l’année s’annonce heureuse.
S’il venait à pencher vers le Kailash, ce serait signe de grands malheurs.

< Angélique Pairault

Extrait du magazine Globe-Trotters de mai-juin 2015 N° 161
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